Nicolas Dupont-Aignan sur Public Sénat le 14/09/2022
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:37FerméeRéponse directe
Vous êtes d'accord avec ça ?
- 8:18OuverteRéponse directe
Qu'en attendez-vous ? Est-ce que c'est essentiel ?
- 9:26OuverteRéponse directe
Est-ce qu'en pleine crise énergétique, on peut se passer des énergies renouvelables ?
- 10:58OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a un débat aussi sur la taxation des super-profits ? Vous êtes favorable à cette taxation, vous ?
- 11:23OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est une bonne méthode pour discuter de ce sujet ?
- 13:39OuverteRéponse directe
Sur la retraite et l'assurance chômage ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32PrésentateurFait
« il faut que nos compatriotes absorbent une petite part de cette hausse. »
- 0:41InvitéFait
« Mais ce ne sera pas une petite part. »
- 1:05InvitéFait
« retrouver un prix français de l'électricité, fondé sur le prix de notre production électrique, et pas sur le prix du gaz. »
- 1:33InvitéFait
« La seule solution, c'est un prix national de l'électricité, autonome, comme l'ont fait d'ailleurs le Portugal et l'Espagne, et arrêter d'aligner notre prix d'électricité sur celui de l'Allemagne. »
- 2:26InvitéFait
« le prix de l'électricité, il faut le traiter à la source, comme le font les Espagnols et les Portugais, et arrêter de prendre nos ordres chez Mme van der Leyen à la Commission de Bruxelles. »
- 2:47InvitéFait
« fermeture de Fessenheim, c'est une hérésie économique, sociale. »
- 3:59InvitéPromesse
« on avait, je l'ai dit à la présidentielle, d'arrêter le transfert de combustible, pour rouvrir Fessenheim et nous permettre de surmonter la crise de l'hiver. »
- 4:14InvitéFait
« le président d'EDF a dit, mais nous, on nous a demandé de fermer, j'ai pas recruté des gens pour ouvrir. »
- 5:18InvitéFait
« Il faut arrêter les sanctions sur la Russie. »
- 9:43InvitéChiffre
« On a créé 37 gigawatts d'énergie renouvelable depuis 10 ans. »
- 9:52InvitéChiffre
« On est passé en pilotable, c'est-à-dire thermique et nucléaire, de 100 à 87. »
- 10:19InvitéChiffre
« En France, on a 8 000 éoliennes. »
- 14:20InvitéChiffre
« On a 3 milliards d'excédents. »
- 14:28InvitéFait
« Le rapport du corps a été complètement biaisé pour faire plaisir au gouvernement en changeant les données, en changeant les données de productivité. »
- 14:44InvitéChiffre
« même avec ce changement de données, on arrive à un déficit supposé, entre 7 et 20 milliards, ce qui est le prix des fausses cartes vitales. »
- 15:18InvitéChiffre
« 20 milliards sur les fausses cartes vitales. »
- 15:42InvitéChiffre
« Nous donnons 10 milliards net, plus de 10 milliards net à l'Union européenne en pure perte. »
- 15:47InvitéChiffre
« Nous donnons des dizaines de milliards pour l'immigration. »
Temps de parole
- Invité75 %
- ?9 %
- Invité 28 %
- Présentateur8 %
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Et
notre invité politique ce matin, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, députée de l'Essonne, président de Debout la France. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée ce matin par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Ariane.
Bonjour Nicolas
Dupont-Aignan.
On
va commencer par la question de l'énergie, puisqu'Elisabeth Borne tiendra une conférence de presse cet après-midi. Nicolas Dupont-Aignan, sur ce sujet, elle devrait annoncer des hausses de tarifs et les contours du nouveau bouclier tarifaire. Lundi, Bruno Le Maire a déjà dit, je le cite, il faut que nos compatriotes absorbent une petite part de cette hausse. Vous êtes d'accord avec ça ?
Mais ce ne sera pas une petite part.
Et
moi, je ne suis pas du tout d'accord avec la politique du gouvernement, parce qu'en vérité, ils ne traitent pas les causes du problème. Et je vais vous donner deux propositions concrètes, parce que
je
pense que les Français, je l
'ai
vu cet été, en ont assez des critiques sans des propositions alternatives.
