Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale - 09/07
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mathilde Panot est notre invitée ce midi sur BFM TV. Madame Panot, il y avait un rassemblement hier, place de la République, à l'appel du comité Adama Traoré. Cette marche a lieu tous les 7 ans, tous les 2 ans, pardon, depuis 7 ans. La préfecture du Val-d'Oise, la préfecture de Paris ont interdit ce rassemblement. Pourtant, il s'est tenu et vous y avez participé. Pourquoi avez-vous choisi d'y aller alors qu'il était interdit ?
Alors d'abord parce que nous ne sommes pas d'accord avec le fait qu'une marche qui a lieu, comme vous le rappelez, tous les ans depuis 7 ans pour demander vérité et justice pour Adama Traoré, qui, je le rappelle, est mort il y a 7 ans, le jour de son anniversaire, le jour de ses 24 ans, à la rencontre de gendarmes et sur lequel à la fois la défenseur des droits, encore récemment, a appelé à ce qu'il y ait des sanctions et une enquête qui puisse se tenir avec un procès et une expertise indépendante qui a été faite par des Belges, qui disent que c'est bien à la rencontre des gendarmes qu'Adama Traoré est mort.
Et des gendarmes qui ne sont pas mis en examen.
Pour l'instant, qui ne sont pas mis en examen depuis 7 ans. Donc depuis 7 ans, il y a une marche à la fois pour rendre hommage à Adama Traoré et puis pour demander justice et vérité. Depuis 7 ans, ces manifestations se passent dans le calme, notamment parce que le comité Adama organise des structures extrêmement bien et que, à juste titre peut-être, beaucoup des journalistes, des acteurs politiques ont demandé ces derniers jours pourquoi, suite à la mort de Naël, il y avait eu des explosions de violences, en disant qu'il y a quand même d'autres formes d'exprimer sa colère.
Eh bien, les autres formes pour exprimer sa colère, notamment lorsque une marche veut s'organiser de manière pacifique, de manière organisée, de manière constructive, comme ça se passe dans toutes les démocraties du monde, pour pouvoir exprimer sa colère, eh bien là, cette manifestation est interdite. Et ce n'est pas normal qu'elle soit interdite.
C'était justement en vertu du contexte. C'est ce que précise la préfecture, d'abord du Val-d'Oise, puis la préfecture de Paris.
Mais justement, c'est du fait du contexte qu'il faut justement autoriser le fait de pouvoir défiler pacifiquement dans les rues.
Il y a une volonté d'organiser cette manifestation interdite par la préfecture. Il y a des recours qui sont déposés devant le tribunal administratif. Ils sont écartés. Est-ce que c'est la place d'élus de la République de se rendre dans des manifestations qui sont interdites ? Vous l'aviez fait à Sainte-Seline. Vous l'avez fait dans les rassemblements contre le Lyon-Turin. Et là, vous le refaites une nouvelle fois. Quand on est élu de la République, quand on fait la loi, quand on représente d'une certaine façon la République, on n'a pas sa place dans des manifestations qui sont interdites.
Alors déjà, M. Duhamel, commençons par le début. Commençons par rappeler, puisque c'est assez peu rappelé, donc je veux le refaire ici, même si un avocat l'a redit sur votre antenne hier que participer à une manifestation interdite n'est pas illégale. Je le redis, participer à une manifestation interdite n'est pas illégale. Donc je le pose, parce que c'est quand même important dans le débat. Première des choses. Deuxième chose, nous disons que l'interdiction de la marche à Dama est une provocation, justement dans le contexte où les gens ont besoin de marcher pacifiquement pour exprimer à la fois leur colère et des revendications.
Parce que, je le dis ici, si ce que dit le comité à Dama depuis des années avait été écouté, si ce que nous disons, nous, sur le problème des morts pour refus d'obtempérer avait été écouté, peut-être, Naël, serait-il encore en vie ? Donc c'est une question qui est importante, qui est une question démocratique. A-t-on le droit de parler de la police dans une démocratie ? Je crois que oui. Et donc, la provocation dont je parlais à l'instant, c'est que justement, c'est quand les manifestations sont interdites qu'elles se passent mal.
Justement, vous parlez de la police, de votre présence dans ce cortège. Il y a une question liée à ça.
Oui, parmi les slogans que l'on pouvait entendre hier, il y avait celui-ci, « Tout le monde déteste la police » et on voyait ces images d'élus de la France Insoumise sains de leur écharpe tricolore qui restaient mutiques alors même que les manifestants scandaient ce type de slogan. Vous détestez la police, Mathilde Panot, comme le disaient ces manifestants ?
Vous nous avez entendu chanter ce slogan, M. Duhamel ?
Non, mais vous ne quittez pas non plus la manifestation. Quand on est dans un rassemblement et qu'il y a ce type de slogan, si on n'est pas d'accord, on s'en va.
M. Duhamel, je pense que vous n'avez pas été en manifestation depuis longtemps. Je vais vous apprendre quelque chose. Au 1er mai, il y a des gens qui ont crié, « Tout le monde déteste la police ». Dans les manifestations contre la loi sécurité globale, contre la réforme des retraites, des gens ont crié, « Tout le monde déteste la police », qui est une forme d'exaspération que nous ne partageons pas. Je ne dirai pas...
Donc ce slogan, il vous choque ?
Non, il ne me choque pas. Je ne le dirai pas. C'est tout à fait différent. Il faut quand même comprendre dans quel moment on est.
Mais vous restez dans une manifestation où on se prend ce type de slogan ?
Vous pensez que j'aurais dû partir du 1er mai ?
Mais attendez, c'est vous qui êtes responsable politique. Est-ce que vous pensez que j'aurais dû partir du 1er mai ? On accepte quand on est dans une manifestation s'il y a des slogans qui choquent. On s'en va ou à minima, on le dit. Là, vous restez totalement muti. Vous savez que je ne suis pas
chef choriste de la manifestation. Je ne suis pas chef choriste. Ce n'est pas moi qui chante les choses. Je vais vous dire, tout le monde déteste la police. C'est un slogan qu'on retrouve dans de multiples manifestations. Et ce qui devrait nous alerter, c'est pourquoi est-ce que les gens disent ça ? Alors attendez... C'est notamment parce que il y a une déconstruction du lien entre la police et la population qui est dramatique dans ce pays.
