Nicolas Dupont-Aignan invité du 7/9 de France Inter
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:44OuverteRéponse partielle
Trouvez-vous que la justice a bien fait son œuvre sur le scandale Cahuzac ?
- 2:40OuverteRéponse directe
L'exemplarité absolue demandée aux politiques est-elle une avancée positive ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Comment jugez-vous la première année d'Édouard Philippe à Matignon ?
- 4:52OuverteRéponse directe
Quelle est la composition idéologique de la politique du gouvernement selon vous ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Le Président a-t-il plus libéré que protégé les Français ?
- 8:01RelanceÉludée
Êtes-vous rassuré par l'engagement du gouvernement à ne pas privatiser la SNCF ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:29Invité politiqueFait
« La seule démocratie où on n'envoie jamais en prison un grand fraudeur fiscal, c'est la France. »
- 2:09Invité politiqueChiffre
« Je rappelle quand même que par an, c'est 60 milliards d'euros de perdus, de volés aux Français. »
- 2:15Invité politiqueChiffre
« Ces 60 milliards, c'est trois fois la hausse de la CSG qu'ont subi nos retraités et l'ensemble des Français. »
- 6:40Invité politiqueChiffre
« Ceux qui ont financé sa campagne, en fait. Et puis, 1,5 milliard à Bruxelles. Cette bureaucratie folle, 1,5 milliard de plus. »
- 7:42Invité politiqueChiffre
« Le plus grand plan social a été organisé par l'État : 150 000 contrats d'insertion supprimés. »
- 12:51Invité politiqueFait
« Les assignations à résidence permettaient d'agir très vite, sans l'autorisation d'un juge, pour fouiller un appartement. »
- 13:43Invité politiqueChiffre
« 320 sont revenus. C'est 320, Léa Salamé. »
- 20:48Invité politiqueChiffre
« Il faut 185 parlementaires pour lever le verrou. Après 4 600 000 signatures avec des propositions concrètes. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan71 %
- Présentateur13 %
- Locuteur non identifié5 %
- ?4 %
- Locuteur non identifié 24 %
- Présentateur 23 %
≈ 21,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est 8h21.
Le
7-9 de France Inter, première matinale de France. Vous êtes 3 900 000 auditeurs à nous écouter chaque matin. Retrouvez-nous aussi en vidéo sur franceinter.fr. Et l'invité du grand entretien de France Inter ce matin est le député de l'Essonne, président du mouvement Debout la France. Les questions de Léa Salamé dans une dizaine de minutes. Les vôtres auditeurs d'Inter juste après au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et via l'application France Inter. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Bonjour Nicolas Demand. Et merci d'être au micro d'Inter. Jérôme Cahuzac a été condamné en appel à 4 ans de prison, 2 avec sursis, 300 000 euros d'amende, 5 ans d'inéligibilité.
La peine de prison est aménageable. La décision reviendra au juge d'application des peines. Trouvez-vous que la justice a bien fait son oeuvre sur ce scandale qui aura marqué et le quinquennat de François Hollande et plus largement la relation que les citoyens peuvent entretenir à la politique ?
Oui
et non. Oui parce qu'enfin la justice est passée.
Ce
n'était pas gagné. Non parce que la peine n'est pas à la hauteur de l'acte
et
surtout de la duplicité de l'ancien ministre. Car on sait tous
qu
'elle a été calibrée pour qu
'il
ne fasse pas un jour de prison. Et franchement, vous savez, j'ai travaillé beaucoup sur ce dossier. J'ai écrit un rapport avec Alain Bocquet, député communiste,
sur
la fraude fiscale. Et toute l'enquête qu'on a fait de par Le Monde montre que le seul pays, enfin du moins la seule démocratie, où on n'envoie jamais en prison un grand fraudeur fiscal, c'est la France. Voilà.
Donc de la prison ferme pour les cols blancs.
Mais vous savez, c'est toujours le même problème.
C
'est cette fameuse loi des deux ans. Les trafiquants de drogue dans nos banlieues ne vont jamais en prison parce que c'est toujours deux ans, ils ont des aménagements de peine. Donc il n
'y a
pas d'exemplarité. Et au sommet, M. Cahuzac, qui n'est pas seulement un fraudeur. Enfin, il faut quand même voir dont il s'agit. Il a fraudé et après, il a été celui qui était censé pourchasser les fraudeurs.
