L'interdiction du glyphosate est une urgence ! - Prise de parole à la marche contre les pesticides
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bon, alors oui, ça va chauffer. Quelqu'un a dit tout à l'heure qu'il faut politiser le sujet. Il l'est hautement. Je commence par Monsanto. Pas Monsanto, le chlordécone. Le chlordécone, la situation est irréversible maintenant, tout le monde le sait. Toute la population est empoisonnée. Il n'existe pas de recherche fondamentale qui nous permet de savoir de quelle manière l'épandage du produit a entraîné par voie de conséquence d'autres maladies. On a donc, première chose, un besoin de recherche fondamentale dans ce domaine. Et une recherche, pardon de le souligner, qui doit être nécessairement genrée.
Car les conséquences ne sont pas les mêmes pour les hommes comme pour les femmes à propos des pesticides. Ce que nous avons pu voir jusqu'à présent, c'est qu'on traite du problème en général et qu'on s'est beaucoup moins soucié des aspects genrés des conséquences de l'empoisonnement collectif. Deuxièmement, ça veut dire que pour les territoires qui ont été chlordéconés, il faut, un, proposer une agriculture vivrière indemne du chlordécone. C'est facile à dire, mais pas facile à faire, parce qu'il faut trouver les terres qui sont indemnes. Ou bien, il faut produire la terre indemne, parce qu'on en est là. La terre arabe indemne, c'est-à-dire débarrasser du chlordécone.
Si on fait ça et qu'on trouve les paysans pour le faire, il faut évidemment empêcher la concurrence des produits qui arrivent et qui sont produits en Europe et déverser sur les marchés antillais ou des Caraïbes, c'est vrai aussi pour l'océan Indien à la Réunion, qui interdit la production locale. Par conséquent, il faudra mettre des mesures de protectionnisme écologique. Alors, il y en a à qui le seul mot de protectionnisme déclenche de l'urticaire, mais là, il n'y a pas d'autre solution, sinon, il n'y aura pas de production locale.
Et cette question est d'autant plus importante que l'Europe, j'ai oublié le nom technique que ça porte, fait des territoires dits ultra-périphériques, les rupes, l'endroit où on envoie tout ce dont on ne sait plus quoi faire sur le marché continental. Donc, vous avez des produits qui arrivent à prix plus que cassés, puisque de toute façon, ils s'en foutent de savoir le prix de ces produits. Tout ce qui compte, c'est qu'ils s'en débarrassent. Ça aussi, c'est terminé. Alors, ça peut faire enrager, parce que ce sont des produits qui sont vendus à des prix peu chers. Donc, vous voyez que sur une question, l'empoisonnement, on trouve tout le reste. Comment on produit ?
Comment on crée une agriculture vivrière bio ? Et donc, comment on prend des mesures ? Je vous dis ce que j'en pense, moi, que j'appelle anticapitaliste. Parce que si la seule logique, c'est l'accumulation, il ne faut rien faire de tout ça. Mais si la rupture, c'est la rupture, alors il faut que le chlore déconne. Et rapidement dit, deuxième idée, la question du vifosate. Alors, je dois vous dire une très mauvaise nouvelle. Très, très, très, très mauvaise nouvelle. La très mauvaise nouvelle, il y en a même deux. La première mauvaise nouvelle, c'est le ministre de l'Agriculture. Et la deuxième mauvaise nouvelle, c'est la ministre de l'Écologie.
Alors, bon, d'habitude, on dit, ah ben, laissez-leur une chance. Ben, ça tombe bien, ils l'ont déjà eu. Sur la question du glyphosate, une nuit, en 2018, à l'Assemblée nationale, un amendement à la faveur de la nuit profonde a été adopté pour interdire le glyphosate. Le ministre s'est évanoui, puis il s'est repris, et il a décidé de faire une deuxième lecture de l'amendement. Il vient à peu près, disons, deux heures et demie du matin. Et la deuxième lecture a eu lieu à quatre heures du matin. Et à quatre heures du matin, sur nos banques, je parle pour nous, il a resté un, qui a eu le bon réflexe.
