Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national de la Somme – 22/12
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwish Chevrillon. Vous êtes bien dans le 18-19 avec mon invité, c'est l'homme qui veut rouvrir les maisons closes. Bonsoir Jean-Philippe Tanguy. Merci d'être avec nous, plus sérieusement vous êtes...
Vous remarquez c'est très très sérieux, on y reviendra, sauf qu'ici on va peut-être plutôt parler d'économie parce que vous êtes le monsieur économie du Rassemblement National et vous êtes député de la Somme et très intéressant surtout aujourd'hui, vous faisiez partie de la commission mixte paritaire donc qui a échoué, la loi spéciale, une loi spéciale est en préparation, les consultations sont encore à Matignon, pour vous c'était écrit d'avance non ?
Écoutez oui on peut vous redire que c'était écrit d'avance mais ce qui est surtout écrit d'avance c'est cette facilité qu'a le gouvernement et leurs alliés socialistes à faire payer par plus de déficit et plus de dettes, tout leur acte politique...
On va en revenir sur la commission mixte paritaire, sur le fait d'échouer à trouver un accord entre le Sénat qui lui ne voulait pas des hausses d'impôts et l'Assemblée Nationale qui avait voté beaucoup de hausses d'impôts quoi.
Tout à fait mais si je reviens là-dessus c'est parce que les deux étaient d'accord pour faire du déficit c'est-à-dire comme la grande nouvelle qui est venue du Sénat et je vais vous dire à mon étonnement même c'est l'aggravation du déficit de 0,3 point par les sénateurs qui s'ajoutaient, sénateurs LR, sénateurs qui sont quand même soi-disant sous les ordres... Ils ne voulaient pas de hausses d'impôts ?
Non mais si vous ne voulez pas de hausses d'impôts vous baissez les dépenses et les sénateurs ont encore alourdi les dépenses et les seules économies qu'ils ont faites c'est des économies sur l'avenir notamment par exemple le programme France 2030 alors qu'est un programme c'est pas le mien enfin c'est un programme d'investissement dans le nouveau nucléaire dans l'industrie de demain s'il y a bien un endroit où il ne fallait pas couper c'était ça il y a quand même, et vous le savez bien Madame Févrillon, il y a 57% du PIB dans la dépense publique donc on parle de plus de 1500 milliards de dépenses de l'Etat ils ne sont pas capables de trouver 10 milliards non, enfin écoutez, tout ça n'est pas sérieux en fait c'est l'enlisement de gens qui gouvernent ou prétendent gouverner depuis 30 ans qui sont totalement en échec moi c'est ce que je leur ai dit à la CMP c'est vraiment, on est dans le fond de cuve du système Est-ce que vous renvoyez dos à dos les sénateurs et les députés ?
Totalement, totalement et c'est ce que Marine Le Pen avait appelé en son temps l'UMPS alors aujourd'hui c'est le PS et les LR et la Macronie qui est un peu la caricature des deux mais après 8 ans de gouvernement des dépenses que la Cour des Comptes qualifie de hors contrôle le fait qu'ils soient incapables de trouver des économies moi je ne sais plus quoi dire Madame Montchalin, ministre des Comptes publics avait annoncé l'année dernière d'ailleurs je crois que c'était dans votre groupe réduire d'un tiers les dépenses des agences bon ben finalement il n'y a rien
il n'y a rien mais surtout c'est que la Cour des Comptes a notamment montré que ça n'a rapporté pas grand chose
parce que la Cour des Comptes confond la suppression des agences et la suppression des budgets qu'ils contrôlent c'est sûr que si vous supprimez que la com comment dire et les structures vous faites 500 millions à 1 milliard d'économies enfin si on s'attaquait aux dépenses stupides par exemple ma prime rénov' parce que là j'ai vu que tout le lobby s'agitait ah ben oui
c'est même le communiqué là devant moi
ah ben vous voyez bon les grands esprits se rendent compte donc la prime rénov' on nous explique que c'est scandaleux à partir du 1er janvier il n'y aura plus d'argent mais enfin écoutez ma prime rénov' c'est une gabegie monumentale c'est un lien à fraude ça ne fonctionne pas tout le monde sait que ça ne fonctionne pas
c'est pour ça que le gouvernement l'avait suspendu je recevais Jean-Christophe Font justement qui est le président des artisans la semaine dernière qui a même défilé dans la rue en disant mais c'est vrai que c'est une catastrophe pour nous s'il n'y a pas ma prime rénov' vous lui dites c'est une gabegie incroyable
oui il faut totalement changer donc nous on a proposé un nouveau dispositif avec Marine Le Pen et Jean-Tane Bardella qu'on a appelé 100% rénov' en fait on revient près à taux zéro sans paperasserie sans bureaucratie sans critères incompréhensibles il faut bien comprendre qu'à chaque fois vous mettez des critères bureaucratiques avec un machin une agence qui doit gérer tout ça forcément c'est un nid à fraude et j'allais dire un nid à emmerde donc il faut supprimer tout ça vous mettez un prêt à taux zéro vous faites confiance aux acteurs économiques aux forces de marché à l'offre et à la demande et ça se régule tout seul donc vous renvoyez les artisans dans leur but là ?
