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InterviewC à vous (sur YouTube)· 1 novembre 2024 11 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeSantéTravail & emploi

Poitiers : 5 blessés graves dans une fusillade - Damien Delseny - C à vous - 11/01/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 40 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00RelanceRéponse partielle

    Selon le ministre de l'Intérieur, 400 à 600 personnes auraient été impliquées dans la rixe. Qu'en pensez-vous ?

  • 4:00FerméeRéponse directe

    Volontaire ou une erreur dans les chiffres du ministre ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Il a fallu une présence policière importante toute la nuit. Certains voulaient se faire justice eux-mêmes ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Ce soir et demain, une unité de CRS spécialisée sera à Poitiers. S'agit-il d'un règlement de compte entre trafiquants ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Un enfant de 15 ans a été blessé à la tête. Comment expliquer cette violence ?

  • 12:00ComplaisanteRéponse directe

    Je veux m'adresser aux consommateurs. Vous qui prenez des rails de coke ou fumez des joints, cela a le goût des larmes et du sang.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00B.RetailleauChiffre
    « 4 à 600 impliqués dans une rixe ? »
  • 4:00B.RetailleauFait
    « Oui. »
  • 6:00D.DelsenyFait
    « Il y a peut-être un problème de zéro. »
  • 8:00D.DelsenyFait
    « Les événements se sont passés en plusieurs fois. Il y a d'abord la fusillade. Ensuite, il y a eu un attroupement. »
  • 10:00D.DelsenyChiffre
    « 500 ou 600, ça paraît beaucoup en une seule fois. »
  • 12:00B.RetailleauFait
    « Vous qui prenez des rails de coke ou fumez des joints, cela a le goût des larmes et du sang. »
  • 14:00B.RetailleauFait
    « Derrière, vous avez les narcotrafiquants qui sont souvent des proxénètes, qui utilisent des gamins, des adolescents comme chair à canon. »
  • 16:00D.DelsenyFait
    « La guerre est perdue. Aucun homme politique ne le dira. »
  • 18:00D.DelsenyFait
    « Tous les policiers vous disent qu'ils sont dépassés. Le volume est trop important. »
  • 20:00D.DelsenyFait
    « Ce n'est pas à moi d'en penser quoi que ce soit. Ces personnels sont jugés sur les faits et sur ce qu'ils font ensuite. »
  • 22:00T.SnégaroffFait
    « On n'a pas su offrir un autre horizon culturel, social, politique à cette jeunesse. »
  • 24:00P.CohenFait
    « On lui a demandé pourquoi on faisait des campagnes contre le tabac et l'alcool... Il a répondu que c'était interdit, le cannabis et le truc... »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

qui est à l'arrêt. A quelques jours de la présidentielle, aussi serrée que nous l'avons dit, tout peut jouer un rôle. C'est un symbole très puissant. - A.-E.Lemoine: C'est dans un quartier de Poitiers connu pour trafic de stupéfiants qu'a éclaté hier une fusillade aux abords d'un restaurant.

Des coups de feu, 5 blessés, dont un adolescent de 15 ans touché à la tête, entre la vie et la mort. - Un jeune est venu nous voir. J'étais avec mes amis.

Il nous a dit qu'ils s'étaient fait tirer dessus. J'arrive le 1er sur les lieux. Je fais les gestes de 1ers secours sur la victime qui s'est pris une balle dans la tête.

Il était là pour manger. C'est à ce moment-là que l'individu est arrivé avec son arme et qu'il a tiré à plusieurs reprises. Les jeunes couraient et il continuait à tirer.

Ils ont couru jusqu'à l'autre bout du centre commercial. Ils auraient pu s'arrêter là. Quand ils couraient, l'individu continuait à tirer.

Il voulait vraiment tuer ou je ne sais pas...

Il y avait de la détermination. - A.-E.Lemoine: La fusillade a été suivie d'une rixe entre bandes rivales qui aurait impliqué entre 400 et 600 personnes, selon le ministre de l'Intérieur. - B.Retailleau: Ce sont des blessés graves, même très graves.

Ca a commencé par une fusillade sur un restaurant. Ca s'est achevé par une rixe entre bandes rivales qui a engagé plusieurs centaines de personnes. Le préfet a fait un compte rendu et c'est situé entre 400 et 600 personnes. -4 à 600 impliqués dans une rixe? - B.Retailleau: Oui. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, D.Delseny.

