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interviewFrance Inter — Le débat de midi· 8 juillet 2024 53 min

Législatives 2024 : Et maintenant, qui pour gouverner la France ?

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Présentateur

France Inter Bonjour, bienvenue dans le débat de midi sur France Inter. Très heureuse de vous retrouver au lendemain de ce second tour des législatives. Emmanuel Macron avait promis une clarification, et bien ce matin, c'est encore plus flou. On sait ce que les Français ne veulent pas, le Rassemblement National, le Front Républicain a tenu plus que jamais, mais c'est peut-être le seul vrai gagnant de cette élection. Pour le reste, la page blanche est en train de s'écrire. A la surprise générale, c'est la gauche qui l'emporte, le nouveau Front Populaire envoie, selon les dernières estimations, 182 députés au Parlement.

Mais peut-on vraiment parler d'une victoire quand il lui manque une centaine de sièges pour atteindre la majorité absolue ? Contre toute attente, là encore, et bien la Macronie résiste. On la croyait au taux dissoute, elle conserve 168 sièges. Quant au Rassemblement National, relayé à la troisième marche du podium, il augmente néanmoins de 58% ses sièges à l'Assemblée, de quoi peser dans le bras de fer. Dans ce nouveau tripartisme, chacun clame sa légitimité. Est-ce un poison pour la démocratie, un casse-tête pour Emmanuel Macron ? Qui, pour gouverner la France ? La France est-elle seulement gouvernable, cohabitation, coalition, assemblée en morceaux ?

La France va-t-elle réussir à sortir de l'impasse, échapper au blocage et à la frustration des électeurs ? Débat vertiginé jusqu'à 13h sur France Inter. Paola Puerari, le débat de midi sur France Inter. Et au lendemain de ce second tour des législatives, eh bien, on est encore un peu dans le flou. On a du mal à voir la photo finale de cette nouvelle Assemblée Nationale qui, pour gouverner la France, est-elle seulement gouvernable ? Chers auditeurs, vous pouvez prendre part à ce débat. Dites-nous qui vous voulez voir à Matignon, par exemple, si vous rêvez d'une grande coalition, ou au contraire, eh bien, si vous êtes un peu écœuré par cette élection.

Vous nous envoyez des textos, des notes vocales sur le WhatsApp de l'émission au 01 45 24 7000. Je répète, 01 45 24 7000. Et vous êtes déjà très, très nombreux à nous avoir écrit sur l'application France Inter. Luc nous dit, par exemple, on est revenu sous la pire des Quatrièmes Républiques. Et Sarah s'interroge, combien de temps la France peut-elle rester sans gouvernement ? Y a-t-il une date limite ? C'est une bonne question, d'ailleurs. Et nous avons réuni dans ce studio les meilleurs observateurs de la vie politique pour répondre à toutes ces questions. Vincent Martini, bonjour. Bonjour.

Vous êtes professeur de sciences politiques à l'Université de Nice et à l'École Polytechnique, membre du comité de la rédaction du 1. Quel est le titre de votre hebdo cette semaine ?

2:50
Invité

La France a-t-elle gagné ? Ça sort mercredi.

2:52
Présentateur

La France a-t-elle gagné ? Je précise que vous signez dans ce journal un grand entretien de la semaine. Bienvenue à Marianne Cohendet. Bonjour. Bonjour. Vous êtes professeur de droit constitutionnel et vous êtes venue ici avec les tables de la loi. Marianne Cohendet, je vois, sur ce bureau. Eh bien, qu'est-ce que c'est exactement ? Eh bien, petit livre rouge, mais qui n'est pas du tout maoïste. C'est la constitution française. Avec nous aussi, Dominique Régnier. Bonjour. Bonjour. Professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondapol, la Fondation pour l'innovation politique. Et enfin, Yael Goz, que les auditeurs connaissent bien.

3:25
Jean-Luc Mélenchon

Bonjour Paola. Bonjour à tous.

3:27
Présentateur

Vous êtes éditorialiste à France Inter. et votre édito ce matin. Rappelez-nous le titre pour qu'on voit un peu la couleur.

3:32
Jean-Luc Mélenchon

Après le barrage, le temps du Parlement.

3:35
Présentateur

Le temps du Parlement. On va en parler justement dans cette grande nébuleuse. On a choisi de se poser les bonnes questions et de donner un cadre à ce débat aux mille scénarios. On va se demander d'abord qui pour gouverner, qui que pourra vraiment faire l'Assemblée sans majorité. Et enfin, est-ce la fin du jupitérisme ? Que va devenir Emmanuel Macron ? Voilà donc pour les grands chapitres de ce débat où vous pouvez réagir, chers auditeurs. Et on commence dans le vif par la question qui fâche ce matin toute la classe politique qui, à Matignon, dès hier soir à 20h05, Jean-Luc Mélenchon prenait la parole. Le Président doit s'incliner. Le Premier ministre doit s'en aller.

Le Président a le devoir d'appeler le nouveau Front populaire à gouverner. Le nouveau Front populaire appliquera son programme. Rien que son programme, mais tout son programme. Marianne Candet, donc vous qui connaissez la Constitution par cœur, est-ce que le Président a le devoir de demander au nouveau Front populaire de nommer le Premier ministre ? Alors, le texte constitutionnel ne l'impose pas comme ça. Il nomme le gouvernement, article 8, mais il n'y a pas de précision. Et la seule contrainte qu'il y a, c'est, article 49, pardon, c'est que la majorité absolue des députés peut renverser le gouvernement. Et donc, entre les deux, il a une latitude totale.

Cependant, l'usage en démocratie, dans un régime parlementaire comme le nôtre, c'est que le chef de l'État propose aux partis ou aux groupes arrivés en tête de former un gouvernement. Donc, très logiquement, selon cette tradition-là dans tous les régimes parlementaires, le Président de la République doit proposer au groupe qui a gagné, parce qu'il est arrivé le premier, pour plus de démocratie, le Président de la République doit proposer au nouveau Front populaire de former un gouvernement. Et ensuite, ce nouveau Front populaire va voir s'il est capable d'avoir un gouvernement qui ne soit pas renversé. Car le critère essentiel est là. C'est, est-ce qu'on a contre nous une majorité absolue ?

Soit ils arrivent à réunir des gens pour former un gouvernement pour ne pas être renversés. À ce moment-là, ils gouverneront. Soit ils ne peuvent pas y parvenir et il faut qu'ils se réorganisent. Évidemment. Alors, n'allez pas trop vite parce que je ne suis pas sûre que tout le monde soit d'accord avec l'esprit de la loi, avec la tradition. Dominique Régnier, pour vous, Emmanuel Macron doit s'incliner, comme dit Jean-Luc Mélenchon.

6:15
Invité

S'incliner, bon, le mot est peut-être choisi de façon un petit peu polémique, mais il reconnaît l'expression du suffrage, évidemment. Donc le Premier ministre sera

6:24
Présentateur

issu du nouveau Front Populaire, pour vous ?

