Christine Lavarde : « On n’effacera pas notre dette d’un coup de baguette magique »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:49OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez les appels à la mobilisation face à cette hausse des prix du carburant ?
- 2:03RelanceÉludée
Est-ce que ça, c'est des moyens d'action que vous comprenez que vous défendez ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Quelles sont vos remontées de terrain que vous avez ces derniers jours ?
- 5:36OuverteRéponse directe
Comment vous réagissez, vous en tant que maire, et quels sont vos leviers d'action ?
- 7:31OuverteRéponse directe
Est-ce que tout ça, ça complique la tâche de Sébastien Lecornu et du Parlement au moment de la construction du budget ?
- 8:57FerméeRéponse partielle
Face à cette hausse des prix à la pompe, il faut ressortir le carnet de chèques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« On le rappelle, c'était 1,50 euro en moyenne au moment du déclenchement des gilets jaunes. »
- 2:49PrésentateurFait
« Si on oblige EDF à aller acheter, on augmente le prix de l'électricité. »
- 4:39Locuteur non identifiéFait
« On sort à peine d'une crise inflationniste sur les produits alimentaires, et on a ce nouveau choc inflationniste sur les carburants. »
- 5:17Locuteur non identifiéChiffre
« Et aujourd'hui, si on en croit le sondage qui est sorti, qui a été effectué auprès de 13 000 Français hier, enfin les jours précédents, on voit bien qu'il y a une forme de découragement. »
- 7:57PrésentateurChiffre
« On a dépensé entre 50 et 60 milliards pour soutenir les consommateurs, quels qu'ils soient, un professionnel particulier. »
- 9:20PrésentateurFait
« On est arrivé au niveau les plus hauts de 2008. »
- 11:10Invité politiqueChiffre
« 30 milliards à trouver dans le budget 2027. »
- 12:50PrésentateurFait
« Dans les années 1960, on avait en gros quatre actifs qui finançaient la retraite d'un pensionné. Aujourd'hui, le ratio n'est plus que de deux pour un. »
- 14:03PrésentateurChiffre
« J'ai compris que le gouvernement est ce qu'on t'ait trouvé 6 milliards sur cette question des retraités. »
- 15:00PrésentateurFait
« On n'effacera pas notre dette d'un coup de baguette magique. »
- 22:12PrésentateurChiffre
« 235 morts à vélo en France en 2025, ça fait 11% de plus en un an. »
Temps de parole
- Présentateur55 %
- Christine Lavarde17 %
- Locuteur non identifié14 %
- Locuteur non identifié 212 %
- ?2 %
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Vous
écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Christine Lavard, vous êtes sénatrice LR des Hauts-de-Seine et vous suivez de près les questions budgétaires ici au Sénat. Le gouvernement et le Parlement face au casse-tête du budget. Où trouver 30 milliards d'économies nécessaires pour réduire le déficit ? Tout le monde devra contribuer aux efforts dans la justice, déclare Roland Lescure, le ministre de l'Économie. Mais qui sera concerné ? On va en parler dans cette demi-heure. D'abord le contexte.
C
'est un budget qui arrive, et on l'a vu, dans un contexte politique et social éruptif. Vous comprenez la colère des Français. On la voit. Les prix à la pompe, à la hausse. Il faut les 3 euros dans certaines stations-service. On le rappelle, c'était 1,50 euro en moyenne au moment du déclenchement des gilets jaunes. Est-ce que vous comprenez les appels à la mobilisation face à cette hausse des prix du carburant
?
Le sujet, c'est que le carburant, pour un
grand
nombre de Français, c'est le moyen d'aller travailler. C'est le moyen d'accéder à des rendez-vous médicaux. En fait, c'est la seule mobilité, parce qu'aujourd'hui, notre réseau de transport collectif ne couvre pas l'ensemble du territoire, ne couvre pas l'ensemble des points origines-destinations. Donc, effectivement, quand on ne peut plus avoir accès au carburant parce qu'il est trop cher, on se trouve contraint de rester chez soi. Donc, c'est finalement un enfermement forcé. Donc, on peut comprendre cette colère. On peut comprendre aussi la colère de tous les professionnels pour qui le carburant, en fait, est un outil de production. Tout à l'heure, vous citiez les marins pêcheurs.
