Benjamin Haddad : " Le Canada partage des valeurs convergentes avec l'UE " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:41OuverteRéponse directe
Est-ce que la France va ouvrir la porte au statut de membre associé pour le Canada ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Faut-il entamer des discussions pour définir ce statut de membre associé ?
- 3:03RelanceÉludée
Est-ce que pour Ursula von der Leyen, c'est un moyen de mettre le drapeau européen sur un pays dont Trump plante le drapeau américain ?
- 4:59OuverteRéponse partielle
Comment réagissez-vous à la menace de Trump de rompre les accords commerciaux avec l'UE si cette proposition était mise en œuvre ?
- 5:55OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'il y a une forme d'hostilité face à l'Union européenne et face à l'Europe puissance ?
- 6:46OuverteRéponse directe
Est-ce que vous y êtes favorable à ce Conseil de sécurité européen avec le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« Moi je trouve que c'est une très bonne idée d'approfondir les relations avec le Canada. »
- 0:50Invité politiqueFait
« Le Canada fait partie de la coalition des volontaires qui a été créée par la France pour soutenir l'Ukraine et travailler sur les garanties de sécurité. »
- 2:51Invité politiqueFait
« On voit que le Canada partage des valeurs et des intérêts qui sont convergents avec les pays européens. »
- 3:27Invité politiqueFait
« Le Canada, encore une fois, est un pays avec lequel nous partageons beaucoup d'intérêts et de valeurs en commun. »
- 5:15Invité politiqueFait
« Ce n'est pas aux États-Unis ou à qui que ce soit de choisir les orientations politiques et géopolitiques des Européens. »
- 6:05Invité politiqueFait
« Il y aura des tendances qui continueront, d'ailleurs, quel que soit le président suivant, qu'il soit démocrate ou républicain. »
- 6:23Invité politiqueFait
« La seule conclusion qu'il faut en tirer pour nous, c'est d'investir dans notre autonomie stratégique, dans notre propre puissance, dans la réduction de nos dépendances. »
- 6:54Invité politiqueFait
« Vous savez que c'était une proposition initiale du président de la République. »
- 8:20Invité politiqueFait
« La Russie cherche à nous intimider, à nous diviser. Elle a échoué ces dernières années. »
- 9:37Invité politiqueFait
« Il s'agit de dire que bien sûr la dissuasion nucléaire et la décision de la dissuasion nucléaire elle restera toujours intégralement française, en particulier la décision du président de la République. »
- 13:40Invité politiqueFait
« C'est nous qui avons mis ce sujet de la protection des mineurs, de la santé mentale des enfants face aux réseaux sociaux dans le débat européen. »
- 17:43Invité politiqueFait
« La France est le premier bénéficiaire des fonds européens et en particulier le premier bénéficiaire de la politique agricole commune. »
Temps de parole
- Benjamin Haddad75 %
- Présentateur14 %
- Invité7 %
- ?3 %
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Et
Donald Trump qui menace de rompre les échanges commerciaux avec l'Union Européenne après que Ursula von der Leyen a dit vouloir faire du Canada le premier pays membre associé de l'Union. Trump est-il hostile à l'Europe puissance ? On va en parler avec vous Benjamin Haddad, bonjour.
Merci
beaucoup d'avoir accepté notre invitation de l'île déléguée chargée de l'Europe. Interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Ariane, bonjour Benjamin Haddad.
Bonjour.
On va revenir sur le discours d'Ursula von der Leyen et notamment cette mesure qui fait réagir jusqu'au président américain Ursula von der Leyen qui veut donc ouvrir la porte au Canada pour qu'il devienne membre associé de l'Union Européenne. D'abord est-ce que la France va ouvrir la porte ? Vous êtes d'accord avec ça ?
Moi je trouve que c'est une très bonne idée d'approfondir les relations avec le Canada. Et d'ailleurs le Canada fait partie de la coalition des volontaires qui a été créée par la France pour soutenir l'Ukraine et travailler sur les garanties de sécurité. Elle a été invitée à la dernière communauté politique européenne. C
'est
la première fois qu'on avait un État qui n
'était
pas
européen
ou du continent européen qui participait. Et sur le plan de l'énergie, sur le plan de la défense et de la vision du monde plus généralement.