Il
a menti à la nation. Imaginez aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, ce qui serait passé.
Donc
voilà. Et on ne luttera pas contre la grande fraude fiscale. Je rappelle quand même que par an, c'est 60 milliards d'euros de perdus, de volés aux Français. Et ces 60 milliards, c'est trois fois la hausse de la CSG qu'ont subi nos retraités et l'ensemble des Français. Vous imaginez ? 60 milliards. Donc soit un jour, dans notre pays, on prend les moyens de lutter contre cette fraude. D'ailleurs pour baisser une partie des impôts, pour développer nos services publics, bref, pour en faire quelque chose que j'avais proposé. Soit on continuera à avoir des procès-spectacles, puis à la fin, les
types s'en sortent. L'exemplarité absolue demandée aux hommes et femmes politiques, est-elle pour vous une avancée positive, irréversible de la vie publique
?
Absolue.
L'exemplarité absolue n'existe sans doute pas. Mais en tout cas, l'exemplarité, oui, parce que la crise de confiance est
telle, est
telle, que c'est la disparition de la démocratie qui menace. C'est ça l'enjeu, c'est de retrouver une crédibilité. Voilà pourquoi je m'étais battu pendant la présidentielle pour le casier judiciaire vierge. Bon, le président de la République n'a pas tenu sa promesse, puisqu'on nous a trouvé une explication vaseuse à l'Assemblée pour nous dire que ce n'était pas constitutionnel. Bon, il y a un énorme effort à faire.
On en est loin, donc, à vous
entendre. Oui, mais
attention, pour autant, tous les hommes politiques ne sont pas pourris, ce n
'est
pas vrai. Ce n
'est
pas vrai de salir tout le monde. Donc la difficulté, c'est d'avoir une justice qui tranche, qui soit respectée et qu'on n
'ait
pas d'amalgame. C'est toujours très difficile, mais c'est dans tous les métiers pareil.
Comment jugez-vous la première année d'Edouard Philippe à Matignon ? On a eu l'anniversaire de la première année d'Emmanuel Macron. Hier, c'était la République en marche qui faisait une drôle de fête. Il ne fallait pas dire fête, mais c'en était quand même un peu une. Et le Premier ministre ?
Le
Premier ministre,
il est dans son rôle. Il obéit au Président, c'est normal, c'est les institutions. C'est un Premier ministre qui joue la partition écrite par le Président.
Collaborateur, comme disait
l'autre
?
Non,
je n'irai pas jusque-là. Vous savez, on s'attaque toujours aux personnes pour dissimuler des accords de politique. Le Premier ministre, il fait son boulot. Il incarne totalement, en fait, cette union de bonnes consciences.
qui
fait croire aux Français qu'il règle les problèmes alors qu'il ne les règle pas, il les aggrave en vérité. Et il nous prépare une société à la fois injuste, très injuste, socialement, et pas efficace économiquement, sans parler du domaine régalien. Donc, c'est un homme bien élevé qui fait passer la pilule aux Français, qui leur fait croire que cette modération de bonnes alois va les entraîner dans la joie et la bonne humeur, ce qui est totalement faux, puisqu'en fait, les problèmes ne sont pas réglés. Et ce qui m'intéresse, moi,
en
tout cas, en tant qu'homme politique, c'est qu'on apporte des solutions. Quelle
est la composition
de la pilule sur le plan idéologique, d'après vous, Nicolas Dupont-Aignan
? La
composition, c'est très simple, c'est un mélange de soumission aux puissants et à l'argent roi, une obéissance servile à Bruxelles qui représente les lobbies, et une bonne conscience qui permet de faire passer tout ça. D'ailleurs, je pense qu
'ils
sont sincères, certains sont cyniques, mais je pense qu'eux sont sincères.
Bonne
conscience, ça veut dire quoi ?
Bonne conscience, cela veut dire qu'on répète en boucle les petites pensées de la pensée unique. Par exemple ?
On
va en parler d
'un
exemple, l'immigration. Parce que c'est tellement plus facile, oui, d'accueillir tout le monde, de dire qu'on est généreux, que ça va bien se passer, quand on ne vit pas dans les quartiers difficiles, quand on ne voit pas l'hôpital public qui est débordé, quand on ne voit pas les camps le long des
autoroutes. Ils disent ça ?