On peut penser aux agriculteurs pour lesquels, en fait, on commence par mettre de l'essence, du gazole dans son tracteur.
Et
en plus, quand on vient utiliser son tracteur pour commencer à labourer, à récolter, on se rend compte qu'il ne reste rien parce que la sécheresse est venue complètement anéantir les espoirs
de récolte. Mais les
pêcheurs qui bloquent, par exemple, le dépôt de pétroliers depuis cette nuit à Fosse, ils empêchent les camions-citernes de sortir. Est-ce que ça, c'est des moyens d'action que vous comprenez que vous défendez
? C
'est une colère. Donc,
en
fait, aujourd'hui, comment est-ce qu'ils ont les moyens de matérialiser leur colère ? Je ne
peux
pas dire que je soutiens un mouvement qui va venir freiner d'autres points de l'économie. Vous ne l'avez pas cité, mais il y a aussi l'ensemble des agents des régimes électriques et gaziers qui envisagent aussi d'entreprendre des actions pour maintenir le bénéfice du tarif agent qui, en fait, leur donne le droit de bénéficier de
l
'électricité et du gaz à un tarif beaucoup moins onéreux que le reste des Français et qui disent qu'on va peut-être venir diminuer la production des centrales nucléaires. Et ce faisant, on obligera EDF, notre entreprise, à aller acheter à l'extérieur. En fait, c'est mauvais parce que si on oblige EDF à aller acheter, on augmente le prix de l'électricité. Donc, en fait, on vient pénaliser l'ensemble de l'économie pour exprimer sa propre colère. Aujourd'hui, il faudrait que chacun aussi pèse les conséquences de ses actes. Je pense que personne n'est indifférent aux difficultés économiques. Elles sont multiples. Elles touchent les uns et les autres à des degrés divers, sur des objets divers.
Mais je ne suis pas certaine que ce soit la bonne solution de bloquer le pays puisque c'est nous enfermer un peu plus dans une spirale qui, aujourd'hui, nous emmène plutôt
vers l'enfer que vers le paradis. – Et on va voir comment ça se passe sur le terrain.
On
va aller dans l'Essonne. Bonjour Alexandre Touzé. Merci d'être avec nous ce matin, maire de Saint-Yon, vice-présidente du conseil départemental de l'Essonne. Alexandre Touzé, quelles sont vos remontées de terrain que vous avez ces derniers jours, ces dernières heures ? Sans faire, madame Irma, évidemment, est-ce que vous sentez monter les ferments d'une colère type gilet jaune ?
– Ce que je viens de dire, madame la séatrice, c'est très vrai, c'est ce qu'on ressent sur le terrain, c'est-à-dire que c'est un café, à la fois dans les collectivités, mais les entreprises qu'on visite, on n'entend parler que de ça, parce que ça vient suite à une inflation sur les produits alimentaires qui n'a pas été totalement rattrapée par les salaires. Ça se relie aussi à une insatisfaction, j'allais dire par rapport à l'État, par rapport aux services publics de l'État. On a vu le classement de PISA concernant les écoles, on voit bien la durée d'attente dans l'hôpitaux.
Donc il y a forcément une extrême frustration, parce qu'à la fois il y a un niveau élevé d'impôts et nos concitoyens n'ont pas le sentiment en face d'avoir le service public qui est dû. On sort à peine d'une crise inflationniste sur les produits alimentaires, et on a ce nouveau choc inflationniste sur les carburants qui touche à la fois le temps de travail, mais aussi pour aller faire les courses au quotidien. Je faisais le tour la semaine dernière, j'ai fait une dizaine de forums des associations.
On
voit bien qu'aussi amener son enfant au sport, une activité culturelle, aujourd'hui faire 4-5 kilomètres en voiture, ça commence à être un luxe. Donc c'est vrai qu'il y a une interprétation de toutes sortes de colères, de frustrations. En même temps, on voit bien qu'il n
'y
a aucune solution qui est très simple. Et aujourd'hui, si on en croit le sondage qui est sorti, qui a été effectué auprès de 13 000 Français hier, enfin les jours précédents, on voit bien qu'il
y a
une forme de découragement, qu'il y
a
une forme de méchéance vis-à
-vis
de l'avenir. Donc il y
a
toutes les composantes pour une colère forte, oui.
