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interviewLe Média — Podcasts· 9 décembre 2025 26 min

Comment Mélenchon est sorti du piège de Wauquiez : même Pascal Praud s’incline

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et Clara, t'as réussi à avoir des places pour le meeting de Jean-Luc, là, samedi ? Marion, c'était pas un meeting, c'était une commission d'enquête. Ah ! Ah ouais ! Ah ouais, bah on aurait dit. Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le lundi 8 décembre et un homme a savouré son week-end. Et oui, c'est Jean-Luc Mélenchon, le tribun de la France Insoumise, s'est offert un beau coup double ce week-end. D'abord, il a retourné la commission d'enquête parlementaire qui l'a auditionnée en véritable tribune politique. Et en prime, il a réussi à mettre la quasi-totalité de la classe politique dans les cordes. Bref, ce qui était censé être un piège s'est transformé en podium.

0:43
Jean-Luc Mélenchon

Si vous voulez interroger des gens qui ont des liens avec les terroristes, interrogez les membres du Rassemblement National. Mais je veux immédiatement préciser ceci. Je ne suis pas en train d'accuser le Rassemblement National d'avoir un lien avec le terrorisme. Mais deux de ces membres ont été pris la main dans le sac, l'un à vendre des armes, l'autre à aider le travail. Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse quand quelqu'un se met un foulard sur la tête ? Vous comptez faire quoi ? Courir dans la rue et lui dire, enlevez ça, vous êtes une islamiste. La personne ne vous dira pas du tout. Il pleut, je mets ça sur ma tête. Vous n'en sortirez pas. Vous me parlez du voile.

Et des enfants à qui l'on met en voile. Et que dites-vous de la circoncision ? Elle concerne des jeunes enfants qui ne demandent pas leur avis. Elle est présente dans deux religions. Et maintenant présente dans les mœurs des gens qui n'ont pas de religion, mais qui considèrent que c'est une bonne chose de le faire. Personne ne pose jamais la question. Ça, ce n'est pas un problème. Les voiles sur la tête des filles, oui, c'est un problème. Et la circoncision ? Il y a des gens pour qui c'est un problème, qui disent que c'est une maltraitance. Comment allons-nous sortir de ça, monsieur le rapporteur, monsieur le président ? Comme je suis là, je ne sais pas vous répondre.

Regarde le mariage pour tous, ils y étaient tous. Et là, vous étiez tous avec des islamistes, ça ne vous a pas dérangé. Bon, ben, on comprend. Ils défendent des vues sur la famille qui sont plus proches des vôtres que des miennes. Et alors, ben, on est tous du même pays, non ? Alors, on se déteste le reste du temps. Mais il y a des moments où on fait la pause.

2:06
Présentateur

Samedi, pendant 1h45, Jean-Luc Mélenchon s'est offert un vrai moment de confort à l'Assemblée nationale, il a pu dérouler son érudition et ses tirades bien affûtées face à une escouade de députés bien incapables de le bousculer. Et pour ne rien gâcher à son plaisir, l'audition était diffusée en direct sur toutes les chaînes d'info avant d'être décortiquée pendant des heures en plateau. Une bénédiction, évidemment, pour CNews et son compteur de temps de parole, mais aussi un coup de maître pour le leader insoumis qui se voit rarement offrir une tribune aussi généreuse. Et visiblement, sa prestation a mis tout le monde d'accord, degré ou plus souvent de force.

2:47
Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon s'est comporté, si ce n'est comme un professeur des universités, en tout cas de façon assez docte. Professorale. Oui, on va parler tout à l'heure de sujets. Il a abordé, par exemple, la philosophie des Lumières. Il a abordé Averroès. Si vous voulez, il a fait du fond. Et donc, notre classe politique française est tellement, et je vais être un peu méchant avec l'ensemble de notre classe politique, dans une sorte de moins-disant intellectuel et de moins-disant culturel, que voir un homme politique comme Jean-Luc Mélenchon pétri d'une culture classique, parce que Jean-Luc Mélenchon est cultivé et est intelligent, eh bien, ça fait bizarre à tout le monde.

