Geoffroy Didier (LR): «Je sais d'où vient l'ex-FN mais n'accuse pas sans preuves», après les propos antisémites prêtés à Jordan Bardella
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00ComplaisanteRéponse partielle
Bonjour Geoffroy Didier. Bienvenue et merci d'être avec nous sur RFI.
- 0:10OuverteRéponse directe
On va parler de la crise sociale, des retraites, du budget. Mais d'abord, un mot sur l'actualité politique, ces propos antisémites attribués à Jordan Bardella. Geoffroy Didier, quelle a été votre réaction ?
- 0:41RelanceRéponse directe
Mais ça veut dire que si ces propos sont avérés, Jordan Bardella, selon vous, il doit encore assumer ses fonctions politiques ?
- 1:38OuverteRéponse directe
Mais ça vous conforte justement dans le fait de ne pas avoir rejoint l'alliance d'Éric Ciotti peut-être
- 2:05OuverteRéponse directe
L'autre information de la journée, c'est cette journée de mobilisation, c'est l'exaspération des Français qui s'expriment dans les rues. Pourquoi les Français devraient accepter aujourd'hui de faire encore plus d'efforts ?
- 3:00RelanceRéponse partielle
Mais quelles dépenses, justement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueFait
« Ma réaction, c'est celle d'un avocat qui veut voir des pièces à conviction, qui veut voir des preuves avant d'émettre un jugement. »
- 0:25Invité politiqueFait
« Je ne suis pas d'accord avec les idées politiques de Jordan Bardella, mais je n'accuse pas sans preuve. »
- 0:47Invité politiqueFait
« Si ces propos étaient avérés et que les accusations étaient démontrées, vous imaginez bien qu'il s'agirait d'un tremblement de terre politique. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Je crois à la présomption d'innocence. Je ne fais pas de procès d'intention à qui que ce soit. »
- 1:14Invité politiqueFait
« Mais je n'oublie pas aussi qu'au Conseil Régional d'Île-de-France, dont je suis membre, certains conseillers régionaux RN avaient quitté la salle lorsque nous avions fait un hommage à Simone Veil. »
- 2:30Invité politiqueChiffre
« La France compte près de 6 millions de fonctionnaires. »
- 2:53Invité politiqueFait
« Je suis totalement favorable à ce qu'on baisse les dépenses publiques là où c'est nécessaire. »
- 3:03Invité politiqueChiffre
« Il y a des organismes, il y a je crois 430 organismes dont on peut franchement se poser la question de l'utilité. »
- 3:20Invité politiquePromesse
« Ça ne pourra se faire qu'après l'élection présidentielle de 2027. »
- 3:30Invité politiqueFait
« Au Conseil régional de Ville de France, nous avons supprimé ou fusionné 15 organismes sans que les franciliens ne s'en rendent compte. »
- 4:46Invité politiqueFait
« Je pense que nous sommes à l'heure des choix, c'est-à-dire l'heure des vrais choix politiques que la campagne présidentielle autorise. »
- 4:50Invité politiqueFait
« Ce n'est pas le moment de négocier, de renoncer à ces convictions. »
- 7:02Invité politiqueFait
« J'estime que la proposition de Bruno Retailleau est équilibrée, c'est-à-dire qu'on ne part pas avant 63 ans. »
- 7:22Invité politiqueFait
« Ce n'est pas 67, c'est 65. »
Temps de parole
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- Présentateur18 %
- ?5 %
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Bonjour Geoffroy Didier.
Bonjour.
Bienvenue et merci d'être avec nous sur RFI. Alors on va évidemment parler de la crise sociale, des retraites, du budget. Mais d'abord, un mot sur l'actualité politique, ces propos antisémites attribués à Jordan Bardella. Geoffroy Didier, quelle a été votre réaction ?
