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interviewSud Radio — L'invité politique· 30 juin 2026 18 min

L'invité politique Sud Radio - Avec Sandrine Rousseau, députée Écologiste de Paris

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Sandrine Rousseau

Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili.

0:07
Présentateur

Il est 8h16, soyez les bienvenus, c'est le moment du grand rendez-vous politique. Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, est l'invité de Jean-François Aquili. Sandrine Rousseau, Jean-François Aquili, c'est à vous. Bonjour Sandrine Rousseau.

0:18
Sandrine Rousseau

Bonjour. Et bienvenue. Faut-il saluer la gestion de la canicule par le gouvernement ? Oh, vous riez. C'est dingue.

0:27
Locuteur non identifié

Je pense que, question plus incongrue, je ne m'y attendais pas, non, vraiment pas la saluer. La seule annonce qui a été faite, c'est quand même de continuer les soldes. C'est-à-dire qu'il y a eu zéro annonce, il y a eu zéro gestion. Je pense qu'il n'y aurait pas eu de gouvernement, que la situation n'aurait pas été pire en réalité.

0:42
Sandrine Rousseau

Je vous cite quand même ce qu'il dit Sébastien Lecornu. Allez-y. Bon, allez, l'ensemble de la chaîne, dit-il, a tenu. Je vous la fais courte. Donc, plutôt satisfait. C'était la réunion de crise sur la canicule.

0:53
Locuteur non identifié

C'est scandaleux, c'est scandaleux.

0:54
Sandrine Rousseau

Non, vous ne dites pas bravo ce matin.

0:55
Locuteur non identifié

C'est scandaleux. On ne connaît pas encore les taux de mortalité, mais il s'annonce historique. C'est scandaleux. Il y a des gens qui sont morts. Et moi, je pense, et je vais le proposer à mon groupe tout à l'heure, que nous devrions déposer une motion de censure. Parce que ce n'est pas possible de gérer aussi mal une crise.

1:10
Sandrine Rousseau

Une motion de censure, là ?

1:11
Locuteur non identifié

Une motion de censure du gouvernement. Parce que là, il y a eu probablement 10 000 morts, peut-être. On va voir les chiffres qui vont sortir, je n'en sais rien. Mais le nombre de morts, en tous les cas, se compte parmi.

1:22
Sandrine Rousseau

Parce que le premier bilan qui fait effet de 1 000 morts, vous le pensez sous-évalué pour l'instant ?

1:27
Locuteur non identifié

Je pense qu'il y a des morts immédiates. Et puis, il y a des morts décalées. C'est-à-dire, il y a des morts dans les 2 ou 3 jours qui suivent le pic de canicule. Et là, on a vraiment un gouvernement qui est aux abonnés absents. D'ailleurs, même la ministre de l'écologie n'était nulle part. Elle était nulle part pendant la crise de la canicule. La seule réponse, ça a été d'acheter quelques climatiseurs.

1:47
Sandrine Rousseau

Parce que là, les premiers climatiseurs arrivent dans les hôpitaux à partir de ce week-end.

1:50
Locuteur non identifié

Oui, après la canicule, c'est super. Mais vraiment, on se rend compte, on avait la prévision du pic de canicule. Qu'est-ce qui a été fait ? Qu'est-ce qui a été anticipé ? Qu'est-ce qui a été fait pour protéger les personnes les plus vulnérables ? Parce que j'ai entendu aussi que Sébastien Lecornu disait que la mortalité essentielle s'était faite pour les personnes les plus isolées. Mais qu'est-ce qu'on a fait pour aller chercher...

2:13
Sandrine Rousseau

À domicile, essentiellement, plus que dans les EHPAD, dit-il.