C
'est-à-dire d'un attachement droit international au multilatéralisme et à la démocratie libérale. On a beaucoup de choses à faire avec le Canada. Je ne sais pas quelle forme institutionnelle ça doit prendre dans
la relation avec… En
approfondir
la
relation
et en faire un membre
associé
de l'Union
Européenne, il y
a
un fossé.
Pas grand comme l'Océan Atlantique mais un peu quand même.
Aujourd'hui ce statut de membre associé, comme vous le savez, il n'existe pas. Donc il reste à définir. Donc encore une fois, moi je ne sais pas quel titre et statut ça doit prendre. En tout cas, effectivement, nous avons tout intérêt, aussi bien entre la France et le Canada et l'Union Européenne et le Canada, à approfondir ces
relations. Vous
n'applaudissez pas des deux mains sur ce statut de membre associé.
Mais c'est un débat qui a lieu depuis quelque temps. On en a parlé aussi d'ailleurs pour l'Ukraine l'an dernier. Donc la question qui se pose, c'est comment est-ce qu'on peut mieux ancrer des relations avec des pays qui sont alignés, qui sont affinitaires, qui sont de notre voisinage, qui n
'ont
pas vocation à rentrer dans l'Union Européenne, avec lesquels effectivement on peut resserrer les liens.
–
Mais est-ce que de votre point de vue, il faut entamer des discussions pour définir vraiment ce qu'est ce statut de membre associé ? Puisque comme vous le disiez, l'Ukraine s'est déjà vu proposer ce même statut. C'est un statut qui n'existe pas. Est-ce que la France serait demandeuse d'ouvrir des discussions pour en définir précisément les contours
? –
Moi, je crois que nous avons aujourd'hui déjà plusieurs institutions et plusieurs formats dans lesquels on peut déjà approfondir la relation avec le Canada. Évidemment, au niveau de l'Union Européenne, on a un accord commercial. On pourrait regarder la façon dont on peut y mettre plus de contenu. Je pense encore une fois à la question des minerais critiques, à l'énergie, à la défense, l'aérospatiale. La communauté politique européenne, où le Canada a été membre récemment, sur les sujets liés à la défense, la coalition des volontaires, qui est chargée de réfléchir aux garanties de sécurité qu'on va donner à l'Ukraine après la guerre, mais aussi de coordonner notre soutien actuel à l'Ukraine.
On voit que le Canada partage des valeurs et des intérêts qui sont convergents avec les pays européens. Dans ces cadres-là, on peut aussi approfondir déjà l'existant dans la relation avec
le Canada.
– On
sent votre prudence, un enthousiasme modéré sur cette proposition précise. Est-ce que pour Ursula von der Leyen et pour l'Union Européenne, c'est un moyen de mettre le drapeau européen sur un pays dont Donald Trump plante très bien le drapeau américain ? Et est-ce que pour Ursula von der Leyen, c'est aussi un moyen pour elle de faire oublier qu'il y a quelque temps, elle signait des accords commerciaux avec Donald Trump
? –
Non, mais là, je pense que vous faites de l'interprétation sur les sujets qui ne sont pas liés. Le Canada, encore une fois, est un pays avec lequel nous partageons beaucoup d'intérêts et de valeurs en commun. Est un pays qui a manifesté depuis longtemps sa volonté de trouver des façons de se rapprocher de l'Europe sur les questions de défense, sur les questions d'énergie. Et donc, je trouve que c'est bienvenu. On n'a pas besoin d'aller interpréter sur les États-Unis ou non. C'est dans notre intérêt de
travailler plus avec le
Canada, de travailler d'ailleurs plus avec d'autres États qui ne sont pas membres de l'Union Européenne, je pense au Royaume-Uni, à la Norvège, à l'Australie sur la question des minerais. Il y a encore une fois beaucoup de partenaires qui sont des démocraties, qui partagent nos valeurs, notre vision du monde, la volonté aussi de ne pas se retrouver spectateurs passifs d'un affrontement entre les États-Unis et la Chine et d'incarner une voie indépendante. À ce moment-là, travaillons effectivement
avec le Canada. Et d'ailleurs, le président de la
République sera avec le Premier ministre Marc Carnet dans les
prochains jours.
