Le Grand Dossier « Carburants, vie chère : la France sur un volcan ? » du jeudi 29 octobre 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 22 %Attaque 48 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:36OuverteRéponse directe
Quelles sont les informations que vous avez pu obtenir sur la mobilisation attendue de ce samedi ?
- 5:15OuverteRéponse directe
Sait-on où se dérouleront les cortèges ?
- 5:56OuverteRéponse directe
Mobilisation intacte samedi en samedi, ça nous dit quoi du mouvement ?
- 6:40RelanceRéponse directe
Malgré un dispositif décourageant, il y a eu beaucoup de monde samedi dernier. Pourquoi ?
- 8:40OuverteRéponse directe
Votre regard Philippe de Sertine, êtes-vous surpris de voir une mobilisation quasi intacte ?
- 11:46OuverteRéponse directe
Est-ce que les renseignements craignent des atteintes à des symboles comme les mairies ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 24:56Fait
« Moi, c'est pas une taxe qui m'empêche de dormir. Je sais que ça n'empêche d'endormir d'autres, mais moi ça ne m'empêche pas de dormir. »
- 28:56Chiffre
« On parle de - 40 %, c'est le chiffre donné par le patron du groupe coopératif U Dominique Schelcher. »
- 38:20Fait
« Ce qui fait que les prix sont indécents c'est une part de fiscalité qui est totalement délirante à poser sur les carburants. »
- 40:49Chiffre
« En 2026 l'État a ajouté 15 centimes de plus par litre sur les prix du carburant. »
- 41:32Chiffre
« Sur 2 € il y a 1,17 € de taxes. »
- 50:48Fait
« on a un prélèvement très lourd et une production de richesse qu'on appelle le PIB qui diminue »
- 52:05Fait
« nos dépenses publiques, elles ne cessent d'augmenter, ce qui fait que même ces taxes ne suffisent pas à faire face à notre niveau de dépense publique »
- 54:47Fait
« la menace était le FMI à Paris »
- 56:56Chiffre
« nous avons augmenté de 35 % le budget l'éducation. Il était depuis il y a 10 ans à 67 milliards, il est maintenant à 91 milliards »
- 58:52Fait
« le sentiment d'un pays qui décroche malgré les impôts, est-ce que c'est une réalité ? »
- 1:00:44Promesse
« il n'y aura pas de consolidation des finances publiques sans un coup de massu fiscal »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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[musique]
[musique] C'est l'heure du grand dossier. Soyez bien évidemment les bienvenus sur LCI avec aujourd'hui cette question, cet enjeu carburant, vie cher la France sur un volcan. Mobilisation qui ne faiblit pas nos chiffres [musique] pour samedi dans quelques instants. Peut-être même prend-elle encore de l'ampleur [musique] et ce jusqu'aux ? On se pose la question. Arrêtons-nous également sur un nouveau carburant de la colère. Comme à chaque trimestre, les chiffres, les bénéfices stratosphériques de totale énergie, [musique] 8,3 milliards de dollars entre juillet et septembre. Ces chiffres créent la polémique. Alors que en France, le gazol dépasse désormais les 2,35 € le litre à la pompe.
Est-ce un ingrédient supplémentaire dans la poudrière de la colère ? Est-ce de l'indessence ? Faut-il remercier total ou [musique] récaler plus ? Taxer les super profits ? Autre élément de la marmite sociale, c'est la France qui redevient la championne d'Europe des prélèvements obligatoires. Du coup, quelle marge de manœuvre pour le gouvernement pour répondre à la crise ? Et puis [musique] autant d'impôts pour quel résultat se disent certains quand on voit le sentiment de déclassement français quand notre système fiscal est le moins compétitif des pays de l'OCDE, faut-il pour autant parler d'ineefficacité totale de notre système ? Là encore, on en débat dans quelques instants.
Voilà le grand dossier, vous l'avez compris, c'est parti. Carburant Vicher, la France sur un volcan. Écoutez, [musique] regardez. Moi, c'est pas une taxe qui m'empêche de dormir. Je sais que ça n'empêche d'endormir d'autres. Hier, j'ai une dame qui a dit qu'elle attendait qu'il fasse 12 degrés chez elle pour se chauffer [musique] au fioule. Le gouvernement plus il attend avant de céder aux revendications et plus ces revendications vont s'élargir. On aurait sûrement dû être plus rapide. [musique] Moi je pas je partage l'opinion du président. C'est un gouvernement qui passe la serpillère qui a aucune marge de manœuvre. Il est là pour patienter avant l'élection.
Donc il essaie du de faire feu tout bois pour limiter les risques. Ça ne marche pas. [musique] Et pour tout comprendre, pour tout décrypter, je suis ravi d'accueillir sur ce plateau Philippe de Certine. Bonjour, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation. Vous êtes économiste, vous êtes professeur. IAE Paris Panthéon Sorbonne, auteur du livre L'horizon des possibles, construire le siècle qui vient de nouvelles valeurs pour un nouveau monde aux éditions Robert Lafond. Merci beaucoup Véronique Rou d'avoir accepté l'invitation. Je suis ravie de vous retrouver. Vous êtes cfondatrice et présidente du cabinet Bacbon. Merci à Guillaume Roquet d'être là.
Je suis ravie de vous retrouver il y avait si longtemps Guillaume. [rires] N'est-ce pas ? Vous êtes directeur de la rédaction du Figaro Magazine. Bonjour à vous Guillaume Chaz. Merci d'avoir accepté également d'être avec nous aujourd'hui. Journaliste police justice TF1 LCI et dans quelques instants, c'est Jérôme Jaffrey politologue et chercheur associé au CVIPOF qui va venir nous rejoindre. Alors je vous le disais la mobilisation est-elle intacte de semaine en semaine ? Il y a de fortes craintes à nouveau pour ce weekend. C'est Guillaume Chez qui m'accompagne pour tout vous expliquer. Guillaume, commençons par la mobilisation attendue de ce samedi.
Quelles sont les informations que vous avez pu obtenir ? Alors, des informations que nous avons, elles concernent d'abord Paris. On attend pour la journée de samedi entre 100 à 150000 manifestants dans les rues de Paris. Pour rappel, la semaine dernière, c'était 110000 manifestants. Sur ces 100 à 150000 manifestants, il y a des profils particuliers, des profils à risque. Ils sont entre 3 et 600 militants de la mouvance ultra gauche attendus dans les dans les rangs des des cortèges. Et du côté des forces de l'ordre, ça va ressembler à peu près à ce qu'on a connu la semaine dernière, c'était la volonté de de Laurent Nouz.
Environ 70000 policiers et gendarmes au niveau national qui seront sur le terrain pour sécuriser les manifestations. Le président de la République a a demandé que les manifestations évitent les centre-villes pour éviter au maximum casse et pillage. Sait-on où se dérouleront les cortèges ? Alors regardez à Paris, c'est la CGT qui a fait cette demande là. Partir de Bastille pour aller jusqu'à Nation. Sauf qu'on est en plein centre-ville de Paris. La PP, la préfecture de police leur a donné un autre itinéraire comme la semaine dernière sur les sur les maréchaud, donc à l'extérieur, en périphérie euh de la ville entre la porte de Bagnolé et la porte de Charenton.
Pour l'instant, aucun euh itinéraire n'est arrêté euh à l'heure qu'il est et donc il y a des négociations qui sont en cours et la CGT se réserve le fait de le fait de faire un recours pour pouvoir maintenir euh la marche qu'elle souhaitait qu'elle souhaitait faire au préalable. Et puis il y a aussi les gilets jaunes qui eux ont appelé aller de regarder la place de la Bastie en passant par République opéra Madeleine Assemblée nationale. On peut dire que là c'est un doux rêve. Il y a peu de chance que la préfecture de police s'autorise cette marche là.
Et on peut dire qu'il y a aussi un autre élément qui inquiète les autorités et c'est la conjonction de ce rendez-vous de mobilisation avec Halloween où il y a Halloween. Mais quel est le risque précisément ? Et ben en fait ce sont ces appels là que vous voyez sur les réseaux sociaux. Samedi 31 octobre, rendez-vous régulièrement fixé à 20h. Des appels qui selon Laurent Nouz dans un télégramme qu'il a envoyé au préfet dit que ce sont des appels à la casse en fait. Il casse derrière ça des appels à se rassembler pour casser. Donc Laurent Nouise anticipe ce risque-là et demande aux policiers d'être très attentif à ce niveau-là à partir de 20h et jusque très tard dans la nuit.
des exactions pour être commises euh sous ce giron-là du rassemblement pour des soirées festives Halloween. Et donc dans ce cas-là, il y a les policiers qui vont veiller et la préfecture de Paris dès hier a tenu à le rappeler le fait de se retrouver sur la voie publique avec le visage masqué et c'est un délit, un délit passible de 150 € d'amende. Euh certains juristes ne sont pas d'accord d'ailleurs puisque pour ce qui est festif, nous avons le droit de nous couvrir le visage sur l'espace public. Difficile de faire la part des choses du coup. Merci beaucoup. Merci. Je voudrais qu'on voie un chiffre.
