Yaël Braun-Pivet appelle à "ne pas politiser la fête de la musique"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Les parents sont au vent debout. La justice estime qu'il n'y a pas assez de faits saillants nécessaires, même si elle reconnaît des comportements inappropriés. On va y revenir avec Pauline Rodona, le chef du service police-justice. Ce sera à partir de 8h45.
Ça fait évidemment beaucoup réagir à l'heure justement où il y a encore cette polémique après la mort de la petite Liana, alors que les députés aussi veulent s'emparer du sujet, tandis qu'il y a des manifestations chaque lundi devant les tribunaux en France. Ça sera d'ailleurs l'objet des questions de votre interview à Pauline, votre invitée ce matin.
C'est la présidente de l'Assemblée nationale, troisième personnage de l'État, Yael Bron-Pivet, qui répond à mes questions.
Votre rendez-vous avec la Mazda 6i 100% électrique. BFM première avec qui nous garde ? Spécialiste de la garde d'enfants après l'école et la crèche. Qui nous garde ? Garde les enfants, détendez pas vous. Votre programme avec Corom, des investissements pensés pour vous. Même quand on n'a pas le temps. Corom l'épargne, on s'investit pour votre argent.
Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Yael Bron-Pivet. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la présidente de l'Assemblée nationale, troisième personnage de l'État, d'un État qui, beaucoup de questions ce matin, suscite parfois une forme de défiance, d'inquiétude après notamment la mort de Liana. Lundi soir, encore des rassemblements devant les palais de justice. Et chaque jour, presque, on a de nouvelles plaintes, on a de nouvelles procédures qui n'ont pas forcément abouti. La dernière, et je voudrais vous faire réagir, c'est ce signalement qui avait été adressé par l'ASE, l'aide sociale à l'enfance, à la justice en mars dernier.
C'est cette petite fille, déjà placée pour être protégée, mais qui s'est retrouvée face à Jérôme Barrella, le père d'une de ses amies. Elle a signalé des gestes au minimum déplacés de Jérôme Barrella. Elle s'en est plaint à l'une des animatrices de l'ASE, qui a pris son témoignage au sérieux et qui a décidé d'alerter. Mais voilà, cette alerte n'est jamais arrivée. La procureure, Doche, indique, je cite, qu'elle n'a eu aucune trace de réception et d'enregistrement de ce signalement, en mars dernier donc. Je l'ai appris dans la presse, voilà ce qu'elle dit à BFM TV. Elle invoque un problème de boîte de réception. Un problème de boîte de réception.
Elle a donc finalement fait des recherches dans ses mails, semble-t-il, et elle a fini par récupérer ce signalement début juin, qui était, semble-t-il, je ne sais pas, dans les messages sur le côté ou sur une mauvaise boîte mail. Comment c'est possible un problème de signalement ?
Je ne sais plus quoi dire en fait. Moi non plus. Moi non plus parce qu'on sait à quel point déjà il est difficile pour les enfants de parler parfois, de révéler des faits qui leur sont arrivés. Et donc lorsque la parole de l'enfant est là, il faut absolument, impérativement s'en saisir. Il ne faut rien laisser de côté. Et malheureusement, cette affaire illustre les manquements, les carences parfois, dans le processus de plainte, d'énonciation, d'instruction de ces faits.
Et donc on voit bien que parfois il y a des manquements au niveau de l'aide sociale à l'enfance, parfois il y a des manquements au niveau de l'école, parfois ce sont des manquements au niveau de nos forces de l'ordre, parfois ce sont des manquements au niveau de notre justice. Mais on voit bien que cette chaîne, elle ne marche pas bien aujourd'hui. C'est ce que ces affaires illustrent. On verra ce que dira l'enquête précise dans l'affaire Liana. Mais en tout cas, on voit bien que ces défaillances, elles sont un petit peu systémiques. Et c'est ça qui nous révulse tous, quelle que soit la fonction, quelle que soit notre place dans la société.
Ce qui est navrant et le mot effaible, désespérant, qui donne le vertige, c'est que j'ai l'impression que depuis deux semaines, à vous tous que j'ai face à moi, il y a ces plaintes qui n'ont pas été suivies de faits. Il y a cette mère de Rosa qui a appelé régulièrement sans obtenir de réponse. Il y a les preuves que les récits de Rosa avaient bien été corroborés par des médecins, des lésions sur son corps. Tout cela n'a donné aucune conséquence. Et puis, pardon, mais le côté dérisoire de mails, c'est-à-dire d'enfants qui parlent, de signalements qui sont faits, et on nous dit que c'est tombé dans mes spams. Enfin, on en est quasiment là.
