LA RÉPUBLIQUE DES AFFRANCHIS
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 85 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30Locuteur 1Fait
« Le capitalisme du point de vue de l'homme n'offre pas de solution satisfaisante. »
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« Macron reste président grâce au flashball, au LBD, à des députés et des ministres Godillot et au 49.3. »
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« Le Conseil constitutionnel a validé un texte que les trois quarts des Français rejetaient farouchement. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le capitalisme dit, grâce aux profits qui suscitent l'initiative, fabriquons de plus en plus de richesses, qui en se répartissant par le libre marché, élèvent, en somme, le niveau du corps social tout entier. La propriété, la direction, le bénéfice des entreprises dans le système capitaliste n'appartient qu'au capital. Et alors ceux qui ne le possède pas se trouvent dans une sorte d'état d'aliénation, à l'intérieur même de l'activité à laquelle ils contribuent.
Non, le capitalisme du point de vue de l'homme n'offre pas de solution satisfaisante. À la limite, tout est dit. Qu'est-ce que je peux ajouter à cette sortie du grand Charles qui remonte à plus de 60 ans ?
Quasiment mon âge. C'est mon anniversaire aujourd'hui. Je me suis dit, allez, un petit édito.
Je l'ai promis à Guillaume, qui va le monter. Deux mois que je le fais marner. Guillaume, tu t'emmerdes pas, tu reprends les images de la dernière fois.
Et cherche un extrait d'un ou deux films de Scorsese ou de Coppola. Tu sais, des histoires de mafia avec des petites frappes à la gueule d'ange. Pesci, Ray Liotta.
J'en aurais besoin pour Darmanin, tu verras plus tard. Calmez-vous madame, ça va bien se passer. Relax, prend une clope, tu fumes ?
Bon, ça doit être prêt dimanche à l'heure de la messe. Pas de blague. Eh bien, ça me fait pas tellement peur.
Même si on est peu nombreux, on se serre les couilles. Je ne suis plus trop motivé pour ramener ma science sur la situation politique du pays. J'ai trop de choses à faire à Blast.
Les Marioles, le ménage, les procès, les papiers à relire, éteindre la lumière en sortant. On est 40 à y travailler aujourd'hui. On va peut-être se faire manger par les grands méchants loups.
Bolloré, Arnault, les amis du président. Pour l'instant, on tient, on pulse, on explose les audiences. Je suis donc né dans un pays où le président était un résistant qui avait risqué sa vie pour sauver la France, qui avait combattu Pétain, qui avait de l'allure, un grand pif, et était au final, et malgré toutes les apparences, anticapitaliste.
Je finis dans le même pays avec un jeune blanc-bec hypercentré, hypercentriste, qui rend hommage à Pétain, fait du capital et du profit une quasi-religion et permet à l'extrême droite la plus moisie, petit hommage à Sollers, de rêver l’Elysée et de remettre les migrants dans des bateaux. Ma femme et mes trois enfants ne souhaitent plus que je continue mon mandat de maire. On aurait pu mourir intoxiqués dans cet incendie.
Avant cet incendie, plusieurs manifestations avaient eu lieu dans la ville, en opposition au projet de centre d'accueil de demandeurs d'asile souhaité par l'État. Des rassemblements organisés par des mouvements d'extrême droite. Je suis né dans un pays où le président était clairement de droite, œuvrait pour la grandeur de la France, mais adorait les communistes, qu'il accusait pourtant de pratiquer le coup d'État permanent.
Il les aimait car il les savait résistants, connaissait leur rôle dans le Conseil national de la résistance. Je finis dans le même pays où le boss s'est appuyé sur une gauche molle et corrompue pour gagner le pouvoir et ne plus le lâcher, Pour interdire l'usage des casseroles en manif, autoriser les défilés néo-nazis et foutre en l'air tout le travail du Conseil national de la résistance au profit d'un très improbable Conseil national de la refondation. Bidonnage ultime.
Et donc ce que je vous propose aujourd'hui, c'est de pouvoir changer les choses ensemble. Et sur ces grands sujets, j'ai besoin que vous puissiez aussi prendre part au travail du Conseil national de la refondation. De Gaulle est parti sur un coup de tête et un référendum en refusant de ne tenir que par sa police et contre sa jeunesse.
Macron reste président grâce au flashball, au LBD, à des députés et des ministres Godillot et au 49.3. Flashback.