On attend donc vous nous dites entre 100000 et 150000 personnes ce weekend, 110000 manifestants ce samedi dernier. On s'arrête sur ce chiffre, on pour retrouver nos nos invités. Ça nous dit quoi ? Mobilisation intacte Guillaume Roquet de samedi en samedi. Mobilisation intacte, ça nous dit quoi du mouvement ? Ça nous dit que ces ressorts sont sont réels. Ça nous dit que cette cette colère, elle est elle est véritable et elle est solide et elle se maintient de samedi en samedi. Ça nous dit aussi que c'est un mouvement, peut-être qu'on sera surpris par les chiffres, mais qui ne progresse pas.
C'est-à-dire que ceux qui espéraient que la colère des lycéens allait être en quelque sorte la mèche pour allumer un gigantesque incendie social auquel pourrait se joindre les fonctionnaires, les les ouvriers. En même temps, ils ont déjà un autre rendez-vous qui est le 5 novembre. Non, vous avez vous avez raison. Donc, on verra mais pour l'instant ça reste stable. Et puis il faut quand même dire que quand la semaine dernière il y avait 450000 personnes dans les rues en France c'est beaucoup mais ça représente 1 % de la population adulte de notre pays. Donc c'est quand même un mouvement qui est qui est fort, qui est implanté mais qui reste limité. Véronique Rult. Ouais.
[raclement de gorge] Il y a d'abord samedi dernier, il y a quand même eu beaucoup de monde alors qu'il y avait un dispositif qui était plutôt décourageant et que les manifestants entre eux s'envoyaient des messages en disant "C'est compliqué, ils craignent au-delà du sujet des violences, ils craignent aussi les amendes dont on parle pas tellement mais sur les réseaux on en parle beaucoup. 150 € quand vous avez du mal à faire votre plein, c'est beaucoup." Euh donc ça dissuadait pas mal et malgré ça, il y a quand même eu pas mal de monde.
Et puis le temps euh c'est que c'est pas une donnée qui qui semble si sérieuse que ça mais le temps ça joue quand il fait froid qu'il pleut et que vous restez des heures dehors. Voilà, ça décourage pas les casseurs, ça décourage pas les gens qui ont l'intention d'avoir des violences, mais les manifestants qui sont sincères et qui veulent manifester dans le calme, ça n'aide pas. Donc, on avait quand même beaucoup de monde. Après, ce que l'on constate aujourd'hui, c'est que les lycéens, juste cette population-là, ils sont satisfaits sans être non plus extrêmement satisfaits. C'est qu'ils ont l'impression que les promesses qui ont été faites seront peu tenues ou peu tenables.
Euh, ils ont trouvé qu'on avait mis longtemps à les écouter. Il y a eu des petites vexations comme les histoires des influenceurs qui ont été reçus avant. Bon, ça l' ça voilà ce sentiment de pas être très très prise au sérieux de n'être pas. Et puis par ailleurs, il y a d'autres euh personnes qui s'expriment en disant "Ben voilà, euh le sujet des lycéens est un sujet, mais il y a plein d'autres plein d'autres problèmes en France. Le 5 novembre sera sans doute beaucoup plus suivi parce que plus rassurant. Mais le 31, il y a une petite un petit plus pour les jeunes, c'est Halloween. Voilà, comme disait. Ouais.
Donc s'il fait beau, Halloween, c'est un bon prétexte pour sachant que bah vous pouvez ça va donner des images qui sont sans doute plus amusantes avec des déguisements, des tas de choses de ce type-là. Ça permet aussi d'avoir le visage caché accessoirement parce que vous avez mis un masque pour vous déguiser. Enfin bref, il y a il y a plein d'éléments. Donc dire que ça va représenter plus que 1 % je ne sais pas parce que par essence les mouvements dans la rue tout le monde ne descend pas mais il y a une fatigue qui se ressent vraiment très fortement et en même temps l'envie que quelque chose se passe.
Alors votre regard Philippe de Sertienne est-ce que vous êtes surpris vous de voir une mobilisation j'ai envie de dire quasi intacte ? Je peux je peux je peux le dire dans les prévisions en tout cas. Non, je crois que derrière la question évidemment des manifestations du mouvement lycéen et des violences, il y a vraiment actuellement en France, comme d'ailleurs dans d'autres pays européens mais en France particulièrement sensible, une difficulté énorme de la population la plus fragile.
Je crois vraiment on doit avoir conscience que ce qui se passe par exemple du point de vue des carburants et de l'augmentation du coût de la vie, c'est quelque chose qui se répercute de façon très forte vers 10 11 millions de personnes qui sont aujourd'hui en situation précaire. Ce matin, je travaillais sur des questions de financement vraiment précises euh d'HLM, de euh d'habitation et on va dire de loyer et de recherche de solutions pour des logements qui seraient des logements sociaux. On a les retours du terrain, c'est-à-dire on est obligé d'accepter. On sait qu'un certain nombre de familles ne pourront pas payer. On a des défauts de plus en plus forts.
C'estd concrètement sur le terrain, on voit très très bien, on a les dossiers qui arrivent, on dit "Mais c'est impossible de faire face aux charges de la vie quotidienne avec le coût que représente cette vie quotidienne actuellement avec d'ailleurs la crise de logement qui est toujours là et toujours plus forte. Donc on est avec une situation qui est explosive dans la société française depuis longtemps.
Et là, c'est évident que lorsque vous avez maintenant des mouvements qui commencent à devenir des mouvements récurrents, vous avez une partie de cette population en difficulté, toute petite et je suis d'accord avec Guillaume Rocket quand il dit en pourcentage c'est très peu de gens mais en réalité quand on voit le malaise global et le nombre de gens touchés, on comprend que une toute petite partie ne veuille pas baisser pavillon si on peut dire. C'est-à-dire en disant les difficultés sont telles qu'on essaie d'exprimer quelque chose sachant très bien que les solutions il y en a pas.
Parce que oui, évidemment aujourd'hui le gouvernement d'abord ne passera pas son budget, que la France est en immense difficulté du point de vue de ses finances publiques et que on peut promettre tout ce qu'on veut. Aujourd'hui, on est dans une situation, il faudra vraiment réfléchir de façon structurelle à la manière dont le modèle français évolue. Parce que actuellement, les yaka faucon, les solutions de baguettes magiques, y compris celle que propose un certain nombre, voire même la totalité des politiques, on sait très bien que ces solutions-là ne seront pas au rendez-vous pour véritablement répondre à ce problème français. Malaisie.
Oui, à mon avis, c'est la grande différence avec des mouvements sociaux précédents comme les gilets jaunes où il y avait des des un des motifs réels de mécontentement comme aujourd'hui, mais de une responsabilité directe à l'époque du gouvernement avec la la mise en place de la taxe carbone avec le les 80 km/h. Emmanuel Macron a beaucoup de défauts mais c'est pas lui qui a déclenché la guerre en Iran. Donc ça n'est pas de sa faute si les prix du carburant augmentent. Et je pense que même de façon inconsciente, il y a une forme de sagesse chez les Français qui disent "OK, on peut pas rendre le gouvernement responsable de tout." Point 1.
Point 2, il y a une élection majeure dans moins de 6 mois. Donc notre mécontentement politique, on pourra l'exprimer à ce moment ou alors il y a un épuisement, une désespérance, un mal-être si fort que des gens qui n'arrivent même pas à sortir pour exprimer leur colère et qui se disent que de toute façon ça ne servira à rien. Je vous soumets aussi cette Oui, peut-être, peut-être mais néanmoins enfin quand vous c'est c'est vrai que les les la situation est tendue, mais la France c'est probablement le pays du monde où les où les amortisseurs sociaux sont les plus forts.
que il me semble que par rapport à à d'autres pays, ce la France n'est pas celui qui est dans la situation la plus dramatique d'un point de vue social. Dans un instant, c'est Jérôme Jaffrey qui va nous rejoindre. On va poursuivre la discussion avec lui. On va se demander si ce mouvement peut même prendre encore de de l'ampleur et de quelle manière. Mais question quand même pour vous Guillaume Chaz sur ce weekend redouté à nouveau. Euh vous l'avez dit vous-même, est-ce que euh les renseignements, les services de sécurité crennent des atteintes par exemple à des symboles comme on l'a vu dans les mairies, la mairie de de Limoge par exemple ?
à chaque fois les les forces de l'ordre seront déployées sur les sur les monuments qui sont assez symboliques. Et c'est pour ça que par exemple, je vous aborder tout à la question de la manifestation des gilets jaunes. Évidemment, elle ne passera pas par les Champslysées, par les lieux de pouvoir parce que là, il y aura forcément des mises en place de de sécurité et des sécurités qui seront élevées. Pour autant, on peut pas tout sécuriser, être tout le temps partout. On a vu que la journée du 24 avait été bien plus calme que celle du 17 octobre, par exemple, l'acte 1, comme on peut l'appeler maintenant, de ces manifestations là.
Mais il faudra il faudra rester quand même assez présent et vigilant sur sur ces lieux-là qui symbolisent le pouvoir. Et le dispositif de sécurité, est-ce qu'il lui aussi prend de l'ampleur au fil des semaines ? Parce qu'on a l'impression que les policiers commencent à fatiguer sérieusement quand même. Alors oui, les policiers fatiguent un peu mais en fait ils fatiguent un peu depuis quelques années déjà et ils nous le disent. On a connu les Jeux Olympiques, on a connu beaucoup de mouvements sociaux avant ça et évidemment ça fait beaucoup de sollicitations. Là dans sa directive envoyée hier, le directeur général a dit qu'il voulait 75 % des effectifs présents.
