Maël de Calan
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:38OuverteRéponse directe
Comment comprenez-vous les hésitations d'Emmanuel Macron au moment de franchir l'obstacle ?
- 2:58RelanceRéponse directe
Ce sont plus des difficultés techniques ou un bug politique qui s'installe ?
- 4:56OuverteRéponse directe
Quelle définition précise du populisme ?
- 7:26OuverteRéponse directe
En quoi Laurent Wauquiez serait-il tenté par le populisme ?
- 12:07OuverteRéponse directe
En quoi représentez-vous la droite authentique ?
- 15:16OuverteRéponse partielle
Si Alain Juppé revenait, est-ce qu'il pourrait être Premier ministre bis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueChiffre
« Il y avait plus des deux tiers des Français qui étaient mensualisés ou prélevés à l'échéance. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Faire porter l'essentiel du recouvrement de l'impôt par des millions d'entreprises. »
- 1:58Invité politiqueChiffre
« 60% des Français interrogés sont favorables à ce prélèvement à la source. »
- 3:27Invité politiqueChiffre
« Ça va se traduire sur la feuille de paye par une diminution de l'ordre de 5, 10, 15% du salaire net. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Premier élément, la démagogie. On raconte à ceux qui vous écoutent exactement ce qu'ils veulent entendre. »
- 5:19Invité politiqueFait
« Ensuite, le simplisme. On ramène des problèmes extrêmement complexes à des solutions très simples. »
- 13:50Invité politiqueFait
« La droite a échoué à mettre en œuvre une immigration choisie, à faire voter des quotas d'immigration au Parlement. »
Temps de parole
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France Inter. Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux.
Bonjour Maël Decalan. Bonjour. Vice-président du Mouvement Libre de Valérie Pécresse. Vous n'avez pas 40 ans, je le souligne, parce que c'est la jeune génération qui parle ce matin. Vous avez été le candidat malheureux à la présidence du Parti Les Républicains, remporté par Laurent Wauquiez. Et vous venez de publier La tentation populiste où va la droite ? C'est paru aux éditions de l'Observatoire. Un mot d'actualité d'abord, si vous le voulez bien. A propos du flou qui entoure le prélèvement à la source, dans votre livre on comprend bien que cette réforme ce n'est pas votre tasse de thé non plus. Comment comprenez-vous les hésitations d'Emmanuel Macron au moment de franchir l'obstacle ?
Je crois que c'est une réforme qui d'abord ne correspondait à aucun besoin de simplification. Au moment où elle a été décidée par le précédent gouvernement, il y avait plus des deux tiers des Français qui étaient mensualisés ou prélevés à l'échéance. Il suffisait de généraliser la mensualisation de l'impôt sur le revenu, de la rendre obligatoire pour répondre à ce besoin de simplification. Et puis par ailleurs, c'est une réforme qui depuis le début est complètement viciée, qui est extrêmement complexe à mettre en œuvre au plan technique.
Il s'agit de faire porter l'essentiel du recouvrement de l'impôt par des millions d'entreprises à qui on transmettrait chaque mois, je ne vais pas rentrer dans les détails, 36 millions de numéros fiscaux. Oui, ça peut passer dans les grandes entreprises, mais pour les PME, ça sera beaucoup plus difficile. Absolument. À l'échelle du pays, faire supporter par 3 millions d'entreprises le recouvrement de l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire l'impôt qui est dû par 36 millions de ménages, c'est quelque chose qui, au plan technique, est cauchemardesque. C'est quelque chose dont la droite s'était rendue compte pendant la primaire, qui s'était engagée d'ailleurs à l'époque à revenir sur cette réforme.
Et je crois qu'un peu tard, mieux vaut tard que jamais, le gouvernement se rend compte que cette réforme Frankenstein risque de faire exploser tout le système de recouvrement de l'impôt sur le revenu, et donc a des doutes au moment du franchissement de l'obstacle. Mieux vaut tard que jamais. Cela dit, si on se réfère au dernier sondage IFOP le Parisien ce matin, 60% des Français interrogés sont favorables à ce prélèvement à la source, car après tout, il est logique peut-être de payer l'impôt en fonction de ce que l'on gagne, plutôt qu'en fonction de ce que l'on a gagné un an auparavant. Il y avait mille et une manières au plan technique d'arriver quasiment au même résultat.