Alexis Godillot était un fabricant de chaussures qui avait équipé l'armée de Napoléon III avec 100 000 paires de godasses tout cuir et confortables. C'est à lui qu'on doit d'avoir différencié pied gauche et pied droit pour assurer un meilleur confort au fantassin, m'apprend le nouvel observateur. « Nous sommes les Godillot du général. » Lancerons un siècle plus tard les députés et les résistants pour amener De Gaulle au pouvoir.
Cruels soubresauts de l'histoire, les Enmarcheurs de Macron se sont tellement emmêlés les pinceaux qu'ils ont perdu tout sens de la marche et de l'équilibre. Ni gauche, ni droite, ni rien du tout. On ne résiste plus, on se met à plat ventre, on se couche, on se prosterne, on rend des gages, on cachetonne, on fabrique du mensonge et de l'aliénation à la chaîne.
De Gaulle voulait répartir les richesses et payer son électricité, Macron les estourbit pour ses copains qui le lui rendent bien. Ni vu, ni connu. Je t'embrouille.
Ce que nous vivons tous n'est que la lente dégénérescence de cette histoire racontée par le général de Gaulle. Sauf qu'on morfle aujourd'hui comme jamais. On est dans cet état d'aliénation et de sidération.
On se demande comment et pourquoi on accepte de toucher le fond de plus en plus bas et finalement sans trop broncher. Je dis "on", je dis "nous", je dis "ce pays", je dis "la France" et je le dis à mi-voix, sans grandiloquence. Dans toutes les histoires, il y a des gagnants et des perdants, des morts et des vivants, des dominants et des dominés, des types gentils et d'autres plus cruels.
Disons que pour notre immense malchance, à nous, Français, le capitalisme et ses obsessions de profit n'a pas rencontré un homme providentiel, fut-il de droite pour le tempérer. Il a rencontré un banquier, psychopathe, menteur, obsédé des marchés financiers des agences de notation, qui viennent pourtant de le déclasser. Même le AA, Macron l'a raté.
Le comble, c'est que les agences de notation le décotent en raison du contexte politique et social qui augmente dangereusement les dépenses publiques. Je sais, je résume, c'est partial, mais tant qu'à faire, autant y aller. On prend cher, non ?
Je vais faire un édito républicain. Je commence par De Gaulle et je finirai par Pompidou. On est dans un conte cruel.
On se dit qu'il peut mal finir. Conte cruel est aussi un titre des Bérurier Noir, période François Hadji-Lazaro. Paix à ton âme, ami garçon boucher.
On marche, on danse et puis on gueule. On chante les chansons des Béru. Les flics n'aiment pas qu'on soit ensemble.
Les beaux font peur. Les grand-mères tremblent. Les jeunes, c'est l'insécurité.
Il faudrait tous les enfermer. On a mis nos masques de clowns pour affronter la société. On a mis nos masques de clowns pour effrayer les policiers. 1985, déjà.
J'essaie de penser à Hervé Témime, à son intelligence et à sa bonhomie pour calmer mes ardeurs punk et belliqueuses. La réalité était remise en cause, enfin c'était quelque chose que je trouvais dégueulasse pour vous dire les choses comme je les pense. C'était mon avocat et c'était mon ami.
Contrairement à des tas de types énervés, cassants, intolérants, clivants, sûrs d'eux et de leurs idées, Hervé était un homme doux et à l'écoute. Il ingurgitait nos matières humaines, nos pensées, même les plus noires, et les faisait siennes. Avocat est un métier difficile, quand on cherche à le faire bien, car on fait sienne les douleurs et la folie des autres.
On défend un assassin, on défend un patron vicieux, une ministre qui corrompt. On doit entrer dans le cœur et le cerveau de son client, sans le juger. On se met à penser comme lui ou comme elle, un peu comme un comédien qui doit intérioriser le secret de son rôle.
La différence, et elle est de taille, c'est qu'on n'est pas dans une fiction, on est dans la vraie vie. Dans un vrai tribunal, on doit être juste et convaincre une cour ou un peuple. "Un bon avocat ne doit pas briller mais convaincre", disais-tu.
Hervé est mort d'un pépin cardiaque. J'ai tendance à penser que son cœur en avait trop subi des avaries. On ne l'a pas suffisamment dit au moment de la sortie du film "La syndicaliste" qui met en scène la vie de Maureen Kearney, c'est Hervé qui l'a sauvée.
Je les avais présentés l'un à l'autre. Maureen était au fond du trou, Hervé n'était pas convaincu. J'ai dû insister.