Ce
qu'il faudrait faire sur l'électricité pour la France, pour éviter les hausses de tarifs, tout simplement, c'est retrouver un prix français de l'électricité, fondé sur le prix de notre production électrique, et pas sur le prix du gaz.
C
'est ça, le seul enjeu. Et comme Emmanuel Macron ne veut pas s'autonomiser de l'Union européenne, qu'il est le petit télégraphiste de l'Allemagne, il continue à ruiner les Français. Il y a un très bon article
aujourd'hui... Emmanuel Macron, il travaille
avec l'Union européenne
pour aller vers ce que vous dites. Non, non. La seule solution, c'est un prix national de l'électricité, autonome, comme l'ont fait d'ailleurs le Portugal et l'Espagne, et arrêter d'aligner notre prix d'électricité sur celui de l'Allemagne. Il
y a
un très bon article, je recommande, d'Olivier Marlech, c'est pas moi, qui montre que
le plan...
Le
plan d'Emmanuel Macron,
c
'est subventionner le mauvais élève allemand à partir des bons résultats français. C'est aberrant, on produit notre électricité nucléaire pas chère, on pourrait en faire bénéficier nos concitoyens, et on va subventionner ceux qui ont sacrifié leur nucléaire.
Et
on peut
se passer de cette solidarité européenne, parce que c'est aussi ce que dit le gouvernement,
c'est-à-dire qu'on ne peut
pas se passer non plus complètement de la solidarité européenne.
On a eu un prix de l'électricité nationale pendant des dizaines d'années, ça n'interdisait pas de vendre de l'électricité à l'un ou d'échanger. Je ne dis pas qu'on va mettre une ligne Maginot, je n
'ai
pas dit ça. Je dis que le prix de l'électricité,
il
faut le traiter à la source, comme le font les Espagnols et les Portugais, et arrêter
de
prendre nos ordres chez Mme van der Leyen à la Commission de Bruxelles. L'Union européenne dans cette affaire électrique nous a planté dérégulation du marché, alignement sur la politique allemande, fermeture de Fessenheim, c'est une hérésie économique, sociale.
Nous retraitons
la cause des problèmes, au lieu d'être dans cette catastrophe des tarifs. – Et la cause des problèmes, ce n
'est
pas le fait qu'on ait un certain nombre de centrales qui soient aujourd'hui fermées ? – Bien sûr,
bien sûr. –
Là, ce n
'est
pas l'Union européenne ?
– Non,
mais là, si, c'est l'Union européenne, puisqu'on a accepté un plan de libéralisation qui fait que EDF a cherché le profit plutôt que l'intérêt général à long terme. Deuxièmement, c'est l'Union
européenne, c'est l
'Allemagne qui a tout fait pour faire fermer Fessenheim. Et Emmanuel Macron
a
menti, droit dans les yeux des Français, il y a huit jours, en disant, c'est pas moi, c'est lui en 2018, il s'en félicitait. Et c'est pire que ça,
le président de EDF l'a dit. – Ça avait été décidé
par François Hollande.
– Non, non, la décision,
elle
était libre en 2018 et François Hollande l'a rappelé hier dans l'interview de Libération. Donc, c'est complètement faux. Et Emmanuel Macron ment, mais ment comme un arracheur de dents. Et pire que ça, il avait la possibilité jusqu'en mars de cette élection, on avait, je l'ai dit à la présidentielle, d'arrêter le transfert de combustible, pour rouvrir Fessenheim et nous permettre de surmonter la crise de l'hiver. Donc, c'est complètement fou ce qui se passe. Ce sont des gens, Mme Borne, qui se félicitaient de la fermeture de Fessenheim et de donner ordre à EDF
de
fermer à terme 12 centrales.
Et
le président d'EDF, 12 réacteurs, très juste, le président d'EDF a dit, mais nous, on nous a demandé de fermer, j'ai pas recruté des gens pour ouvrir. Donc, ce sont des gens au pouvoir
qui
ont menti aux Français, qui ont fait n'importe quoi et qui, maintenant, vont demander aux
Français
de payer l'addition. Alors, aujourd'hui, comment on fait ? Ces réacteurs sont à l'arrêt. Le prix de l'électricité est celui qu'il est. Est-ce qu'il faut continuer à aider les Français ? Ou est-ce qu'ils doivent, en effet, prendre leur part du coup ? Alors, il faut séparer le prix de
l
'électricité du gaz. Déjà, ça va faire baisser le prix. Deuxièmement, les centrales sont en maintenance et il y en a beaucoup qui vont rouvrir pour l'hiver. Heureusement.