Il n'a pas été tant titillé que ça, Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, j'ai l'impression que c'est plutôt une très bonne balade de santé. On apprend ce qu'on savait déjà, c'est qu'il est excellent intellectuellement pour nier l'évidence, qu'il nous a retourné, encore une fois, le cerveau, pardon, de ses expressions un peu triviales, mais c'est vrai qu'il s'en sort très, très bien.

Ça paraît évident que ces gens-là n'ont pas assez travaillé, en effet, et qu'ils n'ont pas les armes culturelles et le background historique pour entrer dans une joute verbale contre Jean-Luc Mélenchon, qui va les mettre en difficulté avec des références historiques et religieuses, pourquoi pas, et que ces gens-là ne travaillent pas à leur sujet. Et voilà pourquoi on n'est pas rentrés dans le fond du sujet. Vous voyez là pourquoi on n'a pas eu ce face-à-face entre certains élus et Jean-Luc Mélenchon, parce qu'ils n'ont pas les armes intellectuelles pour lui répondre. Je ne dis pas que je les aurais, loin de là, loin de là. Je dis juste que c'est l'évidence.

4:05
Invité

On lui a laissé dérouler, il en ressort même presque grandit pour ses fans, parce qu'en effet... Ses fans étaient gonflés à bloc. Bien sûr, mais je veux dire, vous avez l'image de quelqu'un qui est un tribun qui est assez redoutable, et vous mettez en face des personnes qui ne sont pas capables de l'interroger.

4:21
Jean-Luc Mélenchon

Je pense qu'il faut être honnête, il a été meilleur que tous ses contradicteurs. Il faut juste nommer une réalité. Mélenchon est un homme, on peut ne pas apprécier, je n'en suis pas un fan absolu, mais on est devant un homme politique d'une classe à part, qui a une véritable érudition, une véritable culture, qui est capable de faire référence, d'utiliser l'histoire de France, de proposer sa lecture de l'histoire de France, pour se situer au temps présent devant des contradicteurs qui n'en étaient pas vraiment et qui ont une culture politique assez limitée de leur côté, et qui ne savaient pas comment le critiquer.

4:53
Invité

Je fais comme postulat de départ qu'il sera au second tour, j'en suis quasiment persuadé, et je suis aussi persuadé que dans un duel avec le Rassemblement National, on ne finirait absolument pas sur un 70-30, mais que le résultat serait beaucoup plus, j'ai envie de dire, équilibré.

5:08
Présentateur

Ah bah oui, CNews est sur le cul. On savait que l'intelligence et la culture n'étaient pas vraiment leur rayon, mais là, ils ont du mal à s'en remettre, ils n'ont tellement pas l'habitude de laisser Mélenchon parler qu'ils ont tous l'air surpris par son érudition. Alors, il ne faut pas s'étonner qu'il s'énerve d'habitude, il ne peut pas en placer une, mais avec ses presque deux heures de parole libre en audition, Jean-Luc Mélenchon a mis en lumière une évidence cruelle, le niveau abyssalement bas du débat politique actuel, et donc de ses acteurs, et tout ça offert sur un plateau par personne d'autre que Laurent Wauquiez, le pourfondeur de l'islamo-gauchisme qui n'était même pas présent.

Pourtant, le député de la Haute-Loire s'est démené pour que cette commission d'enquête voit le jour. Il l'a mis sur la table avec son groupe La Droite Républicaine. C'était en juin dernier. La proposition de résolution visait à créer une commission d'enquête sur les liens existants entre certains représentants politiques et des organisations ou réseaux soutenant l'action terroriste ou diffusant l'idéologie islamiste. Le règlement lui interdit de cibler directement LFI, mais pourtant, c'était bien ce qu'il avait en tête, et il ne s'en cachait d'ailleurs pas. On l'écoute le 16 mai dernier au micro de Sonia Mabrouk.