6:26
Invité

Ça a été expliqué très clairement à l'instant par Madame Corandé. Le Président va chercher un chef de gouvernement capable de former un gouvernement capable de ne pas être renversé par la majorité négative. Ça, c'est très clair. Je fais d'ailleurs remarquer au passage que Jean-Luc Mélenchon n'est pas élu. Donc c'est un chef de gouvernement qui n'a pas de mandat. Ce n'est pas simple, dans cette logique-là. Je ne dis pas qu'il n'est pas écrit non plus qu'il faut nommer un membre de l'Assemblée nationale, mais enfin, il n'est pas élu. Il n'a pas de mandat aujourd'hui.

6:53
Présentateur

Alors, est-ce qu'il est vraiment candidat, Yael Gauze ? Parce que depuis ce matin...

6:56
Jean-Luc Mélenchon

C'est candidat fantôme.

6:57
Présentateur

Voilà, c'est candidat fantôme.

6:58
Jean-Luc Mélenchon

Il plane de déclaration en déclaration, premier tour, deuxième tour. C'est lui qu'on voit à chaque fois à 20h, alors que ses petits camarades du Front Populaire passent leur temps à dire qu'il n'est pas le candidat pour Matignon. Et puis, ses troupes disent en fait, si, il n'est pas disqualifié. Ce matin, Mathilde Panot, qui est la chef du groupe parlementaire LFI, dit qu'il n'est pas disqualifié pour Matignon. Donc, c'est toujours cette tension. On est habitué maintenant que crée Jean-Luc Mélenchon autour du Front Populaire, comme si c'était son oeuvre, sa chose, alors que c'est un collectif beaucoup plus large.

Et pour les partenaires, c'est compliqué de faire comprendre qu'il y a d'autres profils et de répéter jour après jour que ce ne sera pas le candidat pour Matignon. Par rapport à ce qu'a dit Marianne Corandé, juste une petite réserve. Il y a une ambiguïté. Est-ce que c'est le groupe parlementaire arrivé premier dans l'Assemblée ou est-ce que c'est la coalition de groupes parlementaires arrivé premier ? Si on se fie à la lettre même des groupes parlementaires, c'est le RN qui est premier, groupe parlementaire de cette Assemblée, suivi de Renaissance en deux avec une centaine de députés.

Là, ça veut dire qu'Emmanuel Macron doit choisir, au sein d'une coalition de quatre groupes, LFI communiste, socialiste et écologiste, celui qui peut être le plus petit dénominateur commun. Il faut d'abord que ce Front Populaire arrive à se mettre d'accord sur le nom qui émargera de cette coalition à gauche en sachant que ça prendra peut-être la semaine. La seule chose qu'on sait ce matin, c'est que ça arrivera cette semaine. Le nom sera dévoilé cette semaine.

8:21
Présentateur

Je précise que je ne parlais bien

8:23
Jean-Luc Mélenchon

de groupe politique. Et pas du groupe parlementaire.

8:26
Présentateur

Et pas du groupe parlementaire. Mais vous faites bien de demander la précision. Et néanmoins... On a une coalition qui est arrivée en tête. C'est cette coalition à qui on doit proposer le gouvernement. Il n'y a aucun doute là-dessus. Après, complètement d'accord avec ce qui a été dit sur M. Mélenchon, depuis le début, il est très clair qu'il ne sera pas Premier ministre et que c'est à cette condition que la coalition s'est formée. Donc certes, il essaye à nouveau... On ne comprend pas très bien toujours de s'imposer. Et on a l'impression qu'il joue contre son camp. Qui fait tout pour faire perdre la gauche. Parce qu'il rêve encore du grand soir. Dominique Régnier est d'accord avec vous.

9:02
Invité

Je pense que c'est le cas depuis le début. Je pense que... Je me répète, pas ici, mais je me répète un peu. Mais je pense que pour Marine Le Pen comme pour Jean-Louis Mélenchon, l'objectif, depuis la dissolution, c'est de ne pas gagner. Et de faire échouer le camp qui pourrait vous discréditer pour la suite. Exactement. C'est un jeu très... À l'oreille de l'auditeur, j'imagine, c'est un jeu très pervers, mais c'est ainsi là.

9:23
Présentateur

Mais c'est-à-dire c'est pour gagner en 2027 ?

9:25
Invité

Oui, ou plutôt si possible. Certains sont pressés de...

9:29
Présentateur

Si possible, c'est-à-dire s'il y a une démission d'Emmanuel Macron, une potentielle réélection présidentielle ?

9:34
Invité

On a déjà entendu Jean-Luc Mélenchon, Louis Alliot et Marine Le Pen explicitement, alors à des moments différents, et avant hier, avant les résultats, anticiper une demande d'émission du chef de l'État. Vincent Martini. Alors je pense que avant de pouvoir répondre à la question qui gouverne, il faut déjà attendre cette fameuse image. Vous voyez bien d'ailleurs que les chiffres des différents groupes parlementaires changent. Il y a les chiffres du ministère de l'Intérieur, sauf que le ministère de l'Intérieur ne prend pas en compte les gens qui, dans certains groupes, pourraient dire je ne souhaite pas siéger avec ce groupe.

Par exemple, c'est le cas de Clémentine Autain et de François Ruffin qui ont déjà dit qu'ils ne siégeraient pas avec le groupe La France Insoumise. On ne sait pas de combien de députés ils seront suivis aussi. On n'a pas encore totalement les équilibres. Deuxièmement, on ne sait pas où les divers gauches vont-ils siéger. On sait qu'il y a une partie d'élus issus des départements et régions d'outre-mer qui étaient rattachés quand même au Nouveau Front Populaire même s'ils n'ont pas fait campagne. Alors, est-ce qu'ils vont vouloir siéger avec les socialistes ?

Il y a une vraie question parce que de cette réponse à ces questions va aussi découler les rapports de force à l'intérieur de la coalition du Nouveau Front Populaire pour savoir vraiment précisément qui pourrait, si ce n'est dominer, mais en tout cas avoir une forme d'ascendant. Et ces rapports de force ils sont essentiels. Les auditeurs qui se disent en regardant soit les chiffres des journaux soit regarder le site du ministère de l'Intérieur auront bien du mal à se figurer à quoi va ressembler cette nouvelle assemblée parce que finalement la photo qu'on a elle n'est pas du tout nette. On a encore besoin de beaucoup de temps pour savoir ce qui va se passer.

10:59
Jean-Luc Mélenchon

Elle n'est tellement pas nette qu'à l'instant Emmanuel Macron demande à Gabriel Attal de rester Premier ministre pour le moment, je cite l'Elysée, afin d'assurer la stabilité du pays. Donc au moins jusqu'à l'ouverture de la 17ème législature le jeudi 18 juillet prochain ce jour-là seront décidés qui préside l'Assemblée, le perchoir, l'élection des groupes, la définition des groupes, qui s'inscrit dans quel groupe, la photo finit. On ne l'aura qu'à ce moment-là. Je souscris à ce que dit Vincent. Donc en attendant,

11:26
Invité

c'est le flou. Et encore une fois sur cet aspect-là que Lialgos vient de préciser, ça se fera dans des scénarques, dans des cercles d'où sera absent Jean-Luc Mélenchon.

