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interviewPublic Sénat· 11 mai 2026 27 min

Edouard Philippe pourra-t-il faire l’union de la droite et du centre ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

qui vont nous rejoindre edouard philippe était hier à reims un discours aux allures de lancement de campagne qui ne dit pas son nom tard de est-il trop à entrer activement dans la course à la présidentielle peut-il s'imposer comme le candidat du bloc central est il un rempart au rassemblement national yves tréard et pavlo piot vivien vont nous rejoindre pour décrypter tout ça mais d'abord on va écouter un extrait de ce de discours d'Edouard Philippe hier, qui donne le ton sur son positionnement. C'est cette France libre que je veux. Une France libre de se défendre contre ses ennemis lorsqu'ils la menacent.

Une France libre de dire la vérité à ses amis quand ils se trompe, une France libre de construire un destin à 27, une France libre de faire cavalier seule quand il le faut. Mes amis, au les cœurs, cette France libre Elle nous appelle, nous allons la construire. Vive Reims, vive la République et vive la France.

La France libre qui sonne comme un slogan de campagne. On va en parler avec vous. Bonjour Pablo Pievudien, merci d'être la rédacteur en chef de la revue Regarde-Rive Tréhard.

Merci également d'être là, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, la France libre. Ça pourrait être le nouveau slogan de campagne d'Edouard Philippe. Est-ce qu'hier, il est passé de maire chef de parti à une vraie démarche présidentielle ?

Vous savez, c'est un diesel, d'une certaine façon, Edouard Philippe. C'est-à-dire qu il va étape par étape, pas à pas. Je crois qu'il a raison de ne pas trop s'emballer.

Moi, ce qui me fascine chez...

Enfin, ce qui me fascine, le mot est quand même un peu fort, mais ce qui me trouble chez Edouard Philippe, c'est que ça fait maintenant six ans qu'il n'est plus aux affaires. Et pendant ces six ans, il a réussi à se maintenir à un niveau de sondage assez étonnant quand même parce que généralement vous savez la vie aujourd'hui politique est faite de va-et-vient et on oublie très vite ceux qui ont fait l'actualité et là depuis 6 ans, somme toute, en faisant pas grand-chose. Si, c'est sûr qu'il a été...

Oui, d'accord, mais quand même. On peut pas dire que sa parole...

Et puis, parfois, il a eu des paroles qui pouvaient blesser ou qui pouvaient être mal le reçu, moi ça me convient très bien mais l'histoire de la retraite à 67 ans quand vous pensez que ce sujet est brûlant dans ce pays ou alors la démission du président de la république qu'il a demandé il y a quelque temps. Néanmoins, il arrive à se maintenir et ça c'est tout à fait étonnant. Vous dites qu'il est diesel, ça fait quand même bientôt deux ans qu'il a dit qu'il serait candidat à la présidentielle.

Hier pour vous, ce n'était pas un lancement de campagne. On était encore dans du diesel. Oui oui parce que le public c'était un public de cadre de son parti il ne s'exprimait pas la folle ambiance et sa réélection au Havre pour enclencher une dynamique présidentielle ? il a décliné ce qu'il allait faire pendant l'année à venir jusqu'à jusqu'à au moins l'été et ça ressemblait vraiment à une campagne présidentielle Il y avait plein de choses très programmatiques il s'est positionné par rapport à Bruno Retailleau qui est candidat et par rapport à Gabriel Attal qui est aussi candidat la raison pour laquelle on peut dire que c'est un diesel Oui, ça peut être la droite de demain., pas nécessairement à l'ancien. d'idées géniales, il y en a à peu près une par semaine Quand on est macroniste, quand on a été macroniste de la première heure bien sûr que c'est important de le rappeler 465 communes Il y en a quelques-uns quand même, parce qu'il a d'abord été Premier ministre de M.

Macron et on ne peut pas dire qu' Emmanuel Macron soit dans une forme sondagiaire olympique. Donc il Il y a cet héritage qu'il faut quand même assumer, quoi qu'il arrive. Et qu'il va payer les 80 km heure ?

Non mais ça c'est le 80 km heure, ce n'est pas Macron. C'est lui ! C'est lui sous En plus de Macron, il y a ce qu'il a pu faire et notamment les 80 km heure qui sont peut-être à mettre sans doute à son débit, à son actif.