non je les renvoie à leur métier et leur métier vous faites un prêt à taux zéro vous avez le système bancaire qui connait les clients qui sait qui est solvable qui ne l'est pas vous avez des artisans un monde du bâtiment qui fait son métier tout ce petit monde c'est travaillé ensemble et on n'a pas besoin d'une agence si vous voulez au milieu un machin moi je connais des gens qui travaillent dedans c'est n'importe quoi franchement même les agents les fonctionnaires ou les contractuels qui sont là dedans ils ne s'en sortent pas donc c'est de la fraude c'est du temps perdu
alors on va justement essayer de savoir vraiment une incapacité dans la réforme vous allez voter la loi spéciale ?
bien sûr on va voter parce que ne pas la voter c'est la politique du pire donc on n'est pas pour la politique du pire
sur le budget après on reviendra un peu sur on va essayer de comprendre sortir un peu du grand flou du programme économique du Rassemblement National alors du programme économique mais même de votre contre-budget enfin des différentes mesures on reviendra sur la question de la réforme des retraites mais avant je voudrais quand même qu'on reste un instant dans l'actualité Jean-Philippe Tanguy quand on regarde là c'est les dernières consultations à Matignon vous allez être reçu à Matignon ?
écoutez je ne sais pas on devait vous deviez oui ? oui oui certainement je ne sais pas je n'ai pas eu d'informations sur le rendez-vous
d'accord ok en tous les cas ce n'est pas ce soir ça sera plutôt demain
visiblement non
visiblement non on voit vous avez raison de le dire les dettes ne cessent d'augmenter l'INSEE a sorti des chiffres qui font un peu froid dans le dos 66 milliards d'euros en trois mois on attend 117,4% du PIB c'est un record historique un nouveau pic historique puisqu'il y a eu le Covid évidemment est-ce que le fait de ne pas avoir de budget est-ce que c'est grave finalement ?
écoutez on voit bien qu'en tout cas le budget qui est censé être voté aggrave la situation moi j'ai pris un chiffre simple entre la loi de programmation des finances publiques qui prévoyait le redressement des comptes publics qui était voté en 2023 donc après la guerre en Ukraine après l'hyperinflation après le Covid tous ces phénomènes n'ont rien à voir en l'occurrence et aujourd'hui il y a un écart sur la dette de 270 milliards la dette est supérieure à 270 milliards de ce qu'elle a été prévu donc on n'est pas dans l'épaisseur du trait vous voyez bien qu'on est dans le phénomène que vous connaissez bien qui est l'effet boule de neige qu'a connu l'Italie ou d'autres démocraties européennes où il y a un moment il y a un effet d'emballement de la dette et d'incapacité d'un gouvernement à contrôler le déficit donc la dette avec un emballement des taux d'intérêt et on voit bien que la dette est en train de grossir de manière beaucoup plus forte qu'est-ce qui était prévu parce que vous avez à juste titre 10-66 milliards sur le dernier trimestre c'était 70 milliards sur le trimestre d'avant donc on est quand même sur deux mois à 130 presque 140 pardon milliards d'euros donc sur un an on a une tendentielle à 300 milliards d'euros par an enfin je ne sais pas si on se rend compte de ce qui est en train de se passer or à chaque fois là-dessus vous savez qu'on a un stock de dette qui était avec des taux très bas autour de zéro avec la politique de la France
c'est clair
voilà donc là par contre on emprunte entre 3 et 4% oui 3-6
enfin oui
3-4% oui exactement donc on prend 3-6 donc sur 150 milliards ça veut dire qu'on est à presque 6 milliards entre 5 et 6 milliards d'intérêts nouveaux sur seulement 6 mois donc c'est pour ça que là il faut vraiment un plan de redretement des finances il faut stopper cet effet boule de neige c'était un peu vous en avez parlé le but de notre contre-budget
alors justement on va voir là-dessus parce que juste encore un point Bercy Amélie Montchalin a dit que la loi spéciale le fonctionnement de la France avec une loi spéciale ça coûtait à peu près 11 milliards d'euros évidemment sur un an à supposer qu'on la prolonge d'où viennent ces chiffres ?