Maître Témime a remonté la pente de l'injustice pour convaincre le tribunal des délires d'une institution, de la bêtise de gendarmes, de l'asservissement de magistrats. Ils avaient fait de cette femme une coupable pour servir des intérêts qui n'étaient pas publics mais privés. On ne peut pas être innocenté autrement que par un arrêt ou un jugement comme celui qui a été prononcé en sa faveur.
Et donc Maureen Kearney est innocente. J'aurais beaucoup à dire sur nos discussions au téléphone, longues et affectives. Je m'excusais toujours avant de l'appeler, ça le faisait marrer.
Il m'en a filés des tuyaux et des bons. Au début, au tout début, Hervé supportait Macron. Il est brillant, disait-il.
Personne n'est parfait. À la fin, il avait compris, je crois, la différence entre briller et convaincre. Il m'est arrivé de l'appeler quand je calais sur un édito ou quand j'essayais de savoir pourquoi son copain Dupond-Moretti avait choisi de se déprécier à ce point en quittant son beau métier de plaideur pour devenir ce triste bretteur.
Une revanche sociale sûrement. Ministre de la Justice, ça en jette, ça brille, ça bavasse, ça tourne à vide, ça coule. Moi aussi en discutant avec lui, j'essayais de me mettre dans la tête d'Emmanuel Macron comme dans celle de Dupond-Moretti.
Comment les sauver, comment les comprendre, Comment comprendre qu'ils ne nous comprennent pas ? Même Hervé avait du mal. On passait à autre chose.
Le cas Macron est devenu indéfendable. Il lui a manqué les éléments d'expérience, les éléments de connaissance, et la connaissance et l'expérience, ça enseigne une chose importante, la modestie. Et lui, il n'en a pas la modestie.
J'en étais là à me creuser, à chercher un enchaînement, quand dans le flot des informations que je reçois tous les jours est arrivé ce message de Suisse. Comme une bouteille à la terre entre voisins. Allô le pays du sandwich et du ballon rond, ici le pays du chocolat et du dollar suisse.
Je m'appelle Jean-François Bayart, je suis professeur à l'Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement de Genève. Autant vous dire que je suis une tronche. Dans ma boutique, j'ai vu défiler de grandes figures de la politique, de la finance et du commerce international. de Kofi Annan à Lynn Forester Rothschild, de Philipp Hildebrand à Mauricio Mulder.
Pas franchement des révolutionnaires. Mr Bayard a 73 piges. Entre bouquins, direction de thèse, cours à Sciences Po et à l'ENA, mission parlementaire en Afrique ou ailleurs, autant vous dire qu'il a roulé sa bosse, qu'il en a bouffé des couleuvres et des médailles.
En fin de carrière ou presque, on imagine qu'il n'a plus trop envie de se prosterner pour conserver une place. Puis il s'est réfugié en Suisse, la Confédération ça protège. Ça lui permet d'envoyer du pâté.
Tel pourrait être le préambule du texte publié par Le Temps, excellent journal que je viens de lire et qui m'aide dans cet éditorial que je dois boucler avant minuit car je prends une semaine de vacances. Pour les cuistres et les ingrats qui commenceraient à s'énerver sur les réseaux sociaux, sachez que depuis deux ans, à part tailler des arbres ou manger de la choucroute en Alsace, Ma soif d'exotisme a été peu rassasiée. J'ai besoin de partir et de souffler.
Donc le preux chevalier Bayard se paye le peu chevaleresque Emmanuel Macron en lui taillant un portrait que je vous invite tous à lire. C'est en accès libre sur Internet. Il n'imagine pas autre chose que le modèle néolibéral dont il est le pur produit, quitte à le combiner avec une conception ringarde du roman national.
Quelque part entre le culte de Jeanne d'Arc et la fantaisie réactionnaire du Puy-du-Fou. Son exercice du pouvoir est celui d'un enfant immature, narcissique, arrogant, sourd à autrui, plutôt incompétent, notamment sur le plan diplomatique, dont les caprices ont force de loi, au mépris de la loi et des réalités internationales. Ça pourrait être drôle si ce n'était pas dangereux.
L'interdiction de dispositifs sonores portatifs pour éviter les casserolades des opposants, le bouclage policier des lieux où se rend le chef de l'État, le lancement de campagnes de rectification idéologique contre le « wokisme », la « théorie du genre », l’« islamo-gauchisme », l’« éco-terrorisme » ou l’« ultra-gauche » sont autant de petits indices parmi beaucoup d'autres qui ne trompent pas le spécialiste des régimes autoritaires que je suis. La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties illibérales. Là, vous comme moi, sommes en droit de marquer une pause.
