Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 5 mai 2024 16 min

La majorité en campagne pour les européennes, la visite de Xi Jinping à Paris... le "8h30 franceinfo" de Nathalie Loiseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Nathalie Loiseau. Emmanuel Macron compte s'impliquer dans les européennes et demande à son Premier ministre Gabriel Attal un engagement maximum. Il le dit ce matin dans la tribune du dimanche. C'est la preuve d'une panique, d'une inquiétude au sommet de l'État ?

0:20
Nathalie Loiseau

Non, c'est la preuve d'une conviction. Celle de la majorité, celle du Président depuis sa campagne de 2017, de l'importance des enjeux européens et du fait qu'on est tous derrière Valérie Ayet et derrière cette envie de bâtir encore une Europe au profit des citoyens et des Français.

0:40
Présentateur

Mais vous trouvez-vous que Gabriel Attal ne s'est pas suffisamment investi aujourd'hui ?

0:43
Nathalie Loiseau

Il était au meeting de Lille. Il a réuni un comité politique autour de la campagne la semaine dernière. Il est aussi Premier ministre, mais je me souviens d'Edouard Philippe en 2019 qui a fait beaucoup de meetings, qui a fait beaucoup de réunions. Je l'avais à mes côtés quand j'étais tête de liste. Je sais que Gabriel Attal fera la même chose. Il a déjà prévu d'être en meeting à plusieurs reprises avec Valérie.

1:05
Invité

Avec un débat aussi qui se prépare face à Jordan Bardella, au RN Jordan Bardella. Vous savez quand il aura lieu ce débat ?

1:13
Nathalie Loiseau

Non, je ne le sais pas. Sinon, je vous le dirai.

1:15
Invité

Ce sera un moment décisif, un tournant dans la campagne ? Comment vous envisagez ce moment ?

1:20
Nathalie Loiseau

Écoutez, c'est un moment important, intéressant, parce que quand on voit Jordan Bardella qui se projette déjà avec peut-être un petit peu de fébrilité, lui, comme un futur Premier ministre, ça va pouvoir... De fébrilité, vous dites ? Oui, moi j'ai trouvé au débat qu'on a eu la semaine dernière entre Valérie Ayet et Jordan Bardella. J'ai trouvé Valérie Ayet très solide, très bonne, très convaincue, très convaincante. Et Jordan Bardella très tendu, voire agressif. Qu'est-ce que ça apporte ce genre de débat face au RN ? Ça permet de savoir ce qu'ils pensent, parce que pour le moment, moi je ne le sais pas.

Si vous me demandiez ce que c'est que le projet du RN pour les Européennes, je serais incapable de vous répondre. Ils ont changé d'avis très souvent, il y a beaucoup de démagogie dans leur position, et ils font campagne en étant extrêmement silencieux.

2:07
Invité

Ça solidifie votre base, mais est-ce que ça vous apporte vraiment des électeurs ? Est-ce que vous arrivez à convaincre peut-être des abstentionnistes à ce moment-là, ou des électeurs qui votent RN par défaut ?

2:17
Nathalie Loiseau

Écoutez, les gens qui votent RN aujourd'hui, je ne vais pas aller les chercher. Mais en revanche, le premier parti de France, c'est l'abstention. Hélas, aujourd'hui, parce qu'il y a encore beaucoup de Français qui pensent que les Européennes ne les concernent pas. Alors c'est à nous de rappeler ce que nous avons fait, les promesses que nous avons tenues depuis 5 ans, et ce que nous voulons faire. Demain, le programme de la majorité sera diffusé. Et pourquoi c'est important pour toutes les catégories de la population, les urbains, les ruraux, les jeunes, les moins jeunes, de s'impliquer pour ces élections européennes qui les concernent tous ?

2:56
Présentateur

Pardon Nathalie Loiseau, vous n'avez pas répondu à Victoria Koussa. Pourquoi ne pas aller chercher les électeurs du RN ?

3:01
Nathalie Loiseau

Parce que quelqu'un qui a décidé avec certitude qu'il veut voter pour le RN, il est probablement très loin de nous et de ce que nous proposons.