Et
il faut investir massivement
dans
notre électricité nationale. Il faut renationaliser et arrêter le marché de l'électricité libre. Il faut revenir à un marché unique français de l'électricité avec des ventes ou des importations ou des exportations, comme ça se faisait avant. Deuxièmement, il faut arrêter la guerre en Ukraine avec l'arrêt des sanctions. Il faut arrêter les sanctions sur
la Russie. Vous demandez l
'arrêt total des sanctions sur
la Russie.
Total des sanctions sur la Russie. Même bancaire ? Il faut... Non, du gaz. D'accord. Enfin,
des
sanctions financières, sanctions économiques.
Sur l'énergie.
Il faut être précis. Économiques.
Vous
voyez bien que le conflit en Ukraine évolue. C'est le moment de faire la paix.
C
'est le moment de faire la paix. C'est le moment pour la France,
à
mon avis,
d
'avoir une politique indépendante, là aussi, de l'Union européenne et des vattes en guerre, qui sont en train de ruiner le continent.
Car je voudrais insister sur quelque chose. C'est plus important d'être indépendant
de
l
'Union européenne que d'être indépendant du gaz russe, pour vous ? Est-ce qu'il ne
faut
pas devenir indépendant du gaz
russe ? Et alors on fait comment comme ça ?
On
va ruiner l'industrie européenne ? Vous savez ce qui est en train de se produire aujourd'hui ?
La dépendance a
baissé. La dépendance
de l
'Union européenne au gaz russe a baissé. Elle est plus de 9% aujourd'hui. Le prix
du gaz est tellement fort que l'industrie européenne
de
base est en train d'être ruinée. Ruinée. Elle va partir en Chine, en Inde, aux États-Unis. La puissance économique européenne est en train d'être sacrifiée.
Tout
ça pour le Donbass,
qui
est un pays, qui est une zone entre la Russie et l'Ukraine, où les accords de Minsk avaient permis la paix.
Moi,
je demande l'application des accords de Minsk. Je ne suis pas pro-russe. Je dis simplement que ruiner tout un continent, créer des troubles sociaux, sacrifier nos entreprises,
parce
que nos entreprises sont dans une situation dramatique.
Elles
doivent rembourser le PGE,
elles
ont les rappels d'Ursaf, et maintenant, on leur met la triple peine avec l'explosion des tarifs.
Ce
sont des centaines de milliers de chômeurs en plus.
Tout
ça pour un conflit où on peut faire la paix maintenant que la Russie est affaiblie. Je dis que c'est le moment d'arrêter la surenchère, de proposer un plan de paix, de se mettre autour de la table
et
d'essayer de sauver le continent européen. C'est maintenant...
Mais comment ? Vous reconnaissez, on est un tournant dans cette guerre pour vous ?
Je pense
que c'est le
moment
de
tendre la main
aux
uns et aux autres. Et c'est le moment d'arrêter de livrer des armes. C'est le moment où il faut faire la paix. Mais
est-ce que la livraison de ces armes,
ce n
'est
pas aussi ce qui permet aux Ukrainiens de reprendre le terrain sur la Russie ?
Sur le passé, peut-être. Maintenant,
si
on veut que le continent européen soit ruiné au profit de la Chine et des États-Unis, si on veut faire partir la Russie dans les bras de la Chine, se couper de l'Afrique et avoir une baisse du niveau de vie de 20% pour tous les Européens et sacrifier notre industrie, on continue comme ça. Ce sont des apprentis sorciers. Je demande juste
qu
'à un moment, on ait un peu de recul. Voilà. Et je regrette que la France ait perdu son indépendance gaullienne. Parce que je peux vous dire, si c'était Jacques Chirac, je ne
parle
même pas du général de Gaulle, la France ne serait pas abaissée comme elle est aujourd'hui avec Emmanuel Macron.
On
va revenir sur les questions de sobriété, notamment.
Oui,
il a
présenté son plan de sobriété énergétique aujourd'hui. Qu'en attendez-vous
?