–
Comment vous, on sait, quand il y a des colères, quand il y a des crises, les élus locaux sont souvent en première ligne, comment vous réagissez, vous en tant que maire, et quels sont vos leviers d'action finalement ?
–
Ils sont relativement faibles, parce que de toute manière, nous aussi, nous sommes touchés par la hausse des carburants, pour des choses très concrètes de la vie quotidienne. Moi, mon école primaire, une fois par semaine, à la piscine, il y
a
une dizaine de kilomètres, les bus, on le voit bien, mais
on
voit bien que ça touche les sorties scolaires aussi, des enfants dans les collèges, je sais, je n'enseigne qu'on s'administration de collège, les sorties scolaires en bus, ça devient un luxe. Donc les collectivités, comme l'État et comme les particuliers, sont touchées, c'est pour ça qu
'il
n
'y a
pas de solution miracle, et je pense que nous, notre travail, c'est bien sûr de reconnaître la souffrance,
il ne
faut pas… elle est évidente, mais aussi ne pas tomber dans la démagogie et de dire qu'il y
a
des solutions faciles, parce que les solutions, en fait, elles sont souvent du moyen ou
du
long terme, même s'il y
a
des solutions aujourd'hui, comme des chèques énergés, etc., on voit bien que les solutions vraiment pérennes, c'est du moyen et du long terme. Donc je pense que nous, notre rôle, il est à la fois de reconnaître la souffrance et essayer de l'accompagner, maintenant, nos subventions aux associations pour qu'elles n'augmentent pas leurs tarifs, essayer d'accompagner les familles dans le cadre des dépenses scolaires, essayer à travers nos centres communaux d'action sociale d'accompagner les familles les plus en difficulté, mais nous,
on
n
'est
pas là pour mettre de l'essence, si je veux dire, sur le feu, quoi. Ce n
'est
pas notre rôle.
Au
contraire, on doit apaiser et dire que les solutions, malheureusement, c'est les solutions moyen terme.
– Vous
entendez, Alexandre Touzé, évidemment, vous entendez aussi vous administrer dans votre département, Christine Lavarde. Est-ce que tout ça, ça complique la tâche de Sébastien Lecornu et du Parlement au moment de la construction du budget ? Est-ce qu'on peut ne pas tenir compte de ce qui se passe sur le terrain ? –
Ce
qu'a dit l'interlocuteur précédent est très juste, et c'est ça. C'est aujourd'hui, les vraies solutions, ce sont des solutions de moyen et de long terme. Et je ne
vais
vous redonner qu'un exemple. au moment de la dernière hausse brutale des prix de l'énergie post-Covid, on a pratiqué la politique du quoi qu'il en coûte. On a dépensé entre 50 et 60 milliards pour soutenir les consommateurs, quels qu'ils soient, un professionnel particulier. Finalement, si c'est 50 et 60 milliards, on les avait mis vers l'amélioration de la performance thermique des bâtiments. Si on les avait mis pour accompagner massivement la décarbonation du parc automobile, aujourd'hui, alors les effets seraient plus longs, ce n
'est
pas parce qu'il faut le temps, mais aujourd'hui, notre économie serait moins vulnérable à cette augmentation du gaz, à cette augmentation du pétrole. Donc le problème est qu'on est toujours confrontés à devoir apporter une réponse de très court terme. La colère, elle s'exprime aujourd'hui. Mais finalement, les vraies solutions qui permettraient de rendre notre pays indépendant, de nous rendre beaucoup moins vulnérables à tous ces chocs extérieurs, ça nécessite beaucoup d'argent public pour accompagner parce qu'il y en a certains qui sont capables.
Mais
donc là, est-ce qu'à court terme, face à cette hausse des prix à la pompe, il faut ressortir le carnet de tchèque ? Est-ce que l'État, le gouvernement, doit ressortir le carnet de tchèque et aider les Français
? Et là, ce n'est plus
possible.