Écoutez, ils nous expliquent que tout va bien, qu'il faut être, si, dans l'ensemble, les mesures ne sont pas prises sur la sécurité.
Il
nous a expliqué hier à l'Assemblée, hier j'étais à l'Assemblée, qu'on ne
peut
rien faire de plus,
que
finalement les attentats, voilà, on ne
peut
rien faire. Ah bon, on ne peut rien faire ? Ce n
'est
pas vrai. Donc, c'est une espèce de démission bien élevée.
Est-ce que vous pensez, comme un certain nombre de Français, que le Président a plus libéré que protégé
? Il
n
'a
pas libéré,
pour moi ce n
'est
pas une libération. Si, il a libéré
les
ultra-riches, une certaine oligarchie. Là, je suis d'accord pour une fois avec François Hollande. Enfin, c'est quand même extravagant ce qui s'est passé. Je reprends les chiffres de l'INSEE, parce que sinon on va dire que
je
fais de la politique, que je suis contre Macron, etc. Les chiffres de l'INSEE, 10 milliards d'euros, 10 milliards d'euros qui ont été pris dans la planche des classes moyennes et des classes populaires, 5 milliards pour l'augmentation des taxes, personne n'en parle, et 5 milliards CSG, etc. En solde net. Et puis ces 10 milliards, ils vont où
? 5
milliards à 3 000 familles.
Allez,
un peu plus. Ceux qui ont financé sa campagne, en fait. Et puis, 1,5 milliard à Bruxelles. Cette bureaucratie folle, 1,5 milliard de plus. Et puis 1,5 milliard pour l'accueil des clandestins, des migrants. Voilà.
C
'est ça le pouvoir Macron. Donc derrière, rien sur les PME, rien sur la création d'entreprises, la compétitivité de nos PME pour réussir demain. Et puis, toujours plus à payer pour les classes moyennes et les classes populaires. Je ne
sais
pas si vous vous rendez compte de l'injustice des mesures qui ont été prises. C'est ahurissant. D'ailleurs, si un gouvernement dit de droite, parce que là, c'est une sorte de... Ce n
'est
pas de la droite. C'est une sorte de droite libérant même pas.
C
'est une sorte de bonne conscience.
Mais c'est quoi ? C'est du
chiracisme, du baladurisme,
du judicisme ? Ah non, ça n'a rien à voir. Excusez-moi,
Jacques Chirac. C'est quoi ? Jacques Chirac avait des mesures, n'aurait jamais osé faire des choses pareilles. Mais je ne
sais
pas si vous réalisez quand même les transferts financiers qui sont faits. Je vais vous donner un exemple. On en a peu parlé. Moi, j'étais maire, 22 ans, donc ça m'a marqué. Le plus grand plan social a été organisé par l'État. 150 000 contrats d'insertion supprimés. C'était des gens qui avaient un petit boulot. Alors, on nous dit que
ce
n
'est
pas bien et tout, mais ils sont repartis où à la case RSA ? 150 000 emplois d'insertion supprimés dans les associations d'handicap, dans les associations de protection de la nature, partout, un traumatisme. Mais personne n'en a parlé. Alors, c
'est
le roi de la com'. Ah oui, ça j'avoue. Chapeau.
Êtes-vous rassuré par l'engagement du gouvernement, engagement pris à ne pas privatiser tout ou partie de la SNCF ? Nicolas Dupont-Aignan, il y a eu une note qui a fuité dimanche dans le Parisien, émoi et tentative d'éteindre l'incendie.
Mais pourquoi sur la SNCF, le gouvernement n'y arrive pas en fait ? Parce qu'il ment.
Parce
qu'en fait, on ne dit pas la vérité aux Français. La cause, ce n
'est
pas la réforme-là, la cause, c'est l'ouverture à la concurrence européenne.
À
partir du moment où la SNCF n'a plus le monopole et ne fera plus de bénéfices sur le Paris-Lyon ou le Paris-Lille, la société ne pourra plus financer le Limoges-Bordeaux ou je ne sais quoi. C'est-à-dire la plupart des petites lignes. Et à partir de ce moment-là, vous verrez que ça conduit à une sorte de privatisation de fait. Ce qu'on a fait avec EDF, avec GDF. Est-ce qu'on a amélioré la situation ? Non. Parce que moi, je suis pour l'économie privée. Je suis pour du libéralisme. Mais là où il y a concurrence, et on ne
va
pas me dire que de mettre un train allemand conduit par des chauffeurs polonais ou roumains...