Un moment paisible où notre cerveau peut se mettre en jachère. Des plaines nues, du vent, limite quelques moutons, comme en Irlande, gros paradis fiscal, terre de bière et de corruption. Rien.
Laisse reposer avant de repartir. Qu'est-ce qu'il a dit le prof ? Illibéral.
Ça veut dire que nous sommes très malmenés, que nous ne sommes plus égaux devant la loi, que l'État ne nous protège plus comme il le devrait, que nous sommes à la merci d'acteurs privés, d'actionnaires cupides, d'oligarques corrompus, que nous allons devoir travailler plus pour gagner moins. Comme des chiens dans un jeu de billes. Alors que la caste des nantis, celle que Macron protège, c'est tout l'inverse.
Aboyez gueux, faites du bruit avec vos langues et vos Tefal. Nous sommes si loin, nous sommes des dieux enrubannés. Vous n'êtes rien, même pas capable de traverser une rue pour trouver du boulot.
Ce n'est pas les casseroles qui feront avancer la France. On peut relancer massivement l'industrie de casseroles aussi, qui n'en produit pas assez. Vous êtes des chiens.
Mais les chiens, quand ils sentent qu'on les sert de trop près, ils ont tendance à mordre la main qui les étrangle et les empêche de respirer. Je dédie ce court passage à mon ami Léo Ferré et à mon ennemi Bruno Le Maire, ministre aux ordres du capitalisme le plus dur et poète tartuffe. Nous partageons peut-être des nuits sans sommeil, des petits matins blafards, mais il a quand même eu le temps de gratter un bouquin par an, en plus de son boulot au ministère de l'Economie. alors que moi, depuis que je souffle sur l'info, que dalle.
Je suis jaloux, Bruno. Je vous l'ai dit, des armes et des mots, c'est pareil, ça tue pareil. Il faut tuer l'intelligence des mots anciens avec des mots tout relatifs, courbes, comme tu voudras.
Nous sommes dans un langage auquel vous n'entravez que couic. Nous sommes des chiens. Et les chiens, quand ils sentent la compagnie, ils se dérangent.
Et on leur fout la paix. Nous voulons la paix des chiens. Nous aboyons avec des armes dans la gueule, des armes noires et blanches comme des mots noirs et blancs.
Noir comme la terreur que vous assumerez, blanc comme la virginité que nous assumons. Nous sommes des chiens et les chiens, quand ils sentent la compagnie, ils se dérangent, ils se décoliérisent et posent leur os comme on pose sa cigarette parce qu'on a quelque chose d'urgent à faire même et de préférence. si l'urgence contient l'idée de vous foutre sur la margoulette.
Voilà, avec ce poème de Léo Ferré, je vais être traité de black bloc. Après cet intermède canidé, je continue ma lecture du sieur Bayart, qui pense que Macron est dans une logique qui le rapproche de celle de Victor Orban. Il applique le programme de l'extrême droite sans le dire pour éviter leur accession au pouvoir.
D'aucuns crieront à l'exagération politique. Je leur demande d'y regarder à deux fois, en ayant à l'esprit d'une part l'érosion des libertés publiques au nom de la lutte contre le terrorisme et l'immigration depuis au moins trois décennies, d'autre part les dangers que revêtent de ce point de vue les innovations technologiques en matière de contrôle politique et l'imminence de l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national auquel les gouvernements précédents auront fourbi un arsenal répressif rendant superflues de nouvelles lois liberticides. Je me souviens de 2018, Emmanuel Macron faisait un voyage d'affaires et de président à Pont-à-Mousson, ville frontière entre Moselle et Meurthe-et-Moselle, où j'ai quelques amis.
On était le 6 novembre de cette année-là, autant dire il y a bien longtemps. Et déjà, l'élection démocratique du président de la République En marche avait des allures de coup de force. Ils sont venus pour interpeller le président, Mais faute de pouvoir lui parler, quelques habitants de Pont-à-Mousson font entendre leur colère.
Toute la ville avait été bloquée. Et les citoyens, Mussipontains, déjà empêchés d'aller voir leur président. Des flics partout, des grilles métalliques à chaque coin de rue.
Des hommes en armes sur les toitures des maisons. Des gilets pare-balles. Déjà ce jour-là, loin de toute loi retraite, de tout ostracisme, Emmanuel Macron voyageait en solitaire, se savait mal aimé et craignait pour sa vie ou son image de marque, ce qui, à son niveau, revient quasiment au même.