C'est bien ça le problème parce que vous faites aujourd'hui, ce matin, un focus sur l'augmentation des prix de l'essence. Mais il
y a
quelque chose aussi qui a extrêmement rapidement augmenté ces derniers temps, c'est le taux auquel l'État emprunte. On est arrivé au niveau les plus hauts de 2008. Donc pour vous donner une échelle de temps, on atteint vraiment des niveaux stratosphériques. Certains pensent même qu'on pourrait, d'ici la fin de l'année, dépasser les 5% si on ne fait rien. On est à 4-4. Voilà. Dit autrement, c'est qu'aujourd'hui, les prêteurs n'ont plus vraiment confiance dans la capacité
collective
à remettre l'économie française et surtout la construction budgétaire sur de bons rails. Donc la France devient un pays risqué. On le voit parce qu'en fait, le taux auquel la France emprunte par rapport à d'autres pays s'écarte. Aujourd'hui, la France emprunte en gros 0,9 point de plus que l'Allemagne. La France, aujourd'hui, emprunte plus cher que la Grèce. Je pense qu'il faut qu
'on
s'en rende compte collectivement.
Ce
qui fait qu'aujourd'hui, des réponses
qui
étaient peut-être... Donc il ne
peut
pas y avoir de réponse massive. Mais en fait, on n'a plus d'argent. Mais il
faut garder les
aides ciblées. Il faut garder les aides ciblées. Aujourd'hui, si on pense au secteur agricole, quand on pense l'agriculture, déjà le niveau des récoltes est extrêmement faible dues aux conditions climatiques du printemps et de l'été.
Mais
quand on ne récolte plus,
il
y a une chaîne directe vers l'ensemble de l'industrie agroalimentaire qui est quand même très présente sur notre territoire. Donc il va y avoir un effet induit, un choc très important sur cette filière. Il faut la soutenir. Sinon, on va avoir des conséquences en termes d'emploi, en termes de souveraineté alimentaire, d'inflation ensuite pour nos concitoyens. parce qu'aujourd'hui, il faut quand même le dire, l'inflation en France est moins élevée que dans la moyenne des pays de l'Union européenne. Notamment parce que tant qu'on a de
l
'électricité, on la produit moins chère. Donc voilà, c'est pourquoi la décarbonation de notre économie est quelque chose d'important.
Et on le disait, 30 milliards à trouver dans le budget 2027. Pas de hausse d'impôts, dit le gouvernement. Est-ce que c'est tenable dans le contexte budgétaire
? Alors, il
a dit effectivement
pas de hausse d'impôts. Il n'a pas dit pas d'annulation des impôts nouveaux qui ont été mis en place ces dernières années. Il n'a pas dit… J'ai cru comprendre que la surtaxe d'IS pourrait baisser un petit peu.
L'impôt
sur les SCD ? Voilà, parce que là aussi, il faut envoyer aussi un signal aux acteurs économiques. Mais la pression fiscale…
C'est bien que
cette contribution exceptionnelle baisse. Ça vous allez le dire ? C'est bien, mais alors après, je ne connais pas dans quel pourcentage, donc ça sera certainement un tout petit peu. Il faut quand même, pareil, là aussi, regarder les chiffres. Le taux de prélèvement obligatoire, donc globalement, la pression fiscale qui s'exerce sur les particuliers et les entreprises, n'a été que croissant ces dernières années. Donc, ce qui n'était pas, il me semble, le discours sur lequel le président de la République avait fait sa campagne.
Donc, finalement, les faits ne donnent pas raison aux paroles qu'il avait pu mettre en avant, ce qui aussi l'a induit de la méfiance en fait à l'aune du début d'une nouvelle campagne présidentielle.
Et
il y en a qui vont devoir contribuer à l'effort. Est-ce que les retraités doivent participer à l'effort et doivent y contribuer de manière
forte ? Alors,
je l'ai toujours dit, aujourd'hui, l'effort, il doit être partagé par tout le monde, c'est-à-dire qu'on ne doit pas mettre de côté une partie de la population concernant spécifiquement la question des retraités. Et aujourd'hui, on a un véritable problème de financement et de soutenabilité de ce modèle. Dans les années 1960, on avait en gros quatre actifs qui finançaient la retraite d'un pensionné. Aujourd'hui, le ratio n'est plus que de deux pour un.
Mais
il va y avoir un problème de lisibilité quand même pour l'ensemble des Français. Comment l'année dernière, le gouvernement peut proposer de suspendre la réforme des retraites qui justement devait commencer à apporter un petit peu d'oxygène pour la soutenabilité du modèle ? Et un an plus tard, venir expliquer qu'il faut mettre les retraités à contribution.