Ou français,
en
l'occurrence. Mais non,
ce sera des travailleurs détachés comme les chauffeurs routiers. C'est ça la logique.
La
portabilité des droits, tout ça, vous n'y croyez pas. Mais à la fin, vous verrez qu'ils finiront comme les travailleurs dans les camions.
C
'est des travailleurs détachés. C'est la logique de l'Union européenne. Le moins disant social et fiscal. Et donc à partir de là, vous déroulez la pelote. Voilà pourquoi je pense qu'on peut demander des efforts aux cheminots. Parce qu'il y a des efforts à faire. Mais en revanche, il faut garder un système de monopole avec une efficacité de service public.
Incessibilité inscrite dans la loi, ça ne vous suffit pas,
Nicolas Dupont-Aignan ? Mais vous avez vu,
la parole de l'État n'a pas été respectée sur la plupart des sujets. On nous a répété la même chose. Donc on peut comprendre. Je suis en désaccord complet avec les blocages des cheminots, parce que les Français n'en peuvent plus. Mais il faut comprendre aussi leur sentiment, le malaise qui existe. Parce qu'il
y
a le sentiment d'une sorte de rouleau compresseur. Et franchement, les cheminots ont sans doute des responsabilités. Mais qui a dirigé la SNCF depuis 20 ans ? Toujours M. Pépi. Mme Parly, ministre de la Défense, était directrice financière. Mme Borne, directrice de la Stratégie.
Donc
voyez, ce qui ne va pas dans notre pays, au-delà de la politique de droite et de gauche, qu'importe, c'est
le
sentiment qu'ont beaucoup de Français, qui expliquent le résultat d'Air France, qu'il y a une sorte d'oligarchie qui gouverne et qui n'applique pas à elle-même les efforts qu'elle demande aux Français. Il faudra faire des efforts. Moi, je ne suis pas là pour vous dire, comme Mélenchon ou d'autres, on va raser gratis demain. Ce n
'est
pas vrai.
Mais
ces efforts doivent être partagés. C'est ça, le gaullisme social que je veux défendre depuis toujours.
Privatisation d'aéroports de Paris, le principe... Un scandale, un pillage. À qui ?
Un pillage, pourquoi
?
Parce que c'est un investissement public, parce qu'il n'y
a
pas de concurrence possible. Il n
'y a
qu'un aéroport international. C'est exactement... Vous savez que l'Union européenne veut nous imposer de céder les barrages électriques qui ont été construits à la fin de la guerre, qui sont le fruit des Français.
C'est un actif stratégique
pour l'État aéroport de
Paris. Mais bien
sûr, parce qu'il n
'y a
pas de concurrence. Moi, je suis pour la concurrence. Quand il y
a
de la concurrence, oui, il faut baisser les charges, il faut donner du dynamisme, il faut libérer. Mais quand on est dans du bien public, qui est accaparé par des intérêts financiers qui vont utiliser la rente, on a l'expérience des péages, quand même. On a vu l'arnaque. Mais c'est le retour à l'ancien régime. C'est-à-dire, on privatise le bien public. C'est absurde.
Il est 8h32, Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président du mouvement Debout la France et l'invité d'Inter. Léa Salamé.
Bonjour Nicolas Dupont
-Aignan. Bonjour Léa
Salamé.
Après le nouvel attentat de samedi à Opéra et alors que l'assaillant était fiché S, Laurent Wauquiez dénonce la gestion du gouvernement et demande l'expulsion des fichés S étrangers et l'internement de manière préventive des fichés S les plus dangereux. Est-ce que vous êtes sur sa ligne ?
C'est plutôt lui qui est sur la mienne, si je peux me permettre. Oui, parce que c'était les mesures que je proposais, que j'ai proposées
de
manière écrite. D'ailleurs, François Hollande, à chaque fois qu'il nous recevait, était surpris. J'étais l'un des rares à venir avec un document écrit, avec des propositions écrites. Vous pouvez les retrouver sur mon site internet. Ça date du malheur de Charlie Hebdo. Et j'avais demandé un certain nombre de mesures, dont celle-là. Donc je me réjouis que Laurent Wauquiez y souscrive enfin. Voilà. Il y a des mesures à prendre. Alors, je vais être très clair.