Donc ils ont fait même des rappels sur les congés. Donc oui, les policiers fatiguent et le leur mobilisation augmente un petit peu puisqu'ils étaient 60000 le 17 octobre, 70000 la semaine dernière et 70000 à nouveau ce weekend. Cette fatigue des policiers, on l'a entendu sur notre antenne, ces policiers qui tirent la sonnette d'alarme, notamment le secrétaire départemental d'alliance Bouge du Rô. Regardez. Nous sommes très inquiets. Le rythme est très très soutenu. On a des énormément de collègues blessés. Les policiers ont peur. Ils sont épuisés. Ils ont l'impression d'être lâchés. Ils ont l'impression d'être incompris.
Et quand vous faites une vacation de 17h, vous prenez des projectiles, des crachats, des insultes, il faut garder de la lucidité pour justement pas déborder. Donc notre inquiétude, c'est que physiquement euh mentalement les policiers finissent par lâcher. Voilà.
face à cette crainte croissante de weekend en weekend, ce mouvement intact, face à cette fatigue des autorités, en tout cas de certains de leurs représentants, on a entendu des voix notamment de la chambre de commerce d'industrie, du réseau des chambres de commerce qui disent "On réclame l'interdiction des manifestants." On entendait monsieur Picon sur ce plateau, il représente les entreprises de proximité dire "Oui, une pause, faites attention à nous, pensez à nous." Ça vous choquerait ?
Alors, il y a plein de limites juridiques, mais dans le fond de réclamer une interdiction, une pause de ces mouvements au nom de l'économie de ceux qui sont fatigués, je crois que vraiment on doit regarder les deux aspects, c'est-à-dire une société française qui dans une proportion vraiment négligeable est en très grande difficulté du fait de la situation économique et qui cherche à l'exprimer et donc en sachant d'ailleurs qu'elle aura probablement pas de conséquences, pas véritablement de réponse et que la situation ne s'améliorera pas et de l'autre côté le tissu économique qui souffre et qui va souffrir de plus en plus.
Et là, évidemment, on est avec quelque chose qui est extrêmement compliqué en disant comment on va pouvoir faire pour concilier, on va dire, ces deux parts de la société française en difficulté parce que oui, il n'y a aucun doute que ce qui se passe aujourd'hui et si on a des répétitions samedi après samedi, nous allons avoir des commerces, un très grand nombre de commerces qui vont être en difficulté. C'est-à-dire que vous mangez quasiment toute votre marge si vous avez 4 5 samedis, toute votre marge annuelle. Or, les commerces, on le sait, sont déjà en difficulté.
On a eu ça sur le gilets jaunes, très fort report sur le commerce en ligne mais dans un climat qui était beaucoup moins fragile que celui d'aujourd'hui. Donc là on a, on va dire des revendications qui sont des revendications à chaque fois que l'on peut comprendre. C'est-à-dire une partie de la population souffrante dit "Nous voulons exprimer quelque chose" et en France effectivement on a cette liberté de pouvoir le faire. Il faut évidemment s'en féliciter mais de l'autre côté incontestablement une fragilité de plus en plus grande du commerce et on ne parle pas des conséquences à long terme c'est-à-dire par exemple des diminutions assez fortes du tourisme ou d'un certain nombre de revenus.
Évidemment la croissance française n'a pas besoin de ça. Et bien on va dire c'est une équation insoluble. Et on voit bien qu'un gouvernement qui a pas de majorité l'espoir d'avoir une élection d'ici 6 mois qui apporterait des solutions, c'est finalement la pire des environnements par rapport à autant d'équations difficiles à résoudre. Et c'est le moment [raclement de gorge] pour nous d'accueillir Jérôme Jaffrey. Je vous en prie Jérôme, faites votre entrée sur ce plateau. Vous y êtes bien sûr le bienvenu politologue et chercheur associé au CVPOF. Jérôme, bonjour et merci d'avoir accepté l'invitation. Donc je ne vous fais pas attendre plus longtemps.
Cette mobilisation pour vous, elle peut encore prendre de l'ampleur. On regarde devant nous, on sait qu'il y a samedi mais il y a le 5 novembre. Je vous je vous soumets juste ce que disait Alin Bower sur mon plateau il y a 2 jours. Pour lui, il est très net que la journée à Oris, c'est le 5 novembre. Il nous explique pourquoi. Regardez. à gouvernement toujours peur d'un mouvement social de jeunes et pas seulement depuis cette semaine. C'était le cas en 68, c'est un mouvement étudiant, c'était le cas en 86, c'est un mouvement lycéen étudiant. Là, c'est un mouvement collégien lycéen étudiant. Mais toutes les autres catégories sociales vont se retrouver le 5 novembre.
Je pense que le gouvernement a peur du 5 novembre. Il a raison. Redouté est redoutable ce 5 novembre si on devant nous. Alors, c'est évidemment un enjeu très important parce que la rentrée des classes a lieu lundi 2 novembre. C'est par hasard si le rendez-vous des syndicats a été fixé au 5 novembre, ça permet effectivement la jonction des manifestations entre les manifestations sociales et les manifestations lycéennes. Ça c'est un point important. Maintenant, Sophie Binel, la secrétaire générale de la CGT, a à la fois fait monter laattention et pris un risque car elle a exprimé le souhait et même le mot d'ordre pour le 5 novembre de la grève généralisée. Il faut généraliser la grève.
Elle n'a pas employé l'expression de grève générale, mais je note que les médias qui aiment bien simplifier, parfois, pas chez vous bien sûr, mais les aiment bien simplifier sont passés de la grève généralisée à la grève générale. Euh, il est évident que si ce mot d'ordre de grève est assez peu suivi, en définitive le 5 novembre, ça n'aidera pas beaucoup le mouvement à prospérer. Si en revanche on a une grve significative, les transports sont évidemment le point le plus important quand vous appelez à la grève. Ce sera quelque chose donc à considérer. Maintenant, il y a dans le mouvement qui a lieu et Guillaume Roquet l'a souligné il y a un instant, l'imbation avec l'élection présidentielle.
C'est évident que l'état de tension du pays, car en tout état de cause, on parle de colère, on parle et cetera, il y a de toute façon un état de tension. Cet état de tension s'explique par l'élection présidentielle. Il s'explique en large partie par la campagne présidentielle et pas seulement par les sujets de mécontentement dont on sait qu'en France ils sont toujours innombrables. Rochefort à la fin du second empire disait qu'il y avait en France 40 millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement. Donc on voit bien que c'est une longue histoire de notre pays sur ce sujet.
Il y a le sentiment à la fois, Philippe Deine le disait, que l'élection présidentielle pour une fois, alors que c'est son rôle sous la 5e République voulu par le général de Gaulle, voulu dans les institutions, c'est à la fois de donner un élan au pays, une légitimité au président et une force pour agir. L'inquiétude, c'est que l'élection présidentielle n'arrange rien, ne règle rien et pire pourrait même empirer. C'est pire pour empirer, c'est excessif mais on voit bien pourrait empirer la situation du pays. Il y a une crainte pour beaucoup des manifestants, ce sont des manifestants des villes, des manifestants jeunes, des manifestants des syndicats.
Il y a la crainte de la victoire de Madame Le Pen dans tous ces manifest chez tous ces manifestants et qui donc ont le sentiment que les partis politiques ne joue pas leur rôle et ne sont pas efficaces face pour faire barrage aujourd'hui à Madame Le Pen et en descendant manifesté beaucoup estiment qu'il joue un rôle dans ce sens et évidemment là c'est les villes c'est les métropoles qui sont en avant euh mais ça si cette dernière interprétation est juste, ça veut dire que l'état de tension que je viens de décrire, il est là jusqu'au 2 mai minimum minimum et donc l'élection se jouerait dans les dans la rue plutôt que dans les vies.
Alors en tout cas, il est pas sûr que est-ce que je vais continuer pour le risque, c'est il n'est pas sûr que l'élection mette fin à l'état de tension. Et donc à ce côté à vous avez un jeu maintenant de démocratie dans la rue dans démocratie de manifestation par rapport à la démocratie politique et électorale classique et que les deux cheminent ensemble vers l'élection présidentielle dans une situation extrêmement difficile et nouvelle car je n'ai jamais connu une présidentielle. Ça va être la 12e élection présidentielle depuis la mise en place par le général de Gaulle. Certaines je ne les ai pas suivies moi-même mais je les ai appris dans les livres d'histoire et j'en ai connu beaucoup.
C'est la première fois qu'on a cette situation. D'habitude euh précisément vous le disiez les uns et les autres, c'est à la présidentielle que se règle les problèmes du pays et les électeurs considèrent que à ce moment-là, s'ils ont des souhaits, des attentes, des espérances, c'est le vote à la présidentielle qui règle le probl. Il y a de mots qu'on entend beaucoup ces dernières heures, c'est trop tard. Euh trop tard pour euh faire revenir la crise dans son lit. Euh trop tard la réaction du gouvernement. D'ailleurs, trop tard, c'est ce qu'a reconnu le ministre de l'éducation sur ce plateau ce matin. Oui, nous avons réagi. J'ai réagi trop tard. Le mec coule pas du ministre de l'éducation.