Oui, mais justement, je pense que c'est pour ça qu'aujourd'hui, comme hier, parce que ce n'est pas une loi de circonstance, on plaide pour cette fameuse, au moins intégrale. Ce n'est pas pour rien que les associations se sont mobilisées depuis des années pour cette loi. Cette loi, elle a été déposée par Céline Thiebaud-Martinez et plus d'une centaine de parlementaires en décembre 2025. Moi, j'ai rencontré les collectifs d'associations il y a un an, en mai 2025. Donc, ça fait des mois, des années que l'on est beaucoup à dire qu'il faut prendre le problème dans son entièreté, parce qu'il y a des difficultés à chaque bout de la chaîne. Qu'est-ce qui commence ?
Mais alors, pourquoi cette loi, elle est restée dans le tiroir ? Alors, elle est restée dans le tiroir, parce qu'elle n'a pas... Elle y est encore, d'ailleurs, on ne se parle pas, mais d'accord. Elle est un petit peu sortie du tiroir, parce qu'avec le Premier ministre, chacun de notre côté, on a saisi le Conseil d'État, qui est en ce moment en train de regarder son côté juridique pour s'assurer que les dispositions volent bien, comme on peut dire dans notre jargon. Donc, elle est sortie du tiroir. Il y a plus de 150 parlementaires qui l'ont signée à ce jour. C'est un quart de l'Assemblée nationale. Ça n'est pas rien.
Mais on a, en fait, eu depuis des années une approche, en fait, en silo et par petits bouts. Donc, on a fait plein de choses. Il ne faut pas dire qu'on n'a rien fait. Il y a eu le Grenelle des violences conjugales. On a formé près de 200 000 forces de l'ordre à la réception de la parole. Il y a des maisons des familles dans tous les départements de France, de protection des familles, pour recueillir correctement la preuve, avec des protocoles adaptés, qu'on appelle le protocole Mélanie. J'en ai inauguré une encore récemment dans mon département. Donc, il y a des choses qui ont été faites. Mais ce que l'on voit, c'est quoi ? C'est que, justement, ça n'est pas systématisé.
Donc, il y a encore des trous. Et il y a des problèmes de passage de chaîne. Et c'est exactement ce que vous décrivez. Donc, on regardera ce que l'enquête dira. Mais on voit bien que parfois, l'information ne circule pas, que parfois, la personne qui réceptionne la plainte a la bonne attitude, parfois ne l'a pas. Et donc, il faut absolument faire en sorte que chaque victime, que chaque parole soit entendue justement et que la bonne procédure soit faite. Et c'est pour ça, ça aussi, c'est prévu dans la loi intégrale. Il y a un article qui dit, voilà, quand vous recevez une plainte d'un enfant ou d'une femme, voilà les actes d'enquête que vous devez faire, impérativement.
C'est ce qu'on voudrait avoir pour, justement, avoir un traitement égal sur tout le territoire et ne plus rien laisser passer. Encore faut-il que la plainte n'arrive pas dans les spams. Enfin, pardon, je reviens là-dessus, mais ça me paraît tellement fou. Mais c'est pour ça qu'il faut prévoir un chemin, après, de transmission correcte entre les forces de l'ordre, le procureur, qu'il y ait une enquête. Et que tout cela, c'est l'objectif, en fait. Toujours dans la loi intégrale, nous prévoyons des pôles spécialisés. Aujourd'hui, ils existent, mais ils ne sont pas suffisamment renforcés.
Donc il faut vraiment qu'on ait partout, sur le territoire national, dans chaque département, des pôles judiciaires spécialisés, des enquêteurs spécialisés, et qu'à chaque fois, chaque victime soit immédiatement orientée vers ces pôles spécialisés. C'est indispensable pour ne plus avoir ce type de faits qui sont gravissimes, parce qu'ils peuvent avoir des conséquences absolument abominables.
– Abominable et dramatique, cette fameuse loi intégrale, si désormais elle suit en effet le processus, si elle est validée par le Conseil d'État, est-ce qu'elle pourrait être votée avant la fin du quinquennat ?
– C'est l'agenda qu'on pourrait avoir. Moi, j'ai échangé encore hier après-midi avec le Premier ministre et avec Céline Thiebo-Martinez, la première auteure de cette loi. L'objectif, c'est effectivement d'avancer rapidement. Et donc c'est pour ça que nous, nous demandons l'inscription de cette loi en septembre à l'agenda de l'Assemblée nationale. Le Premier ministre nous parle de l'automne. Moi, l'important, c'est qu'effectivement, à la fin du quinquennat, nous ayons pu avancer résolument sur cette situation parce que c'est 160 000 enfants par an et c'est des femmes qui, tous les jours, subissent les coups de leur mari et dont la parole n'est pas suffisamment prise en compte.
