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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 16 septembre 2023 22 min

Sylvain Maillard : "Plus vous baissez les impôts, plus ça rapporte d'argent au budget de l'État"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. Le grand entretien de la matinale avec Marion Lourdes, notre invité ce matin, et le nouveau président du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale. Vos questions, vos réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Bonjour Sylvain Maillard. Bonjour. Et bienvenue, beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin, et on va commencer avec l'actualité européenne, l'Europe qui a les yeux rivés sur l'île de Lampedusa.

Cette petite île italienne sur laquelle près de 11 000 réfugiés ont débarqué cette semaine, le président de la République déclarait hier que la France avait, je le cite, un devoir de solidarité avec l'Italie. Qu'est-ce que ça veut dire, et combien de personnes pourraient être accueillies en France ? D'abord, dire que c'est une situation extrêmement difficile, et je pense à tous ces migrants qui sont arrivés à Lampedusa, il faut avoir une pensée avant tout pour eux, qui viennent de traverser la Méditerranée dans des conditions extrêmement dures, et donc il faut qu'il y ait un accueil, un accueil décent, un accueil pour qu'ils puissent reprendre des forces.

Ensuite, leurs dossiers doivent être étudiés par l'Italie. C'est ainsi que sont organisées l'Europe. Ce sont les règles européennes. Les règles européennes, et les Italiens doivent déterminer qui a le droit à l'asile et qui est un migrant, et dans ce cas-là, il repartira, il doit repartir dans son pays d'origine. Nous avons toujours dit qu'il n'y a que l'Europe qui peut répondre à cette situation. Vous savez, Mme Méloni, qui est à la tête de l'Italie, a toujours dit, je vais mettre une flotte navale pendant les élections, je vais mettre des barbelés dans la Méditerranée. Elle ne peut rien seul, d'ailleurs. Elle montre une fois de plus son inefficacité.

Ça, c'est quand l'extrême droite est au pouvoir. Nous, nous disons une chose, chacun devra prendre, chaque pays européen devra prendre sa part de ceux qui ont droit à l'asile. Et donc, la France accueillera, évidemment, ceux qui ont droit à l'asile à part égale avec l'Allemagne, avec les autres pays. On sait malheureusement que c'est un sujet qui divise l'Europe et l'Allemagne, qui est le plus grand pays d'Europe, a d'ores et déjà annoncé qu'elle refuserait de s'aligner sur ses règles et sur ce devoir de solidarité envers l'Italie. Je vous repose la question. Combien de personnes pourraient être accueillies en France, Sylvain Maillard ?

Je ne suis pas capable de vous donner un chiffre à l'heure actuelle. Je pense que les dossiers doivent être étudiés par les services italiens et dire qui a le droit, il y a des règles, qui a le droit à l'asile et qui doit repartir dans son pays. Mais je le redis une autre fois, il est évident que l'ensemble des pays européens devront prendre leur part. Vous savez, il y en aura d'autres qui devront prendre leur part parce qu'il y aura d'autres migrants qui arriveront dans les mois, dans les années qui viennent. C'est un si, c'est un fait. On peut s'en offusquer, mais c'est un fait. Et l'Europe doit réagir en Européen.

Chacun doit prendre sa part pour ceux qui ont le droit de rester dans l'espace européen.

2:57
Sylvain Maillard

Alors l'immigration, c'est un sujet qui divise les pays européens. C'est un sujet qui divise aussi au sein même de la majorité, cette majorité que vous dirigez à l'Assemblée nationale, avec notamment cette question du sort réservé aux travailleurs dans les métiers en tension. Un titre spécial pourrait être créé dans le cadre de la future loi immigration. Il y a eu cette tribune, cette semaine, de Sacha Houillet avec d'autres députés de la majorité et de gauche pour soutenir cette mesure. Quelle est la position du groupe Renaissance ?