Ce matin, un sondage Opinion Way dit absolument l'inverse. Dans le Parisien, les Français demandent de l'autorité. Ils ont confiance dans la police dans des proportions qui sont assez importantes, voire même très importantes. 73% des sondés ont confiance dans la police. Ça va à l'inverse complet de ce que vous nous dites à l'instant. Et cette semaine, vous avez aussi un sondage qui dit que... Est-ce que vous, vous avez confiance ?
Alors, vous avez aussi un sondage cette semaine qui dit, puisqu'on va sur les sondages, donc allons jusqu'au bout, qui dit que 7 Français sur 10 pensent qu'il y a du racisme dans la police sur lequel notamment l'Organisation des Nations Unies est en train d'alerter la France. Et la seule réponse du gouvernement sur cette question, c'est de nier qu'il y a un problème de racisme dans la police. Ce n'est pas l'ONU,
c'est un comité de chargé de lutter contre les droits d'hommes.
Vous pouvez dire que la LDH, ça ne vaut rien, l'Amnesty, ça ne vaut rien, l'ONU... Vous savez, M. Duhamel, attendez, je dis juste ça en passant, mais vous savez que M. Clément Voulet, le rapporteur spécial aux libertés de l'ONU, est venu dans notre pays il y a peu et que la seule responsable politique qui l'ait reçue, c'est moi. D'accord ? Comme présidente de groupe parlementaire. Pas une seule fois le gouvernement, pas aucun groupe de la majorité. Je reviens à la question, s'il vous plaît. Non, mais je le dis parce qu'on peut en avoir rien à faire de tout, mais à un moment quand les institutions internationales disent des choses, c'est quand même important. Sur le lien de confiance.
Je reviens sur le lien de confiance.
La question de la complexité du lien des Français avec leur police, finalement, elle semble assez simple. Pauline se trouvait en reportage à Marseille il y a quelques jours dans les quartiers Nord. Pardon, je fais votre porte-parole, mais Pauline a entendu les gens dire nous on veut plus de police dans nos quartiers pour nous accompagner. Ce sondage dit les Français ont confiance en leur police, 73%.
Écoutez, avant 2003, il y avait une police de proximité. Nous ne sommes pas anti-flics comme nous avons été repeints souvent. Et je vais vous dire le problème du débat qui est posé depuis des années, c'est que justement on nous repeint en anti-flics.
Quand vous laissez dire des slogans tout le monde déteste la police, vous comprenez que certains se disent que vous avez quelque chose contre la police dans l'absolu. Mais qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Que vous partiez ?
Non, je ne partirai pas d'une revendure. Écoutez, je vais vous dire qu'est-ce que vous êtes en train de dire. Alors, et anti-flics, la CGT, et anti-flics, FSU qui était aussi là, et anti-flics, Solidaires, UNEF, et anti-flics, attaques, la LDH, Amnesty International, c'est ridicule. Ça ne peut pas être ça que vous retenez d'une manifestation, c'est ridicule.
Pour clarifier les choses, je vais répondre à votre question. Ma question c'était est-ce que vous, vous avez confiance dans la police ?
Eh bien, je vais vous dire, nous, nous demandons qu'on refonde la police de la cave au grenier. Pourquoi est-ce qu'on dit ça ? D'abord, je le dis, nous ne sommes pas anti-flics, c'est ce que j'étais en train de dire tout à l'heure. Nous ne sommes pas anti-flics, nous sommes les premiers à avoir demandé une commission d'enquête sur le nombre de suicides dans la police qui sont particulièrement élevés par rapport au reste des professions du pays. Première chose.
Deuxième chose, nous aussi, dans notre programme, il y a des plans de recrutement avec justement un allongement de la formation des policiers parce que c'est un des gros problèmes et notamment, vous voyez que le temps de formation de six mois en France est très court par rapport à ce qui se passe dans d'autres pays donc nous demandons deux ans. Nous demandons de revenir au code de déontologie de 1986. Nous demandons l'interdiction de certaines pratiques comme le plaquage ventral ou les clés d'étranglement qui ont valu notamment à M. Castaner de devoir partir de son ministère. Donc, nous avons des propositions pour la police. Mais qu'est-ce que ça veut dire
qu'en l'État, vous n'avez pas confiance dans la police si elle n'est pas refondée selon vos critères ?
Écoutez, je ne vais pas faire une généralité comme ça. Ce que je vais vous dire, c'est que nous ne sommes pas d'accord avec l'instrumentalisation de la police. Vous aviez des gardiens de la paix qui étaient là pour l'intérêt général. Aujourd'hui, vous avez des gens qu'on utilise comme les gardiens d'un ordre établi qui est de plus en plus injuste et du coup, vous avez un pouvoir qui ne tient que sur le fil de la police. Et c'est pourquoi vous vous retrouvez avec un pouvoir qui aujourd'hui a peur de la police ? Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas dit un mot sur la cagnotte de la honte pour la famille du policier qui a tué Naël ?
Pourquoi est-ce que vous avez un pouvoir qui n'a pas dit un mot là aussi sur le communiqué de syndicat factieux et je pèse mes mots ?
Alliance.
Alliance et une sa police qui disent qu'ils sont en guerre contre une partie de la population qu'ils appellent les nuisibles. Pourquoi ? Eh bien parce que ce gouvernement ne contrôle plus la police.
Alors justement, en parlant de police, hier Pauline ?
Oui, revenons à la manifestation d'hier. Il y a une scène qui a fait le tour des médias. C'était la vidéo de l'interpellation de Youssouf Traoré dans la foulée de laquelle des journalistes ont été bousculés. C'est à ce moment-là la Brave M qui était en action. Là vous nous dites le gouvernement ne contrôle plus la police mais cette semaine vous avez également dit je vous cite nous avons un problème aujourd'hui avec la police telle qu'elle est instrumentalisée par le pouvoir. Qu'est-ce que ça signifie ? Est-ce que vous estimez qu'il y a une utilisation politique de la police dans notre pays aujourd'hui ? Bien sûr. Bien sûr.
C'est une accusation extrêmement lourde ça veut dire une accusation d'une police.