C'est ce qui est flippant dans cette histoire. On était prévenu, on savait que le garçon était mal emmanché, qu'il craignait le contact avec la population, le rapport humain, la chaleur humaine. Avec Macron, on est au moment où ça peut vraiment tomber du mauvais côté.
J'insiste sur ma lecture du chevalier Bayart qui met en perspective l'arrivée au pouvoir du flibustier Macron. Il s'est emparé du butin électoral à la faveur des sorties de route de Nicolas Sarkozy, de François Hollande, d'Alain Juppé, de François Fillon et de Manuel Valls. Car il ne faudrait pas enfoncer ici l'actuel président, seulement lui, mais nous souvenir tous, ce que ne fait quasiment jamais la presse mainstream aux mains des amis de M.
Macron, que l'actuel hôte de l'Élysée est le produit d'une longue dérive et d'une certaine filiation. Macron a détruit la gauche et la droite pour s'installer dans l’inquiétude d'un affrontement avec Marine Le Pen. Mais il n'a été élu, puis réélu, petitement avec moins de 20% de l'électorat, que grâce aux voix des gens qui ne voulaient pas de Marine Le Pen.
Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi. Non pour soutenir les idées que je porte, mais pour faire barrage à celles de l'extrême droite. Oui !
Et je veux ici les remercier et leur dire que j'ai conscience que ce vote m'oblige. Son programme hyper libéral était comme un contrepoison nécessaire. Mieux vaut cette merde que l'autre.
Emmanuel Macron et son alter ego à l'Élysée, Alexis Kohler, ont mis en place et fait prospérer leur Start-up Nation. Ils n'ont jamais été connectés aux réalités du pays. Ils se sont de plus en plus isolés, en court-circuitant tous les corps intermédiaires et en snobant puis en brutalisant les syndicats, les grévistes, les gilets jaunes.
Imaginez une seconde, Charles de Gaulle se réveiller aujourd'hui et observer le marasme. Vous allez finir par vous aimer les uns les autres, bordel de merde ! Face aux manifestations répétées contre sa volonté de nous faire travailler deux ans de plus, Emmanuel Macron s'est enfermé dans le déni et le sarcasme.
Il argue de la légitimité démocratique en répétant que la réforme sur les retraites figurait dans son programme et qu'elle a été adoptée selon une voie institutionnelle validée par le Conseil constitutionnel. Poursuit Jean-François Bayart. C'est là que nous entrons dans un univers parallèle.
Face aux répétitions de manifestations pacifiques et populaires, nous sommes des millions vent debout à refuser de donner deux ans de notre vie pour faire plaisir aux marchés financiers. Emmanuel Macron s'est planqué et a cru nous enfumer avec son jeu d'acteur de seconde zone. Ah, c'est bon de renaître !
Dans cette réalité fabriquée de toute pièce par la Macronie, par des députés, une Première ministre, des hauts fonctionnaires et des journalistes Godillot, répétons-le car Blast est une petite voix dissonante, dans le concert ambiant, nous sommes en fait un bruit de casserole. Emmanuel Macron a été réélu l'an passé, grâce aux voix du peuple hétéroclite de gauche, une gauche hybride, mais 100% hostile au report de l'âge de la retraite. Ce président et sa clique d'Enmarcheurs n'ont pas eu de majorité parlementaire lors des législatives qui ont suivi l'élection.
Le Conseil constitutionnel a validé un texte que les trois quarts des Français rejetaient farouchement. Ce ramassis de vieille gloire aux retraites dorées. C'est encore une fois avilie.
Ils ont sali la République en légitimant ce qui n'était pas constitutionnel. En parlant de retraite dorée, vous avez vu celle des sénateurs et des 81 eurodéputés qui ont investi dans un fonds de pension au Luxembourg ? Comment peut-on ?
Ils peuvent. Ils n'ont plus de limites. On y retrouve aussi bien Marine Le Pen que Jean-Pierre Raffarin ou Harlem Désir.
Faites ce que je dis, jamais ce que je fais. Comme en 2018, Emmanuel Macron répond à la colère populaire par la violence policière. Atteinte à la liberté constitutionnelle de manifester, utilisation de techniques conflictuelles de maintien de l'ordre, usage d'un armement de catégorie militaire qui cause des blessures irréversibles, telles que des éborgnages ou des mutilations, ont entraîné la condamnation de la France par des organisations de défense des droits de l'homme. le Conseil de l'Europe, la Cour européenne de justice et les Nations unies.