Au Canada
?
À Saint-Pierre-et-Miquelon, comme vous le
savez. À
Saint-Pierre-et-Miquelon.
Et vous dites que si cette proposition est faite au Canada, ça n'a aucun rapport avec le fait que Donald Trump ait jeté son dévolu sur le Canada ? Ce n
'est
pas une mesure de protection ou une forme de solidarité envers le Canada ?
Mais bien sûr que nous sommes solidaires et proches du Canada. Et comme je vous le dis, l'objectif,
c
'est justement de voir la façon dont on peut incarner nos valeurs, nos intérêts communs et travailler ensemble à cette voie indépendante dans les relations internationales.
Donald Trump, ça ne lui
a
pas du tout plu, cette proposition d'Ursula von der Leyen. Acte hostile, dit-il, si elle était mise en œuvre. Comment vous réagissez à sa menace, il y a quelques heures, de rompre les accords commerciaux avec l'Union européenne, si cette proposition veillait le jour
? Bon, tout d'abord, moi, je n
'ai
pas pour habitude de commenter toutes les déclarations du président des États-Unis. Il y
en
a déjà beaucoup. Et puis, par ailleurs,
ce n'est
pas à une puissance étrangère, ce n'est pas aux États-Unis ou à qui que ce soit de choisir les orientations politiques et géopolitiques des Européens. Encore une fois, nous avons une relation avec le Canada. Nous sommes tout à fait en droit de chercher à l'approfondir pour incarner, exprimer nos intérêts, nos valeurs communes. Et donc, ce n'est pas aux États-Unis ou à qui que ce soit d'avoir un veto sur les relations de l'Union européenne ou du Canada.
Donc, vous ne cèderez pas à cette forme de chantage de Donald Trump
? Ce
n'est pas dans notre habitude.
Est-ce que vous n
'avez
pas l'impression, quand vous entendez Donald Trump, qu'il y
a
une forme d'hostilité face à l'Union européenne et face à l'Europe puissance
?
Moi,
je
vois déjà
des
tendances de long terme, au-delà de la personne de Donald Trump, qui ont déjà même été exprimées par des présidents démocrates, pour dire que la priorité,
c
'était la Chine, pour faire du protectionnisme parfois à l'encontre des intérêts européens, pensé à l'Inflation Reduction Act de Joe Biden. Je pense qu'au-delà de Donald Trump, qui a sa personnalité, il y aura des tendances qui continueront, d'ailleurs, quel que soit le président suivant, qu'il soit démocrate ou républicain. Et donc, fondamentalement, la seule conclusion qu'il faut en tirer pour nous, c'est d'investir dans notre autonomie stratégique, dans notre propre puissance, dans la réduction de nos dépendances, sur le plan militaire, bien sûr, mais aussi sur le plan énergétique, sur le plan technologique. Nous avons des alliés, mais nous avons aussi des intérêts à faire valoir.
Nous devons pouvoir assumer aussi des rapports de force. Et donc, moi, je suis plutôt d'avis de ne pas commenter toujours ce que disent les autres, mais de se concentrer sur ce que nous devons faire nous-mêmes pour affirmer la puissance européenne.
–
Alors, justement, Salah van der Leyen qui a proposé la création d'un Conseil de sécurité européen, sur l'Union européenne, le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni. Est-ce que là, vous y êtes favorable ?
– Vous savez que c'était une proposition initiale du président de la République. C'est le président de
la
République qui avait parlé de ce Conseil de sécurité. Je trouve qu'effectivement,
il
faut ouvrir à la réflexion sur la façon dont on peut travailler sur les questions de défense et de sécurité au niveau européen, y compris avec des États qui ne sont pas aujourd'hui membres de l'Union européenne, mais qui contribuent à l'architecture de sécurité, bien sûr, le Royaume-Uni. C'est pour ça, d'ailleurs, que le président de la République avait choisi de créer la coalition des volontaires pour l'Ukraine avec le Royaume-Uni. Bien sûr, la Norvège, qui est un partenaire avec lequel nous avons approfondi aussi les relations de défense.