3:25
Présentateur

D'abord, revenir à ce qu'est la loi immigration. C'est une loi de radicalité. Deux radicalités. Première, faire en sorte que ceux qui ne doivent pas rester en France, parce qu'ils n'ont pas les titres, ils n'ont pas l'autorisation, ils sont ce qu'on appelle les OQTF, ils doivent repartir dans leur pays. Et donc, on doit être beaucoup plus efficace là-dessus. Et cette loi, elle doit porter cette efficacité. Et une deuxième radicalité, ceux qui travaillent en France, dans des métiers en tension, ils doivent pouvoir rester et être mieux accueillis.

3:55
Sylvain Maillard

Et donc, sur celle-ci ?

3:55
Présentateur

Et donc, sur celle-ci, le cas de cette tribune dont vous m'avez parlé, redit exactement ce qu'il y a dans la loi. Donc, moi, j'appelle à tous ceux qui sont signataires, la gauche, vous avez dit, le PCF, Europe Écologie Les Verts, le PS, à voter cette loi. Moi, je les attends dans quelques semaines s'ils vont effectivement voter cette loi. Vous auriez pu la signer, alors ? Est-ce que c'est une posture ? Vous savez, il y a trois thématiques qu'ils soulèvent. Ces trois thématiques, elles sont déjà dans la loi. La seule chose, c'est qu'ils s'offusquent comme s'ils avaient peur que nous n'allions pas jusqu'au bout. Je l'ai dit et je le répète, c'est une loi avec deux radicalités.

Ceux qui n'ont pas vocation à rester en France doivent repartir, on doit être plus efficace. Ceux qui viennent pour travailler dans les métiers en tension, ceux qui travaillent dans les métiers en tension, doivent être mieux accueillis. Ce n'est pas normal qu'on attende des mois et des mois en préfecture pour avoir un rendez-vous. Ce n'est pas normal. Ça, nous devons changer les choses. C'est déjà dans la loi.

4:46
Sylvain Maillard

Et donc, vous auriez pu la signer, cette tribune, puisqu'elle correspond à la loi ?

4:49
Présentateur

Moi, ce qui ne me va pas, ce qui ne va pas à mon groupe, c'est le fait de signer avec d'autres groupes de gauche qui, au fond, moi, je le crains, j'en suis pratiquement persuadé, ne voteront pas la loi. C'est-à-dire qu'ils n'acceptent pas cette double radicalité que veulent les Français. Donc, c'est ça qui ne va pas dans la tribune. Ce n'est pas le fond, c'est la forme. Alors, la forme, mais il y a malgré tout le fond pour que votre loi sur l'immigration passe. Il va vous falloir le soutien des Républicains, puisque vous ne pensez pas avoir celui de la gauche.

Et les Républicains qui ont fait de la régularisation des sans-papiers une ligne rouge, ils menacent même de voter une motion de censure si cette régularisation figure dans le projet de loi. Est-ce que vous êtes prêts, d'ores et déjà, à retirer ces dispositions ou à les vider de leur contenu pour que ce texte puisse être voté ? Je le redis, cette loi a une double radicalité. C'est cette double radicalité que veut la majorité. Je vais aller jusqu'au bout. Que veut la majorité. Et donc, nous voterons cette double radicalité. C'est ce qu'elle veut les Français. Mais vous n'avez pas la majorité absolue. Moi, j'ai été... Il va vous falloir composer. Moi, j'ai été...

Je suis le chef d'un groupe qui veut être pragmatique. Qu'est-ce que veulent les Français ? Qu'est-ce qui est efficace ? Nous, on ne veut que de l'efficacité. Et cette double radicalité, elle doit être dans le projet de loi. Elle doit être dans le fonctionnement de notre loi. Donc, nous porterons ça. Moi, je suis persuadé que des députés LR, que des députés peut-être de gauche, on verra bien, puisqu'ils ont signé cette tribune. Même si ça m'inquiète, c'est au final. Mais est-ce qu'à la fin, ils auront le courage de dire non ? Enfin, le courage. Disons, ce serait un faux courage politique et, au fond, ne pas répondre à la réponse... L'absurde, c'est la révélateur.

