Karine Berger
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:20FerméeRéponse directe
Est-ce que les modifications apportées rendent ce texte désormais acceptable à vos yeux ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Le gouvernement n'a rien lâché sur les critères de licenciement économique, vous serez vigilante ?
- 1:34RelanceRéponse partielle
Sur ce volet, un juge pourra-t-il vérifier les motivations des entreprises ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Pour Manuel Valls, ce texte est une révolution pour la jeunesse. Est-ce que vous serez à leur côté ?
- 2:51RelanceRéponse directe
Ce n'est pas simplement contre la loi El Khomri ?
- 3:25FerméeRéponse directe
479 euros pour tous les jeunes qui décrochent, 900 000 jeunes concernés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« On a enfin fait le dialogue social qui s'imposait pour construire la loi, ce qui n'avait pas été fait. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Une entreprise, une multinationale, pouvait, en déplaçant très simplement ses profits, faire à peu près ce qu'elle voulait en France en matière de licenciement. »
- 1:49Invité politiqueFait
« Un juge ne peut pas considérer comme un problème le fait qu'une entreprise déplace ses profits au sein de l'Union européenne. »
- 1:57Invité politiqueFait
« C'est autorisé par le traité de Maastricht, donc depuis très nombreuses années. »
- 3:15Invité politiqueFait
« Quand on annonce la généralisation de la garantie jeune, il faut attendre de voir précisément ce que veut dire le gouvernement. »
- 3:20Invité politiquePromesse
« S'il s'agit d'appliquer aux 900 000 jeunes en France qui n'ont pas de diplôme ou pas de qualification le mécanisme de garantie jeune, on est sur une révolution. »
- 3:31PrésentateurChiffre
« 479 euros pour tous les jeunes qui décrochent et c'est effectivement 900 000... »
- 4:27Invité politiqueFait
« Mettant de côté les syndicats. »
- 5:03Invité politiqueFait
« Il avait une écrasante majorité des socialistes et des députés socialistes qui avaient été très mal à l'aise au cours des 15 derniers jours. »
Temps de parole
- Karine Berger70 %
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- Présentateur 27 %
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France Inter, Catherine Boulet, Éric Delvaux, le 5-7. Votre invitée ce matin, Éric Delvaux, c'est la députée socialiste des Hautes-Alpes, Karine Berger. Oui, vous êtes spécialiste d'économie au Parti Socialiste, membre du bureau national du PS. Bonjour Karine Berger. Vous aviez jusqu'ici toujours jugé la loi El Khomri inacceptable en l'état. Est-ce que les modifications apportées hier rendent ce texte désormais acceptable à vos yeux ?
On met de côté l'ancien texte qui n'existe plus. On a un nouveau texte de loi, en tout cas on va avoir un nouveau texte de loi dans les jours qui viennent. Il est profondément changé pour au moins deux choses. La première, c'est qu'on a enfin fait le dialogue social qui s'imposait pour construire la loi, ce qui n'avait pas été fait. Et la deuxième, c'est que les points durs qui, aux yeux de l'écrasant de majorité des socialistes, étaient inacceptables, Jean-Christophe Cambaylis l'avait dit lui-même, ont été retirés hier.
Cela dit, le gouvernement n'a rien lâché sur le volet qui concerne les critères de licenciement économique, une mesure chère au MEDEF, rien n'a changé ou peu dans ce chapitre. Est-ce que vous serez vigilante là-dessus ?
Alors, on rentre désormais dans le processus normal d'un texte de loi. Les syndicats ont donné leur position, leur position a été intégrée, un nouveau texte va être soupli. Maintenant, aux députés, dont je fais partie, d'essayer de modifier le texte. Qu'est-ce qu'on va vouloir modifier ? Effectivement, les licenciements économiques. D'ailleurs, pas tant la définition des licenciements économiques que le périmètre sur lequel il s'est évalué. Aujourd'hui, dans le texte tel qu'il était avant, une entreprise, une multinationale, pouvait, en déplaçant très simplement ses profits, faire à peu près ce qu'elle voulait en France en matière de licenciement. Ça, il faut le changer.
On verra ce qui est dans le nouveau texte.
Cela dit, sur ce volet, il y aura un juge qui va pouvoir regarder si les motivations de l'entreprise sont réelles.
Alors, le petit problème, c'est que... Enfin, le petit problème, ce n'est pas un problème à mes yeux, parce que je suis très européenne. Et comme nous sommes dans l'Union européenne, un juge ne peut pas considérer comme un problème le fait qu'une entreprise déplace ses profits au sein de l'Union européenne. C'est autorisé par le traité de Maastricht, donc depuis très nombreuses années. Donc là, le juge ne peut rien faire. C'est pour ça que la loi française doit être très précise sur cette question-là.
On rentre un peu dans le détail, mais enfin, grosso modo, l'idée, c'est que les salariés français sachent très clairement dans leur contrat de travail ce qui est prévu en cas de licenciement économique à la sortie de cette loi. C'est ça qu'on veut dans cette loi, que tout le monde, chef d'entreprise, salarié, sache à la fin comment ils seront mangés.