3:11
Présentateur

Mais vous ne pensez pas qu'il y a peut-être aussi une incompréhension de votre politique depuis plusieurs mois, plusieurs années, et qu'il y a peut-être du travail de pédagogie à faire ?

3:18
Nathalie Loiseau

Alors je déteste ce mot de pédagogie, parce que c'est un mot descendant, donc condescendant. L'explication, oui. Rendre des comptes, oui. Dialoguer, écouter aussi. Moi c'est ce que je fais en permanence, parce qu'en écoutant on apprend. La pédagogie, ça a l'air de dire qu'il y a des gens qui savent et des gens qui ne savent pas.

3:36
Présentateur

Ou peut-être des gens qui ne comprennent pas parce qu'on leur explique mal aussi.

3:38
Nathalie Loiseau

Alors, bien sûr qu'il y a des choses dont on n'a pas assez parlé. Collectivement, le on nous concerne peut-être tous les trois autour de cette table. Peut-être qu'on ne parle pas beaucoup d'Europe. Peut-être que... Moi je le vois dans les réunions publiques que je fais. Très souvent, quand je dis voilà, les promesses que je vous avais faites comme tête de liste, il y a cinq ans, elles ont été tenues. Souvent, les gens qui viennent à mes réunions me disent, on ne le savait pas. Bon bah c'est un petit peu un constat d'insuffisance de notre côté.

4:02
Invité

Quand on sait justement que le vote RN sert parfois à punir votre politique, la politique d'Emmanuel Macron, qu'il soit sur la fiche de campagne aux côtés de Valérie Ayet, est-ce vraiment une bonne idée ? Vous ne pensez pas qu'il peut y avoir un effet repoussoir pour les gens ?

4:17
Nathalie Loiseau

Je pense qu'au contraire, ça dit quelque chose de très profond et de très juste. C'est que si nous avons tenu des promesses pendant cinq ans et si nous sommes capables d'en tenir à nouveau dans l'avenir, c'est parce que nous marchons sur deux jambes. Notre groupe au Parlement européen, il est puissant, il est influent. Emmanuel Macron, en Europe, il est puissant, il est influent. Nous sommes les seuls à pouvoir tenir ce que nous promettons tous nos adversaires, promettre des châteaux en Espagne. Qu'est-ce qui dit que quoi que ce soit qu'il promette sera réalisé ? Rien. En revanche, quand nous avons dit que nous allions réguler le numérique, nous l'avons fait.

Quand nous avons dit que nous allions nous atteler au changement climatique, nous l'avons fait.

5:00
Invité

Donc c'est une bonne chose qu'Emmanuel Macron soit sur la fiche de campagne ?

5:03
Nathalie Loiseau

C'est une réalité, c'est-à-dire que voter pour notre liste, c'est voter pour des choses qui vont vraiment avoir lieu.

5:09
Présentateur

Avant de parler de la liste justement et de votre candidature, on voudrait avoir votre réaction sur ce geste d'Éric Zemmour hier en déplacement à Ajaccio, le patron du parti d'extrême droite reconquête visé par un jet d'œuf. Il s'en est pris ensuite à une femme en la frappant par derrière. Éric Zemmour dénonce les intimidations de l'extrême gauche. Il est victime ?

5:27
Nathalie Loiseau

Il a peur d'un œuf et il frappe une femme. Voilà ma réponse.

5:31
Présentateur

Vous trouvez ça démesuré ? Complètement. Entre ces actions, les jets de peinture sur Raphaël Glucksmann en milieu de semaine, vous avez le sentiment qu'il y a une montée de tension en ce moment ?

5:39
Nathalie Loiseau

Elle n'est pas nouvelle. Elle n'est pas nouvelle et je la dépose profondément. Moi j'ai fait campagne en 2019.

5:45
Invité

Elle était aussi violente en 2019 ?

5:47
Nathalie Loiseau

On était en pleine crise des gilets jaunes. J'ai certains meetings qui ont été empêchés. Ça m'a permis de découvrir le bonheur des meetings en plein air quand des salles de meeting étaient occupées par des gilets jaunes. C'est-à-dire empêcher de s'exprimer, empêcher de faire vivre normalement la vie démocratique. Je le déplore à chaque fois, quelle que soit la personne qui est visée. Mais je déplore aussi le geste totalement disproportionné de frapper une femme qui était maîtrisée.