2:15
Locuteur non identifié

En même temps, ils sont en train de faire s'effondrer tout le réseau associatif. Donc évidemment qu'il y a de plus en plus de personnes isolées. Donc évidemment qu'il y a de plus en plus de vulnérabilités. Et en fait, les climatologues préviennent de la catastrophe depuis maintenant des dizaines d'années. Et là, on est dans un pic caniculaire. Sébastien Lecornu est le Premier ministre qui nous envoie le plus vers une économie et une société de guerre. Il vote des budgets de 36 milliards supplémentaires pour l'armée. Il prépare les hôpitaux, etc. à une situation de guerre. Il y a 10 jours de canicule et on n'est pas en capacité de gérer. Mais c'est vraiment de l'incompétence.

C'est de la façon dont vous la censure. Et je me permets d'insister parce que je pense que là, un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu et qui génère autant de morts, alors il ne mérite pas de rester au gouvernement.

3:04
Sandrine Rousseau

Donc là, vous allez retourner à l'Assemblée nationale où il fait chaud d'ailleurs, également.

3:08
Locuteur non identifié

Oui, mais il fait moins chaud que bien ailleurs.

3:11
Sandrine Rousseau

Et vous allez proposer une motion de censure, un dépôt de motion de censure.

3:15
Locuteur non identifié

Oui, je vais le proposer à mon groupe. Après, on verra si mon groupe souhaite la porter ou pas. Mais moi, je pense que là, ça permettrait de poser le rapport de force vis-à-vis d'un gouvernement qui n'a aucune espèce d'annonce. Parce qu'on a déjà eu un pic de canicule en mai. C'est-à-dire que ce n'est pas le premier en plus dans l'année. Et pour autant, les gens dans ma circonscription ont souffert, mais dans toute la France. Ils souffrent le martyr. Mais quelle décision fallait-il ? Enfin, il faut comprendre ce qui s'est passé là.

3:42
Sandrine Rousseau

Après le mois de mai, quelle décision vous auriez prise, vous, si vous aviez été en possibilité de le faire ?

3:47
Locuteur non identifié

Mais on a des plans grands froids. Il faudrait que nous ayons des plans grands chauds où il aurait fallu recenser les espaces frais, avoir une cartographie des vulnérabilités, développer et débloquer un plan d'urgence de mise en place de volets, par exemple, mais aussi de brasseurs d'air dans les hôpitaux. Et qu'on fasse en très peu de temps une espèce de rattrapage d'années d'inaction. Et là, on n'a rien eu. Aujourd'hui, si vous habitez dans une bouilloire thermique avec votre famille, moi, vraiment, j'ai des immeubles sur ma circonscription de 36 étages. Il n'y a pas un volet face à Sud. Il n'y a pas un volet. Il y a des familles entières qui sont dedans. Il y a des personnes malades.

Il y a des personnes âgées. Ces personnes ont souffert, mais vitalement, j'ai envie de dire. Et tout ça, on a un Sébastien Lecornu qui dit, je dirais que tout va bien, que tout a tenu. Mais qu'est-ce qui a tenu ? Rien n'a tenu. On a eu des coupures d'électricité massives. On a eu des hôpitaux qui n'ont pas été en capacité de gérer les afflux. On a eu des immeubles dans lesquels il y a eu des personnes mortes. Il y a des maisons isolées en ruralité qui ont vu leurs propriétaires mourir dans l'indifférence générale. Qu'est-ce qui a tenu ? Rien n'a tenu. Rien n'a tenu.

5:04
Sandrine Rousseau

Vous évoquez l'absence de Monique Barbu, la ministre de la Transition. Quand elle fustige, vous savez, le fait que certains réclament la clim partout, elle dit, elle a cette citation, elle dit qu'il faut forcément, bien évidemment, qu'il y ait de la clim pour que les gens ne suffoquent pas. Mais ce n'est pas l'adaptation au changement climatique. Vous validez cette réponse qu'elle fait là aux débottés ?

5:26
Locuteur non identifié

Mais si on met de la clim partout, et si notre seule réponse à la canicule est de la clim partout, alors nous aggravons la situation. Oui, évidemment qu'il faut qu'il y en ait, il ne faut pas que les gens meurent. C'est évident, dans les hôpitaux, il faut qu'il y en ait, dans les EHPAD, il faut qu'il y en ait, dans les crèches, aussi dans les écoles. Mais encore une fois, à condition qu'on ait vu tout le reste avant, c'est-à-dire dans les écoles par exemple, il faut avoir toute une politique de plantation d'arbres, de végétalisation, d'isolation.

