David Assouline - L'interview politique du 09/09/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Vous êtes ancien sénateur socialiste de Paris, ex porte-parole d'UPS. On va parler de la situation en France, de la présidentielle et de la primaire à gauche, mais d'abord un petit tour international et chez nos voisins allemands avec le choc de la victoire de l'AFD en Saxe-Anhalt.
- 2:46OuverteRéponse directe
Alors je rappelle qu'au Sénat, à l'époque vous étiez sénateur, vous étiez vice-président du groupe d'amitié France-Israël, et hier 12 pays dont la France ont annoncé des sanctions contre les colonies illégales de Cisjordanie. Qu'est-ce que vous en pensez ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Vous êtes inquiet sur la relation entre la France et Israël ?
- 5:29OuverteRéponse directe
Verdict le 27 octobre prochain. Et puis, évidemment, on a aussi des élections ici en France, notamment à gauche, la primaire du PS que aura lieu les week-ends des 9 et 16 octobre prochains. Vous, vous soutenez, je crois, Raphaël Glucksmann. Pourquoi ?
- 7:15RelanceRéponse directe
Dans la clarté, vous voulez dire que, par exemple, il a expliqué qu'il n'y aurait jamais d'accord s'il était candidat avec Jean-Luc Mélenchon ?
- 8:57OuverteRéponse directe
Est-ce que Jean-Luc Mélenchon a une responsabilité, selon vous, dans l'explosion de l'antisémitisme en France depuis le 7 octobre avec l'explosion des violences verbales, physiques, des déclarations publiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« 44% des suffrages, c'est la première fois depuis la fin de la guerre et la chute du régime nazi que l'extrême droite conquiert une position de pouvoir. »
- 3:08Invité politiqueFait
« Il s'agit selon eux de protester contre l'expansion des implantations. »
- 5:35Invité politiqueFait
« la primaire du PS que aura lieu les week-ends des 9 et 16 octobre prochains. »
- 6:49Invité politiqueChiffre
« il a fait un score qui était historique à ce moment-là. Ça faisait plus de 10 ans qu'on n'avait pas atteint ce score dans une élection nationale aux élections européennes. »
- 10:09PrésentateurFait
« les juifs, eux, aujourd'hui, en France, considèrent que LFI est le parti le plus antisémite de France. »
Temps de parole
- Présentateur76 %
- David Assouline21 %
- ?3 %
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Bonjour,
vous
êtes ancien sénateur socialiste de Paris, ex porte-parole d'UPS. On va bien sûr parler de la situation en France, de la présidentielle et de la primaire à gauche, mais d'abord un petit tour international et évidemment chez nos voisins allemands avec le choc de la victoire de l'AFD, le parti d'extrême droite radicale en Saxe-Analt, c'est une région de l'est de l'Allemagne. 44% des suffrages, c'est la première fois depuis la fin de la guerre et la chute du régime nazi que l'extrême droite conquiert une position de pouvoir, c'est un vrai choc à la fois pour l'Allemagne, pour la France et pour toute l'Europe
? Oui,
bien évidemment, c'est le choc en même temps attendu, on voyait que ce parti progressait, que des digues avaient sauté, comme elles sautent
un
peu dans le monde entier, dans beaucoup de démocraties, n'oublions pas qu'en France, l'extrême droite est aux portes du pouvoir, elle est favorite, elle est au deuxième tour largement devant toutes les forces démocratiques, mais en Allemagne, bien sûr, c'est le choc parce qu'il y avait là-bas un barrage depuis la défaite du nazisme, quelque chose qui était interdit pour toutes les consciences démocratiques, et cette digue saute. Et s'ils n'ont pas la majorité absolue, la folie, c'est que c'est un parti qui se dit de gauche, populiste, qui propose ses services pour faire une alliance, ou au moins permettre à ce que cet exécutif fasciste puisse gouverner là-bas.
Il y a d'autres élections, donc peut-être que des choses vont être rectifiées, mais peut-être l'inverse. Ce n
'est
pas qu'une région qui est frappée par cela,
et
c'est toujours la même chose, la même chose qu'en France, une extrême droite
qui
cherche un ennemi intérieur
faible,
l'immigré, et qui se prosterne devant les vrais ennemis extérieurs, par exemple la Russie pour ce parti, en France c'est pareil, la Russie de Poutine, voilà, des pseudophores qui se couchent devant les puissants et qui cherchent le bouc émissaire à l'intérieur quand il est faible, fragile, et qu'il désigne comme responsable de tous les malheurs de la société.