11:35
Présentateur

Vous pensez qu'il ne participera pas ? Oui, mais il n'est pas député.

11:37
Invité

Il n'est pas député. Donc il pourra au téléphone faire ce qu'il peut, mais enfin il ne sera pas sur place. Encore une fois, la nouvelle donne, tout à l'heure, Marianne Condé disait dans un système parlementaire comme le nôtre. Ça, je pense que pour beaucoup d'auditeurs, c'est difficile à entendre parce qu'on ne comprend pas bien. On croit vivre, quel cas, dans un système semi-présidentiel, mais il faut dire qu'à partir d'aujourd'hui, ce qui va se jouer, quoi qu'il arrive, c'est une cohabitation. On ne sait pas de quelle nature, on ne sait pas en fait complètement sous quelle direction.

Mais ce qui est certain, c'est que contrairement à ce à quoi les Français sont habitués depuis 2017, ce n'est pas le président de la République qui va décider. C'est le gouvernement de la France et donc son Premier ministre, article 20, article 21 de la Constitution, qui disent que dans une période de cohabitation, c'est le gouvernement qui s'appuie sur le Parlement qui va décider de la politique intérieure au moins et d'une partie de la politique extérieure de ce pays. Et ça, je crois vraiment qu'il faut en avoir conscience. Quand on dit régime parlementaire, oui, on est un régime parlementaire lorsqu'on est en cohabitation. D'habitude, on ne l'est pas.

On est dans un régime dans lequel, finalement, il y a une pratique beaucoup plus présidentialiste. Et ça, il faut bien en avoir conscience. Après, le problème, c'est qu'on a une situation de cohabitation totalement inédite puisque c'est la première fois qu'on n'a pas de majorité absolue, y compris pour le parti qui est opposé au président. Donc, là, il y a une double caractère inédit. C'est-à-dire, bon, cohabitation, ça, ce n'est pas totalement inédit. On a la quatrième cohabitation dans l'histoire de la cinquième.

Mais, en revanche, une cohabitation totalement inédite puisque le groupe qui arriverait premier, si on prend la coalition, c'est-à-dire le nouveau groupe populaire, est très loin de la majorité absolue. Ce n'est pas seulement qu'il n'a pas la majorité absolue, c'est qu'il en est très loin.

13:08
Présentateur

Oui, il y a une centaine de sièges.

13:09
Invité

Il manque une centaine de sièges. À ce titre-là, on parlait des coalitions qui pourraient se former contre lui pour le faire chuter, mais il peut aussi, quand même, gouverner sans censure. Vous voyez, il y a des situations intermédiaires. C'est-à-dire qu'on pense tellement en polarisation qu'on se dit soit vous êtes pour et vous soutenez à fond, soit vous êtes contre et vous allez faire chuter. Mais il peut y avoir un espèce de temps de flottement dans lequel on dit on ne fait pas chuter parce qu'on respecte quand même le fait que le pays a besoin d'une forme de stabilité. Là, on n'est pas dans le retour à la quatrième.

C'est vrai que le gouvernement, contrairement à la quatrième République, a des armes, notamment le parlementarisme rationalisé, le fameux 49-3. C'est un peu paradoxal. Jean-Luc Mélenchon disait hier on gouvernera par 49-3. Mais Sandrine Rousseau

13:46
Présentateur

l'a redit ce matin ne gouvernera pas par 49-3.

13:48
Invité

C'est plainte que le président de la République gouvernait par 49-3 par l'intermédiaire Mme Borne. Donc là, je pense qu'il y a quand même une ambivalence qu'il faudra lever. Mais voilà, on rentre dans cette nouvelle ère et ce parlementarisme, on n'y est pas si habitué que ça au moins depuis 1997. Il va falloir, je crois, s'y réhabituer.

14:03
Présentateur

Alors, Gabriel Attal va continuer ses fonctions pour les affaires courantes. Ça peut durer combien de temps, Marie-Anne Canté ? On peut rester combien de temps en France sans gouvernement ? La Belgique, ça a été, je crois, une année, neuf mois, son record. Nous, ça peut durer combien de temps ? Alors, on n'est pas sans gouvernement. Parce qu'être sans gouvernement, c'est stressant. On se dit, mais mon Dieu, on n'a plus personne à la tête de l'État. Non, on a un gouvernement mais qui expédie les affaires courantes, parce qu'on attend que se forme une coalition comme le font toutes les démocraties européennes le temps que les gens se mettent d'accord pour un programme.

Il n'y a pas de durée précise par la Constitution, précisée par la Constitution. Ça peut durer quelques jours, quelques semaines, tout l'été jusqu'en septembre, éventuellement jusqu'après les JO. Ce qui est important, c'est que la nouvelle coalition soit solide, qu'elle se fonde sur des bases solides où on soit sûr que les gens ont envie de travailler ensemble et qu'ils n'ont pas trop de chances d'être renversés. Alors là, la gauche est un peu plurielle quand même, je vois Vincent Martini secouer la tête en se disant est-ce que tout ça va pouvoir faire consensus ?

15:08
Invité

Notre problème institutionnel, là, on rentre dans une terre incognita, c'est quoi qu'il arrive, la coalition ne sera pas solide ? Je dis elle ne sera pas solide, ce n'est pas que je fais un pari que le Front Populaire ne s'entendra pas, peut-être s'entendront-ils, mais quoi qu'il en soit, ils ne reposeront pas sur un nombre suffisant de députés pour être certain qu'ils puissent gouverner dans les conditions qu'ils souhaitent.

Et encore une fois, même si d'ailleurs, il y a une grande partie des députés d'ensemble, rappelons-le quand même, qui ont été élus grâce au report massif des électeurs de gauche en leur faveur, ça je crois, ça ne pèse pas directement, mais ça joue un rôle quand même parce que l'ex-majorité présidentielle, elle a été sauvée des eaux par la gauche. Beaucoup plus d'ailleurs que l'inverse en réalité. Dans le cas de la gauche, la dynamique d'union a été renforcée par le Front Républicain. Dans le cas de la majorité et l'ex-majorité présidentielle...

15:49
Jean-Luc Mélenchon

74% de report d'un côté de la gauche pour le centre, 54% de l'autre du centre vers la gauche.

15:55
Invité

Donc la question de la stabilité, elle est quand même littéralement posée et par ailleurs, il va falloir qu'on regarde, je le disais aussi dans cette image, quelle est la proportion des ex-socialistes, elle gauche macroniste dans le groupe Renaissance ? Mais il y a énormément

16:08
Présentateur

des électeurs qui ont voté contre le Rassemblement National. Est-ce qu'ils ne vont pas être frustrés justement ? C'est-à-dire qu'on avait une France qui vote à je ne sais plus 31 ou 32% pour le Rassemblement National aux européennes. Ils se retrouvent avec un Premier ministre social-démocrate, Dominique Régnier. Est-ce que ça ne peut pas provoquer de la frustration ?

16:27
Invité

Social-démocrate ? Je ne sais pas à qui vous pensez.