5:54
Sandrine Rousseau

Sortir du minéral.

5:55
Locuteur non identifié

Sortir du tout minéral, sortir du tout béton, et penser la résilience et la résistance de nos espaces de vie. Et une ville comme Singapour, par exemple, avait tout climatisé, puis ils sont revenus sur de la toute climatisation pour faire de la toute végétalisation, parce que c'était plus efficace. Et donc, moi je voudrais qu'on pense le rafraîchissement, mais pas uniquement la climatisation. C'est-à-dire, comment on fait pour rafraîchir ? Et oui, il faut des solutions majeures, il faut un plan vraiment d'urgence, de rafraîchissement, mais ça ne passe pas nécessairement et uniquement par la climatisation. Et si on ne fait que de la climatisation, alors on va empirer le problème.

Une ville comme Paris est un des îlots de chaleur les plus intenses au monde. C'est une des villes les moins résistantes au pic de chaleur. Si on fait de la climatisation, ça va exploser. Il n'y aura plus rien qui sera vivable dans Paris. Donc en fait, il va falloir nous penser d'autres solutions que juste la climatisation, qui est une réponse technosolutionniste à un problème qui est un problème de mode de vie et de consommation et de production.

6:59
Sandrine Rousseau

Vous rejoignez l'esprit de cette pétition qui est partie sur Change.org. Change.org, pas de volet, pas de loyer. Vous êtes d'accord avec ça ? C'est un collectif de militants d'association, d'allongements, qui propose de suspendre le loyer quand il n'y a pas le...

7:14
Locuteur non identifié

Et là, de toute façon, il faut une révolte citoyenne contre l'inaction. Parce qu'on ne va pas se laisser mourir par l'inaction et l'incompétence des gouvernements qui se succèdent et sont incapables de prendre en compte la question climatique. Ce n'est pas possible. Et encore une fois, toutes les données le disent. Le GIEC montre que le réchauffement climatique, c'est certes un réchauffement de température moyenne, mais c'est aussi des pics extrêmes dans des proportions que nous n'avons encore jamais connues. Et donc, des pics de chaleur, des pics de froid. Et il faut qu'on s'adapte à tout cela. C'est-à-dire qu'il faut qu'on anticipe.

Ce n'est pas quand on est au milieu de la canicule qu'on a les meilleures solutions. Donc, l'anticipation, ça nécessite...

7:57
Sandrine Rousseau

Franchement, dernière question là-dessus. Pour la prochaine canicule, pardonnez-moi, qui est envisagée par Météo France, une possibilité que ce soit à partir de lundi prochain, nous ne sommes pas prêts, de fait.

8:08
Locuteur non identifié

Qu'est-ce qui a changé depuis la dernière ? Qu'est-ce qui a changé depuis la dernière ?

8:11
Sandrine Rousseau

Donc, ce sera un nouveau choc, à vos yeux.

8:13
Locuteur non identifié

Mais oui, absolument. Et c'est dramatique. Parce que là, je ne suis pas sûre que les corps affaiblis soient en capacité de supporter un nouveau pic de chaleur comme on l'a connu la semaine dernière. Et c'est extrêmement inquiétant. Mais c'est vraiment... C'est extrêmement inquiétant. Donc, laissez-nous faire, quoi.

8:29
Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau, votre réaction ce matin, c'est un tout autre sujet. Pas que. Le dénouement pour l'A69, le Conseil d'État, qui valide l'autorisation environnementale de cette autoroute entre Toulouse et Castres, qui est contestée par les écologistes, c'est un feu vert définitif, grosso modo. Sauf si cela aboutit au niveau européen, éventuellement.