– Comment vous vivez, vous, cette période ? Vous avez entendu sans doute l'une des députées qui disait qu'elle avait honte aujourd'hui, Laure Miller. Elle dit « j'ai honte d'être députée français ». Comment vous vous entendez ça ?
– Alors, moi, je pense que le Parlement a joué son rôle. Et donc il ne faut pas avoir honte, au contraire, il faut être fier de ce que l'on a fait. Vous savez, à l'Assemblée nationale, on a eu une commission d'enquête sur l'AZE d'Isabelle Santiago. Nous avons eu des commissions d'enquête sur les violences sexuelles dans le sport, dans le milieu du cinéma. Nous avons actuellement une commission d'enquête sur l'inceste qui rendra ses conclusions le 7 juillet. Nous avons été à l'initiative de plusieurs lois importantes, transpartisanes, l'aide d'urgence pour permettre aux femmes de quitter leur domicile, l'ordonnance de protection.
Ce sont des initiatives parlementaires qui, à chaque fois, ont été votées à l'unanimité, l'unanimité de notre hémicycle. Donc moi, je suis plutôt fière de cette Assemblée nationale qui s'est saisie justement des sujets. Nous avons créé, sur ma proposition, en septembre 2022, une délégation aux droits des enfants, présidée par Périne Goulet, qui, justement, était chargée et est chargée de mettre en lumière la parole des enfants à l'Assemblée nationale. Donc moi, je crois que l'Assemblée nationale a été à la hauteur. Mais, effectivement, il faut aller beaucoup plus loin. Ce que je trouve très dur... Et vous voyez, quand on parle de loi intégrale, c'est une proposition de loi.
Nous ne parlons pas d'un projet de loi. Parfois, tout ça est assez théorique. Je comprends bien.
Vous avez, de votre côté, initié un certain nombre de choses. Et quand j'écoute chacun, il a le sentiment quand même d'avoir fait le plus possible. Et puis ensuite, il y a des histoires de signalements qui n'arrivent pas. C'est-à-dire qu'on a quand même l'impression d'un décalage entre un certain nombre de principes, de décisions, et le mur du réel, quoi.
En fait, c'est pour ça qu'il faut avoir beaucoup d'humilité. Je ne suis pas en train de vous raconter que tout va bien. Vraiment pas. Ce n'est pas du tout mon intention, parce que je sais que tout ne va pas bien. Et je vous l'ai dit en début de cette émission. Mais je voulais vous dire, on a fait beaucoup. Mais, ça n'est pas suffisant. Clairement, il faut être pragmatique. Il faut regarder la situation telle qu'elle est. Et telle qu'elle est, ça ne convient pas. Ça ne va pas. Et donc, il faut aller plus loin, loi intégrale, davantage de budget. Peut-être aussi une prise de conscience de la société toute entière qui n'était pas complètement là. Moi, en 2022, j'appelle à un MeToo de l'enfance.
J'appelle à cette prise de conscience de la société. Eh bien, elle est peut-être en train d'arriver aujourd'hui. C'est heureux. Il faut se saisir de cet électrochoc national qui nous a tous saisis. Faisons-en quelque chose d'utile. Protégeons mieux nos enfants. Protégeons mieux les femmes de ce pays.
Faudra-t-il des sanctions ? Gérald de Darmanin a écrit aux différents magistrats de France hier. Il dit que lorsque des fautes professionnelles sont établies par les rapports d'inspection ou les enquêtes administratives, personne ne comprendrait qu'elles ne soient pas sanctionnées.
Mais il a raison. La responsabilité est inhérente avec les régimes... C'est rarissime qu'il y ait des sanctions contre des magistrats. Alors, ce n'est pas très fréquent. Vous avez raison. On a réformé le régime. Il y en a quand même un certain nombre. Mais effectivement, quand on est en responsabilité, la responsabilité, ça veut dire effectivement que lorsque l'on commet des fautes, elles doivent être regardées et éventuellement sanctionnées. Mais ça, ça sera l'objet du rapport et des suites qu'il y aura éventuellement à ce rapport. Je ne veux pas préjuger. Moi, je n'ai absolument aucune connaissance de l'inspection qui est en cours.