Oui mais vous savez nous ne mettons pas en cause les policiers individuellement même si lorsqu'un policier est coupable de délit ou de crime il doit être sévèrement puni. Quand vous dites la police tue c'est une façon
de mettre en cause tous les policiers.
Oui comme quand on dit l'EHPAD maltraite ça ne veut pas dire que tout le monde maltraite à l'EHPAD tout comme quand on dit l'école reproduit les inégalités sociales ça ne veut pas dire que tous les professeurs on met en cause d'une institution et notamment les ordres.
On parle d'une accusation de tuer c'est pas la même chose que les exemples que vous prenez. Le 27 juin
la police a tué elle a tué Naël et c'est inacceptable. Un policier ? Oui et c'est inacceptable. Mais bien sûr un policier. Mais je le dis parce qu'on a une petite tendance dans le débat politique et public à complètement oublier qu'un jeune homme de 17 ans est mort. D'accord ? Un jeune homme de 17 ans est mort. Je crois que personne ne l'oublie. Je crois que personne ne l'oublie. Si ? Quel acte politique a été posé depuis ? Rien. Il n'y a pas un seul acte politique qui a été posé depuis. Nous en avons proposé plusieurs notamment l'abrogation de la loi 2017 de Cazeneuve. Est-ce que ça a été fait ? Absolument pas.
C'est la loi sur l'utilisation des armes.
Alors que ça a multiplié par 5 le nombre de tirs mortels sur les voitures en mouvement. Nous avons eu 13 morts pour refus d'obtempérer l'année dernière. C'est scandaleux et on ne doit pas s'habituer à ça. Voilà M. Diamet ce que j'ai en train de dire. On revient à la question
de l'instrumentalisation. Est-ce que vous estimez que la police française
est au service d'un pouvoir politique ? Je dis que les ordres qui sont donnés à la police française les mettent au service d'un pouvoir politique et que c'est ça qui est problématique et qui justement crée de la défiance. Je m'explique. Le fait de ne pas pouvoir discuter de la police de manière démocratique, c'est interdit de parler de la police sinon vous êtes anti-flics, sinon vous détestez les policiers ce qui n'est pas du tout notre cas. Il y a des débats publics sur la police, le rapport police-population en permanence. Regardez ce qui s'est passé depuis les Gilets jaunes. Depuis les Gilets jaunes, vous avez une répression extrêmement violente.
Les soignants ont voulu manifester et dire leur colère, répression. Les Gilets jaunes ont voulu dire leur colère, répression et que tout le monde se taisent. Pareil pour les manifestations retraites, pareil pour tout ça. Donc ça veut dire que la seule réponse qui est apportée à l'ensemble des revendications et des colères qui existent dans notre peuple, c'est une réponse policière. Et nous, nous redisons qu'il faut être raisonnable et qu'il faut apporter une réponse politique et non policière. Et c'est pourquoi je dénonce l'instrumentalisation de la police et même parfois de la justice comme le dit le syndicat de la magistrature par un pouvoir en place.
Mme Pannot, s'il vous plaît, excusez-moi. Vous dites à l'instant qu'il faut être raisonnable. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur Twitter l'interdiction de la manifestation hier d'interdiction en répression, je le cite, de pétain à valeur actuelle. Le chef de l'arc républicain entraîne la France dans un régime déjà vu. Trois petits points. Danger, danger. Ce sont les mots de Jean-Luc Mélenchon. C'est quoi le régime déjà vu auquel il fait allusion ?
Ce qui est en train de pointer Jean-Luc Mélenchon est quelque chose que nous poitons depuis plusieurs mois, même plusieurs années, depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron et sur lequel nous alertons encore plus fortement dans les dernières semaines qui viennent de se passer. Nous avons un glissement autoritaire de la part de la Macronie qui est extrêmement inquiétant.
Mais vers quel régime ? Pour poser les mots, pour dire les choses clairement. Vers un régime
qui est au marge de la démocratie. Nous ne dirons pas dictature parce que nous savons ce qu'est la dictature.
C'est quoi le régime déjà vu ? Pardonnez-moi, Madame Pano, mais pour que les choses soient claires, un régime déjà vu, quel régime déjà vu ?
Des régimes qui ne respectent plus les libertés publiques. Excusez-moi.
Dites les choses. Quand vous dites dans un même tweet de Pétain à valeur actuelle un régime déjà vu, c'est quoi ? C'est pas moi déjà,
c'est M. Mélenchon, mais vous avez tout à fait raison. Allez-y.
Vous êtes sa représentante aujourd'hui. Allez-y. C'est quoi ? C'est le régime de Vichy ? Redites-moi. D'interdiction en répression de Pétain à valeur actuelle, le chef de l'arc républicain entraîne la France dans un régime déjà vu. Donc c'est quoi ? C'est une comparaison avec le régime de Vichy ?
Par exemple, quand vous avez un pouvoir qui remet en cause les subventions de la LDH alors que dans notre histoire, le seul moment où la Ligue des droits de l'homme a été remise en cause, c'est sous Pétain, pardon.
Donc vous considérez qu'aujourd'hui, le régime dans lequel on est, la Vème République, ressemble à Vichy ? Non. C'est pas moi, c'est Jean-Luc Mélenchon ?
Non, mais ne faites pas non plus dire à M. Mélenchon ce que vous voulez. Jean-Luc Mélenchon est en train d'alerter...
C'est l'objet de cette question. Eh bien justement,
je suis en train de vous dire, regardez, nous sommes dans un pays, normalement une grande démocratie, dans lequel vous ne pouvez plus manifester, référence à hier, ou quand vous manifestez même à 3,5 millions de personnes, personne ne vous écoute. Ensuite, où on vous explique que voter ne sert plus à rien puisque vous avez des représentants du peuple qui veulent notamment voter contre la réforme des retraites et qui en sont empêchés avec une initiative parlementaire qui est bafouée, avec un droit d'amendement qui lui aussi est remis en cause. Et donc, vous n'avez plus d'issue démocratique.
Il y a des contestations politiques et vous êtes ici sur ce plateau pour les exprimer. Simplement, quand Jean-Luc Mélenchon, leader de l'opposition, semble faire un parallèle entre le régime actuel et un régime déjà vu, donc vraisemblablement le régime de Vichy, est-ce que c'est raisonnable ?