16:29
Présentateur

Mais en tout cas, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. Non, pas Jean-Luc Mélenchon, mais on va dire... Là, par exemple, les auditeurs donnent beaucoup de noms. On leur a demandé qui ils voulaient voir à Matignon. Ils disent François Ruffin à Matignon, Marine Tondelier. Voilà, pourquoi pas ? Ce ne sont pas des sociodémocrates. Non. Vous les classez comment ? Ce sont des...

16:48
Invité

C'est une gauche radicale, Ruffin, si vous lisez son livre, son programme... Enfin, moi, je considère que c'est une radicalité idéologique. Le programme d'Europe Écologie des Verts, c'est un programme anticapitaliste. On peut l'approuver, mais on ne peut pas dire que c'est un programme modéré, en tout cas. Enfin, ça... En tout cas, c'est du réformisme radical. C'est du réformisme radical. Ce n'est pas un programme d'extrêmement gauche. Après, chacun a son appréciation. Je retire la mienne, je la partage avec moi. Mais la question est de savoir comment on fait une majorité avec ça. Alors, quand vous...

La description qui a été faite des contraintes que devra respecter cette majorité issue d'une majorité relative très faible, ça n'a aucune chance de fonctionner. J'ajoute une chose d'ailleurs, qui est que, pour que les électeurs se rendent compte dans quelle situation nous sommes, en 2026, il y a des élections municipales. Aucun parti, en particulier à gauche, en particulier l'EPS, le voudra être au pouvoir au moment des élections municipales parce qu'il perdra tout. Pourquoi ? Ce sont des élections intermédiaires, elles seront des élections de punition pour les formations au pouvoir parce que, quand vous gouvernez, c'est très difficile. Et en général, on échoue, on déçoit, on agace, etc.

Donc, c'est très difficile. Donc là, il va y avoir une bataille pour essayer de ne pas trop gouverner avant 2026 et ensuite, assez vite, puisque 2026, c'est un an avant la présidentielle, ne pas trop gouverner avant la présidentielle. Donc, il y a quelque chose qui ne va pas dans le système. On est devant une espèce de blocage systémique. C'est très cynique, comment vous décrivez ? Oui, c'est très cynique.

18:22
Présentateur

Moi, j'ai eu l'impression que les gens voulaient gouverner hier en revendant les journaux.

18:25
Jean-Luc Mélenchon

Je pense qu'il y a quand même parmi les gens qui, peut-être, aujourd'hui pouvoir construire une coalition, se disent, je ne pense pas au calcul de 2026 mais j'essaie juste de tenir la France le temps que je peux.

18:33
Invité

Peut-être, on va le voir ça. Mais il y a, par exemple, un rapport de force entre la France insoumise et le PS. La France insoumise cherche à contenir les velléités réformistes du PS en le menaçant de listes concurrentes partout aux municipales ce qui serait une très grave...

18:49
Présentateur

Là, vous décrivez vraiment quasiment une guerre civile au sein du nouveau Front populaire.

18:52
Invité

Non, non, je ne parle pas de guerre civile. Je parle d'alliance ou pas électorale. C'est-à-dire, c'est le B.A. Bah, ça, c'est ce qu'on voit. Moi, j'ai l'impression qu'on enjombe un tout petit peu là, je pense. Je comprends qu'on se projette l'année prochaine mais je crois vraiment que même les partis eux-mêmes sont tellement déboussolés par ce qu'ils ont vécu. On parle quand même d'hommes et de femmes qui, depuis 15 jours, 3 semaines, toute la classe politique confondue passe de surprise en rebondissement et eux-mêmes sont un peu sous le choc.

On sent d'ailleurs tant chez les leaders de la gauche que chez les leaders du RN pour des raisons totalement différentes qu'il y a quand même là une sorte d'incertitude sur comment se positionner. On voyait que le RN a eu une petite tentation hier pour dire c'est le système et en même temps ils veulent, ce matin, ils sont beaucoup plus en train de dire qu'ils s'opposeront avec fermeté mais qu'ils acceptent le verdict des urnes chez le Nouveau Front Populaire c'est vrai qu'il y a une nuance très très grande entre ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon ce que disait M.

Glucksmall et puis aujourd'hui on va vers un gouvernement moi j'ai l'impression que le Nouveau Front Populaire souhaite gouverner la question par contre qui est une autre c'est est-ce qu'il pourra gouverner et pour répondre à votre question sur les 32% d'électeurs RN qui pourraient être frustrés on peut le prendre à l'inverse il y a 70% ou 75% de Français qui n'ont pas voté pour eux à ce titre-là dans un régime qui devient parlementaire comme le disait Mme Cohen tout à l'heure bon c'est la majorité qui s'exprime et la majorité c'est pas le RN est-ce que vous savez qu'il y a 83% des Français inscrits qui n'ont pas voté pour la gauche qui va gouverner 83% c'est le même sujet ben non on peut pas inférer du fait de ne pas avoir voté le fait de ne pas vouloir oui mais on en parlait tout à l'heure de la frustration des électeurs du RN je pense que la frustration elle est générale c'est-à-dire que vous avez très peu d'électeurs en France aujourd'hui qui ont obtenu le résultat qu'ils désiraient il n'y a pas de relation entre la préférence électorale et le résultat notamment en raison des désistements les électeurs modérés qui ont voté pour la France insoumise il y en a quand même quelques-uns d'ailleurs notamment François Ruffin doit aussi sa victoire à cela ce ne sont pas des électeurs qui s'attendent à ce que le programme qui a été mis en place par Emmanuel Macron soit défait par exemple donc vous allez avoir toute une série de désirs croisés frustrés on ne peut pas je pense de manière aussi rapide inférer que ceux qui n'ont pas voté sont des personnes hostiles et que même dans les votes pour c'est un vote pour le programme parce que ça a été rappelé à l'instant la plupart des électeurs de cet entre-deux-tours se sont déterminés sur le RN et contre le RN ça ne vous autorise pas

21:04
Jean-Luc Mélenchon

un résultat Dominique Rémy touche du doigt un vrai sujet de réforme urgente et immédiate qui pourrait mettre même tout le monde d'accord je pense à l'Assemblée quelle que soit sa couleur c'est les limites du scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans cette élection là vous dites personne ne vote pour ce qu'il a voulu effectivement il y a une distorsion évidemment d'entre-deux-tours via les désistements et via le front républicain qui fait que ça devient un référendum pour ou contre le RN hier c'était un référendum pour ou contre le RN ça se résume à ça

21:32
Présentateur

mais justement certaines voix se battent

21:33
Jean-Luc Mélenchon

la question c'est est-ce qu'on peut continuer comme ça sous la cinquième pour les législatives avec un mode de scrutin qui frustre comme vous dites où à la fin vous avez 10 millions d'électeurs RN qui sont plus nombreux en voix que les électeurs du bloc de gauche 7 millions plus que le bloc ensemble 6 millions 3 et qui à la fin se retrouvent au banc de l'Assemblée

21:53
Présentateur

et bien ça va être justement le prochain thème de ce débat merci Yael puisque effectivement on va parler de la cinquième république c'est vrai que on ne voit pas très bien en quoi cette élection a éclairci finalement le vote des français est-ce que la cinquième va tenir sans majorité pourra-t-on faire voter des lois valider un budget et si oui sur quel projet est-ce qu'on va assister à un bordel institutionnel au palais Bourbon blocage sur blocage mention de censure ou et bien est-ce que ça va tenir on continue en débat jusqu'à 13h