d'un cabinet noir sans doute de propagande parce que même Philippe Juvin rapporteur LR du budget ce matin sur BFM sur l'entrée BFM
a dit que c'était faux
pour l'année dernière les 12 milliards donc moi ça fait un an je dois dire j'ai entendu les propos de Philippe Juvin rapporteur général du budget avec une certaine satisfaction parce que ça fait un an que je mène une croisade contre ce chiffrage de Bercy qui est faux et entendre le rapporteur général qui a accès à toutes les données dire qu'effectivement c'est un faux chiffre ça m'a un peu rassuré en fait l'essentiel de ce que dit madame de Montchalin c'est une incapacité d'augmenter les impôts ou de priver les gens de pouvoir d'achat type des indexations des pensions de retraite c'est comme ça qu'ils arrivent à ce chiffre or c'est pas des mesures d'économie ça voilà piquer de l'argent aux gens c'est pas des vraies économies donc
assistez que ça freine les dépenses donc c'est un côté en fait c'est pas mal la loi spéciale finalement oui c'est ce qu'on en avait dit l'année dernière
alors il paraît qu'il y a une note
ça oblige le gouvernement à faire des dépenses malgré lui non ?
alors moi j'ai peut-être pas une mission mais enfin un conseil à donner aux journalistes qui s'intéressent à ces sujets sur le fond il paraît qu'il y a une note de Bercy qui dit qu'en fait la loi spéciale c'est 5 milliards d'économies par les dépenses qui se pensent que ça gèle tout et je pense qu'on est plutôt dans cet étiage
d'accord ok après c'est pas non plus
une grande gestion c'est quand même un abandon total du politique moi j'avais dit en commission si la seule politique de ce gouvernement c'est tout geler et rien faire bon bah autant mettre un Ouistiti à la tête du gouvernement il fera plus d'économies que ce sera moins cher
Jean-Philippe Tanguy puisque vous parliez de Philippe Juvin ce matin il a dit une chose intéressante enfin il était très intéressant en soi mais il disait en fait il nous a manqué 4-5 jours pour trouver un accord avec le PS un accord de non censure ce qui fait que le budget serait passé vous y croyez vous ou pas ?
Alors c'est vrai que l'ambiance en commission mixte paritaire vous savez que c'est à huis clos donc il n'y a pas d'image mais je rejoins le rapporteur général il y avait une ambiance plutôt de compromis pour ne pas dire de compromission avec un parti socialiste qui mendiait un 49-3 c'est à dire qu'on a quand même des socialistes qui publiquement ont exigé que le gouvernement ne fasse pas de 49-3 donc ça veut dire que c'est le gouvernement qui ferait en fait les ajustements budgétaires à la place du parlement et une version publique où ils ne voulaient pas le faire mais c'est quand même une faillite totale de ce système parce que quand ils ont fait barrage à la victoire électorale du Rassemblement National ils avaient dit vous allez voir ne vous inquiétez pas on a entendu le message on va travailler ensemble on va résoudre collectivement les problèmes bon ben ils en sont incapables et en particulier il faut bien le dire le Sénat c'est quand même le Sénat qui expliquait depuis 30 ans que si on les écoutait la France serait mieux gérée ben ils ont eu le pouvoir là et puis ils ont fait encore pire que l'Assemblée Nationale
on va avoir un 49.3 avant la fin de l'année vous pensez ?
fin de l'année je ne sais pas mais en tout cas ce sera sans doute le début d'année moi je pense que M. Lecornu effectivement le message aussi des quelques jours qui manquait pour l'accord ils auraient pu faire une commission exparitaire au jour de bien en fait alors pourquoi ils l'ont fait vendredi je pense que M.