Oui, c'est raisonnable d'alerter sur la question des libertés publiques. Oui, c'est raisonnable. Et d'utiliser ce référentiel-là. Et quand vous voyez qu'il y a des alertes à la fois de la question de l'ONU, du Conseil de l'Europe, de toutes les instances internationales sur ce qu'est en train de faire la France, vous devriez vous poser des questions. Vous savez ce que m'a dit le rapporteur spécial aux libertés ? Que juste avant de venir en France, il était au Zimbabwe. D'accord ? Il va voir le ministre du Zimbabwe puisque les ministres au Zimbabwe acceptent de recevoir le rapporteur spécial aux libertés, ce qui n'est pas le cas en France.
Il lui fait un certain nombre de recommandations et d'observations sur ce qu'il a à dire au gouvernement du Zimbabwe. Que lui répond le ministre ? Qu'avez-vous dit sur la France ? Commencez par la France, on verra après parce qu'on fait mieux que eux. Ce qui veut dire que la dérive autoritaire qui a lieu dans notre pays, pourquoi est-elle inquiétante ?
Il y a plus de démocratie au Zimbabwe qu'en France ?
Mais arrêtez, arrêtez de tout caricaturer. Je vous explique ce que le rapporteur spécial aux libertés vient de dire. Je vous ai... Ce que je vous explique, c'est que quand il y a une dérive autoritaire en France, ensuite, vous avez des dizaines et des dizaines de pays qui, dans le monde, se permettent eux aussi de réprimer le peuple en prenant référence sur la France. Quand vous voyez que Hong Kong avait fait la même loi anti-masque que ce que nous avons fait, c'est un problème. Quand on voit un sénateur au Chili qui dit je réprime le peuple comme c'est fait en France, eh bien c'est un problème, je le dis. Donc oui, nous avons des raisons d'être inquiets.
Et quand vous voyez comment les journalistes ont été traités hier, j'espère que vous aussi vous êtes inquiets de comment sont traités les contre-pouvoirs dans ce pays.
On en a parlé hier, nous avions les journalistes en question sur ce plateau. Eh bien, vous avez bien raison. Pauline.
Ce matin, dans le Parisien, Elisabeth Borne, elle annonce, ce sont ces termes, un déploiement de moyens massifs pour protéger les Français en vue des 13 et 14 juillet. Est-ce que vous, personnellement, vous craignez que ces deux soirées dégénèrent ?
Je ne sais pas. Je ne sais pas. Ce que nous disons, c'est qu'aucun acte politique n'a été posé depuis la mort de Naël. Et donc, les raisons de la colère. Il n'y a pas eu de réponse aux raisons de la colère.
Elisabeth Borne le redit ce matin qu'il faut prendre le temps d'analyser, de poser un diagnostic sur ce qui s'est passé.
Non, il ne faut pas prendre le temps de poser un diagnostic. Nous avons 13 morts pour refus d'obtempérer en 2022. Nous avions proposé, nous, groupe parlementaire de la France Insoumise NUPES, une commission d'enquête en janvier 2023 sur les morts pour refus d'obtempérer pour lancer l'alerte sur cette question. Alert qui, malheureusement, n'a pas été entendue. Président de la République qui n'a ni été voir ni appeler la mère de Naël. Vous avez des macronistes qui ont été absents d'une marche d'hommage pour un jeune homme de 17 ans qui est mort dans notre pays.
Il y a eu des mots très forts aussi pour dire, le Président de la République a notamment dit que c'était inexcusable. C'est un mot qui est... Oui, pendant les premières 24 heures. Et ensuite,
ils ont eu peur de la police et ils n'ont plus rien fait. Ils n'ont plus rien fait. Il faut poser
des actes politiques. Mais est-ce que vous comprenez qu'en attendant peut-être les actes, certains élus locaux annulent le feu d'artifice parce qu'ils ont peur en fait ? Ils ont simplement peur que la situation leur échappe et que ce soit compliqué. Si vous mettez à leur place, est-ce que vous comprenez ?
Écoutez, moi je comprends juste qu'on a un gouvernement qui, encore une fois, ne fait pas en sorte qu'on puisse avoir un apaisement dans notre pays. Un apaisement, ça passe par des réponses politiques. Vraiment, je vous adjure de comprendre ça. On ne peut pas à chaque... À chaque fois qu'il y a un mort dans notre pays, notamment sur des questions de violences policières, vous ne pouvez pas avoir ensuite des révoltes dans les quartiers et puis après on passe à autre chose uniquement avec des choses sécuritaires. Ce n'est pas possible. Donc il faut des réponses politiques.
On revient en direct dans un instant pour la suite de cette émission. Mathilde Panot est l'invité de BFM Politique ce dimanche. À tout de suite. Mathilde Panot est l'invité de BFM Politique ce dimanche. Madame Panot, nous allons afficher trois photos. C'est une tradition dans cette émission et une question liée à l'actualité derrière chacune d'entre elles. Elles vont s'afficher derrière moi. Vous allez voir et je me retourne des bacheliers Kylian Mbappé et la une du journal du dimanche. Quelle première photo choisissez-vous ?
Allez les bacheliers.
Légère baisse du taux de réussite au bac cette année 90,9. Vous avez eu quelle note vous au bac ?
C'est une très bonne question. Ça commence à faire longtemps. Pas si longtemps. Je ne sais plus. J'avais une mention très bien mais alors après je ne me rappelle plus. Une mention très bien. Et dans quelle filière ? En S, en scientifique.
Et ça vous inquiète qu'il y ait plus de 90% de taux de réussite ou est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
Non, c'est une bonne nouvelle. C'était y compris une manière de... Enfin, je pense que c'est une bonne nouvelle dans une société quand le niveau d'éducation générale monte. Après, je suis plutôt inquiète de la manière dont à la fois on fait un tri social sur la question des orientations avec Parcoursup que je redis nous voulons abroger. Et je suis inquiète surtout de voir et c'est effrayant de voir que ça touche maintenant tous les départements. Ça a commencé par les départements les plus pauvres mais maintenant ça les touche tous de voir des enfants qui ratent des centaines d'heures de cours parce que les professeurs sont non remplacés.
