L'invité politique Sud Radio - Manon Aubry, députée européenne est l'invitée politique
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Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous appelez les élèves à retourner tranquillement en classe ou vous appelez à de nouveaux blocages ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a des élus de la France Insoumise qui sont aux côtés des bloqueurs déjà ce matin, devant les lycées ?
- 3:59OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous leur dites à ceux qui ne sont pas favorables au blocage et veulent tout simplement continuer à apprendre ?
- 4:28RelanceÉludée
Mais est-ce que pour cela, il faut empêcher des étudiants, des lycéens d'aller étudier ?
- 5:24RelanceÉludée
Est-ce qu'on n'est pas en train de provoquer ici une sorte de rupture d'égalité face au bac avec certains lycéens, certains étudiants qui sont empêchés d'aller étudier ?
- 5:45OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'on va faire du bac finalement en fin d'année ? Il va falloir l'adapter, le braver ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:27InvitéChiffre
« Ils demandaient la création de 250 000 places à l'université. »
- 2:37InvitéFait
« Les classes les plus chargées d'Europe, j'insiste là-dessus. »
- 3:47InvitéPromesse
« Le président de la République doit soit céder, soit partir. »
- 9:10InvitéPromesse
« Nous débloquerons les 10 milliards d'euros qui sont demandés par les lycéens dans notre pays. »
- 9:17InvitéPromesse
« Nous procéderons au blocage des prix des produits de première nécessité et notamment au prix de l'essence. »
- 10:25InvitéFait
« Emmanuel Macron a fait passer sa réforme des retraites par 49,3€. »
- 10:29InvitéFait
« Il s'apprête à faire passer son budget par 49,3€. »
- 11:46InvitéFait
« Les LBD, les grenades de désencerclement, sont des armes de guerre. »
- 17:44InvitéPromesse
« Il prévoit de titulariser tous les accompagnants d'élèves en situation de handicap. »
- 17:50InvitéChiffre
« On a en France, dans notre pays, plus de 50 000 enfants en situation de handicap qui aujourd'hui n'ont pas d'accompagnants. »
- 18:07InvitéChiffre
« Elles sont payées en moyenne 800 à 900 euros par mois. »
- 23:35InvitéFait
« Anne-Claire Coudray reprend à son compte les calomnies racistes d'Édouard Philippe. »
- 25:51InvitéFait
« Ça n'a pas été prouvé par les faits. »
Temps de parole
- Invité67 %
- Manon Aubry18 %
- ?5 %
- Locuteur 34 %
≈ 12,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Benjamin
Glaze.
Il est 8h30 sur Sud Radio, bienvenue si vous nous rejoignez. C'est l'heure du grand entretien politique. Et aujourd'hui, Benjamin, vous recevez Manon Aubry, députée européenne, la France Insoumise.
Bonjour Manon Aubry. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio. Commençons dans le vif du sujet avec cette rentrée des classes. Aujourd'hui, après deux semaines de vacances, compte tenu des mesures décidées par le gouvernement, Emmanuel Macron dit espérer un retour en classe des lycéens. Et vous, Manon Aubry, est-ce que vous appelez les élèves à retourner tranquillement en classe ou vous appelez à de nouveaux blocages ?
Je
crois que les lycéens sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à faire et décider par eux-mêmes de la suite du mouvement. Le fait est, et surtout quand on écoute les organisations lycéennes, que le compte n'y est pas. Je veux saluer d'abord la mobilisation des lycéens et des lycéennes parce que je crois que depuis les Gilets jaunes, c'est les premiers à avoir fait vaciller un peu le pouvoir et les avoir fait un peu bouger. Maintenant, ces bougées sont à la marge. Ils demandaient l'abrogation de Parcoursup. Ils ont une vague adaptation dont on ne connaît pas vraiment les
modalités. Pour 2028,
c'est une promesse du gouvernement.
2028, c'est facile de faire des promesses qui n'engagent pas grand monde quand vous n'êtes plus au pouvoir. Et ce qu
'ils
demandaient, c'est l'abrogation pour la rentrée suivante. Ils demandaient la création de 250 000 places à l'université. Ils en ont 15 000, dont aucune à l'université. C'est essentiellement en BTS. Ils demandaient de l'argent sonnant et trébuchant pour rénover le bâti scolaire. Ils n'ont guère que des prêts. Ils demandaient...
4 milliards
d'euros de prêts à
te
bonifier pour rénover le
bâti
scolaire. Est-ce que ce n
'est
pas déjà un signe ?
