Benoit Biteau : "Avec l'engouement du bio, on peut voir se développer des manières de produire moins éthiques"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Le marché du bio affiche une croissance de 20% par an. Si on continue à ce rythme-là, est-ce que la production peut suivre ?
- 1:46OuverteRéponse directe
C'est parce que c'est quelque chose de nouveau et qui n'est pas encore encadré, c'est ça ?
- 2:22OuverteRéponse directe
D'abord, restons dans le bio. Vous dites que quand il y a marqué AB et que c'est un produit bio, il n'y a pas de souci. Mais le bio qu'on importe, est-ce qu'il répond aux mêmes critères que le bio qui est produit en France ?
- 3:38FerméeRéponse directe
Donc, d'ici deux ans, sur ce point-là, tout sera réglé, si j'ai bien compris.
- 4:32OuverteRéponse directe
Ceux qui ont envie de manger des fraises, mais qui ne veulent pas les importer, il y a cette nouvelle solution qui, j'imagine, doit vous hérisser le poil, c'est les serres chauffées que l'on trouve et qui permettent de cultiver des tomates en plein hiver. En France.
- 6:14OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il est question aujourd'hui d'interdire ces serres chauffées ? Est-ce qu'il y a des personnes qui la réclament ? Et qui va prendre la décision si décision doit être prise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28PrésentateurChiffre
« Le marché du bio affiche une croissance de 20% par an. »
- 0:51Invité politiqueFait
« À partir du moment où il y a le logo AB sur le produit, il répond à un cahier des charges qui est rigoureusement, sévèrement contrôlé. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Et quand le produit intègre la filière agriculture biologique, c'est qu'il est, comment dire, indemne de pesticides, d'engrais de synthèse, d'OGM, et qu'il répond à des règles de bien-être animal. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Effectivement, ce qu'on constate, c'est qu'avec l'engouement du bio en ce moment, derrière ce cahier des charges, on peut voir se développer des manières de produire qui sont peut-être moins éthiques, moins équitables. »
- 2:36Invité politiqueFait
« Le bio qu'on importe en interne de l'Union européenne, c'est-à-dire issu des 27 autres États membres que la France répond au même cahier des charges. »
- 3:05Invité politiqueFait
« En revanche, quand vous achetez du bio issu des produits qui ne sont pas dans l'Union européenne, effectivement, là, il y a des écarts de cahiers des charges. »
- 3:10Invité politiqueFait
« Et c'est l'intérêt de la réglementation qui va se mettre en place à partir de 2021, où tous les produits commercialisés, et non, on ne parle plus d'uniquement produits, commercialisés en Union européenne, même s'ils viennent de pays hors Union européenne, devront répondre au même cahier des charges que celui proposé au sein de l'Union européenne. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Alors, pour des produits qu'on ne peut pas produire sous nos latitudes, je pense au café, au cacao, ça va être difficile d'avoir des produits issus du marché intérieur. »
- 4:06Invité politiqueFait
« En revanche, importer des produits qui peuvent être produits chez nous et qui sont importés malgré tout d'ailleurs, ça, ce n'est effectivement pas très éthique et ce n'est pas à rechercher. »
- 4:40PrésentateurFait
« c'est les serres chauffées que l'on trouve et qui permettent de cultiver des tomates en plein hiver. »
- 5:08Invité politiqueFait
« Et à partir du moment où on veut s'affranchir de ces saisons-là, d'une part, on s'engage dans des logiques comme ces serres chauffées qui énergétiquement et donc sur fond de changement climatique ne sont pas du tout pertinentes. »
- 6:30Invité politiqueFait
« Ce sera difficile d'interdire. On est dans des logiques où on n'interfère pas dans la liberté d'entreprendre. »
- 7:10Invité politiqueChiffre
« la production nationale, la production de notre territoire national, ne permet pas de satisfaire cette demande, ce qui explique que 30% des produits bio consommés en France sont des produits importés. »
- 7:31Invité politiqueChiffre
« Et le constat pour l'agriculteur, c'est qu'effectivement, quand il s'engage dans ces logiques-là, il s'en sort beaucoup mieux dans un contexte où l'agriculture est en crise, où un tiers des agriculteurs vit avec moins de 350 euros par mois. »
Temps de parole
- Benoît Biteau79 %
- Présentateur21 %
≈ 2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le bio fait l'objet d'un grand débat en ce moment. Sa consommation est plébiscitée par les Français, notamment dans les grandes surfaces. Sa production explose. Une ferme sur dix est bio aujourd'hui. Mais il y a bio et bio. Et bio ne veut pas forcément dire écolo. Bonjour Benoît Biteau.