Et donc, je crois qu'il faut effectivement avoir cette réflexion sur l'articulation entre l'Alliance, l'OTAN, l'Union européenne, qui peut servir notamment à financer la coopération industrielle, donc à faire émerger aussi une base industrielle de défense autonome, à travers ces instruments comme SAFE, comme le prochain budget européen, le cadre financier pluriannuel. Et donc, un conseil de sécurité qui pourrait agréger les principales puissances pour parler de l'avenir de ces questions de sécurité sur le continent européen.
– Notamment face à la menace
russe ? – Notamment face à la menace
russe. –
Comment vous l'évaluez aujourd'hui, l'état de la menace russe ? Elle est faible ? Elle est modérée ? Elle est forte ?
Moi, je vois déjà la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine, naturellement, et c'est pour ça que soutenir les Ukrainiens, c
'est
notre première ligne de défense face à cette menace de la Russie. Mais on voit effectivement la Russie qui menace toutes nos démocraties européennes par ses ingérences, par ses attaques cyber, par ses attaques hybrides, comme on l'a vu encore se multiplier ces derniers jours. Et donc, dans ce contexte, il faut rester calme et ferme. La Russie cherche à nous intimider, à nous diviser. Elle a échoué ces dernières années. Ces dernières années, nous avons d'ailleurs toujours sous-estimé, en fait…
–
Vladimir Poutine, il n
'arrive
pas à intimider l'Europe, selon vous
? –
Non, au contraire. Mais au contraire, regardez, ça fait quatre ans qu'il croit que nous allons nous désunir, que nous allons nous affaiblir, que nous allons perdre notre détermination. Et au contraire, aujourd'hui, les principaux soutiens de l'Ukraine, ce sont les Européens. Nous, nous étions d'ailleurs, il y
a
quelques années, fixés des lignes rouges, des limites à nous-mêmes, comme le fait de livrer des armes, des chars, des capacités de frappe en profondeur. Et nous avons accéléré notre soutien à l'Ukraine, et c'est aujourd'hui l'Ukraine qui regagne du terrain. Donc il n'y a aucune raison d'exagérer nos faiblesses ou de s'autoflageler. Au contraire, nous avons montré que nous étions capables d'être unis, fort déterminés. Ce n'est que dans la force
que
l'on dissuade la menace.
– Et vous étiez d'ailleurs en Ukraine il y a quelques jours. Les Russes, qui ont qualifié mardi d'imprudente l'initiative française de dissuasion nucléaire avancée. Qu'est-ce qu'il faut voir derrière ce thème ?
Ça fait des années encore une fois que la Russie, par sa rhétorique, essaie d'intimider. Je crois qu'encore une fois il ne faut pas sur-réagir ou y prêter beaucoup d'attention. –
Mais est-ce que cette initiative
a mis une cible russe dans le dos de la France
? – Mais non, cette initiative elle contribue à la sécurité de la France et de nos partenaires. Rappelons de quoi il s'agit tout de même. Il s'agit de dire que bien sûr la dissuasion nucléaire et la décision de la dissuasion nucléaire elle restera toujours intégralement française, en particulier la décision du président de
la
République. mais que naturellement, comme l'avait dit depuis le général de Gaulle, les intérêts vitaux de notre pays ont une dimension européenne.
C
'est-à
-dire
que ce qui se passe à nos frontières, la sécurité de nos alliés, évidemment que ça a un impact sur la sécurité des Français. Donc on réfléchit à la façon dont on peut mettre en commun des forces, stationner des forces de dissuasion chez nos voisins, faire participer à des exercices en commun pour contribuer à la sécurité du continent. –
Mais qu'on comprenne bien, la Finlande y a adhéré il
y
a quelques jours, c'est le dixième pays y a adhéré. Est-ce que ça veut dire que si Helsinki est attaqué par les Russes, on sort l'arme nucléaire
?