22:30
Auditeur

c'était James Bleck

26:00
Présentateur

avec Throne Around Débat du Midi sur France Inter On est toujours jusqu'à 13h sur France Inter en ce lendemain du second tour des législatives surprise où je rappelle que le nouveau Front Populaire arrive en tête contre toute attente le bloc présidentiel résiste et le Rassemblement National se retrouve sur la troisième marche du podium on se pose la question de savoir qui va gouverner la France les auditeurs chers auditeurs vous avez votre idée ils veulent voir pourquoi pas Dominique de Villepin ou Védrine comme Premier Ministre ça c'est Nicole qui nous écrit Marine Thondelier revient souvent tout comme Raphaël Glucksmann et Hubert Védrine lui aussi tient la corde chez vous les auditeurs on est toujours en compagnie du politologue Dominique Régnier de Marianne Cohandet constitutionnaliste de Yael Goz éditorialiste à France Inter et Vincent Martini professeur de sciences politiques et on se demande pendant ce nouveau chapitre du débat si on a assisté hier à une bascule du pouvoir c'est ce que Gabriel Attal affirmait hier après la défaite du camp présidentiel mesdames et messieurs ce soir une nouvelle ère commence une nouvelle ère pour notre nation à compter de demain le centre de gravité du pouvoir sera par la volonté des français désormais plus que jamais entre les mains du parlement Vincent Martini qu'est-ce que ça veut dire le pouvoir aux mains du parlement est-ce que vous pensez qu'on a basculé dans une nouvelle ère

27:24
Invité

c'est un peu un abus de langage quand même le dire que le pouvoir est au parlement ça sous-entendrait que les différents groupes parlementaires vont vraiment décider du gouvernement en réalité le pouvoir est dans les mains du gouvernement si tant est qu'on puisse constituer un gouvernement qui soit stabilisé et ensuite ce gouvernement va devoir naviguer à l'intérieur du parlement pour pouvoir se maintenir ce que ça veut dire dans le cas de Attal c'est une forme d'émancipation par rapport au président de la république c'est-à-dire que le pouvoir en revanche il quitte la présidence de la république plutôt pour se jouer autour du gouvernement et donc du palais-bourbon mais de là à dire que le pouvoir va être totalement au parlement encore une fois je pense que c'est une exagération

27:59
Présentateur

Marianne Candet vous aviez envie de répondre alors ben là oui justement les crises souvent révèlent les personnes révèlent les institutions et cette crise révèle une nouvelle fois que nous sommes bien dans un régime parlementaire dès lors que le gouvernement est responsable devant le parlement qu'est-ce que ça signifie que la clé du régime parlementaire c'est la chose suivante nous les citoyens élisons nos représentants que sont les députés ces députés doivent discuter entre eux c'est ce qu'ils vont faire le 18 juillet pour former une majorité capable de gouverner et cette majorité va se donner un chef qui est le premier ministre selon le texte de la constitution nous avons et nous avons toujours donc ce régime parlementaire puisque le président de la république est un arbitre et un garant garant du respect de la constitution des traités de l'intégrité du territoire et ce n'est pas lui qui doit gouverner d'après le texte constitutionnel c'est le gouvernement c'est un retour aux sources parce qu'on a bientôt oublié cette notion là c'est un retour aux sources qu'on a observé durant chacune des trois cohabitations alors certes et là je rejoins Vincent Marti c'est un régime parlementaire dans lequel le président est élu directement par le peuple oui mais dans tous les autres pays de l'UE où c'est également le cas c'est à dire la moitié des pays de l'UE tous sont parlementaires la moitié d'entre eux élisent directement le président et bien dans tous ces pays là c'est le premier ministre et non pas le président de la république qui gouverne alors pourquoi cette originalité française pour des raisons historiques la personnalité de De Gaulle etc et puis pour des raisons qui tiennent au mode de scrutin et au droit de dissolution c'est parce que notre président français a le droit de dissolution qui ailleurs appartient au premier ministre qu'il peut forcer la majorité parlementaire à lui obéir on l'a vu avec la crise de 62 qui a été la grande crise fondatrice et qui fait que les parlementaires n'osent plus rebeller contre le président donc c'est cette combinaison entre mode de scrutin et droit de dissolution présidentielle alors que ce droit appartient donc on l'a vu au premier ministre ailleurs et dans les autres pays de l'UE on a partout un scrutin qui est proportionnel ou mixte et donc il faudrait peut-être changer de mode de scrutin

30:18
Jean-Luc Mélenchon

on y revient

30:18
Présentateur

c'est ce qu'on disait tout à l'heure

30:19
Jean-Luc Mélenchon

on y revient

30:20
Présentateur

effectivement plus de proportionnel vous disiez il y a quelques minutes

30:23
Jean-Luc Mélenchon

alors ça peut surprendre mais comme c'est pas dans notre culture française sauf pour les européennes ce scrutin proportionnel à un tour mais vous avez vu 31,5% pour le RN ensuite en deuxième position le camp présidentiel et en 3 Raphaël Glucksmann place publique et le PS en proportionnel chacun court sous ses propres couleurs donc c'est presque un vote de coeur vous avez un menu très large 20, 25 sensibilités je ne sais pas qui peuvent exister la gauche c'est pas que le nouveau front populaire il existe des sensibilités qui n'ont pas pu exister à cause d'un accord de bloc qui fait que vous prenez tout le programme et rien que le programme et que vous ne pouvez pas nuancer en proportionnel chacun va sous ses couleurs et le contrat de gouvernement n'est pas encore écrit chacun se pèse chacun se jauge et à la fin les coalitions apparaissent se forment ou se déforment ou se défont mais c'est là que s'écrit la page blanche du contrat de gouvernement avec ce qui s'est passé avec cette dissolution et les scrutins majoritaires à deux tours c'est que les blocs se sont constitués à la va-vite ont été improvisés un peu brouillons fortement contestés parce qu'en 2-3 semaines de campagne vous ne pouvez pas raisonnablement c'est la campagne la plus courte de la 5ème république 21 jours vous ne pouvez pas raisonnablement faire quelque chose de sérieux absolument consensuel vous avez 3 blocs constitués à la va-vite et ça c'est pas très sain à mon sens pour une démocratie mature

31:39
Présentateur

Dominique Régnier la proportionnelle aurait pu nous sauver entre guillemets de cette situation de tripartisme

31:45
Invité

ah ben là je pense que le rassemblement national serait heureux si la proportionnelle avait décidé du sort de ses élections puisque il est largement en tête avec ses alliés ça fait 37% si on compte le RN et ses alliés au second tour donc ça l'aurait ravi sans doute oui mais il n'aurait pas

32:02
Présentateur

pu gouverner seul oui bien sûr on l'a vu dans des pays dans d'autres pays européens où l'extrême droite est arrivé en tête autour de 30% et justement comme il y avait la proportionnelle elle ne pouvait pas gouverner seule

