Européennes, la campagne officielle est lancée ! - Marion Maréchal est l'invitée des 4V du 27 mai 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bonjour Mario Maréchal. Merci d'être avec nous dans Les 4V ce matin. Dans deux semaines tout juste, nous serons ici même en train de commenter les résultats de ces élections européennes. La campagne officielle vient tout juste de débuter. Les sondages semblent un peu figés depuis maintenant plusieurs semaines. Comment vous espérez pouvoir faire décoller cette campagne en deux semaines ? Sur quel thème, de quelle manière ?
Écoutez, en défendant ce qui m'anime depuis le début de cette campagne et en priorité la défense de nos frontières, de notre identité face à la submersion migratoire. Permettez-moi de rappeler quand même qu'hier, il y a un homme, un Marocain sous le QTF qui a attaqué au couteau des personnes dans le métro. Il y avait... Oui absolument. Une de mes colissières dont la gamine était sur cette rame au même moment. Voilà. Elle n'était simplement pas dans le bon métro. Elle a eu de la chance. Parce que dans le gouvernement d'Emmanuel Macron, aujourd'hui, il faut avoir de la chance.
Et quand je vois que la même semaine, une femme de 82 ans a été agressée par un Algérien déjà connu des services de police, et qu'une étudiante a été violée par un Algérien sous le QTF, je considère que Gérald Darmanin et M. Dupond-Moretti devraient avoir honte. Voilà. Honte de rester en poste. Honte, aujourd'hui, de leur incurie. Honte de ne pas prendre les mesures qui s'imposent. Et honte, tout simplement, de ne pas démissionner. Et si je me bats aujourd'hui, tous les jours, c'est pour que l'Europe, demain, puisse aussi contribuer à protéger les Français des conséquences dramatiques de cette immigration à contrôler.
Vous êtes toujours donné tout juste au-dessus des 5% d'intention de vote. Le risque de passer sous les 5, il est réel ? Ce serait le risque de n'avoir aucun élu ? C'est une possibilité laquelle vous préparez ?
Le risque qui m'inquiète le plus, moi, c'est pour la France. Et c'est pour les Français. C'est ce dont je viens de vous parler. Moi, ce qui m'importe le matin quand je me lève, c'est de faire en sorte que nous puissions enfin avoir une Union européenne au service des intérêts des Français. Donc, au-delà du parti que je représente, et croyez-moi, je suis convaincue que nous allons créer la surprise.
Je ne peux qu'inviter les Français à se tourner vers les partis qui sont les plus cohérents à les alerter depuis des années sur ces sujets et qui proposent les solutions les plus réalistes, tout en ayant la capacité d'agir demain au Parlement européen, puisque tous les sondages montrent que c'est le groupe auquel nous appartenons, avec nos 17 alliés conservateurs, qui sera demain le plus en mesure de pouvoir changer la politique européenne.
Justement, parmi ces partis dont vous évoquiez, il y a forcément l'ERN. Quand je vous avais reçu il y a un mois tout juste au 4V, vous avez été assez sévère, je le trouve, à l'encontre de Jordan Bardella, avec des propos très durs. Et ces derniers jours, j'ai l'impression que vous avez effectivement un peu changé de votre façon d'aborder la tête de liste ERN. Vous semblez avoir une stratégie plus conciliante à son égard, je me trompe.
Non, je n'ai pas des propos durs. Je suis aujourd'hui en concurrence avec le Rassemblement national et je martèle, quand cela est nécessaire, les différences que nous avons, tout en ayant conscience parfois des points de convergence qui seront amenés peut-être demain à faire en sorte, et je le souhaite, que nous puissions travailler demain ensemble au Parlement européen.
Mais vous insistez sur les points de convergence ces dernières semaines.
Non, j'insiste sur aujourd'hui la singularité de reconquête. Je vous donne un exemple. En Nouvelle-Calédonie, par exemple, je considère que la proposition d'un quatrième référendum fait par le Rassemblement national, comme d'ailleurs le propose Emmanuel Macron, est très grave. Pour moi, c'est une capitulation, capitulation devant les pillards, les violences, les casseurs, les agresseurs.