Non, non, je vais aller jusqu'au bout. L'absurde, c'est la révélateur. Non, pas la réponse, ne donnerait pas la réponse que veulent les Français. C'est-à-dire, constater qu'aucune entreprise, à l'heure actuelle, ne peut fonctionner sans les travailleurs étrangers. C'est la réalité. Les services publics, les hôpitaux. Et donc, nous devons mieux les accueillir. C'est une chance qu'ils soient là. Mais alors, pourquoi est-ce que les Républicains ne veulent pas en entendre parler ? Mais c'est probablement une posture politique. Donc, nous allons aller discuter à l'Assemblée et nous verrons bien sur un texte qui doit contenir ces deux radicalités.

Est-ce que ce n'est pas le retour du clivage gauche-droite qui traverse la majorité présidentielle, Sylvain Maillard ? Non, la majorité présidentielle est unie. Elle veut cette loi immigration. Elle est unie, c'est vous qui le dites. Elisabeth Borne, qui était présente au cours des journées parlementaires Renaissance cette semaine, vous a mise en garde je la cite, contre le poison de la division. Le poison de la division, le verre est dans le fruit d'ores et déjà. Notre force, c'est d'être tous ensemble. Nous sommes trois parties, vous le savez très bien, le modem, Horizon et Renaissance. Nous devons porter ensemble les réformes.

Bien sûr, il y a des discussions entre nous, au sein des groupes et parfois des oppositions. Mais une fois qu'une ligne est tranchée, elle doit être la même. Et ça, ça doit être la règle de conduite pendant quatre ans.

7:50
Sylvain Maillard

Un autre sujet clivant, au-delà de l'immigration, il y a celui de l'inflation et du pouvoir d'achat. Le budget sera présenté fin septembre. Le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, annonce déjà la fin du quoi qu'il en coûte. Il a identifié, il le dit, 16 milliards d'euros d'économie. Est-ce que c'est vraiment le moment, alors que les Français subissent une inflation qui atteint presque les 5% sur un an ?

8:08
Présentateur

Il nous faut que chaque euro dépensé par la puissance publique soit un euro efficace. Nous ne pouvons pas continuer à vivre à crédit et nous mettre en difficulté. Les taux d'intérêt ont fortement augmenté. Et donc, ça veut dire que le poids de la dette et le remboursement de la dette est de plus en plus fort. Et donc, il nous faut faire des efforts. Moi, je rappelle que nous accompagnons encore beaucoup. Effectivement, l'inflation est encore forte, mais nous accompagnons énormément les Français. L'État paye, en tout cas, le budget de l'État paye encore presque 40% de la facture d'électricité de chacun d'entre nous.

8:42
Sylvain Maillard

Mais ce bouclier tarifaire, puisque vous en parlez, il va petit à petit disparaître. C'est vraiment le moment.

8:46
Présentateur

C'est l'objectif. Nous ne pouvons pas continuer avec l'argent des Français. C'est l'argent de nos impôts qui payent jusqu'à presque 40% de notre facture d'électricité. Donc oui, au fur et à mesure, ça devra baisser à un rythme en fonction de l'inflation, à un rythme qui soit supportable par les Français. Ça, c'est Bruno Le Maire qui le décidera. Mais vous l'avez vu, c'est la une du Parisien aujourd'hui en France. Aujourd'hui, le titre de une, c'est Français qui ne s'en sortent plus.