32:13
Invité

bien sûr la plupart des pays d'Europe font cette expérience là même d'ailleurs en ce moment vous vous y êtes favorable la proportionnelle moi je pense que ça n'est pas compatible avec notre élection présidentielle que par ailleurs je n'aime pas je dis au passage qui à mon avis nous pose beaucoup de problèmes de diverses natures mais de très grands problèmes et que ce serait très bien si nous pouvions à tout le moins retirer au président la plupart de ses pouvoirs spécifiques je le suive un peu vite mais si on veut garder l'élection qu'on lui retire du pouvoir parce que la proportionnelle si vous voulez ça va amener comme ça a été dit très bien à composer d'abord à faire des programmes qui seront plus le résultat de l'élection que la condition de l'élection donc ça c'est quelque chose à quoi les français ne sont pas habitués mais ça peut être un progrès ensuite à expliquer que ce que le président élu avait promis ce sera plus compliqué parce que la proportionnelle ne le permet pas parce qu'il n'y a pas de coalition pour le faire et donc il y a une tension moi je pense forte entre l'élection au suffrage universel direct d'un président doté de pouvoirs importants et là ça nous distingue des autres pays quand même au suffrage universel direct

33:16
Présentateur

un hyper-président

33:17
Invité

c'est un vrai président quand même

33:18
Présentateur

et on va y revenir parce qu'on va longuement parler d'Emmanuel Macron dans la prochaine partie de ce débat mais pour l'instant il y a tellement d'auditeurs qui nous écrivent que je voulais vous lire ces messages Céline dit je trouve que la proportionnelle ça serait génial les députés doivent apprendre à faire des compromis il y a des progrès à faire Jacques nous dit au contraire arrêtez de déconner c'est juste un très beau bordel et si juste on revient à l'Assemblée Nationale et à ce bordel là essayons de prendre des exemples concrets de ce que vont pouvoir faire les députés justement dans un tripartisme par exemple est-ce qu'ils vont pouvoir faire voter des lois Marianne Candé abroger des lois qu'est-ce qui va être possible alors ?

Oui par exemple la loi sur le changement de mode de scrutin ça il suffit d'une loi ordinaire pour adopter la proportionnelle Mais je pense à des lois plus compliquées par exemple la réforme des retraites comment ça va se passer ? La réforme des retraites ça va être compliqué il y a d'autres lois où ça peut être plus simple la loi sur la fin de vie et sur des lois là il y a un large consensus mais là on a la loi immigration sur laquelle certains partis veulent revenir la position sur la guerre en Ukraine ça ça risque d'être plus compliqué Yelgoz

34:23
Jean-Luc Mélenchon

Oui mais pour l'instant on n'a pas la photo finie si on ne sait pas comment vont se constituer les groupes et les coalitions donc à partir du moment que vous avez créé une coalition vous vous engagez aussi mutuellement entre formation politique membres de la coalition à respecter quand même un minimum de discipline de vote mais là on n'a pas on est dans le La politique fiction

34:39
Présentateur

j'entends mais ce qu'on lit beaucoup c'est que ça va être peut-être des motions de censure contre des motions de censure et peut-être des chutes de gouvernement ça c'est le scénario du pire ou ça peut arriver ?

34:48
Jean-Luc Mélenchon

Vous regarderez une chose qui est intéressante dans ce qui s'est passé dimanche soir c'est que si vous additionnez les formations politiques qui ont été abonnées à la censure LFI d'un côté le RN de l'autre le total des deux ne fait pas une majorité absolue contre le gouvernement en place or c'est l'essentiel Marianne Cordel expliquait la 5ème république est conçue pour vous ne renverser que quand vous avez une majorité contre vous et là vous ne l'avez pas avec LFI et RN donc ça laisse la possibilité d'imaginer quand même une stabilité qu'on a priori on ne voit pas venir

35:18
Présentateur

une stabilité pour voter un budget par exemple Dominique Reynier sur quel projet on ne sait pas

35:24
Invité

en tout cas la question budget ça c'est une question très importante elle est très difficile en tout cas c'est très difficile pour moi d'y répondre mais c'est sans doute le sujet sur lequel la réalité et la solidité d'une coalition se vérifie voilà donc c'est et d'ailleurs je le dis au passage parce qu'il est possible qu'on n'ait pas l'occasion d'y revenir mais comme la campagne électorale nous avons ces discussions dans un monde déréalisé nous n'avons pas de contraintes financières il n'y a pas de taux d'intérêt il n'y a pas de déficit il n'y a pas d'obligation etc il n'y a rien on est dans la partie je dirais purement politique de cette affaire

36:02
Présentateur

et la réalité va nous rattraper

36:03
Invité

elle est là elle nous rattrape elle nous accompagne nous précède nous traverse on n'en tient pas compte c'est un peu une façon française de faire de la politique mais elle est dans notre cas spécifiquement prégnante et déterminante donc il faudra bien qu'on envoie des réponses à ceux qui attendent pour savoir ce qui sera décidé et là il y a un contre-pied sur lequel on peut insister il y a possiblement un contre-pied entre une sorte de majorité relative qui émergerait d'une gauche ou d'un centre-gauche et puis des contraintes qui seraient pour aller vite des contraintes de droite pour aller vite sur l'équilibre des comptes sur la réduction de la dépense ce genre de choses

36:39
Présentateur

Vincent Martigny

36:40
Invité

il y a plusieurs choses encore une fois quand vous posez la question de savoir qu'est-ce que pourrait faire l'Assemblée à partir du moment où on n'a pas l'état des rapports de force on n'a aucune carte donc en fait il n'y a aucune réponse à vous donner le droit permet énormément de choses évidemment mais sans les dynamiques politiques le droit n'est que des règles qui n'existent pas encore une fois ces règles sont là inscrites mais il y a énormément de dispositions du droit qu'on n'a pas utilisées en régime majoritaire donc tant qu'on n'aura pas le rapport de force ça ne sert à rien pour moi la question des institutions c'est un peu le même genre de questions tout le monde parle de la martingale de la proportionnelle moi je suis plutôt favorable à titre personnel mais mon avis importe peu ce qui compte c'est que c'est la seule chose qu'on peut faire comme réforme des institutions parce qu'on sait très bien que si vous voulez réformer le texte constitutionnel il n'y a que deux voies la voie du référendum je ne vois pas comment il faudrait déjà convaincre M.