Il y a sa gestion du Covid, du coronavirus qui, à mon avis, à l'époque a plutôt été bien reçu parce qu'il a été honnête dans la fonction. Il est venu devant les Français tout à fait régulièrement en disant « je ne sais pas tout, faites attention ». Il n'a plutôt été assez transparent et je pense que c'est un exercice qui a plu après et pablo le disait l'inconvénient si vous voulez c'est que l'espace qu'il veut occuper est un espace très large alors je ne dirais pas comme Pablo que Bruno Retailleau flirte avec l'extrême droite.

Bruno Retailleau, il est Bruno Retailleau. C'est un conservateur et c'est un conservateur qui n'a rien à voir précisément avec l'extrême droite. Ce n'est pas du tout ça, Retailleau.

Retailleau, c'est un conservateur qui a toujours assumé ses idées conservatrices. Et on va venir sur l'espace politique. Vous avez de l'autre côté Gabriel Attal, dont on ne sait pas trop, d'ailleurs, sur quel terrain il veut aller parce que parfois il essaye d'être très à droite, parfois il cherche à aller.

Donc c'est tout un équilibre qui est très difficile à trouver pour Edouard Philippe, qui n'est pas dans une situation très simple, avec aussi l'image qui plane au-dessus de lui, ce qui est celle d'Alain Juppé. Vous vous souvenez, la mondialisation heureuse et qui l'incarne d'une certaine façon. On va venir sur cet espace politique, mais avant de venir sur son espace, quel est son marqueur politique ?

Vous, vous avez trouvé qu'il a esquissé quand même hier, Pablo, un début de programme. Pour vous, il a un marqueur politique, Edouard Philippe il a un marqueur politique. Mais moi, je vais vous dire, tout à l'heure, vous avez un peu poussé des cris d'orfraie quand j'ai commencé à le dire, mais c'est la droite bon teint.

C'est-à-dire, c'est la droite qui ne...

En fait, il vous dit, « Écoutez, ce qu'on vous raconte, on vous dit que rien ne va en France, etc. » Si, en fait, ça va à peu près. En fait, vous savez, on arrive à créer des entreprises, on arrive à a encore travaillé, on arrive à être fier d'être français.

Et ce qu'il essaye de relancer, c'est...

Alors il a ce slogan, la France libre, mais moi je dirais plutôt que c c'est la droite fière. C'est un type de droite qui essaye de montrer que, comme il a dû considérer, il a dû regarder les sondages et les études d'opinion et les votes aux dernières élections, il a dû voir, il s'est dit, bon, la France penche à 70 % à droite et à l'extrême droite. J'ai donc une chance si j'arrive à me positionner dans cet espace-là, si j'arrive à rassembler cet espace-là.

Et c'est ça, la proposition qu'il fait à ces gens qui veulent travailler, qui ont des valeurs plus ou moins conservatrices, tout en étant quand même un peu libéral économiquement. Voilà, il nous, c'est un peu...

Et c'est pour ça qu'il a prononcé plusieurs fois le mot d'optimisme hier ? Exactement, c'est ça son cap pour moi, c'est le cap qu'il a donné dans son discours, il essaye, lorsque effectivement, je reviens en fait aux deux bornes qui l'entourent, c'est-à-dire d'un côté Retailleau qui vous parle de submersion migratoire, qui vous dit que bon peut-être qu'il faudrait revenir sur l'état de droit et qui dans une certaine mesure veut chambouler une partie des règles, des droits qui font qu'aujourd'hui on peut vivre ensemble. Et de l'autre côté, Gabriel Attal qui qui représente d'abord du fait de son jeune âge, lui aussi la Startup Nation, lui aussi finalement le dépassement de la gauche et de la droite.

Parce qu'il ne faut pas oublier que Gabriel Attal vient du Parti Socialiste et il fait une proposition comme la DIV, qu'on ne comprend pas trop, mais qui va aussi chercher du côté de la droite. Edouard Philippe dit « Attendez, on va revenir à avant 2017, vous allez avoir un candidat de droite qui va être bien à droite et qui va faire une proposition aux Français et cette proposition, parce qu'elle est optimiste, elle peut l'emporter. » – Yves ? – Oui en fait c'est… – Il veut lutter contre les déclinistes lui ? – Pardon ? – Il veut être celui qui lutte contre le déclinisme ? – Oui je crois qu'il y a deux choses qu'il veut essayer de montrer, c'est que il ne vire pas dans le populisme et il le dit régulièrement.