Alors je rappelle qu'au Sénat, à l'époque vous étiez sénateur, vous étiez vice-président du groupe d'amitié France-Israël, et hier, 12 pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, ont annoncé leur intention, je cite, d'imposer des sanctions au commerce de biens avec des colonies illégales de Cisjordanie. Il s'agit selon eux de protester contre l'expansion des implantations. Qu'est-ce que vous en pensez
? Je
pense que c'est juste, que c'est bien,
que
la colonisation à outrance, les violences des colons aujourd'hui mettent en péril l'existence de l'État d'Israël, fragilisent sa force, sa légitimité, et mettent... Cette colonisation, c'est encore cette puissance que l'on voit, on chasse des Palestiniens de leur terre, on opprime. Ce n
'est
pas ça que nous pouvons défendre, nous, les progressistes. Et donc, je le dis très clairement, la colonisation est un fléau, elle doit s'arrêter, c'est une condition de la paix, une condition d'une solution à deux États, et tout ce qui peut être fait maintenant pour qu'au-delà des protestations,
ça
cesse, eh bien, doit être accompagné. Il s'agit de grandes démocraties qui ont pris cette décision, qui sont amis d'Israël, que ce soit... Vous
êtes inquiet sur la relation
entre la France et Israël
? Oui,
bien sûr, je suis inquiet. Je suis inquiet, parce qu'on a un gouvernement en Israël qui se met aux... désignent comme ennemi des pays comme la France, comme la Grande-Bretagne, comme le Canada. C'est incroyable, cette course vers le mur. J'espère que les élections vont rectifier les choses, et qu'on va avoir un autre gouvernement, et que ce gouvernement qui continue la colonisation, qui fait de la guerre sa survie, puisse laisser la place à un gouvernement qui construise la paix, avec ceux qui, de l'autre côté, veulent la paix. Et je sais que c'est difficile, je sais qu'il y
a
eu le 7 octobre, que le traumatisme est grand, mais il n'y a pas d'autre solution. Et dans les sociétés civiles israéliennes, les palestiniennes, on veut vivre.
Alors,
verdict... Tout
simplement, comme tous les êtres humains du monde.
Verdict le 27 octobre prochain. Et puis, évidemment, on a aussi des élections ici en France, et notamment à gauche, la primaire du PS, que aura lieu les week-ends des 9 et 16 octobre prochains. Vous, vous soutenez, je crois, Raphaël Glucksmann.
Oui, oui,
bien sûr. Pourquoi ? Oui. Parce que, d'abord, il est le mieux placé. Quand la gauche est dans une telle situation de difficulté, fracturée parce qu'une partie de cette gauche, qui pour moi n'est plus de gauche, parce que quand on encourage et développe l'antisémitisme, on ne peut pas être de gauche. Tout simplement, la gauche moderne s'est constituée à partir de l'affaire Dreyfus sur des valeurs fondamentales, et ça a été une ligne de partage, justement, dans la gauche, pour savoir qui était de gauche et qui ne l'était pas.
Donc, à partir du moment où la gauche démocratique est si fragile et doit reprendre le leadership sur cette grande famille qui a fait tant de progrès à la France, eh bien, on prend celui qui est le mieux placé. C'est-à-dire, quand on est à 14%, on n'hésite pas à accompagner, à fortifier, à encourager celui qui est à 12-14%, plus que ceux qui sont sous les 5%. Ça me semble d'abord une évidence. Ensuite, il a très bien défendu nos couleurs socialistes aux dernières européennes, puisqu'il a fait un score qui était historique à ce moment-là. Ça faisait plus de 10 ans qu'on n'avait pas atteint ce score dans une élection nationale aux élections européennes.
Il nous a représentés très dignement et il a défendu vraiment les valeurs fondamentales du socialisme. Et puis, il est dans la clarté. Et je ne pense pas que la gauche puisse revenir comme une espérance pour les Français si elle n'est pas claire.
Dans la clarté, vous voulez dire que, par exemple, il a expliqué qu'il n'y aurait jamais d'accord s'il était candidat avec Jean-Luc Mélenchon ? Le problème, c'est que le Parti socialiste, à chaque fois, revient pour les législatives pour faire une alliance électorale pour sauver des sièges avec la France insoumise.
Mais
ça doit être la fin de toute cette période. C'est le moment de reconstruire, de refonder une gauche claire. C'est la seule qui recréera de l'espérance et de la dynamique et pourra reprendre le leadership culturel, idéologique, sur l'ensemble de la gauche. Il faut de la clarté. Donc, il ne faut plus laisser de côté ou relativiser un certain nombre de principes au nom d'alliances pour sauver tel ou tel siège. Et d'ailleurs, c'est comme ça qu'on aura beaucoup plus de sièges parce qu'on créera une dynamique et qu'on recréera le simple fait que le citoyen puisse penser, quand il est de gauche, que nous sommes sincères.
Alors, vous citiez
le problème de l'antisémitisme.