Regardez, euh quand vous êtes en responsabilité, vous prenez un moment les décisions qui vous semblent justes et vous vous dites à postériori, j'aurais peut-être dû faire différemment. Vous dites aujourd'hui, j'aurais dû faire. J'aurais on aurait sûrement dû être plus rapide. Moi, je pas je partage l'opinion du président. Trop tard, trop tard pour calmer la colère. Véronique Rout. Oui, après c'était je voulais rebondir sur l'expression de est-ce que l'élection va se faire dans la rue ? Elle va c'est plutôt la rue qui va influencer la réalité bien au-delà des sondages. Et sur le trop tard ? Et sur le trop tard, oui, trop tard. Beaucoup trop tard.
Beaucoup trop tard parce que d'abord euh ce qui arrive quand ça arrive tard, il faut que ce soit marquant et que ça ne l'est pas. Euh et trop tard parce que l'une des raisons pour lesquelles les gens sont dans la rue, certes le français aime bien aller, mais c'est surtout euh ce sentiment de mépris de ne pas être écouter qui participait grandement à la mobilisation. Donc plus vous traînez, plus ça cautionne le fait que il faut descendre dans la rue.
Ça explique d'ailleurs pourquoi le mouvement là euh il est annoncé pour encore relativement fort ce weekend parce que ils se disent "Ben, puisque quand on tape fort et qu'on fait du bruit, on finit par nous écouter, nous allons continuer à taper fort et à nous écouter." Même si on voit quand même dans les messages que il y a une petite partie des lycéens qui disent "Bon, [raclement de gorge] on obtiendra sans doute pas beaucoup plus et moi j'ai le bac à la fin de l'année et moi j'aimerais bien que le blocus s'arrête". On sent quand même une fissure dans la réalité de la mobilisation. Bon, trop tard, c'est une fatalité ou il y a encore des des raisons de se dire que on peut apaiser ?
Je pense que c'est une fatalité parce que même si ce mouvement social est protéiforme, il y en a quand même toute une partie dont le sous-jacent est la peur d'une arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. Or, ça c'est une réalité politique structurante de notre vie publique. Elle est elle est à 35 % d'intention de vote au premier tour. Je parle sous le contrôle de Jérome Jaffrey mais moi j'ai pas vu beaucoup de responsables politiques avoir des sondages pareils à à telle ééchéance de l'élection.
Et donc de toute façon, je je voudrais dire ça pour rassurer le ministre de l'éducation nationale, même s'il avait euh supprimé parcours sup euh offert le le bac à tout le monde sur TikTok, ça n'aurait pas suffi parce que il y a quand même des sous-jacents euh de gauche radical derrière ce mouvement dont l'objectif et et est de bordéliser si vous me permettez l'expression. Moi, j'aime bien cette ce résumé un peu lapidaire de Jérôme Fourquet qui dit euh "Aujourd'hui, il y a le parti de l'ordre et le parti de la rue et c'est quasiment ces deux éléments-là qui qui sont qui sont dominants et qui ne donnent plus de place aux autres." Je vous vois déjà réagir.
On en revient, on y revient dans dans quelques instants encore un petit peu de temps, mais parmi les moteurs de la crise, il y a également la vie chère. Il y a aussi les carburants, les prix de l'essence et cette information qui ne va pas du tout calmer le jeu. C'est total. le géant pétrolier qui enregistre un profit trimestriel record alors que en France, je le disais en début d'émission, le gazol dépasse désormais les 2,35 € le litre à la pompe. Est-ce un élément supplémentaire dans cette poudrière de la colère ? Et puis c'est pas non plus cette déclaration de Roland l'Escure, le ministre de l'économie qui va calmer le jeu, c'était dans l'hémicycle hier.
Regardez, la raison essentielle pour laquelle les prix du pétrole en France sont plus élevés qu'ailleurs, c'est qu'on taxe plus qu'ailleurs. Moi, c'est pas une taxe qui m'empêche de dormir. Je sais que ça n'empêche d'endormir d'autres, mais moi ça ne m'empêche pas de dormir. Le RN notamment n'a pas manqué de s'en saisir et très très rapidement, on vous parle aussi dans cette émission de cette France championne d'Europe des prélèvements obligatoires. Oui, on renoue avec ce titre au passage également. On va l'analyser ensemble. Allez, à tout de suite.
[musique]
Vous êtes toujours devant le grand dossier avec toujours cette question, cet enjeu carburant vicher. La France sur un volcan. On en parle avec mes invités. C'est l'heure de l'essentiel de l'actualité sur LCI. L'ommobile raciste de l'attaque de trappe de vendredi dernier se confirme. Le suspect a reconnu avoir spécifiquement visé des personnes de type musulman, africain, nord-africain, car Trap, je cite, est un repère d'islamistes. C'est ce que vient de révéler le procureur de la République antiterroriste.
30 autocollants [musique] avec écrit "Vive la France" et Ren fiè d'être français que le suspect assure avoir conçu lui-même ont par ailleurs été retrouvés à son domicile ainsi que des bonbonnes de gaz, des branchements à minuteur et plusieurs armes. de tireur et mise en examen.
[musique]
Collision de train en Espagne. Le roi Philippe et la reine Latitia se sont rendu au chevé des blessés à Toled. Les recherches se poursuivent pour trouver des riscapés au lendemain de l'accident qui a fait pour le moment 69 morts dans cette région Casti la manche. Les autorités françaises sont par ailleurs sans nouvell de plusieurs ressortissants. Terrible attaque en Ukraine également aujourd'hui. Une frappe de drone rus, ça fait au moins 14 morts à la gare de Nipro dans le centre-est du pays. Volimir Zelenski a appelé les occidentaux à réagir tandis qu'Emmanuel Macron condamne les frappes visant des civils. [musique] Voilà pour l'essentiel de l'actualité.
Reprenons le fil de ce de ce grand dossier carburant Vichè. La France sur un volcan pour en parler. Ravi toujours d'être avec Philippe de Certine, avec Jérôme Jaffrey. Donc merci beaucoup. Merci à Véronique Reisult, merci beaucoup à Guillaume Rockêre d'être avec moi. Alors comme à chaque trimestre désormais, les bénéfices stratosphérique de total, on parle maintenant de 8,3 milliards de dollars entre juillet et septembre crée la polémique et bien plus encore. Mais dans le contexte, voilà qui peut être particulièrement un accélérateur de colère, de tension.
Euh on va en débattre mais d'abord je demande à Philippe de Sertine s'il veut bien m'accompagner pour expliquer à nos [raclement de gorge] téléspectateurs les ressorts de cette information. Philippe de Certine, c'est un chiffre record, donc je le disais qui fait la une. Bénéfice de 1 de 8,3 milliards de dollars pour total au 3e trimestre, c'est plus accrochez-vous 124 % en 1 an plus qu'au 1er et au 2è trimestre de cette année. Comment Philippe de Certine, explique-t-on comment Total explique ce profit en période de crise ? La crise du pétrole, la crise sur les produits pétroliers fait la fortune de toute l'industrie du pétrole, celle qui peut fonctionner.
Et Total est un groupe mondial qui profite de cette crise, ça fait aucun doute. C'est-à-dire, il est évident que ce qui se passe aujourd'hui, les systèmes de pénurie et l'intervention de Total absolument à tous les endroits de la chaîne fait que Total fait des bénéfices qu'il n'a jamais fait auparavant. Donc, on est bien là dans la crise qui profite à un groupe d'un point de vue mondial. Je crois que ce qui est très important pour nos téléspectateurs, c'est comprendre évidemment que ces 8,3 milliards de dollars ne sont pas faits sur l'OD des Français, on va dire exclusivement et et je dirais très très loin.
C'est toutes les activités du groupe qui lui permettent dans le monde, y compris le raffinage, mais pas uniquement, l'extraction, le trading, ce qu'on appelle, c'est-à-dire les échanges, les achats, les ventes qui lui permettent de lever un bénéfice parce que tous les marchés sont en tension. Tout le monde aujourd'hui cherche du pétrole, cherche du gazol et prêt à payer de plus en plus cher puisque on est dans un système de pédurie. Euh cette pénéurie provenant de la guerre. Ces profits records contrastent forcément avec la très forte chute de la consommation des carburants constaté ces dernières semaines.
On parle de - 40 %, c'est le chiffre donné par le patron du groupe coopératif U Dominique Schelcher. Les autres distributeurs confirment d'ailleurs cette tendance. C'est un effondrement qui résume à lui seul les conséquences pour les Français de ces prix de l'essence et et quel peut-être l'impact économique d'une telle situation. Donc là effectivement quand on l'évoque - 40 % pour U, c'est pas pour la totalité. Euh il y a d'ailleurs une partie significative qui se reporte sur les stations Total parce que Total a des prix bloqués et donc évidemment une grande partie de consommateurs font la queue aux stations totales pour bénéficier de ce prix-là.
Mais ce qu'il est ce qui est certain, c'est que ce qu'on évoque, c'est un ralentissement global de la croissance économique très fort du fait de cette crise. Et l'une des raisons est notamment le fait que finalement un grand nombre de citoyens, d'acteurs économiques ne peuvent pas circuler parce qu'ils n'ont plus les moyens de faire le plein. C'est aussi simple que cela où quand ils ont un plein, ils le réservent.