6:23
Invité

J'ai le plaisir de vous annoncer que la promesse est tenue. C'est-à-dire que c'est actuel. Et que nous avons réussi à avoir et à obtenir cette semaine la création de la commission d'enquête parlementaire de la droite républicaine contre la France insoumise. L'objectif pour moi, c'est de faire cesser cette impunité dont jouit la France insoumise dans notre pays, cette forme de privilège rouge qui fait qu'ils jouissent dans une partie de la classe politique et médiatique d'une tolérance. Je veux qu'on braque les projecteurs sur toutes les zones obscures de la France insoumise.

Leur complicité avec les réseaux des frères musulmans, leur tolérance inacceptable sur le Hamas, la façon dont ils minimisent l'antisémitisme, leur travail de sable des forces de l'ordre.

7:01
Présentateur

Bon, alors le petit hic après tout ça, c'est que rien ne s'est passé comme prévu. Ben oui, on l'a dit, il y a des règles à l'Assemblée. C'est comme au conseil de région. On ne fait pas des dîners à 100 000 euros avec l'argent du contribuable. Pas plus que des commissions d'enquête à charge contre un parti. Deux semaines après son annonce tonitruante sur le plateau de Bolloré, Wauquiez se prend une première porte en pleine poire. La commission des lois juge irrecevable, le texte déposé par les députés de droite, au motif qu'il cite la France insoumise de façon trop explicite.

Alors pour être dans les clous, le groupe de Wauquiez a dû déposer une nouvelle version, soigneusement expurgée de toute mention de LFI. Et après ça, il a aussi fallu y trouver quelqu'un pour présider la commission. Et alors ça aussi, ça a été compliqué. En premier, il y a eu Sophie Pantel, mais la députée socialiste n'a même pas tenu une journée avant de claquer la porte, fâchée que le bureau ne compte aucun député de gauche. Aymeric Caron, apparenté LFI, s'est ensuite présenté, mais ce n'était évidemment pas au goût de Wauquiez et compagnie. Alors ces derniers ont donc manigancé pour l'écarter, alors même qu'il était le seul candidat en lice.

Ils ont repoussé l'élection du président, c'était le 30 septembre dernier, parce qu'en fait LR voulait éviter à tout prix que la gauche ait son mot à dire sur les convocations. Bref, tout ce cirque a encore duré un moment avant que ne soit désigné président le député LR Xavier Breton et rapporteur le député ciotiste Mathieu Bloch, qui pour la petite histoire avait quand même été élu en 2022 sous la bannière LR avant de se faire la malle avec Ciotti dans son alliance avec le RN deux ans plus tard.

Comme quoi, on peut toujours s'arranger avec les règles, notamment celles qui disposent que l'un des postes de rapporteur ou de président revienne obligatoirement à un autre groupe que celui qui a demandé la commission. Et d'ailleurs, ce n'est guère mieux quand on s'intéresse un petit peu plus au bureau dans son ensemble. Celui-ci est censé reproduire la configuration politique de l'Assemblée nationale, sauf que dans les faits, aucun député de gauche n'y siège. Alors pour se justifier, le président Breton avait tenté une pirouette. « Étant donné les délais impartis, nous ne pouvons convoquer tout le monde et avons dû prioriser les partis les plus cités sur le sujet », a-t-il déclaré.

Autrement dit, la droite et l'extrême droite, obsessionnels de l'islamisme. Ça tombe quand même bien. Et puis sur la question des délais, soi-disant, trop courts, le président oublie de préciser que ce n'est essentiellement presque que du fait des petites manœuvres autour de la présidence, visant justement à évincer la gauche. La commission a été créée en juillet, le 4, et a ainsi perdu 4 mois de travail avec toutes ces histoires. Les auditions ont commencé en octobre, alors que la commission doit rendre ses conclusions fin décembre. Évidemment, ça fait court.