Macron de ensuite lancer un référendum dont on connait très souvent les résultats c'est souvent négatif contre le président donc je ne vois pas pourquoi il le ferait et quant au fait de passer par le congrès et l'autre voie c'est à dire l'Assemblée nationale et le Sénat déjà que l'Assemblée nationale est morcelée et le Sénat est hostile en principe aux réformes institutionnelles on est là encore une fois dans un monde qui n'existe pas quand on parle de réformes institutionnelles si on ne parle pas de comment on pourrait la faire on peut imaginer ce qu'on veut et là je rejoins Dominique Reigny sur cette façon française de faire de la politique un peu complètement déréalisée où chacun dit moi je serai pour une réforme bon c'est vrai que la proportionnelle c'est la seule chose qu'on peut réellement faire on peut envoyer un signal démocratique par exemple aux électeurs pour dire la prochaine fois on fera ça

38:04
Jean-Luc Mélenchon

ce sera très important pour l'échéance de 2027 si c'est celle-là qui arrive ou pour la dissolution à venir

38:09
Invité

ça sera sûrement très important à mon avis pour toute une série de familles politiques qui la demandent depuis des années M. Bayrou ce matin le rappelait pour sa famille politique c'est le cas du Rassemblement National qui est favorable depuis longtemps et je pense que à l'intérieur du nouveau Front Populaire il y aura des forces politiques pour y souscrire

38:24
Présentateur

et Stéphane nous écrit sur l'application France Inter je vous redonne d'ailleurs le numéro le Whatsapp de l'émission pour nous écrire au 01-45-24-7000 01-45-24-7000 quel que soit le Premier Ministre ou la couleur de l'Assemblée Nationale la principale différence c'est l'importance de Jupiter qui va être drastiquement amoindrie et justement on va continuer à en débattre quel va être le rôle d'Emmanuel Macron est-ce la fin du jupiterisme pourrait-il même tient démissionner comme l'avait fait le général de Gaulle le débat continue sur France Inter

38:59
Auditeur

c'était Junior

42:11
Présentateur

avec le silence le débat de midi la puérary on est toujours ensemble jusqu'à 13h sur France Inter on se demande qui va gouverner la France en ce lendemain de second tour de législative et quel peut-être le rôle du président de la République aussi en cas de peut-être cohabitation avec le nouveau Front Populaire je rappelle qu'hier soir à l'immense surprise générale et bien le nouveau Front Populaire est arrivé en tête de ces élections législatives largement devant le Rassemblement National qui prend une claque et le camp macroniste qui résiste comme miraculé on est toujours avec le politologue Dominique Régnier la constitutionnaliste Marianne Cohandet Yael Goz journaliste à France Inter et Vincent Martini professeur de sciences politiques Marianne Cohandet Emmanuel Macron a l'air quand même avec cette dissolution de se placer dans les pas du général de Gaulle puisque tous les scénarios sont sur la table et que c'est un petit peu le grand flou est-ce qu'il pourrait démissionner ou être poussé vers la sortie ?

Alors démissionner il est tout à fait libre de le faire quand il veut ça il n'y a aucun doute là-dessus être poussé vers la sortie ça paraît très difficile ça serait vraiment un coup de force constitutionnel sauf dans l'hypothèse où par exemple M. Macron estimerait que c'est toujours à lui de diriger personnellement la politique nationale là ce serait manifestement contraire à la fois au texte constitutionnel et aux tendances politiques rappelons que selon nos textes on a vu c'est un arbitre dans les faits qu'est-ce qui se passe ?

Et bien quand la majorité parlementaire est du même bord que lui il est non seulement le chef de l'état prévu par le texte un peu le roi d'Angleterre avec plus de pouvoir quand même et en plus le premier ministre anglais mais lorsqu'il n'y a plus de majorité parlementaire qui le reconnaît comme son chef il a toujours sa légitimité de président de la république mais plus celle de dirigeant de la politique nationale et c'est bien dans cette situation là qu'on est il vient de perdre les élections tout de même son parti vient de perdre une centaine de sièges tout le monde a qu'il y a autour de la table la dissolution a été désapprouvée massivement par les français donc il n'est plus question qu'il dirige lui-même la politique nationale s'il voulait s'accrocher là il pourrait y avoir problème un peu comme on a eu sous la troisième république quand on a acculé Mac Mahon à la démission

44:34
Jean-Luc Mélenchon

il n'y aura pas de Mac Macron c'est ça ?

44:36
Présentateur

il n'y aura pas de Mac Macron merci pour ce jeu de mots Yelgauss Jérémy nous demande mais si jamais le rassemblement national s'allie avec la gauche est-ce que ces deux partis peuvent en ressemble faire en sorte qu'Emmanuel Macron soit destitué ? alors Vincent Martini

44:49
Invité

encore une fois la constitution ne prévoit pas de cas de destitution hormis en cas de trahison nationale et là on en est quand même encore loin encore une fois et d'ailleurs heureusement que ça ne se passe pas comme ça je me souviens déjà en 2018 lors des Gilets jaunes beaucoup de journalistes posaient la question et si Macron démissionnait ?

Emmanuel Macron il a une légitimité de mandat qui a été élu en 2022 jusqu'en 2027 encore une fois il pourrait avoir des raisons de démissionner peut-être s'il se sentait complètement lui-même prisonnier c'est ce que vous dis il en a la liberté la question c'est est-ce qu'une démission du président de la république changerait la donne dans laquelle nous sommes la réponse est non parce que l'article 12 de la constitution est très précis c'est-à-dire que il n'est pas très précis moi je trouve il n'est pas très précis mais il est précis sur une chose

45:33
Présentateur

c'est que de mémoire

45:36
Invité

il ne peut être c'est l'assemble nationale qui ne peut être dissoute qu'une fois par an voilà le président de la république

45:42
Présentateur

peut donc peut il n'est pas obligé peut après consultation du premier ministre et des présidents des assemblées prononcer la dissolution de l'assemblée nationale donc les élections générales ont lieu entre 20 et 40 jours après et l'assemblée se réunit de plein droit le deuxième jeudi qui suit etc c'est ce qu'on voit avec la nouvelle session donc il est très libre de faire cette dernière alinéa et le dernier alinéa alors dernière alinéa moi je n'ai pas le texte il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l'année qui suit ces élections alors pourquoi cette alinéa parce qu'autrefois Charles X au moment de la restauration avait procédé à plusieurs dissolutions de suite pour justement parce qu'il était en cohabitation et pour empêcher la majorité parlementaire de gouverner et donc depuis lors on prévoit dans nos constitutions qu'on ne peut pas faire plus d'une dissolution par an et donc effectivement la démission du chef de l'état ne résoudrait rien mais le cas

46:40
Jean-Luc Mélenchon

le cas n'a pas été tranché

46:41
Invité

juste ce point là parce que pardon

46:42
Présentateur

ce qui pose problème

46:44
Invité

avec cette alinéa c'est sa rédaction parce que comme la droite de dissolution est un pouvoir propre du président on pourrait penser c'est l'interprétation que je fais moi de l'esprit de l'article mais je dirais l'interprétation générale est contre moi ici qu'un président est nouvellement élu retrouve son pouvoir propre de dissoudre or comme on me fait remarquer que c'est la forme passive il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution mais moi je ne vois pas a priori pas de dissolution

47:12
Jean-Luc Mélenchon

il y a un oman's land

47:13
Invité

c'est une question de pratique c'est à dire imaginez par exemple imaginez par exemple que le président de la République dise je veux démissionner pour régler la crise et puis qu'on en appelle le conseil constitutionnel évidemment dans ces cas là qui pourrait dire donner un avis alors est-ce que ça serait on est dans la politique fiction évidemment alors Macron démissionne ou consulte le conseil constitutionnel et admettons même que le conseil constitutionnel dise comme le dit Dominique Régnier en fait l'article est rédigé d'une certaine manière mais ça vaut pour un président on pourrait peut-être le refaire ça a créé quand même une jurisprudence constitutionnelle et c'est très lourd c'est pas du tout anodin ce genre d'élément et je pense que là il faudrait l'élément deux fois l'article n'est pas rédigé en tout cas il n'est pas rédigé pour la situation parce qu'un président nouvellement élu quel qu'il soit serait dépourvu au début de son mandat des pouvoirs propres d'un des pouvoirs propres qui lui sont pourtant attachés par la constitution c'est pas simple comme situation c'est vrai

