Blocus des lycées : le député du Calvados Joël Bruneau, craint de nouvelles tensions cette semaine à Caen
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez de nouvelles tensions cette semaine devant les lycées cannais ?
- 0:58RelanceRéponse partielle
Mettons l'épine en plat, parce que vous parlez d'une personne qui vient avec son écharpe. C'est une élue de la République.
- 2:05OuverteRéponse directe
Les lycéens n'ont pas le droit de se plaindre, Joël Bruneau
- 3:11OuverteRéponse directe
Ils ne peuvent pas accéder, eux aussi, à un peu de démocratie ?
- 3:59OuverteRéponse directe
Est-ce que le gouvernement doit intégrer des mesures pour calmer la colère des lycéens ?
- 4:47FerméeRéponse directe
Certains lycéens vivent mal l'interdiction des téléphones portables. Une mesure que vous avez votée. Pas de regret ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« Il y en a un certain nombre qui usent de méthodes extrêmement violentes »
- 0:46Invité politiqueFait
« qui viennent avec l'écharpe remonter les plus vindicatifs »
- 1:22Invité politiqueFait
« La stratégie de la France insoumise, c'est de remonter le plus possible les uns et les autres »
- 2:46Invité politiqueChiffre
« le vrai sujet sur lequel les lycéens devraient protester, c'est le fait qu'aujourd'hui, on est en train de leur léguer un tombereau de dette »
- 2:53Invité politiqueFait
« sous couvert d'égalitarisme, on en arrive finalement à un système aujourd'hui où ceux qui étaient les plus doués sont nettement moins bons qu'il y a 20 ans »
- 5:09Invité politiqueFait
« si on est à 35, avec la moitié des élèves qui parlent en même temps que le prof et qui regardent leur téléphone portable, plutôt que d'être concentrés sur les cours, il y a un sujet »
- 5:23Invité politiqueFait
« l'exigence bienveillante, c'est ce qui permet au gamin qui est issu d'un milieu défavorisé, grâce à l'école, de progresser »
Temps de parole
- Joël Bruneau68 %
- Présentateur22 %
- Présentateur 27 %
- ?3 %
≈ 10,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On dit,
le
réveil 100% local, ici matin.
Des
blocages de lycées encore ce matin, mobilisation à l'université de Caen. Après une semaine de tension, les lycéens et les étudiants maintiennent la pression, parfois dans un contexte d'affrontement avec les forces de l'ordre, de dégradation aussi. On en parle avec votre invité Jean-Baptiste Marie. Vous recevez le député liotte du Calvados, Joël Bruneau, ancien maire de Caen. Bonjour Joël Bruneau. Bonjour. Est-ce que vous craignez de nouvelles tensions cette semaine devant les lycées cannais à la fac 1
?
Malheureusement oui, puisque, effectivement, heureusement, je pense que l'immense majorité des lycéens se comportent convenablement. Il y en a un certain nombre qui usent de méthodes extrêmement violentes et qui sont quand même indirectement encouragées par certains, qui viennent avec l'écharpe remonter les plus vindicatifs. Et on peut craindre, effectivement, des débordements à nouveau. Parce qu'il
y a
quand même des choses totalement inadmissibles qui se sont déroulées la semaine dernière.
Mettons l'épine en plat, parce que vous parlez d'une personne qui vient avec son écharpe. C'est une élue de la République.
Emma Furot, on peut la citer ? Expliquez-nous, qu'est-ce qui vous a dérangé ? Oui, mais elle n'est pas
la seule. Ce qui me dérange dans cette affaire-là,
c
'est qu'effectivement, plutôt que... Il est légitime qu'un élu, effectivement, ait à la rencontre de ceux qui ont des revendications, dès lors qu'elles sont évidemment pacifiques. Mais ce qu'il est moins, c'est effectivement pousser à des positions extrêmes. Alors on sait bien, la stratégie de la France insoumise, c'est de remonter le plus possible les uns et les autres et se retrouver en opposition frontale avec l'autre bloc. Je vais parler du Rassemblement national. parce que le rêve de Mélenchon, c'est de se retrouver tout seul face à Marine Le Pen.
Donc on voit bien que derrière un vrai problème, entre guillemets, social, éducatif, il y a aussi des manœuvres politiques sur lesquelles il ne faut pas ignorer. Donc c'est des élus qui manipulent les lycéens ? Je ne dirais pas ça. Je dis qu'un certain nombre d'élus poussent les plus extrêmes d'entre eux à agir et leur trouvent des circonstances atténuantes. Alors même que la logique, c'est qu'effectivement, le casseur soit puni et qu'il soit rendu responsable de ses actes, lui et ses parents.