D'ailleurs, entre parenthèses, souvent on ne fait plus un plein, c'est-à-dire on essaie de mettre un peu d'essence pour essayer juste de satisfaire ses besoins quotidien de déplacement pour amener les enfants à la crèche ou pour se rendre à son travail, mais on n plus les moyens de faire le plein total tellement ça grève le budget. Donc il y a des conséquences extrêmement lourdes. On espérait au début de cette crise et ça nous semble tellement loin au mois de mars que ça durait un mois, 2 mois, là maintenant nous sommes à plus de 6 mois, 8 mois, on ne voit pas quand le pétrole va baisser, voire même sur les marchés internationaux.
il monte et donc vous avez un certain nombre de mesures qui sont prises, par exemple relâcher des stocks stratégiques mais on sait très bien que malheureusement ce ne sera que temporaire. Ça va donner le sentiment d'une petite amélioration, mais ensuite si les prix continuent de monter, c'est-à-dire si la tension au golf reste ce qu'elle est, les blocages reste que ce qu'ils sont, les conséquences vont être de plus en plus graves pour l'économie française. Très clair. Merci beaucoup Philippe de Certine. Jérôme Jaffrey, est-ce que ces chiffres de total en eux-même sont un accélérateur de de crise va encourager potentiellement même des gens à descendre dans la rue ?
Je le dis parce que on a vu sur les réseaux sociaux quelques messages de personnes qui ont dit "Ah bon, très bien, total. Alors rendez-vous samedi dans la rue. Écoutez, nous verrons sur ce plan. Ce qui est clair dans ce que vous venez de dire, monsieur Deine. Ça traduit bien l'aggravation des problèmes des Français et ça c'est très marquant, très net. Euh vous avez des Français qui ne peuvent plus faire le plein euh et qui effectivement prennent 10 L ou 15 L et essayent de s'en contenter pour la semaine. C'est quand même le signe d'un appauvrissement net du pays. Ça c'est un point marquant. Souvenons-nous que l'affaire des gilets jaunes, c'est une affaire liée au carburant.
Alors, je sais bien euh et Guillaume Rocket le soulignait il y a un instant, on ne peut pas faire porter tous les péchés du monde à Emmanuel Macron. Je pense d'ailleurs qu'il est pas loin de la fin de son mandat pour que vous manifestiez une telle indulgence. Mais c'est nous nous aviserons. En tout cas, les gilets jaunes, c'est lié au carburant et c'est par hasard donc si on libère des stocks stratégiques actuellement pour éviter la coagulation de toutes les colères et que en tout cas il y ait pas suffisamment de que le sentiment existe qu'on fait quelque chose sur le dossier des carburants.
sur le la somme de total, on peut donner toutes les explications du monde pour expliquer que c'est pas en France qui font leur bénéfices énormes et que d'ailleurs ils sont formidables en France parce qu'ils bloquent le prix du litre d'essence. Ce qui leur permet d'ailleurs de capter la clientèle de toutes les petites stations au passage. Inégalité complète de concurrence accessoirement, ça n'est pas rien. Mais le sentiment du coup d'enrichissement qui est lié à la crise est aussi un moteur de la colère, de l'inquiétude. Madame Rout le soulligne dans les messages qu'elle peut voir.
On a euh tous ces éléments qui alors je parlais de tension par rapport à la présidentielle là nous sommes dans une difficulté de vivre des Français et le sentiment que les problèmes du pays sont si profonds d'abord qu'il ne trouve pas de solution. euh on ne voit pas où sont les solutions, que la présidentielle ne sera pas forcément et même probablement pas une solution à ces problèmes et que la vie des Français devient de plus en plus difficile.
Donc là, nous sommes dans quelque chose que je dois dire on n'a pas connu pratiquement depuis l'après-gerre comme situation parce qu'après-guerre, le pays s'est relancé dans un gigantesque effort de reconstruction et de volonté de sortir de cette période avec une croissance de moyenne de 5 % par an. H euh donc on est tout à fait c'est c'est on peut pas comparer la situation et donc c'est effectivement une crise profonde des Français qu'ils subissent sans considérer pour autant que il faut tout casser. Ça c'est possible c'est condamner les sacages, les pillages, les casseurs. Ça c'est largement et massivement partagé mais les problèmes gigantesques des Français, ils sont là.
Alors, puisque vous étiez cité Véronique Rou par Jérôme Jaffrey, moi j'entendais la porte-parole du gouvernement ce matin qui disait "On a de la chance d'avoir un grand major pétrolier dans une crise telle que celle-là et notamment pour palier des risques d'approvisionnement. Il y a ceux qui disent faut dire merci total parce que ils plafonnent attention, il ne faudrait pas les faire fuir." Mais comment c'est perçu par les Français ? Est-ce qu'on a dans l'excès en estimant que potentiellement c'est un carburant de colère que c'est jugé comme étant de l'indu sens ? En fait, il y a une différence entre la perception et la réalité.
Percevoir que son pays va mal, percevoir qu'il y a des problèmes sur le système de santé. Percevoir voilà, vous avez des éléments concrets, mais c'est une perception diffuse quand vous faites votre plein d'essence. C'est une réalité. Donc après, on peut vous expliquer que ils sont quand même très gentils, qu'ils font des efforts, que oui, il gagnent de l'argent mais que cet argent est mérité, que ils en redistribuent une partie puisque ils bloquent leur prix. En fait, la réalité pour les Français c'est bah voilà, moi je peux pas faire mon plein d'essence. C'est pas une perception, c'est quelque chose que je vis tous les jours.
Vous constatez sur les réseaux avec vos capteurs à vous que ça suscite une immédiatement. C'est érupti. En fait, c'est non seulement érupti, mais c'est épuisant pour les gens parce qu'en fait, ils font des petits calculs tout le temps et et ils ont l'impression que rien ne change. Donc oui, ils ont bien conscience que c'est pas total tout seul, mais il faut bien qu'il y ait un bouquet missaire, faut bien qu'il y ait quelqu'un qui porte une forme de responsabilité. Et donc comme ben les riches sont souvent montrés comme ne faisant pas autant d'efforts que eux, et bien vous pouvez compter les choses, vous pouvez les décrire de la façon la plus rationnelle qui soit.
C'est quelque chose qui est insupportable pour les gens. Et euh quand on leur dit bah c'est pas la faute du gouvernement parce que c'est la guerre euh ils disent "Bah oui mais les taxes euh vous pourriez faire un effort et baisser les taxes." Quand on leur dit "Oui, mais les taxes c'est plus compliqué que ça." Et je vous passe la petite phrase dont nous parlerons peut-être mais euh tout ça fait que en fait le rationnel ne passe pas quand vous êtes en train de souffrir et que vous avez l'impression que vous êtes arrivé au bout. Bium roquet. Moi, j'ai le sentiment qu'il y a deux perceptions presque exclusives l'une de l'autre de la situation de Totale.
Il y a d'abord la la vision politico-économique qui en gros est celle de la gauche consistant à dire il y a des super profits, donc Total sont des profiteurs et il faut leur mettre un impôt exceptionnel. Et puis il y a les il y a les automobilistes. Moi j'ai eu le bonheur de prendre quelques jours de vacances, je me suis pas mal promené en France. Les stations totales, c'est pas compliqué. Vous avez deux cas de figure. Ou bien il y a la queue 2 3 4 5 véhicules qui attendent ou bien il y a personne dans la station parce qu'elle est à sec. Parce que total à bou avoir tous les défauts du monde, c'est le seul, je crois que ça représente un/3 à peu près du parc total de de station service.
C'est le seul à avoir bloqué le prix de de l'essence à 1,99 € et le prix du diesel à 2,25 €. Donc les automobilistes, ils votent pas avec leurs pieds mais avec leur volant. Donc je pense que même s'ils trouvent que Total gagne quand même beaucoup d'argent, il ils sont contents que Total existe parce qu'encore une fois pour leur pouvoir d'achat qui leur priorité numéro 1, Total c'est un moindre mal. Et lui il est dans sa voiture justement, c'est Pierre Chastay. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes délégué général de 40 millions d'automobilistes et vous êtes auteur du livre Balance ton plein. Quel est le prix de la vie d'un français ?
On est au cœur du sujet avec vous et au même au cœur de la situation. J'ai même l'impression que c'est une station de service que j'aperçois derrière vous mais là je je suis peut-être un peu en train d'extrapoler. Euh oui, voilà. Euh bon, ça aurait été pas mal [rires] quand même d'avoir le cadre derrière. Bon, merci d'être avec nous, Pierre Chaser. Est-ce que ces bénéfices vous choquent ? Euh en somme, faut-il pour vous remercier Total ou réclamer plus à Total ?
C'est compliqué parce que aujourd'hui bien sûr pour les automobilistes évidemment total et l'annonce des multiples bénéfices qui sont réalisés, c'est toujours complexe quand vous êtes automobiliste et que vous êtes face à des prix indécs. Mais il faut pas occulter [raclement de gorge] que ce qui se passe actuellement est très clair. Ce qui fait que les prix sont indécents c'est une part de fiscalité qui est totalement délirante à poser sur les carburants.
fiscalité qui a d'ailleurs été reconnue par notre ministre de l'économie et des finances avec beaucoup de cynisme, un cynisme d'ailleurs que j'attribue plus à une insulte des Français où il a pour sa part déclaré que il trouvait que les taxes sur le carburant, ça l'empêchait pas de dormir. Il les trouvait somme tout assez justifié.