Ma réaction, c'est celle d'un avocat
qui
veut voir des pièces à conviction, qui veut voir des preuves avant d'émettre un jugement. Je ne suis pas d'accord avec les idées politiques de Jordan Bardella,
mais
je n'accuse pas sans preuve, donc je ne participerai pas au concert des accusations et des condamnations sans avoir davantage d'éléments tangibles, si ce n'est un article de presse.
Mais ça veut dire que si ces propos sont avérés, Jordan Bardella, selon vous, il doit encore assumer ses fonctions politiques ?
Si
ces propos étaient avérés et que les accusations étaient démontrées, vous imaginez bien qu'il s'agirait d'un tremblement de terre politique,
mais
nous n'en sommes pas là.
Moi,
je pars du principe qu'il y a le contradictoire,
c
'est-à-dire la possibilité d'accuser, mais aussi la possibilité de se défendre. Je crois à la présomption d'innocence. Je ne fais pas de procès d'intention à qui que ce soit, malgré les profonds désaccords politiques que je peux avoir avec le Rassemblement National. Mais je n'oublie pas aussi qu'au Conseil Régional d'Île-de-France, dont je suis membre, certains conseillers régionaux RN avaient quitté la salle lorsque nous avions fait un hommage à Simone Veil. Donc je sais très bien d'où l'ex-Front National vient, mais je n'accuse personne à Dominem tant que je n'ai pas vu des preuves tangibles qui permettent de corroborer les accusations de
presse. Mais ça vous conforte justement dans le fait de ne pas avoir rejoint l'alliance d'Éric Ciotti peut-être
? Ah
mais je n'ai pas eu à attendre des accusations de Mediapart pour être convaincu que la droite républicaine peut être offensive sans être excluante, qu'il faut préférer la préférence au mérite plutôt que la préférence nationale et qu'il n
'est
jamais nécessaire d'être extrémiste pour résoudre les problèmes des Français.
Et on l'entend bien. L'autre information de la journée, on l'a entendu, c'est cette journée de mobilisation, c'est évidemment l'exaspération des Français qui s'expriment dans les rues, chez les fonctionnaires, les pompiers, les lycéens. Pourquoi les Français devraient accepter aujourd'hui de faire encore plus d'efforts
? Vous
savez, si Emmanuel Macron n'avait pas si mal agi depuis 10 ans, la France disposerait de marges de manœuvre
et
pourrait effectivement mieux payer les fonctionnaires qui souvent le méritent. La France compte près de 6 millions de fonctionnaires, c'est-à-dire que ce sont des dizaines de millions de familles qui comptent un fonctionnaire parmi elles. Et moi, ce que je veux faire, c'est rendre hommage à la fonction publique
qui
est bien loin de la bureaucratie qu'on décrit parfois et qui remplit ses missions avec un vrai sens du service public.
Je
suis totalement favorable à ce qu'on baisse les dépenses publiques là où c'est nécessaire, à ce que les gaspillages soient combattus avec vigueur.
Mais quelles dépenses, justement ?
Il y a des organismes, il y a je crois 430 organismes dont on peut franchement se poser la question de l'utilité.
Vous
savez
? Mais à quelle échéance, justement,
concrètement ?
Ça ne pourra se faire qu'après l'élection présidentielle de 2027 puisque c'est l'élection la plus structurante ou celle où on fait des vrais choix démocratiques assumés. Mais au Conseil régional de Ville de France,
nous
avons supprimé ou fusionné 15 organismes sans que les franciliens ne s'en rendent compte, c'est-à-dire sans que les franciliens se disent « Tiens, les services publics de la région se sont amoindris ». Je crois qu'il y a du gras
et
que nous devons, par respect pour les franciliens et par respect pour les contribuables qui subissent quand même le taux de prélèvement obligatoire le plus important des pays de l'OCDE, d'agir pour que l'État soit plus fort. Et la seule manière de le rendre plus fort,
c
'est de le rendre plus nerveux, c'est-à-dire de lui enlever tout le gras ou tout le calcaire qu'il y a dans les tubes de l'État et qui mériteraient effectivement d'être nettoyé. Et
ça crie justement…
Ceci ne veut pas dire que les fonctionnaires, qui dans leur immense majorité accomplissent leur travail avec un vrai sens de la mission du service public, ne soient pas mieux rémunérés et ne soient pas mieux valorisés. Je crois que c
'est
justement cela que nous devons trouver comme équilibre, c'est-à-dire
en
terminer avec la bureaucratie inutile
pour
valoriser les fonctionnaires qui le méritent.
