Matignon, Assemblée nationale... l'interview de Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV en intégralité
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Bonsoir Samy, bonsoir Jean-Luc Mélenchon. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. Nous sommes ici au siège de la France insoumise. Alors évidemment, nous allons revenir sur l'élection, la réélection de Yaël Braun-Pivet à la présidence de l'Assemblée nationale hier. Mais l'actualité du jour au Palais Bourbon, ce sont aussi les élections internes et aujourd'hui des vice-présidences de l'Assemblée nationale. On l'a appris il y a quelques instants. Les deux députés de la France insoumise, Clémence Guettet et Nadej Abomangoli, qui étaient candidates à ce poste, ont été élues vice-présidentes.
notamment avec les voix du Rassemblement national, puisqu'on a vu sur les réseaux sociaux que le RN avait notamment voté pour vos candidates LFI. Absolument, vous pouvez vérifier ça sur les réseaux sociaux. Ça vous gêne que le Rassemblement national ait permis l'élection de vos députés à ce poste-là ?
Ça commence très mal entre nous parce que votre présentation pourrait laisser croire des choses qui ne sont pas. L'élection des dirigeants, enfin des postes de la direction de l'Assemblée nationale sont élus d'après une règle de répartition. Cette règle, nous avons décidé, nous les insoumis d'un côté, de l'autre côté, le bloc du centre et de la droite, de ne pas la respecter. Nous avons fait un cordon sanitaire à l'égard du Rassemblement national. Donc, si vous voulez bien suivre, le bloc du centre et de la droite a présenté quatre candidats, puisqu'il avait droit à quatre postes, et nous en avons présenté deux.
Le Rassemblement national de son côté a fait un bulletin de vote avec six noms dans lesquels il y a les deux noms insoumis, plus les deux noms du centre et de la droite, plus les deux noms du RN. Par conséquent, ce n'est pas un vote où nous avons été élus grâce aux voix du Front national, c'est un vote dans lequel le Rassemblement national a voulu imposer une composition du bureau de l'Assemblée, et il a échoué. C'est notre proposition, deux insoumis, quatre de droite qui sont la proportionnelle normale pour l'Assemblée, sauf que le Rassemblement national ne sera pas présent au bureau de l'Assemblée, à ce niveau-là en tout cas.
– Vous mentionniez effectivement ce barrage, y compris à l'Assemblée nationale, pour éviter que le Rassemblement national, les élus du RN occupent des postes à responsabilité à l'Assemblée. Ils ont 143 députés, 10 millions d'électeurs ont voté pour le Rassemblement national aux élections législatives. Est-ce vraiment respecter le vote de ces électeurs du Rassemblement national, d'éviter, d'exclure, de vouloir exclure le RN à ses postes de responsabilité ?
– Les électeurs du RN sont légitimement, puisque le RN n'est pas un parti interdit, représentés à l'Assemblée nationale, et ils vont librement présenter des amendements, des propositions de loi, intervenir dans les débats avec un temps de parole. C'est une chose qu'ils soient représentés, c'est une autre qu'on lui donne, les pouvoirs de décider dans l'Assemblée. Au demeurant, ça n'avait dérangé personne à l'époque, que le barrage qui empêchait, nous, les Insoumis, d'avoir une représentation en 2017, ait fait que nous ne l'avons pas été représentés, on l'a été à partir de 2022. – Caroline Zitt. – Donc il faudrait n'avoir d'indignation que constante, et non pas suivant les situations.
Par conséquent, là, oui, il y a une décision politique qui a été prise de mettre en place un cordon sanitaire. Ce n'est pas un front, une alliance républicaine, c'est un cordon sanitaire. Personne ne veut que le RN puisse diriger les débats de l'Assemblée nationale cette fois-ci. Alors c'est une heureuse transformation du point de vue des macronistes qui, la dernière fois, avaient fait élire deux vice-présidents du RN. Ils ont renoncé à cela à cet instant-là, mais hier, ils ont fait le contraire. Enfin bref, ce sont les élections internes de l'Assemblée nationale. Mais oui, vous avez raison, il y a un cordon sanitaire.
– Hier, Gaëlle Braun-Pivet a été réélu présidente de l'Assemblée nationale avec 220 voix en sa faveur, 14 voix de plus que le candidat unique du nouveau Front populaire, le communiste André Chassaigne, qui en a obtenu 207. Pourtant, le nouveau Front populaire est, arithmétiquement, à l'Assemblée nationale, la première force coalition politique. C'est un échec de ne pas avoir réussi à obtenir le perchoir, Jean-Luc Mélenchon ?
– D'une certaine manière, oui, mais auparavant, notons les points qui ont été acquis. Le premier, c'est que, comme nous l'avions souhaité et nous avons un peu, comment dire, forcé la main de tout le monde, il y avait une candidature unique qui s'est réglée en deux jours, ce qui est mieux que nos non-performances pour le Premier ministre. – On en parlera évidemment dans quelques instants. – Donc, nous avons eu un candidat commun et brillamment, il a été en tête de l'élection jusqu'au troisième tour.