Quand on entend un tel niveau de cynisme de la part de celui qui aujourd'hui est en train d'asphyxier toute l'économie française, je pense que les Français, contrairement à ce qu'on pense, hein, on en fait un débat médiatique de Total, mais les Français ont très bien compris que chez Total, OK, c'était cher, mais pour l'instant, c'était chez Total et je rejoins je vous rejoins monsieur Requette, c'est chez Total que les automobilistes trouvent aujourd'hui leur salut pour être moins braqué à la station service que dans les autres pour une raison évidente hein. Bien sûr que Total essaie de passer à travers une taxe éventuelle du gouvernement sur les super profits. C'est une évidence.
Mais quoi- qu'il arrive aujourd'hui, je veux bien, j'ai tout entendu sur Total. Profiteur de crise, profiteur de guerre. Ouis. Enfin, le le gros profiteur de guerre et le gros profiteur de crise aujourd'hui, c'est un gouvernement qui ne sait pas gérer son budget, qui plombe l'économie nationale et qui asphyxie tous les Français aujourd'hui qui ont besoin de faire le plein pour ben pour vivre tout simplement. Bah ce sont des mux forts quand même. Gouvernement profiteur profiteur de guerre. Pierre Chaser gouvernement profiteur de guerre. Enfin non, c'est [raclement de gorge] pas ce ne sont pas des mots forts.
En fait, je me heurte à une réalité fondamentale, c'est qu'aujourd'hui l'économie nationale, chaque jour qui passe, nous creusons notre dette. C'est-à-dire que nous avons à la tête du ministère de l'économie quelqu'un qui ne sait pas gérer l'économie nationale. Ça c'est un fait. On peut pas me dire le contraire. On peut m'expliquer que c'est pas le premier que les autres avant n'ont pas fait beaucoup mieux. Je vous rejoindrai aussi hein, quels que soient les partis politiques confondus. En tout cas, la réalité, elle est là, elle est dure et elle est malheureusement parfaitement objective.
Nous avons à la tête de l'État des gens qui ne savent pas gérer notre impôt et nous sommes [raclement de gorge] pour tout en France le pays le plus taxé. Alors, on va revenir. C'est parfait parce que vous nous faites le menu de de l'émission en même temps, Pierre Chaser, on va revenir effectivement sur notre podium. On est en tête pour les prélèvements obligatoires, ça va pas réjouir tout le monde. Mais il y a Guillaume Reoquet qui voulait, je crois, vous poser une question ou en tout cas intervenir. Oui, parce que vous dites l'État profite de cette crise mais en fait les chiffres vous démentent parce que les taxes sur le sur le carburant, c'est essentiellement des taxes au volume.
C'estàd qu'elles sont fixes quel que soit le prix. Et comme avec l'augmentation des tarifs, les Français consomment moins d'essence, d'ailleurs, ce sont les chiffres qui sont donnés régulièrement par le gouvernement. Les recettes fiscales n'augmentent pas vraiment. Alors monsieur Rocket, vous avez tout à fait raison sur un point. Effectivement, le gouvernement est en train de perdre de l'argent par rapport à ses prévisions sur les taxes carburant. Ben tout simplement parce qu'il taxe trop. C'est la formule d'Arthur Laffire, le fameux économiste américain. Vous savez, trop d'impôts, tu l'impôts. En revanche, non, les taxes sur le carburant ne sont pas fixes puisque la TVA est un pourcentage.
Et à l'État, tu es Non, pas l'État. J'aime pas dire l'État parce que l'État en fait c'est c'est nous. Non non, je le gouvernement le gouvernement communique en disant "Nous n'avons pas augmenté les taxes en 2026." Ça par contre c'est un mensonge et honté. En fait la réalité c'est qu'en 2026 l'État a ajouté 15 centimes de plus par litre sur les prix du carburant. Ça s'appelle les certificats d'économie d'énergie. Et je pense qu'à un moment, il faut juste dire les réalités objectives. Ce que les Français payent. Donc oui, sur 2 € il y a 1,17 € de taxes.
Oui, c'est en France que l'on impose le plus de fiscalité sur les carburants par rapport au salaires et j'insiste bien par rapport aux revenus à l'échelle européenne. Et oui, c'est en France qu'on taxe le plus. Et oui, c'est en France qu'on est à la limite de la récession. On perd en PIB, on perd en croissance. Et vous savez ça c'est des mots qui sont très abstraits qu'on PIB croissance pour beaucoup on les emploie sans savoir véritablement quels sont les indicateurs de la croissance d'un pays. La croissance et le PIB ne reposent que sur la consommation.
Alors je voudrais revenir puisque vous l'avez évoqué d'ailleurs par vous-même euh les propos de Roland Lcur le ministre de l'économie qui raisonne encore si fort aujourd'hui. On va les réécouter pour nos téléspectateurs qui nous rejoindraient quand il dit qu'effectivement les taxes ne l'empêchent pas de dormir plus que ça. Regardez. Ben quand vous dites les prix du pétrole sont trop trop élevés en France, la raison essentielle pour laquelle les prix du pétrole en France sont plus élevés qu'ailleurs, c'est qu'on taxe plus qu'ailleurs. Moi, c'est pas une taxe qui m'empêche de dormir. Je sais que ça n'empêche d'endormir d'autres, mais moi ça ne m'empêche pas de dormir.
Ça permet de financer plein d'infrastructure. C'est très bien. Pierre Chaser Sauer de ma part, vous dites "Ce ministre là doit partir après une telle déclaration, c'est ça Ah non, pas partir. Non non, partir c'est beaucoup trop d'honneur. Non non, il doit être licencié parce que c'est une faute professionnelle terrible de d'être à la tête du ministère de l'économie et des finances, de n'avoir aucun résultat et en plus d'arriver à la tribune de l'Assemblée nationale pour en plus insulter et mépriser les Français. Non non, je lui demande surtout pas de partir.
Je demande à Sébastien Lecnu de prendre toutes ses dispositions pour faire en sorte de se séparer de quelqu'un qui aujourd'hui est en situation d'échec total. Et là, c'est pas du tout politique, hein, ce que je dis, hein. Moi, vous savez, j'ai pas de positionnement politique ni à gauche ni à droite. Euh là, c'est purement factuel. Nous avons un ministre aujourd'hui qui n'est pas en capacité d'obtenir des résultats et qui se réjouit de plomber l'économie. Je reviens dessus. Depuis le mois d'avril, nous avons actuellement perdu énormément de points de croissance. À la fin de l'année, nous aurons peut-être perdu un point de croissance.
Un point de croissance pour que les Français comprennent bien, c'est 30 milliards. Voilà ce que la France aura perdu à la fin de l'année à ne pas baisser la taxe sur les tax sur les carburants. C'est effarant. Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'être avec nous une nouvelle fois. Donc faites attention sur la route hein puisque vous allez reprendre le volant. On se retrouve une prochaine fois. J'en doute pas, je pense qu'on a encore pas mal de choses à se raconter. Je me tourne vers vous euh Philippe Deert euh monsieur l'économiste, quand vous entendez le ministre de l'économie tenir ces propos-là, est-ce que vous êtes aussi dur que l'a été monsieur chasser à l'instant ?
Ben, je serais pas politique, mais en revanche, je considère que peut-être c'était politiquement pas complètement opportun période. Et là, pour le coup, d'ailleurs hein, ça nous remet sur la question des taxes de total, de la taxe des super profits. On a vu dans votre graphique, je dirais l'impact que ont les pétroliers de ce point de vue. Euh je crois que si on revient sur la problématique psychologique des surtaxes euh de super profit que l'on pourrait envisager, ça doit être envisagé d'un point de vue international.
l'Europe a commencé à y penser les Allemands d'ailleurs en premier lieu, c'est-à-dire on n'est pas en fait dans un énorme impact pour ni les finances publiques ni même pour le prix à la pompe, mais juste dire "Ah bah comme il y a effectivement une activité qui profite de cette situation, on la taxe de façon exceptionnelle." Si d'un point de vue international cela est décidé, probablement que ce serait quelque chose qui du point de vue politique pourrait se comprendre. Mais en en revanche, ce que l'on évoque, c'est-à-dire le poids des taxes. Et là, effectivement, vous avez une partie fixe, mais vous avez une partie de TVA.
Donc la TVA, ça veut dire que plus le prix augmente, plus elle est élevée. On a bien sûr une augmentation de la TVA, mais de l'autre côté et là c'est vrai aussi, la réduction que cela implique dans l'activité et dans la consommation fait que le gain que vous avez d'un côté, vous le perdez de l'autre. Donc là, on a vraiment évidemment la question de l'équilibre fiscal français. Quand je dis équilibre, on peut dire même déséquilibre chronique fiscal qui se pose.