Et c'est ça qui est très intéressant par rapport à l'invité que vous aviez tout à l Michel Barnier. On sent que c'est une musique qui prend de plus en plus, qui s'accorde de plus en plus, si vous voulez, Michel Barnier, Jean-François Copé, d'une certaine façon, Edouard Philippe. Et c C'est d'éviter justement, moi il n'y a qu'un faucon, j'arrive à tout faire.

Ils essayent de se départir de cela si vous voulez. Et je crois que c'est un des discours d'Édouard Philippe. Et effectivement je suis tout à fait d d'accord avec Pablo, il y a aussi et c'est l'esprit aussi de Michel Barnier, c'est l'esprit aussi Jean-François Copé de beaucoup d'autres de dire tout ne va pas mal en France parce que c'est vrai qu'il y a un discours qui est assez plombant dans ce pays où on vous dit que tout est mauvais, qu'on est nul, que la France est en plein déclin.

Ce qui n'est pas faux sur certains points ou qu'il faut vraiment réformer et sur lesquels il faut intervenir. Mais qui fait aussi le jeu du RN dans les urnes, c'est aussi ça le calculer. Évidemment, il fait le jeu du RN et il fait le jeu de Jean-Luc Mélenchon également, puisque c'est deux populismes qui se font face.

Effectivement, on entend dans Édouard Philippe, dans son discours, une volonté de ne pas être populiste et de se positionner en rupture par rapport à ses propositions. D'ailleurs, il fait une proposition à des cadres. Il Il était hier devant un parterre de cadres, ce qu'il veut aussi beaucoup dire.

Il n'est pas devant un parterre de militants, il n'est pas dans un espace extérieur. On a vu il y a quelques semaines, c'était François Ruffin qui se met sur l'Agora et qui parle à tout le monde. Donc là, il y a une rupture et Yves faisait la liste des gens, donc Barnier, Copé, etc., à droite, qui veulent porter cette droite non-populiste.

Le problème, c'est que pour l l'instant, on s'adresse surtout à des cadres. Et est-ce que...

Oui mais c'est un début, c'est-à-dire d'abord il soute son équipe et après il est là. J'entends, mais la question c'est est-ce que cette proposition va réussir à passer le mur du son des cadres d'abord après auprès des militants, ensuite auprès des sympathisants et puis enfin auprès de la France toute entière. Parce qu'aujourd'hui ce qui résonne le plus, ce qui fait le plus de bruit c'est et précisément un rapport particulier au populisme, au peuple, appelez-le comme vous voulez, il faut des grands mots, des grandes propositions chocs, il faut cliver systématiquement, si vous ne faites pas ça, exister dans ce fracas politique est parfois un peu compliqué. – Oui parce que ça renvoie évidemment à la droite bourgeoise d'une certaine façon et les cadres, quand on dit c'est Pablo, c'est les cadres du parti mais c'est une image, les cadres c'est une population de cadres, cadre sup en fait et il faut que ça soit entendu effectivement par une partie des français qui elles galèrent, qui est aujourd la France-là c'est aussi la France des gilets jaunes, ça aussi ça restera comme une marque ?

Alors la France des gilets jaunes, Edouard Philippe l'a vécu en première ligne effectivement. Est-ce que ça peut rester comme négatif ? Bien sûr tout le monde dans sa campagne.

Oui oui bien sûr que ça effectivement c'est quelque chose, moi je pense que la France des gilets jaunes de toute manière c'est quelque chose que redoute toute la classe politique, tout le personnel politique aujourd'hui redoute qu'il y ait ce phénomène qui a été, que personne n'avait vu venir à l'époque et qui complique sérieusement la tâche et qui d'une certaine façon paralyse le pays et qui a un côté insurrectionnel très fort. Alors moi je pense qu'il y a une théorie, enfin c'est pas une théorie, c'est une expérience. C'est que l'expérience montre que c'est jamais dans les périodes les plus difficiles que les gens se révoltent parce qu'ils n'ont pas les moyens de se révolter justement et c'est toujours dans les périodes de croissance où il y a des attentes qui ne sont pas assouvies, qui ne sont pas je dirais entendues et que là les gens se révoltes et c'était le cas des gilets jaunes pendant quand les gilets jaunes sont nés on avait un taux de croissance qui était relativement élevé c'est intéressant ce rapport à la colère que ça soit celle des gilets jaunes donc autour de 2018, ou aujourd'hui, celle des Français et des Françaises.