Il faut savoir, pour connaître les règles de l'Assemblée nationale, qu'au premier tour, nous avions gagné, au deuxième tour, nous avons gagné, mais entre se retirer les uns après les autres les candidats de la droite et du centre. Et à la fin, Mme le Bonde privé a bénéficié des voix de la droite et du centre, plus de voix d'URN, et nous avons été battus. Ce n'est pas le seul problème que cela pose. – C'est un accord qui a été passé. – Non mais, peut-être bien, mais en attendant, des voix d'URN, que vous n'avez pas notées cette fois-ci, se sont exprimées en faveur de Mme la présidente sortante, qui est une des plus mauvaises présidentes qui a eu l'Assemblée.
Mais ce qui est important, c'est de voir qu'à cette occasion, il s'est fait un vote à 14 voix de différence. Nous sommes bien d'accord. – Absolument. – Or, nous contestons le fait que 17 ministres aient pu voter pour, à cet instant, compte tenu du fait que, d'après nous, il aurait fallu vérifier les mandats de l'Assemblée nationale, et alors on aurait constaté que dans ce délai, ces ministres ne devaient pas avoir la possibilité de voter.
– Il y a effectivement une controverse aussi de la part des juristes qui n'ont pas arrêté cette question. Effectivement, il y a, d'après la Constitution, une incompatibilité entre le mandat de député et la fonction de ministre, mais en quelque sorte, il y a un article de loi qui, dans sa dernière phrase, est une forme de flou, et qui a permis, selon en tout cas la lecture qu'en a fait le gouvernement et la majorité, de permettre à ces ministres démissionnaires de voter.
– Alors, vous avez raison. – Pour être très clair pour nos téléspectateurs. – Pardon, si vous voulez bien, nous avons 20 minutes, et là, donc les cours de droit constitutionnels sont bienvenus. – Oui, mais c'est important de préciser ça. – Oui, mais ce qui est important aussi, c'est de mentionner le fait que, au-dessus de la Constitution, il y a aussi un autre texte. Vous êtes d'accord ? La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui dit, dans son article 16, que doivent être constamment séparés le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, et le pouvoir exécutif, c'est le gouvernement et les ministres, législatif, c'est les parlementaires, et la justice.
Il ne faut pas que les trois soient dans la main de même personne. Bien, lorsque vous êtes à la fois ministre expédiant les affaires courantes et député, il y a une contradiction avec les mesures de la Déclaration des droits de l'homme. Alors, s'il y avait un flou, il y a une manière de régler le flou, c'est de regarder le texte supérieur, celui de la Déclaration des droits de l'homme, qui dit qu'on ne peut pas être à la fois ministre et député, c'est-à-dire dans l'exécutif et dans le législatif.
– Allez-vous mener un recours ? On entendait Sandrine Rousseau dire qu'elle allait regarder s'il y avait possibilité d'engager des recours.
– Alors, nous avons consulté, et c'est encore en train de se faire, au groupe, comme c'est le groupe parlementaire, ce n'est pas à moi de m'exprimer sur le sujet, je suis sûr que Mathilde Panot vous dira le moment venu ce dont nous avons disposé. Mais, nous sommes en train de regarder de quelle manière le recours peut être le plus efficace. Et je vous signale que dans toutes les législatures de l'histoire de France, on vérifie les mandats. Vérifier les mandats, ça veut dire qu'on s'assure que la personne qui vient, elle vient celle qui est élue, et c'est bien elle qui a le droit de délibérer. Cela n'a pas été fait cette fois-ci, alors même qu'il y avait un flou.
On aurait dû prendre cette décision avant, et non pas après.
– Mais peut-être, Jean-Luc Mélenchon, que nous n'aurions pas eu ce débat, là, ce soir, avec vous, sur ces 17 voix de ministre député, et sur ces 13, je rectifie ces 13 voix d'écart entre Yael Brown-Pivet et André Chassaigne, si le nouveau Front populaire avait réussi, au fond, à élargir sa majorité et à permettre à André Chassaigne, peut-être, de récupérer des voix de certains députés macronistes qui auraient pu voter pour lui. Est-ce que ce n'est pas aussi un échec de cet élargissement du nouveau Front populaire ?
– Oui, vous avez sans doute raison. Mais ça prouve une chose qui fait que votre question suivante doit être embarrassante. C'est que vous venez de donner la démonstration qu'il n'est pas possible d'élargir, y compris avec une personnalité sympathique, plutôt acceptée par tout le monde, qui avait donné des gages de bonne volonté à de nombreuses reprises en fustigeant la conduite des insoumis. Donc, même quand on présente quelqu'un qui, apparemment, n'a aucun des défauts qui sont d'habitude mis en avant, ça ne sert à rien, les voix ne changent pas et se reconstitue immédiatement une alliance dont le résultat est le contraire. – Pardon, si, quelqu'un a gagné l'élection.
C'est Mme Bonne-Privé, mais le Président de la République avait dit qu'il fallait un changement des pratiques et des dirigeants. Eh bien, ni les pratiques ni les dirigeants n'ont changé. Nous pouvons donc venir maintenant à qui est l'auteur principal de toute cette situation, dont je doute qu'elle intéresse passionnément ceux qui nous écoutent. La question est, comment en est-on arrivé là ? Il est clair qu'en France, les élections, comme dans toutes les démocraties du monde, ne purgent plus les crises politiques, les questions politiques posées. Et donc, depuis 20 ans, on reproduit la même politique sans cesse. Pourquoi ?