Beaucoup de ménages de la classe moyenne qui se découvrent, Karine Becker en parlait tout à l'heure dans sa revue de presse, qui se découvrent dans l'incapacité d'assumer certaines dépenses de la vie courante et qui ont l'impression que le travail ne paye pas. Que répondre à ces Français-là et qui sont très nombreux ? Ce sont les classes moyennes et en l'occurrence, l'hiver approche. Les factures d'électricité vont forcément augmenter. Les factures de l'énergie également. Le quoi qu'il en coûte, c'est fini ? Circulé, il n'y a rien à voir ? Le quoi qu'il en coûte, il était un moment particulier. Vous vous rappelez la sortie du Covid et que notre système économique ne s'effondre pas.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que dans cette période d'inflation, d'ailleurs une inflation qui est en train de baisser, de ralentir, il faut que nous puissions accompagner ceux qui sont le plus en précarité, le plus en difficulté. Nous continuons à le faire. Je vous ai pris l'exemple de l'électricité. Mais nous continuons à le faire de façon très pragmatique. Je pense aux étudiants, la précarité étudiante. Nous avons augmenté les bourses jusqu'à 127 euros par mois pour les étudiants les plus en difficulté.

Nous devons regarder secteur par secteur, presque français par français, comment faire pour les accompagner tout en disant qu'il n'y a pas d'argent magique et donc il faut faire attention au budget de l'État. Alors soyons pragmatiques, il n'y a pas d'argent magique mais il y a des exemples, par exemple à l'étranger, c'était cette semaine avant-hier, Joe Biden, le président américain, déclarait qu'il était temps, grand temps de taxer et de véritablement taxer les milliardaires. Pour vous, ça n'est pas une ligne à suivre ? On n'est pas au même niveau de taxation aux États-Unis qu'en France. En France, nous sommes déjà le pays qui taxons le plus dans l'OCDE.

Donc je crois que cette maladie française de « il y a un problème, il faut une taxe », je crois qu'il faut en sortir. Depuis 6 ans que nous sommes au pouvoir, nous sommes la majorité qui baisse ses impôts et nous continuerons à baisser ses impôts. Pour une raison très simple, plus nous baissons les impôts, plus il y a de rentrées fiscales. Juste sur l'impôt sur les sociétés, on a baissé le taux d'imposition de 33% à 25%, ça rapporte deux fois plus au budget de l'État. Nous avons baissé l'impôt sur le revenu pour les Français, il rapporte une fois et demie de plus qu'en 2017. C'est comme ça que ça fonctionne. Plus vous baissez les impôts, plus ça rapporte d'argent pour le budget de l'État.

11:23
Sylvain Maillard

Ce n'est pas automatique quand même.

11:24
Présentateur

En tout cas, c'est deux cas très concrets que nous venons de vivre depuis 6 ans. Nous sommes persuadés. Vous savez, c'est le dynamisme économique qui permet de créer de la valeur. Ce n'est pas de créer des taxes sur des taxes.

11:34
Sylvain Maillard

Ces impôts, ils financent aussi les services publics et cette semaine, il y a un collectif de fonctionnaires, nos services publics, qui s'inquiètent d'un service public dégradé pour les Français. Un service public qui est concurrencé par le privé, qui ne suit pas les besoins sociaux d'après eux en matière de santé avec des hôpitaux engorgés, des tribunaux engorgés. Le collectif présente son rapport le 26 septembre à l'Assemblée. Qu'est-ce que vous allez en faire à part écouter poliment ?

11:57
Présentateur

Il faut regarder service public par service public. Est-ce que nous remettons beaucoup d'argent dans l'hôpital, dans la santé ? Oui. Nous avons revalorisé l'ensemble des carrières et nous continuerons et il faut plus de moyens. Est-ce que pour la police, nous avons revalorisé ? Oui. Non seulement les salaires, mais aussi l'ensemble des matériels et du fonctionnement. Est-ce que pour la justice, nous avons revalorisé ? Oui. Il y a beaucoup plus de greffiers et ça va continuer. Ne serait-ce que sur la plaque par exemple, je suis député de Paris, à Paris, c'est 2800 policiers supplémentaires qui sont en train d'arriver depuis quelques semaines jusqu'en 2024. C'est très concret.

Vous voyez, il ne faut pas parler de façon générale, il faut regarder service public par service public, comment nous faisons pour améliorer les choses. Et juste pour les enseignants, il n'y a plus un enseignant à cette rentrée qui gagne moins de 2000 euros net. Il y a les questions des auditeurs au standard. Bonjour Frédéric.