Quand vous avez la
moitié des établissements scolaires qui nécessitent d'être rénovés et que ces établissements scolaires sont aujourd'hui dans un tel état qu'on ne peut pas attendre de le déblocage de prêts dont les régions ne sont pas sûres qu'elles auront la capacité de le remboursement, ce qu'elles ont besoin, les régions, et ce qu'ont besoin les lycées, c'est de l'argent frais qui permette de faire en sorte qu'il ne vous pleuve pas sur la tête, que vous ne creviez pas de froid l'hiver et crevez de chaud l'été, que vous n'y ayez pas... Moi, je suis allée voir un
lycée à Aubert-Billy et le lycée Bertholo. Il n'y a pas de juste
coboutisme
de
la part des syndicats
lycéens
? Non, non. Je veux le dire d'autant plus que c'est rarement une partie de plaisir de se lever aux aurores, d'aller bloquer son lycée. Les lycéens, bien sûr, qu'ils aimeraient étudier dans de bonnes conditions et retourner préparer leurs examens de fin d'année. Et s'ils le font, c'est parce qu'aujourd'hui, la situation sociale est telle quand on a les classes les plus chargées d'Europe. Les classes les plus chargées d'Europe, j'insiste là-dessus. Et le gouvernement a beau proposer 28 élèves par classe maximum en seconde, s'il ne promet rien pour la première et la terminale à effectif constant. En réalité, c'est juste les premières et les terminales qui vont se retrouver encore plus nombreux
en classe. Il y a déjà eu
des blocages, ça y est, signalé notamment à Christine Bouillon, nous disait du côté de Toulouse, notre reporter. Est-ce qu'il y a des élus de la France Insoumise qui sont aux côtés des bloqueurs déjà ce matin, devant les lycées ?
Oui, il y a certains de mes collègues qui sont déjà présents sur les lycées. Notre rôle n'est absolument pas de mener le mouvement d'une manière ou d'une autre, mais d'être là pour écouter les lycéens et les lycéennes. D'ailleurs, je trouve ça dommage qu'on soit les seuls élus présents. Moi, j'invite tous les élus à aller à la rencontre des lycéens et des lycéennes, même s'ils ne sont pas d'accord avec eux.
Même sur un blocage, c'est illégal quand même de bloquer un établissement scolaire,
Manon.
Mais vous savez qu'aujourd'hui, quand vous êtes un lycéen ou une lycéenne et que vous n'avez aucun moyen de vous faire entendre, alors oui, bloquer un lycée, ça s'est fait dans l'histoire des mouvements sociaux et ça permet de se faire entendre, de faire entendre ces revendications. Et je vous le redis, le meilleur moyen d'arrêter ces blocages, c'est que le gouvernement, le président de la République, entendent enfin la parole des lycéens et des lycéennes, entendent leur colère, entendent leur détresse aussi, parce que c'est une jeunesse qu'on est en train de sacrifier.
Ceux qu'on n'entend pas, ce sont les étudiants et les lycéens qui veulent retourner en cours. Qu'est-ce que vous leur dites à eux, à ceux qui ne sont pas favorables au blocage et veulent tout simplement continuer à apprendre ?
Je
pense qu'il y a une grande partie des lycéens et des lycéennes qui sont solidaires des revendications, parce qu'ils le vivent au quotidien, parce que quand vous avez des portes qui ne ferment pas,
des
toilettes ou un toilette pour des centaines d'élèves, que vous n'avez pas de papier toilette, c'est ça les conditions d'études concrètes des élèves dont on parle aujourd'hui, des
professeurs qui sont absents depuis la rentrée. Mais est-ce que pour cela, il faut empêcher
des étudiants, des lycéens
d'aller étudier ?
Mais quelle est l'alternative ? Aujourd'hui, on vit quand même dans une démocratie où quand on manifeste pacifiquement, on n'est jamais entendu par ce pouvoir en place. Je vais même plus loin. Quand on vote aux élections, comme on l'a fait aux élections législatives de 2024 après la dissolution, le président de la République n'en a rien à faire et forme la majorité qu'il veut sans tenir compte des équilibres politiques. Quand vous faites des pétitions à l'Assemblée nationale comme contre l'acétamipride, un pesticide dangereux où il y a des centaines de milliers
de signataires... Les lycéens ont reçu des
engagements de la part du gouvernement. Alors ça, tu n'es encore en place au mieux que pour
six mois, mais il y a eu
des
annonces.