Parce que précisément, vous avez plusieurs propositions politiques aujourd'hui dans le paysage pour 2027 qui se font, qui essaie de raisonner avec ses colères. C'est la proposition, par exemple, de Jean-Luc Mélenchon. C'est la proposition du rassemblement national.

C'est ce que parfois d'aucuns appellent les populistes, moi je les appelle pas comme ça mais je vois que eux ils essayent de capter cette colère, ils essayent de dire bon bah cette colère leur constat c'est-à-dire que cette colère si elle n'est pas forcément majoritaire en France au moins elle peut être le cœur d'une dynamique, le moteur d'une dynamique susceptible de faire gagner la présidentielle. Et puis vous avez les autres qui disent non, non, en fait on est dans une société qui est un peu plus froide, qui n'est pas aussi chaude que d'autres pourraient le dire, et donc nous notre proposition, et c'est celle d'Edouard Philippe, c'est le pari d'Edouard Philippe, c'est le pari de l'optimisme d'Edouard Philippe, c'est de dire bon bah, nous on on va thésauriser, on va construire sur cette majorité silencieuse qui n'est pas vraiment en colère mais a besoin quand même d'aménagement du système parce qu'il y a des problèmes. Ça, ils ne le nient pas.

Mais voilà, la différence d'analyse, de prendre le pouls de la France, et il y en a qui ne sont pas le même pouls, il y en a qui voient que c'est à 120 et d'autres qui voient que c'est à 70. Et donc, ils vont faire des propositions en en fonction de ce constat-là. Juste un mot, pardon Yves, parce qu'il y a un baromètre vériant pour le Figaro Magazine qui a été publié le 7 mai.

Edouard Philippe enregistre la baisse la plus significative. Tous les candidats sont en baisse, mais la baisse la plus significative, c'est celle d'Edouard Philippe. Il recule de 5 points sur ses compétences pour être un bon président.

Il est à 35%, 3ème, derrière Jordan Bardella et Marine Le Pen, ainsi que sur sa vision claire de la l'avenir, là aussi il recule. Il recule de 4 points sur sa bonne représentation de la France et des Français. Vous nous disiez tout à l'heure je suis un peu étonné du fait qu'ils se maintiennent à un haut niveau.

Est-ce que là on est sur le début d'une chute ? Et on n'est pas sur des intentions de sondage, on est sur un qualificatif pour être président de la République, sur des compétences. Oui mais il reste toujours troisième.

Depuis un moment, on sait que c'est Mme Le Pen et Jordane Bardella, maintenant c'est plutôt le contraire, d'ailleurs, qui sont en tête. C'est des caractéristiques de popularité, de confiance. Oui, effectivement, ce ne sont pas des intentions de vote, c'est très différent.

Bon, ça va, ça Ça vient, effectivement. Pour vous, il n'y a pas une alerte ? Je ne suis pas dans le camp d'Edouard Philippe.

Je ne fais pas sa campagne. C'est à lui de voir ce qu'il en est. Moi, je n'ai pas analysé ça de très près. je vois pas encore à partir de quoi effectivement cette baisse peut s'expliquer je ne sais pas il a été en plus il vient d'être et réélu merde du havre qui serait plutôt positif pour lui.

Pour 95 % des français ça n'a pas de...

Qu'il soit réélu mère du havre, ça ne change rien, ça ne change pas grand chose. Ça aurait juste fait être un frein. Oui mais on est surtout dans des états tellement bas, je veux dire, tout ça quand même est entre 10-15%, parfois un peu plus.

Moi je suis pas sûr que ça soit très significatif. On passerait de 30 à 22, je veux bien, mais enfin là c'est des toutes petites modulations. On va parler de son positionnement politique et on l'a dit et redit hier, il était devant les cadres.

Mais maintenant l'enjeu pour Edouard Philippe ça va être d'élargir, de faire le rassemblement. Et on va écouter ce qu'il a dit à ce sujet hier à Reims. Nous ne devons pas oublier que l'élection qui vient, l'élection présidentielle, sera aussi une élection de recomposition.

Pour l'emporter bien sûr mais pour gouverner ensuite il faudra construire une majorité. Propoger une majorité législative nouvelle, ouverte, rassemblant explicitement la droite et le centre et refusant explicitement le mirage d'une union avec la droite extrême. Je suis convaincu mes amis que les français nous la donneront cette majorité tant chacun a pu constater le désastre que constitue pour notre pays l'absence de majorité et l'immobilisme atterrant qui en résulte on est convaincu évidemment il ne va pas dire le contraire on est on est un peu dans la méthode quoi est ce qu'il peut incarner ce rassemblement cette recomposition politique de la droite et du centre yves bah il s'y emploie parce Parce que, d'une certaine façon, sur la ligne de départ, vous avez aussi Gabriel Attal, vous avez aussi Bruno Retailleau et peut-être d'autres.