Je parlais de la mensualisation qui permettait de faire correspondre à peu près les rentrées d'argent avec les sorties d'argent qui étaient dues pour payer votre impôt sur le revenu. Moi je redis que quand vous mettez en place une réforme qui mobilise l'énergie de milliers de fonctionnaires, qui mobilise une énergie politique complètement folle, il faut que ça corresponde à un but d'intérêt général très précis. Je ne crois pas que ce but, en l'occurrence, soit complètement avéré, avec des risques de bugs, il y a un article...
Alors j'y viens effectivement, le Parisien aujourd'hui en France publie ce matin une réunion de crise qui s'est tenue en juillet à Bercy quand la Direction Générale des Finances Publiques a révélé de nombreux bugs techniques sur la mise en place de ce prélèvement. La question est de savoir ce matin si, de votre point de vue, ce sont plus des difficultés techniques ou un bug politique qui s'installe ? Mais les deux évidemment, il y a des bugs techniques qui sont liés et qui sont inhérents à la complexité de cette réforme.
Il y a aussi une vraie interrogation politique parce que pour la plupart des Français qui aujourd'hui payent l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire un ménage sur deux, ça va se traduire de manière... En termes d'affichage, ça va se traduire sur la feuille de paye par une diminution de l'ordre de 5, 10, 15% du salaire net qui sera touché parce qu'il sera prélevé à la source. Donc il y a un effet d'affichage qui n'est pas mineur. Vous savez que le premier déterminant de la croissance, c'est le moral. Le moral des chefs d'entreprise, le moral des consommateurs. C'est l'effet psychologique de la feuille de paye qui va baisser.
L'effet psychologique de la feuille de paye qui joue et qui probablement paralyse ce gouvernement. Mais si vous voulez, pour prendre un tout petit peu de recul, les bugs techniques peuvent toujours être corrigés. Mon argumentation sur le fait que cette réforme n'était pas nécessaire, elle peut être contestée. Mais ce que je voudrais dire, c'est que ces questions ne devraient pas se poser si, avant d'arriver au pouvoir, Emmanuel Macron, ceux qui l'entourent, s'étaient posés ces questions. Et c'était une réflexion qui nous a nourris tout au long de la primaire de 2016 à droite.
C'est comment non seulement parvenir au pouvoir, comment conquérir le pouvoir, mais surtout, comment se préparer à son exercice pour faire en sorte que dans un univers où les choses vont très vite, où on est bousculé sans cesse par l'actualité, dans tous ordres d'idées, mais comment est-ce qu'on arrive au pouvoir avec un cap clair, avec des mesures qui sont documentées au plan technique, parce qu'ensuite, quand vous y êtes, ça va très vite. Ce problème n'aurait pas dû se poser si la politique, en amont de l'élection présidentielle, s'était préparée un peu plus sérieusement. Alors, avoir un projet, on va en parler après, la difficulté en ce moment à droite, c'est qu'il y a plusieurs projets.
On va en parler dans une seconde partie de l'interview. Maël Decalan, vous venez de publier « La tentation populiste. Où va la droite ? » Édition de l'Observatoire. Première question, quelle définition précise du populisme ? J'essaye d'en donner une, parce que le populisme a toujours été une espèce de mauvalise qui était employée pour discréditer ses adversaires. Pour moi, il y a trois éléments constitutifs. Premier élément, la démagogie. On raconte à ceux qui vous écoutent exactement ce qu'ils veulent entendre, quitte à raconter tout et son contraire. Donc, la démagogie. Ensuite, le simplisme.
On ramène des problèmes extrêmement complexes à des solutions très simples, très faciles à élaborer, très faciles à comprendre. Et enfin, le mensonge, pour faire tenir l'ensemble du système. On dénonce des adversaires, on rentre dans des faits alternatifs, on construit une vérité alternative. Et c'est la conjugaison de ces trois facteurs, démagogie, simplisme et mensonge, qui caractérisent le populisme. C'est-à-dire que quand Emmanuel Macron, il y a deux jours, évoque sans le nommer l'italien Matteo Salvini, en disant que ce ne sont pas des populistes, mais des démagogues nationalistes, on peut faire une différence vraiment ? Ou est-ce que finalement, c'est le même bateau ?