– Mais ce n'est pas sur un plateau télé que je vais commencer à lancer ce genre de déclaration et vous le savez que ces décisions sont
toujours… – Non mais qu'on comprenne qu'est-ce qu'il y a
concrètement derrière ce terme
de… – Mais si
vous vous plaisez un ministre,
si
vous posez
une question à une telle
gravité, il faut en parler effectivement avec calme. Ce sont évidemment des décisions qui sont l'apanage du président de la République. Maintenant, nous avons des alliés, nous avons des garanties de sécurité, je vous rappelle que nous sommes membres de l'OTAN, la Finlande d'ailleurs est membre depuis peu de l'OTAN, c'est d'ailleurs l'une des conséquences de l'invasion de la Russie, enfin l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et donc la France honore sa parole et est aux côtés de ses partenaires. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons approfondi nos relations de sécurité et de défense avec nos partenaires sur le flanc Est.
Je vous rappelle que nous avons des troupes dans les pays baltes, par exemple comme en Estonie, à qui je suis allé rendre visite il y a quelques mois. Nous sommes nation-cadre de l'OTAN en Roumanie, nous avons beaucoup approfondi notre partenariat de défense avec la Pologne, précisément pour dissuader la menace et renforcer la sécurité européenne.
– Mais du coup, qu'est-ce que ça implique de plus que nos engagements qui sont déjà présents en tant que membres de l'OTAN
? –
La dissuasion avancée, la dissuasion avancée, elle crée de l'incertitude chez l'adversaire,
elle
renforce encore une fois la sécurité des Européens, en particulier aussi dans un climat d'incertitude sur la garantie de sécurité américaine et l'avenir de la relation transatlantique. Elle permet aussi d'ailleurs d'intégrer nos partenaires à la dimension conventionnelle de la dissuasion nucléaire, c'est-à-dire autant la dissuasion nucléaire elle-même, comme je le disais, restée 100% française, y compris d'ailleurs dans son financement, mais sur sa partie conventionnelle,
c
'est-à-dire les capacités de frappe en profondeur, les mécanismes d'alerte avancée, on peut avoir des coopérations industrielles avec nos partenaires, c
'est
des discussions que nous avons par exemple avec les Allemands et avec d'autres, et donc ça contribue une fois de plus à la sécurité des Français et de nos voisins.
– Pour qu
'on
comprenne bien, juste Benjamin Haddad, pour finir là-dessus, donc nous on leur apporte le parapu nucléaire, eux qu'est-ce qu
'ils
nous apportent en échange ?
Et bien comme je vous le disais, par exemple, le fait de pouvoir contribuer de façon conventionnelle à renforcer notre dissuasion avec des coopérations sur les mécanismes d'alerte avancée ou les capacités de frappe en profondeur.
–
Et financièrement
parlant ? – Et
puis, mais je viens de vous répondre.
–
Oui, mais enfin c'est des moyens,
c'est ça ? – Oui, c
'est des moyens. –
On va finir sur
ce sujet parce qu'on en a… – Mais
je viens à le préciser, parce que financièrement, il ne
s
'agit pas du financement de la dissuasion qui reste 100% française naturellement. –
Et la
décision
aussi.
– Et la décision aussi, parce qu'on entend beaucoup de fake news, comme vous le savez sur ce sujet.
– C'est pour ça que c'est bien de le préciser. Sur le numérique, parce que là aussi, il en a été question hier lors du discours de Ursula von der Leyen et les réseaux sociaux, Christelle.