L'inquiète et l'inspection administrative dont le compte-rendu devrait avoir lieu lundi. Une loi a été adoptée hier, dite loi Philippine. Là aussi, un drame qui avait traversé la société française de cette jeune fille violée, tuée par un homme déjà condamné sous OQTF. Mais pour des raisons, là encore, administratives, de délais, de demandes qui n'avaient pas été faites à temps, il s'était retrouvé en liberté dans la nature. Charles Rodouel a porté cette loi. L'idée, c'est de rallonger en effet la durée de rétention pour les étrangers en situation irrégulière qui auraient été condamnés pour des faits particulièrement dangereux. Est-ce que vous vous satisfaisez de ceci ?
Je m'en satisfais, bien sûr. C'est important qu'effectivement, on ait pu rallonger les délais et permettre de retenir effectivement ces personnes. Et vous voyez, là aussi, initiative parlementaire. Un député qui s'est saisi de cette affaire et qui a été au bout avec l'assentiment évidemment du gouvernement. Mais vous voyez, le Parlement, c'est ça l'intérêt d'avoir un Parlement d'hiver. Ce sont des parlementaires qui sont sur le terrain, qui sont à l'écoute de la société et qui portent des initiatives qui permettent d'avancer. Mais vous voyez que c'est par petites touches. Et parfois, et on le comprend, ça ne va pas assez vite sur un certain nombre de domaines.
Cette question d'ailleurs, dans le cadre de l'élection qui vient, d'une sorte de, j'allais dire, de centre élargi, puisque vous aimez à dire qu'il faut travailler les uns avec les autres. Vous dites pourtant que vous ne voulez soutenir personne à ce stade. Vous n'avez été ni au meeting de Gabriel Attal. Vous n'irez pas non plus à celui d'Edouard Philippe. Pourquoi à un moment, il va falloir se lancer, non ?
À un moment, mais ce n'est pas le moment. Aujourd'hui, vous voyez, on a parlé de sujets extrêmement importants. Et moi, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, en tant que députée, mais aussi en tant que maman, je consacre l'intégralité de mon énergie à essayer de résoudre ces questions. Vous dites « eux, c'est tout pour ma gueule ». Je n'ai pas dit ça.
Si j'étais candidate, alors on se dirait que je fais partie de ce club des CTMG. C'est tout pour ma gueule.
Je ne crois pas que j'ai dit ça, mais peu importe. Aujourd'hui, on a des candidats qui déroulent des programmes. Chacun est dans sa ligne de nage. Et moi, j'ai le sentiment, en tout cas, c'est ce que j'aime faire et c'est ce que je veux faire, c'est qu'il faut travailler et faire du collectif. À nouveau, après, aujourd'hui, on est en juin. Moi, j'ai des dossiers qui sont sur la table de l'Assemblée nationale et j'essaye de les faire avancer au maximum. L'accord, la fin de vie, cette voie intégrale.
Vous, l'esprit, est-ce que vous vous êtes dit, et d'ailleurs, vous dites souvent, ça manque de femmes, est-ce que vous vous êtes dit « ok, j'y vais ».
Mais je ne me suis pas dit à ce jour « ok, j'y vais ». Mais c'est quelque chose que je regarde et évidemment, je n'exclus jamais rien. Mais je n'ai jamais rien exclu dans ma vie, donc je ne vais pas commencer à le faire. Mais je pense fondamentalement qu'aujourd'hui, ça n'est pas mon sujet parce que j'ai trop à faire à l'Assemblée nationale.
Dimanche, c'est la fête de la musique. Place de la République à Paris, ce sera une fête de la musique, mais LFI qui organise Place de la musique, concert et prise de parole militante. Est-ce que vous avez vu cette histoire ? Est-ce que vous trouvez que c'est normal, que c'est le mieux ?
Je n'ai pas vu, mais il ne faut pas politiser la fête de la musique. La fête de la musique, c'est une fête qui appartient à tous les Français. C'est un moment de joie, de fête collective, de partage. Il y aura d'ailleurs une fête de la musique à l'Assemblée nationale aussi. On ouvre nos portes. Elle ne sera pas politique.
Vous n'alternerez pas concert et prise de parole militante ?
Alors non, moi je ne fais pas de prise de parole à l'Assemblée nationale lors de la fête de la musique. Donc ce n'est pas le lieu ? Ce n'est pas le lieu, mais ce n'est pas le jour surtout. Laissons les Français justement se réunir et fêter quelque chose ensemble, quelles que soient les opinions politiques.
Que d'autant que vous mettez la politique de côté.
La musique, ça doit nous rassembler et ça ne doit pas nous segmenter.