Parce que le pouvoir essentiel, celui du Président de la République, au deuxième tour, se joue dans un match des peurs. De quoi a-t-on le plus peur ? De la maltraitance sociale des politiques libérales ou du Rassemblement national ? Donc, on ne règle aucune crise. Mais pendant ce temps, la crise avance. Et nous sommes dans l'impasse dans laquelle nous sommes. Ce n'est pas nous, je me permets de le rappeler, qui avons 10 sous.
C'est le Président, même pas sur un fait de politique qui aurait été lié à un vote de l'Assemblée, comme le refus de voter les retraites à 64 ans, mais sur une élection européenne, dans laquelle la participation est loin d'avoir été ce qu'elle aurait dû être, et qu'on a vérifié ensuite, aux autres élections. Donc, le Président de la République dit, eh bien, puisque c'est ça, je le prends comme un acte de confusion politique. Je demande, il dit lui-même le mot, une clarification politique. Il a une clarification politique qui est la négation de 27 sondages consécutifs. C'est nous qui arrivons en tête et le RN en dernier, élu en second. Il est donc battu. Dans sa lettre, que fait-il ?
Il attend une semaine pour se prononcer. Puis il dit, personne n'a gagné. Donc, vous allez constituer une nouvelle majorité à partir de l'élection du Président de l'Assemblée nationale. Et voici ce qu'ils ont essayé de faire. Mais j'ai envie de dire que c'est la confusion et c'est tout. Mais le responsable de ce blocage, le responsable de cette pagaille, c'est le Président de la République et personne d'autre.
Pourtant, c'est le seul qui ne se met pas en cause. Le nouveau Front populaire espérait remporter la présidence de l'Assemblée nationale. Avec cette défaite au perchoir, Matignon s'éloigne. Est-ce que vous actez ce soir la fin des négociations entre les différents partis de gauche qui forment cette coalition pour essayer de faire émerger une candidature commune à gauche pour un Premier ministre du nouveau Front populaire ?
Excusez-moi, je n'ai rien compris.
Avec le perchoir, en tout cas le pari que certains dans votre camp à gauche faisaient, c'était de gagner l'élection à la présidence de l'Assemblée nationale pour au fond essayer de contraindre Emmanuel Macron. Avec cette défaite, est-ce que Matignon s'est fichu ? Est-ce que vous arrêtez les négociations entre les partis de gauche pour trouver un nom commun ?
On arrête d'essayer de trouver un nom commun. Voilà, c'est ça. Parce que la phrase est très longue.
Ça ne vous a pas échappé que ça bloquait ?
Non, ça discute. Mais c'est quand même incroyable. Ça discute. Point. Toutes les discussions prennent un peu de temps. Là, ça va. Le deuxième tour de l'élection, c'était le 9. On est le 18, on est neuf jours après. Ça fait moins qu'avec les autres. Les autres nominations. Donc, accepter qu'on discute. Accepter que ce soit compliqué. Personnellement, j'en suis très déçu. Je ne peux pas vous le cacher. J'en suis très déçu. Mais je l'accepte maintenant. Venant à ce que vous venez de dire, qui est le point de départ. Le point de départ, c'est que nous avons été mis en échec pour la présidence de l'Assemblée nationale. Pas pour une politique gouvernementale.
Donc, c'est le président de la République qui a décidé qui ferait de cette élection le test d'une nouvelle coalition majoritaire. Pas nous. Nous, c'est le contraire. On dit qu'on doit se présenter de manière unie à toutes les élections. Et donc, nous aurons une candidature de Premier ministre.
Qui pour Matignon ? Parce que Huguette Bellot, qui est la présidente du Conseil régional de la Réunion, avait les faveurs des insoumis et des communistes de certains écologistes, refusés par les socialistes. Les socialistes et les écologistes et les communistes ont ensuite proposé Laurent Stubiana, refus des insoumis. On apprend à l'instant que le Parti socialiste, dans un communiqué de presse, demande à ce qu'il y ait un vote des députés du Nouveau Front Populaire pour départager ces deux personnalités. Est-ce que vous acceptez l'idée d'un vote pour avoir une candidature unique ?
D'abord, vous avez bien noté ma réponse. Nous ne nous résignons pas à ne pas avoir de candidat. Il y a une discussion. Dans le premier cas, comme vous l'avez dit, ce sont les socialistes qui ont refusé Huguette Bellot. Mais peut-être, par respect pour nos auditeurs, pourrait-on rappeler dans quelles conditions un tel refus a été fait ? Sans doute vous vous rappelez des motivations qui ont conduit au refus du Huguette Bellot.
Vous pouvez les rappeler. Les socialistes considéraient qu'Huguette Bellot avait un profil trop radical pour être Premier ministre du Nouveau Front Populaire. Et certains socialistes estimaient qu'elle ne pouvait pas occuper ce poste-là parce que, notamment, elle avait été absente lors d'un vote pour le mariage pour tous en 2013. C'était en tout cas ce que nous disaient certains socialistes. Mais la question que je vous pose, Jean-Luc Mélenchon, faut-il un vote ou pas ? Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, dit qu'il faudrait régler cette question avec une question démocratique. Par le vote. Allez-vous, allez au vote, vous, la France insoumise.
Pardon, mais je voudrais moi aussi répondre à la question à laquelle vous n'avez pas répondu. Vous avez donné des arguments, aucun de ces arguments nous a été présenté. Vous m'entendez ? Aucun de ces arguments dans la négociation n'a été présenté par le Parti socialiste. Le Parti socialiste a dit, nous avons un candidat, après avoir interdit à tout le monde d'annoncer une candidature, nous a dit, notre candidat, c'est Olivier Faure.