Il a fallu quand même un mois au président de la République pour recevoir les organisations lycéennes. Et au bout d'un mois, pardon, mais il annonce quelques mesurettes. Et les syndicats ne sont pas dupes. Quand ils sont sortis du rendez-vous à l'Elysée, ils ont dit très clairement, c'est de
l
'arnaque. Et nous,
on
n'est pas là pour faire de la figuration. On est là, on a dix
mesures. Est
-ce qu'on n'est pas en train de
provoquer
ici ? Une sorte de
rupture d'égalité face au bac avec certains lycéens, certains étudiants qui sont empêchés d'aller étudier. Je reviens à cela. On a des bacs blancs qui vont être organisés dans beaucoup d'établissements en décembre. On a aussi le contrôle continu. Qu'est-ce qu'on va faire du bac finalement en fin d'année ? Il va falloir l'adapter,
le braver ? C'est intéressant que vous parliez de rupture d'égalité.
Est-ce
que c'est précisément contre cette rupture d'égalité que se mobilisent les lycéens et les lycéennes ? S'ils se mobilisent, c'est parce que dans le cadre de Parcoursup, il y a une inégalité entre les établissements et qu'ils demandent notamment l'anonymisation des établissements.
Parce
qu'ils savent très bien qu'en fonction des établissements, si vous venez d'un REP+, en Seine-Saint-Denis, vous n'avez pas les mêmes chances qu'un lycée du centre Paris. S'ils se mobilisent,
c
'est parce que les professeurs sont moins bien remplacés dans le 93 et dans certains départements que dans d'autres. Donc c'est précisément pour rétablir cette égalité qu'ils se mobilisent. Donc je trouve que le terme que vous utilisez est le bon. C'est contre cette rupture de l'égalité. Et j'espère que
d'ici la fin... On en fera quoi du bac
avec toutes ces journées de cours qui n'auront pas
eu lieu ?
On est au mois de novembre. J'espère que le mouvement n'aura pas à durer et que les revendications seront satisfaites le plus rapidement possible. Vous savez, moi je suis d'une génération où j'ai eu mes premiers engagements. C'était contre le contrat première embauche en 2006. Ça ne nous rajeunit pas. Et à l'époque, on avait bloqué nos lycées pendant plus de trois mois. On avait obtenu gain de cause. Le CPE avait été retiré par Dominique de Villepin. Comme quoi, à l'époque, la droite était capable d'entendre les revendications lycéennes. Et pour autant, le bac s'était déroulé dans de très bonnes conditions et les revendications lycéennes avaient été satisfaites. Donc c'est possible.
La mobilisation sociale en recul samedi dernier, c'est un essoufflement de la mobilisation ou pas selon vous ?
Non, pas du tout. Parce que si vous prenez les chiffres agrégés à l'échelon national, en réalité, il
y a
un certain nombre de villes où la mobilisation était tout bonnement interdite. À Marseille, à Lyon, à Saint-Etienne, il était interdit de
manifester dans toute la ville. Est-ce que les syndicats vous ont fait
faux bon ? La CGT n'a pas déposé
de demande à Marseille ? Non, ils ont déposé, ça a été interdit.
Et c'est là où on arrive dans une situation assez inédite dans notre pays où la liberté de manifester, le droit de manifester qui est protégé dans notre constitution est en train d'être attaquée par le pouvoir en place. Et c'est pour ça que la mobilisation de samedi dernier, elle était évidemment pour des moyens d'en éducation, contre la vie chère, mais elle avait une teneur singulière de défense de nos libertés fondamentales.
Parce qu'aujourd'hui, on vit dans un pays où, à travers la multiplication des couvre-feux, les interdictions de manifestations, l'instrumentalisation des services de renseignement contre une force d'opposition qu'est la France insoumise, comme l'ont révélé vos confrères de Mediapart, le glissement, la pente autoritaire qu'on est en train de prendre est extrêmement dangereuse. Et je veux bien
qu'on la mesure. Emmanuel
Macron nous a amenés à être dans un régime autoritaire, selon vous, Manon Bré, aujourd'hui ?
En tout cas, on est en train de prendre une pente autoritaire. La Ligue des droits de l'homme, Amnesty International, alerte. Ils saisissent la Commission nationale des droits d'homme. Ils saisissent le défenseur des droits. Ils saisissent même l'Organisation des Nations Unies et invitent à une mission d'observation dans notre pays. Et oui, je crois qu'un certain nombre de digues sont en train d'être tombées.
Emmanuel Macron dit, « Le débat électoral et les unions doivent prendre le pas sur la démocratie sociale et la rue. »
Ça
vous inspire quoi ? Qu'est-ce que vous répondez au président de
la République
? Les leçons de démocratie d'un président de la République, Emmanuel Macron, qui n'a eu que faire de la démocratie sociale ces dernières années, qui a organisé des élections législatives pour ne pas tenir compte du résultat, franchement, c'est un peu fort de café. Pour le reste, les élections présidentielles, ça ne m'a pas échappé, ont lieu dans six mois. Évidemment, nous faisons campagne avec Jean-Luc Mélenchon et si nous arrivons au pouvoir, nous débloquerons les 10 milliards d'euros qui sont demandés par les lycéens dans notre pays. Nous procéderons au blocage des prix des produits de première nécessité et notamment au prix de l'essence. Mais pardon,
je pense que les gens,
aujourd'hui, ne peuvent pas attendre six mois. Ils ne peuvent pas attendre six mois. Donc
vous demandez des élections présidentielles
anticipées. Vous demandez aujourd'hui, concrètement, pour bien savoir, la démission d'Emmanuel Macron.