6:13
Invité

Venons-en maintenant à votre liste dont les 30 premiers noms viennent d'être dévoilés. Le programme sera présenté demain. La majorité présidentielle entre enfin en campagne. Vous êtes, vous, numéro 5 sur la liste. Il était temps de lancer cette campagne. Vous étiez impatiente.

6:28
Nathalie Loiseau

J'étais impatiente. Alors moi j'étais déjà en campagne depuis un moment. Mais les militants sur le terrain avaient des fourmis dans les jambes. Ils sont heureux qu'il y ait une liste et une belle liste de gens convaincus, de gens compétents, de gens qui ont de l'expérience et qui sont cohérents. Il n'y a pas d'opportunistes. Il n'y a pas de passagers clandestins. C'est aussi une liste d'unions. Il y a 5 parties qui se sont réunies. 4 de la majorité présidentielle plus l'UDI qui n'est pas dans la majorité mais qui considèrent que sur l'Europe nous sommes les seuls à pouvoir faire ce que nous disons. Donc oui les militants ont des fourmis dans les jambes.

Moi aussi j'ai déjà fait 9 déplacements. J'en ai beaucoup qui sont prévus. Et une belle liste, un très beau programme qui sera dévoilé demain. La campagne c'est maintenant.

7:08
Présentateur

Vous étiez tête de liste en 2019. Vous l'avez dit, vous êtes sur la 5ème place. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui a joué contre vous ?

7:15
Nathalie Loiseau

Ce n'est pas ce qui a joué contre moi. C'est ce qui a joué pour la majorité. C'est d'avoir, si j'ose dire, l'embarras du choix. Vous auriez pu être 3ème ? Écoutez, on a travaillé entre parties de la majorité. Ce n'est pas un secret.

7:25
Invité

C'était compliqué justement de travailler cette liste, la cohabitation entre parties de la majorité. On sent que c'est un peu difficile.

7:29
Nathalie Loiseau

Non, ce n'est pas ça qui a été compliqué. Je crois que ce n'est pas un secret du côté de Renaissance. Il y avait beaucoup de sortants qui voulaient revenir et beaucoup de têtes nouvelles qui voulaient entrer. Et ça s'appelle faire entrer un Edrenon dans une valise. Mais sur la place et la proportion entre Renaissance, le Modem, Horizon, le Parti Radical, l'UDI, on s'était mis d'accord tout de suite. Et en réalité, je savais depuis le début quelle était ma place sur la liste. J'ai attendu que la liste soit publique par correction pour mes colissiers.

7:58
Présentateur

Et on va justement reparler de cette liste, de ses ambitions pour l'Europe dans quelques instants sur France Info. Nathalie Loiseau, vous restez avec nous.

8:08
Invité

On est de retour sur France Info avec Nathalie Loiseau, eurodéputée Horizon, 5ème sur la liste de la majorité présidentielle aux européennes. Quand on regarde justement cette liste de plus près, le journaliste Bernard Guetta, spécialiste des questions internationales, passe avant Pascal Confin, artisan du Green Deal, du Pacte Vert. C'est donc l'international qui passe maintenant avant l'écologie, vous l'assumez ?

8:34
Nathalie Loiseau

Dans tout compte, il n'y a personne qui est sur la liste et qui ne compterait pas. La réindustrialisation, le numérique, l'international, bien sûr, ce n'est pas moi qui vais vous dire le contraire. Je construis la défense européenne depuis 5 ans. Le Green Deal compte évidemment, il est totalement assumé.

8:51
Invité

Symboliquement, c'est juste que maintenant l'international passe avant l'écologie.

8:53
Nathalie Loiseau

Écoutez, symboliquement, j'étais numéro 1, je suis numéro 5, Pascal Confin était numéro 2, il est numéro 4. Ça ne veut juste rien dire. Tout le monde est là, il y a beaucoup de sortants qui reviennent parce qu'ils ont convaincu, parce qu'ils sont convaincants.