Ils disent avoir proposé Johanna Roland, Martine Aubry...
Non, non, non, tout ça... Faut-il un vote ? Attendez, c'est moi que vous interviewez, ou des gens qui sont absents que vous faites parler. Non, mais je vous pose la question. Sur le vote, vous ne répondez pas. Je vous réponds d'abord, dans l'ordre qui me convient, pour que vous entendiez les arguments. Depuis le début, le Parti socialiste fait de l'obstruction. Et maintenant, nous voici rendus à une candidature qu'ils ont proposée. Vous me dites qu'elle est soutenue par les communistes et par les écologistes. Eh bien, je la prends de vous, parce que ce n'est pas non plus ce qu'on nous a dit.
Mais puisque vous, vous savez mieux à BFM que nous-mêmes, qui sommes dans la négociation, je l'admets volontiers. Et vous me dites maintenant qu'on nous annonce qu'il y a une date limite. Le 23 juillet, mardi prochain. Et que se passerait-il le 23 juillet ?
Alors, à l'issue, visiblement, le communiqué n'est pas très clair. Mais en tout cas, c'est la date limite que fixe le Parti socialiste. Il faut au maximum pouvoir réunir les députés.
Eh bien, nous en sommes d'accord. Le 23, nous devons être tombés d'accord. D'accord. Donc le 23, il y aura un nom. Évidemment. Puisque le Parti socialiste qui décide de quand les choses s'arrêtent, quand elles commencent, qui on a le droit de proposer ou pas, a fixé la date du 23. Je voudrais tout de même signaler comment, depuis le début, ce sont des méthodes tout à fait brutales qui nous sont appliquées. De la part de qui ? Parce que du Parti socialiste. Et je vais en donner l'exemple de Mme Tubiana, qui est en effet présentée par le Parti socialiste. Je n'ai rien contre Mme Tubiana. Je ne la connais pas. Je ne l'ai jamais rencontrée. Je n'ai jamais eu affaire à elle.
Qui a notamment négocié les accords de Paris en 2015 pour la présenter. Ce n'est pas tout. Elle est aussi présidente de la commission de la Convention sur le climat. Vous vous en rappelez ? Absolument. Eh bien, Mme Tubiana est la personne la mieux placée pour comprendre notre opposition à sa candidature. Pourquoi ? Parce qu'elle, elle a annoncé d'avance qu'il fallait trouver un programme à négocier avec les autres partis de l'Assemblée nationale. Dans une tribune qu'elle avait signée, notamment dans Le Monde,
appelant à élargir cette majorité pour pouvoir gouverner davantage.
Et elle a dit dans le même texte qu'on trouverait le moyen de s'accorder et personne ne nous reprocherait si on diminuait le niveau de nos exigences. Pourquoi je dis qu'elle est la mieux placée ? Parce que Mme Tubiana a négocié brillamment l'accord climatique de la COP 21. N'est-ce pas ? Et elle est la première à savoir que, ensuite, ça n'a pas été respecté. Et elle a exprimé elle-même la déception. Ensuite, elle a été présidente de la Convention, dont il était convenu, avait dit le président de la République, que ce qui se déciderait là s'appliquerait immédiatement sans filtre. Rien ne s'est appliqué. Et elle-même a exprimé son désaccord avec cette méthode.
Donc, elle comprend le fait que les insoumis lui disent, Mais si vous pensez que vous allez renégocier notre programme avec d'autres, comme nous savons que les autres ne l'accepteront jamais, vu que nous avons vu comment ça s'est passé pour l'élection d'André Chassaigne, dites-moi, vous qui êtes à BFM, qui parmi les LR, qui parmi le centre, est d'accord pour appliquer l'impôt sur la fortune ? Qui parmi eux est d'accord pour rétablir les taxes sur les super profits ? Réponse ? Personne. Donc, de quoi parle-t-on ?
Au vu des tensions que l'on ressent, Jean-Luc Mélenchon, entre la France insoumise et les socialistes, il y a clairement un jeu de rapports de force. Pensez-vous vraiment, si vous arrivez à établir une architecture gouvernementale complète, pensez-vous vraiment pouvoir gouverner ensemble ? Entre les insoumis et les socialistes, notamment quand on voit sur les réseaux sociaux, notamment que l'une de vos députées, Sophia Chikirou, avait comparé le hollandisme à des punaises de lit. Est-ce que ce sont des bases sereines pour gouverner ensemble ?
Écoutez, c'est une expression, c'est une plaisanterie, vous avez le droit de ne pas l'accepter, mais elle parle de quelque chose de très concret. Le retour du hollandisme, qui, à BFM, ne devrait pas vous surprendre, puisque vous lui avez immédiatement donné la parole, et ses premières paroles, une fois revenue dans la vie publique, ont été pour dire que je devais me taire. Puis vous l'avez réinterviewé... Et nous sommes là ce soir avec vous ? Oui, oui, oui. Vous l'avez réinterviewé, il a longuement expliqué pourquoi je devais me taire. C'est la première fois dans la vie politique qu'un homme de gauche est interpellé par quelqu'un d'autre qui se dit de gauche et qu'il lui demande de se taire.