Alors la loterie de l'algorithme Parcoursup, les professeurs absents nous remplacer, parfois des établissements scolaires aux bâtiments dégradés vétustes. Les lycéens n'ont pas le droit de se plaindre, Joël Bruneau
? Si,
si, ils ont le droit de se plaindre. Ils ont le droit parce qu'il y a effectivement des sujets. Alors les bâtiments, quand je vois les lycées cannais, honnêtement,
je
n
'ai
pas l'impression, alors qu'il
y a
des manifestations importantes, que les bâtiments
soient complètement vétustes. Oui, sans doute. Sans doute, les
horaires sont importants, mais c'est le fruit de la multiplication des options. Et puis, travailler de 8h à 17h n'a jamais tué personne. Mais bon, le fait est qu'il y a un certain nombre de sujets qui doivent être pris en compte, clairement, mais le vrai sujet sur lequel les lycéens devraient protester, c'est le fait qu'aujourd'hui, on est en train de leur léguer un tombereau de dette et qu
'on
leur donne finalement un niveau qui s'est considérablement affaibli. C'est ça le vrai sujet, le vrai drame de l'éducation nationale. C'est que sous couvert d'égalitarisme, on en arrive finalement à un système aujourd'hui où ceux qui étaient les plus doués sont nettement moins bons qu'il y a 20 ans et ce qui n'a pas fait progresser, pour autant ceux qui avaient des difficultés. C'est ça le
vrai drame de l'éducation nationale. Ce qu'expriment aussi les lycéens, c'est qu'ils ont tenté de ne pas être écoutés. Ils ne peuvent pas accéder, eux aussi, à un peu de démocratie ?
Bien sûr que si. Les lycéens peuvent être écoutés, d'ailleurs je pense qu'ils le sont. Ils ont des organisations représentatives et tout élu peut effectivement recevoir une délégation de lycéens. Mais aujourd'hui, dans l'état de tension dans lequel on est, finalement, leur cause, y compris la partie des causes qui me paraît légitime, notamment l'incapacité à remplacer les profs absents, elle est complètement tuée par les agissements d'un certain nombre. Cette semaine, par exemple, je suis passé de bonheur rue Fred Scamaroni, j'ai croisé trois jeunes cagoulés pour aller au lycée. Enfin, est
-ce
qu'on va au
lycée cagoulé ?
Quand on est dans un processus démocratique, on le fait à visage découvert.
Il est 7h50 ici matin, notre invité, le député liotte du Calvados, Joël Bruneau.
Vous
avez
déjà
commencé l
'examen
du budget de la France pour 2027 en commission, Joël Bruneau.
Est
-ce que le gouvernement, les parlementaires, doivent y intégrer aussi des mesures pour calmer la colère des lycéens, des étudiants, ou vous leur dites circuler, il
n'y a
rien à voir jusqu'au présidentiel ?
Je
ne
crois
pas que les mesures soient uniquement un problème de moyens ou d'argent supplémentaire. Il y a beaucoup de problèmes d'organisation. Par exemple, le remplacement des enseignants, ce n
'est
pas forcément parce que... Enfin, il y a des sujets, effectivement, qui ne sont pas uniquement des sujets financiers, encore une fois. Et d'ailleurs, il
y
a des pays qui ont de bien meilleurs résultats que nous en termes éducatifs. Par exemple,
l
'Estonie, ce petit pays balte, où les moyens accordés sont bien plus faibles. Mais pour autant, ça ne
veut
pas dire qu
'il
faille réduire les moyens. Ça veut dire qu'en matière de budget, il faut aussi s'interroger sur la façon dont on utilise l'argent et comment, collectivement, nous sommes organisés pour être un peu plus efficaces que nous ne le sommes.
Ce qu'on dit aussi, les lycéens au micro d'ICN Normandie rencontrés ces derniers jours dans les manifs, c'est que certains vivent mal aussi l'interdiction d'utiliser les téléphones portables dans l'enceinte du lycée. Ce n'est plus possible depuis la rentrée de septembre. Une mesure que vous avez d'ailleurs votée, comme l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Il n
'y a
pas de regret sur ce vote ?
Non, non, il n
'y a
pas de regret. Il y
a
un moment, par exemple, j'entends que les classes de 35 seraient invivables et qu
'on
ne pourrait pas, effectivement, travailler à 35. Effectivement, si on est à 35, avec la moitié des élèves qui parlent en même temps que le prof et qui regardent leur téléphone portable, plutôt que d'être concentrés sur les cours, il y
a
un sujet. Donc, il
y a
un moment, si vous voulez, il y a une grande notion qu'on a oubliée dans l'éducation nationale, me semble-t-il, depuis un certain temps, ça va peut-être faire vieux jeu, mais j'assume, c'est la notion d'exigence. Et l'exigence bienveillante, c'est ce qui permet au gamin qui est issu d'un milieu défavorisé, grâce à l'école, de progresser et de s'élever, entre guillemets, se préparer à un avenir meilleur que celui de ses parents. Or, aujourd'hui, on est dans un système qui, finalement, fait l'inverse. Donc, je comprends qu'il y ait, effectivement, certaines réactions, mais encore une fois, je ne
suis
pas certain qu'on cible bien les vrais problèmes.
Après, je suis une classe à 35, quand même, pour apprendre portable ou pas portable, c'est quand même compliqué, non ?
Ben, attendez, quand vous avez... ça suppose aussi de travailler chez soi les cours. Enfin, moi, je ne
vais
pas faire l'ancien combattant, mais en seconde, on était 42. Et, me semble-t-il, on arrivait à travailler quand même.
Merci beaucoup, Joël Bruneau, député Lyot du Calvados, d'avoir été l'invité d'Issan Normandie ce matin et de réagir à cette mobilisation qui perdure, donc, encore ce matin. Nous serons, d'ailleurs, dans le quartier du Calvaire-Saint-Pierre, dans quelques instants, dans le journal de 8h, avec notre reporter Martin Quota, parce que certains établissements ont été fermés par le rectorat, mais d'autres sont encore ouverts, et donc, peut-être que des lycéens vont se mobiliser devant. Bonne journée à vous
!
Bonne journée ! Interview à retrouver sur ICI.fr.
Joël Bruneau