Quel
est le problème aujourd'hui ? C'est qu
'il
y a ceux qui disent qu
'il
n'y
aurait
pas eu d'attentat si j'avais été là. Ce n
'est
pas vrai. Personne ne peut dire ça. Il faut être honnête. En revanche, il y a ceux à l'inverse, comme le gouvernement, qui nous a dit hier à l'Assemblée nationale, circuler, il
n'y a
rien à voir, on ne
peut
pas faire mieux. Ce n
'est
pas vrai. On peut toujours faire mieux. Surtout qu'il
y a
des mesures qui n'ont pas été prises. Ils
ont intégré dans la loi antiterrorisme un certain nombre de dispositions de
l
'état d'urgence dans le droit commun.
Non.
Excusez-moi, Léa Salamé. Vous
dites que ça ne va pas
assez loin
? Mais
oui. Je vais vous donner un exemple. Les assignations à résidence permettaient d'agir très vite, sans l'autorisation d'un juge, pour fouiller un appartement, voir s
'il
y avait des indices. Avec la nouvelle loi, c'est une visite domiciliaire. Il y en a eu moins de 20. Il y
en
avait moins de 10 il y a deux mois. Donc, il ne doit pas y en avoir plus. Ça veut dire qu'on a handicapé les forces de police. L'état d'urgence était absolument indispensable. Deuxième point.
Un
point fondamental, et là, le gouvernement n'a aucune excuse, c'est le retour des djihadistes de Syrie.
C
'est un choix, j'allais dire, presque civilisationnel. Quelqu'un qui est parti, qui s'est extrait de la communauté nationale, qui est allé combattre nos troupes, qui est allé égorger, qui est allé bafouer toutes nos valeurs, on a le droit, la communauté nationale, les Français ont le droit de dire, il ne revient pas. Il s'est extrait lui-même.
C
'est ce que dit le gouvernement.
Non, parce qu'il y
en
a 320 qui sont revenus. Excusez-moi, soyons précis. 320, dit que c'est Édouard Philippe, le Figaro ou je ne
sais
plus quel journal, en février. 320 sont revenus. C'est 320, Léa Salamé.
Ils
ne sont pas tous en prison. Et ceux qui sont en prison vont ressortir, pour la plupart en 2020,
parce
que l'article du code pénal, qui punit de 30 ans de peine de prison pour intelligence avec l'ennemi, l'article 300, je ne l'ai plus en tête là, je l'ai dans mes papiers, n'est pas appliqué par les procureurs de la République. Donc, il y
a
un moment où moi je dis aux Français, ne cédez pas à cette tentative du président de la République de banaliser les attentats. Parce que c'est ça son objet. Le fait qu
'il
ne soit pas rentré de Brégançon, je ne
lui
fais pas de polémique, il y
a le
téléphone à Brégançon et Internet. Ce n
'est
pas là-dessus ce qui m'inquiète. C'est cette volonté du président, parce qu'il ne fait pas les choses à la légère, quelque part de banaliser. Il y
a
eu un attentat, quelqu'un a été égorgé à Paris, on ne
va
pas se bouger pour ça, on a pris toutes les mesures. Ce n
'est
pas vrai.
Une ou deux questions d'actualité internationale, si vous le voulez bien. 60 morts et 2500 blessés à Gaza en une journée. Marine Le Pen a réagi hier en tweetant cela. Israël a envoyé un message clair sur l'inviolabilité de sa frontière. On peut le juger excessivement, inutilement brutal, mais c'est un message clair.
Je suis en désaccord
total.
C'est une tragédie. Soyons clairs, Israël a le droit à la légitime défense
face
à la volonté de mouvements terroristes ou pas qui veulent sa destruction, le Hamas, lorsque le Hamas emploie des forces armées. J'ai toujours défendu la sécurité d'Israël. Mais ce qui s'est passé face à des manifestants civils, même s'ils ont été envoyés à la mort par le Hamas, il faut se méfier du... Essayons d'être le plus impartial possible. La réponse a été totalement disproportionnée, mais monstrueuse, mais dans l'intérêt même d'Israël. Et moi, je dis aux Israéliens, mais comment vous pouvez accepter ça ? Donc, on a un devoir de proportionnalité. On ne tire pas avec des snipers sur des gens qui ne sont pas armés. Point.