– Oui, lors de son discours, elle a proposé une interdiction des réseaux sociaux. C'était une demande d'Emmanuel Macron. Lui aurait aimé qu'il soit interdit dès l'âge de 15 ans. Elle a proposé 13. C'est un recul par rapport à
la demande. – Non, puisque c'est exactement la
proposition que nous avons envoyée à la Commission européenne,
c
'est-à-dire 13 et entre 13 et 15 ans, vous avez effectivement la possibilité d'avoir un contrôle parental ou une validation parentale. Puisque comme vous le savez, il y
avait
une première proposition, nous étions en discussion aussi bien avec la Commission européenne, il y
a
eu aussi la décision du Conseil constitutionnel. Donc nous avons travaillé à avoir une nouvelle proposition qui est compatible avec les deux décisions. Fondamentalement… – Ce n
'est pas une
manière de contourner la décision
du Conseil
constitutionnel. –
Mais
fondamentalement, c'est une façon d'y répondre, de répondre aussi aux problématiques qui ont été soulevées par le Conseil constitutionnel. –
Mais
au-delà de ça, moi ce que j'ai entendu hier, c'est justement le leadership qui a été incarné par la France. C'est nous qui avons mis ce sujet de la protection des mineurs, de la santé mentale des enfants face aux réseaux sociaux dans le débat européen. C'est nous qui avons créé une dynamique avec les gouvernements européens à ce sujet. Ça a été repris par la présidente de la Commission européenne. Donc il faut se féliciter de la proposition européenne en ce sens. Et d'ailleurs, je voudrais dire au-delà de ça, sur ce discours sur l'État de l'Union qu'on a entendu hier,
quand
on parle de réduction des dépendances, quand on parle de questions de sécurité, de sécurité commerciale aussi face à la Chine avec les surcapacités subventionnées dans le domaine industriel qui viennent déstabiliser nos filières, de protection des enfants dans l'espace numérique. C'est bien l'agenda de la France. C'est bien les propositions de la France, d'ailleurs depuis 2017 et le discours sur la SORBONNE, sur la souveraineté européenne du président de
la
République, qui sont aujourd'hui au cœur de l'agenda européen. Il faut s'en féliciter.
– Donc là, elle en a parlé dans son discours. Après, j'imagine que le processus va être long pour la mise en place. Est-ce qu'on peut imaginer un aboutissement avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron ? Ou ce n
'est
pas imaginable
?
– Oui, c'est notre objectif, effectivement, de pouvoir avoir un texte avant la fin du quinquennat.
– D'accord.
Un mot sur les réseaux sociaux et le risque d'ingérence. On est en pleine campagne présidentielle en France. Est-ce que ça vous inquiète ? Et est-ce que vous avez les moyens efficaces de lutter contre ces ingérences ?
– Alors, ces ingérences, vous le savez, on les voit déjà depuis plusieurs années dans l'espace informationnel. On le voit aussi bien en France, qui est l'un des pays les plus ciblés en Europe par ces ingérences, en particulier venant de la Russie. On l'a vu d'ailleurs aussi dans des processus électoraux en Europe. Je pense à ce qui s'est passé en Moldavie ou en Roumanie. Moi, je me suis rendu dans ces pays où on a vu des contenus artificiellement amplifiés sur les réseaux sociaux, que ce soit sur TikTok ou Telegram, en particulier par la Russie. Donc, il faut être extrêmement vigilant. Nous avons un État de droit européen sur ces sujets.
Nous avons des textes, notamment le Digital Services A, qui permet de dire de façon très concrète que ce qui est interdit dans le monde réel doit être interdit dans le monde virtuel, que ce soit la haine en ligne, les ingérences, la manipulation de l'information, la manipulation des algorithmes. Nous avons des outils européens. Il faut pouvoir les utiliser, effectivement, pour protéger notre espace informationnel.
– Christelle. – Oui, Ursula von der Leyen a aussi abordé un autre sujet international. Elle a qualifié d'inacceptable la décision du gouvernement israélien de faire avancer le projet de colonie E1. La France a déjà pris des mesures contre ça. Est-ce qu'il faut, et notamment interdit, les importations issues des colonies israéliennes ? Est-ce qu'il faut aller plus loin
sur
ce sujet-là ? – Vous connaissez l'attachement de la France à la solution à deux États. Le président de
la
République s'était lui-même beaucoup impliqué sur ce sujet, avec notamment la déclaration aux Nations Unies il y a exactement un an. et tout le travail que nous avons fait en faveur d'un cessez-le-feu, en faveur de l'aide humanitaire aux Palestiniens. Il y a eu les annonces, en effet, du ministre Jean-Noël Barraud. Et donc, on travaille, effectivement, avec nos partenaires sur ce sujet pour, encore une fois, continuer à donner une espérance à cette solution politique qui est la seule voie pour avoir un État palestinien qui reconnaît l'existence et la sécurité de
l
'Israélien. Et évidemment, sans le Hamas, c'est débarrassé du Hamas avec un Hamas désarmé.