Je
pense qu'en tout cas, le président de la République doit soit céder, soit partir. C'est
ce
qu'a dit
Jean
-Luc Mélenchon. Ça veut dire quoi, concrètement ?
Soit il cède aux revendications sociales et il donne un peu d'air frais aux gens qui, aujourd'hui, doivent choisir entre faire le plein d'essence, le petit plaisir du week-end pour leurs enfants ou tout simplement remplir leur frigo. Soit s
'il n'est pas capable de répondre...
Emmanuel Macron, vous ne serez pas satisfait ?
Non ! Si demain, Emmanuel Macron annonce le blocage des prix de l'essence à 1,70€,
si
demain, Emmanuel Macron annonce débloquer 10 milliards d'euros pour l'éducation, on sera les premiers à s'en féliciter. La réalité, c'est qu'on est extrêmement loin de ça. La réalité, c'est que quand même il y
a
eu 3 millions de gens dans la rue, contre la réforme des retraites, l'ensemble des syndicats, une grande majorité de la population française, Emmanuel Macron a fait passer sa réforme des retraites par 49,3€. Il s'apprête à faire passer son budget par 49,3€. On voit très bien qu'Emmanuel Macron est dans son bunker, isolé, à l'Elysée, et il gouverne aujourd'hui contre le peuple. Et franchement, 10 ans de macronisme, c'était extrêmement long. On n'en voit plus le bout. Donc, soit il fait un geste pour le peuple, soit, en effet, il vaut mieux qu'il parte.
Jeudi, mobilisation et appel à la grève générale de la part de l'intersyndicale. Vous serez mobilisés, vous serez
dans la rue Manon Aubry,
oui ?
Bien sûr, nous serons dans la rue, à leur côté, et j'appelle tous les salariés du pays à suivre le mouvement appelé par les syndicats.
Avec l'aide de l'exécutif qui annonce qu'il va faire en sorte que la manifestation se passe dans le bon ordre. On a vu encore des images assez choquantes samedi dernier, notamment, vous l'avez vu, de ce gendarme qui a été incendié, qui a reçu un engin incendiaire sur lui, qui a été blessé. Ce sont des images, j'imagine, qui vous ont choqué, vous aussi ?
Bien sûr, ce sont des images qui sont choquantes. Vous savez, nous, on a toujours détesté la violence, quelques formes qu'elles prennent, par objectif politique, mais aussi par nécessité. Et on croit plutôt à la massification des mobilisations sociales. Comme je suis aussi choquée par la violence qui s'est exercée de la part des forces de l'ordre contre les manifestants ces dernières semaines. On ne compte plus les personnes éborgnées, les mains arrachées, et l'utilisation de ces armes de guerre, parce que les LBD, les grenades de désencerclement, sont des armes de guerre. Et il n'y a qu'en France qu'on voit le terrible bilan humain
que portent aujourd'hui les manifestants. Avec des enquêtes de l'IGPN qui
ont été ouvertes,
on verra ce que ça donnera. C'est intéressant,
parce que ces enquêtes de l'IGPN, il y
a
vos confrères de l'œil du 20h, qui ont révélé
que
plus
de
la moitié de ces enquêtes ont été confiées à des cellules locales dont les directions sont souvent les mêmes que les policiers
qui sont mis en cause. Dans les mêmes bâtiments, les mêmes commissariats, il y a effectivement toute une question à ce sujet.
Et en l'occurrence, quand il y
a
eu des enquêtes qui ont été ouvertes de l'IGPN au moment des Gilets jaunes, il y en a eu 456 qui ont été ouvertes. Seulement 6 d'entre elles ont abouti. Donc oui, il y a un enjeu aujourd'hui sur la démesure des forces de l'ordre et la nécessité de protéger le droit de manifester en
France. Manon
Bré, je rappelle l'eurodéputée de la France Insoumise. Question courte, réponse courte, puisque le temps file. Mettre en place des tracés, des parcours de manifestation en dehors des centres-villes pour jeudi prochain, le 5 novembre, vous y êtes favorable ?
Absolument pas. Ça fait partie des restrictions au droit de manifester. C'est
ce que demandent les commerçants.