Merci de votre présence. Selon toute vraisemblance, après avoir consulté le rapport de police, il y a un petit problème de zéro dans le constat du ministre de l'Intérieur? - D.Delseny: Il y a surtout une confusion.

Les événements se sont passés en plusieurs fois. Il y a d'abord la fusillade. Ensuite, il y a eu un attroupement parce que tout le monde se regroupe.

C'est un quartier où tout le monde se regroupe. Quand les 1res forces de l'ordre interviennent, il y a une bagarre qui oppose 2 groupes un peu périphériques à ce qui se passe. Il y a une 3e série d'affrontements qui ont lieu un peu plus tard car il y a eu un enlèvement après, qui était une forme de représailles à la soirée. 500 ou 600, ça paraît beaucoup en une seule fois.

Ce n'était pas une foule spécifiquement hostile aux forces de l'ordre. - A.-E.Lemoine: Il y a peut-être eu une quarantaine ou une cinquantaine de personnes. - D.Delseny: C'était plutôt une rixe pour des motifs qu'on ne maîtrise pas.

Il y a sans doute une petite exagération sur les chiffres. - A.-E.Lemoine: Volontaire ou une erreur? - D.Delseny: Il y a peut-être un problème de zéro. - A.-E.Lemoine: Il a fallu une présence policière importante, des renforts sur place toute la nuit pour éviter des expéditions punitives.

Certains voulaient se faire justice eux-mêmes dans la foulée de cette fusillade? - D.Delseny: Dans ces quartiers, il y a toujours une force de la rumeur.

C'est ce qui s'est passé hier soir. Une personne a été interceptée, en quelque sorte séquestrée et enlevée. Les policiers ont réussi à la récupérer après.

C'est un peu les secousses qui suivent ce genre de règlement de compte. - A.-E.Lemoine: Ce soir et demain, l'unité de CRS spécialisée dans les violences urbaines et de lutte contre le trafic de stupéfiants sera à Poitiers.

Il s'agit d'un règlement de compte entre trafiquants de drogue. La drogue est partout, y compris dans des villes moyennes comme Poitiers. - D.Delseny: C'est la tendance la plus lourde de ces derniers mois et la plus inquiétante aussi.

On a connu une période où ce type de règlement de compte était réservé à Marseille, Lyon ou à la banlieue parisienne. Depuis plusieurs mois, on voit Besançon, Poitiers, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, Grenoble, toutes les villes françaises de petite ou de moyenne taille être frappées par des règlements de compte. On pourrait presque parler de gangsterisation par le bas.

Les gens sont plus jeunes, complètement désinhibés par rapport à l'utilisation de la violence, l'utilisation des armes présentes dans chaque règlement de compte. Maintenant, géographiquement, c'est étalé sur tout le pays, et les groupes sont de plus en plus jeunes. A Poitiers, ils étaient dans une voiture et ils rafalaient au hasard.

Le but, c'est de terroriser le quartier adverse ou le trafiquant adverse. On sait à peu près où ils se regroupent, on tire à vue. Il n'y a pas de ciblage particulier. - A.-E.Lemoine: Un enfant de 15 ans a été blessé à la tête.

Il est entre la vie et la mort à Rennes. - B.Retailleau: Je veux m'adresser aux consommateurs.

Vous qui prenez des rails de coke ou fumez des joints, cela a le goût des larmes et du sang. Derrière, vous avez les narcotrafiquants qui sont souvent des proxénètes, qui utilisent des gamins, des adolescents comme chair à canon. A Marseille, il y a quelques semaines, un gamin de 14 ans ou 15 ans, 50 coups de couteau.

Ils l'ont brûlé vif. Quand on consomme de la drogue, on se rend complice de ça. - A.-E.Lemoine: Une des solutions, c'est de culpabiliser les consommateurs? - D.Delseny: Les solutions, on ne les a pas du tout.

La solution qui serait de dire qu'on ne s'attaque au réseau mais au trafiquant...

La guerre est perdue. Aucun homme politique ne le dira. Tous les policiers vous disent qu'ils sont dépassés.

Le volume est trop important. Après, qu'est-ce qu'on fait? Tant qu'il y aura de la demande, il y aura de l'offre.

En France, on consomme beaucoup de résine de cannabis. On est un des plus gros consommateurs en Europe. - A.-E.Lemoine: C'est assez ubérisé.