C'est ce que rappelle Jean-François Bayart. Je préfère que ce soit lui qui le dise que moi. C'est une brutalisation inouïe du débat qu'a choisi Gérald Darmanin.
S'il être terroriste intellectuel, c'est émettre des doutes sur la politique de maintien de l'ordre en France. Alors à ce moment-là, l'ONU et le Conseil de l'Europe sont aussi des terroristes intellectuels puisque eux-mêmes parlent d'un usage excessif de la force en France. Toute cette fiction de l'ultra-gauche, des éco-terroristes, toute cette violence, ces censures, ces interdictions des soulèvements populaires et même cette attaque invraisemblable contre la Ligue des droits de l'homme.
Celle née dans la foulée de l'affaire Dreyfus. C'est la Ligue des droits de l'homme ou les soulèvements de la terre qui nous protègent contre leurs agressions. Ce n'est pas l'inverse.
Darmanin sert de poisson pilote à Macron, comme dans les films de mafia, quand les parrains envoient des sondes. Mais il faut se méfier des bad lieutenants. Ça va pas la tête, t'es malade ou quoi ?
Tu crois pas que je vais laisser ce merdeux empocher mon fric ? Empocher ton fric ? Ce gars-là, il va faire sauter ta baraque devant toi. « Il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente », disait Camille Claudel.
Je ne sais pas pourquoi cette citation me fait penser à Darmanin et à Macron. Je les regarde dire leur connerie, mentir, manier l'invraisemblance et l'invraisemblable et je me demande ce qu'ils pensent vraiment. Quelle est la part de jeu, de sincérité ? il y a toujours quelque chose d'absent qui les tourmente.
Observez-les. Un vide qui nous attire et pourrait nous emporter. D'où le danger.
Un jour, un historien écrira le journal de cette période et reprendra en détail les déclarations des uns et des autres, leurs actes. La promulgation de la loi retraite dans la nuit succédant la décision du Conseil constitutionnel. Ce hold-up démocratique, ces petites frappes au pouvoir sur les plateaux télé et au ministère de l'Intérieur.
Cette association de maltraitants. Oui, ils nous maltraitent, en ne condamnant jamais les violences policières en criminalisant les manifestants, en usant et abusant de la détention préventive, en envoyant au tribunal les retraités qui se moquent du président et qui l'emmerdent, dans tous les sens du terme. On n’en veut pas de ta retraite, qu'est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ?
On n’en veut pas ! Non mais on n’en veut pas de ta retraite, trou du cul ! Cet État, par glissement et renoncement successif, n'est plus vraiment républicain.
Qu'est-ce qu'il est alors ? La République, c'est la liberté plus la raison, l'État de droit plus la justice, la tolérance plus la volonté. C'est une définition qui me va, elle est de Régis Debray.
Quand on s'attaque si frontalement à la Ligue des droits de l'homme, qu'est-ce qu'on est ? Seul le régime de Pétain avait osé l'attaquer. Sur la planète, ce sont bien les Poutine et les Orban, les Erdogan et les Modi, les Kaïs Saïed et les Xi Jinping qui tiennent de tels propos.
Oui, la France bascule. C'est la chute du papier de Jean-François Bayart, enseignant tranquille, universitaire d'habitude mesuré, directeur de recherche au CNRS à la retraite. Je vous l'avais promis, le voici.
C'est probablement un des aspects les plus difficiles à supporter dans la vie de chef d'État et de responsable. C'est cette espèce de distance qui s'installe entre vous et les autres. Est-ce que vous avez essayé, monsieur le président, de réduire cette distance ?
J'essaie le plus possible, constamment. J'essaie de me tenir au contact et même de me mettre au niveau, si vous voulez, de chacun. Je le fais d'ailleurs parce que je déteste tout ce qui s'apparente à la solitude, mais je le fais aussi au fond parce qu'il me semble que si on veut bien comprendre la vie, et donc les gens, et donc la vie d'un pays, eh bien il faut essayer de se mettre un peu à leur place.
Et que si la distance s'installe trop, eh bien on ne se met plus à la place de personne. Georges, s'il te plaît, reviens. Petit post-scriptum.
On vient de sortir notre premier bouquin édité avec les éditions Massot. Il s'appelle "Infernet". Il est de Pacôme Thiellement.
Je vous invite à aller dans les librairies pour l'acheter. Et tant que j'y suis, Achetez aussi le dernier numéro de la revue 21, "Comment en finir avec les paradis fiscaux". Il est formidable.
Allez, salut !