9:08
Présentateur

Primer à la loyauté aussi ?

9:11
Nathalie Loiseau

Évidemment que vous n'allez pas prendre quelqu'un qui vous aurait été déloyale, ça c'est absolument clair. Non mais à l'expérience, ça compte beaucoup au Parlement européen. C'est une manière de faire de la politique qui est assez différente de la politique nationale. Et donc l'expérience, la réputation qu'on a au Parlement européen, ça compte aussi beaucoup.

9:32
Invité

La dynamique compte aussi. On voit Raphaël Glucksmann, tête de liste PS Place Publique, grappiller des points et monter et talonner Valérie. Ça vous inquiète cette progression ?

9:42
Nathalie Loiseau

Ce que je vois, c'est à peu près ce qui s'est passé avec Yannick Jadot en 2019. Et c'est un peu les vases communicants au sein de la gauche. En 2019, la liste de Raphaël Glucksmann était assez bas et celle des écologistes était assez haute. Aujourd'hui, on voit à peu près le contraire. Moi je me concentre...

10:00
Invité

Yannick Jadot n'était pas aussi haut en 2019 dans les intentions de vote que Raphaël Glucksmann aujourd'hui.

10:03
Nathalie Loiseau

Oui, mais vous savez, il y a les intentions de vote et puis il y a le jour du vote. Et c'est les Français qui décident qui seront les députés européens et quels seront leurs scores. Ce n'est pas les sondages. Moi je me concentre sur ce que nous avons à faire, sur ce que nous avons à dire, sur les gens qui ne savent pas encore s'ils vont voter. Vous avez vu dans tous les sondages, l'abstention est à plus de 50%. Et dans tous les sondages, il y a un certain nombre d'indécis chez un certain nombre de partis politiques. Ça veut dire que rien n'est joué.

10:32
Présentateur

Le président chinois Xi Jinping atterrit ce soir à Paris pour une visite d'État, demain et mardi. Est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce qu'il faut maintenir le dialogue afin d'avoir, avec quelqu'un qui a le soutien de la Russie et de l'Iran ? Et qui soutient la Russie et l'Iran ?

10:46
Nathalie Loiseau

Alors, cette année, on célèbre les 60 ans de la reconnaissance de la République populaire de Chine par la France. Nous avions été le premier pays occidental à le faire. Il faut évidemment parler avec la Chine. Nous sommes membres permanents du Conseil de sécurité, la Chine aussi. Nous avons la dissuasion nucléaire, la Chine aussi. Nous avons une vision du monde et nous voulons le faire, savoir, avec beaucoup de courtoisie, mais aussi sans complaisance, à la Chine. Et ce que je trouve important dans la façon dont Emmanuel Macron va recevoir Xi Jinping, c'est que, comme il l'avait déjà fait il y a quelques années, il fait venir la présidente de la Commission européenne.

C'est-à-dire que la Chine, quand elle parle avec nous, elle sait qu'elle parle à l'ensemble des Européens.

11:32
Invité

Justement, Emmanuel Macron veut que la France et l'Union européenne incarnent ensemble une puissance d'équilibre face à la Chine. Mais comment rééquilibrer les choses face à une puissance qui a aujourd'hui la main ? Comment peser face à la Chine, que ce soit économiquement ou diplomatiquement ?

11:48
Nathalie Loiseau

Alors d'abord, si nous voulions peser seul, un pays européen seul ne pourrait pas peser face à la Chine. Même la France. Et tous ceux, quel que soit ce pays, même l'Allemagne, et tous ceux qui vous racontent que le meilleur moyen de protéger nos intérêts économiques, c'est de nous replier sur une dimension nationale, oublient la réalité du monde d'aujourd'hui. Ensuite, depuis plusieurs années, nous nous sommes dotés, j'allais dire, d'une armure progressive vis-à-vis de très grands pays comme la Chine ou les Etats-Unis qui ont un comportement commercial très affirmé. Aujourd'hui, nous avons lancé au niveau européen une procédure anti-dumping s'agissant des voitures électriques chinoises.