C'est très facile. - D.Delseny: Ces réseaux sont très forts.

Ils savent s'adapter à l'économie. Depuis le covid, on est livrés à domicile. On n'a plus besoin de se déplacer.

Tout ça est très organisé. Ce qu'il a dit, E.Dupond-Moretti l'avait dit il y a quelques mois en tant que garde des Sceaux.

Cette fameuse drogue douce qu'on nous vend depuis des années, le cannabis qui aurait plutôt un effet de drogue récréative...

C'est peut-être récréatif, mais en bout de chaîne, il y a du trafic, des morts et des millions d'euros. - A.-E.Lemoine: Une des solutions, c'est de relancer le débat sur la légalisation du cannabis. - D.Delseny: A l'heure actuelle, tous les débats doivent être ouverts à partir du moment où on constate que ce qu'on fait depuis des années ne marche pas.

Le trafic s'est étendu. Il est de plus en plus violent. On n'arrive pas à faire baisser la consommation.

On arrête un des réseaux mais le lendemain matin, un autre réseau se met en place. On voit des gens piloter des réseaux depuis leur cellule de prison. Dans ce cadre, on ne peut pas faire l'économie d'un débat...

Cette guerre est perdue. Ce n'est pas moi qui le pense. Je m'attache à ce que disent les policiers de terrain et moins à ce que peuvent dire des ministres qui ne sont pas franchement là pour ça.

Les policiers vous disent qu'ils sont en espadrilles seuls contre des types armés par centaines. Ils disent ne pas avoir les moyens ni la force pour lutter contre eux. - A.-E.Lemoine: Ca casserait le business.

Il y a aussi une question sociale, de santé publique, avec la consommation de drogue aujourd'hui en France. - D.Delseny: On est un pays qui lutte beaucoup contre la consommation de tabac et d'alcool, un peu moins contre la résine de cannabis, qui sera un problème de santé publique dans quelques années.

Cette génération fume jusqu'à 20 joints par jour. Elle aura des problèmes de santé dans les années à venir. On ne peut pas faire sans les 2 jambes.

Il faut taper sur les vendeurs, sur les réseaux, les trafiquants, mais il faut agir sur la consommation aussi. - M.Bouhafsi: Un général a été nommé à la tête de la gendarmerie nationale.

C'était sur proposition de B.Retailleau. E.Macron a validé les 2 propositions du ministre de l'Intérieur qui revendique en privé une grande victoire stratégique.

Que faut-il penser du choix de Louis Laugier à la tête de la gendarmerie? - D.Delseny: Ce n'est pas à moi d'en penser quoi que ce soit.

Ces personnels sont jugés sur les faits et sur ce qu'ils font ensuite. Je n'ai pas d'a priori sur la nomination de ces 2 personnes. C'est une forme de logique.

Ils remplacent 2 personnes parties à la retraite. Le trafic de drogue a l'air d'être une priorité absolue de B.Retailleau.

C'est un enjeu. Se dire qu'on va gagner la guerre contre le trafic de drogue aujourd'hui en France, c'est quand même un défi important à relever. Pour ces nouveaux chefs aussi. - T.Snégaroff: Je suis toujours étonné que dans ces débats, il n'y ait que le ministre de l'Intérieur et de la Justice qui soient cités.

On parle de gamins qui sont des collégiens ou de jeunes lycéens qui sont dans une forme de déréalisation totale. Quels sont les modèles? Où a-t-on merdé?

Je me mets dedans, en tant que prof. On n'a pas su offrir un autre horizon culturel, social, politique à cette jeunesse. Justice, bien sûr.

Intérieur, bien sûr. Mais n'oublions pas la Santé et l'Ecole. - P.Cohen: Sur la santé, la question a été posée ce matin à B.Retailleau.

On lui a demandé pourquoi on faisait des campagnes contre le tabac et l'alcool...

Il a répondu que c'était interdit, le cannabis et le truc... - A.-E.Lemoine: Des campagnes de prévention contre un produit illégal... - D.Delseny: C'est presque dépénalisé, de fait. - P.Cohen: D'où la question de la dépénalisation qui peut revenir dans le débat public. - T.Snégaroff: J'ajoute un 3e ministère, celui du Travail.

La cocaïne se développe dans plein de milieux: les chauffeurs routiers, les chalutiers, les gens qui travaillent de nuit, pour tenir. Ce n'est pas que dans le showbiz, c'est partout.