C'est la première fois. Alors, les comportements de cette nature ne sont pas acceptables. De même qu'il n'est pas acceptable qu'une des membres de la direction du Parti Socialiste parle à propos du député Aurélien Taché d'un élu d'une réserve d'Indiens. Cela est insupportable. Alors, comprenez que nous avons le droit, de temps à autre, de réagir et de manifester notre, comment dire, agacement. Mais nous sommes dans une discussion. Si je ne devais tenir compte que de ce qui a été dit par les autres, d'abord, je commencerais par dire pourquoi m'avez-vous éliminé de la candidature au poste de Premier ministre ? Vous êtes toujours candidat. Pardon ?
Non, non, moi j'ai dit que je n'étais candidat à rien. Mais on a insisté lourdement. Le but était de nous humilier, de montrer qu'on écartait quelqu'un et qu'on n'y pouvait rien. Ensuite, nous avons proposé trois noms. On n'a eu de réponse à aucun. Là, pour élire, M. le Président, la candidature d'André Chassène, que nous avons soutenue avec cœur, nous avions d'abord, nous aussi, deux candidats. Nous les avons retirés pour permettre que cela se passe. Donc, nous avons, jusqu'à présent, vu tous nos candidats au poste de Premier ministre rejetés, nos candidats à la présidence d'Assemblée.
Donc, comprenez aussi qu'à certains moments, comme ce sont toujours les mêmes qui s'opposent à tout, on manifeste un certain agacement. Mais, je m'empresse de vous dire que la tête reste politique. Nous sommes prêts à faire un accord sur une personnalité. et à la présenter en commun. Mais nous y mettons une condition, et ce sera la condition clé. Le programme doit être défendu jusqu'au bout. Et si quelqu'un doit décider que nous n'appliquerons pas notre programme, alors il censurera le gouvernement. Nous voulons revenir à des règles stables et lisibles. Permettez-moi d'un mot de dire pourquoi tout ça est inacceptable. De quoi souffre la vie politique française ?
d'une politique, de politiciens, qui disent une chose dans les élections, et qu'en font une autre dès qu'ils arrivent au pouvoir. Nous ne jouons plus dans cette cour-là. Nous n'y avons jamais joué. J'ai quitté le Parti Socialiste à cause de ça, et je n'y retournerai pas. Donc, nous avons décidé de respecter la parole donnée aux électeurs. Nous ne combinerons pas que M. Macron prenne la responsabilité de faire déposer contre notre gouvernement une motion de censure. Et ensuite, il verra qu'une fois notre gouvernement tombé, à notre tour, nous voterons une motion de censure contre la droite. Et il ne lui restera plus qu'une issue. S'en aller lui. Parce qu'il y a toujours une solution...
Vous demandez la démission du président de la République pour, au fond, sortir de l'impasse ?
Alors, je vais recommencer, parce que c'est toujours difficile de se faire comprendre avec un journaliste. Et moi, je ne suis pas très bon. Je vous en remercie pour cette tendance. Merci. Non, mais je reconnais mon tort. Ce que je dis n'est pas clair. Donc, je recommence. Si nous présentons un gouvernement et qu'il applique sa politique et qu'il est censuré immédiatement, eh bien, nous respecterons la démocratie. Il n'y aura plus de gouvernement. Mais emporterons la responsabilité ceux qui auront censuré. A leur tour, ils présenteront un gouvernement de la droite et du centre. Et nous le censurerons. Donc, il tombera aussi.
Par conséquent, il ne restera plus qu'une personne et qui ne peut pas dissoudre de nouveau l'Assemblée car la Constitution le lui interdit. Donc, il ne lui restera plus qu'une possibilité s'en aller. Ce que je veux vous dire, c'est que nous sommes en train de passer d'une situation de crise démocratique, où ça ne collait pas, à une situation de crise de régime. Et que l'auteur de cette situation est le Président de la République. Donc, il y a toujours le recours aux urnes. La première fois, c'était en renvoyant chez eux les députés. La prochaine fois, si tout est bloqué, c'est qu'il s'en aille lui-même. Mais ce que je suis en train de dire n'est ni un souhait, ni un ordre, ni une consigne.
C'est un état de fait. Si le Président de la République joue la crise politique avec un gouvernement du nouveau Front populaire, à la fin, il ne restera plus qu'une issue, puisqu'il ne peut plus redissoudre l'Assemblée. C'est son propre départ. Entendez-moi bien, on n'est plus dans un jeu de mots, d'astuces. Je suis en train de décrire ce qu'est une crise de régime. Et le Président de la République conduit le pays à une crise de régime, après toutes les autres extravagances qui ont marqué son quinquennat et son deuxième mandat, qui est une suite de choses auxquelles personne ne comprend rien.
Donc peut-être qu'à un moment donné, en quelque sorte, pour que la France respire, il faut que lui comprenne que où il change de pratique, c'est-à-dire où il se soumet, ou bien il se démet. Cela s'est déjà produit dans le territoire de France. Au moins trois fois. Chaque fois qu'un Président a engagé sa responsabilité, en 1924, à la sortie de la 3ème République, où le Président de Gaulle, le Président de Gaulle, avait engagé sa responsabilité sur le succès d'un référendum. Il a perdu les partis le lendemain matin. Donc, ce n'est pas nouveau en France et c'est la démocratie. Il faut respecter les règles de la démocratie.