D'autant que vous voyez que sur les concours nous avons maintenant moins de gens qui veulent devenir professeurs que de places qu'il faudrait. Donc nous sommes sur un effondrement de l'école publique qui m'inquiète énormément et qui je crois est un désastre pour l'avenir si nous continuons dans le même sens.
Il reste deux photos Madame Panault, Kylian Mbappé ou le JDD ?
Comme vous voulez aller le JDD, dites-moi.
Il n'y avait toujours pas de JDD ce matin dans le journal du dimanche. La rédaction est en grève depuis trois semaines. Elle proteste contre la nomination à sa tête de Geoffroy Lejeune ancien de Valeurs Actuelles. Elle en appelle d'ailleurs au président de la République. Comment selon vous on sort de cette crise ? Comment est-ce que la rédaction du JDD peut sortir de cette crise et du coup ses lecteurs retrouver leur journal ?
Alors première des choses, je pense que c'est important que des journalistes se lèvent contre la mainmise de l'extrême de droitisation sur un nouveau journal. Donc ça je pense que c'est important qu'il y ait une résistance sur cette question-là.
Ensuite nous nous avons proposé plusieurs fois et y compris dans notre niche parlementaire d'avoir une déconcentration des médias puisque vous savez que 90% des médias sont dans la main de 9 milliardaires et je crois que plus que jamais il faut se pencher sur cette question pour qu'on arrête d'avoir cette ultra-concentration des médias et ce qui en coûte en derrière aussi aux journalistes c'est aussi pour libérer les journalistes que nous comptons mettre en place cette loi lorsque nous serons au pouvoir.
Madame Pannot, je voudrais que nous revenions sur les conséquences des violences qui ont touché le pays ces derniers jours. La droite a remis sur le tapis la piste des sanctions contre les parents mineurs auteurs de violences. La première ministre explique ce matin dans les pages du Parisien que les familles je la cite doivent mesurer les conséquences des actes commis par leurs enfants. Si le cadre légal existant n'est pas suffisant explique-t-elle alors le cas échéant. On fera évoluer la loi. La piste c'est l'amende dès la première infraction. Comment vous réagissez à ça ?
C'est la réponse globale qui est apportée à la colère de ces derniers jours. Vous avez d'un côté des jeunes gens qui sont accusés d'avoir volé une canette de Red Bull et qui prennent 10 mois avec sursis donc 10 mois de prison avec sursis donc des réponses qui sont extrêmement fermes du côté judiciaire et puis un appel de nouveau à réprimer encore plus. Je ne crois pas que ça soit la solution.
Dis-moi avec sursis en l'occurrence je parle de mémoire mais c'est un jeune homme qui était sur la canette de Red Bull qui est accusé aussi d'avoir essayé de mettre le feu à la porte d'un commissariat en jetant des cocktails
non non on verra on regardera mais je vous assure que vous avez un nombre de gens qui sont accusés d'avoir volé un pantalon qui prennent de la prison avec sursis
la justice a été trop sévère vous considérez dans les comparutions immédiates je pense que
ça fait partie de ce que je disais tout à l'heure mais le fait qu'on ait eu des jeunes des tonnes de jeunes en comparution immédiate comme ça avec des peines extrêmement sévères est un problème parce que là encore ça ne réglera pas la situation je suis complètement opposé
je parle de prison ferme le chaos
donc ce n'est pas celui avec la canette de Red Bull donc nous ne sommes pas d'accord avec le fait qu'on augmente la répression sur les mineurs ce n'est pas comme ça que nous allons y arriver notamment parce que beaucoup d'associations pointent à juste titre ainsi que des maires le fait qu'on ait fermé année après année les clubs de prévention les services publics qu'on ait baissé les subventions aux associations qui ont un effet désastreux de même que je voudrais dire une deuxième chose nous ne sommes pas d'accord avec le fait qu'on pointe les parents sur cette question il est extrêmement difficile et tout le monde sait ça pour qui a un adolescent de nos jours il est très difficile d'éduquer un adolescent donc chacun fait comme il peut au mieux et je voudrais dire une troisième chose qui est très importante le flyer que Dupond-Moretti fait avec beaucoup de mépris qu'il appelle dans un langage simple pour les parents il ferait bien d'aller le remettre à Mme Borne directement pourquoi ?
parce que l'État je le rappelle a l'autorité parentale sur 400 000 enfants dans ce pays qui sont placés à l'aide sociale à l'enfance et l'État est-il un bon parent absolument catastrophique l'État a été condamné sur notamment une enfant qui avait été victime de viol et d'agression sexuelle parce qu'il n'avait pas et la justice le dit pas fait assez attention aux conditions dans lesquelles cet enfant a été placé première des choses deuxième chose un SDF sur quatre une personne sans abri sur quatre dans notre pays est un ancien enfant placé donc l'État ferait bien de commencer par regarder sa propre autorité parentale sur les enfants qui sont placés à l'aide sociale à l'enfance avant de faire des leçons à tout le monde pour revenir sur
ce qui s'est passé ces derniers jours on a vu des enfants mineurs dans la rue en pleine nuit est-ce que ce que vous dites c'est que c'est uniquement la responsabilité de l'État ou est-ce qu'il n'y a quand même pas dans ces cas-là une responsabilité parentale une responsabilité des familles
vous savez attendez je vais vous lire un sociologue parce que vous savez Valls nous a déjà fait la chose d'expliquer ses excusés donc ça veut dire qu'après il n'y a plus aucune science qui vaut vous ne pouvez plus faire de sociologie vous ne pouvez plus faire de psychologie je vous lis ce qu'un sociologue dit je vais vous lire ce qu'un sociologue dit Fabien Truong vous regarderez si vous le souhaitez qui dit des garçons du même âge que Naël vous avez vu c'est 17 ans l'âge moyen des garçons du même âge que Naël qui réagissent de manière intime et violente pour une raison simple cette mort aurait pu être la leur nous devons écouter ce que disent les sociologues et quand vous parlez avec des mamans dans les quartiers populaires elles vous disent que parfois elles essayent de se mettre devant la porte pour empêcher leur enfant de sortir
des enfants de 12 ans c'est ça qui a marqué
oui elles se mettent devant la porte
17 ans c'est quasiment un majeur 12 ans c'est un enfant
c'est même pas un adolescent et bien justement on doit se poser des questions sur est-ce qu'on y arrivera par la répression certainement pas je ne suis pas d'accord pour qu'on réprime des enfants de 12, 13 ou 14 ans
on vous entend mais pour rebondir sur cette phrase du sociologue que vous venez de citer quand on va piller des magasins de vêtements de luxe de parfumerie est-ce qu'on est dans une réponse à ce qui s'est passé à la mort du jeune Naël est-ce qu'on peut faire vraiment un lien entre ce qui s'est passé et des jeunes garçons des jeunes filles qui vont simplement piller des magasins il y a un lien ?
