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interviewRMC — Face à Face· 21 octobre 2022 21 min

Face à Face : Alexis Corbière - 21/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, Benjamin Duhamel. Bonjour Alexis Corbière. Bonjour. Alors on va bien sûr aborder la situation à l'Assemblée, à la pompe ça s'améliore, mais d'abord l'émotion est encore très forte après l'assassinat de la petite Lola. Hier soir, deux hommages ont été rendus à la jeune Lola assassinée, une minute de silence par les députés Rassemblement National et un rassemblement autour d'Éric Zemmour. Est-ce que c'est de la récupération ou au fond une forme d'émotion légitime ?

0:35
Alexis Corbière

Moi je vais vous dire, peut-être aussi parce que je suis père de famille et j'ai trois filles, être en colère après le drame affreux qu'a soumis Lola, ça ne me choque pas. Je comprends que beaucoup de Français ont vite le dire. De ce point de vue-là, je ne rentrerai pas sur ce terrain-là. Donc tout ce qui rend hommage à Lola, je le comprends. Tout ce qui rend hommage au programme d'Éric Zemmour, évidemment.

1:00
Présentateur

Donc vous dénoncez une forme d'instrumentalisation ?

1:02
Alexis Corbière

Écoutez, je crois que chacun jugera. C'est un drame affreux, on touche des choses qui dans toute société, quand on assassine un enfant, manifestant même une forme de torture, ça touche des choses très profondes. Donc il y a de quoi être ému. Maintenant, est-ce une raison d'un seul coup pour que M. Zemmour, je crois que c'était hier à la même place, en vienne à dire des choses sur lesquelles honnêtement, il n'a aucun élément pour l'affirmer. Donc il brode, il brode sur ce drame affreux, il vend sa camelote.

Et je trouve que moi, je ne suis pas le dernier dans le combat politique, on peut utiliser de nombre de choses pour avancer sur ses arguments, mais peut-être pour une certaine conception que je me fais de la morale, utiliser l'assassinat d'une enfant, qui arrive. Donc ils utilisent l'assassinat d'une enfant ? Bien sûr, mais bien sûr, je veux dire, immédiatement le lien est fait, immigration et ce drame affreux. Il a même dit, je crois, à cette même place, qu'elle a été assassinée parce qu'elle était blonde aux yeux bleus. Je ne sais pas d'où il le tient, il l'a inventé. C'est grave de faire ça, je ne sais pas.

Donc je pense qu'il y a des choses sur lesquelles, au moment donné, on peut quand même avoir un minimum de décence. Et cette instrumentalisation, cette utilisation, de mon point de vue, est indigne, je le répète, manifester un hommage à Lola en soutien à la famille.

2:09
Présentateur

Par exemple, la minute de silence des députés Rassemblement National, elle ne vous choque pas sur le papier ? J'ai ma propre opinion, mais honnêtement, ce que je veux dire,

2:17
Alexis Corbière

c'est que moi, je vois bien qu'eux aussi, en plus sous la pression de ce que fait M. Zemmour, ils cherchent à faire leur propre rassemblement. Eux aussi, sans doute, ils l'ont fait, Mme Le Pen l'a fait à l'Assemblée Nationale, en parlant immédiatement de politique d'immigration. Mais on a le droit, après tout, ce n'est pas le sujet. Il y avait un certain silence autour de ce que faisait Mme Le Pen. Alors qu'Éric Zemmour, les images que j'ai vues, quasiment des skins en train de brandir le visage. Vous faites une différence entre les deux réactions.

Il y a une violence, même si sur le fond, tous ces gens, finalement, parlent peu de Lola et parlent essentiellement de leur vision de l'immigration, responsable du crime, etc., qui est une manière, selon moi, de détourner les choses. Mais une fois de plus, c'est terrible, et je comprends que ce soit un grand moment d'émotion. Et après tout, je pense que beaucoup de Français se disent que c'est ignoble. Il ne faut pas non plus avoir une position consistant à dire qu'il ne faut pas en parler, on peut en parler. Mais attention à la manière dont on en parle.