Bonjour Mathilde.
Vous vous présentez comme paysan, agronome et résistant. Vous êtes éleveur de Charente-Maritime. Et désormais, c'est tout nouveau député européen. Vous avez été élu sur la liste Europe Écologie Les Verts de Yannick Jadot. Le marché du bio affiche une croissance de 20% par an. Si on continue à ce rythme-là, est-ce que la production peut suivre ?
Oui, la production peut suivre. Ce n'est pas tellement la production le problème. C'est l'organisation des filières, effectivement. Après, commencer peut-être tout de suite par rassurer le consommateur. À partir du moment où il y a le logo AB sur le produit, il répond à un cahier des charges qui est rigoureusement, sévèrement contrôlé. Ce n'est pas un label, c'est un signe officiel de qualité qui est contrôlé par des organismes de contrôle indépendant. Et quand le produit intègre la filière agriculture biologique, c'est qu'il est, comment dire, indemne de pesticides, d'engrais de synthèse, d'OGM, et qu'il répond à des règles de bien-être animal. Ça, ce n'est pas contestable.
Effectivement, ce qu'on constate, c'est qu'avec l'engouement du bio en ce moment, derrière ce cahier des charges, on peut voir se développer des manières de produire qui sont peut-être moins éthiques, moins équitables. Et donc, c'est toute la difficulté. Mais en même temps, le cahier des charges n'intègre pas ces données-là d'éthique ou de commerce équitable. Et donc, c'est toute la difficulté.
C'est parce que c'est quelque chose de nouveau et qui n'est pas encore encadré, c'est ça ?
Il faudrait, effectivement, si on veut donner plus de vertu à l'agriculture biologique, une économie plus équitable, il faudrait, effectivement, probablement, poser dans le cahier des charges cette dimension-là. C'est ce que je disais, c'est la subtilité qu'il y a aujourd'hui entre le bio, qui est un mode de production qui répond au cahier des charges et qu'on peut trouver dans les grandes surfaces, et la bio qui implicitement intègre des données humaines, des données de commerce équitable et des dimensions sociales.
Alors, il y a deux aspects sur lesquels j'aimerais revenir avec vous. D'abord, restons dans le bio. Vous dites que quand il y a marqué AB et que c'est un produit bio, il n'y a pas de souci. Mais le bio qu'on importe, est-ce qu'il répond aux mêmes critères que le bio qui est produit en France ?
Il y a deux types d'importations. Le bio qu'on importe en interne de l'Union européenne, c'est-à-dire issu des 27 autres États membres que la France répond au même cahier des charges. Et donc, si c'est un produit d'origine européenne, il n'y a pas de difficulté. On peut faire confiance à l'étiquetage AB. C'est le même cahier des charges. En revanche, quand vous achetez du bio issu des produits qui ne sont pas dans l'Union européenne, effectivement, là, il y a des écarts de cahiers des charges.
Et c'est l'intérêt de la réglementation qui va se mettre en place à partir de 2021, où tous les produits commercialisés, et non, on ne parle plus d'uniquement produits, commercialisés en Union européenne, même s'ils viennent de pays hors Union européenne, devront répondre au même cahier des charges que celui proposé au sein de l'Union européenne. C'est une victoire de José Bové, il faut la saluer.
Donc, d'ici deux ans, sur ce point-là, tout sera réglé, si j'ai bien compris.
C'est ça.
Alors, il y a juste encore un problème avec le bio qu'on importe. Certes, les produits sont bio. Ce n'est pas franchement écolo de voir un ananas faire 10 000 kilomètres dans un avion.
Ça, c'est la difficulté. Alors, pour des produits qu'on ne peut pas produire sous nos latitudes, je pense au café, au cacao, ça va être difficile d'avoir des produits issus du marché intérieur. Donc, ces importations-là seront toujours d'actualité. En revanche, importer des produits qui peuvent être produits chez nous et qui sont importés malgré tout d'ailleurs, ça, ce n'est effectivement pas très éthique et ce n'est pas à rechercher. C'est-à-dire que vouloir manger bio, mais manger du melon ou des frises pour le réveillon de Noël, ça reste des choses un petit peu farfelues. Ce n'est pas ça l'esprit du bio, de la bio, justement.
