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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 18 juillet 2024 17 min

Matignon : "Il n'y a pas de raison de changer de méthode" pour désigner le candidat du NFP, estime la députée LFI Clémence Guetté

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Invité

Bonjour Clémence Guettet. Bonjour. Le nouveau Front Populaire s'est mis d'accord hier sur la candidature du communiste André Chassaigne pour la présidence de l'Assemblée Nationale. C'était le plus consensuel au sein de la gauche à l'Assemblée ?

0:15
Clémence Guetté

On a eu des discussions pendant plusieurs jours. D'abord, pourquoi on a eu ces discussions ? Parce que Macron lui-même a fait de l'élection au perchoir une étape importante, puisqu'il ne reconnaît pas depuis maintenant trois semaines le résultat des urnes, et qu'il a dit que cette étape à l'Assemblée Nationale serait importante dans la constitution d'un futur gouvernement. Pour nous, c'était donc une étape sur laquelle il fallait se mettre d'accord et avoir une candidature unique.

C'était indispensable parce que nous voulons gouverner et que donc, première étape pour le nouveau Front Populaire, avoir cette candidature en la personne, en l'occurrence d'André Chassaigne, du groupe GDR, président depuis un moment de ce groupe parlementaire. Je suis contente qu'on ait réussi à se mettre d'accord et je vais vous dire une chose. Ça prouve aussi que nous avons la possibilité de faire des efforts dans ces discussions, parce qu'elles ont été parfois présentées de façon un peu caricaturale.

Et pour la France Insoumise, Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire, Éric Coquerel, qui jusqu'alors était président de la Commission des Finances, ont retiré leur candidature au fur et à mesure des discussions, pour que nous aboutissions à cette candidature unique. Donc, la France Insoumise, contrairement aux caricatures qui peuvent en être faites, vraiment et toujours du côté de la solution et pas du problème.

1:28
Présentateur

Et nous l'avons prouvé à nouveau. Et pourtant, pour Matignon, ça semble une autre histoire. Alors, qu'est-ce qui se passe ? Les personnalités ne veulent pas se retirer. Qu'est-ce qui bloque ?

1:39
Clémence Guetté

Alors, pour récapituler quand même le fil de l'histoire, nous avons des discussions sur une équipe gouvernementale, et pas seulement sur Matignon. Et je veux le redire, parce que c'est souvent présenté comme une histoire de personnes ou d'égo qui serait bloquant. C'est là aussi réduire des discussions qui sont exigeantes et éminemment politiques à des questions de personnes. Et c'est vraiment pas ce qu'on est en train de faire. On essaye de composer une équipe gouvernementale parce qu'on sait que la tâche qu'on a devant nous, elle est rude. Elle va se faire dans l'adversité. Elle ne va pas se faire avec l'approbation des marchés financiers, la facilité politique, etc. C'est dans l'adversité.

Donc, on essaye de trouver une équipe à même de résister à ça et à même d'appliquer notre programme de rupture. Mais ça continue ? Elles continuent ces discussions ? Ces discussions, elles vont continuer. Elles continuent de manière... Enfin, depuis les élections, vous le savez. Il y a eu des noms qui ont émergé. Et je pense notamment à la candidature du Guet-Bello, dont je redis l'estime que j'ai pour elle. Et le fait que nous avons la certitude qu'elle est à même de faire appliquer ce programme de rupture. D'autres noms ont émergé.

2:50
Présentateur

Et en même temps, le nom du Guet-Bello, il n'a pas été retenu, finalement. Vous en parlez ce matin.

2:55
Clémence Guetté

Huguet-Bello a choisi de se désister, notamment parce qu'il y avait un blocage du côté du Parti Socialiste. Je donne le nom du Guet-Bello parce que c'est pour dire aussi que ces discussions avancent et qu'elles ne sont pas à huis clos, sans aucune solution, avec un blocage de part et d'autre.

3:10
Invité

Mais Maraigne Thoguie dit que c'est au point mort. C'est ce qu'elle disait hier.

3:12
Clémence Guetté

Oui, mais d'accord. Mais aujourd'hui, on va passer une étape importante. La journée va être longue, comme vous le savez. Il y a potentiellement trois tours à cette élection pour la présidence de l'Assemblée nationale. Et nous avons un impératif de continuer ces discussions sur le nom du Premier ministre et sur l'équipe gouvernementale en entier.