3:09
Présentateur

Il y a ceux qui sont accusés de récupération, de vouloir en faire un fait politique. Et puis, il y a ceux qui ne disent rien. Pas un mot de votre leader, Jean-Luc Mélenchon, depuis une semaine, malgré l'émotion nationale, malgré la sensibilité de l'opinion. Il est indifférent, Jean-Luc Mélenchon, à ce qui s'est passé. Non, mais il n'a pas eu d'émission pour l'exprimer. Et puis, nous avons été nombreux à nous exprimer. Monsieur Corbière, il a écrit une note de blog, il a fait une vidéo YouTube, il tweet très régulièrement sur le mouvement social, on en reparlera. Pas un mot de Jean-Luc Mélenchon sur ce qu'il s'est passé. Parce que, tout simplement pour afficher une forme de compassion.

Vous l'avez fait d'ailleurs, vous.

3:40
Alexis Corbière

Je viens de l'exprimer. Je crois qu'en plus, ce que veut Jean-Luc Mélenchon, c'est que nous continuions à ne pas lâcher le fil de la grande question qui est en cours et qui va être la suite d'entre nous, c'est-à-dire la question sociale. Donc, il n'est pas parlementaire, Jean-Luc Mélenchon, à ce stade.

3:54
Présentateur

Non mais d'accord, le président de la République, Emmanuel Macron, reçoit les parents à l'Élysée. Je vous jure que si vous dites, je suis ému, il ne faut pas dire, on n'en parle pas. Comment se fait-il que quelqu'un qui prétend aux plus hautes fonctions fasse à côté de... Je ne sais pas si on peut appeler ça un fait divers. Quelque chose qui a ému.

4:10
Alexis Corbière

Monsieur Duhamel, ne faites pas la politique politicienne. C'est pas la politique politicienne. Je vous jure que si Jean-Luc Mélenchon avait été président de la République, il aurait reçu les parents. Non mais restons-en là. Vous voulez vous-même. Moi, je ne veux plus rentrer sur ce sujet. C'est une question que se posent les gens. Oui, mais je veux dire, de soi-disant positionnement en fonction de la manière dont tu communiques là-dessus, parce que ce dont vous me parlez, c'est de la communication politique. Évidemment, Jean-Luc Mélenchon est leader,

4:32
Présentateur

montrer une forme d'émotion. Peut-être aussi en tirer des conséquences. Est-ce que pour vous, l'affaire Lola, c'est un fait divers ou c'est plus ? Est-ce que c'est un fait de société, un fait politique ?

4:42
Alexis Corbière

Une enfant assassiné, c'est dur de dire que c'est un fait divers. D'accord ? C'est terrible. C'est sans doute... Mais en toute société, déjà, il y a des crimes d'enfants. Celui de Lola a particulièrement marqué, mais je lisais la presse. Une mère, dans le nord de la France, avait poignardé son propre enfant il y a quelques temps. Une baby-sitter, soi-disant, qui n'en pouvait plus des cris de l'enfant, lui avait fait boire un produit, je crois, du desktop. Ça arrive parfois. Mais ça nous bouleverse tous, parce que ça projette beaucoup de choses. Ce n'est pas seulement un fait divers.

Quand un enfant est assassiné, on a l'impression que c'est les bases mêmes de la société qui sont mises en cause. Donc, je n'utiliserai pas cette expression. Après, la question, c'est, est-ce que c'est, en l'occurrence, comme nous dit M. Zemmour, révélateur de l'immigration qui assassine ? Est-ce qu'il y a une dimension, même, quasiment, de volonté d'assassiner la France à travers ça ? Oui, il dit ça au quotidien. Voilà, donc il fabrique ce mot. En gros, ce qui aurait motivé le crime, lui, il le sait, plus fort que les enquêteurs, plus fort que la politique, c'est tout. Ce qui aurait motivé le crime, c'est ça. Ça, je dis, pardon, c'est des méthodes dégueulasses. Voilà ce que je dis.

Et on peut avoir, au moins dans ces cas-là, se taire un instant, mais...