Donc, David Lysnard, il y a du monde au balcon, si je puis dire. Donc, l L'incarnation de cette droite, je dirais classique, droite-centre, classique, gaullienne d'une certaine façon, ils rêvent tous de l'incarner. Maintenant, c'est la campagne qui qui va montrer celui qui l'incarne le mieux.

Et le problème, si vous voulez, c'est que cette droite en question, cette droite assez classique, elle a deux inconvénients. C'est que d'abord sur sa droite, elle a le Rassemblement national qui est le parti le plus fort en france et qui a gagné et qui a justement aspiré énormément d'électeurs de cette droite classique depuis maintenant 30 ans et puis de l'autre côté vous avez une expérience qui se termine plutôt pas très bien qui est celle d'Emmanuel Macron qui est assez impopulaire et dont candidats qui seront là, qui ont tous participé à des gouvernements d'une façon ou d'une autre, portent l'héritage d'une certaine façon. – Mais juste un mot Pablo, parce que vous l'avez souligné, Edouard Philippe hier, il a répéter « je suis de droite ».

C'était aussi une demande de clarification de la part de certains, de son camp. Ça veut dire aujourd'hui, lui, il veut incarner la droite, le centre, mais il ne s'adresse pas au centre-gauche, il ne s'adresse pas aux sociodémocrates Je pense que c'est un peu plus compliqué que ça. Déjà, il y a un paradoxe, c'est qu'Edouard Philippe est le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron.

Il est un macroniste de la première heure et donc, de fait, il a participé à ce brouillage de la gauche et la droite. Il a même participé pendant longtemps. Et donc, du coup, là, il dit qu'on a l'impression qu'il veut revenir à avant ce que lui-même a participé à construire ou à déconstruire.

Et donc, c'est pour ça qu'il dit « je suis de droite ». Parce qu'en fait, il veut rappeler l'homme qu'il était en 2016. Il veut rappeler que la structuration de l'échiquier politique, au tout cas du monde politique en deux pôles, la gauche et la droite.

Et puis même, on exclut l'extrême-droite. C'est ça qu'il appelle de ses voeux. C'est ça qu'il veut reconstruire.

Est-ce qu'il est la bonne personne – Mais c'est quoi, montrer qu'il n'est pas macroniste ? Parce qu'il n'a jamais été macroniste. – Il n'a jamais été macroniste. – Il vient des LR, il n'a jamais adhéré à Renaissance, il vient des LR, il a fond d'horizon. – C'est lui qui disait que les poutres bougeaient. – La poutre travaille Je pense que, franchement, ces petites nuances que vous apportez sont tout à fait justes. 90 % des Français pensent qu'il était macroniste parce qu'il était le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron, punto.

Genre le reste c'est des scories de l'histoire. Et c'est ce que lui renvoie Bruno Retailleau ? C'est comme ça que Bruno Retailleau veut marquer la rupture avec Édouard Philippe ?

Exactement, sachant que lui-même a à participer à des gouvernements sous la présidence d'Emmanuel Macron. Donc, en fait, tout cet espace-là est honnêtement assez compliqué à comprendre. Les dynamiques sont parfois contradictoires, elles sont floues, elles sont tâtonnantes aussi.

C'est-à-dire que ça tâtonne beaucoup. On parlait tout à l'heure des zigzags de Gabriel Attal, Edouard Philippe aussi, zigzag, on ne sait pas trop. Il dit parfois il va un peu plus à droite, parfois il va un peu plus...

C'est...

Finalement, on retrouve avec...

Si on prend Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, David Lysnard, on la primaire de la droite de 2016-2017. Vous avez les incarnations qui sont là, avec Juppé qu'on retrouve dans... – Édouard Philippe. – Dans Édouard Philippe. comme François Fillon, qu'on retrouve dans Bruno Retailleau.

Gabriel Attal, je ne sais pas si ce n'est pas Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire. Non, mais pourquoi pas et David Lysnard, le libéral de service, comme il y avait Alain Madelin par le passé. On est finalement dans cet espace-là.