Non, ce sont des synonymes. C'est une maladie de la démocratie qui a toujours existé, qui prospère quand la colère du peuple s'exacerbe et quand l'esprit critique recule. Le populisme ne marque pas, si vous voulez, le grand retour du peuple. On entend aujourd'hui, chez beaucoup d'éditorialistes, chez de plus en plus de responsables politiques, une forme de réhabilitation du populisme. J'essaie d'expliquer dans ce livre en quoi cette maladie de la démocratie paralyse l'action publique et en quoi il ne marque pas le retour du peuple, mais la manipulation du peuple par la démagogie et par le mensonge.
Vous insistez effectivement dans ce livre que la critique du populisme que vous faites n'est pas une critique du peuple, mais bien une critique des élites, y compris dans votre propre camp. Absolument. C'est très important de rappeler que la critique du populisme n'est pas la critique du peuple. Il ne s'agit pas de contester les revendications populaires, il ne s'agit pas de contester, de nier l'état réel du pays. Toute la première partie de mon ouvrage consiste à dire que, sur le plan du constat, vous savez, Laurent Fabius disait il y a déjà maintenant de nombreuses années que le Front National posait parfois de bonnes questions, mais il apportait de mauvaises réponses.
Moi, je souscris à ce jugement de Laurent Fabius d'il y a 25 ans ou 30 ans, qu'il ne s'agit pas de contester l'état réel du pays, mais de bien montrer, j'essaye de le démontrer de manière presque scientifique, en quoi des réponses démagogiques, simplistes, fondées sur des constats mensongers, ne permettent pas la résolution de ces problèmes. Alors, Maël Decalan, en quoi, Laurent Wauquiez, puisqu'il faut bien le nommer à un moment, en quoi serait-il tenté par le populisme ? Eh bien, à chaque fois qu'un responsable politique apporte à des problèmes très complexes des solutions simplistes, inopérantes, il verse dans le populisme.
Quand Laurent Wauquiez propose de répondre aux défis terroristes en internant de manière préventive les fichées S dans de grands camps d'internement, un Guantanamo à la française, mais sans jamais être capable de dire comment ça marche, il verse dans le populisme.
Quand Manuel Valls, pour prendre un autre exemple, qui n'est pas un populiste, mais quand il propose d'interdire le salafisme, comme si c'était si simple, et comme si d'un claquement de doigts, on pouvait combattre toute une idéologie qui a des centaines de milliers d'adeptes en France, quand on ramène sur la base de constats assez mensongers des questions compliquées, des solutions simplistes, sans faire rentrer l'ensemble des électeurs dans la complexité de la solution, on bascule dans le populisme, et vous savez, il n'y a pas de miracle. On ne se prépare pas à diriger un grand pays comme la France à coup de slogans.
Vous savez que Laurent Wauquiez a une réponse lorsqu'on lui parle de populisme. Il dit que le mot populisme a été inventé par des arrogants qui veulent censurer ceux qui, comme lui, veulent aller contre la pensée dominante. Vous sentez-vous, Maël Decalan, l'âme d'un censeur ? Non, et je voudrais dire que je suis en partie d'accord avec Laurent Wauquiez.
Si la dénonciation du populisme est une nouvelle manière de contester des réalités, encore une fois, je les évoque au début de ce livre, je dis que les causes du vote populiste, elles sont bien réelles, l'insécurité identitaire, l'insécurité économique, le sentiment que les politiques ne servent plus à rien, le fait que le monde sans sauvage devienne de plus en plus violent, donc ces causes, il ne faut surtout pas les contester. J'essaye ensuite de montrer comment des responsables politiques peuvent y apporter des solutions.
En revanche, ce que je dis à Laurent Wauquiez, c'est que si nous refondons la droite sur la base de slogans simplistes, de formules magiques qu'il suffirait de prononcer pour que les choses adviennent, il faut baisser la dépense publique, il n'y a qu'à lutter contre l'insécurité, nous ne parviendrons à rien. Mais il faut prendre en compte aussi, Maël Decalan, qu'il y a un risque avec ce livre, c'est de simplifier également le terme populisme comme s'il n'avait aucune éthique, comme s'il y avait finalement un axe du bien et un axe du mal, et on sait aussi que ça c'est très simpliste.
