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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 5 décembre 2024 7 min

"Nous avons été contraints de censurer" le gouvernement Barnier, affirme le député RN Thomas Ménagé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Il est 6h21, on était dans le Loiret, c'est votre département, Thomas Ménager, bonjour.

0:13
Thomas Ménagé

Bonjour, merci de votre invitation.

0:14
Présentateur

Député Rassemblement National du Loiret, donc, porte-parole du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Le gouvernement Barnier a donc été censuré par la gauche et par votre parti, cette censure vous la vouliez. Pourquoi Marine Le Pen dit que ce n'est pas une victoire ?

0:27
Thomas Ménagé

Parce qu'on ne peut jamais être satisfait de se dire que malheureusement, du fait de l'absence d'écoute de Michel Barnier, nous avons été contraints, contraints de le censurer, censurés pour protéger, parce que c'était la seule solution, la seule possibilité pour bloquer un budget qui aurait été néfaste, qui aurait supprimé des postes d'enseignants, qui aurait diminué le budget de l'agriculture, qui aurait désindexé les retraites, et donc maintenant, l'objectif c'est de passer à l'étape d'après, c'est-à-dire construire ce budget parce que la France a besoin d'un budget.

0:54
Présentateur

Mais ce budget, il aurait favorisé par exemple le ministère de l'Intérieur, le ministère de la Justice, c'était deux postes qui n'avaient pas de coupe budgétaire, et c'est aussi ce que vous réclamez, qu'il y ait plus de policiers, de meilleurs commissariats, qu'il y ait des embauches, de nouvelles prisons, donc ça vous l'avez censuré.

1:10
Thomas Ménagé

Oui, mais c'est une économie générale, un budget, c'est-à-dire qu'il peut y avoir bien entendu un certain nombre d'éléments qui vont dans le bon sens, mais quand globalement, vous augmentez les impôts de 30 à 40 milliards pour les Français, que vous supprimez des postes d'enseignants, que vous désindexez les retraites, que vous augmentez les charges sur les entreprises, alors qu'il y a aujourd'hui en France déjà un record de défaillances d'entreprises, eh bien il y avait un certain nombre de lignes rouges, nous l'avions dit à M.

Barnier, et ces bonnes mesures, ces bonnes mesures, nous les reprendrons dans le budget qui sera proposé dans les jours à venir, et nous les soutiendrons au Rassemblement National, parce que tout ce qui va dans l'intérêt général, nous le soutenons.

1:41
Présentateur

Et qu'est-ce que vous allez dire aux agriculteurs ? Parce que je ne sais pas si vous avez vu, mais il y a notamment Bourgogne-Franche-Comtier, mais pas seulement, la FRSEA et les jeunes agriculteurs, qui ont l'intention d'aller voir les députés qui ont voté cette censure, pour avoir des explications, parce qu'eux, ils le voulaient, le budget, parce qu'il y avait plein de mesures qui leur étaient favorables. Si vous avez des agriculteurs qui viennent vous voir, vous allez leur dire quoi ?

2:01
Thomas Ménagé

Mais je leur répondrai, j'abstumerai totalement cette position, parce que déjà ils se font enfumer, enfumer par des cabinets ministériels, sur un certain nombre de fake news, le GNR et les avantages seront maintenus, sur le budget...

2:13
Présentateur

Le GNR, le gaz naturel routier, qui est utilisé comme carburant pour les machines agricoles, il doit y avoir une réduction de la taxe sur ce GNR.

2:19
Thomas Ménagé

Et qui est déjà passé par décret, comme c'est par voie réglementaire, la censure n'a aucun impact. De la même manière, ce que je tiens à leur rappeler, c'est qu'il devait y avoir une baisse de 13% de la mission agriculture, donc 13% du budget dédié notamment aux investissements d'avenir. Et on le sait, c'est aujourd'hui l'enjeu en matière agricole, compte tenu notamment des évolutions du climat, il y a une nécessité d'avoir des investissements d'avenir.

Et puis toutes les bonnes mesures qu'il pouvait y avoir, qu'on a soutenues dans ce budget sur l'agriculture, elles seront reprises dans le projet de loi de finances et dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, dès les prochains jours, dès les prochaines semaines. Et donc il n'y a pas à s'inquiéter, tout ce qui va dans le bon sens, ça sera repris.

2:58
Présentateur

Mais pourquoi on arriverait plus facilement à avoir un nouveau budget qui vous conviendrait dans les prochaines semaines, alors que là ça bloquait ? Alors que la majorité de l'Assemblée ne change pas, et ne changera pas de toute façon avant au moins juillet, parce qu'on ne peut pas dissoudre avant. Donc les équilibres politiques restent les mêmes.

3:11
Thomas Ménagé

Mais nos demandes ne changeront pas, et il suffira notamment sur la question de la ligne rouge liée à la désindexation des retraites, que le nouveau gouvernement qui succédera, M. Barnier, entende. Et donc bien entendu, il y aura une décennie de compromis, ça ne sera jamais le budget idéal pour nous.