Vous restez sur la ligne historique du FN, contrairement à l'évolution proposée par Marine Le Pen.
Je reste sur la ligne de l'ordre, de la loi et de la démocratie. Et je dis qu'aujourd'hui, non seulement on n'est plus au moment du compromis et de la négociation, non seulement maintenant, il faut ramener l'ordre à tout prix. Et donc, quand on est face à des scènes de guerre, parce qu'aujourd'hui, nous sommes encore face à des scènes de guerre. Je voyais hier encore un couple avec un nourrisson dont la maison a été brûlée. J'ai entendu parler de ce policier qui a été attaqué à un barrage par 50 émeutiers, dont un à coup de sabre et qui a été obligé de riposter. Eh bien, quand on est face à des scènes de guerre, on envoie l'armée.
Donc, je le dis, je considère qu'aujourd'hui, la réponse du gouvernement n'est pas à la hauteur. Il faut activer l'article 36 de la Constitution. Il faut activer l'état de siège et faire en sorte qu'il y ait des missions aujourd'hui de maintien de l'ordre qui soient assurées par notre armée. Parce que ce qui se passe aujourd'hui en Nouvelle-Calédonie est regardé par une partie de la Seine-Saint-Denis. Et croyez-moi que la faiblesse de l'État, la faiblesse de l'autorité de l'État, risque d'avoir des répercussions extrêmement graves vis-à-vis de ceux qui peuvent voir aujourd'hui, à travers cette faiblesse, la possibilité de pouvoir subvertir la situation et mettre en danger les Français.
Et donc, lever l'état d'urgence, comme c'est prévu ce soir à 21h de Paris, pour vous, ce n'est pas une bonne idée ?
Ah non. Et promettre un référendum potentiel sur le DGL, c'est-à-dire perpétuer cette situation qui consiste à faire que 40 000 Français ne puissent pas voter sur un territoire français, est un absolu scandale. Et je le dis, c'est une honte. Une honte pour les deux gendarmes qui sont morts. Une honte pour aujourd'hui ces commerçants qui ont tout perdu. Une honte pour ces familles qui se retairent avec leurs gamins et qui ont peur, et qui sont obligées d'assurer eux-mêmes, il faut imaginer ce qui est en train de se passer, eux-mêmes leur sécurité, parce que l'État n'est pas là pour le faire.
Mais vous évoquiez effectivement la Seine-Saint-Denis en comparaison avec la Nouvelle-Calédonie. Vous pensez que, je ne sais pas ce qu'il se passe en Nouvelle-Calédonie pour arriver en Seine-Saint-Denis ?
Ah si, bah écoutez, je vois le même genre de discours. On trouve des justifications au fait que des jeunes aujourd'hui agressent, attaquent, brûlent, cassent, volent des télés, des baskets, le tout sur fond de haine anti-française et de racisme anti-blanc, ça ne nous rappelle rien ? Moi ça me rappelle les émeutes au moment de Naël. Ça me rappelle quand on expliquait que casser, piller, brûler, c'était une revendication politique. Moi je ne vois pas de revendication politique.
Je vois des organisations indépendantistes qui sont soutenues par des ingérences étrangères, l'Azerbaïdjan, la Chine, qui veulent mettre la main sur ce territoire, et qui poussent, qui soufflent sur les braises, et qui poussent cette jeunesse à la violence, qui profite finalement de l'anarchie et du chaos pour exprimer cette pulsion de violence.
Marion Maréchal, tout autre chose, le palmarès du festival de Cannes est tombé samedi soir, et un prix vous a fait beaucoup réagir, le prix d'interprétation féminine, décerné aux quatre actrices du film de Jacques Audiard et Emilia Pérez, dont Carla Sofia Garscon, c'est la première femme trans à avoir reçu le prix d'interprétation féminine à Cannes. Vous avez écrit ceci sur le réseau X, ex-Twitter, c'est donc un homme, je cite, qui reçoit à Cannes le prix d'interprétation féminine. Le progrès pour la gauche, c'est l'effacement des femmes et des mères. Pourquoi ça vous gêne ce prix ? Pourquoi elle n'aurait pas dû le recevoir ?