Sinon, si on improvise continuellement, on ment à tout le monde, on trompe tout le monde. Alors, ne comptez pas, je le dis, non pas à vous qui n'y êtes pour rien dans cette histoire, mais à nos partenaires, nous ne participerons pas à un gouvernement qui ne prend pas l'engagement d'appliquer le programme. Quelle que soit la forme par laquelle on ne nous tordra pas les bras, nous resterons fidèles à la parole donnée aux électeurs.
Mais dans ce cas, Jean-Luc Mélenchon, comment est-ce que cette coalition peut-elle tenir sur la durée ? On sait qu'il y a des socialistes qui échangent parfois, qui essayent de sonder avec des macronistes de gauche pour voir s'il y a des... Des macronistes de quoi ? Des macronistes de gauche. Ah, d'accord. Selon la formule consacrée. Est-ce que c'est possible... Et les macronistes de gauche qui ont voté pour... Jean-Luc Mélenchon, pardon.
Qui ont voté pour le président André Chassaigne ?
C'est cela, non ? Dont on parle ? Ils n'ont en l'occurrence pas voté pour André Chassaigne, puisque vous avez échoué à élargir cette majorité. Mais est-il vraiment possible d'appliquer tout le programme, rien que le programme, comme vous l'avez dit au soir du 7 juillet, Jean-Luc Mélenchon, avec 192 députés ? N'est-ce pas un vœu pieux ?
Bon, non, ce n'est pas un vœu pieux si on respecte les règles de la démocratie. Je recommence pour que l'on me comprenne bien. Un groupe, un bloc est en avance. Le nôtre, Nouveau Front Populaire. Dans toutes les démocraties du monde, le président de la République n'a pas choisi le Premier ministre. La Constitution française ne dit pas qu'il choisit, il nomme. Par conséquent, il doit nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front Populaire. Il n'y a toujours pas de nom. Nous sommes en... Non mais attendez, je ne sais pas si la réunion du bureau politique du RPR a désigné Jacques Chirac. Il me semble qu'il n'y a pas eu besoin de ça.
Bon, par conséquent, il sait très bien qui est quoi à l'intérieur de cette coalition. Mais c'est lui qui doit nommer. S'il nomme un Premier ministre du Front Populaire, le Premier ministre ira devant l'Assemblée, présentera son programme et ensuite, il y aura des lois ou des décrets qui seront signés ou pas signés. À ce moment-là, l'Assemblée s'exprimera. Si elle est compte, elle le fait tomber. C'est la règle de la démocratie. Et je vous le redis, à ce moment-là, si le président de la République a poussé à ce qu'il y ait une motion de censure, il y aura ensuite une motion de censure contre le gouvernement de droite parce qu'il en nommera un de droite.
Et vous en déposerez une systématiquement s'il y a effectivement un gouvernement d'alliance entre le camp présidentiel et les Républicains. Évidemment.
Parce que nous l'avons fait. Automatiquement. Nous l'avons fait. Sur tous les 49-3, on nous l'a assez reproché. Mais nous n'avons pas changé notre pratique. Ce que nous demandons, c'est que la vie politique du pays ne se règle pas par des combines. Et maintenant, pour reprendre votre propre argument, dites-moi où sont ces macronistes de gauche qui sont prêts à accepter le rétablissement de l'impôt sur la fortune ? Parce que s'ils y étaient prêts, pourquoi n'ont-ils pas voté quand on l'a proposé ? Lesquels sont prêts à accepter l'augmentation des salaires alors qu'ils ont voté contre les macronistes de gauche inclus ? Donc tout ça n'existe pas. C'est une comédie.
Et la preuve a été donnée par le fait que tous ces gens ont refusé de voter pour André Chassaigne. S'ils étaient, comme vous dites, des gens qui cherchent un compromis, en disant, bon, vous exagérez, mais on va... Bon, quand même, on fait un geste. On élit votre président de l'Assemblée. Ils ne l'ont pas fait. C'est eux qui viennent de nous signaler que la porte était fermée. Il est donc absurde de s'entêter. Il faut faire fonctionner la démocratie. Les règles qui existent. Pas de combine. Si après que nous ayons fait voter un programme, nous en faisons un autre arrangé dans les couloirs de l'Assemblée, la masse du peuple français sera écœurée. n'en pourra plus de voir une chose pareille.
Il ne faut pas arriver à ce résultat. Il faut fortifier la volonté démocratique. Dire, vous voyez, quand vous votez, ça donne quelque chose. Au Parlement européen, ils ont réélu Mme Van der Leyen, mais ils n'ont eu aucun mal à élire un vice-président insoumis. M. Younou Sommargie. Tout le monde a voté pour lui. Enfin, je veux dire, tous ceux, sauf les fascistes, bien sûr, qui n'ont pas voté pour lui. Il y a un cordon sanitaire. Donc, il faut arrêter la comédie de la diabolisation des insoumis. Tout ça n'est pas sérieux. Il y a un programme, il a été signé par trois parties. Ces trois parties se présentent avec ce programme. Si l'Assemblée n'en veut pas, eh bien, elle le dira.
Et si tout est bloqué, le président de la République devra s'en aller pour que le suffrage universel fonctionne. Sinon, imaginez-vous la situation. On dirait, écoutez, on a fait une combine et elle n'a pas marché. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Eh bien, personne n'en sait rien et nous serons discrédités. Alors, en tout cas, voici ma conclusion. Quoi qu'il arrive, il n'y aura pas d'insoumis, de ce que je peux savoir, de ce que j'ai vu de la réunion du groupe, de ce que j'ai vu de notre bureau politique qui s'appelle Coordination, il n'y en aura pas. Et je rappelle que ce ne sont pas les élus qui choisissent le Premier ministre. C'est un accord entre des partis politiques.