Mais est-ce que là, est-ce que vous seriez favorable à une désindexation des pensions des retraités en excluant les retraités modestes
?
Je ne vais pas dédire ce que j'ai pu porter comme amendement l'année dernière dans cet hémicycle. Moi, j'avais proposé de travailler sur la question de l'abattement forfaitaire de 10 %, notamment parce
qu'en fait,
ça vient toucher les retraités les plus aisés puisque ce sont eux qui payent de l'impôt. Si on désindexe les pensions en se concentrant sur les retraités, pareil, en excluant ménages modestes, on arrive globalement à toucher la même population. Ensuite, il faut regarder le rendement de la mesure. J'ai compris que le gouvernement est ce qu'on t'ait trouvé 6 milliards sur cette question des retraités. C'est
faisable pour vous
?
Mais vous
allez
travailler avec
Sébastien
Lecornu dans ce sens ? Comme je vous le dis, c'est faisable si l'effort est porté,
si
chaque Français se sent concerné par cet effort de redressement de nos comptes publics qui est indispensable, sinon on va continuer à payer de plus en plus une charge d'intérêt de la dette
et
quand on paye une charge d'intérêt de la dette, ce sont des dépenses qu'on ne peut plus faire dans des secteurs très utiles et tout à l'heure c'est pareil, le maire parlait des résultats de l'enquête PISA, alors là c'est pareil, il faudrait nuancer parce qu'en fait tout n'est pas si noir quand on va regarder dans le détail les résultats de cette enquête, il parlait de l'accueil à l'hôpital, enfin voilà, c'est des choses qu'on ne pourra plus faire parce qu'on sera juste contraints de toujours rembourser notre dette
et
il ne faut pas non plus croire ce que portent certains candidats à l'élection présidentielle, on n'effacera pas notre dette d'un coup de baguette magique ou si on le fait en fait plus personne ne viendra jamais prêter à notre pays et les investisseurs ne viendront plus et regardons ce qui se passe dans les pays qui font référence pour ce candidat, je ne suis pas sûre que les Français aient envie de devenir les Vénézuéliens d'aujourd'hui.
Et vous allez entrer de plein pied dans le marathon budgétaire et cette déclaration, c'était samedi de Marine Le Pen qui a déclaré préférer un budget imparfait mais opérationnel plutôt qu'une loi spéciale, d'un budget dont Stéphane on ne connaît pas encore les contours précis qui sera dévoilé d'ici quelques jours mais le Premier ministre devra présenter cela.
Oui, parce que le compte à rebours est lancé pour Sébastien Lecornu. Il sait que son budget 2027 doit être présenté en Conseil des ministres à la fin du mois. Alors ce sera soit début septembre, fin septembre pardon, soit début octobre pour être ensuite transmis à l'Assemblée nationale le premier mardi du mois d'octobre qui sera donc le mardi 6 octobre.
Parce
que plus qu'un autre texte, le budget c'est une loi qui est très encadrée dans le temps.
Tout à fait. Le Parlement, Assemblée nationale et Sénat disposent d'un délai qui est contraint. Ils doivent se prononcer sur le budget de l'État en maximum 70 jours après son dépôt. Pour le budget de la Sécurité sociale, ce délai est ramené à 50 jours. Alors qu'est-ce qui se passe si les députés et les sénateurs n'ont pas voté sur ces textes dans le temps imparti avant le 31 décembre ? Eh bien le gouvernement peut décider d'imposer son budget via des ordonnances ou mettre en place une rustine avec la loi spéciale.
Loi spéciale que Sébastien Lecornu avait déjà dû faire adopter l'année dernière pour le budget 2026.
Oui, c'était la troisième fois sous la Ve République, un mois sous loi spéciale avant l'adoption d'un budget en bonnet du forme. Parce que la loi spéciale, eh bien ça ne remplace pas un budget. Ce texte, il permet seulement de reconduire les crédits de l'année précédente à l'identique et surtout, il autorise l'État à continuer de prélever les impôts, à emprunter, à payer les fonctionnaires. Et si en plus, admettons, on fait un peu de politique fiction, vous aviez une censure du gouvernement sur le budget cet automne ou cet hiver, eh bien la loi spéciale s'appliquerait probablement jusqu'à l'élection présidentielle.