Outre Jean-Luc Mélenchon, la seule autre leader de parti à avoir été auditionnée par la commission, est Marine Tondelier, des écologistes. Devant les députés, elle a pointé que beaucoup de remarques n'ont rien à voir avec le sujet de l'antrisme islamiste. Elle a dénoncé une manière d'aborder ce thème profondément délétère. Pendant son audition, la secrétaire nationale des écologistes s'est vue interroger sur sa position sur le voile, le burkini, sur des « Allahouakbar » entendus dans des cortèges pour la Palestine, ou encore sur une photo où on la voit avec l'avocat franco-palestinien, Salah Amouri.

Une séance qui a évidemment confirmé que, pour certains, la commission servait moins à enquêter qu'à mettre les invités sur la sellette. À part ces deux dirigeants de gauche, le reste des auditionnés en dit long sur l'orientation de la commission. On y retrouve notamment les journalistes Nora Buzini ou encore Omar Youssef Souleymane, chacun auteur d'ouvrages d'enquête, clairement à charge contre LFI, ainsi que la chercheuse controversée Florence Bergeau-Blacler, principale source du rapport ministériel sur les frères musulmans, qui sert de référence à une grande partie des travaux de la commission, bien qu'ils soient largement décriés et instrumentalisés.

Cette dernière a notamment affirmé devant la représentation nationale que, je cite, « la stigmatisation des musulmans en raison de leur appartenance religieuse n'a jamais été formellement démontrée » ou encore que, je cite à nouveau, « les mouvements pro-palestiniens constituent des mouvements islamistes instrumentalisant la cause pour rallier la gauche ». Si la droite et l'extrême-droite utilisent la commission d'enquête comme une arme pour dézinguer la gauche, les macronistes ne sont pas en reste. Bien au contraire, en manque de crédibilité politique, ils se jettent sur les obsessions des deux autres comme des chiens sur un os.

L'ex-ministre Priska Tevno en est le parfait exemple, mais elle a visiblement moins apprécié de se faire rembarrer par le vieux samedi.

11:54
Invité

Non, est-ce que je suis satisfaite ? Non. Et je trouve que l'exercice par rapport à ce que vous avez pu dire, pardonnez-moi, n'est pas réussi pour Jean-Luc Mélenchon parce qu'il a prouvé qu'il était très bon dans une stratégie de Joe Lambrou. Il nous a parlé, il nous a fait un cours d'histoire, il nous a fait un cours de français, il nous a fait de la sémantique. Il nous a même parlé longuement de son enfance, mais il n'a répondu à aucune question. Et d'ailleurs, il l'a reconnu lui-même. À la fin de ma question, il a très justement dit « D'ailleurs, je pense que je n'ai pas répondu à votre question, Madame Tevno. » Donc non, c'était un exercice où il s'est auditionné lui-même.

Et en ce sens, je pense que ces non-réponses continuent à laisser planer le sujet sur le fait « Est-ce que la France insouïse, avec son leader Jean-Luc Mélenchon, se comporte comme un cheval de troie pour l'entrice islamiste en France via la politique ? »

12:43
Présentateur

Ah, on peut comprendre sa déception. Avoir monté toute une commission d'enquête, se farcir des heures d'audition au fantoche, tout ça pour se prendre les pieds dans le tapis et se faire couvrir de ridicule à la fin, c'est vrai que ça fait des ordres et ça met un coup à l'égo. Surtout quand Jean-Luc Mélenchon, lui, s'en sort, grandit. Wauquiez a eu pif, lui, en se défilant. Au moins, il s'évite une nouvelle déculottée en public. Quoique, tout le monde a remarqué son absence, même Pascal Praud.

13:10
Jean-Luc Mélenchon

Une victoire politique pour Mélenchon. Mais vous avez parfaitement raison. C'est absolument une victoire politique pour Mélenchon. C'est-à-dire à l'encontre de ce que souhaitaient tous ceux. Mais vous avez parfaitement raison, mais parce que Laurent Wauquiez n'était pas présent, que Laurent Wauquiez, il y a, il y a. Enfin, on va dire que je dis Laurent Wauquiez, il me dit parfois, vous ne m'épargnez pas. Mais où vous étiez, M. Wauquiez ?