Est-ce que c'est essentiel ? Bien sûr que c'est toujours bien d'être sobre sur le plan énergétique. Et d'ailleurs, je vais vous dire une chose. L'hiver dernier, j'étais le seul à en parler.
Il
y a 10 millions de Français qui ne se sont pas chauffés. Vous savez, ils n
'ont
pas besoin des conseils de Mme Borne. Ils n'ont pas l'argent pour se chauffer. Et cet
hiver, ça va être dramatique. C'est plutôt aux autres qu'elles s'adressent.
Non, mais ce que j'entends quand j'entends le gouvernement nous dire qu
'il
faut éteindre la climatisation, il faut baisser le chauffage. Mais s'ils savaient ce que vivent les Français... Enfin, je veux dire que les Français, ils ne peuvent même pas payer le chauffage pour beaucoup d'entre eux. Mais
ce n'est
pas à ceux-là qu'elles s'adressent, c'est à ceux qui
utilisent le chauffage, la climatisation. C'est marginal.
Tout ça, c'est du folklore médiatique pour amuser les verts. Si vous voulez, les économies, elles vont se faire vu le prix exorbitant. Ce que j'espère, moi, ce que je propose,
c
'est que très vite... Mais là, ce n
'est
pas d'attendre des négociations européennes. C'est que la France reprenne son indépendance de pensée, d'action, qu'on protège nos concitoyens, qu'on utilise notre atout nucléaire, qu'on évite la mise au tapis de milliers d'entreprises.
Justement, vous parlez d'indépendance,
Nicolas Dupagnan. Lundi, vous serez dans l'Indre pour manifester aux côtés des anti-éoliens. Est-ce qu'en pleine crise énergétique, on peut se passer des énergies renouvelables ? Mais oui, parce qu'en fait, c'est une escroquerie gigantesque. J'ai un chiffre incroyable. On a créé 37 gigawatts d'énergie renouvelable depuis 10 ans. Et on est passé en pilotable, c'est-à-dire thermique et nucléaire, de 100 à 87. Donc, moins 13 nucléaires thermiques, plus 37. Et on est en pénurie. Pourquoi
? Parce
que l'énergie renouvelable est intermittente. Et quand il n
'y a
pas de vent pendant un hiver, ça ne tourne pas. Donc, on confond l'énergie installée
et
l'énergie produite. Et je vais vous donner un exemple. Fessenheim,
c
'est entre 3 000 et 5 000 éoliennes.
La
seule centrale de Fessenheim. En France, on a 8 000 éoliennes. 8 000.
C
'est-à-dire que d'un côté, on ferme une centrale, et on nous dit après, on va mettre des éoliennes qui s'arrêtent quand il n
'y a
pas de vent. Mais
ces gens sont devenus
d'un... Mais non, parce que vous ne pouvez pas, quand vous avez une électricité nucléaire, avoir des éoliennes à côté. Ça n'a aucun sens. On est en train de défigurer la France.
On
est en train de payer une fortune ce prix de
l
'électricité éolien. Et maintenant, ils vont nous gâcher toutes les façades maritimes.
C
'est une aberration économique, financière, énergétique. Et tout le monde annonne.
Ah,
il faut des éoliennes, mais elles ne tournent pas.
Un
dernier mot là-dessus, avant de passer à un autre sujet, parce qu'on a beaucoup d
'autres sujets
à voir avec vous. Est-ce qu'il
y a
un débat aussi sur la taxation des super-profits ? Vous êtes favorable à cette taxation, vous ?
Je suis favorable à la taxation de super-profits de groupes français, enfin en France, sur vraiment quand il y a un abus. Mais je ne suis pas...
Ça ne sera pas la solution... Quand ils ont profité de la crise énergétique, entre guillemets ? Voilà,
quand ils ont profité. Mais je ne suis pas favorable au mécanisme européen qui va faire en sorte qu
'on
va subventionner l'Allemagne avec les bonnes positions françaises.
C
'est absurde.
On va parler
de la fin de vie. Oui, Emmanuel Macron a lancé hier une convention citoyenne sur la fin de vie. Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est une bonne méthode pour discuter
de ce sujet ? C'est
un sujet qui, je pense, traverse les opinions politiques, qui est un sujet de conscience individuelle. Écoutez, qu
'il
y
a
un débat, pourquoi pas
?
Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on applique déjà la loi Neonetti,
qui
n'est pas appliquée en France partout. Et que l'on aborde...
Elle est compliquée.
Non, elle
est très simple, la loi Neonetti, elle est très simple. Elle vise, au contraire, justement, elle est très profonde,
elle
est très simple, simplement, que ce soit les soins palliatifs qui ne sont pas partout, que ce soit les pompes à morphine qui ne sont pas partout. Et je pense que le débat est biaisé parce qu'on veut passer, pour des raisons idéologiques, on l'a bien vu, à l'euthanasie. Il faut être clair, ce gouvernement veut l'euthanasie. –
Alors, ce n'est pas ce que dit Emmanuel
Macron.
–
C'est ce qu'il fait. Mais au lieu d'appliquer la loi Neonetti. Donc déjà, moi, je pense qu'il faut appliquer la loi Neonetti, après qu
'il y ait
un débat, pourquoi pas, et chacun s'exprime.
– Mais un débat ou
une convention citoyenne, ça vous paraît bien, ou
il faut un débat uniquement au Parlement
?
– Personne ne
croit ces conventions citoyennes, ça lui fait plaisir, qu'il fasse un référendum, sinon.
–
Référendum, vous n'êtes pas ? –
Moi, je suis sur les grands sujets des
référendums. Mais vous voyez bien que
c'est un sujet…
–
Vous avez une
telle question, vous le dites vous-même, c'est une question complexe.
– Pourquoi pas ? – Est-ce que ça peut se résumer à une question
? – Les Français sont capables de voter en conscience. Je savais, Emmanuel Macron fait diversion.
Le
pays
est
menacé par une crise économique effrayante des centaines de milliers de chômeurs. Une baisse du revenu des Français de 10 à 20%, une crise de la sécurité, et donc il a sorti ça du chapeau
pour
qu
'on
parle d'autre chose. Moi, je voudrais qu'on parle des entreprises qui doivent rembourser leur PGE, les PME, qui sont en train de faire faillite. Je voudrais qu'on parle des Français qui ne vont pas se chauffer cet hiver. Je voudrais qu'on parle de la relocalisation d'emplois pour permettre de payer nos retraites. – Elisabeth Borne en parle aujourd'hui, de la crise énergétique, mais pour vous, ce n
'est
pas
un vrai sujet, la
fin de vie ? Il n
'y
a pas une vraie demande ?
–
Il y a une vraie demande, pour moi, ma position est claire, tout le monde la
connaît. – Si il y a un
référendum, ce serait
quoi
votre position
?
–
Ma
position, ce n
'est
pas ça. Ma position, c'est déjà d'appliquer la loi Leonetti. Et je pense qu
'on n'a pas besoin de…
– Si on vous proposait de voter demain
sur… – Je
réfléchirais en conscience. Je n'ai pas encore le projet de loi, j'en sais rien.
– D'accord. –
Sur la retraite et l'assurance chômage
? –
Sur la retraite, Emmanuel Macron a laissé entendre qu'il pourrait glisser un projet au sein du PLFSS. Qu'est-ce que vous pensez de la méthode et qu'est-ce que vous pensez du fond de la réforme
?
Emmanuel Macron est un pyromane.
–
Pourquoi ? – J'ai toujours pensé que c'était un homme dangereux
qui
se nourrit du conflit, qui a mis à feu et à sang la France au premier mandat avec
les gilets-jeux. – Qu'est-ce qui vous aide là ? De
la méthode ou le fond ? – Mais les deux. La méthode d'abord. Enfin, pourquoi cette accélération ? On a 3 milliards d'excédents… – Il
n'y a pas d'accélération, il maintient
son calendrier promis pendant la campagne.
–
Aucun partenaire social, même le patronat, n'en veut. Personne. Il y
a
un excédent de 3 milliards cette année. 3 milliards. Le rapport du corps a été complètement biaisé pour faire plaisir au gouvernement en changeant les données, en changeant les données de productivité. –
Qu'est-ce qui vous permet de faire ça ? –
C'est écrit dans toute la presse, vous regardez. On a changé les données, ils ont changé les données de départ.