Et on voit bien que autant on avait essayé mais on l'a fait au moment je dirais post Covid quand on a eu la première augmentation des carburants et surtout au moment de la guerre en Ukraine, la France avait mis en place un bouclier qui était en réalité donc le fait que pour les finances publiques, il y avait une prise en charge de des de l'augmentation pour essayer de la rendre plus faible du point de vue du consommateur. Concrètement, c'est financé par la dette. puisqu'on n'a pas de ressources en face, ça veut dire qu'on augmente la dette pour je dirais justifier cet élément-là.
On voit bien que maintenant on peut plus faire, que les taux d'intérêt sont tellement forts pour la France, on va dire la France est vraiment considérée comme une dette parmi les grands pays les plus dangereuse. Il y avait que le Brésil qui était vraiment au-dessus de nous et le Brésil est en train de baisser à toute vitesse. Donc on est vraiment considéré, on est numéro 2 juste derrière le Brésil quand vous regardez un indicateur très précis technique d'un point de vue financière qui s'appelle le CDS, le sur le CDS le Brésil est plus cher et nous on est juste après. Et ensuite vous avez l'Italie mais qui est loin de nous.
Donc on est aujourd'hui dans une situation où l'endettement coûte de plus en plus cher, de plus en plus dangereux. Donc on a zéro marge de manœuvre puisqu'on ne sait pas faire d'économie par ailleurs qui pourrait compenser par exemple le fait qu'on accepte une baisse de fiscalité sur l'essence ou sur le fioule. H sur Rom euh d'un mot sur Roland l'escur et son propos. Je pense que au prix du bêtisier politique de l'année, c'est une promesse de victoire assez assez grande. Ce qui m'effrait en plus, c'est qu'il a été fortement question de nommer Roland l'escur premier ministre il y a 2 ans.
Et quand on voit le talent politique qu'il exprime, on est absolument impressionné de penser qu'il a il aurait pu exercer la fonction de premier ministre. Là, c'est quelque chose. L'autre élément important dans tout le procès qui est fait et que notre spécialiste automobile mena, on voit bien que ça signifie que tous ceux qui ont gouverné des 20 dernières années, les Français ne veulent plus en entendre parler aujourd'hui. Et c'est leur problème pour l'élection présidentielle. C'est l'extraordinaire difficulté de mener campagne pour ceux qui ont participé au gouvernement. Et c'est évidemment du coup tout bénéfice pour les oppositions radicales.
Mélenchant à être certes était ministre il y a cela à 26 ans euh mais simplement ministre délégué à l'enseignement professionnel. Donc la France assouise peut être considérée comme n'ayant jamais exercé le pouvoir. Le Rassemblement national n'a jamais exercé le pouvoir. Et il est évident que ça les place dans une position extrêmement forte où les Français ne raisonnent pas sur qui peut régler nos problèmes, mais qui a à qui peut-on faire payer la situation dans laquelle le pays est désormais.
les les causes perdues étant les plus belles, je vais essayer de défendre Roland l'Escure ou en tout cas essayer d'expliquer pourquoi une telle phrase a pu sortir de sa tête de dans la la doctrine économique macronienne, c'est de dire ce qu'il faut c'est éviter à tout prix d'augmenter les charges sur les entreprises et sur les salaires. Toutes les autres revenus de l'État sont préférables.
Et donc je pense que pour Roland l'escur d'ailleurs c'est le début de sa phrase, il dit "Ces taxes nous permettent de financer les infrastructures." Pour lui, c'est c'est moins pire d'avoir une taxe sur la consommation, même si c'est il y a aussi des professionnels qui la subissent parce qu'ils utilise le carburant, que devoir augmenter des des ressources par ailleurs. Je pense que c'est ça qui peut peut-être peut expliquer ça. Et vous trouvez la phrase habile pour conclure votre propos. Ah non, je je veux bien être dévoué mais pas suicidaire. Alors dans un instant, on continue d'en parler mais quelle marge de manœuvre pour ce gouvernement.
Très peu, on l'a compris mais la France par ailleurs retrouve un statut très peu envier. de championne d'Europe des prélèvements obligatoires. Alors dans ce contexte, autre interrogation, pourquoi avec autant d'impôts, un tel sentiment de décrochage des institutions, de la compétitivité du pays ? On en reparle dans un instant. À tout de suite.
[musique]
On se retrouve dans le grand dossier. La France est de retour sur un podium sur la plus haute marche. Oui. Celui des prélèvements obligatoires en Europe. En tout cas, on est les champions. Alors, faut-il se dire pour autant tout ça pour ça, on est champion mais rien ne va ou en tout cas ça ne s'arrange pas dans notre pays. Et par ailleurs, va-t-il falloir se dire que les impôts, on va encore les augmenter ? Oui, certains, notamment [musique] François l'anglais nous l'ont dit, préparez-vous un nouveau coup de massieur. On en on va en parler ensemble avec mes invités que je resalue, Véronique Rout, Guillaume Roquet, Jérôme Jaffrey et Philippe de Sertine.
Merci à tous les quatre encore une fois d'être là. Tiens, Philippe de Sertine veut m'accompagner une nouvelle fois pour expliquer à nos téléspectateurs en quoi pourquoi nous sommes donc des champions la France championne d'Europe mais pas certain qu'il falla se dire là cette fois Cocorico hein championne d'Europe des prélèvements obligatoires à la place nous avait été ravis par le Danemark ou encore par la Belgique sauf que le budget voté l'année dernière est passé par là et est-ce que ça veut dire qu'on est accro à la fiscalité Philippe de Certine ? Oui, ça veut dire surtout qu'on est accro aux finances publiques, au financement public de notre économie.
Euh là, ce que l'on voit évidemment quand on parle de pourcentage, c'est-à-dire qu'on a un prélèvement très lourd et une production de richesse qu'on appelle le PIB qui diminue. C'est-à-dire que non seulement vous avez enfin en tout cas qui n'augmente pas moins vite que les autres. Donc euh à tout point de vue, on va dire, notre approche est perdante. Et ça évidemment c'est aussi quelque chose d'important parce que lorsqu'on évoque la situation aujourd'hui, le le l'ensemble du personnel politique, l'ensemble mais aussi les Français en général sont tous en train de réfléchir où est-ce qu'il va falloir taxer davantage.
C'està-dire en disant "Ah oui, non mais à tel endroit là, il va falloir qu'on aille chercher l'argent. L'argent où il est ?" On doit se rendre compte que nous sommes déjà dans une situation qui est incroyable. Et là, vous avez effectivement l'aspect européen. Il y a une étude de l'OCDE qui reprend en compte un nombre de pays beaucoup plus large du point de vue mondial qui regarde justement la fiscalité, la taxation ou plus exactement le prélèvement. Et là peut-être il faut faire la différence parce que souvent on va dire mais non en impôt regardez on a un taux le même ou voir même plus petit que certains autres pays.
On n'est jamais au top sur chacun des impôts mais au total nous prélevons absolument partout et donc ça nous conduit à avoir effectivement l'État la collectivité publique qui prélève sur l'économie plus que nulle part ailleurs et ça ce sont des conséquences graves parce que ça nous fait baisser en compétitivité, ça nous empêche d'exporter et ça conduit à avoir normalement une difficulté économique. Alors le pire évidemment parce que le pire c'est juste après, c'est que nos dépenses publiques, elles ne cessent d'augmenter, ce qui fait que même ces taxes ne suffisent pas à faire face à notre niveau de dépense publique.
Et là bien sûr, alors on se retrouve dans une espèce de situation qui est une situation dont les Français sentent bien que c'est un blocage mais disant bah année après année ça continue donc on peut espérer que ça continuera toujours. Là, nous sommes aujourd'hui et on le sent bien avec l'augmentation des taux et avec ces manifestations qui disent ça ne marche pas, nos services publics ne marchent pas, notre situation n'est pas satisfaisante. On sent bien que là on est au bout du bout de notre logique qui malheureusement manque de logique. Je le dis à chaque fois, on essaie toujours de chercher un peu de lumière.
Est-ce que on peut encore changer la donne où on est condamné à rester des champions en la matière ? Bien sûr qu'on peut changer la donne. Et les pays qui avant nous ont été confrontés à une situation pareille eux ont réussi lorsqu'ils se rendent compte qu'ils sont dans l'impasse. Je dis le pays lorsque la population se rende compte qu'on a besoin d'une vraie réforme structurelle totale complète, c'est-à-dire on a besoin de l'adhésion. Il faut un consensus en disant tout le monde doit être d'accord du plus pauvre au plus riche dans le pays en comprenant qu'on ne peut pas continuer comme cela.
Et bien à partir du moment où vous avez un consensus, ça se redresse une situation pareille et ça se redresse même souvent beaucoup plus vite qu'on ne le pense auparavant.
à chaque fois, dans tous les cas, y compris le cas français qui nous remonte là pour le coup très loin euh 1958, à chaque fois qu'on a dit, mais d'autres cas plus récent dans d'autres pays ont montré, à chaque fois qu'on a dit maintenant il faut que ça change, en réalité l'effort du pays pour améliorer la situation et dire on doit réduire les prélèvements en réduisant les dépenses et bien cela fonctionne parce que c'est quelque chose en effet qui suppose un véritable effort structurel, une véritable réflexion complète mise sur la table de tous les problèmes simultanément et bien si ça fonctionne vous allez avoir des effets d'entraînement positif très rapidement et du coup le niveau de taxe diminue également rapidement donc il y a de la lumière quel il y a de la lumière il faudra juste de la volonté et du courage.