Parce que nous savons qu'il y a un certain nombre de produits fabriqués en Chine qui bénéficient de subventions. Aujourd'hui, nous demandons aussi la réciprocité. Par exemple, l'accès au marché public chinois. Les Chinois ont accès à nos marchés publics. Ça ne peut avoir lieu que si nous avons accès au leur. Nous voulons aussi, et nous avons déjà obtenu, une politique commerciale européenne qui empêche toute forme de coercition par rapport à un Etat européen, par exemple exercé par la Chine. La Chine, c'est ce qu'elle fait en venant aussi nous rendre visite. Elle a peur d'une guerre commerciale. Elle a peur de la sortie de la naïveté européenne.

Elle aura en face d'elle des Européens courtois mais déterminés à se faire respecter.

13:18
Présentateur

On sait que les discussions économiques sont évidemment très liées aux discussions politiques. Est-ce que vous pensez que les dernières déclarations d'Emmanuel Macron sur l'envoi possible, potentiel de troupes au sol en Ukraine pourraient braquer son homologue chinois ?

13:30
Nathalie Loiseau

Aujourd'hui, ce que l'on constate, c'est que la Chine a beaucoup de complaisance avec la Russie. Elle a parlé d'un partenariat sans limite avec la Russie. L'Union européenne a déjà sanctionné des entreprises chinoises parce qu'elles contribuent à l'armement de la Russie. Nous allons continuer à avoir ce dialogue parce que la Chine se présente comme un pays de stabilité et de respect de l'ordre international.

13:55
Invité

Et comment peser justement sur la Chine pour parler avec la Russie sur ce dossier ukrainien ?

14:01
Nathalie Loiseau

Il faut mettre la Chine face aux réalités. Aujourd'hui, on voit la Russie, pays doté de l'arme nucléaire, qui brandit la menace nucléaire, j'allais dire à tort et à travers, qui est alliée avec un Iran qui veut absolument avoir l'arme nucléaire. Ce n'est pas l'intérêt de la Chine, de même que ça n'est pas l'intérêt de la France. Est-ce que la Chine va laisser éternellement la Russie déstabiliser l'ordre international ? Ou est-ce que la Chine va peser de son poids pour essayer de ramener la Russie à la raison ? Emmanuel Macron tente cette voie diplomatique avec la Chine. On ne peut que l'appuyer.

Et ceux qui le critiquent sont toujours ceux qui sont entrés dans des oppositions, j'allais dire, de posture. Moi, j'ai connu pendant des années, et j'étais diplomate, une France où la politique étrangère ne faisait pas de polémique, parce qu'on s'est considéré que notre pays était plus fort quand on était tous derrière la politique étrangère du gouvernement.

14:57
Invité

Ce déplacement choque plusieurs associations humanitaires. La communauté ouïghour en France estime qu'Emmanuel Macron lui donne une gifle, que recevoir le dirigeant chinois, c'est l'encourager à poursuivre ses crimes contre cette minorité musulmane opprimée en Chine, enfermée dans des camps de travail. Vous comprenez cette émotion au niveau des droits de l'homme ?

15:17
Nathalie Loiseau

D'abord, en tant que parlementaire européenne, j'ai beaucoup soutenu la communauté ouïghour et tous ceux qui subissent la répression de la part du régime chinois. Nous avons donné le prix Sakharov à Ilham Toti, précisément une des grandes figures des ouïghours. Nous avons refusé de ratifier un projet d'accord de promotion des investissements avec la Chine, précisément à cause du travail forcé. Nous avons voté l'interdiction de l'importation en Europe de produits issus du travail forcé. Donc nous sommes totalement cohérents.

Et je relève que le Président de la République, dans son interview à la tribune dimanche, a dit très clairement qu'il parlerait des droits de l'homme avec son homologue chinois, mais porte fermée.

16:02
Présentateur

Merci beaucoup Nathalie Loiseau d'avoir répondu à nos questions ce matin sur France Info. Merci Victoria Koussa. Cette interview est à retrouver en intégralité en vidéo sur franceinfo.fr.