3:29
Invité

Est-ce que la différence, ce n'est pas que pour le perchoir, donc la présidence de l'Assemblée nationale, ce sont les députés qui se sont mis d'accord entre eux ? Il y a eu une déconcertation. Alors que pour Matignon, finalement, ça se passe plutôt au niveau des partis. Certains réclament que les députés puissent tout simplement, peut-être auditionner, mais surtout choisir, voter la personne qui les représenterait le mieux pour Matignon. Est-ce que ce n'est pas ça la clé ?

3:47
Clémence Guetté

En l'occurrence, ça s'est plutôt fait dans une symétrie des formes. C'est-à-dire qu'il y a eu des délégations des différents groupes parlementaires. Pour nous, il y avait Mathilde Panot, Éric Coquerel notamment, qui ont discuté avec les délégations des quatre formations politiques qui composent le nouveau Front populaire à l'Assemblée nationale. Donc ça s'est plutôt fait dans une symétrie des formes. Et preuve en est, ça a été efficace, puisque nous avons réussi à aboutir sur le nom d'André Chassaigne, à tous soutenir sa candidature aujourd'hui. Il se maintiendra dans les trois tours et nous pouvons l'emporter.

Et donc, pour revenir à votre question, puisque je ne vais pas l'éluder, je pense que nous avons une nécessité qui est de continuer ces discussions avec les formations politiques, que nous avons avancées sur l'équipe gouvernementale, sur la façon dont nous voyons une équipe prête à changer la vie des gens et à appliquer le programme de rupture. Et qu'il peut y avoir des solutions qui, je le dis, sont un peu démagogiques, qui consisteraient à dire, faisons voter les députés. D'autres ont dit, faisons voter carrément l'armagement, les électeurs, etc.

Parce que, je vous le dis, si un Premier ministre ou une Première ministre devait recueillir, par exemple, 51% des voix du quorum que nous choisirions, c'est-à-dire les députés ou les électeurs de manière générale, ou n'importe qui, parce qu'à vrai dire, des gens de droite, si c'était une plateforme sur Internet, pourraient venir voter. La méthode n'est pas un petit sujet. À la France Insoumise, nous avons l'habitude de traiter ça. Et croyez-moi, c'est plus compliqué que ça y paraît. J'y reviens. 51% de députés qui se prononceraient en faveur de quelqu'un. C'est une candidature qui est faible.

Et je le dis, ce serait immédiatement mettre la personne qui est désignée dans une position d'être potentiellement un peu désavouée par ceux qui auraient choisi une autre option. Je crois que nous pouvons aboutir avec la méthode que nous avons appliquée. Je vous le dis, nous avons réussi sur la présidence de l'Assemblée nationale. Nous réussirons sur Matignon. Et je reviens. Non, mais je reviens. Je reviens quand même à l'essentiel. C'est que M. Macron ne reconnaît pas le résultat des zones. Et depuis une semaine, j'entends que le nouveau Front Populaire serait incapable de se mettre d'accord, etc.

Nous avons des discussions et nous allons aboutir parce que nous voulons appliquer notre programme. M. Macron, lui, fait des déplacements à l'étranger, poursuit son agenda. Le gouvernement, laissez-moi vous dire que les affaires courantes, c'est quand même une vaste blague parce qu'ils continuent leur programme austéritaire. Ils continuent de passer des décrets sur l'infâme loi immigration. Les électeurs de gauche, ils continuent de casser le code du travail avec les travailleurs des vendanges qui n'auront plus le droit à un jour de repos. Ils continuent de dérouler leur agenda. Et ça, M. Macron, il a quatre numéros de téléphone à appeler. Et il peut le faire à n'importe quel moment.

Et il ne veut pas le faire.

6:24
Invité

Vous n'avez pas de nom à lui proposer. Vous pouvez toujours dire que...

6:27
Clémence Guetté

Nous en aurons un. Ne vous inquiétez pas. Ne vous faites pas l'avocat de M. Macron. Je tiens à dire que dans le pays, dans le pays, monte une colère très nette des gens. Avec toute la difficulté. Mais ce que les gens ont compris, et ils ont parfaitement raison, c'est que le nouveau Front populaire est arrivé en tête. Et que certes, nous n'avons pas une majorité absolue. On ne va pas nier ça. Mais que M. Macron, il a gouverné aussi avec une majorité relative. Et donc, que ça s'est déjà vu.

Et que notre programme, ensuite, quand il sera soumis au vote, l'augmentation des salaires, des mesures écologiques, pour réellement changer l'avis des gens, chaque représentant du peuple pourra assumer son vote. Et en fait, c'est ça qui fait une démocratie parlementaire.