12:46
Locuteur non identifié

Bonjour Ander, bonjour à tous.

12:48
Présentateur

Merci de participer au grand entretien. Une question à Sylvain Maillard.

12:52
Locuteur non identifié

Voilà, M. Maillard, bonjour. Donc, hormis au second trou des présidentielles, les partisans de M. Macron n'ont jamais atteint, jamais, les 20% d'inscrits des électeurs. Par ailleurs, le parti Renaissance, de fait, n'existe pas sur le terrain et vous n'êtes pas majoritaire à l'Assemblée. comment vivez-vous ce déficit démocratique catastrophique ?

13:16
Présentateur

Merci Frédéric pour votre question à interpellation dont vous êtes familier. Oui, première question. Moi, je suis le premier à regretter que les Français ne se déplacent pas suffisamment aux urnes. Voilà, je peux juste le déplorer. Est-ce qu'il faut rendre... Votre question, c'est au fond, est-ce qu'il faut rendre le vote obligatoire ou bien faut-il changer la démocratie ? Moi, je pense qu'il faut surtout inciter les Français à aller voter, à les choisir. Je crois que c'est ce qu'il y a de plus important. Mais Frédéric en parlait, les Français n'ont pas choisi clairement puisque vous n'avez qu'une majorité relative. Remettre en cause en permanence la démocratie et nos mandats, ça suffit.

Le système français fonctionne bien, on peut le contester. Et à ce moment-là, il y a des jours de vote et il faut aller voter. Moi, ce côté un peu populiste de dire qu'au fond, je ne vais pas voter comme ça, je déstabilise la démocratie, ça ne me convient pas. Donc, vous pouvez ne pas être d'accord avec les pouvoirs en place et c'est très bien, c'est notre démocratie, mais à ce moment-là, il faut aller voter.

14:11
Sylvain Maillard

Allez, puisqu'on parle d'élections et d'élections auxquelles on ne participe pas forcément beaucoup puisque c'est un électeur sur deux qui participe aux élections européennes. On recevait hier Raphaël Glucksmann qui est officiellement candidat, lui. Les Verts, le Parti communiste ont leur tête de liste. Qu'est-ce qui va conduire la liste chez vous ? Ce sera Stéphane Séjourné ?

14:26
Présentateur

Ce n'est pas encore décidé. On le décidera probablement dans les quelques mois qui viennent, on a le temps encore, mais dire que pour nous, l'élection européenne est une élection capitale, extrêmement importante. Nous sommes le seul parti clairement pro-européen. Pour nous, l'Europe, c'est le cœur de notre ADN. Ce n'est pas moi qui... On en discutera collectivement dans quelques temps. Ce dont je peux vous assurer, c'est que pour nous, c'est une élection extrêmement importante. On va essayer de mobiliser l'ensemble des Français. On vient d'en parler pour qu'ils aillent voter. Pour nous, c'est essentiel. Nous sommes le seul parti pro-européen. Nous voulons une Europe forte.

Nous avons parlé d'autres réponses qu'une réponse européenne. Quelle incarnation, Sylvain Maillard ? Stéphane Séjourné, Pascal Canfin qui est candidat lui aussi, Thierry Breton éventuellement comme on l'entend ? Le temps des candidatures pour nous n'est pas encore arrivé. Lequel a votre préférence ? Le temps des candidatures n'est pas encore arrivé. Mais le temps des candidatures est arrivé en l'occurrence pour l'ensemble des partis politiques à part le vôtre. Chacun fait ce qu'il veut pour nous, le temps de la candidature. Est-ce que les Français sont dans l'élection européenne ? Honnêtement, venez avec moi tout à l'heure au marché, le temps devant nous.

Ce dont il nous parle, ça peut être de l'impression. Vous en parlez à plusieurs millions de personnes là en ce moment même. Je vous dis, nous aurons évidemment une tête de liste et ce sera une très bonne tête de liste et pour nous, les élections européennes sont des élections extrêmement importantes.

