Prévisions de la Météo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
pour justifier en partie les blocages. Une sous-estimation des chutes de neige par les services de Météo-France...
Ce n'est pas la première fois que cette agence de l'Etat se retrouve prise pour cible. - C'est devenu presque une rengaine. A chaque épisode climatique sortant de l'ordinaire, les prévisions Météo-France sont pointées du doigt par les ministres.
Exemple encore hier matin... - P.Tabarot: On a un événement qui a peut-être été sous-évalué au niveau de Météo-France, qui annonçait 3 cm de neige et on sait que ça a été 8 en Petite Couronne. -2 ans plus tôt, autres chutes de neige, autre ministre des Transports. *-C.Beaune: Il y a eu cet épisode neigeux qui n'a pas été anticipé par Météo-France... - Et cela vaut aussi pour la pluie, en 2024, dans les Alpes-Maritimes. - Il y a eu une alerte jaune avec des villes complètement inondées, ensuite des alertes rouges avec juste quelques gouttes... - Les alertes sont-elles moins précises qu'avant?
Elles doivent donner un niveau de risque à anticiper pour les pouvoirs publics, explique cet ingénieur. - Il est important de prévenir les partenaires de la Sécurité civile, que ce soit bien anticipé. Là, c'était le cas.
La prévision de neige a été faite dès samedi. Dès dimanche, il y avait des départements en vigilance orange, mais il y a toujours des gens pour pointer du doigt Météo-France, dire qu'il manque quelques centimètres de neige où quelques kilomètre heure de vent. On y est habitués.
Météo-France a bon dos. - Les nuages s'accumulent au-dessus de l'institution fondée en 1955. Elle réceptionne les données de plus de 2500 stations de mesure et les compile avec des calculateurs parmi les plus puissants du pays. - Ils font des compilations et il y a environ 350 scénarios qui sortent.
C'est là qu'entre en compte l'expertise humaine. Les prévisionnistes ont de l'expérience et ils savent quels sont les modèles, dans les simulations, qui seront les meilleurs. - Les bulletins de vigilance sont toujours rédigés par des humains.
Ces dernières années, les coupes budgétaires ont conduit à une plus grande automatisation des prévisions affichées sur le site. De nombreux bugs ont suivi. 28 degrés annoncés à Strasbourg en plein mois de décembre, de la neige prévue à Briançon alors qu'il fait 9 degrés, ou encore un temps sec en Normandie alors qu'il pleut depuis des heures.
Faut-il y voir les symptômes de la diète imposée par l'Etat? En 20 ans, Météo-France a perdu près d'un quart de ses effectifs. Ce sénateur le déplore. - Le personnel commence à être stabilisé.
On était arrivé à un point qui pouvait être un point de non-retour. Si on enlève des opérateurs, c'est plus compliqué d'être à la pointe. On a la chance d'avoir un des 3 meilleurs services météo au monde.
On doit en prendre soin. - La parole des météorologues remise en question de manière plus globale, parfois avec violence. - Ca fait plusieurs jours que la moitié sud de la France supporte des températures caniculaires. - L'été dernier, nous avions rencontré Guillaume en pleine préparation de son bulletin quotidien.
Quelques jours plus tôt, un message posté sur les réseaux sociaux lui avait valu des menaces. - J'ai envoyé ce post. J'ai pris mes précautions...
J'ai dit qu'une canicule généralisée était possible à la fin de la semaine prochaine. J'ai tout de suite reçu un nombre incalculable de messages qui, en gros, disaient que je faisais de la propagande sur le réchauffement climatique. Plus j'expliquais les choses, plus ça déchaînais les passions.
La météo est devenue quasiment un sujet politique. A partir du moment où vous êtes passionné de météo, vous faites de la politique, vous êtes écologiste, vous êtes de gauche. Les gens ont l'impression qu'on les manipule. - Pas assez précises pour les uns, trop alarmistes pour les autres, les prévisions météo quitteront peut-être le débat public en même temps que la neige, jusqu'au prochain épisode. - C.Roux: Est-ce que c'est une question de moyens?
Est-ce qu'on ne sait plus prévoir? - C.Nabédian: J'ai trouvé la réaction du ministre des Transports un peu osée, d'attaquer Météo-France.
Pour le coup, on le savait depuis le week-end qu'il allait y avoir cet épisode de neige. On ne peut pas prévoir au centimètre près la neige qui va tomber dans tout le territoire. Ce n'est pas possible.
La météo n'est pas une science exacte. Ils ont fait des fourchettes. C'est entre 3 et 7 centimètres.
Il est tombé 8 cm...
Ce n'est pas 1 cm qui a dû changer quoi que ce soit, même si ça a dû aggraver la situation. Ils avaient bien prévu cet épisode. La neige est un phénomène assez compliqué à prévoir.
Ca peut se jouer à 1 ou 2 degrés près, différents niveaux d'atmosphère, selon si les couches sont chaudes ou froides. - C.Roux: Il y a cette idée que l'IA, la technologie, les radars, les drones, qu'on a les moyens d'être plus précis aujourd'hui, non? - C.Nabédian: C'est un autre problème.
Depuis ces dernières années, il y a eu une baisse des effectifs à Météo-France, près de 25 %. Il y a eu une baisse de moyens. 20 millions d'euros ont été enlevés du budget.
Il y a une réalité: ils ont enlevé des chefs de département qui existaient. Dans chaque département, il y avait quelqu'un qui connaissait la typographie, la géologie et la géographie du climat. Lorsqu'il restituait son modèle météo, il pouvait, en connaissance du terrain, faire sa propre prédiction. - C.Roux: Les modèles d'IA ne compensent pas une connaissance empirique du terrain? - C.Nabédian: Pas encore, en tout cas.
La prévision s'est dégradée. On a pu le constater au début du nouveau modèle. C'était le système 3P.
Ca permet d'automatiser beaucoup de tâches. Il y a eu beaucoup d'erreurs. - E.Brocardi: On dit souvent qu'il faut écouter les anciens et pas forcément la machine.
On a une culture qui se transmet d'un homme à homme et qui disparaît pour des raisons évidentes de coupes budgétaires. On ne remplace pas ces individus. Il y a un tuilage dans le partage de l'expérience qui disparaît.
On n'est pas étonné à partir de là... - C.Roux: Mais sur de la modélisation de météo, des données qu'il faut traiter, on se dit, bêtement peut-être, que l'outil informatique, l'IA, ça peut nous rendre meilleurs. - C.Nabédian: Les supercalculateurs ont fait un travail énorme, mais par rapport aux probabilités.
Avant, il y avait un modèle, avec une hypothèse et on se basait sur cette hypothèse. Grâce aux milliards et milliards d'informations que les supercalculateurs peuvent brasser, on a un problème de probabilité. C'est avec la connaissance du prévisionniste, du terrain, de la situation, qu'il faut l'interpréter.
Un prévisionniste m'avait dit en 99: "On n'a pas réussi
Philippe Tabarot