Lecornu depuis le début cherche toujours à gagner du temps alors il en fait perdre à la France parallèlement mais lui il cherche à gagner du temps alors on voit bien que là en empêchant que la commission exparitaire soit conclusive en faisant cette loi spéciale et en renvoyant les discussions à début janvier il gagne encore un mois et je pense que toute la stratégie en fait visait à arriver aux municipales
voilà c'est ça c'est ce que j'allais dire
l'objectif c'est les municipales en fait voilà en fait à rendre quasiment impossible un échec et les négociations et une dissolution parce que faire une dissolution pendant les municipales politiquement ça paraît compliqué alors moi je suis pour et je m'en fiche mais pour les autres forces politiques sans doute ce sera compliqué donc on voit bien qu'on n'est pas du tout dans l'intérêt national on n'est pas du tout dans la rationalité économique et budgétaire on est dans une médiocrité qui vise à faire payer par la dette et l'endettement le fait de ne pas faire de dissolution vous savez que l'année dernière quand même le bilan de l'année 2025 c'est quand même 25 milliards d'impôts et le
dont près de 45 votés par le rassemblement national mais non mais si on a absolument on a fait le décompte ici à BFM Business je les ai absolument la liste sous les yeux juste on va rentrer dans le vif du sujet parce que c'est intéressant que vous soyez là Jean-Philippe Tanguy parce que déjà on voit bien qu'il y a un petit un jeu de séduction de votre part enfin de votre part c'est de votre partie et notamment de Jordan Bardella vis-à-vis du patron des chefs d'entreprise est-ce que vous le est-ce que vous le ressentez est-ce que vous en êtes un peu à l'offensive est-ce que vous le regrettez parce que vous êtes plutôt peut-être sur une ligne qui était peut-être moins pro business que ne l'est Bardella comment est-ce que vous vous situez et est-ce que c'est vrai ce flirt ce grand flirt entre le patronat et l'ERN
moi je viens du monde de l'entreprise toute ma famille c'est des entrepreneurs à moitié c'est des entrepreneurs et moi-même mon début de carrière je viens du privé voilà j'ai fait l'essai j'ai fait Sciences Po dans le cadre d'une activité privée j'étais dans l'industrie je ne suis pas resté très longtemps à mon goût pour des raisons dont on ne va pas parler aujourd'hui moi je viens du privé je les connais par coeur donc évidemment c'est normal de vouloir expliquer notre programme et puis de prendre aussi des éléments intéressants qui viennent des différentes forces économiques ça peut être des grandes entreprises c'est aussi des petites des moyennes toutes les idées qui viennent des forces économiques mais c'est beaucoup plus pro-business qu'avant je pense que c'est surtout le monde patronal qui change le regard sur nous pourquoi ?
parce que comme en fait ils anticipent une possible arrivée au pouvoir ils se disent oh là là on n'a jamais discuté avec le Rassemblement National parfois même une partie du grand enfin du comment dire du MEDEF ou d'un certain nombre d'associations très parisiennes en fait pas forcément représentatives du vrai monde patronal était un peu dans le barrage le barrage contre le Rassemblement National donc ils se rendent compte que tout ça n'était pas très rationnel pour leurs intérêts et ils découvrent que le programme de Marine Le Pen et de Jordan Bardella est un programme de production en France
oui c'est sûr qu'il n'y a plus de taxe Zuckman il y en avait l'année dernière mais là il n'y a plus de taxe Zuckman il n'y a plus de prélèvement force interunique parce qu'avant vous vouliez augmenter le taux puis là il n'y en a plus maintenant mais vous voulez limiter un instant vous rencontrez vous rencontrez vous Marine Le Pen Jordan Bardella vous rencontrez beaucoup de chaînes d'entreprise oui oui c'est vrai parce que quand on cherche à avoir des noms personne n'ose c'est un grand secret
oui vous savez bien sur cette chaîne que de toute façon le monde patronal en général et le monde des affaires encore plus large n'aiment pas trop la politique et c'est vrai que ça fait un mauvais mélange et que c'est un monde qui n'aime pas trop que la politique devienne sur leur terre ce qui est d'ailleurs plutôt sain et plutôt normal parce que le monde syndical salarié où les politiques en particulier les politiques de gauche piétinent souvent l'indépendance syndical on voit que madame Binet ou madame Léon CFDT CGT bon espèce d'hybridation entre la gauche le centre gauche ou l'extrême gauche et le monde de syndical salarié
vous diriez qu'il y a une hybridation entre le RN et le patronat ?