C'est qui n'a pas changé. Edouard Philippe, vous le disiez, il disait la poutre Michel Barnier, ce matin, il parle d'un temps de sédimentation. Comment tout ça retombe ?

Comment ils réussissent ? On a l'impression que dans les mots, ils sont tous d'accord pour dire « s'il y a deux candidats, on n'y arrivera pas ». Mais comment ils aboutissent à un seul candidat – Je crois que d'ailleurs Michel Barnier a utilisé le mot, c'est la décantation, d'après lui, parce que je ne pense pas qu'il se livre à une primaire.

Je crois que l'idée de la primaire, elle est morte. – La primaire, c'est les sondages La primaire, c'est les sondages. C'est-à-dire qu'il y a une décantation, c'est la sélection par les sondages.

Bon, pourquoi pas ? Après tout, c'est comme ça que ça...

J'espère qu'ils seront suffisamment responsables, vus de droite et du centre, pour qu'ils agissent comme ça. Après, s'ils veulent y aller à plusieurs, ils perdront à plusieurs. Le problème, c'est que pour cueillir une discrimination par les sondages, il faut qu'il y ait des espaces, en fait, de discussion.

Il faut qu'à un moment donné, Gabriel Attal, Edouard Philippe et Bruno Retailleau se retrouvent dans un même espace... – Je ne pense pas que c'est ce qui se passera. – Hier, il avait l'air de dire qu'ils discutaient.

On n'a pas compris sur quoi ça allait aboutir, mais ils discutent. – Exactement. Moi, je parlais de confrontation publique.

C'est-à-dire qu'à un moment, il va falloir qu'ils mettent aussi en scène... – Au fin de débat ? – C'est une sorte de C'est une primaire, quoi.

Une primaire médiatique. Oui, si on veut, mais c'est ça aussi la démocratie et c'est ça aussi la joie et le bonheur de la démocratie. C'est de pouvoir voir, s'affronter, d'ailleurs peu importe les espaces, si c'est toute la France ou si c'est juste la droite, de voir en fait des gens qui s'opposent leurs arguments et ensuite, le problème c'est qui est le juge de paix là-dedans ?

Le fait que ça soit les instituts de sondage, le juge de Je ne suis pas sûr que ça soit, en 2026, le meilleur des choix. – Oui, sauf que les instituts de sondage en France se trompent rarement quand même, contrairement à ce qui se passe au Etats-Unis en Angleterre. Je ne suis pas certain que...

Non, mais je veux dire pas...

La vie des Français d'ailleurs sur les instituts de sondage est très mauvaise. Oui, non mais ça c'est certainement, mais je veux dire quand vous avez 10 ou 15 points d'écart, parce qu'il faut quand même regarder d'où on part. Ah voilà, mais s'il y en a un qui arrive à mettre 10 points sur les autres...

Il faut voir d'où on part, c'est qu'actuellement, on est loin du but je dirais, Edouard Philippe il fait la course largement en tête par rapport à Gabriel Attal, par rapport à David Lissnard, par rapport à Bruno Retailleau, qui sont tous en dessous de 10 et pour certains très en dessous de 10%. Donc l'équation se complique si ça se resserre dans les sondages ? Evidemment.

C'est-à-dire que si Edouard Philippe perd et que les autres arrivent. Mais c'est vrai qu'on ne voit pas trop...

Moi, je n'arrive pas à voir le chemin que même Gabriel Attal va trouver pour essayer de gagner des points. Il peut être celui qui incarne le barrage au Rassemblement national. Edouard Philippe, Marine Le Pen en fait son meilleur adversaire.

Oui, oui. Non mais là, ça c'est absolument clair. D'ailleurs, c'est l'analyse que font beaucoup de gens.

C'est de dire en 2027, vous avez une partie des Français C'est sûrement majoritaire qui ne va pas accepter que le Rassemblement national passe et qui, au premier tour, va faire un vote utile qui va se reporter sur celui ou celle qui sera le plus capable de battre Marine Le Pen ou Jordan Bardot. On choisira en premier tour. C'est l'atout d'Édouard Philippe Pardon ?

C'est un atout d'Edouard Phillips ? Oui. C'est un atout de tous les autres candidats.

Je pense que François Hollande, il a le même raisonnement. Exactement. Merci beaucoup.

Merci Yves Tréhardt, merci Pablo. Merci d'avoir été avec nous ce matin merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée public sénat en

Edouard Philippe pourra-t-il faire l’union de la droite et du centre ? — Édouard Philippe · Pourquijevote