Et si on change la règle du jeu et qu'on décide que dorénavant, c'est un troisième tour, type Troisième République, avec des élus, des notables qui votent pour désigner le Premier ministre, alors on ne sort plus du truc. Il va falloir faire ça pour pratiquement tous les ministres. Et puis, ça veut dire quoi ? Que dorénavant, le bureau politique du nouveau Front populaire, c'est l'intergroupe à l'Assemblée nationale fort de 190 membres. Ça serait une folie pure et simple. On ne peut pas gouverner dans de telles conditions.
– Jean-Luc Mélenchon, il y a quelques instants, vous évoquiez l'idée d'une démission du président de la République pour sortir de ce blocage. – Ce n'est ni un souhait, ni une consigne, selon vous, vous précisez votre pensée. S'il y a demain une présidentielle anticipée, vous iriez ? En tant que candidat à la présidentielle ?
– Je ne me suis pas posé cette question.
– Mais si vous pensez à la démission du président de la République, il y a peut-être un cheminement intellectuel qui se fait sur cette question.
– Peut-être, mais mes cheminements intellectuels m'appartiennent. Et vous savez, de longue main que j'ai souhaité être remplacé. Alors, beaucoup ont pensé que c'était une formule et j'ai tellement bien travaillé que je suis en état d'être remplacé avant assez forte et bien repérée par le public pour qu'on puisse l'imaginer. Mais on peut aussi imaginer autre chose. Par conséquent, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est si M. Macron ne permet pas à la démocratie de se concrétiser par un gouvernement, il ne faudra pas s'étonner qu'ensuite, le mot d'ordre de tout le pays, avant la fin du mandat, ce soit Macron démission. Et j'ajoute que je l'ai déjà entendu.
Moi, je ne souhaite pas que les mandats soient abrégés. Ce n'est pas mon souhait. Je viens de vous dire que je souhaite le respect des règles. Mais si le président de la République rend impossible le fonctionnement des règles, alors oui, il devra s'en aller. Parce que sinon, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? On ne va pas rester sans gouvernement ou toutes les semaines changer de gouvernement avec un vote par censure. Vous comprenez ? Ce n'est pas possible.
Vous parliez d'agacement il y a quelques instants. Je couvrais la soirée électorale de la France insoumise au soir du 7 juillet. Il y avait, sur les visages des militants de gauche et insoumis qui étaient là, de l'espoir, des larmes de joie. Et dans les témoignages que l'on entend parfois dans les reportages quand on interroge les électeurs de gauche au regard de ces négociations qui patinent à gauche, certains nous disent qu'ils sont écoeurés, qu'ils sont déçus de la gauche. Qu'est-ce que vous leur répondez à ces électeurs ?
D'abord que je ne vous crois pas et ensuite... On les interroge. J'ai le droit. M. Mélenchon. Oui, oui, mais vous vérifiez que les gens sont bien des gens de gauche, etc.
En l'occurrence, ils étaient à votre soirée électorale. D'accord. Il y en a d'autres que l'on peut croiser dans des manifestations,
M. Mélenchon. Ne truquez pas notre entretien. Mais nous ne truquons pas l'entretien, M. Mélenchon. Je connais des gens qui regardent BFM et qui sont très déçus par votre attitude si favorable au Rassemblement national.
Pourquoi vous dites ça, M. Mélenchon ? Parce qu'on me l'a dit, M. Nous interrogeons
tout le monde en l'occurrence. Vous avez raison, mais il y a des gens qui ont cette impression. Donc je me fais l'obligation de m'en faire le témoin devant vous, comme vous le faites, pour des gens que vous prétendez avoir retrouvés, ce qui n'est pas vrai.
Mais je n'ai pas dit que je les avais retrouvés et je n'ai absolument pas, M. Mélenchon. J'ai dit qu'on avait interrogé des électeurs de gauche qui eux-mêmes se présentaient en tant qu'électeurs de gauche dans différents reportages qui nous disaient qu'ils étaient écœurés par la situation. Il y en a, M. Mélenchon.
Oui, bien sûr.
Mais bien sûr, d'autant que c'est cultivé. Parce que quand nous mettons 24 heures pour nous entendre, pour faire une coalition, 48 heures pour nous répartir les circonscriptions, et déjà, c'est les Insoumis qui en ont lâché 100, que quand même...
Vous en avez eu 230 et 330 en 2022.
Écoutez-moi, nous faisons tous les gestes qu'il faut. Nous retirons nos candidatures à intervalles réguliers. Partout. Par conséquent, nous avons droit au moins au respect de dire ces gens-là font quand même le boulot. Et je demande aux gens de gauche d'y réfléchir. Nous venons de prendre 10 jours que nous avons dû interrompre pour passer à la désignation d'un candidat commun. Ce n'est rien 10 jours pour des partis qui sont divisés depuis des mois, des mois et des mois, depuis 2022. À peine avions-nous conçu l'accord NUPES qu'aussitôt, il était rompu par nos partenaires. Eh bien, nous avons réussi à colmater tout ça.