Et Raphaël Guzman, juste un mot. Je trouve aussi que si on doit coller un mot, un premier mot à ce qu'il incarne, à ce qu'il représente pour beaucoup, qui lui font confiance, c'est la sincérité. Et aujourd'hui, cette sincérité passe par la clarté. On ne peut pas continuer à relativiser ceux qui vont encourager l'antisémitisme, être limite sur les valeurs républicaines, la laïcité, fustiger les institutions démocratiques.
Mais très clairement, disons-le, David Assouline,
disons-le, vous parliez de la gauche et de l'antisémitisme. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon a une responsabilité, selon vous, dans l'explosion de
l
'antisémitisme en France depuis le 7 octobre, avec l'explosion des violences verbales, physiques, des déclarations publiques
? Je pense que c'est lui et son parti qui l'encouragent, bien entendu, et un certain nombre de déclarations. Vous savez, quand on moque dans des meetings des non-juifs et qu'on se délecte de faire rire une salle et une foule là-dessus, bien entendu qu'on a une responsabilité. On a une responsabilité quand on ne veut pas voir, quand on dit que c'est résiduel, quand il y
a
une explosion de l'antisémitisme.
Les
responsables politiques doivent au contraire lutter contre, lever les préjugés. Et puis, il y
a
une chose très simple. Très souvent, à gauche, aujourd'hui, on dit qu
'il
faut écouter les intéressés et pas parler à leur place pour savoir ce qu'ils vivent et ce qu'ils ressentent. On parle de cela pour les femmes, pour les homosexuels, pour les immigrés, etc., ou les enfants de
l
'immigration. Eh bien, les juifs, eux, aujourd'hui, en France, considèrent que LFI est le parti le plus antisémite de France. Alors, à un moment donné, il faut se dire qu'ils ne s'inventent pas des histoires. Ils n'aiment pas avoir peur, les juifs. Quand ils ont peur, quand il y a une crainte, c'est qu'il y a un sujet. Et donc, moi, je pense que c'est quelque chose de grave. Et c'est quelque chose qu'il faut lier avec l'état d'élabrement idéologique du pays et qui a atteint la gauche. La gauche,
c
'est la clarté là-dessus. Et on va le montrer dans cette présidentielle. On va recréer une dynamique. Et c'est la condition pour gagner l'extrême droite. Mon ennemi, bien entendu, que ce n
'est
pas un tel à la gauche,
c
'est l'extrême droite qui va prendre le pouvoir. C'est,
elle,
le danger. Et donc, il faut l'empêcher. Mais on sait une chose aussi, c'est que si c'est Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour, c'est la victoire assurée de l'extrême droite. Donc, il faut absolument, d'ici là, mettre au deuxième tour une candidature de gauche progressiste, démocratique, européenne, antiraciste, clairement attachée aux valeurs de la République et de la démocratie, qui combat les dictatures dans le monde, qui n'est pas dans des intermoiements pour soutenir l'Ukraine, qui ne soutient pas la dictature chinoise, etc. Eh bien, voilà, cette gauche-là, on va la pousser avec Raphaël Luxman dans cette présidentielle. Et je pense qu'on peut gagner.
Alors, pour conclure rapidement, parce qu'il nous reste quelques secondes, vous avez eu aussi une vie en dehors de la politique. Vous êtes historien et auteur de plusieurs ouvrages, d'un documentaire entre Paradis perdu et Terre promise. C
'est
un documentaire sur l'histoire des Juifs du Maroc, disponible sur YouTube, et aussi d'un roman graphique à mort de la petite Jérusalem du Maroc, qui est paru il y a quelques mois sur le même thème. C'est fait avec votre frère. C'est un roman qui nous amène du Maroc, de Sefrou, plus précisément, dans le Moyen-Atlas jusqu'à la Palestine mandataire. C'était important pour vous de raconter cette histoire, qui est l'histoire de votre famille.
Oui, moi, je suis né à Sefrou. Moi, je suis arrivé en France. J'étais marocain et
on a
attendu d'être naturalisé. J'étais un immigré de la première génération. Je ne m'oublie pas, donc aussi, je rigole quand certains s'inventent
des
passés et des attaches.
On pensait à Jean-Luc Mélenchon, bien sûr.
Non, mais bon, je ne veux pas aller plus loin. Juste dire que, voilà, maintenant que je ne suis plus dans des mandats qui m'obligent à consacrer tout mon temps.
Et
vraiment, comme parlementaire, j'ai été toujours élu à la tâche, sans parler des week-ends. Là, je prends plus le temps de faire ce qui me fait plaisir. Et la transmission de la mémoire, l'histoire, c'est
ma
passion. Merci,
David Assouline. Merci et à très bientôt sur Radio-J.
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Société Radio-Canada
David Assouline