Pour Manuel Valls, ce texte est une révolution pour la jeunesse. Or, une partie de cette jeunesse maintient son mot d'ordre pour aller défiler jeudi prochain dans les rues. Est-ce que vous serez à leur côté ou vous leur dites, au contraire, mais calmez-vous, ce texte est devenu autre chose ?
Alors, deux choses. D'abord, le texte est un texte nouveau, clairement. C'est une nouvelle loi. Il faut oublier l'ancienne version. Pour autant, il n'est pas certain que le texte apaise totalement tous les mouvements, tout simplement parce que ces mouvements sont parfois motivés par d'autres formes de mécontentement. Et puis, par ailleurs, il y a une forme, de manière générale, si la jeunesse est descendue, commence à descendre dans la rue.
Ce n'est pas simplement contre la loi El Khomri ?
Non, je crois qu'il y a une vraie inquiétude sur la précarité en général de notre société, particulièrement pour ceux qui cherchent du boulot et qui n'ont pas forcément les diplômes à la sortie du système. Et c'est pour ça aussi que les annonces d'hier sont importantes sous un autre aspect, même si ce n'est pas directement la loi travail. Quand on annonce la généralisation de la garantie jeune, il faut attendre de voir précisément ce que veut dire le gouvernement. Mais s'il s'agit d'appliquer aux 900 000 jeunes en France qui n'ont pas de diplôme ou pas de qualification le mécanisme de garantie jeune, on est sur une révolution. Une révolution pour la jeunesse.
479 euros pour tous les jeunes qui décrochent et c'est effectivement 900 000...
900 000, on parle de 5 milliards d'euros, c'est pas tant les sommes qui sont importantes, ça veut dire que toute personne, toute personne qui a entre 18 et 25 ans et qui demain serait sur le carreau aurait une solution, un apport on va dire de la société pour l'accompagner.
La méthode utilisée pour rédiger et pour présenter la loi travail restera sans doute dans les annales de la gaffologie politique, c'est ce qu'écrit Laurent Joffrin ce matin dans son édito de Libération. Comment expliquer ce quoi qu'est effectivement cette méthode un peu à l'envers pour présenter ce projet de loi essentiel ?
Si vous me demandez comment on peut écrire une loi sur le dialogue social sans faire du dialogue social avant, ça je n'ai pas de réponse, c'est pour moi un mystère absolu. C'est effectivement des erreurs lourdes politiquement qui font qu'il est très important que le nouveau texte soit vraiment un nouveau texte du début à la fin. Je crois que le Premier ministre a été transparent, il a commis des erreurs manifestes en annonçant malheureusement un 49-3 dès le début, ou en, ce qui est beaucoup plus grave à mes yeux, mettant de côté les syndicats.
J'ajouterai que si ce texte pouvait renforcer le dialogue social, c'est-à-dire le syndicalisme en France, on aura dans mon courant des propositions à faire en la matière pour renforcer le syndicalisme, on sera très content.
Il y a eu des ratés, je les assume, a dit hier soir Manuel Valls. Vous avez eu une réunion d'ailleurs, les parlementaires socialistes avec le Premier ministre. Quel était son état d'esprit ? C'était de la calinothérapie envers vous ?
Moi j'étais au bureau national du Parti Socialiste, on s'est un peu répartis de boulot. Je crois que le Premier ministre, de manière générale, a compris qu'il avait une écrasante majorité des socialistes et des députés socialistes qui avaient été très mal à l'aise au cours des 15 derniers jours. Donc oui, il est plus en train de faire amende honorable qu'autre chose.
Et au bureau national, comment se sent-il, Manuel Valls, en ce moment ?
A mon avis, le courant vallsiste se sent très isolé au bureau national. Ça fait plusieurs réunions où on s'aperçoit que la vision très sociale libérale qui a été portée pendant de nombreuses années par le courant de Manuel Valls est très clairement minoritaire, clairement inférieur à 5%.
Manuel Valls de plus en plus isolé au sein du Parti Socialiste, ça se traduit comment dans les réunions ? Ça devient houleux ?
Ça devient franc et direct, c'est-à-dire que...
Ça, c'est la langue de bois.
Non, mais ce n'est pas forcément simple quand on est un parti majoritaire et on tient tous à ce que le gouvernement réussisse, à pouvoir dire très clairement qu'il y a certaines décisions qui n'ont pas à être prises. Ce n'est pas simple. C'est fait en ce moment et c'est fait pour le mieux. Je pense que la réécriture de la loi sur le travail et, je l'espère, l'amélioration pour faire en sorte que ce pays ait un fonctionnement du marché du travail beaucoup plus moderne, c'est dû au fait qu'on s'est opposé à la ligne de Manuel Valls, oui, tout à fait.
Vous avez rencontré le Premier ministre en un seul mot. Est-ce que Manuel Valls est inquiet du débat qui va s'organiser au Parlement pour voter sa loi ?
Je pense que tout le monde est inquiet, à la fois parce qu'on voit que la mobilisation a été très forte et on ne la sous-estime pas et parce qu'effectivement les députés maintenant attendent l'arme au pied, le nouveau texte de loi.
Merci. Karine Berger, députée socialiste des Hautes-Alpes, merci et bonne journée.