Il y a une autre fête, c'est la fête à Versailles ce soir, les 250 ans de l'indépendance des Etats-Unis. Dîner à Versailles, vous y serez d'ailleurs ? Non, non, je n'y suis pas. C'est un dîner, je pense, restreint de travail. Restreint de travail. Est-ce que c'était le lieu ? Est-ce qu'il fallait dérouler en quelque sorte le tapis rouge à Donald Trump dans le contexte actuel ?
C'est le lieu, il faut se parler aujourd'hui. Et Versailles, c'est le symbole de la France, de la grandeur de la France. Ça a été conçu pour ça d'ailleurs, quand ça a été construit. Donc moi, je n'y vois aucune difficulté. Et quand on va aux Etats-Unis, et quand moi j'ai visité le Congrès récemment, je me suis entretenue avec Mike Johnson, on voit l'attachement des Etats-Unis à la France, à Lafayette, etc. Donc il n'y a aucun problème.
Donc au-delà du président actuel, le lien avec les Etats-Unis, il doit rester très fort ?
Mais évidemment, il est très puissant, il s'est inscrit dans le temps. Et vous savez, tout cela dépasse l'amitié entre des nations, dépasse largement les dirigeants qui sont aujourd'hui au pouvoir. On le voit avec les Etats-Unis, on peut le voir avec d'autres exemples.
Est-ce qu'on peut réussir à convaincre les Américains, en ayant présidé le G7, qui se poursuit encore aujourd'hui, avec ce dîner à Versailles, de ne pas en rajouter quand on voit à nouveau l'idée d'une taxe 100% sur nos vins et spiritueux, quand on voit la manière dont il a coupé l'accès aux moteurs de recherche les plus puissants de l'intelligence artificielle ?
Quels sont nos moyens à nous faire face ? Alors je ne sais pas si on est capable de les convaincre, mais en tout cas, pour convaincre quelqu'un, il faut discuter avec. Donc si vous ne discutez pas, vous êtes sûr que vous ne le convaincrez jamais. Donc toujours discuter, toujours échanger, faire valoir nos arguments, agir en européen, pas uniquement en franco-français, c'est important. Donc moi, je pense que vraiment la clé, c'est l'Europe. Parler d'une voix unie face aux États-Unis et faire émerger enfin une vraie puissance européenne qui nous permettrait de desserrer les taux entre les États-Unis et la Chine.
Alors vous n'avez pas dit « c'est tout pour ma gueule ». Pardonnez-moi, c'est François Bayrou qui l'a dit. En revanche, il y a des insultes qui ont fusé et qui n'ont pas été niées par celui qui les aurait proférées. Nabo, je vais te faire disparaître en t'envoyant des Georgiens. C'est Philippe Tabarro, le ministre des Transports, qui, dans le cadre aussi visiblement d'une concurrence locale sur fond de sénatorial, aurait envoyé ça au maire de Nice, Éric Ciotti. Vous trouvez que c'est digne d'un ministre, ça ?
Écoutez, je pense qu'Éric Ciotti a porté plainte, je crois. Il s'en est plaint au Premier ministre, donc on va les laisser régler cette affaire. Mais en tout cas, d'une façon générale, on ne peut pas avoir un débat politique qui se place de cette façon.
Ce n'est pas digne. Merci beaucoup, en tout cas, Yael Moine-Pivet, d'avoir répondu à mes questions. Vous êtes la présidente de l'Assemblée nationale. Il est 8h47 sur RMC BFM TV.
Et on va réécouter les mots de Yael Moine-Pivet à propos de la parole des enfants. Évidemment, l'affaire Liana, ce matin, on parlait du périscolaire avec vous. Pauline Revenin, ce nouveau scandale, puisque la première personne jugée a été immédiatement relaxée. La justice reconnaît, on en parlera dans un instant. Toutefois, il y a eu des comportements inappropriés. D'abord, on réécoute les mots de la présidente de l'Assemblée nationale. On sait à quel point, déjà, il est difficile pour les enfants de parler parfois, de révéler des faits qui leur sont arrivés. Et donc, lorsque la parole de l'enfant est là, il faut absolument, impérativement, s'en saisir. Il ne faut rien laisser de côté.
On voit bien que ces défaillances, elles sont un petit peu systémiques. Et c'est ça qui nous révulse tous. Et c'est ça qui nous révulse tous, dit Yael Moine-Pivet, qui a aussi apporté, et on a apporté des éléments supplémentaires sur l'affaire de Léa, dans l'affaire Barrella. La petite Léa dont on parlait ce matin. Les dysfonctionnements sont...
Yaël Braun-Pivet