Pour
la manifestation, c'est pas vrai, parce que la manifestation de samedi dernier, je prends l'exemple à Paris, elle devait se tenir entre Bastille et Nation. Ça a été invalidé par le tribunal administratif qui a fait tomber l'arrêté d'interdiction. Donc jusqu'à vendredi soir, on devait manifester entre Bastille et Nation. Et puis le gouvernement...
Parce
qu'il ne faut pas décider justement, là d'ores et déjà, pour éviter justement ces
allers
-retours, de se dire, ben voilà, on fait un tracé. C
'est le gouvernement qui a
joué avec le feu.
Plutôt
que de nous laisser préparer la manifestation entre Bastille et Nation, ils ont préféré faire appel devant le Conseil d'État le vendredi à
minuit. Donc pour
vous, le 5
novembre, ça ne
sera pas en dehors du
périph' parisien ? C'est eux qui
organisent le chaos, la désorganisation. Donc moi, ce que je demande au gouvernement, c'est de nous laisser manifester, comme on l'a toujours fait, de valider les
parcours qui ont été. Mais
bien sûr, à Paris et ailleurs d'ailleurs, parce que je rappelle qu'il y a des villes où ça a été tout bonnement interdit.
Parlons un petit peu de la présidentielle. On a du coup, samedi prochain, le grand meeting de Jean-Luc Mélenchon qui sera au Bourget, avec plusieurs questions qui se posent. Il se dit qu'il pourrait y avoir certains ralliements politiques. On parle notamment d'un soutien potentiel du parti de Benoît Hamon. Génération, ce sera le cas ou pas
?
Les annonces seront faites en temps et en heure. Mais ce que je peux vous dire, c'est que oui, nous sommes dans une dynamique d'élargissement. Et qu'aujourd'hui, la campagne de la France insoumise regroupe autour d'elle des sympathisants, mais aussi beaucoup plus largement des hommes et des femmes de gauche qui se disent que la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la seule qui peut nous permettre de l'emporter en avril 2027 prochain, de faire face à Marine Le Pen. Donc oui, il y aura des gens qui vont nous rejoindre dans cette campagne. On
aura l'occasion
de l'annoncer en temps et
en heure.
Soyez patient. Soyez patient, soyez patient.
Mais on
aura plein de bonnes nouvelles à vous annoncer.
D
'ailleurs, la question se pose pour différents élus de gauche, pas uniquement ceux qui sont aujourd'hui à Génération, avec lesquels nous sommes en discussion. Et moi, ce que je souhaite, c'est une dynamique
la plus large possible.
Marine Tondelier, la candidate, il y
a
toujours candidate écologiste à la présidentielle. Est-ce que vous l'appelez à se ranger une nouvelle fois derrière Jean-Luc Mélenchon ?
Moi, je souhaite, et c'est un secret pour personne, que les écologistes puissent nous rejoindre. Parce qu'aujourd'hui, il y a à la fois une dynamique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, mais dans les faits, les votes sont essentiellement convergents à l'Assemblée nationale, et d'ailleurs aussi au Parlement européen, entre les écologistes et les insoumis. Et maintenant, ils ont choisi leur propre calendrier. Je suis respectueuse du calendrier des uns et des autres. On ne
va
pas s'arrêter de faire campagne en attendant. Je dis juste qu'à tous les écologistes du pays, il y a une candidature
aujourd'hui qui permet... Elle a posé des conditions à l'accord
de gouvernement, à l'accord pour les législatives, notamment, c'est ce qu'a dit Marine Tondelier. Vous êtes prête à accepter cela, à céder sur ces
conditions ? Mais vous savez,
nous, dès le début, dès le printemps dernier, on avait appelé à une nouvelle alliance populaire. On s'est adressé à toutes les formations du nouveau Front populaire qui ont tenu leurs engagements, qui ont été fidèles à ce programme. On leur avait dit très clairement, retrouvons-nous sur le fond et sur la stratégie de campagne. Parce que nous,
on
ne met jamais de côté le fond. On présente notre programme. Il sort vendredi prochain en librairie. L'Avenir en commun renouvelé. Tout le monde pourra le trouver. Vous pourrez aussi, évidemment, le trouver en ligne. Il y aura un grand meeting, vous l'avez dit, au Bourget samedi. C'est gratuit.
J
'invite tout le monde à venir parce qu'il y a plus de 1000 propositions qui seront faites du contenu politique pour faire face aux défis d'aujourd'hui,
aux
défis écologiques, aux défis sociaux,
aux défis démocratiques. Marine Tondelier aurait sa place
dans un gouvernement au cas de victoire en
2017 ? Les écologistes ont leur place dans tous les cas. De la France Insoumise ?