C'est évidemment simpliste quand vous cherchez à exposer une pensée, elle s'expose elle-même à ce travers, mais effectivement, à choisir, moi j'appartiens à cette école moraliste, à tous ceux qui veulent réintroduire de la morale dans l'action politique. Il y a une grande figure de la pensée intellectuelle du XXe siècle, qui est la philosophe Simone Veil, et qui disait, je crois en citant la Bible, qu'un bon arbre ne produit pas de mauvais fruits, elle parlait de la politique, mais qu'à l'inverse, un arbre pourri ne pouvait pas produire de bons fruits.
Ou pour le dire différemment, un homme ou une femme politique qui s'élèverait par le mensonge, par la démagogie, par le simplisme, ne pourrait pas, comme par miracle, ensuite, une fois au pouvoir, produire une bonne politique. Donc cette approche, un tout petit peu binaire, je le concède, je crois, elle permet d'exposer une manière radicalement différente d'envisager l'action publique. Maël Decalan, je rappelle le titre de votre livre, La tentation populiste, où va la droite ? C'est paru aux éditions de l'Observatoire. Vous restez avec nous, on va poursuivre cette interview avec Patricia Martin, avec les questions des auditeurs, vous nous appelez. C'est au 01 45 24 7000. A tout de suite.
Dans la nouvelle voiture de mon papa, il y a un super, super grand écran. Bah, dans cette de ma mère aussi. Et même qu'elle ressort des messages dessus. Bah, moi, mon père, il tape le message direct sur son téléphone en conduisant. Et si nous transmettions la bonne attitude ? Au volant, le téléphone multiplie les risques d'accident.
Attitude prévention. Les assureurs se mobilisent.
Pour bien entendre passer la soixantaine, il faut un appareil auditif pour chaque oreille. Chin Chin Audio, c'est le deuxième appareil auditif pour un euro de plus. Parce que tout le monde a le droit de bien entendre. Chin Chin Audio, c'est la stéréo pour un euro de plus dans tous les magasins à l'inflelou acousticien jusqu'au 31 décembre. Dispositif médical, lire attentivement la notice, demander conseil à votre audioprothésiste, voire condition magasin.
Il est 8h33.
France Inter, le 6-9 du week-end.
Vos questions ce matin à Maël Decalan. Son dernier livre s'appelle La tentation populiste ouvre à la droite aux éditions de l'Observatoire. En ligne, 01-45-24-7000. Philippe est en ligne de Nice. Bonjour Philippe.
Bonjour. Quelle est votre question ? En fait, déjà, je voulais faire juste une petite présentation. Donc, à la limite, vous me classifierez probablement dans le populisme. Je suis un sympathisant de droite. Pas du tout encarté. Mais par contre, effectivement, ma question, c'est en quoi monsieur représente la droite authentique ? Et est-ce qu'il ne représente pas la droite qui perd depuis X années dans ce pays ? Parce que c'est vrai que la droite, je pense aujourd'hui, ou les idées de droite sont majoritaires dans ce pays. Mais chaque fois, on perd les élections parce que la droite est incapable de s'allier.
Donc, quand je parle de la droite, c'est de la droite rassemblement national jusqu'à la droite, entre guillemets, plus classique. La gauche ne s'est jamais gênée pour se rallier. Donc, en quoi, pourquoi la droite ne devrait pas se rallier ? Il y en a marre de cette droite qui perd depuis X années. Et je pense que monsieur représente la droite qui perd. Donc, nous, sympathisant de droite, on en a ras-le-bol.
Eh bien, on va poser la question à Maël Decalan. Effectivement, une partie des sympathisants de droite imagine qu'une droite peut aller du centre jusqu'au rassemblement national de Marine Le Pen. En quoi, est-ce aujourd'hui un refouloir ? Pas un refouloir, mais vous le mettez à distance, ce rassemblement national ? D'abord, je voudrais dire à votre auditeur qu'au cours des 40 dernières années, la droite n'a pas toujours perdu. Je crois même qu'elle a gouverné pendant l'essentiel de cette période. Moi, ce que je reproche à la droite, c'est d'avoir échoué. C'est d'avoir échoué à résoudre tous les problèmes qui se posent au pays. Moi, je vous dis, j'en liste 5 ou 6 dans ce livre.