Alors en quoi c'est un problème pour les candidats à l'Élysée
?
Eh bien ça leur ferait perdre beaucoup de temps dans l'application de leur programme, probablement plusieurs mois pour une raison très simple, il n'y a aucun cadre budgétaire lorsqu'ils arriveraient au pouvoir puisque nous serions sous loi spéciale. Il faudrait alors élaborer un budget dans son intégralité et ça prend plus de temps que de modifier un budget qui existe déjà.
Et
c'est pour ça que Sébastien Lecornu parle d'un budget réversible
pour convaincre les
partis politiques de ne pas le censurer
et de ne pas le censurer. Exactement, c'est ce qu
'il a dit aux parlementaires dans une lettre qu'il leur a transmise fin août et le message a été visiblement reçu par le Rassemblement National avec cette porte ouverte par Marine Le Pen à un budget qu'elle appelle un budget imparfait. Elle fixe quand même quelques conditions de non-censure à satisfaire, pas de hausse d'impôt, des économies.
À
gauche en revanche, les positions sont plutôt déjà arrêtées. Le PS, les écologistes et la France insoumise devraient censurer sans hésiter si l'on en croit les propos de leurs dirigeants.
Au centre et à droite, pas de risque de censure mais ça ne veut pas dire que le budget sera simple à faire voter.
Non et on l'a vu lors des débats budgétaires précédents. Le manque de mobilisation des députés par exemple peut conduire à un budget incohérent et invotable. C'était le cas l'an dernier et il y a une difficulté supplémentaire. On est en période de campagne, pas sûr de voir renaissance le parti de Gabriel Attal. Horizon, celui d'Edouard Philippe ou les Républicains, celui de Bruno Retailleau, politique, ce qui pourrait aussi paralyser les débats. Christine Lavard, dites-nous sincèrement, est-ce qu'à quelques mois de l'élection présidentielle, on peut vraiment voir un budget de compromis, voter même un budget améliorable
? Si vous y croyez ?
Votre chronique a très bien résumé la situation.
C
'est-à-dire que là, on se trouve à commencer à envisager de débats dans un budget dont en fait personne ne veut, tout le monde veut pouvoir le modifier à la sortie. Donc ce qui finalement est peut-être la seule garantie qu'à la fin on ait un texte, alors on aura peut-être le texte des ordonnances, ce qui permettra à personne de l'avoir
voté. Vous demandez
au Premier ministre de passer par ordonnance en disant, écoutez, simplifions le débat et passons par ordonnance ?
Je ne
vais
quand même pas demander au Premier ministre quelque chose, alors même qu'on ne connaît même pas la copie, on la connaîtra le 30 septembre ou le 6 octobre au plus tard, mais en tout cas, il faudra que le débat parlementaire ait lieu, et on l'a vu l'année dernière, même alors que la discussion a été quand même un peu mouvementée, ça permet aux uns et aux autres effectivement d'exprimer leur position, d'envoyer aussi des signaux, de mettre des sujets sur la table.
Voilà, par exemple, si on pense à la question des retraités ou à d'autres, c'est intéressant de voir que des sujets qui ont été évoqués il y a un an, deux ans dans les lois de finances successives permettent en fait de faire évoluer la réflexion pour ensuite devenir des objets politiques sur lesquels on débat sereinement.
Ce qui sera intéressant aussi, c'est que ces objets, ils feront désormais l'objet d'une étude d'impact puisque tout article initial du PLF est passé devant le Conseil d'État, bénéficie d'une étude d'impact, donc c'est bien aussi d'avoir ce moment de discussion pour commencer à évoquer des sujets qui ensuite peuvent cheminer dans la pensée collective pour avoir un débat plus serein et plus documenté les années suivantes.
Est-ce que vous appelez Bruno Rotaillot qui siège avec vous ici au Sénat dans le groupe Les Républicains a trouvé coûte que coûte un compromis avec le gouvernement ?