Merci Philippe Deine, on en parle encore ensemble. Jérôme Jaffrey, à votre avis, comment c'est perçu dans la dans la population ? Est-ce que ça alimente ? Encore une fois, on cherche à voir ce qui alimente ou non la colère, est-ce que ça alimente un sentiment de bon voilà, nous on paye toujours, toujours, toujours plus, on est taxé toujours plus, mais en même temps, on a l'impression d'un délitement. Est-ce que c'est ça ou là encore, je veux pas tomber dans la caricature, il faut me stopper tout de suite. Oui, on est très loin dans me semble-t-il à travers les enquêtes qu'on peut étudier.
On est très loin du discours idéal que vient de tenir Philippe de Certine, le consensus euh pour penser qu'il faut remettre les choses à plat et enfin retrouver l'élan. Je dirais d'ailleurs qu'en 1958, c'est après le retour au pouvoir du général de Gaulle et par le retour au pouvoir du général de Gaulle que la remise en ordre économique et financière du pays a pu avoir lieu. Et donc on n'est pas du tout du tout du tout dans la même situation. Jô, je peux me permettre ? 1958, la menace était le FMI à Paris. Oui, mais la menace était le FMI à Paris. Très bien.
Mais euh tant que vous n'avez ce qui il faut prendre la mesure de ce qu'est aujourd'hui le refus des contrainte des Français dans leur majorité, le déni et le fait que l'élection présidentielle telle qu'elle fonctionne dans notre pays, l'élection présidentielle, elle a fonctionné pratiquement depuis disons 1981 comme une machine à promesse des candidats pour se faire élire. une machine à promesse. Si vous faites pas des promesses, euh bah vous êtes pas élu. Et je note par exemple dans l'extrême difficulté de la campagne d'Edouard Philippe actuellement, il passe sa vie à employer le mot, il faudra faire des efforts et à partir d'efforts qu'on fait, on pourra améliorer la situation.
Le discours raisonnable par excellence, mais euh la courbe des enquêtes traduit que le discours raisonnable par essence a beaucoup de mal à passer. Alors, il vient de donner une interview dans le point qui est le prototype absolu là du discours raisonnable dans lequel au fond il dit c'est une longue patience, la campagne électorale, ça finira par porter ces fruits car les Français ne veulent pas de la bataille des extrêmes à la fin. Euh mais c'est très difficile d'installer l'idée des efforts. Il y a en plus le sentiment, j'en termine par là pour laisser la parole à mes collègues, que l'efficacité de la dépense publique n'est absolument pas au rendez-vous.
du montant du prélèvement des impôts. Et dans ce décalage là, dans ce décalage là, du coup, vous avez aussi un élément qui est améliorer l'efficacité de la dépense publique. Ça vous permettra peut-être d'arrêter d'augmenter en permanence les impôts. Je me tourne, je me permets juste vers Philippe Deine. On parle souvent du sentiment et de la réalité. Est-ce que le sentiment correspond à la réalité ? Le sentiment d'un pays qui décroche malgré les impôts, est-ce que c'est une réalité ? Est-ce que c'est une réalité que nos impôts ne sont pas suffisamment efficaces ? On va prendre un cas évidemment qui recoupe complètement la manifestation de samedi.
C'est notre dégringolade dans le classement PISA, dans le classement dans le classement sur la qualité de l'éducation. Nous avons augmenté depuis 10 ans, peut-être contrairement à ce que pensent ce que sentent les écoliers, nous avons augmenté de 35 % le budget l'éducation. Il était depuis il y a 10 ans à 67 milliards, il est maintenant à 91 milliards. Et pour quel résultat ? un résultat de dégringolade de la qualité de l'enseignement français et des résultats. Donc ça c'est quelque chose de très perceptible. On retrouve la même chose dans la santé, on retrouve la même chose dans énormément de services publics, y compris d'ailleurs dans des services publics du quotidien comme les transports.
Et bien, c'est quelque chose de réel qui est renseigné statistiquement et qui évidemment n'est absolument pas en lien avec l'augmentation des ressources qui sont consacrées à ces différents services publics. Méronique, ce qui explique que monsieur Jaf a raison et monsieur Deine aussi en ce sens que le diagnostic, vous disiez que les Français ne sont pas d'accord sur diagnostic. S'ils sont d'accord sur celui-ci, ils le vivent tous les jours. Ils sont pas d'accord sur les chiffres parce que on leur raconte chaque jour des chiffres différents. Chacun des politiques va donner des sommes différentes, mais ils sont conscients et ils sont d'accord sur le diagnostic.
Ensuite, le sujet de dire il faut faire des efforts. Pourquoi faire des efforts ? Pourquoi le le discours dit raisonnable de il faut ranger la chambre comme ça ça sera beaucoup plus pratique. Très bien. Mais le pourquoi ? C'est parce qu'en fait les Français ne comprennent pas à quoi sert cet argent, pourquoi on en est là. Donc donner bien sûr vous êtes toujours plus d'accord pour que les autres donnent plus que vous mais mais dans l'absolu les Français ne sont pas contre. Le sujet c'est si je vous dis de faire des efforts, faut que vous m'expliquez qu'est-ce qui va changer, pourquoi le fait de donner plus d'argent va faire que le système fonctionnera mieux ?
Et en fait, il pose une question qui est finalement assez ancienne en soi et qui avait fait le succès en son temps d'une d'une dame au moment des gilets jaunes. Je sais pas si vous souvenez cette fameuse vidéo de de voilà où elle disait "Mais qu'est-ce que vous faites du pognon ? Qu'est-ce que vous faites ? En fait, c'est un sujet de lisibilité et de traçabilité. Il n'y a aucune lisibilité. Et je vais vous prendre un exemple très concret. On dit toujours que les maires sont les élus les plus proches des gens et les plus appréciés. Pourquoi est-ce qu'ils sont appréciés ? On vous disent c'est parce qu'ils sont apporté de bafenant.
C'est qu'en fait quand vous promettez que vous allez construire une crèche, elle est là ou elle est pas là. C'estàdire, c'est lisible, c'est traçable. Et en fait, c'est ça le problème, c'est que demander aux gens de faire un effort quand on ne sait pas à quoi servir cet effort, hormis ne plus être endetté. OK. Mais ça veut pas dire que je vivrai mieux. Donc en fait le il y a une peut-être dissonance cognitive entre ce que les gens ressentent et la réalité de ce que la promesse qu'on on leur fait. Donc c'est c'est un sujet plus compliqué que simplement ce sont des réfractaires à l'effort. À quoi sert mon argent ?
Oui effectivement la vérité c'est que les gens posent cette question et en même temps je pense que dans leur fort intérieur ils savent très bien qu'ils ont globalement plutôt de la chance de vivre en France. Il faut jamais oublier une chose, c'est que il y a une majorité de gens qui qui profitent de la solidarité publique ou bien parce qu'ils sont retraités et c'est parfaitement normal, ils ont cotisé donc ils ont un retour. Le problème c'est que surtout pour la fonction publique, leur cotisation ne suffit pas. Donc c'est c'est l'État qui paye. Il y a le système social, le système de santé le plus généreux du monde.
Il y a une éducation qui est gratuite, il y a un enseignement supérieur qui est largement gratuit. Et c'est pour ça que moi je partage plutôt l'optimisme de Philippe de Certine. Je pense que on n'est pas encore tombé assez bas, mais le jour où il y aura la menace de voir le FMI revenir ou le jour où la banque centrale européenne dira maintenant vous arrêtez les bêtises. À ce moment-là, je pense qu'il y aura une majorité de gens qui sera prêt à faire un petit effort pour sauver l'essentiel. Alors c'est François Langlais sur ce plateau qui parlait potentiellement d'un gros effort à faire. Il parle de coup de massu potentiel. Regardez.
Il n'y aura pas de consolidation des finances publiques sans un coup de massu fiscal. C'est pas vrai. Bah oui, c'est pas vrai. Ça n'existera pas que la la droite ou la gauche passe, il y aura des impôts en plus. C'est immancable. Les victimes des impôts et sont tout désignés. Ce sont les vieux, les retraités, les riches qui ont de l'argent et [grognement] les entrepreneurs, pardon Michel, dont on pense que ils ont un mago planqué dans leur jardin. Coup de massu fiscal, on peut dire tout ce qu'on veut. Il y aura une augmentation, une nouvelle augmentation des des impôts. On peut dire tout ce qu'on veut. on aura une restructuration complète de finances publiques.
Mais peut-être l'autre côté qui est fondamental, utiliser nos 6600 milliards d'épargles financières, la force française pour investir dans une création de valeur. Il faut les deux. C'est-à-dire il faut les efforts peut-être d'un côté, mais il faut l'avoir cette perspective. Une nouvelle croissance est possible et ça c'est absolument fondamental et pour le coup complètement absent du débat. C'était passionnant, je vous le dis. C'était vraiment passionnant. Philippe De Certine, merci beaucoup. Jérôme Jaffrey, merci infiniment. Véronique Rou, merci. Merci à vous. Guillaume Roquet, merci à vous de nous. nous regarder chaque jour et d'être aussi très nombreux à suivre le podcast.
D'ailleurs, le petit QR code je le dis tous les jours, il est à vous.