Maintenant, la question qui leur est posée, c'est est-ce que vous avez envie de faire une candidature
de
témoignage qui pourrait nous faire manquer quelques voix pour aller au second tour ou l'emporter ? Ou est-ce que vous avez envie de soutenir la seule candidature écologiste qui peut aller au second tour ?
Merci Manon Oubry.
On reste
ensemble, eurodéputés de la France Insoumise, avec votre carte blanche à suivre. On va parler d'un texte qui est passé à l'Assemblée Nationale la semaine dernière, une victoire pour vous, vous allez nous le dire. Et puis on va revenir aussi sur ce coup de gueule, cette colère de Jean-Luc Mélenchon contre TF1 après l'interview hier dans le 20h d'Edouard Philippe. A tout de suite.
Le
Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Benjamin Glaze.
Et nous sommes toujours ce matin avec Manon Oubry, eurodéputée de la France Insoumise. Manon Oubry,
place
à votre carte blanche. Vous avez décidé de l'utiliser pour parler d'un texte voté jeudi dernier à l'Assemblée au sujet des AESH, ce sont les accompagnants d'élèves en situation de handicap. C'est à vous Manon Oubry. Oui,
je
voulais vous en parler, parce que dans l'actualité politique dense du moment, finalement, ça n'a pas fait la une des médias. Pourtant, ce texte, il est essentiel et il a été adopté à l'Assemblée nationale jeudi dernier à l'initiative de la France Insoumise. Il prévoit de titulariser tous les accompagnants d'élèves en situation de handicap. On a en France, dans notre pays, plus de 50 000 enfants en situation de handicap qui aujourd'hui n'ont pas d'accompagnants parce que c'est un métier dont il est très difficile de recruter. Je dis elles parce que ce sont la grande majorité des femmes, 90% des femmes. Elles sont payées en moyenne 800 à 900 euros par mois.
Ce sont souvent des temps partiels subis. Et le résultat, c'est qu'aujourd'hui, nos élèves en situation de handicap se retrouvent déscolarisés ou alors c'est les parents qui se retrouvent à arrêter de travailler pour les accompagner. Je crois que cette victoire est une belle victoire et la démonstration de l'utilité. La France Insoumise, un jour, on a obtenu aussi d'autres victoires, notamment l'accompagnement psychologique.
On a les moyens aujourd'hui concrètement en
France de revaloriser comme ça des TMSH.
Oui,
créer un corps de fonctionnaires, c'est faisable, ça ne coûte pas beaucoup d'argent. Mais en revanche, c'est permettre une garantie d'égalité. On parlait un peu plus tôt dans l'interview d'égalité et de mise en pratique de l'égalité devant la loi pour que tous les élèves du pays, quelle que soit leur situation, puissent aller à l'école. Et je trouve que c'est un signe de ce que la France Insoumise peut faire si demain, elle arrive au pouvoir.
Parce
que le même jour, on a eu une autre victoire sur l'accompagnement, la prise en charge psychologique pour toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles. Et je trouve que c'est un bon signe pour l'avenir avant qu'on arrive au pouvoir.
Vous avez entendu le gong.
On
passe à la question aux auditeurs.
Bonjour Mme Aubry, Dominique de Roussillon. Donc ma question est le débat public national est de plus en plus polarisé en ce moment. Les désaccords deviennent des affrontements, de la violence verbale, des anathèmes inutiles. Pensez-vous sincèrement aujourd'hui pour le bien de notre sublime pays et de son peuple qu'il soit à nouveau possible de dialoguer sereinement avec un adversaire politique ? Merci de votre réponse Mme Aubry.
Mme
Aubry.
Bien sûr que le dialogue c'est l'essence même de la démocratie. Je crois pour ma part participer à de nombreux débats politiques avec des adversaires politiques, des gens que je combats de toutes mes forces. Je pense notamment à l'extrême droite, au Rassemblement national qui n
'est
pas plus tard que jeudi dernier, a tout fait pour empêcher un vote sur l'augmentation du SMIC à 1700 euros net parce qu'ils s'y opposent de toutes leurs forces. Et nous on veut démontrer à quel point ils sont une arnaque sociale mais on peut le faire dans un cadre apaisé, dans un dialogue politique, argument contre argument. Et si une démocratie n'est plus capable d'organiser ce débat politique, alors oui,
il y a de quoi s'inquiéter.
Manon Aubry. Est-ce que c'est dialoguer que d'insulter, d'invectiver un journaliste de BFM comme Jean-Luc Mélenchon l'a fait ? Et vous BFM, ça suffit avec les remarques racistes.
C
'est ça un dialogue apaisé aujourd'hui ?