48:00
Présentateur

en tout cas là les électeurs se réjouissent entre guillemets qu'Emmanuel Macron ait perdu des pouvoirs c'est vrai qu'on dit qu'il a décidé de cette dissolution complètement seul là c'est raté il a perdu la main

48:11
Jean-Luc Mélenchon

il a provoqué quelque chose j'insiste beaucoup je me répète beaucoup désolé si vous l'avez déjà entendu mais il y a une désynchronisation des calendriers législatifs et exécutifs et ça ça n'est pas arrivé depuis 2002 2002 c'est on applique la réforme du quinquennat pour la première fois le mandat dure 5 ans pour le président la présidentielle a lieu avant l'élection législative donc les députés découlent quelque part du corps du roi présidentiel et c'est souvent des vagues qui accompagnent l'élection du président on l'avait avec Nicolas Sarkozy on l'avait avec François Hollande avec cette dissolution Emmanuel Macron a cassé l'horloge et c'est à dire que l'Assemblée a sa propre vie son propre parcours sa propre longévité 5 ans déconnecté du quinquennat présidentiel puisqu'il ne reste que 3 ans pour Emmanuel Macron donc là les horloges sont déconnectées désynchronisées et l'Assemblée pour le coup retrouve vraiment sa vie propre son pouvoir propre et ne dépend pas du président c'est ça

49:05
Présentateur

quelle drôle d'ambiance il va y avoir aux Jeux Olympiques alors mais non

49:09
Jean-Luc Mélenchon

on a vécu là-dessus avant 2002 c'est pour ça qu'il y a eu des cohabitations avec François Mitterrand et avec Lionel Jospin c'est pour ça

49:16
Invité

encore une fois je pense qu'il y a une sorte on est tellement drogué à l'interprétation devenue dominante de la pratique du pouvoir avec un président qui décide de tout un premier ministre qui est une sorte de collaborateur qu'on en oublie que dans notre histoire parlementaire et constitutionnelle c'est arrivé quand même assez souvent sous la troisième république tout le temps

49:32
Présentateur

à vous entendre tous ça va faire du bien à la politique

49:34
Invité

ce qui est sûr c'est qu'on est dans une situation de blocage total je ne sais pas ça ne fait du bien dans laquelle nous sommes à mon avis davantage aujourd'hui qu'hier et si nous arrivons à prendre des décisions qui sont dans l'intérêt général sinon c'est une catastrophe puisqu'on ne peut plus on ne peut plus recourir aux élections en 20 ans

49:50
Présentateur

oui vous pensez comme Edouard Philippe qui a peut-être péril

49:54
Invité

pour la France je pense en tout cas que sans faire de pronostics négatifs que la possibilité que ça se passe très mal est réelle et c'est pourquoi la décision de Dissou a été particulièrement irréfléchie parce qu'en 97 Chirac au pire il est tombé sur une majorité raisonnable constituée qui a d'ailleurs gouverné là c'est on ne sait pas on va voir on va le découvrir

50:14
Présentateur

alors Dominique Regnier pense que quand même il y a risque en tout cas Vincent Martini

50:18
Invité

d'accord pour la décision réfléchie ça je pense qu'il y a consensus total en toute la France sur ce sujet

50:22
Présentateur

mais pour le risque à venir

50:22
Invité

en revanche encore une fois il y a toujours cette question que se pose tout le monde qu'est-ce que veulent les électeurs on ne sait même pas si les électeurs veulent quelque chose comme un groupe mais quand même ce qu'on sent c'est qu'il y a une volonté de désescalade de calme et que ça fait quand même deux ou trois ans et que là il y a quand même à mon avis un sentiment général à la fois de soulagement sur ce qui s'est passé hier mais aussi quand même

50:45
Présentateur

et de frustration je vais vous lire le message de Damien qui dit le front républicain est une arnaque on a voté pour faire barrage et on se retrouve électeur de la gauche on ne mire reprendra plus la souffrance des électeurs ça justement de certains

50:59
Jean-Luc Mélenchon

bien sûr bien sûr mais après il faut aussi regarder comment le RN a mené sa campagne d'entre deux tours les carences managériales le recrutement des candidats 70-80 députés aux propos limites racistes antisémites homophobes parfois et puis aussi des débats boycottés le refus de débattre le refus de débattre sur des chaînes de France Bleue 21 refus c'est anormal la démocratie

51:21
Présentateur

c'est la démocratie aussi certains électeurs sont frustrés ils le disent très clairement sur l'application France Inter oui alors je poursuis sur ce qui vient d'être dit on a quand même des candidats qui avaient fait des attaques à main armée qui n'étaient pas éligibles d'autres sous curatelles

51:37
Invité

il y a des fichiers S de l'autre côté vous connaissez des antisémites je peux vous faire la liste il y en a beaucoup d'antisémités

51:42
Présentateur

dans les mêmes chiffres l'antisémitisme est très impressionnant

51:46
Invité

à la France Insoumise citation comportement on n'est pas du tout

51:49
Présentateur

dans les mêmes proportions ça c'est une appréciation je suis tout à fait d'accord sur le fait que l'antisémitisme est absolument odieux et intolérable d'où qu'il vienne mais on n'est pas dans les mêmes proportions on n'a pas un tiers des candidats qui a posé des problèmes c'est un débat qu'on ne va pas pouvoir faire parce qu'on vient à la fin de cette émission juste sur la souffrance de certains électeurs donc la souffrance des électeurs s'ils espéraient effectivement l'emporter on comprend qu'ils soient déçus mais encore une fois c'est les deux tiers des français qui n'ont pas voulu de ce gouvernement là

52:17
Invité

encore une fois il ne faut pas oublier que la démocratie c'est une forme de conflit qu'on gère sans violence et qu'il faut accepter que ceux qui pensent qu'on vivrait dans un monde dans lequel tout le monde serait content ce n'est pas la démocratie ça s'appelle l'autoritarisme donc heureusement on vit en démocratie il y a des conflits les gens sont frustrés mais ça ne dure pas

52:33
Présentateur

merci à tous d'avoir débattu à ce micro alors la photo n'est pas tout à fait nette mais grâce à vous elle a quand même pris beaucoup de couleurs et on a pu voir les contours de cette future Assemblée nationale merci à mon équipe qui a travaillé tard hier pour la soirée électorale merci à Yohann Duval à Lison Chambre Alexandre Bigot et Raphaël Bauduret-Ibanez à la réalisation Étienne Bertin à la programmation musicale Valentine Chedebois et à la technique aujourd'hui et bien c'était Romain Leborg je vous dis à demain pour un nouveau débat