8:47
Locuteur non identifié

Mais ça dit tout. Ça dit tout. On est en sortie de pic de canicule. On va vers un autre pic de canicule. Le réchauffement climatique est hors de contrôle. Et qu'est-ce qu'on fait ? On valide des autoroutes. Super. J'ai envie de vous dire, le monde va très bien. Validons des autoroutes, mettons des climes, et puis accélérons l'effondrement de ce monde. Je veux dire, tant qu'on y est, autant y aller franchement.

9:10
Sandrine Rousseau

Pour vous, elle ne sert à rien.

9:11
Locuteur non identifié

Mais elle ne sert à rien. Il y a déjà une départementale qui existe, qui est absolument parallèle au tracé de cette autoroute. Donc, il n'y a absolument pas besoin de route. On est dans quelque chose qui fait plaisir à un industriel, alors que sur le tracé de cette autoroute, il y a des milieux naturels protégés, il y a des terres agricoles, il y a des arbres, il y a tout ce qui nous permet de vivre et de penser notre avenir. Et là, on est en train de tout bétonner. Une fois que vous avez bétonné, une fois que vous avez construit une autoroute sur des milieux naturels, c'est irratrapable. Et là, qu'est-ce qu'on fait ?

On accélère la destruction de ce qui est absolument indispensable à notre vie. Mais on est dans un monde... Enfin, vraiment, je ne sais plus comment dire, mais on est dans un monde qui marche sur la tête.

9:56
Sandrine Rousseau

Vous êtes très en colère ce matin, Sandrine Rousseau. Je vous sens en colère. Mais ce n'est pas très en colère,

9:58
Locuteur non identifié

c'est qu'à quel moment on réagit ? Comment on sort de la casserole qui est en train de bouillir et de nous tuer ? Quand est-ce qu'on le fait ? Et quel est le moment où on réagit ? La 69, c'est typique. C'est-à-dire, pourquoi tout le monde politique, tout le monde économique est en incapacité de réagir sur un projet aussi inutile et aussi absurde que la 69 ? C'est un des trucs les plus faciles à arrêter. Pourquoi on ne le fait pas ? Pourquoi on n'y arrive pas ? Là, c'est quasiment au bout. Il faut aller au bout, pour le coup. Mais non. Non ? Il faut arrêter. Le moindre mètre carré de terre sauvée est un mètre carré de terre sauvée.

10:35
Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau, un mot sur la fin de vie. Il y a ce vote aujourd'hui dans l'hémicycle, l'adoption définitive fixée au 15 juillet. Vous êtes une partisane de la loi. Là, pour le coup, vous avez l'impression que ça va au bout ?

10:49
Locuteur non identifié

Oui, alors je dois dire que la loi a encore été un peu affaiblie. Le droit s'est un peu amoindri par rapport à la précédente lecture. Donc là, on est dans une loi qui n'autorisera que des cas vraiment très restrictifs d'aide à mourir. Moi, je suis pour cette loi parce que je pense qu'elle est attendue par nombre de personnes qui souffrent énormément en fin de vie et qui souhaitent pouvoir disposer de leur corps dans les derniers instants. Maintenant, on va voir ce que donne le vote tout à l'heure, mais je ne vois pas comment cette loi est repoussée alors même qu'il y a encore moins d'accès à l'aide à mourir que dans la précédente lecture. Mais oui, ce sera une loi importante.

Et je pense aux malades de Charcot, je pense aux gens qui ont le cancer, je pense à toutes ces personnes qui, aujourd'hui, écoutent nos débats. Et moi, j'ai énormément de messages de personnes qui écoutent nos débats, qui commandent ce que l'on dit dans l'Assemblée. Et je voudrais leur dire que nous pensons à eux et que oui, peut-être que cette loi pourra enfin être appliquée avant la rentrée.

11:53
Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau, un Conseil fédéral extraordinaire chez Les Verts, ce mardi, vous y participez, j'imagine, pour débattre de la stratégie présidentielle. Je ne me trompe pas. Vous ne voulez pas, c'est ce que j'ai bien compris, que Marine Tondelier fasse cavalier seule pour cette élection de 2027. Elle qui démarre son Tour de France en campagne, vous n'en voulez pas ?