7:08
Invité

Et il n'y a aucune honte à ça. Pour revenir à cette nomination et sur la méthode. Parce qu'effectivement, vous le disiez, c'est important. La question des députés, qui ne sont pas n'importe qui...

7:15
Clémence Guetté

Personne n'est n'importe qui, les électeurs non plus.

7:17
Invité

Oui, mais de fait, la personne à Matignon est censée les représenter, parce qu'elle est censée représenter le groupe majoritaire ou le principal groupe de l'Assemblée nationale.

7:26
Clémence Guetté

Et l'ensemble des électeurs du nouveau Front populaire.

7:28
Invité

J'ai du mal à comprendre, en fait, ce qui vous gêne dans cette idée de faire voter les députés. Est-ce que c'est parce que, de fait, la France insoumise se retrouverait moins majoritaire ?

7:39
Clémence Guetté

Mais non. Ne faites pas de votre raisonnement le mien. Je l'ai exprimé, je peux le réexprimer très clairement. Je pense que la personne qui sera nommée à Matignon a devant elle une tâche immense. Ce n'est pas une décoration, ce n'est pas un cadeau. C'est une exigence que cette personne tienne bon, soit à la hauteur, et qu'elle ait derrière elle un bloc uni. Toutes les composantes du nouveau Front populaire, parmi lesquelles M. Macron et la Macronie en général essayent déjà de trier. Les insoumis, ce serait moins bien que d'autres. Bon, bref.

8:12
Invité

On comprend que ça n'a pas le...

8:14
Clémence Guetté

Mais donc, j'ai répondu très clairement à votre question. Je pense que nous allons aboutir, enfin, que nous pouvons aboutir avec la méthode que nous avons employée. Donc, vous pouvez trouver que c'est trop long, mais dans d'autres pays européens, ça met beaucoup plus de temps. Nous avons abouti sur un programme. Nous avons abouti 250 mesures très ambitieuses et séquencées dans le temps. Nous avons abouti sur un chiffrage. Nous avons abouti sur une candidature commune au perchoir. En fait, nous franchissons chacune des étapes. Donc, je suis optimiste et je crois qu'il n'y a pas de raison de changer de méthode en cours de route. Voilà ce que je dis.

8:44
Invité

Clémence Guettet, députée de la France Insoumise du Val-de-Marne. On se retrouve dans un instant. Et on retrouve Clémence Guettet.

8:55
Présentateur

Vous êtes députée du Val-de-Marne. Quand même, vous parliez d'attente, d'espoir. Les électeurs, ils attendent qu'il y ait une présentation, alors peut-être pas d'un seul nom à Matignon, mais d'une équipe. Quand est-ce que vous allez être en mesure de faire cette proposition ? Est-ce qu'à trop attendre, vous ne risquez pas de les décevoir ?

9:18
Clémence Guetté

Je crois qu'ils ont des exigences et qu'ils ont raison de les avoir. Parce qu'ils ont voté pour un programme et ils ont voté pour qu'on change réellement, y compris en premier lieu, je pense, les conditions matérielles d'existence des gens. Ce que j'ai à cœur, à chaque moment de ces négociations, de ces discussions, c'est que les gens puissent, à leur entrée, respirer. Que, par exemple, les fournitures scolaires... C'est la rentrée. J'arrive. Non, non. Que les fournitures scolaires aient pu être rendues gratuites. Ça veut dire anticiper un petit peu cette discussion où vous serez d'accord.

Que nous ayons pu passer les décrets d'urgence, l'augmentation du SMIC, l'abrogation de la réforme des retraites, le blocage des prix. Ça, nous pouvons le faire dans les 15 premiers jours. Mais je vous le redis, vous pouvez me poser la question, à vrai dire, 15 fois de suite, c'est M. Macron qui doit appeler les chefs de partis du nouveau Front populaire. Je vous le dis, je déteste faire de la politique fiction. Il fait courir des bruits sur le fait que le perchoir est important. Ce que nous voyons se dessiner aujourd'hui pour l'élection du perchoir, il y a M. Juvin, candidat DLR, il y a Mme Mouchou, candidate pour Horizon, qui était dans l'ancienne minorité présidentielle.