15:44
Sylvain Maillard

Alors justement, vous dites que les Français ne parlent pas des élections européennes. Est-ce que derrière ces élections, ce n'est pas des élections de mi-mandat ? C'est Jordan Bardella, le patron du RN qui le dit. Et est-ce que le risque, ce n'est pas un vote sanction national contre Emmanuel Macron ?

15:57
Présentateur

Vous savez, les élections de mi-mandat, c'est des élections nationales équivalentes, comme on appelle les Etats-Unis. Moi, ce que je veux dire, c'est que pour nous, les élections européennes sont, je le redis, extrêmement importantes. L'Europe, c'est le cœur du fonctionnement, de l'efficacité pour énormément de politiques publiques à l'heure actuelle. Donc nous avons besoin d'avoir une représentation de la France extrêmement forte, dynamique et puissante comme nous l'avons pu le faire avec notre groupe Renew. Donc nous voulons continuer, nous pensons que beaucoup de solutions en termes d'écologie, en termes d'immigration, elles sont au niveau européenne.

Donc il est important d'avoir une représentation forte et donc nous ferons campagne. Pour nous, c'est plus que du mi-mandat. Avant de retourner au standard, Sylvain Maillard, nous ferons campagne dans le nous. Est-ce que vous incluez le président de la République ? Est-ce qu'il doit s'impliquer dans la campagne pour les élections européennes ? Ça a toujours été le cœur de la politique du président. C'est le cœur de son engagement. Donc oui, d'une façon ou d'une autre, il s'impliquera évidemment. Bonjour, bonjour David. Vous nous appelez de Paris et justement, Sylvain Maillard est l'un des députés de la capitale.

17:02
Locuteur non identifié

Oui, bonjour, bonjour à tous. Moi, ma question, elle est assez simple. C'est pourquoi la taxe foncière augmentée a été multipliée par trois ? Et effectivement, avec un bilan au niveau de la mairie de Paris de moins 8 milliards de dettes, est-ce qu'il est possible de ne pas la payer et comment faire ?

17:16
Présentateur

Une question simple.

17:18
Sylvain Maillard

Conseil d'évasion fiscale.

17:19
Présentateur

Écoutez, alors ce n'est pas une décision ni de la majorité, ni du gouvernement, ni évidemment du président de la République, c'est une décision d'Anne Hidalgo qui n'arrive pas... Qui rejette la responsabilité sur le gouvernement en disant que la dotation de l'État a trop baissé et qu'elle ne peut donc pas faire face aux dépenses de sa ville. Surtout, elle ne fait aucun effort pour baisser le train de vie de la ville de Paris et donc elle se retrouvait en énorme difficulté qui jusqu'à peut-être être en situation de ne pas pouvoir en tout cas très fortement dégrader la position de Paris et de payer l'ensemble de ses charges.

Donc, elle a augmenté, c'est son choix, c'est le choix des collectivités. Rappelez-vous-en en 2026. Sylvain Maillard, d'après un sondage publié hier, 6 Français sur 10 estiment qu'Edouard Philippe pourrait battre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en 2027. Loin devant Gérald Darmanin, loin devant Bruno Le Maire par exemple. C'est une funeste connerie de ne pas pouvoir se présenter trois fois de suite à la présidentielle comme l'a dit Emmanuel Macron ? Moi, je ne fais pas de politique fiction. On vient de me désigner et me dire président du groupe Renaissance. Moi, je suis dans le pragmatisme.

Il faut trouver des solutions aux Français au jour le jour, construire des lois, faire en sorte que ça s'améliore. Oui, mais 2027, c'est loin, c'est très loin. Trop loin ? Pour qu'on puisse être en position de gagner et je pense qu'on fera tout en tout cas pour être en position de gagner, il faut que le quinquennat soit une réussite. Et pour ça, c'est tous les jours que ça se joue. Trouver des solutions pour les Français, c'est mon travail. Moi, les prévisions en 2027, je vous les laisse.

