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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 12 décembre 2025 5 min

Dermatose nodulaire : "Pas un centime d'euro ne sera perdu par les éleveurs", assure Annie Genevard

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

- Plusieurs syndicats agricoles promettent déjà de nouvelles mobilisations. - J.Bugier: Bonjour, A.Genevard.

Vous êtes ministre de l'Agriculture. Merci d'être avec nous en direct. D'abord, un mot sur ces violentes images de CRS qui repoussent des agriculteurs qui veulent sauver leurs bêtes.

Au-delà de l'aspect financier, on sait à quel point c'est un déchirement pour un éleveur et une famille. Est-ce que ces images vous choquent? - A.Genevard: Je voudrais dire d'abord qu'évidemment, comme tous les Français, voir des éleveurs perdre leur cheptel, c'est une souffrance.

Je le mesure, je le comprends. Je l'ai vu sur le terrain, en Haute-Savoie, en Savoie, dans le Jura...

Je voudrais avoir un mot de compassion pour ces éleveurs qui vivent quelque chose d'extrêmement douloureux. Je ne laisserai aucun éleveur seul face à la maladie. Je déplore les images violentes auxquelles nous avons pu assister hier.

Les 2 éleveurs dont on va dépeupler l'élevage ont accepté l'abattage. Cette maladie est absolument terrible. Je voudrais vous en dire deux mots.

Elle n'a jamais existé en France. C'est une maladie tropicale qui est arrivée en Europe. Elle est en Espagne, en Italie.

C'est une maladie horriblement contagieuse et qui a, en plus, comme caractéristique, d'être parfois invisible et indétectable aux tests. L'objectif est d'éteindre le foyer viral pour protéger le reste des éleveurs. - J.Bugier: Sur la vaccination, la solution face à l'épidémie, des syndicats réclament la vaccination de l'ensemble du cheptel français.

Est-ce que vous êtes en mesure de leur dire "oui, on va le faire"? - A.Genevard: On se concentre sur des zones où il y a des foyers infectieux.

En Haute-Savoie et en Savoie, on a eu 78 foyers. Vous n'en avez pas entendu parler. On a dépeuplé des élevages.

Les éleveurs ont accepté parce qu'il n'y avait pas d'autres solutions. Les bêtes tombaient malades les unes après les autres. Elles souffrent beaucoup.

Ca fait souffrir les animaux. Nous avons aidé au repeuplement. L'Etat est là, aux côtés des éleveurs.

Dans ces zones où il y avait des foyers d'infection, tout autour, à 50 km autour, nous avons vacciné de façon obligatoire. La vaccination est une protection. La question que vous posez est la question de la généralisation de la vaccination. - J.Bugier: Juste une question précise.

Si un nouveau foyer est détecté dans une autre région, vous vaccinez tous les cheptels à 50 km alentours? - A.Genevard: Exactement.

Nous avons déjà vacciné 1 million d'animaux en France. On a éradiqué la maladie dans de très nombreux endroits, en Savoie, en Haute-Savoie, dans le Jura, dans le Doubs, dans l'Ain...

La stratégie fonctionne. Elle a été mise au point par des scientifiques, par des vétérinaires. Je ne l'ai pas décidée d'autorité.

Il faut éradiquer cette maladie, sans quoi, elle peut emporter, causer la mort de 10 % du cheptel français. Mon rôle est de protéger les éleveurs et l'élevage français. C'est ça qu'il est fondamental de comprendre. - J.Bugier: Message entendu.

Un dernier mot sur l'indemnisation. Pour 207 bêtes abattues, combien vont toucher ces 2 éleveurs? - A.Genevard: Les éleveurs percevront la valeur marchande de l'animal.

L'Etat est là pour indemniser les bêtes qui auront été euthanasiées. L'Etat est là pour prendre en charge les pertes d'exploitation. Un éleveur ne produit plus de viande, le cheptel ne produit plus de viande, plus de lait.

On indemnise les pertes d'exploitation. On indemnise également la désinfection des bâtiments d'élevage. Cette maladie est redoutable.

Elle peut persister dans les bâtiments d'élevage. L'Etat est aux côtés des éleveurs. - J.Bugier: Pas un centime d'euro ne sera perdu pour les éleveurs? - A.Genevard: Pas un centime d'euro ne sera perdu par les éleveurs.

Je suis aux côtés des éleveurs. Aucun éleveur ne sera abandonné. L'ennemi, c'est le virus.

C'est une guerre sanitaire que nous menons. Il est fondamental que nous la gagnions pour les éleveurs. Sinon, les catastrophes humaine, sociale, économique seraient absolument désastreuses.

Je ressens très douloureusement la détresse des éleveurs. Il faut, en responsabilité, que j'exerce cette mission très difficile, très douloureuse. Sauver l'élevage français, c'est l'objectif.

C'est la raison pour laquelle nous avons dû prendre