Mais ce qui est intéressant... Attendez, je finis mon raisonnement parce que, franchement, c'est de la politique, à mon avis, qui est assez absconne, qui est difficile à comprendre d'un point de vue extérieur. Mais si jamais Mme Browne-Pivet devait être réélue à la tête du perchoir, ce serait le fait d'acter, que M. Macron n'a pas reconnu le résultat des urnes. Et en fait, c'est un scandale démocratique. Et je demande, dans quelle démocratie, M. le Président...

10:58
Invité

Le pouvoir législatif, en l'occurrence, le choix souverain des députés, quel qu'il soit aujourd'hui, c'est pas Emmanuel Macron qui tient les... C'est un vote à bulletin secret.

11:07
Clémence Guetté

Mais ça ne vous aura pas échappé. Nous, nous avons un candidat unique. Il aura toutes les voix du nouveau Front populaire aux trois tours de cette élection. Je vous parle des autres. Mais justement, vous parlez beaucoup des autres, mais je suis très en colère. Je suis très en colère. On nous dit le nouveau Front populaire. On entend Marie-Tondelier dire qu'elle s'excuse. Nous l'avons présenté en transparence devant les gens. Nous l'avons chiffré entièrement. Le Rassemblement national n'a rien fait de tout ça. 27 sondages sur 27 pendant les élections l'ont présenté en tête comme une évidence. La Macronie, en la personne de Mme Broun-Pivet, continue les tractations secrètes avec M.

Chenu du Rassemblement national. Mais ce qui nous intéresse de voir, c'est comment vous, vous travaillez. Non, il faut avoir un rapport honnête aux électeurs. Nous avons un rapport absolument honnête et transparent. Nous discutons parce que nous voulons appliquer notre programme. Nous avons un nom aujourd'hui pour la candidature au perchoir. Nous comptons remporter cette élection. Qu'est-ce que vous expliquez aux électeurs

11:59
Invité

qui, j'en avrais ? Quand vos partenaires, pardonnez-moi, quand vos partenaires parlent de honte, ça c'est François Ruffin, Sandrine Rousseau qui s'excuse, Marine Clandellet qui se dit écoeurée, vous vous dites que vous êtes en colère. Finalement, tout le monde est plus ou moins en colère.

12:10
Clémence Guetté

Je suis en colère contre M. Macron. Je prends mes responsabilités de dirigeante politique. Je fais partie de la délégation qui négocie avec les autres forces politiques. On m'a donné un mandat et je le tiendrai, c'est que ce programme que nous avons écrit, il n'est pas été écrit pour rien et qu'il puisse être appliqué par l'équipe gouvernementale quand nous arriverons au pouvoir. Voilà tout. Je veux le dire très franchement. Arriver, se désespérer, dire que, enfin voilà, nous allons y arriver. Et les gens qui nous écoutent, ils se sont déplacés deux dimanches de suite.

Ils ont fait campagne, ils se sont impliqués, ils ont écrit à leurs proches, ils ont dit on va y arriver cette fois-ci et ils ont bien raison. Donc nous sommes à la hauteur de leurs attentes et nous allons continuer de l'être, c'est tout.

12:57
Présentateur

Et je veux le dire aussi,

13:00
Clémence Guetté

il y a une sorte d'infantilisation de ce qui se passerait en ce moment. Vous m'avez cité certains commentaires. Nous ne sommes pas en train de discuter de bataille d'égo, etc. Nous avons des discussions qui sont éminemment politiques. Qu'est-ce qu'on veut pour ce pays ? Qu'est-ce qu'on veut pour la gauche ? Qu'est-ce qu'on veut

13:16
Présentateur

pour le programme ? Exactement, madame. Sur quel point il y a des discussions ? Parce que vous nous dites qu'on s'est mis d'accord sur un programme et là vous nous dites qu'il y a des discussions sur le programme.

13:23
Clémence Guetté

Je vais vous répondre avec un exemple. La candidature de madame Tubiana a été avancée par certaines forces politiques. Ça ne vous aura pas échappé. Je n'ai absolument rien contre madame Tubiana. Je veux le dire très franchement, ce n'est pas une question de personne, ce n'est pas une remise en cause de son travail. Mais nous avons des désaccords politiques quand madame Tubiana, par exemple, la semaine dernière, a écrit une tribune disant que, évidemment, le point de départ serait le programme du nouveau Front Populaire pour l'équipe mise en place, mais que le point d'arrivée serait différent de celui-ci et qu'il y avait des voix, des compromis à aller chercher du côté...