Point final,
ce n
'est
pas négociable. Et c'est l'intérêt même d'Israël.
Le transfert de l'ambassade américaine à
Jérusalem...
Ou alors,
il
fallait le transfert d'une ambassade à une autorité palestinienne à Jérusalem-Est, à la rigueur. Alors là, on est dans la logique. Deux États, une ville, etc. Mais une folie, parce que c'est inflammable. Et je vais vous le dire, on ne peut pas laisser... C'est l'intérêt d'Israël. Quand est-ce qu'Israël va comprendre qu'on ne peut pas laisser à Gaza une telle misère enflée jusqu'à l'explosion ? Et les pays arabes ne sont pas nets non plus, entre nous, l'Égypte et l'Arabie Saoudite, qui abandonnent les Palestiniens complètement. Tout ça est très compliqué. Moi, je refuse de désigner un coupable. Mais il y
a
un enchaînement dramatique.
Encore une question. Donald Trump est donc sorti de l'accord avec l'Iran la semaine dernière. Menace toutes les entreprises européennes qui continuent de faire du business avec l'Iran. Est-ce qu'il faut que les entreprises françaises continuent de faire des affaires avec l'Iran, malgré les menaces américaines ? Oui,
et il faut beaucoup plus. Et c'est ça la vision que j'ai de l'Europe, qui est une Europe intergouvernementale, pas une Europe supranationale qui est complètement impuissante. Une Europe intergouvernementale. L'Allemagne, la France, l'Angleterre, l'Italie, doivent dire aux États-Unis, si vous prenez une mesure contre une de nos entreprises, nous prendrons les mêmes contre vos entreprises. C'est ça l'Europe. Mais quand est-ce qu'on comprendra que l'Europe, ce n
'est
pas de mettre des normes sur tous les sujets, c'est d'avoir une coordination intelligente. Si on ne fait pas ça, nous serons les esclaves, on l'est déjà dans partie des États-Unis.
Anne
est au standard. Bonjour Anne, bienvenue. Vous nous appelez des Yvelines, et vous avez la parole. Bonjour M. Dupont-Aignan, bonjour à toute l'équipe.
Bonjour madame.
Je voulais simplement poser la question à M. Dupont-Aignan, de savoir pourquoi, à l'époque des présidentielles, il y avait eu beaucoup de réunions avec des militants, et on me posait la question de savoir si on s'associe à Marine Le Pen, enfin je ne
sais pas
si on peut dire association, ralliement, enfin peu importe.
Les
militants étaient contre,
et
je voulais savoir pourquoi M. Dupont-Aignan m
'ait
pris cette décision quand même.
Vous
étiez militante, Anne. Vous participiez vous-même à ces réunions. Oui. Eh bien écoutez, merci pour votre intervention, et votre question, Nicolas Dupont-Aignan vous répond.
Les militants étaient partagés, c'est le moins qu'on puisse dire. Alors pourquoi ? Mais pourquoi très simplement, parce qu'un homme politique, qui est candidat à la présidentielle, ce que j'ai été, qui défend une certaine idée de mon pays, au premier tour, ne peut pas, au second tour, se laver les mains d'un choix majeur que chaque Français est obligé de faire, dans le isoloir. Je n'ai jamais compris comment des hommes politiques pouvaient dire « Allez Français, allez voter, vous êtes 45 millions, vous devez aller choisir, et moi je ne choisis pas, je ne
sais
pas. » Eh bien, il y a un choix, aussi difficile soit-il, on le fait. Et mon programme, surtout le programme commun que j'avais négocié avec Marine Le Pen, parce que moi je n
'ai
pas fait comme François Fillon,
je
ne
me
suis pas jeté dans les bras de Marine Le Pen comme lui s'est jeté dans les bras de Macron. J'ai fait un choix, j'ai bâti une alliance, un programme où elle a abandonné des points très importants, et nous avons fait ce soutien de second tour. Point, j'assume ma responsabilité et je ne passerai pas ma vie à être sous l'inquisition, à renier cette responsabilité. Pour autant, je l'avais dit dans le meeting du second tour, je reste un homme indépendant, je développe ma vision de la France, qui est une vision gaulliste, républicaine, patriotique, et contrairement à ce qu'on a dit, on m'avait dit «
Je
serais battu, j'ai été réélu, jamais Debout la France n'a eu autant de soutien, jamais les sondages n
'ont
autant augmenté, et beaucoup de Français comprennent le langage d'union que je dis, je dis que face à Macron, si M. Wauquiez croit qu'il va gagner seul, si Mme Le Pen croit qu'elle va gagner seul, si chaque parti reste dans ses égaux de parti, eh bien on aura Macron-Mélenchon pour le plus grand malheur du pays. Et je pense indispensable de bâtir une alternative sérieuse, patriotique, républicaine, et c'est ce que je fais avec ceux qui m
'accompagnent. Pascal, bonjour et bienvenue sur Inter.