13:32
Invité

Le président l'a laissé jouer la montre. Enfin, c'était incroyable. Moi, je ne comprends pas.

13:35
Jean-Luc Mélenchon

Il l'a rajouté comme... Et il n'a pas fait un tweet, M. Wauquiez. Il n'a pas fait un tweet, nous sommes d'accord. Et c'est lui qui est à l'initiative de ça. Ben écoutez, on va être charitables, on ne dira pas.

13:46
Présentateur

Bon, il faut quand même dire que Mélenchon lui-même s'est fait un plaisir de le souligner dans son propos liminaire dès les premières minutes de son audition.

13:54
Jean-Luc Mélenchon

M. Wauquiez, c'est lui qui a inventé cette commission. Il s'est tellement mal pris qu'il a fallu en changer le nom. Et pour finir, il vous abandonne, il ne vient même pas là. Il a peut-être des idées, c'est lui qui a inventé l'idée que nous serions responsables, nous, les insoumis, de je ne sais quelle connivence. Où est passé M. Wauquiez ? Pourquoi ne vient-il pas ici ? Pourquoi ne vous supplie-t-il pas, président, de pouvoir venir vous tenir informé de ce qu'il a motivé à nous pour chasser comme il le fait ?

14:18
Présentateur

Alors, Jean-Luc Mélenchon n'a pas seulement survécu à cette commission d'enquête. Il l'a littéralement retourné contre ses adversaires à quelques mois des échéances électorales. Ce qui devait être un piège, s'est transformé en vitrine de son aisance et de sa pensée politique. En 1h45, il a exposé au grand jour le ridicule des obsessions de ses opposants et l'avait l'honneur de sa formation, la France insoumise, sans cesse diabolisée. Et pendant ce temps-là, la droite et l'extrême droite, ses vertus, à manipuler le règlement, à jouer aux chaises musicales avec la présidence. Les macronistes courent après leurs obsessions.

Mais Mélenchon, lui, a déroulé ses arguments avec clarté et une pointe d'humour, soulignant au passage que le niveau général du débat politique est largement en dessous de tout. À tel point que même CNews semble désormais hésiter à croire aux sondages racoleurs et catastrophistes, le plaçant très loin derrière Bardella, dans un potentiel duel de second tour à la présidentielle, alors que tout le monde sait que le trentenaire, qui n'a jamais rien fait de sa vie, ne tiendrait pas deux minutes face aux tribuns septuagénaires insoumis dans un débat.

Bref, la commission a eu au moins un mérite, remettre les pendules à l'heure et exposer au grand jour l'imposture politico-médiatique qui règne depuis trop longtemps dans notre pays. Mélenchon 1, les autres 0, faites mieux. Nous sommes désormais à quelques heures du vote final du projet de loi de financement de la sécurité sociale, le PLFSS. Vendredi, le premier volet, celui des recettes, a été adopté à 166 voix pour et 140 contre. Un résultat arraché, non pas par une adhésion franche, mais par le retrait de la très contestée hausse des franchises médicales et de nombreuses absences dans l'hémicycle.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui s'était engagé à ne pas recourir à l'article 49.3 pour faire adopter ce budget, se félicite de cette première étape parce que nous avons cherché le compromis. Nous avons aujourd'hui un budget de la sécurité sociale pour l'an prochain, prêt à être voté. Le gouvernement a tenu parole de la déclaration de politique générale à la fin de la discussion parlementaire, déclare-t-il dans un long tweet. Demain sera donc soumis au vote la partie dépense du PLFSS, celui qui comporte, entre autres, la suspension de la réforme des retraites. Mais l'adoption de ce volet semble plus incertaine au vu des débats de ces dernières semaines.