mais vous avez vu que dans certaines des enquêtes qui ont été menées sur des pillages de magasins ce ne sont pas du tout des jeunes de quartier populaire qui ont été pillés vous l'avez vu ça ?
bien sûr mais je ne faisais pas de distinction
je le dis quand même parce que quand on fait un flyer avec des mots simples à qui s'adresse le ministre ?
qu'essaye-t-il de faire croire ? c'est pas ma question est-ce que quand on va piller un magasin on répond on agit en réagissant à la mort du jeune Naël ? je vais vous dire là aussi en vous parlant
de sociologues les sociologues disent que ce qui est en train de se passer dans notre pays et qu'ils devraient nous interroger bien au-delà des petits mots des petites phrases des petits événements ce qui est en train de se passer dans ce pays et c'est ce que disait un sociologue ce n'est pas la France insoumise qui le dit attention je mets des grosses guillemets là-dessus mais il disait ce qui est en train de brûler dans notre pays c'est les promesses non tenues les promesses sur l'égalité les promesses du consumérisme les promesses parce que vous remarquerez que souvent ce qui a été pillé c'est soit des magasins alimentaires soit des magasins de choses que les jeunes ne peuvent plus s'acheter de nos jours
donc c'est ce qui explique les pillages ?
mais je n'explique pas je viens de vous dire Valls disait que quand on explique on excuse je ne suis pas en train de faire ça oui excusez-moi mais vous essayez de me mettre des mots dans la bouche donc je n'excepterai pas
par ailleurs Madame Pannot la question ce n'est pas l'origine de ces enfants ce n'est pas l'endroit d'où ils viennent c'est leur âge
ça me fait plaisir que vous le disiez
non mais c'est leur âge c'est ça la question que vous pose Pauline également un enfant de 17 ans quasi majeur ce n'est pas la même chose qu'un enfant de 12 ans il y a beaucoup de gens qui se disent comment des enfants de 12 ans peuvent être dehors à une heure du matin et se retrouver livrés à eux-mêmes dans ce type de circonstances
sans compter que c'est un phénomène qui a été très relevé là dans ces 5 nuits d'émeute ce qui a frappé beaucoup d'acteurs sur le terrain c'est justement l'extrême jeunesse d'adolescents ou même pré-adolescents finalement et ça c'est quelque chose qui était un phénomène nouveau notamment par rapport à 2005 oui tout à fait
et il y a 3 jours j'étais dans une classe de CM2 où vous avez un enfant de 8 ans qui alors tous les enfants parlaient de la mort de Naël donc je leur demande ce qu'ils ressentent comment ils se sentent etc bon je discute avec une classe et un enfant de 8 ans me dit moi je ne passerai jamais mon permis de conduire parce que j'utiliserai toujours ma carte Navigo et le métro parce que sinon on va me tuer comme Naël parce que j'ai l'air comme Naël les questions qui se posent et la colère qui se posent chez effectivement de très jeunes enfants doivent nous permettre de penser la situation et le monde qu'on est en train de donner à ces enfants et la question c'est s'il n'y a pas de réponse à la colère nous avons un problème donc je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on remette ça sur la question des parents il faut remettre tout à plat sur les politiques publiques sur la question des quartiers populaires sur la question de l'éducation et de l'école sur la question des politiques de santé c'est un abandon généralisé et donc la colère explose et je vais vous dire une deuxième chose on ne peut pas faire comme si ces émeutes et ces révoltes n'arrivaient pas après plus de 5 mois de manifestation de tous les moyens démocratiques par l'intersyndical par les associations par des manifestations avec plus de millions de personnes par le parlement qui voulait voter la réforme des retraites parce que quel est le signal qui est envoyé à ce moment-là il n'existe plus d'issue démocratique et quand vous voyez que les gilets jaunes ont obtenu 10 milliards lorsque des choses ont été cassées quel est le signal que le pouvoir veut envoyer est-ce qu'il faut tout casser pour pouvoir être revenu dans ce pays je n'espère que ce n'est pas ça et je fais de nouveau un appel à la raison sur la question de la démocratie
il faut revenir
vers des choses démocratiques allez-y
un tout dernier mot au sujet de cette affaire Gérald Darmanin a saisi le procureur de la République suite à un article d'Oisebdo dans lequel des informations sur le policier qui est mis en cause dans la mort de Noël ont été divulguées ils ont publié son nom son visage son village enfin bref plein d'informations est-ce que vous soutenez cette démarche ?
non je ne la soutiens pas particulièrement plus particulièrement pour la question de la famille après la justice la démarche de Gérald Darmanin
je veux dire la démarche de Gérald Darmanin
non plus vous savez M. Darmanin je ne partage pas grand chose avec lui lorsque vous avez quelqu'un qui M. Darmanin est capable de saisir le procureur sur le journal mais qui est incapable de saisir le procureur lorsque des policiers factieux en appellent à aller en guerre contre des nuisibles c'est-à-dire une partie de la population qui ne dit rien sur la cagnotte qui ne dit rien sur des propos racistes absolument incroyables je vais vous dire si l'arc républicain de Mme Borne jusqu'à Mme Le Pen en passant par Zemmour ou M.