Non, mais ce n'est pas de l'intransigeance, c'est de l'église. Le programme, rien que le programme... C'est un rapport honnête aux électeurs. Je vais vous dire, mais les gens, dans ma circonscription, ils ne veulent pas d'accomandement avec un projet qui est antagonique au nôtre. Je me suis battue pendant deux ans quand j'ai eu l'honneur d'être députée déjà contre le projet de la macronie. de vos partenaires

14:23
Invité

pensent la même chose. Est-ce qu'au fond, ce n'est pas ça le problème ? C'est-à-dire que, par exemple...

14:26
Clémence Guetté

Mais parce que vous entendez ce que vous voulez entendre, mais les quatre forces politiques sont homogènes sur ça. Nous avons un programme et nous allons le présenter devant l'Assemblée nationale. C'est aussi clair que ça.

14:35
Invité

Ce qui est certain, c'est que pendant ce temps-là, les autres, ils s'organisent aussi. Il y a des propositions de pacte qui viennent à droite, à gauche, en réalité plutôt à droite. C'est currant. Est-ce que vous n'avez pas laissé passer votre tour d'une certaine manière ? Parce que vous dites que numériquement, effectivement, le Front Populaire, le nouveau Front Populaire... Vous êtes vraiment

14:48
Clémence Guetté

les rois du désespoir. C'est incroyable, quand même. Écoutez-moi, le nouveau Front Populaire est numériquement le principal. Quand on arrive à se mettre d'accord sur un an, ce n'est pas suffisant.

14:55
Invité

Mais si demain, par exemple, la Macronie se mettait d'accord avec la droite, d'un coup, paf, la supériorité numérique...

15:02
Clémence Guetté

Est-ce que ça changerait le fait que le nouveau Front Populaire est arrivé en tête des élections ?

15:05
Invité

Ça changerait que la coalition au Parlement changerait de corps ?

15:09
Clémence Guetté

Ce serait un éclaircissement politique. Ah, éventuellement, mais ça veut dire que vous auriez laissé passer votre tour. La Macronie dirait plus franchement que jamais qu'elle va chercher les voix de LR, voire les voix de l'extrême droite. Vous auriez ainsi laissé passer votre tour. C'est ce que j'essaie de vous demander. Au bout de nos peines dans cette journée. Voilà. Moi, je n'ai aucune confiance. Je compte sur nous-mêmes. Le nouveau Front Populaire, les quatre forces politiques qui le composent, la candidature unique de M. Chassaigne, le fait que nous allons voter d'un seul bloc pour appliquer ce programme à l'Assemblée Nationale. Voilà.

Je ne peux pas parler au nom de Mme Broun-Pivet et des petites magouilles qu'elle est en train de faire dans les couloirs avec M. Juvin ou avec M. Chenu. Ça la regarde. Et les électeurs s'en souviendront par ailleurs. Et pour vous, le RN ne doit pas avoir de postes ? Pendant les législatives, ces gens ont aussi appelé au barrage. Ils ont aussi dit que l'extrême droite, ça n'est pas un parti comme les autres, etc. Et aujourd'hui, ils recommencent à dire que ce serait tout à fait normal que l'extrême droite ait des postes quand même de pouvoir à l'Assemblée Nationale. Il ne faut pas que le RN ait des postes. Mais nous, nous avons une position qui est claire, qui est extrêmement claire.

Le Rassemblement National est un parti qui a un projet raciste et de casse sociale. Et le racisme, ça n'est pas une opinion, c'est un délit. Nous avons vu tous leurs candidats, je veux dire, franchement, c'était incroyable. Leurs candidats qui portent des casquettes nazies, qui font des prises d'otages à leurs heures perdues. Non, mais c'est quand même un truc, c'est un truc incroyable. Donc nous, nous ne voulons pas participer à la banalisation de l'extrême droite, au fait qu'ils accèdent à des postes à responsabilité, qu'ils connaissent mieux les institutions. Je le dis, le barrage de la Macronie était un faux barrage qui est en réalité un marche-pied. Et les électeurs s'en souviendront.

Donc nous, nous sommes droits dans nos objectifs. Nous avons un objectif pour cette journée, c'est gagner le perchoir, un objectif pour les jours qui arrivent, les jours qui arrivent, une équipe gouvernementale et que M. Macron nous passe un coup de fil.

16:56
Invité

C'est entendu. Clémence Guettet, députée de la France Insoumise du Val-de-Marne. Merci d'avoir été à l'équipe du 830 France Info. Fanny Guignotchi, on se retrouve demain pour une nouvelle interview.