Et
de surcroît, même avec ce changement de données, même avec ce changement de données, on arrive à un déficit supposé, entre 7 et 20 milliards, ce qui est le prix des fausses cartes vitales. Et on donne 10 milliards à l'Union européenne en pure perte, nette. Donc ce que je veux dire, c'est qu'on est en train, une nouvelle fois, le gouvernement, sciemment, est en train d'affoler les Français sur les retraites, alors qu'on a un excédent sans précédent en
2022… – Quelle est l'entrée
du gouvernement à affoler les Français ? – A obéir à l'Union européenne qui a demandé la réforme des retraites pour que les retraités français souffrent comme les autres.
– Et
je vous le dis, moi je préférerais que le gouvernement fasse des économies
sur
les gaspillages, gaspillages, 20 milliards sur les fausses cartes vitales, 20 milliards, c'est plus que le déficit imaginé par le corps, le comité d'orientation des retraites, éventuellement en prenant les pires hypothèses dans 10 ans. Donc déjà il y
a
un gisement de pétrole là.
– Et
le chantier a été engagé là-dessus ?
– Il n'y a rien
du
tout, ça traîne,
il faut avancer là-dessus. Nous donnons 10 milliards net, plus de 10 milliards net à l'Union européenne en pure perte, 10 milliards. Nous donnons des dizaines de milliards pour l'immigration. Et le président de la République, je sais qu'il n'aime pas les retraités, il les a massacrés au premier mandat avec la hausse de CSG. Le gouvernement dit… – Oui,
là ils ont voté leur
pension de retraite. – Et après les avoir baissés énormément. C'est la faute des retraités,
mais
c'est honteux.
–
Donc vous ne voterez pas,
c
'est très
honteux. – Mais je
la combattrai, s'il le faut dans la rue, il faudra que les Français, si le président de la République,
si
le président de la République et le gouvernement, je pèse mes mots, il faudra une inséduction nationale. Et j'attends que tous les parlementaires votent contre, même les LR, même les LR. Et les LR seront face à leur responsabilité. – Vous en avez discuté avec eux ? – Pas encore. Soit ils votent la réforme des retraites et ils seront responsables d'un traumatisme social, soit
ils attendent… – Vous
êtes parlementaire, si
la
représentation nationale vote en texte, que vous n'êtes pas d'accord avec ce texte, vous
avez à l'insurrection nationale… –
Il
faudra bloquer par tous les
moyens.
– C
'est fort l'insurrection nationale. – On ne peut pas accepter, je le
poèse mes mots, ce n'est pas possible au moment où la France affronte une crise énergétique majeure, où les Français souffrent, où nos entreprises sont dans des difficultés inouïes, de recrutement,
de
paiement des factures, d'avoir un président de la République aussi dingue qui lance un brûlot pour faire passer une réforme des retraites à la va-vite alors qu'on a un système excédentaire. Je ne comprends pas, je pèse mes mots, comment
cet
homme peut encore diriger la France. – Qu'est-ce que vous appelez insurrection nationale, Nicolas Dubé? –
Mais je dis
que si le gouvernement est assez fou pour lancer une réforme des retraites inutile, inutile, non souhaitée, non souhaitée, autant par le patronat que par les syndicats, je dis que ce gouvernement a perdu la raison.
– Donc vous appelez les Français…
– J'espère que la motion de censure
sera…
–
Vous appelez une motion de censure ? – On
pourra
tout le faire faire une
motion de censure. –
Et
j'espère que les Français se mobiliseront. Je ne souhaite pas en arriver là. Mais je le dis très clairement au président de la République,
il
devient dangereux pour la France. –
Mobiliser par la rue, c'est ce que vous
nous dites. –
Il faudra bloquer
par tous les moyens possibles. Mais je préférerais que ce soit par les parlementaires, par la censure et par de nouvelles élections s'il le faut, plutôt que par la rue. Je ne souhaite pas la rue, je ne suis pas révolutionnaire. Mais je dis qu'il faut que le président de
la République sache… – Mais vous en appelez la
rue quand même. – Je dis qu'il faut que le président de la République sache que de toutes gens n'appellent à rien du tout. Je dis que ça finira dans la rue s'il passe en force.
Ça
finira dans la rue. Et il faut
à
tout prix,
au
moment où notre pays affronte tant de difficultés, qu'on soit unis
et
qu'on essaye de résoudre les problèmes des entreprises, des salariés, plutôt que de mettre la France dans la rue.