Darmanin si c'est ça leur arc républicain je leur dis la République n'est pas leur arc républicain la République c'est un régime de liberté c'est d'abord une République sociale et je suis fière de ne pas appartenir à leur arc républicain
juste là en l'espèce c'est une publication qui était susceptible de mettre en danger le policier et sa famille c'est la question que vous pose Jean-Baptiste j'ai répondu et donc cette publication-là ça vous choquait pas ?
j'ai répondu que je ne soutenais pas j'ai dit la justice fera son travail
mais l'idée de saisir le procureur ce qu'a fait Gérald Darmanin c'est
vous voulez que je dise quoi ? qu'est-ce que vous voulez que je dise ? vous voulez faire la réponse à ma place ? allez-y je vous en prie
je vous pose des questions je voudrais revenir à une partie de l'interview ce matin de la première ministre Madame Panot interrogée notamment par Pauline sur la question du remaniement puisque tout le monde en tout cas tout le monde enfin beaucoup s'interroge sur ce qui va se produire ces prochaines heures ces prochains jours est-ce qu'elle doit partir Madame Borne ?
écoutez Madame Borne ça fait un an qu'elle gouverne sans confiance elle n'a d'abord pas demandé la confiance pas de vote de confiance au Parlement ensuite elle a utilisé 10 49 3 et un 11ème qui est le 100ème de la 5ème République pour faire passer de force les retraites donc voilà on a une première ministre qui d'ailleurs on voit bien dans l'interview ne sait plus très où elle va ne sait plus quel cap poser donc bon oui on aimerait qu'elle parte elle n'a pas de vote de confiance elle n'est plus crédible mais le problème c'est que ce n'est pas un simple problème de personne dont on est en train de parler et ce n'est pas une erreur de casting dont on est en train de parler le problème qui est posé c'est la question de la politique qui est menée de 1 et surtout des formes démocratiques de notre pays du respect de l'état de droit et quand vous avez un pouvoir qui est aussi autoritaire aussi présidentialiste alors oui nous pensons que plus que jamais il est temps de faire la constituante et d'aller vers la 6ème République et c'est ce que nous demandons donc je ne crois pas que le remaniement permettra de régler ça et d'autant plus que je le dis la première ministre n'a pas eu un mot sur la faim qui est en train de disloquer le pays sur les 1 Français sur 6 qui se privent d'un repas par jour sur l'explosion de la pauvreté si bénéficiaires sur 10 des minima sociaux sont sous le seuil de pauvreté dans la 7ème puissance au monde de même que sur la question de la sécheresse qui est pourtant le grand drame qui arrive devant nous cet été après une sécheresse hivernale
S'il y avait un changement de Premier ministre certains évoquent ou souhaitent la nomination de Gérald Darmanin à Matignon qu'est-ce que ça changerait pour vous ?
Monsieur Darmanin qui est celui qui pense que Madame Le Pen est trop molle et qu'il aurait pu signer son livre qui donc aspire peut-être à être un ministre du Rassemblement National pourrait être un ministre du Rassemblement National et de la Macronie en quelque sorte le ministre de l'Arc Vous dites Gérald Darmanin et le Rassemblement National
c'est la même chose c'est blanc bonnet bonnet blanc ?
Non je dis je dis qu'ils utilisent le Rassemblement National pour faire en sorte puisqu'ils pensent qu'ils peuvent gagner seulement contre le Rassemblement National donc que le Rassemblement National joue aujourd'hui leur rôle d'assurance vie
Une question sur un autre nombre du gouvernement Benjamin ?
Absolument Mathilde Panot le rapport sénatorial sur le fond Marianne est accablant pour la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa ce rapport dénonce je cite la dérive d'un coup politique parle également d'un fiasco vous le redites ce matin Marlène Schiappa doit quitter le gouvernement
Alors bien sûr déjà j'aimerais dire que j'aurais aimé que nous aussi à l'Assemblée Nationale que nous puissions avoir une commission d'enquête parlementaire et que c'est Yaël Brun-Pivet qui après avoir enterré la commission d'enquête sur Benalla nous a refusé d'avoir une commission d'enquête sur le scandale du fond Marianne donc c'est important que les sénateurs aient pu faire cette commission d'enquête effectivement c'est accablant certains parlent de mensonges de Madame Schiappa montrent qu'elle était impliquée puisqu'elle a refusé la candidature de SOS Racisme qu'elle s'est impliquée dans d'autres et qu'à la fin on a de l'argent public qui a été distribué suite à un drame épouvantable qui a secoué l'ensemble du pays et qui en fait a été instrumentalisé par le pouvoir donc évidemment elle doit démissionner je pense qu'ils attendent peut-être un remaniement pour la faire sortir par la petite porte mais je le dis Madame Schiappa doit prendre sa dignité avec elle et démissionner immédiatement parce qu'elle a instrumentalisé un assassinat odieux dans ce pays
il y a un rapport de l'autorité européenne de sécurité des aliments Madame Pannot qui ouvre la voie au retour de l'utilisation du glyphosate en fait cette autorité dit qu'elle n'a pas identifié de domaine de préoccupation critique pour les humains pour la nature pour l'environnement mais elle révèle un risque élevé à long terme chez les mammifères Emmanuel Macron avait initialement promis de supprimer d'interdire le glyphosate il est revenu
maximum début 2021
voilà il a reconnu lui-même n'avoir pas pu respecter cet engagement est-ce que vous comptez faire quelque chose sur ce sujet ?
Alors effectivement vous pointez quelque chose qui est important parce qu'en fait la décision enfin en tout cas le rendu de cette agence européenne sur la sécurité alimentaire va ensuite servir de base notamment pour la décision qui va être prise en fin d'année de savoir si on continue avec le glyphosate ou non je rappelle que les associations qui ont fait des tests sur les urines du glyphosate ont montré que 100% des français et des françaises étaient empoisonnés au glyphosate et en premier lieu évidemment les agriculteurs je pense notamment à Paul François à qui j'apporte tout mon soutien qui après avoir réussi à faire condamner Monsanto pour le glyphosate a ensuite été sauvagement agressé chez lui je ne sais pas si vous vous en rappelez avec un liquide qu'on lui aurait fait absorber dont il ne sait toujours pas ce que c'est donc ces gens ont des méthodes violentes il se trouve que nous avons tous oublié aussi dans ce pays mais qu'il y a eu il y a peu un scandale qui s'appelait celui des Monsanto Papers Monsanto Papers c'est le fait que Monsanto ait payé des scientifiques pas de problème avec le glyphosate donc en fait ce que je reproche à l'agence ici c'est de ne pas avoir tenu compte de l'avis du CIRC du Centre International de Recherche sur le Cancer qui dit que le glyphosate est probablement cancérogène ensuite de ne pas avoir tenu compte des études de l'INSERM de l'INRA qui montrent eux aussi qu'il y a un problème avec le glyphosate
Vous comptez faire quelque chose concrètement ou pas au Parlement ?