Vous connaissez cette citation d'Orwell qui dit qu'en sept ans d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. Eh bien moi je dis que dire toute la journée qu'un homme est une femme ou qu'une femme est un homme, ça ne fait pas une vérité. Et je considère que oui, il y a une tentative relativement méprisante, disons-le, d'effacer les femmes lorsque l'on accorde à un homme, y compris transgenre, un prix qui aurait dû revenir à une femme.
Mais c'est une femme, elle a ses papiers, son état civil, c'est une femme trans, mais c'est une femme ?
J'ai 65 ans. J'ai 65 ans. J'ai fait des opérations esthétiques pour avoir des rides. J'ai fait changer mon âge à l'état civil. Et si jamais vous me réfutez cette possibilité d'avoir 65 ans, si vous dites que je n'ai pas 65 ans, vous êtes âgeophobe.
Donc on va vous dire que là vous êtes transphobe. Vous refusez aux personnes trans le droit d'exister.
Vous voyez l'absurdité du raisonnement. Aujourd'hui, on nous impose de croire à un mensonge. Si cette personne a envie de ressembler à une femme, c'est son droit le plus strict. Mais arrêtons de nous imposer de croire qu'il s'agit là d'une femme. Et arrêtons de nous obliger à dire qu'il s'agit là d'une femme. Non, une femme, c'est une réalité biologique. Je suis une femme et je considère qu'il est particulièrement méprisant aujourd'hui, une fois de plus, de remplacer les femmes dans des titres ou des domaines ou des missions qui leur est réservée. Parce qu'aujourd'hui, ça tient relativement dans le sport. Mais pour combien de temps ? Pour combien de temps si on continue d'avancer là-dessus ?
Donc non, je ne considère pas que c'est transphobe. Je considère que ça simplement rappelait une vérité.
D'accord, donc vous êtes en tout cas opposé au changement de genre de certaines personnes ?
Non, je dis les personnes sont parfaitement libres de le faire. Mais arrêtons, arrêtons que la société arrête de considérer cela comme une réalité biologique. Et donc cela entraîne, une fois de plus, le remplacement des femmes dans des récompenses qui devraient leur revenir.
Un autre thème pour terminer, Marion Maréchal, la ligne du RN qui semble indéboulonnable en tête des sondages pour ces européennes. Et justement, l'idée d'un débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron revient un petit peu dans l'actualité. Emmanuel Macron l'a reproposé ce week-end dans Le Parisien. Ça peut être utile, un débat de ce type, à deux semaines du scrutin ?
Non, je ne le crois pas. Je pense que chacun a vu ce grand débat qui consiste à imaginer qu'il n'y a pas d'autre perspective que ce duel dans ces élections européennes. Moi, je le rappelle, les élections européennes, c'est un scrutin proportionnel à un tout où il faut faire 5% pour avoir des élus. Donc qui vote pour ces convictions aura des élus. Et donc je ne peux qu'inviter les personnes à se tourner vers nous. Parce que moi, le regret que j'ai dans ce débat, c'est qu'à aucun moment, il n'a été abordé le sujet de l'islamisation.
Par exemple, aujourd'hui, qui nous menace, il n'a été abordé le sujet justement du wokisme ou de l'activisme LGBT, n'a été abordé aujourd'hui les dérives de la systana et du coup que cela représente pour la société. Et donc je constate, oui, que beaucoup de sujets sont passés à côté. Et que ces sujets, aujourd'hui, nous, notre liste de droite les porte.
Vous avez des débats pour le faire avec tous les candidats. Et ce sera encore le cas sur France 2.
Mais j'y compte bien, absolument. J'y compte bien. Et une fois de plus, les Français pourront ainsi constater la singularité qui est la nôtre par rapport aux autres partis. Puisqu'ils ne trouveront pas, si je puis dire, de solution auprès du RN qui est aujourd'hui très isolée au niveau européen. Ni du côté des LR qui, aujourd'hui, font partie de la majorité d'Ursula von der Leyen et siègent, rappelons-le, avec les socialistes et les macronistes au Parlement européen.
Marion Maréchal, la tête de liste reconquête aux élections européennes. était l'invité des 4V. Bonne journée.
Merci. Bonne journée à vous.
C'était les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.
Marion Maréchal