À droite, le groupe Horizon, le parti de l'ex-premier ministre Édouard Philippe, a déjà annoncé qu'il votera contre. Même son de cloche du côté des Républicains, Bruno Rotaillot déclarait hier sur BFM que ce texte n'est pas votable.

17:02
Invité

J'ai qualifié d'ailleurs ces deux budgets de hold-up. Hold-up fiscal, puisque là aussi, pour le PLFSS, on va avoir une nouvelle CSG pour près de 2 milliards, un peu moins. Hold-up social, puisqu'on ne fait pas la réforme de la retraite et ça veut dire que demain, on consent à faire s'effondrer le régime de retraite par répartition auquel les Français tiennent. Et enfin, hold-up démocratique, parce que jamais le pays n'a été autant à droite et jamais un gouvernement, une politique, n'a été autant à gauche.

17:33
Présentateur

À gauche, en revanche, tout le monde n'est pas d'accord. Chez les Verts, Jadot appelle au minimum à s'abstenir. Côté socialiste, la ligne diffère. Ce matin, Olivier Faure a appelé son groupe à voter en faveur du texte. Le responsable socialiste expliquait ce matin sur BFM que ce projet est l'objet d'un compromis.

17:53
Jean-Luc Mélenchon

C'est un moment important. Ça n'est pas tout à fait banal. Il n'y a pas de majorité dans ce Parlement. Et donc, il faut que chacun se demande s'il vote pour ou s'il vote contre. Et évidemment, quand nous sommes entrés dans le débat, nous étions absolument contre ce projet de budget parce qu'il y avait en fait le gel des pensions de retraite, il y avait le gel des prestations sociales, les minimas, l'allocation familiale, l'allocation d'hériture handicapée, enfin toutes ces allocations qui permettent à des gens de vivre normalement. Il y avait le doublement des franchises médicales, il y avait une augmentation de la CSG sur les revenus, de tous les revenus.

Il y avait aussi des misères qui étaient faites notamment aux apprentis, etc. Et donc,

18:36
Invité

nous avons réussi

18:38
Jean-Luc Mélenchon

à le faire sauter. Il y avait aussi une baisse des crédits pour l'hôpital qui était trop importante. Donc, il y a eu là toute une série d'avancées et la négociation a permis de faire en sorte que ce projet, cette copie, ne soit plus la même qu'au démarrage. Et aujourd'hui, c'est une copie qui est passable. Et donc, c'est la raison pour laquelle, demain, devant mon groupe, je plaiderais le fait que nous votions pour ce projet de loi de financement de la société sociale.

19:05
Présentateur

Que vous votiez. Et rappelez-vous, il y a quelques semaines, Olivier Faure avait pourtant affirmé que le PS ne voterait jamais ce budget. Les députés socialistes vont-ils suivre cette folie, abandonnant le programme sur lequel ils ont été élus et rejoignant ainsi la majorité macroniste, questionne le député France Insoumise Manuel Bompard. Et on continuera de notre côté, évidemment, à suivre ces débats demain dans nos émissions. Samedi dernier, les folies bergères accueillaient l'humoriste Harry Habitant pour son spectacle.

Des militantes du collectif Nous Toutes se sont introduites dans la salle parisienne pour dénoncer sa présence, munie d'un masque à son effigie, portant l'inscription « violeur » sur le front. Pour rappel, l'humoriste a été accusé de viol en 2021. Habitant avait été mis en examen et soumis à un contrôle judiciaire avant que la justice ne prononce un non-lieu en avril 2024. Les collectifs féministes le rappellent, un non-lieu, ce n'est pas un acquittement, c'est juste la fin des poursuites. Et durant l'interruption de son spectacle, les spectateurs sur place ont vivement réagi, notamment en donnant des coups de poing à notre journaliste Lisa Lapp qui en a fait les frais.

On regarde néanmoins son reportage.