Oui on va continuer vous savez nous on a proposé plusieurs fois des propositions de loi d'interdiction du glyphosate
Vous allez redéposer une proposition
Oui vous inquiétez pas là je ne saurais pas vous dire quand est-ce qu'on dépose ça et sous quelle forme parce qu'il faut trouver les voies mais oui nous allons continuer à nous battre sur ce sujet qui a une question très importante parce que je voudrais dire une dernière chose sur ce sujet il y a une chose qui doit prévaloir c'est le principe de précaution lorsqu'il y a un doute sur quelque chose alors il ne faut ni empoisonner les êtres humains ni empoisonner la nature et je vous invite à lire les travaux de la sociologue de la santé Annie Thébomoni qui disait il faut arrêter de donner des permis de tuer aux entreprises dans ce pays et il faut donc stopper Monsanto qui nous empoisonne toutes et tous Autre question sur l'environnement
Oui absolument puisqu'Elisabeth Borne ce matin dans nos colonnes elle renouvelle un objectif c'est 55% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 2030 c'est dans 7 ans est-ce que vous y croyez ? Est-ce que c'est possible selon vous ?
Alors pas du tout d'abord parce que nous ne croyons pas à ce pouvoir sur les politiques de bifurcation écologique et solidaire qui sont nécessaires dans ce pays je rappelle que l'État a été condamné deux fois pour une action climatique et qu'il y a quelques jours
elle annonce aussi 5 milliards d'euros de plus par an pour la transition c'est rien
fait historique l'État a été condamné pour effondrement du vivant c'est-à-dire qu'il y avait la question climatique maintenant l'État est condamné aussi sur l'inaction sur l'effondrement de la biodiversité qui je le rappelle est le seul écosystème compatible avec la vie humaine donc les 5 milliards en continuant avec un modèle qui est déjà fait qui nous mène toutes et tous vers la destruction et qui continue un monde pour les plus riches vous avez vu que les 500 plus grandes fortunes de France ont multiplié par deux leurs fortunes sous Emmanuel Macron ça vous montre bien quel monde ils sont en train de construire donc vous n'y croyez pas cet objectif nous n'y croyons pas et nous proposons au contraire d'avoir une réelle planification écologique qui nous permette
mais Elisabeth Borne dit la même chose parce qu'elle dit on vous propose une réelle planification écologique
c'est pas du tout avec les mêmes solutions non pas avec les mêmes solutions nous on propose de développer le fret ferroviaire d'aller vers une agriculture paysanne et écologique qui remettrait notamment 300 à 400 000 paysans au travail et de faire une rupture avec le modèle de production et de consommation qui détruit cet écosystème compatible avec la vie humaine
En vue des sénatoriales de septembre prochain le parti socialiste Europe Écologie Les Verts et le parti communiste français ont trouvé un accord sans la France insoumise donc c'est la fin de la NUPES ?
Alors je ne l'espère pas mais effectivement c'est une décision assez incompréhensible que d'avoir et c'est ce qu'on a d'ailleurs exprimé nous le mouvement de la France insoumise c'est une décision assez incompréhensible d'avoir exclu la France insoumise des négociations sachant que nous n'étions pas très gourmands puisque nous demandions s'il était possible d'avoir un ou une sénatrice
en sachant que l'argument de vos alliés c'est de dire les sénatoriales c'est des élections indirectes il faut des élus locaux or la France insoumise n'a quasiment pas d'élus locaux et donc pas de raison de leur donner une place je résume à peu près leurs arguments
J'espère que vous allez dire qu'il y a des moments où ce n'est pas la France insoumise qui est hégémonique je le rappelle nous avons demandé une place de sénateur et sur les élections européennes sur lesquelles nous continuons de vouloir convaincre pour le fait qu'il y ait une liste unique tout simplement pour que le soir des européennes on dise que la NUPES est la première force politique du pays ce qui est possible lorsqu'on regarde les sondages et non pas le Rassemblement National et bien nous avons proposé la tête de liste aux écologistes que vous avez remarqué la question que vous pose
sur la fin de la NUPES c'est que pour rebondir aussi sur ce qu'on disait au début de l'émission quand on entend les critiques d'Olivier Faure qui pointait du doigt les désaccords entre vous de Fabien Roussel qui a encore eu sur RMC des mots très durs sur la question des valeurs de la République est-ce que ça a encore un sens et qu'on voit là cet accord au sénatorial qui vous exclut
je distinguerai M.
Roussel de tous les autres qui est un personnage politique qui ne se fait entendre que pour critiquer Jean-Luc Mélenchon la France insoumise ou voire même la NUPES donc je ne commenterai pas ce qu'il dit sur nous ensuite deuxième chose j'adjure tout le monde de comprendre que le moment politique est grave et que donc ce n'est pas le moment de se compter et donc ce que nous disons c'est oui avec le vote que nous devons faire pour les insoumis nous les insoumis nous sommes favorables à l'approfondissement de la NUPES à faire en sorte qu'on puisse continuer à être une force qui puisse battre les macronistes et le RN parce que l'enjeu est là et que je répète juste pour notamment celles et ceux qui ces derniers jours ont dit des choses et d'autres ce que disait le président François Mitterrand qui peut-être allumera des choses pour certains si la jeunesse n'a pas toujours raison la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort voilà c'est dit et je pense que c'est bien de se rappeler
merci beaucoup madame Pannot d'avoir été notre invitée ce dimanche merci beaucoup très chère Pauline dans un instant vous allez retrouver Affaire suivante avec Dominique Rizet et Philippe Godin c'était la dernière de la saison de BFM Politique qui reviendra à la rentrée avec Benjamin Duhamel à la barre je vous passe donc le relais et avec plaisir cher Benjamin et donc les déplicateurs et c'était un plaisir de faire cette saison avec vous avec vous donc la saison prochaine et je vous donne rendez-vous à 18h pour BFM TV à tout à l'heure écoutez BFM Radio
Mathilde Panot