–
Autre réforme majeure à venir, celle de l'assurance chômage. –
Est
-ce que vous êtes favorable à une réduction de la durée d'indemnisation, comme semble le vouloir le gouvernement ? – J'aimerais déjà qu'on applique la réforme actuelle. Voilà. Et j'aimerais qu'on fasse un effort sur les formations, j'aimerais qu'on fasse un effort sur les salaires, sur la baisse des charges, car je crois que ce n'est pas simplement avec le bâton qu'on y arrivera, c'est aussi avec la carotte. Alors, on peut voir certains ajustements, parce que vous savez qu
'il
y
a
une pénurie de personnel, mais
je
pense que cette pénurie de personnel n'est pas seulement liée aux indemnisations qui ont été réduites déjà, elle est aussi liée à un ensemble d'aides sociales, à une gestion d'aides sociales. – Donc vous êtes pour la réduction de certaines aides sociales ?
– Je
suis pour
un
accroissement de différence entre la rémunération du travail
et
la rémunération de ce qu'on appelle l'assistanat.
Et
je pense qu'on peut
le faire par plusieurs leviers. – Pensez à quelle aide sociale,
par exemple ?
–
Je pense que ce n'est pas tant le nombre
des
aides sociales, c'est la manière dont elles sont données, c'est la manière dont c'est organisé, et puis c
'est
la création d'emplois qu'il faut avoir. Parce que les gens ne se font pas par plaisir au chômage. Il y a peut-être une minorité, mais dans l'ensemble, les gens souffrent d'être au chômage. Et donc je n'aime pas trop la mentalité qui constituerait à faire croire que tous les Français sont feignants, ce n
'est
pas vrai. En revanche, les salaires sont trop faibles en France, l'inflation bouffe les salaires, et il faut absolument réindexer un peu les salaires, il faut absolument augmenter les salaires si on veut des
salariés.
– Une dernière question.
–
Un petit mot de politique, Nicolas Dupont-Aignan. Qu'est-ce que vous pensez de la bataille qui est en train de se livrer pour la tête des Républicains ? Est-ce que vous avez une préférence entre les candidats ? – On
ne le
permettrait
pas.
–
Est
-ce que, selon la personnalité, vous aurez plus de facilité à discuter avec eux ?
–
Ce sont deux personnalités exceptionnelles. –
Bruno Retailleau
et
Eric Ciotti.
– Il y a Aurélien Pradié aussi. – Je le connais
moins bien. Donc je parle de ceux que je connais bien. Et donc je pense que ça peut être une source de renouveau pour LR, les deux. – Est-ce qu'ils ne m'en rendent pas un peu sur votre espace politique ?
–
Non, mais je…
–
L'un et l'autre. – Alors attendez, je m'en fiche de mon espace politique. –
Où est-ce que tu vas permettre
des passerelles ? – J'ai un seul souci,
c
'est qu'on sorte la France de la crise. Et j'ai un seul souci,
c
'est qu'on gagne, comme en Italie,
qu
'il y
a
une vaste union entre le RN, Debout la France, l'ELR, qu'elle a créé pour
redresser le pays. – Avec un seul
candidat à l'élection présidentielle
?
– Obligatoirement, ça, c'est un autre problème.
–
Bon,
mais vous appelez
encore à l'union avec l'ELR.
–
Mais je suis convaincu, et je sais que les Français le savent,
que
l'exemple italien va bousculer la vie politique française. Et quand les Français vont voir les Italiens gagner,
ils
vont nous dire, mais Mme Le Pen, M. Zemmour, M. Dupont-Aignan, M. Ciotti, mais arrêtez vos disputes, entendez-vous, on repart du bon pied, on redresse le pays, on en fait un beau pays. Tout est possible. –
Et ce sera le mot de la fin. – Donc vous savez que ça fait longtemps
que je le demande, dès 2017.
–
Merci Nicolas Dupont-Aignan, merci d'avoir été avec nous.
–
Merci
à vous.
– On regarde la une de la dépêche, sujet qui va vous intéresser, faillite, la grande peur des entreprises. C'est à la une de la dépêche ce matin. Merci Christelle, et merci Nicolas Dupont-Aignan, on passe au Club des Territories.