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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 18 février 2026 8 min

"Les propos de la Ministre, je les trouve très irrespectueux" : Alexandre Bompard

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Annie Jeunev a accusé, vous la grande distribution d'exercer, je la cite un chantage mortifère sur les industriels et qu'à la fin ce sont les agriculteurs qui trinquent. Qu'est-ce que vous lui répondez ? D'abord, chaque année à peu près à la même date, on dit que les négociations se tendent.

La réalité, je vous parle de Carrefour, nous on a à peu près signé 95 % des accords avec les PME et on est plutôt en avance sur les grandes multinational. Les propos de la ministre, je les trouve tout à la fois très irrespectueux du métier de la grande distribution. Il y a 800000 personnes qui travaillent en France dans la grande distribution.

Ces propos chantage mortif, menace, intimidation, c'est à la fois irrespectueux. C'est assez irresponsable dans un climat de tension du monde agricole et c'est totalement déconnecté. Déconnecté de quoi ?

Déconnecté des attentes des clients. Qu'est-ce qu'ils attendent les clients ? Ils veulent du pouvoir d'achat.

Ils ont eu 25 % d'inflation en 3 ans. Ils veulent que les prix baissent. Comment ils baissent les prix ?

Ils baissent pas si je négocie pas. Si je ne négocie pas, les prix augmentent de 10 % en gros. Et là, elle parle pour les industriels, elle parle pour les agriculteurs.

Non, non, elle parle justement pas pour les agriculteurs, elle parle pour les industriels. Donc elle dit il y a des négociations, mais heureusement qu'il y a des négociations. Si on ne négocie pas, les prix augmenteraient de 5 à 10 %.

Ils sont donc déconnectés ces propos de l'attente de pouvoir d'achat qui est la première attente des Français. Et puis pardon, ils sont assez déconnectés des problèmes des agriculteurs. Les agriculteurs, ils parlent pas des négociations parce qu'ils savent qu'on négocie pas la matière première agricole.

C'est la loi. La loi égalime, c'est que nous ne négoons pas la matière première agricole. Il parle de quoi ?

Il parle des normes, il parle des impôts, il parle des charges. C'est ça travail. son travail c'est parle aussi de leur revenus.

Oui, mais la matière première agricole, elle est sanctuarisée. Je ne la négocie plus depuis la loi égalime. Donc ce sont des propos qui sont non acceptables.

On entend vos mots en tout cas qui sont très irrespectueux et qui sont totalement déconnectés à la fois des attentes des Français et de la réalité du monde agricole. Alors justement les attentes des Français, comment vous voyez l'évolution des prix dans l'année à venir ? Est-ce qu'il y a des produits dont les prix vont augmenter, d'autres qui vont baisser ?

D'abord, c'est lié aux négociations en cours. Je pense qu'on finira par une toute petite inflation autour de 1 %. Ça sera le résultat des négociations.

Ça veut dire que les Français qui ont eu 25 % d'augmentation sur 2 ans vont pouvoir se dire en gros les prix sont stabilisés. Alors cette stabilité, elle cache des choses différentes. Il y a des produits qui augmentent.

La pâte à tartiner ça augmente, ça va continuer à monter. Ça va continuer à à augmenter. Les sardines, ça augmente parce qu'il y a une pénurie.

Les steak achés, ça augmente parce qu'il y a une crise sur le bœuf. Et puis il y a des il y a beaucoup de produits qui sont en déflation parce que les cours baissent, le sucre ça baisse, les pâtes ça baisse, la farine ça baisse. Donc il y a une majorité de produits dont les prix baissent.

Il y a quelques produits haussiers qui sont liés à des cours de matière première qui restent à la hausse. Sur les prix, vous avez vu le sujet avec notre comparatif, notre enquête qu'on a fait, et bien c'est le clair qui reste qui reste le la grande distribution, le grand distributeur qui propose les prix les plus bas. Vous vous êtes 4e derrière les hypermarchés, intermarchés et U.

Alors 4e c'est d'abord nous ne sommes pas 4e mais d'abord Lecler est l'enseigne la moins chère de France. C'est c'est une réalité. Nous on a beaucoup investi ces dernières années.

On a baissé le prix de 6000 produits de 10 % et il faut toujours inclure ce que n'inclut pas ces fichiers les promotions et la fidélité. Et donc quand on met tout ça, on est aujourd'hui en 2e position mais ça veut dire qu'il y a un match. Ça veut dire qu'on on les uns et les autres, on essaie d'avoir l'offre la plus compétitive.

Nous, on annonce aujourd'hui 200 produits de marque propre à prix coûtant. Donc 80 d'entre eux sont des produits N freecore A et B parce que notre rôle c'est de donner du pouvoir d'achat aux clients. Alors justement rapidement, le bio, vous êtes le leader français du bio Carrefour, le bio a connu une grosse grosse crise ces dernières années.