Et justement, on parle de ce projet de loi de finances qui va être dévoilé à l'Assemblée. Chez les Républicains, est-ce que vous, vous êtes prêt à voter un budget qui comporte des mesures que vous désapprouvez ?
Je
n'y suis pas favorable. Je pense que nous sommes à l'heure des choix, c'est-à-dire l'heure des vrais choix politiques que la campagne présidentielle autorise et que ce n'est pas le moment de négocier, de renoncer à ces convictions. C'est plutôt le moment de les affirmer et de dire que nous ne cautionnons pas un budget qui irait dans le sens de davantage de déficit public sans véritablement mieux servir les Français.
Ça veut dire aussi peut-être le faire avec des députés Rassemblements nationals s'il y
a
une mesure que vous voulez faire adopter et que seuls les députés Rassemblements nationals acceptent de voter
?
Non, mais si les Rassemblements nationals disent que le ciel est bleu aujourd'hui et que le ciel est effectivement bleu, je n'aurais pas de mal à dire que la météo est clémente. mais je ne me positionne pas dans mes convictions par rapport à une autre formation politique. Je me positionne par rapport à mes propres convictions. Ce que je veux en revanche,
c
'est que nous soyons fidèles à ces convictions et que nous ne les renoncions pas,
que
nous ne les négocions pas pour un plat de lentilles ou pour avoir la paix sociale pendant quelques semaines ou quelques mois de plus. Je crois que vraiment, les Français attendent de nous tous, responsables politiques, des conditions sincères, de la constance
et
de leur permettre de faire de véritables choix. Le problème avec Emmanuel Macron,
c
'est qu
'à
force de dire que la droite et la gauche n'existaient pas ou qu'il était un peu de droite et un peu de gauche, les Français se sont rendus compte que finalement, ils n'avaient pas eu le choix
et
qu'on leur a expliqué que tout ça, c'était la même chose. Moi, je crois que la gauche
et
la droite, ce sont des valeurs,
des
convictions différentes. Je respecte celle de gauche, j'affirme celle de droite et je crois que les Français doivent avoir le choix et que l'élection présidentielle doit justement leur permettre d'effectuer ce choix et qu'ensuite,
les
options de ce choix puissent être effectivement mises en œuvre.
Et un autre point justement de cette élection présidentielle, on parlait beaucoup du sujet des retraites. Édouard Philippe, ce midi, a reculé sur l'âge de départ en retraite, 65 ans. Il était présenté quand même par ses adversaires comme l'homme de la retraite à 67 ans. Qu'est-ce qui diffère entre Horizon et Les Républicains sur ce point, en quelques mots ? Ce qui,
oui, ce qui, je ne sais pas si c'est ce qui diffère, mais en tout cas, j'estime que la proposition de Bruno Retailleau est équilibrée, c'est-à-dire qu'on ne part pas avant 63 ans, sauf évidemment
qu'on
est en situation de handicap ou qu'on a effectué des travaux pénibles.
Donc
on peut partir des 63 ans avec une décote et 65 ans reste l'âge légal. Ce n'est pas 67, c'est 65. J'estime que ce que propose Bruno Retailleau est équilibré avec une perspective d'avenir. C'est que désormais, l'âge légal soit indexé sur l'espérance de vie. C
'est
assez simple et à mon avis tout à fait compréhensible par un grand nombre de nos concitoyens.
Et on y reviendra. Merci beaucoup Geoffroy Didier d'avoir répondu aux questions de RFI. Bonne journée.
A
très bientôt.
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Geoffroy Didier