Ceux qui ont envie de manger des fraises, mais qui ne veulent pas les importer, il y a cette nouvelle solution qui, j'imagine, doit vous hérisser le poil, c'est les serres chauffées que l'on trouve et qui permettent de cultiver des tomates en plein hiver. En France.
Oui, mais oui, ça, ce n'est pas des voies qui sont... Mais là, ça nécessite un réapprentissage de nos habitudes de consommation. Ce n'est pas par hasard que je vous ai pris l'exemple du melon ou de la frise au réveillon de Noël. C'est qu'on est sur des habitudes alimentaires qui doivent faire référence, on doit faire référence à des saisons. Et à partir du moment où on veut s'affranchir de ces saisons-là, d'une part, on s'engage dans des logiques comme ces serres chauffées qui énergétiquement et donc sur fond de changement climatique ne sont pas du tout pertinentes.
Et après, sur le plan gustatif, quand on a fait classer notre gastronomie au patrimoine mondial de l'UNESCO, je ne suis pas sûr que des fraises produites ou des tomates produites hors sol dans des serres chauffées, j'ai même la certitude que ce n'est pas ça qui va faire qu'on va préserver le haut niveau de gastronomie dans notre pays. Donc revenons à des choses basiques qui consistent à consommer des produits de saison. Et c'est là encore la subtilité entre le bio et la bio.
C'est-à-dire qu'effectivement, ces produits dans des serres répondent probablement au cahier des charges de l'agriculture biologique, mais ne s'inscrivent pas dans des logiques qui engagent d'autres subtilités et d'autres enjeux qui sont pour moi déterminants.
Est-ce qu'il est question aujourd'hui d'interdire ces serres chauffées ? Est-ce qu'il y a des personnes qui la réclament ? Et qui va prendre la décision si décision doit être prise ?
Ce sera difficile d'interdire. On est dans des logiques où on n'interfère pas dans la liberté d'entreprendre. Donc le sujet, ce n'est pas interdire ou pas interdire. C'est enlever le label bio ? Mais c'est ça le sujet. Est-ce que dans le cahier des charges de l'agriculture biologique, on s'autorise à dire que désormais, pour que le produit ait du sens en termes de certification bio, justement, on essaie de respecter le cycle des saisons. C'est tout le débat qui est sur la table.
Benoît Biteau, vous qui avez une ferme biologique, est-ce qu'aujourd'hui, on peut vivre bien de l'agriculture biologique ? Puisque, visiblement, les Français sont de plus en plus friands de ces produits.
Aujourd'hui, quand on regarde la demande en agriculture biologique, la production nationale, la production de notre territoire national, ne permet pas de satisfaire cette demande, ce qui explique que 30% des produits bio consommés en France sont des produits importés. Donc il y a une marge de manœuvre importante, qui fait qu'on peut continuer d'entretenir la logique de conversion à l'agriculture biologique. Et le constat pour l'agriculteur, c'est qu'effectivement, quand il s'engage dans ces logiques-là, il s'en sort beaucoup mieux dans un contexte où l'agriculture est en crise, où un tiers des agriculteurs vit avec moins de 350 euros par mois.
La conversion à l'agriculture biologique est une réponse à la fois écologique, ce n'est pas contestable avec le cahier des charges, mais aussi économique par rapport au niveau de revenu des agriculteurs, et pourquoi pas sociale, puisque ça correspond à des attentes sociétales. Et donc, quand on engage de l'argent public pour soutenir l'agriculture, comme c'est le cas dans notre pays, tentons d'orienter cet argent public vers un modèle agricole qui respecte les équilibres territoriaux, les ressources, et je pense à l'eau surtout, les biodiversités, le climat et la santé. Et donc, accompagnons la transition vers l'agriculture biologique.
Et c'est le combat que vous allez porter au Parlement européen pour les cinq prochaines années. Merci beaucoup, Benoît Biteau, de nous avoir accordé quelques minutes. Je rappelle que vous êtes éleveur en chariotte maritime, et donc tout nouveau député européen.
Benoît Biteau