non non pas du tout mais justement il faut que chacun reste dans son couloir
mais est-ce que vous avez rencontré des grands chefs d'entre vous ? oui moi je l'ai rencontré beaucoup ils vous invitent à venir chez eux
discuter ? non non c'est toujours des lieux neutres parce qu'on n'est pas dans la commission mais il y a plusieurs rencontres on est dans le travail oui mais aussi des PME il ne faut pas négliger les PME puis les ETI parce qu'on en parle c'est vraiment un milieu intéressant
on en reçoit très souvent ici les représentants
exactement c'est pour ça que je me permets je suis heureux de pouvoir en parler avec vous aujourd'hui c'est que c'est important si vous voulez de se parler et d'expliquer et d'anticiper parce que nous on part du principe qu'on peut gagner les élections pour le bien de la France donc il faut anticiper l'application de nos mesures par exemple quand on veut une grande simplification normative je prends la question de la construction du logement le logement je lis trop cher à fabriquer évidemment les bonnes propositions pour faire la simplification normative pour faire la différence entre une norme utile qui est protectrice pour tout le monde et des normes stupides ou coûteuses c'est le BTP c'est la CAPEB c'est l'AFB c'est eux qui savent tout ça évidemment
mais en même temps vous étiez si on regarde il y avait votre programme que vous aviez présenté du reste que tous les économistes avaient dit que ça coûtait extrêmement cher on n'en entend plus parler c'est la suppression de l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans la suppression de la TVA sur 100 produits de première nécessité la nationalisation des autoroutes l'augmentation de 15% des enseignants certains disaient non mais attends c'est pas réalisable sans parler du dossier des retraites qu'on va traiter
il y a deux choses différentes il y a des mesures qui effectivement c'est un peu caduque votre programme reconnaissait aujourd'hui non mais il évolue aussi avec les difficultés il évolue par exemple aujourd'hui c'est sûr qu'augmenter les enseignants de 15% ce qui était proposé en 2022 donc c'était quand même il y a 4 ans aujourd'hui c'est plus compliqué il faut trouver des solutions pour dégager des marges de manœuvre cette année on ne les a pas par contre la TVA limiter la TVA supprimer la TVA sur 100 produits de première nécessité c'était maintenu dans le contre-budget supprimer l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans on verra si c'est maintenu nationalisation des autoroutes c'est toujours dans le programme parce qu'en fait pour nous on rend de l'argent aux français comme ça c'est une opération qui est gagnante pour les finances de l'État
mais en même temps vous avez vu vous avez les critiques sur le budget tel qu'il a été discuté longuement à l'Assemblée Nationale quand on regarde nous on a chiffré 45 certains disent 53 milliards d'impôts qui ont été votés par vous par votre parti que ce soit taxe sur les services numériques l'impôt universel ciblé sur les multinationales taxe sur les rachats d'actions pour porter le taux à 33% ça fait plus de 8,4 milliards c'est beaucoup lorsqu'on a eu qu'aux Etats-Unis c'est taxé à 1% impôts sur la fortune improductive 4 milliards taxe exceptionnelle sur les super dividendes 1 milliard surtaxe d'impôt sur les sociétés 6 milliards retour la modernisation enfin sur l'exit taxe pour faire revenir les gens 70 millions d'euros voilà c'est un listing qu'il a fait Hugo Babel chez nous ça fait quand même un chiffrage bon il lui dit 46 milliards et encore on ne parle pas du pack d'Utreil que vous êtes pour modifier
vous êtes pour modifier non ? on le laisse oui enfin à la limite on veut le renforcer c'est-à-dire détaxer encore plus les héritages familiaux d'entreprises avec plus de détention plus de durée de détention
tout ce que j'ai dit est exact
non mais c'est-à-dire qu'en fait si on avait voté tous les amendements du RN on baissait les impôts de 45 milliards d'euros le problème Madame Févrion moi je n'ai pas de difficulté à répondre sincèrement à cette question c'est pour ça que vous avez laissé développer vos éléments qui sont vrais si vous voulez mais le problème c'est que comme nous sommes dans l'opposition nos votes sont perdus c'est-à-dire que toutes nos propositions de baisse d'impôt baisse de TVA vous en avez parlé baisse sur les impôts de production de 20 milliards d'euros baisse de l'impôt sur les sociétés