C'est quand même pas rien de dire en 10 jours qu'il y a une divergence non pas de personne. Ce n'est pas un problème d'égo. C'est sur la manière de penser la suite des événements. Les uns disent nous allons constituer un gouvernement d'apaisement et tout ça. Tout le monde doit bien être apaisé. Moi, j'ai demandé mais qui va s'apaiser parmi ceux qui ont un impôt sur la fortune quand on va leur annoncer qu'on leur établit personne. C'est normal, c'est la vie démocratique. C'est pour ça qu'on vote. Il y a des décisions qui s'imposent à tout le monde. Je dis donc qu'il n'y a pas d'élargissement possible. Par conséquent, il faut en toute hypothèse y aller franchement.
S'il y avait un élargissement possible de la majorité. Je l'ai lu dans le texte de Mme Tubiana. Elle a dit nous n'aurons pas de mal à trouver. Personne n'a proposé d'aller faire le tour des groupes de l'Assemblée. Personne. Les socialistes, les écolos n'ont pas dit ou même Mme Tubiana elle-même. Écoutez, je fais la tournée des popotes pour voir sur quoi on pourrait s'entendre. Personne ne l'a fait. Pourquoi ? Parce que tout le monde sait que c'est impossible. Donc ce qu'il s'agit de nous vendre, c'est de dire vous autres les Insoumis, vous allez oublier un peu le programme et puis on verra au fur et à mesure. Non, on ne verra pas au fur et à mesure. Nous y allons avec notre programme.
Moi j'ai repéré quelles étaient les mesures communes. Si j'avais été le Premier ministre qui avait déjà dans le passé été adopté par les uns et les autres. Et je serais venu avec cette feuille en disant déjà ça vous l'avez voté donc il y a une majorité. Personne ne propose ni méthode ni façon de faire. On nous annonce une majorité possible en élargissant. Non. Non et non. Il faut présenter notre programme, le présenter devant l'Assemblée et ensuite il se passe une chose que tout le monde connaît qui est le pouvoir d'amendement de l'Assemblée.
Dès lors à ce moment-là nous constaterions soit s'il y a des gens qui sont prêts à nous escorter, à nous accompagner ou à nous supporter et des gens qui ne le font pas. Mais proclamer à l'avance qu'on va s'en remettre à un arrangement possible est une aberration parce que ça ne correspond à rien dans la vie du pays. Aux gens déçus je leur dis je suis plus déçu que vous parce que ça fait 12 jours que ça dure que nous avons fait tous les pas, tous les gestes et que nous avons l'impression de n'être payé en retour même pas par du respect puisque nous lisons dans la presse que les uns les autres ont eu des paroles venimeuses à notre égard.
Sitôt que l'un ou l'une d'entre nous renvoie une blague ou une balle au rebond aussitôt tous les feux se concentrent sur nous intignation nous ne pouvons pas croire à cette comédie. Je vous demande à vous à tous ceux qui m'écoutent d'abord d'avoir de la patience et de la confiance. Nous ne ferons jamais rien à nous-mêmes qui trahissent le mandat que nous avons pris avec les électeurs. Et à tout le monde je dis il faut permettre à la démocratie de fonctionner. Vous commettriez une erreur énorme si vous la truquiez comme cela vient de se passer à l'Assemblée nationale. C'est énorme parce que que va-t-il se passer ? Les gens vont se dire voter ne sert à rien.
Je sais très bien je sais très bien qu'il y a des gens qui aimeraient bien que le peuple retourne à la maison et ne revienne plus voter alors qu'on a eu tant de mal nous les insoumis à faire venir voter des gens. Mais ce serait un désastre pour la démocratie française et les gens qui ont voté pourraient se fâcher aussi de dire mais comment ça se fait que ça ne s'applique pas ? Ça s'est vu vous savez quand ? Au dernier Front populaire le Front populaire a gagné c'est les socialistes qui ont gouverné alors que c'était prévu que c'était les radicaux et que s'est-il passé juste derrière comme il ne se passait rien ? Eh bien il y a eu une grève générale.
Par conséquent ne jouez pas avec le feu pas d'allumettes dans la poudrière.
Pour revenir à la question de la personnalité le parti socialiste dans son communiqué évoquait effectivement cette date limite du 23 juillet vous l'avez dit vous-même ce soir sur BFM TV nous aurons un nom Ou pas de nom Ah ou pas de nom vous m'avez dit nous aurons un nom le 23 juillet ou pas de nom Ou pas de nom alors non nous aurons un nom quoi qu'il arrive Est-ce que vous avez des
C'est pas bien de prendre les gens pour des imbéciles d'une manière générale quand je dis nous aurons un nom cela signifie que je le souhaite qu'une fois de plus nous allons faire tout ce que nous pouvons Mais il ne faut pas exclure qu'il n'y ait pas de nom puisqu'il n'y a pas eu de nom jusqu'à présent Si c'est pour nous rejouer la musique c'est Olivier Faure ou personne ou Madame Tubiana ou personne donc il n'y aura pas de nom Voilà Ce sont des choses qui sont possibles qui ne dépendent pas de moi parce que tout ne dépend pas que de moi Il y a 4 parties mais bon ils peuvent décider aussi à 3 de faire ce qu'ils veulent Pourquoi pas Merci beaucoup Jean-Luc Mélenchon
Merci à vous de nous avoir accordé cette interview
On a eu chaud on peut le dire à ceux qui nous regardent parce qu'il fait vraiment chaud dans le studio
Effectivement
Jean-Luc Mélenchon