20:20
Invité

L'action ce soir, elle est essentielle parce que nous toutes et le comité Nous Toutes Paris Nord refusent de voir se dérouler sans réaction la réintégration médiatique et professionnelle d'un homme qui est accusé de viol depuis 2021. En fait, nous, ce qu'on constate sur les plateaux télé, c'est vraiment la complicité et le traitement médiatique qui est fait qui assimile non-lieu et innocence. Alors que nous, c'est important pour nous de rappeler qu'un non-lieu n'est pas un acquittement. Un non-lieu, c'est juste la fin des poursuites.

C'est super important de pointer l'impunité et c'est super important aussi de pointer le traitement qui est fait par Harry Habitant lui-même mais également par les médias et les journalistes de cette affaire puisqu'il ne cesse de répéter qu'il est innocent sauf qu'on sait qu'en France, énormément de victimes soit portent plainte ou ne portent pas plainte mais quand elles portent plainte, beaucoup de victimes ne voient pas leur agresseur ou leur violeur condamné.

22:11
Présentateur

Alors, nous nous tournons ce récap ni Harry Habitant ni la salle détenue par Bolloré ne semble vouloir prendre la parole sur les événements de cette soirée. Plus de 2300 scientifiques et médecins alertent contre un projet européen de simplification de la réglementation sur les pesticides. Ce mercredi 10 décembre, la Commission européenne entame l'examen du paquet réglementaire Omnibus 7. Sous couvert de simplification, ce texte vise à supprimer l'obligation de réévaluer les pesticides auxquels doivent se plier les industriels. Une procédure pourtant essentielle, comme le rappellent les 2300 signataires dans une lettre ouverte.

Combien de pesticides initialement autorisés et mis sur le marché, révélés ensuite comme étant hautement toxiques à la fois pour la santé humaine et pour l'environnement, ont été retirés du marché ces dernières années lorsque leurs effets dramatiques ont été mis à jour, parfois avec des retards dommageables, questionne le texte qui interpelle notamment le Premier ministre français Sébastien Lecornu. Pour le président de l'association Alerte médicale sur les pesticides, Pierre-Michel Perrineau, son adoption serait une régression de 30 ans. La semaine dernière déjà, 114 organisations environnementales demandaient dans une tribune publiée dans Le Monde à retirer immédiatement ce texte.

Et ce n'est d'ailleurs pas la première fois de l'année que la communauté scientifique et médicale se mobilisent face à l'offensive pro-pesticide. En mai dernier, plus de 1000 médecins et scientifiques avaient déjà publié une lettre contre la proposition de loi Duplomb, un mouvement également suivi par une pétition lancée par la société civile recueillant plus de 2 millions de signatures. Malgré cette opposition massive, la loi a finalement été adoptée en juillet dernier. L'un de ses articles les plus controversés, celui qui permet de réintroduire sous condition impuissante insecticide, a néanmoins été censuré par le Conseil constitutionnel début août.

Le 8 décembre dernier a marqué les un an de la chute du régime de Bachar al-Assad en Syrie. Après 25 ans de régime autoritaire et 13 années de guerre civile marquées par la répression et la torture, l'ancien président syrien s'était réfugié chez son allié russe à Moscou. Depuis, c'est Ahmad Al-Shara, un ancien djihadiste qui assure la présidence intérimaire. Al-Shara a entrepris de rompre l'isolement international de la Syrie en enchaînant notamment les visites en Occident en cherchant à attirer des investissements et à relancer les relations diplomatiques. Mais la Syrie peine à se reconstruire. La situation sociale demeure préoccupante.

L'an dernier, près de 90% de la population vivait sous le seuil de pauvreté confronté à des pénuries alimentaires, à un chômage élevé et à des services publics insuffisants. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télé. Et n'oubliez pas que l'indépendance a un coût. Alors si vous voulez nous donner un précieux coup de pouce en cette fin d'année, n'hésitez pas à vous abonner aux médias ou à faire un don défiscalisable sur notre site internet.

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