sur la CVAE ce n'était pas 20 milliards c'était la baisse effectivement aux impôts de production
nous on faisait CVAE plus C3S plus CFE donc en tout ça faisait 20 milliards
qui ont déjà été baissés pour une partie
pour la CVAE oui mais pas C3S et pas CFE donc on était sur une baisse massive de 20 milliards d'impôts de production la baisse de l'impôt sur les sociétés pour les petites moyennes entreprises et entreprises intermédiaires si vous voulez tout ça ça n'a pas été voté donc c'est vrai qu'à la fin les calculs sont un peu faussés le contre-budget qu'on a présenté c'était bien une baisse
de 45 milliards d'euros parce que je viens de vous lister
superdividend
rachat d'actions alors superdividend
on ne l'a pas voté c'est passé parce qu'on s'est abstenu mais sur les rachats d'actions et sur l'impôt sur la fortune improductive il s'agit d'un petit ajustement ça fait donc 9 milliards un ajustement fiscal ces deux-là ça fait 9 milliards d'un ajustement fiscal qui permet de financer les 50 autres de baisse et donc il y a 10 milliards d'ajustement fiscal 40 milliards de baisse des dépenses et ça fait 50 milliards à la fin
donc vous vous diriez quoi par rapport à la politique du RN vous êtes venu parce qu'on voit bien qu'il y a d'accord la ligne un peu historique portée par Marine Le Pen maintenant c'est plutôt la ligne Jordan Bardella vous qui êtes le monsieur économie du RN vous aussi comme vous dites on a évolué vous êtes d'accord que vous avez évolué est-ce que c'est un principe de réalité ou est-ce que c'est simplement parce que vous avez des chances de remporter les prochaines élections et que du coup vous dites qu'il faut qu'on soit plus responsable sincèrement
ça a toujours été un programme le programme de Marine Le Pen a toujours été un programme de produire en France ce qui est vrai c'est que depuis 2012 parce que la première campagne présidentielle de Marine Le Pen c'est 2012 les choses ont changé mais là je vous parle de 2023 à 2024
c'est le même programme contre budget c'était le 24 septembre 2025
c'est essentiellement le même programme que 2022 avec on a amélioré si vous voulez un peu la précision technique des mesures parce que comme on a un groupe parlementaire on a des capacités de travail en commission des finances qu'on n'avait pas avant mais c'est vraiment le même état d'esprit c'est-à-dire un choc de production baisse massive des impôts de production simplification normative simplification des processus avec notamment le rapport sur la réindustrialisation de mon collègue Alexandre Loubet que BFM
c'est toujours le même programme oui mais est-ce que ce n'est pas contradictoire de charger encore la barque pour les entreprises sur des impôts en plus et en même temps de leur dire et quoi on va fermer Brandt c'est une honte mais vous voyez bien quand même quand on voit le différentiel par exemple d'impôt d'imposition entre les allemands et entreprises allemandes et entreprises françaises c'est de l'ordre de 130 milliards
vous avez raison c'est pour ça qu'on a une baisse massive d'impôt de production mais si vous voulez l'impôt sur par exemple la taxe sur les rachats d'actions ça concerne une dizaine de multinationales en France c'est-à-dire que pour alléger le fardeau fiscal de 99,5% des entreprises il y a quelques ajustements qu'il faut faire mais enfin c'est à la marge et moi si vous voulez ce que je regrette un peu alors c'est peut-être nous aussi qui devons améliorer notre communication et je prends ma part dans l'amélioration qu'il faut faire c'est qu'on n'arrive pas visiblement à montrer à quel point on baisse les impôts voilà parce que non ça
oui mais pourtant on a beau l'affirmer le montrer parce qu'on a vu ce que vous avez voté ou ce que vous avez réussi en vous apprenant à faire passer