12:15
Locuteur non identifié

Déjà, ce Conseil fédéral a été obtenu vraiment par l'association des oppositions pour obtenir qu'il y ait au moins un petit débat démocratique. Mais j'appelle vraiment tous les militants écologistes à ne pas voter pour la candidature de Marine Tondelier en tant que candidate à la présidentielle pour les écologistes. Il y a trop de candidatures à gauche. Et là, il y a un impératif, c'est que la gauche gagne cette élection. Et pour cela, une des conditions est d'arriver au second tour. Et pour arriver au second tour, il ne faut pas multiplier les candidatures. Donc on arrête avec ce délire qui consiste à se dire qu'on est tous légitimes à partir à la... C'est ce que vous lui dites

12:50
Sandrine Rousseau

ce matin, Marine Tondelier, vous dites quoi ? Vas-y, arrête.

12:53
Locuteur non identifié

Oui, j'appelle surtout les écologistes à voter contre. Là, on va avoir une consultation qui est une espèce de sondage d'opinion. Enfin, tout ça est vraiment très obscur pour toute personne qui n'est pas dans ce parti et même pour les personnes qui sont dans ce parti. Mais vraiment, je vous invite à vous opposer à ce qu'il y ait une candidature supplémentaire et qu'on devienne un petit peu sérieux dans cette élection présidentielle et qu'on fasse en sorte que la gauche ait une chance parce que là, on le voit, ça devient vital.

13:18
Sandrine Rousseau

Que la gauche ait une chance, c'est-à-dire qu'il n'y ait qu'une seule candidature à gauche qui pèse... Alors, moi, je voudrais qu'il n'y en ait qu'une seule

13:24
Locuteur non identifié

mais évidemment que là, on est mal parti donc qu'au moins, il y en ait le moins possible.

13:28
Sandrine Rousseau

Sans rien ne soit la seule candidature à gauche.

13:29
Locuteur non identifié

Par contre, on négocie les conditions programmatiques et les conditions d'accord législatif.

13:34
Sandrine Rousseau

Ce qu'aurait-être de Jean-Luc Mélenchon, cette seule candidature. Lui qui a démarré sa campagne... Mais aujourd'hui,

13:38
Locuteur non identifié

c'est le mieux placé. Moi, je veux bien qu'on critique non-stop Jean-Luc Mélenchon. Je vais vous dire, c'est un programme de rupture. Voilà. Il est le mieux placé aujourd'hui à gauche. Je voudrais au moins qu'on discute avec eux. Au moins qu'on discute avec eux.

13:50
Sandrine Rousseau

Vous êtes prête à rejoindre cette candidature ? Non, la question,

13:54
Locuteur non identifié

c'est pas de rejoindre. Moi, je voudrais surtout avoir un parti qui comprenne la situation et qui soit à la hauteur de ses responsabilités dans le moment. Et j'ai l'impression que nous n'y sommes pas tout à fait.

14:03
Sandrine Rousseau

Vous êtes sur la scellette chez les écologistes du fait de votre positionnement. Vous dites, ne dispersons pas nos voix, nos forces, parce que nous serons disqualifiés de deuxième tour. C'est ce que vous répétez ce matin. Et clairement, Jean-Luc Mélenchon a démarré sa campagne. Il est en dynamique. Ça monte. Vous êtes plutôt proche de ses idées. Pourquoi est-ce que vous ne le rejoignez pas ? Mais c'est pas...

14:21
Locuteur non identifié

Mais parce que je suis écologiste et qu'en fait... Mais d'une façon ou d'une autre, on le rejoindra. Je ne vois pas au nom de quoi le fait d'avoir une attitude responsable à gauche conduirait à quitter son parti. C'est insensé comme situation. Ou que les écologistes le rejoignent. Surtout que... C'est ce que j'espère. C'est ce que j'espère. C'est que les écologistes aient une dynamique qui permettent d'entrer en négociation avec LFI et de soutenir la candidature qui aujourd'hui a le plus de chance. Encore une fois, il y a des critiques à accorder à cette candidature. J'en suis bien consciente. Mais à un moment, il faut juste être raisonnable. Et là, nous n'avons pas le temps.