Depuis le début, à la différence du nouveau Front populaire, nous avons dit que nous ne censurions pas, a priori, que nous étions raisonnables, puisque nous avions demandé que 10% en ligne rouge de notre contre-budget, 10% pour le premier parti de France, c'est quand même des demandes très raisonnables, et donc je ne doute pas, du moins je l'espère, et je l'appelle déjà sans même savoir qui sera nommée, quelle sera la première ministre ou le premier ministre demain, d'entendre le premier groupe politique de ce pays, et notamment d'entendre la question du pouvoir d'achat, qui est aujourd'hui une priorité, parce qu'il y a un certain nombre de Français dans le Loiret, comme vous citez tout à l'heure, qui n'arrivent plus à s'en sortir.

4:00
Présentateur

Vous êtes effectivement la première force politique, mais vous n'avez pas non plus de majorité. Quand on n'est pas majoritaire, on fait aussi des concessions, vous êtes prêts à des compromis ?

4:07
Thomas Ménagé

Mais oui, on en a fait jusqu'à la dernière minute pour donner sa chance à M. Barnier, nous avions fixé comme ligne rouge qu'il ne revienne pas sur les exonérations de charges pour les entreprises, parce qu'un certain nombre de TPE, de PME, de TI, de PMI dans notre pays ont déjà du mal, parce qu'on le sait, dans les pays de l'OCDE, on est un pays qui a un coût du travail très élevé, il avait fait un pas, ce n'était pas la totalité des près de 3 milliards et demi que nous attendions, il est resté en gros 1 milliard et demi encore d'absence d'exonération de charges, et on avait dit, on accepte sur ce point-là un compromis et de la même manière, on n'avait demandé que 10% de notre contre-budget.

Si on était comme le NFP qui ne demande que le budget du NFP, rien que le budget du NFP, on aurait demandé 100%, on n'a demandé que 10% de notre contre-budget et 0,5% du budget de la sécurité sociale.

4:50
Présentateur

Le NFP, avec qui vous êtes allié pour voter cette motion de censure, vous êtes finalement associé à ceux que vous détestez le plus, les insoumis, ça ne vous pose pas un problème à vous ou vis-à-vis de vos électeurs ?

5:00
Thomas Ménagé

Absolument pas, ce n'est malheureusement pas de gaieté de cœur, mais c'est les institutions qui veulent ça. Les oppositions, parfois, et même des contraires très très puissants, sont obligées, parce qu'on ne vote pas un texte, on ne fait pas un contre-gouvernement, mais on vote la censure et donc sont obligés d'allier leur voix, mais de la même manière que les Républicains, dont 3 ou 4 ministres de mémoire, dont Mme Genva, M. Thériault, avaient voté en 2018 une motion de censure avec l'infrance insoumise, et notamment Jean-Luc Mélenchon. Bizarrement, personne n'avait hurlé au scandale à l'époque.

Bon, cette motion de censure n'était pas passée, mais ils avaient bien mêlé leur voix, la droite et l'extrême-gauche, la France insoumise à l'époque.

5:38
Présentateur

Et ce nouveau Premier ministre, pourquoi on le trouverait finalement aujourd'hui, alors qu'après deux mois de consultation, on n'avait pas réussi à trouver le bon à vos yeux, en tout cas en septembre ? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, on arriverait à trouver la perle rare ?

5:48
Thomas Ménagé

Je pense que ce n'est pas une question de personne, ce n'est pas une question de casting et de perle rare, c'est plutôt une question de comprendre les équilibres de notre pays, comprendre les résultats des élections législatives, et surtout comprendre que les Français veulent rompre avec cette année d'Emmanuel Macron, ce que n'a pas voulu faire Michel Barnier, qui a été à la main en partie d'Emmanuel Macron. Et donc, cette première censure... Donc c'est quoi le bon profil ?

C'est un Premier ministre qui va comprendre que les équilibres ont changé, qui va écouter l'ensemble des groupes politiques, notamment le Rassemblement National, et qui va surtout, je vous dis, être en rupture totale avec le macronisme, et pas dans la continuité, parce que c'est ce que les Français attendent. Et donc, aujourd'hui, cette première censure, elle signe comme une alerte, une alerte aussi au Premier ministre qui viendra, qui ne pourra pas faire sans les Français, contre les Français, et dans les pas d'Emmanuel Macron.

6:37
Présentateur

Donc vous diriez oui à un Premier ministre de gauche, parce que là, il sera en rupture avec le macronisme, ça, ça vous conviendrait ?

6:42
Thomas Ménagé

Non, c'est la seule exception. Alors, si vous ne voulez pas de macronistes,

6:46
Présentateur

et que vous ne vouliez pas de gens de gauche, vous voulez un Premier ministre de chez vous, alors ?

6:48
Thomas Ménagé

Non, pas du tout. Vous savez, il y a des personnes qui ne sont pas, soit un féodérin parti politique, soit qui peuvent être issus du bloc central, ce qui est le cas de Michel Barnier, mais qui a, au final, été poli et respectueux dans le ton, mais pas dans la conversion dans les actes et dans le budget. Mais par contre, un Premier ministre du Nouveau Front Populaire, et surtout qui veut appliquer le programme du Nouveau Front Populaire, ce que veut faire le Nouveau Front Populaire, c'est à chaque fois leur programme, rien que le programme, ça, ça sera une censure, a priori, dès le premier jour.

7:15
Présentateur

Merci, Thomas Ménager, porte-parole du groupe RN à l'Assemblée Nationale.

"Nous avons été contraints de censurer" le gouvernement Barnier, affirme le député RN Thomas Ménagé — Thomas Ménagé · Pourquijevote