Oui, bonjour messieurs. Écoutez, moi je voulais déjà mettre en avant le parler vrai de M. Dupont-Aignan. Je pense que c'est quand même l'un des seuls hommes politiques qui est capable de dire la réalité des choses. Moi je travaille dans le milieu social, je rencontre beaucoup de personnes qui sont en difficulté, et on parle aussi de l'immigration, et la question qui est souvent posée, comment ça se fait que la France accueille autant de migrants, dans la mesure où tout le monde pense que la France est trop généreuse, c'est la première chose. Quand on voit l'aide médicale d'État qui coûte quasiment un milliard par an, quand on voit les
aides aux demandeurs d'asile...
Avez-vous une question à poser à Nicolas Dupont
-Aignan ?
Je termine, je termine, donc je dis lorsque l'on voit ce que ça coûte à la France pour aider les demandeurs d'asile.
Et donc
? La dernière question, donc est-ce qu
'il
ne serait pas judicieux pour, j'allais dire, les terroristes qu'on ne peut pas expulser ou tout au moins les fichiers S, de les placer sous bracelet électronique
? Merci Pascal, Nicolas Dupont-Aignan vous répond. C'est ce que j'avais proposé,
ce que Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs proposé, c'est tout à fait possible. J'ajoute sur l'affaire de l'immigration, j'ai demandé un référendum.
L
'immigration est le seul dossier en France depuis 40 ans
où
les Français n'ont pas été consultés. Et si on ne désamorce pas cette bombe, on aura des problèmes. Donc j'ai proposé un référendum d'initiative populaire, d'initiative partagée. Il faut 185 parlementaires pour lever le verrou. Après 4 600 000 signatures avec des propositions concrètes. Et je suis convaincu quand on voit ce que coûte l'immigration, que notre pays ne peut plus porter ce fardeau. Et que si on veut intégrer correctement ceux qui sont sur notre sol, il faut oser prendre des mesures sur l'aide sociale, sur le contrôle des frontières, sur le droit d'asile. C'est vital. Et je regrette, je regrette que les députés républicains et sénateurs, parce que moi je n
'ai
pas le nombre de députés et sénateurs, je regrette que les députés et sénateurs républicains ne signent pas pour l'instant cette proposition, à part à quelques-uns, parce que les Français doivent pouvoir se saisir de manière dépassionnée et raisonnable de ce sujet de l'immigration qui est en train de plomber nos comptes sociaux et de créer
des ghettos. Merci Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président du mouvement Debout la France. Merci d'avoir été au micro de France Inter ce
matin. Merci
de m'avoir invité à la différence de France 2. Et je le regrette, Madame Salamé, de ne pas vous voir jeudi. Je
l'attendais. Voilà. Et c'est arrivé.
Je voudrais juste vous dire
que
le Parti Socialiste, depuis la présidentielle, a eu près de 16% de temps d'antenne tous médias confondus.
Et
Debout la France, accrochez-vous, 0,4% alors que nous en faisons le même score dans les sondages
?
Monsieur Dupont-Aignan,
je l
'attendais. Mais
ce sera pour une prochaine fois. Mais ce sera évidemment pour une prochaine
fois. On a fait un choix
d'inviter les
chefs de file des cinq premiers partis politiques. Je
pense
que
Debout la France n'est pas loin d'être dans les cinq. En nombre
de députés, non. Mais merci.
S'il vous plaît, vous êtes sur France Inter.
Merci de m'avoir invité.
Non, non, mais merci. On vous reçoit avec plaisir. Vous le voyez avec
Léa Salamé. Avec grand
plaisir. Allez, à
suivre. Je ne vous demande
pas tant. S'il vous plaît, à suivre le carrefour du 7-9.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Nicolas Dupont-Aignan