En l'occurrence, ce dont il parlait, c'était le climat, l'ambiance, du racisme systémique qui est véhiculé par un certain nombre de médias et qui a conduit au drame que l'on connaît, c'est-à-dire un attentat raciste et négrophobe attrape... Alors
quels sont les médias
responsables selon vous de
cet attentat ?
Par exemple, quand BFM TV, le soir du 17 octobre, invite à une heure de grande écoute Éric Zemmour qui est un multicondamné pour incitation à la haine raciale. Le même Éric Zemmour qui parle des violences du 17 octobre comme issue du grand remplacement et je cite « horde arabo-musulmane », oui, c'est dangereux et oui, je pense que BFM TV a une responsabilité. Ce ne
sont
pas les seuls à l'avoir invité.
C'est-à-dire que quelqu'un qui a été
condamné, qui a purgé sa peine pour le coup, doit
ne pas
être invité quand
même
? Quelqu
'un qui est
condamné pour incitation à la haine raciale...
Donc Éric Zemmour,
selon vous, ne doit plus être invité
dans les médias ?
Je pense que les médias doivent penser à deux fois et en tout cas à chaque fois qu'ils tiennent un discours qui participe à cette haine raciale. Là, par exemple, de parler de horde arabo-musulmane sans preuve, le journaliste a une responsabilité de rétablir les faits. En pratique, ni sur BFM ni sur LCI quand il a été invité, il n'a été contredit. D'ailleurs, pas plus tard que hier aussi, quand Édouard Philippe tient ce même
type de propos sur TF1, il ne l'est pas repris.
Donc il
y a quand même un sujet.
D'un mot sur cette pétition qui a été dévozée sur le site de l'Assemblée nationale qui appelle à supprimer CNews de l'audiovisuel français. On a plus de 460 000 signatures à l'heure actuelle. Vous l'avez signée ou pas
?
Moi, je n
'ai
pas encore l'occasion de la signer, mais je la partage dans les grandes lignes parce qu'aujourd'hui, on a une chaîne qui a été rappelée à l'ordre à de nombreuses reprises par l'ARCOM qui est une forme de gendarmes et de contrôle des médias qui contrôle aussi Sud Radio et tous les médias de France. Et à de très nombreuses reprises, CNews a été rappelée à l'ordre pour un mauvais contrôle de leur plateau télé. Un certain nombre de fake news qui ont été
diffusées. Vous continuez d
'ailleurs, je crois,
à
être
sur
CNews vous-même, Manon Bré. Je ne sais pas si
vous allez continuer à
y aller. Nous continuons parce que la
bataille doit se mener partout, y compris là où nous sommes en désaccord.
C'est
paradoxal, c'est-à
-dire
qu
'il faut
mener le combat partout mais
en
même temps supprimer CNews ?
Pour être honnête, si on n'allait que dans les médias avec lesquels on était d'accord, on n'irait pas sur beaucoup de médias. Mais ça ne nous empêche pas de critiquer fondamentalement la manière dont l'antenne est tenue à CNews qui, à de très nombreuses reprises, a repris un certain nombre de fake news. Je pense notamment qu'il s'en est pris à l'avortement, par exemple, pour ne prendre que cet exemple. Donc, oui, il y
a
un certain nombre de règles qui doivent
être respectées dans
notre pays.
Je vous
laisse juge
de vos propos parce que pour le coup,
je
n'ai pas...
Ils ont été repris à
l'ordre par la recommandation.
Manon Bré, on en parle sur les réseaux sociaux. Vous parliez justement d'Edouard Philippe il y a quelques instants. Félix Mathieu nous a rejoint puisque Félix, Jean-Luc Mélenchon a décidé d'anneler une prochaine interview prévue sur TF1, c'est ça ?
Oui, il a vivement réagi à l'interview d'Edouard Philippe hier soir aux 20h de TF1.
Je
vous cite le message du candidat de la France Insoumise sur les réseaux sociaux. Anne-Claire Coudray reprend à son compte les calomnies racistes d'Edouard Philippe lequel déroule son discours dégoûtant sans être interrompu. Lundi, écrit Jean-Luc Mélenchon, je n'irai pas aux 20h de cette chaîne. Lundi, c'est-à-dire aujourd'hui. Ce qui a déplu en fait à Jean-Luc Mélenchon ce sont donc notamment ses propos du candidat Horizon en réponse à la présentatrice de TF1, Anne-Claire Coudray.
Vous avez dit suite à cette journée la surreprésentation des jeunes issus de l'immigration parmi les émeutiers. Quelle conclusion en avez-vous tiré de ce constat ?