Aujourd'hui, je pense qu'il a été très clair samedi à la rentrée des Jeunes Républicains. Nous n'appartenons pas à ce qu'il fait aujourd'hui, enfin même pas la majorité, mais au bloc central. Nous ne sommes pas Renaissance, nous ne sommes pas Horizon. Après, nous serons responsables, mais la responsabilité jusqu'où ? En tout cas, on ne peut pas être comptable de la politique qui a été menée. Comme je vous le disais tout à l'heure, moi j
'ai
l'impression que l'année dernière, le gouvernement actuel en quelques semaines est venu effacer huit ans de politique économique du premier quinquennat et du début du second quinquennat du président de la République. Donc voilà, nous ne sommes pas comptables de ces choix. On aurait pu faire d'autres choses. Je ne
vais
pas revenir ici sur la suppression de la taxe d'habitation, sur plusieurs sujets sur lesquels nous sommes opposés dès le départ. Donc nous saurons faire des choix responsables pour ne pas envoyer notre pays dans le mur. Mais aujourd'hui, on ne connaît pas la copie. Je ne suis pas Madame Irma, si vous l'avez dit.
Encore deux
semaines. Et vous connaîtrez la copie. On en reparlera, bien évidemment, les débats budgétaires qui vont occuper l'automne au Parlement. Pour terminer, comme tous les jours, on finit par trois unes de la presse régionale. On les regarde ensemble. La une du Courrier de l'Ouest. Sécheresse, chaleur, alerte sur les semences alors que l'été, on le disait, a été marqué par des conditions climatiques difficiles pour les agriculteurs. Des semenciers travaillent avec eux sur de nouvelles variétés de semences capables de résister au manque d'eau, maladie, aux températures extrêmes. La deuxième une, c'est celle du Parisien Emploi, c'est salariés menacés par l'intelligence artificielle.
Les formations à l'IA qui se multiplient dans les entreprises souvent tentées de remplacer leurs employés par cette nouvelle technologie. Puis la dernière une, c'est celle de Sud-Ouest. À vous qui venez souvent à vélo, Christine Lavarde. Casque à vélo, faut-il l'imposer ? C'est une question. Alors, le journal dit, ça tient chaud, ça décoiffe, il faut le trimballer partout. Les objections au port du cas sont nombreuses mais les chiffres sont implacables. 235 morts à vélo en France en 2025, ça fait 11% de plus en un an. Est-ce qu'il faut aller jusqu'à l'obligation ? Les avis sont partagés. De quelle ligne avez-vous envie de nous parler ? En
fait, ça va vous étonner mais j'aurais envie de vous parler des trois. Vous savez que j'ai beaucoup travaillé sur l'intelligence artificielle avec la délégation et la prospective. La question de sécheresse, de la chaleur, m'intéresse. Je vous en ai parlé tout à l'heure. Mais allez, je vais parler sur le casque à vélo puisque vous m'avez tendu la perche. Et alors, vous donnez un chiffre de morts. Ce qui serait intéressant, c'est de savoir est-ce que les morts sont dus au fait de l'absence de port du casque ou est-ce que de toute façon, même avec un casque, les cyclistes seraient quand même décédés parce qu'il y a eu des fautes importantes aux codes de la route.
Mais au-delà du port du casque à vélo, aujourd'hui, dans la petite couronne parisienne, c'est vrai dans les Hauts
-de
-Seine, c'est vrai à Paris, il me semble, dans le Val-de-Marne, le port du casque est aussi devenu obligatoire pour les trottinettes électriques parce que là, je pense que l'ensemble des chirurgiens orthopédistes, enfin, vous direz qu'aujourd'hui, l'accidentologie et la traumatologie est très importante justement sur ces nouveaux modes de mobilité. Alors, c'est des chutes qui ne sont pas mortelles mais engendrent quand même des fractures, des traumatismes. Finalement, on a bien, en son temps, imposé la ceinture de sécurité en voiture.
Donc, oui au casque.
Moi, je n
'ai
pas de problème oui au casque et ce n
'est
pas si contraignant que ça. Alors, c'est plus compliqué quand vous n'avez pas votre propre vélo et que vous prenez un vélo en libre-service parce que ça veut dire qu'effectivement, il faut que vous trimballiez votre casque toute la journée.
On a entendu le message. Merci Christine Lavarde. Merci beaucoup d'avoir été notre invitée.
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Christine Lavarde