Il a immédiatement déposé une demande de scrutin public, c'est-à-dire l'obligation pour tout le monde de dire comment il votait individuellement. Eh bien, la mauvaise nouvelle, je vous la résume en une seule, c'est que le ministre de l'Agriculture, à quatre heures du matin, qui était ce jour-là député, la ministre de l'Écologie, à quatre heures du matin, qui était à ce moment-là député, les deux ont voté contre l'amendement qui interdisait le glyphosate. Les deux ont rétabli l'usage du glyphosate. Le président de la République, qui avait fait le malin avec le glyphosate, avait dit en Europe, il faut interdire tout de suite.
Alors on lui dit, monsieur, c'est pas raisonnable, il nous faut du temps. Ah bon ? Disons, dit notre président, trois ans. Ah bon ? Alors les autres ont dit, ah ben non, pas trois, c'est trop court, cinq. Bon, bon d'accord, cinq. Et qu'est-ce qu'on fait dans cinq ans ? On interdit ? Ah non, on leur discute. Par conséquent, tel que c'est parti, le glyphosate, ils en interont jusqu'à ce que vous soyez tous morts, que toutes les jeunes femmes et de l'endométriose aient compagnie. Rien ne les arrête. Rien. Même quand on leur fait la démonstration. Et nous sommes en face d'un capitalisme qui se nourrit de ses propres turpitudes.
Si vous êtes malade, c'est une bonne affaire, parce que vous devez vous soigner. Et donc consommer du médicament. Et ça tombe bien, c'est les mêmes firmes qui produisent une chose et l'autre. Monsanto appartient à Bayern. Bayern est allemand, c'est-à-dire son siège et sa propriété est sur le territoire de l'Union Européenne. Par conséquent, nous ne sommes pas sans moyens en face d'une firme multinationale. C'est le contraire. Je termine sur le glyphosate. Le glyphosate est dangereux. Dans 90% des urines, il y en a. Donc, tout ce que vous avez entendu dire sur Monsanto aux Antilles. Vous ne savez pas que la même chose vous est arrivée ici avec le glyphosate.
Je ne vous parle pas du fait que le glyphosate a tué tout ce qui est vivant dans la terre. Et que par conséquent, la rentabilité des sols, leur fécondité a baissé. Et quand ça se conjugue et que l'on manque de flotte, ça veut dire que nous allons nous trouver progressivement devant des récoltes de plus en plus faibles. C'est le cas des prochaines récoltes de céréales, puisque ça se sera combiné avec la sécheresse. D'où augmentation des prix, d'où diminution de la qualité de vie des gens qui vont faire tous les efforts qu'ils peuvent, mais qui sont quand même obligés de se nourrir tous les jours. Alors, le glyphosate, vous êtes tous contaminés.
Les sous-produits du glyphosate, vous ne savez même pas comment ils s'appellent. Moi non plus. Ils portent un nom collectif. Et comme on ne les cherche pas, écoutez bien ça, ils ne les cherchent pas dans les analyses. Ils cherchent quand ils analysent le glyphosate. Mais pas les dérivés, les décomposés du glyphosate. Parce que le glyphosate, c'est comme le reste, ça se décompose. Mais la décomposition, des fois, est plus dangereuse que le produit d'origine. Pourquoi ? Parce qu'elle se combine avec d'autres produits et que ça donne un résultat qui est désastreux pour vous tous. Par conséquent, l'interdiction du glyphosate est une urgence. Une urgence ! Que ça ne fait que commencer.
Parce que si nous gagnons, le mois prochain, dans cinq semaines, les grands lobbies de l'agriculture pilotées par certains syndicats vont rester inertes et nous regarder faire. Ils vont se mobiliser contre, parce qu'ils ont déjà commencé à se mobiliser, parce qu'ils se sont toujours mobilisés contre, en poussant devant les petits agriculteurs et en nous disant, eh bien regardez, c'est eux que vous allez ruiner. C'est eux qui ont ruiné l'agriculture. C'est ce syndicalisme-là, majoritaire, qui a ruiné l'agriculture, qui fait qu'il reste si peu d'agriculteurs. C'est de leur faute. C'est eux qui ont saccagé la terre, l'agriculture, la nature. Et par conséquent, ils nous doivent des comptes.
Je peux vous dire que comme ça va chauffer, on vous attend. Merci.
Merci.
Jean-Luc Mélenchon