– Mais là, il
faut
aller plus
loin dans les sanctions. – Vous l'avez vu déjà, des mesures qui ont été annoncées par le ministre de
la
France-Tangère.
– Est
-ce que vous nous confirmez, Benjamin Haddad, que Sébastien Lecornu demande une baisse de la contribution des États membres au budget de
l
'Union européenne
? – Non, ce n'est pas ça. Je veux vous expliquer de façon très claire. Tous les ans, on a le budget européen.
Et
là, nous avons des nouvelles recettes pour le budget européen, notamment une taxe sur Google de 4,6 milliards d'euros. Donc,
ce
que nous avons dit, c'est qu'à partir du moment où vous avez des nouvelles recettes pour l'Union européenne,
eh
bien, automatiquement, ça doit faire baisser les contributions de tous les États membres. – Mais
pourquoi
? – Mais donc, ils demandent une baisse de la contribution des États membres
? –
Non,
mais
tous les ans, nous avons cette discussion, c'était déjà le cas l'an dernier. L'an dernier, entre ce qui avait été prévu initialement pour notre contribution et la contribution finale, ça avait légèrement baissé. Je tiens à le dire parce que j'entends parfois dans le débat public certains dire qu'il s'agit d'un rabais. Mais ce n'est en aucun cas. Nous, nous nous battons depuis des années. Ça va être d'ailleurs l'un des enjeux de l'adoption du prochain cadre financier pluriannuel, qui est le budget sur la période 2028-2034 de l'Union européenne, pour créer des ressources propres de l'Union européenne. Et de dire,
l
'Union européenne a besoin d'un budget ambitieux pour soutenir nos agriculteurs, pour la cohésion des territoires, pour investir dans la défense, dans le spatial, dans l'intelligence artificielle. Mais tout ça ne peut pas reposer uniquement sur la contribution nationale des États membres. Aujourd'hui, à peu près 90% du budget de
l
'Union européenne est financé par la contribution des nationales des États membres. Si on veut un budget ambitieux, mais qu
'on
ne veut pas effectivement constamment faire augmenter notre contribution, on a besoin de ressources propres. Ça peut être la taxe carbone aux frontières, la taxe sur les petits colis, un Estat européen comme ça a été proposé par la Commission, une taxe sur les services numériques. Il y en a une en France, mais vous savez que ce serait beaucoup plus efficace si on le faisait au niveau des 27. Et donc, il faut se féliciter, effectivement, d'avoir ces nouvelles ressources. Et là, c'est le cas, effectivement, de cette amende Google qui doit pouvoir faire diminuer les contributions. Qui doit
ruisseller,
c'est ce que dit Sébastien
Lecourne. Ça veut dire que pour
le budget de la France, vous souhaiteriez que ça chiffre à combien ? Ce n'est pas un rabais, mais cette moindre contribution.
Alors ça, ça fait l'objet de discussion. J'ai vu le commissaire au budget, Piotr Serafine, la semaine dernière à Bruxelles pour effectivement essayer d'évaluer, je n
'ai
pas encore de chiffres à vous donner à ce stade, mais évaluer la façon dont ça pourrait faire baisser la contribution de tous les États membres, y compris celle de la France, et pour demander, comme nous le faisons chaque année aussi, à la Commission européenne de maîtriser son augmentation de dépenses, en particulier ses dépenses.
Donc ça veut dire que vous
ne demandez pas un rabais compte tenu de nos difficultés budgétaires ?
Non, mais de toute façon, encore une fois, ça ce n'est pas une discussion que vous avez d'année en année, il s'agit encore une fois lié à cette nouvelle recette, qui est une bonne nouvelle, cette amende là en l'occurrence qui a été infligée à Google, 4,6 milliards d'euros, effectivement que ça se traduise en une ressource propre pour l'Union européenne, donc que
ça
fasse baisser la contribution.