Les Français s'en sont détournés trop cher, ils voul ils voulaient plus. Est-ce que c'est toujours le cas où ça remonte ? Bah le bio euh c'est extraordinaire pour le consommateur parce qu'il a le sentiment et la réalité qui que que sa qualité alimentaire s'améliore.

On est le leader du bio, on a le bio le moins cher et on est leader en en valeur absolue. Quand il y a eu la crise d'hyperinflation, qu'est-ce qu'ils ont fait les Français ? Ils se sont détournés du bio parce qu'ils pouvaient plus l'acheter.

Aujourd'hui, on voit que le point bas a été atteint. Le marché repart à la hausse à la à la fois dans les magasins spécialistes. Moi, j'en ai sa bio bio c'est bon.

Et puis dans les grandes surfaces que nous avons, on voit le marché qui est à nouveau haussier. Ça reprend et le bio est en train de repartir à la hausse. Carrefour, vous avez donc présenté ce plan stratégique.

Vous voulez réaliser 1 milliard d'économies par an jusqu'à 2030. Euh vous voulez aussi vous appuyer beaucoup plus sur l'intelligence artificielle pour gérer les stocks et les commandes. Moi, j'ai une question à vous poser.

Alexandre Bonpard, si Intermarché a fait fureur avec son loup au moment de Noël, vous vous avez cartonné avec la caissière Léonie dont les vidéos sur TikTok qu'on voit là, les vidéos sur TikTok ont été vu des millions de fois. Léonie, elle a pas peur d'être remplacée par une intelligence artificielle demain ? Qu'est-ce que ça va faire l'intelligence artificielle qu'on va mettre dans les magasins ? parce qu'en fait on a signé un accord avec une start-up française qui s'appelle Vusion.

Ça va nous permettre grâce à des rails connectés, des petites caméras et des étiquettes électroniques de détecter les ruptures. Vous savez, il y a plein de produits qui sont en rupture. Vous faites vos courses, le produit n'est pas disponible.

C'est c'est les les les clients détestent ça. Donc ça va permettre de détecter les ruptures, de mieux fixer les prix, de mieux gérer l'implantation en magasin. Bref, c'est pour nos équipes, pour nos équipes une amélioration dans le travail quotidien.

Ça va pas voler le boulot de l'ennemi et des autres. Non, ça va vraiment l'améliorer. D'ailleurs, on on on a annoncé ce matin un grand programme de formation de l'ensemble de nos collaborateurs à l'intelligence artificielle.

Ma dernière question rapidement, elle est au patron du CAC 40 que vous êtes sur la fronte des patrons contre la surtax la surtaxe des grandes entreprises décidées dans le budget 2026 et qui a été voté. Est-ce que vous faites partie de ceux qui disent Ralbol de payer des impôts ? Bah la surtaxe, elle porte très bien son nom.

C'est c'est vraiment la taxe de trop. On voit bien pourquoi elle a été retenue parce qu'on s'est dit il y a quand même personne qui va descendre dans la rue pour la feuille d'impôt des grandes sociétés. Mais c'est une erreur économique majeure.

Pourquoi ? Les grandes sociétés, ce sont celles qui invent le plus, ce sont celles qui créent le plus d'emplois, ce sont celles qui sont le plus sur des marchés internationals, ce sont celles qui en permanence créent de l'emploi, cré d'innovation et travaillent avec les PME le jour où vous les surtaxez et vous sortez de la moyenne européenne, ce qui est le cas aujourd'hui. Ces grandes sociétés, moi c'est pas mon cas parce que mes magasins, ils sont en France.

Au moment où elles choisissent les investissements, au moment où elles choisissent les endroits où elles vont innover, elles choisiront d'autres endroits que la France. C'est une grave erreur économique, pas seulement pour les grandes sociétés, pour l'ensemble du tissu économique français. Mais en même temps, depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, les entreprises ont pu bénéficier d'une baisse du taux de société de 33 % à 25 %.

Vous avez aussi été aidé pendant le Covid. Le fait d'avoir une surtaxe temporaire sur un an ou deux, de participer à la solidarité nationale comme dit Sébastien Lecnu, ça vous semble scandaleux ? Donc on vient donc de voir que ça n'avait rien de temporaire puisque c'était censé être temporaire sur un an.

Elle est donc désormais définitive. On est donc 10 points de plus que la moyenne européenne aujourd'hui. C'est donc un tête à queue par rapport à ce qui a été fait dans la première partie des des mandats de d'Emmanuel Macron où on était juste revenu dans la moyenne européenne.

C'était un gros effort qui a été fait. Retour moyenne européenne. On en sort, on est 10 points de plus.

Les conséquences sur la compétitivité de l'entreprise France, ils sont majeurs.

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