J'en prends seulement un qui parlera peut-être à votre auditeur. C'est la question migratoire. La droite a échoué à mettre en œuvre une immigration choisie, à faire voter des quotas d'immigration au Parlement. Moi, je suis de droite. J'adhère, on va dire, à la synthèse qui est celle en la matière de mon camp. Donc, la droite a échoué à réussir. Et ce que je dis à cet auditeur, c'est qu'elle échouera d'autant plus que les solutions avec lesquelles elle arrivera au pouvoir ne seront pas précises, mais au contraire, seront très vagues, très floues. Elles n'établiront pas des priorités, mais elles embrasseront un spectre très large de priorités contradictoires ou de solutions contradictoires.
Bref, plus la droite arrivera au pouvoir avec des slogans simplistes, démagogiques, moins elle réussira. Et si, en particulier, moi, je suis opposé à toute forme de rapprochement avec le Front National, ce n'est pas par réflexe, ce n'est pas parce que ce serait un totem, mais c'est parce que le programme du Front National, que j'ai analysé dans un livre précédemment, il est la synthèse de ce qui ne fonctionnerait pas au plan politique. Il promet tout et son contraire. Il ne promet rien de précis. C'est vraiment un programme qui est fondé sur la démagogie, le simplisme et qui aboutirait à une forme d'échec politique magistral. Une question de Patricia Martin.
Oui, il a été plutôt discret ces temps-ci, mais il pourrait peut-être réapparaître avant les élections européennes. C'est Alain Juppé, ministre éphémère de l'environnement de Nicolas Sarkozy. S'il revenait, est-ce que vous pensez que ça pourrait le tenter, par exemple, d'être Premier ministre bis du gouvernement ? Sergé de l'écologie, peut-être ? Oui, pourquoi pas.
Moi, je me suis toujours fait une doctrine de ne jamais parler au nom d'Alain Juppé, donc je ne vais pas commencer ce matin. Vous avez été son porte-parole pendant la campagne. Oui, d'accord. Là, il ne m'a pas demandé d'être son porte-parole ce matin. Je ne crois pas que ce type de responsabilité l'intéresse. Et faites attention
parce qu'il écoute France Inter. Si jamais vous dites des choses qui ne lui plaisent pas. Je ne crois pas
que ce type de responsabilité l'intéresse. Je crois que c'est quelqu'un qui est amoureux de sa ville, qui est amoureux de Bordeaux. Maintenant, Alain Juppé, il est surtout préoccupé aujourd'hui de ce que ses idées, les idées politiques qu'il a toujours portées tout au long de sa carrière, soient entendues, et un impact politique. Je crois que c'est ce à quoi il s'appelle aujourd'hui. Faire en sorte que la droite de gouvernement, cette alternative non populiste au pouvoir en place, puisse reprendre des couleurs, se structurer. On a la conviction assez paradoxale d'être majoritaire dans l'opinion et pourtant, complètement dispersé sur le champ politique et quasiment inaudible.
Je crois que c'est aujourd'hui sa priorité. Il nous reste quelques secondes. Je vais vous presser un peu pour avoir cette réponse. Hier ont eu lieu les universités d'été du parti Les Républicains sans son patron, Laurent Wauquiez. Comment vous interprétez cette absence ? Je ne sais pas. Il faudrait lui poser la question. Mais ce que je constate, c'est que les Républicains, qui sont un grand mouvement politique, qui incarne dans le spectre la droite républicaine, ne se sont pas vraiment relevés d'élections présidentielles, que Laurent Wauquiez a beaucoup de mal à s'établir comme le leader de cette famille politique. Probablement pour deux raisons et je m'arrête là.
La première, c'est qu'il ne rassemble pas. Et la deuxième, c'est qu'il ne fait pas de proposition. Merci beaucoup Maël Decalan. Je renvoie donc à votre dernier livre, La tentation populiste où va la droite ? C'est paru aux éditions de l'Observatoire. Merci beaucoup d'être passé ce matin sur France Inter. Et bonne journée. Il est 8h38.
Maël DE CALAN