Parce que la question du
rabais, elle est dans le débat de le Rassemblement national depuis longtemps, on dit qu'il faut qu'on contribue moins à l'Union européenne. Bruno Le Maire, qui n
'est
pas le moins européen du lot, dit qu'il faut la baisser de 5 milliards. Qu'est-ce que vous dites ? Mais moi je vais vous dire,
c
'est une erreur. Je vais vous expliquer de façon très claire pourquoi. Si moi demain, je vais voir les partenaires européens et je leur dis, la France veut un rabais. Qu'est-ce qu
'ils
vont me répondre ? Ils vont dire, très bien, on baisse la PAC
et
vous la financerez au niveau national. La France est le premier bénéficiaire des fonds européens et en particulier le premier bénéficiaire de la politique agricole commune.
Donc
derrière, il faut aller expliquer
à
nos agriculteurs, on va baisser vos paiements directs pour baisser la contribution française. La France bénéficie de son appartenance au marché intérieur et à l'Union européenne.
En
revanche, comme je vous le disais, nous, nous travaillons pour le prochain cadre financier pluriannuel à ce que l'Union européenne se dote de ressources propres comme l'attaque carbone aux frontières, comme l'attaque sur les services numériques, donc des ressources qui pèsent sur les acteurs extérieurs à l'Union européenne, qui ne viennent pas alourdir la charge fiscale des Européens pour pouvoir effectivement faire face aux besoins d'investissement dans l'IA, dans la défense, dans le spatial, pour pouvoir continuer à assurer la sécurité alimentaire des Européens à travers la politique agricole commune.
Mais si demain, vous venez dire on veut intrancher le budget européen, très bien, mais venez l'expliquer à nos régions qui touchent la cohésion, à nos agriculteurs qui touchent la PAC, à nos entreprises qui touchent les fonds Horizon, à nos étudiants qui veulent aller faire des déplacements Erasmus, etc. –
Dernière question sur Gabriel Attal.
–
Gabriel
Attal est à Reims aujourd'hui pour répondre justement au discours d'Ursula von der Leyen. Est-ce que c'est le rôle d'un candidat issu de l'ex-majorité présidentielle de répondre de cette manière, quitte à interférer dans la position de la France
? –
Non,
alors,
comme vous le savez, ce n'est pas le candidat que je soutiens dans cette élection présidentielle. Cela étant dit, je trouve ça bienvenu que des candidats viennent exprimer leur vision de l'Europe. – Ce
qui va être
visiblement très critique, soumignon que l'Europe n'a pas réussi à lutter contre la désindustrialisation
en France. – Je crois,
on peut parler après des sujets de fonds et déclinés, mais je crois que c'est important effectivement que l'Europe soit au cœur de cette campagne. Tout d'abord parce que, regardez les sujets dont nous avons parlé aujourd'hui, la pression de la Russie, la relation avec Donald Trump, les questions de dissuasion nucléaire, on ne peut pas faire l'économie d'un débat sur les questions internationales, géopolitiques, du contexte qui nous entoure dans l'élection présidentielle qui vient. La question qu'on se pose dans cette élection présidentielle, c'est qui vous voulez aux manettes, qui vous voulez dans le PC-Jupiter quand on aura peut-être à nouveau
des crises
géopolitiques et internationales.
– Et par
ailleurs, je voudrais aussi rappeler que nous avons aujourd'hui deux forces, la France insoumise et le Rassemblement national, qui sont des forces anti-européennes, qui sont des forces alignées sur l'agenda de M. Poutine, qui se sont opposées à tous les tournants au soutien à l'Ukraine. Madame Le Pen qui, il y a dix ans sans rappel, faisait campagne pour le Frexit et la sortie de l'Europe. Je ne crois pas que ce soit le français, donc je pense qu'effectivement nous parlerons d'Europe, nous parlerons de géopolitique dans cette campagne présidentielle. – Merci
Benjamin Haddad, merci beaucoup d'avoir été notre invité.
Benjamin Haddad