J'ai constaté que le modèle français d'intégration républicaine a produit des réussites exceptionnelles. Mais qu'il me paraît évidemment constatable que ce modèle d'intégration il connaît des ratés, des imperfections. Dans les images que nous avons vues des pillages, il y avait de fait un certain nombre important de jeunes français sans doute que je considère comme des français issus de l'immigration. Ce qui traduit un sujet qu'on doit regarder les yeux dans les yeux.
Et l'ancien Premier ministre a ensuite évoqué une urgence, je le cite, de refaire nation, de citer par exemple l'idée d'un service national obligatoire. En tout cas après le message de Jean-Luc Mélenchon qui annonce donc annuler sa venue sur TF1 suite à ce qu'il qualifie de calomnie raciste. Edouard Philippe lui a répondu sur les réseaux sociaux, je le cite Edouard Philippe, « Monsieur Mélenchon, vous portez avec Madame Le Pen une responsabilité immense dans la violence qui se répand en France. Pour vous, les pilleurs, d'où qu'ils viennent, étrangers ou français, sont des modèles d'intégration et les casseurs d'extrême gauche des victimes de la police.
» là pour la réponse d'Edouard Philippe. Manon Brie, est-ce qu'une chaîne de télévision est comptable de tout ce que peuvent dire ces invités politiques ? Là en l'occurrence, on parle d'un ancien Premier ministre dont la parole est a priori jugée crédible.
Une
chaîne de télévision est comptable des
faits.
Et quand la présentatrice de TF1 reprend à son compte et parle de constat en parlant de personnes origines...
On l'a entendu, elle dit « vous dites
» Edouard Philippe.
Oui, mais elle parle de ce constat comme si c'était avéré. Et en l'occurrence, ce n'est pas avéré. Ça s'inscrit dans la droite lignée d'Éric Zemmour que j'évoquais un peu plus tôt qui reprend cette idée que ceux qui ont participé aux violences du 17 octobre sont des gens essentiellement issus de l'immigration. Ça n'a pas été prouvé par les faits. D'ailleurs, quand nous sommes allés à Matignon, à la rencontre du Premier ministre, à la demande du Premier ministre, et quand ils ont analysé le profil sociologique des personnes qui étaient impliquées, ils ont dit que globalement c'était des gens qui n
'étaient pas politisés.
Est-ce que
la vie la liberté
de la presse et journaliste, c'est un beau métier, c'est une valeur fondamentale et ça nous confère aussi un droit.
Jean-Luc Mélenchon est très souvent invité sur LCA et sur Téléphone 1.
Et de la même manière où
vous
me posiez la question un peu plus tôt, on est invité sur toutes les chaînes sur lesquelles on est invité, ce qui ne nous empêche pas d'avoir un regard critique sur la manière dont les médias traitent aujourd'hui l'information. Et il y a quand même un sujet dans notre pays. Quand on sait que 90% des médias sont détenus par 9 milliardaires, il y a un sujet sur la concentration des médias, sur la liberté de la presse. Et c'est quelque part pour défendre votre métier de journaliste et la liberté de la presse que l'on se bat. Donc quelque part, vous devriez nous dire merci.
On attaque Anne-Claire Coudray en l'occurrence. Elle n'est pas indépendante, Anne-Claire Coudray, les présentatrices du 20h de TF1 ? C'est ce que sous-entend Jean-Luc Mélenchon.
En l'occurrence, là, ce qu'il dit très clairement, c'est que la manière dont il aborde ce sujet en ne rétablissement pas la vérité et donc en participant à propager une haine contre les personnes issues d'immigration qui
divisent notre société.
hier, fait le jeu du racisme ?
En l'occurrence, sans rétablir les faits et la réalité sur le sujet, la réponse est oui. Et je le regrette. Et je pense de nouveau que la responsabilité des journalistes à chaque fois
que ce type... Ça veut dire qu'Anne
-Claire Coudray devrait s'excuser, selon vous ?
Je pense qu'en tout cas, elle devrait réfléchir à deux fois quand elle reprend à son compte des faits qui ne sont pas avérés. Moi, si je dis des choses qui sont fausses à votre antenne, j'espère que vous allez me reprendre. J'espère. Et donc, j'espère qu'elle en fait de même. Voilà. Après, Jean-Luc Mélenchon a eu l'occasion de s'exprimer
sur le sujet. En tout cas, vous confirmez
que Jean-Luc Mélenchon ne sera pas aujourd'hui sur TF1 ?
À ma connaissance, je n
'ai
pas encore eu l'occasion d'échanger avec lui depuis, mais à ma connaissance, il n'y ira pas.
Merci beaucoup, Manon Aubry, eurodéputée,
la France
Insoumise. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio. Bonne journée à vous. Merci, Félix. 9h01, on revient dans un instant sur Sud Radio. On a du retard, on se dépêche. À tout de suite.
Manon Aubry