Nous n'avons pas le luxe. Et nous n'avons pas le privilège d'avoir encore une fois de multiples candidatures qui dispersent les voix, qui font exactement ce qui s'est passé en 2022, qui produisent le même effet que ce qui s'est passé en 2017. Je veux dire, on les a déjà faites ces erreurs-là. Donc pourquoi on continue ? Et parce qu'on sera comptable. On sera comptable de cet échec.

15:22
Sandrine Rousseau

Vous savez que vous êtes sur la sénette comme Yannick Jadot, mais de l'autre côté. Oui, ce qui est d'ailleurs dingue. Vous êtes sur la sénette, vous êtes menacée d'exclusion.

15:29
Locuteur non identifié

Pardon de poser le fait que c'est quand même étonnant qu'un parti se dise que la meilleure solution dans le moment, ce soit de virer Jadot d'un côté, Rousseau de l'autre. Je veux dire, mais c'est un parti qui va extrêmement mal quand on est obligé d'user de l'intimidation et de l'autoritarisme en lieu et place d'un vrai débat politique au fond et d'un vote des militants avec des alternatives.

15:52
Sandrine Rousseau

Je sais que Jacques m'autorise peut-être, même s'il peut choquer Jean-Luc Mélenchon. Regardez sa prise de position sur le 7 octobre récemment.

16:01
Locuteur non identifié

Mais bien sûr qu'il peut choquer. Évidemment qu'il peut choquer.

16:03
Sandrine Rousseau

Il met en doute le caractère terroriste de l'attaque du Hamas.

16:06
Locuteur non identifié

Évidemment que c'est une candidature qui a des faiblesses, mais c'est aussi la candidature qui aujourd'hui est le plus en dynamique et donc à un moment et qui propose par ailleurs un vrai programme de rupture et je ne minimise pas les difficultés de soutien à cette candidature. Je dis juste que précisément ça devrait faire partie de la discussion.

16:28
Présentateur

Et négocier avec lui.

16:29
Locuteur non identifié

Ça devrait faire partie de la discussion.

16:30
Présentateur

Pour poursuivre cet entretien de Jean-François avec vous, Sandrine Rousseau, une toute dernière question. Pourquoi vous ne créez pas une branche écologiste à l'intérieur de la France insoumise puisque vous êtes menacée

16:41
Locuteur non identifié

dans votre propre parti ? Je veux bien qu'on se dise que c'est facile de changer de parti. Moi, j'ai toujours été écologiste. Je suis chercheuse en économie sur les questions écologiques. Je n'ai adhéré qu'à ce parti. Permettez quand même que j'essaye de me battre à l'intérieur de ce parti autant qu'il est possible de le faire pour que nous n'allions pas dans le mur et que nous ne nous enfoncions pas derrière une stratégie de personnification à outrance sans démocratie, ce qui est absolument à l'inverse de l'histoire de l'écologie.

17:10
Présentateur

Merci Sandrine Rousseau et on l'a compris, vous allez proposer aujourd'hui à votre groupe une motion de censure compte tenu d'une surmortalité qui devrait être annoncée. Elle est déjà là puisqu'il y a déjà un millier de morts supplémentaires par rapport aux vagues précédentes et par rapport aux chiffres habituels. Vous également dénoncez une forme d'impréparation. Vous appelez à un plan grand chaud comme il y a des plans grand froid, la mise en place de volets, des brasseurs d'air et puis, vous l'avez dit, vous appelez à discuter avec Jean-Luc Mélenchon Il est 8h33 sur l'antenne de Sud Radio. Merci Sandrine Rousseau, merci Jean-François. Vous revenez évidemment tout à l'heure.

On va poursuivre la discussion tout à l'heure avec nos débatteurs dans le grand débriefing. Soyez les bienvenus sur Sud Radio.