18:57
Sylvain Maillard

Question d'actualité, c'est la fête de l'humanité. Ce week-end, le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, a appelé jeudi les Français à envahir les stations-service et les grandes surfaces sur fonds d'inflation, on en parlait tout à l'heure, à envahir les préfectures aussi en estimant que c'était de la légitime défense face à la hausse des prix. Ça vous choque ?

19:14
Présentateur

Oui, c'est complètement irresponsable. Je crois qu'il est dans une course à l'irresponsabilité avec LFI pour pouvoir faire un peu de buzz. Moi, je l'invite plutôt à voter les lois qui aident au pouvoir d'achat des Français. On en a voté déjà un bon nombre et à chaque fois, ils sont aux abonnés absents. Donc, qu'il est payé pour être député, qu'il fasse en sorte d'améliorer concrètement la vie des Français qui votent les projets de loi qui aident leur pouvoir d'achat. Vous avez été élu en plein cœur de l'été président du groupe Renaissance à l'Assemblée. François Bayrou, vous aurez glissé que c'était le pire job de la République. Est-ce que vous confirmez, Sylvain Maillard ?

Oui, d'abord, le groupe Renaissance est la force centrale de l'Assemblée nationale. Mon travail, il est d'être au service des Français, d'être pragmatique, de trouver des solutions. De créer des alliances aussi. Et donc, de nouer des alliances avec des forces totalement contradictoires. de trouver des majorités pour les textes. Vous avez raison, c'est une partie importante de mon travail. Et je note que depuis un an, nous avons fait voter 49 textes, donc beaucoup à une quasi-unanimité. On n'en parle jamais, mais 49 textes qui ont été votés. Et donc, on continuera. Vous savez que quand vous dites 49, on a envie de vous répondre 49 alinéa 3.

Je vais pousser, moi, les textes, je vais pousser les textes transpartisans. Je crois qu'il faut trouver des majorités en amont sur les différentes thématiques. Nous avons déjà largement commencé, mais nous allons accélérer là-dessus. Je crois que c'est ce qu'ont demandé les Français. Ils nous ont placé largement en tête des élections législatives, mais sans nous donner la majorité absolue. Ils veulent que nous allions composer avec nos oppositions. J'appelle nos oppositions à être aussi responsables, texte par texte, pour qu'on puisse construire des majorités.

20:57
Sylvain Maillard

Vous allez suivre le gouvernement systématiquement, même effectivement quand il veut passer par 49, 3, même en dehors des textes budgétaires, alors qu'Elisabeth Borne, la première ministre, a promis de ne plus passer par le 49, 3 pour autre chose que les textes budgétaires.

21:09
Présentateur

Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Le travail qui est le mien, c'est de trouver des majorités et d'améliorer les textes pour qu'ils soient efficaces pour les Français. Et éviter que les députés votent une mention sur le censure. Si on va voter le 49, 3 ou pas, le 49, 3, c'est qu'au fond, on n'a pas trouvé une majorité. On ne vote pas le 49, 3. Non, non, c'est décidé par le... Mais ça veut dire qu'on n'a pas réussi à trouver une majorité. Moi, mon objectif, évidemment, les oppositions votent toujours contre. C'est comme ça. Elles se définissent comme en opposition quand il y a le budget. Mais je note que dans les 49 textes dont on a parlé, un seul a été décidé par 49, 3.

D'un mot, Sylvain Maillard, la rentrée parlementaire, elle sera agitée ? Elle sera soutenue. Ça, c'est clair. On va commencer tout de suite par un projet de loi sur le travail. Et pour nous, qui est important, sur la loi numérique extrêmement importante, je crois, qui est très attendue par l'ensemble des Français. On aura l'occasion d'en reparler. Et sur le budget, évidemment, c'est toujours une phase importante et avec des échanges musclés dans l'hémicycle. Ah bah voilà, enfin, des échanges musclés. Bon, merci en tout cas, Sylvain Maillard, d'avoir été l'invité de France Inter, président du groupe pour naissance à l'Assemblée nationale. Musique.