et dans les mesures que vous avez citées il y a des mesures qui sont un peu de la part du gouvernement malhonnêtes parce que la taxe c'est pas une taxe d'ailleurs la mesure sur la lutte contre la fraude fiscale l'optimisation fiscale des multinationales c'est pas une taxe ça veut dire qu'en fait on nous dit c'est 26 milliards mais en fait aujourd'hui l'optimisation fiscale des multinationales qui a été confirmée d'ailleurs par un rapport de l'OCDE qui est sorti il y a 3 semaines c'est 26 milliards d'euros mais il n'y a que personne ne prétend pouvoir recouvrir cette fraude on peut essayer de récupérer quelques milliards c'est pas une taxe
on peut parler parce que ça passe vite il nous reste 2-3 minutes des retraites on est passionnés c'était la première mesure qu'on prendrait c'est pas moi qui parle c'est Marine Le Pen si jamais on accède au pouvoir c'est le retour de la retraite à 62 ans alors c'était je vous l'accorde c'était il y a 2 ans est-ce que la retraite à 62 ans est toujours votre première mesure oui dans les premières mesures oui c'est dans les premières mesures essentielles parce que si vous voulez comment vous faites si vous voulez être responsable vous voyez bien qu'il y a plus de décès aujourd'hui que d'enfants qui naient que donc ça avec le nombre de cotisants est en train de diminuer qu'il faut gérer les papys baumeurs qui vont à la retraite comment est-ce que vous faites ça coûte 43 milliards votre proposition
43 milliards ça me paraît totalement exagéré
des économistes qui ont chiffré oui mais d'accord
c'est les mêmes économistes qui avaient dit que suspendre la réforme des retraites ça coûterait dès la première année 1 milliard 5 et puis 500 millions puis finalement c'est 100 millions donc il faut quand même se méfier et certains économistes touchent leur petit billet du système mais au-delà de ça si vous voulez ça fait 10 ans que le débat économique en France est complètement pollué par cette réforme on est d'accord on n'avance pas sur le reste donc en fait notre idée c'est écoutez on fait la réforme des retraites telle qu'on l'a présenté qui fait un consensus dans la population française et comme ça on avance sur les autres sujets qu'on avance sur les impôts de production on n'en a pas parlé ça bloque tout
ça bloque notre crédibilité vous voyez bien je veux dire à 62 ans c'est pas gérable aujourd'hui
et tout le monde partira pas à 62 ans en fait c'est surtout une mesure de défense des carrières longues aujourd'hui vous avez une grande injustice c'est une grande nuance vous voyez bien
je vais le dire
toute notre mesure est orientée vers ça en fait en garantissant ce départ à 62 ans vous protégez les carrières longues parce qu'après les personnes qu'on commence à travailler plus tard elles partent pas à 62 ans elles partent à leur entrée dans le marché du travail si c'est 21 ans plus 42 ans c'est 63 par exemple donc en fait tout ça est un peu caricaturé par nos adversaires et ça mérite de préciser vous êtes d'accord ?
oui mais on le précise régulièrement et je vous remercie de me permettre de le faire à nouveau mais c'est pas 62 ans pour tous c'est 62 ans pour ceux qui ont cotisé 42 ans et c'est par contre un peu moins pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans en fait toute notre mesure c'est considéré qu'il y avait une zone grise qui d'ailleurs explique l'échec de la réforme actuelle puisque c'est quand même un échec c'est qu'en fait on n'a pas traité le gouvernement n'a pas traité cette zone grise des gens qui commencent à travailler entre 20 et 22 ans qui cotisent en fait plus que les autres qui cotisent plus que les gens qui comme moi par exemple ont commencé à travailler tard parce qu'on a eu la chance de faire de grandes études et qui a fait à 67 ans n'a même pas cotisé 43 ans
ok donc c'est plus la durée de cotisation et c'est pas vraiment un âge pivot c'est 62 ans pour les carrières longues c'est des précisions quand même très importantes que vous nous donnez
non c'est entre 60 et 62 ans pour les carrières longues selon votre âge d'entrée dans la vie professionnelle c'est pas
l'âge pivot n'est pas à 62 ans ah c'est pas 62 ans pour tout le monde d'accord ok non non mais c'est une précision de taille merci beaucoup merci bonne soirée et joyeux Noël joyeux Noël absolument merci beaucoup d'être venu ici préciser de nous donner quelques détails supplémentaires sur votre programme économique merci beaucoup
Jean-Philippe Tanguy