5:39
Présentateur

Rappelons juste d'un mot que la suspecte présumée était en situation irrégulière. Elle est toujours frappée par une, ce qu'on appelle une OQTF, une obligation de quitter le territoire français depuis deux mois. Est-ce que ça ne veut pas dire, à minima, qu'il y a eu un dysfonctionnement dans la politique migratoire ? Éric Zemmour, Marine Le Pen, d'autres disent, reconnaissent, elles n'auraient pas dû être sur le territoire français. Est-ce qu'au moins vous en tirez une conséquence politique

6:00
Alexis Corbière

de quelque chose qui ne marche pas ? Je vais vous dire une chose. Je vous jure que ce n'est pas de la langue de bois de ma part. Invitez-moi une prochaine fois pour qu'on parle de politique d'immigration. Mais parler de ça à la lumière du crime de l'eau-là, je trouve que c'est donné le point à M. Zemmour comme s'il y avait un lien. Après, il y a un vrai sujet sur les politiques d'immigration. Les OQTF, ça ne marche pas. Il y a une sur cinq qui est équipée. Je suis en train de vous dire, en parler à la lumière d'un crime, d'une enfant, sous-entendu, il y aurait un lien qui se créerait entre l'un et l'autre. Donc on ne tire aucune conséquence d'un dysfonctionnement.

Je suis en train de vous dire... Vous plaisantez. Je vous dis seulement que cette discussion sur les politiques d'immigration, sur comment on fait en sorte aujourd'hui qu'il n'y a pas des millions de gens qui sont projetés sur les routes du monde en raison de la pauvreté, des politiques qui ont été imposées à certains pays, en raison du dérèglement climatique, en raison des guerres. C'est le grand sujet que nous avons à aborder tous ensemble, dans les décennies qui viennent et dans le siècle qui vient.

6:49
Présentateur

Et donc rien pour mieux renvoyer les étrangers en situation régulière.

6:52
Alexis Corbière

Mais si on l'aborde sur cet aspect-là uniquement, déjà vous voyez, vous vous faites parler de ce sujet, alors que je pense qu'on peut consacrer une soirée à discuter des politiques d'immigration. Maintenant, ce que je ne veux pas... Vous comprenez ce que je suis en train de vous dire ? Vraiment, vous prenez-le, je suis sincère. Je ne veux pas en discuter sur la base du fait, comme le disent certains, que si cette personne, on avait pu régler les problèmes de politique d'immigration, la gamine ne serait pas morte, il n'y aurait plus d'enfants qui mourraient. Elle n'aurait pas dû être sur le territoire, c'est parfait. D'accord, oui, très bien, très bien.

Mais une fois qu'on a dit ça, vous voyez bien que le lien qui est fait, comme je l'ai entendu hier soir, migrant, assassin, donc la question d'immigration, qui est un grand sujet, serait liée au crime. Je rappelle, parce que vous le dites vous-même régulièrement sur votre antenne, pas vous, mais vos collègues, que 85% des crimes et des homicides qui sont commis le sont par des gens qui sont des Français. Donc, soyons un peu, comment dirais-je, un peu d'essence et de la cohérence. Ceci dit, il y a un vrai débat, on en reparlera à l'occasion d'autres émissions. On aura un débat sérieux et intéressant.

7:42
Présentateur

Alexis Corbière, la situation s'améliore clairement à la pompe, plus que 17% des stations-essence qui sont en difficulté. Et la Première ministre, ce matin, dans Libération, dit aux Français qu'ils peuvent, je cite, « partir confiants ». Le mai 68, perlé qu'a annoncé Jean-Luc Mélenchon, on en est quand même très loin là, non ? On verra. Non, mais on verra. C'est trop facile, ça. Non, mais je ne sais pas,

7:58
Alexis Corbière

je vais d'abord répondre. Pour elle, les Français, ils peuvent partir confiants parce que ce qui l'intéresse, ce n'est pas les salaires des Français, ce n'est pas le pouvoir d'achat des Français, c'est uniquement comme si les Français étaient des bovins dont le seul intérêt, c'était de savoir si... Non, mais les Français, ils partent en vacances, ils sont contents d'avoir de l'essence, M. Corbière. Vous savez combien de Français part en vacances ? Vous savez qu'à la Toussaint, à peu près 38%. Donc, ça veut dire que plus d'un Français sur deux,

8:19
Présentateur

plus d'un Français sur deux ne va pas partir. D'abord... C'est pas seulement, pardon, mais avoir de l'essence, c'est pas seulement les bourgeois,

8:24
Alexis Corbière

c'est pas seulement les classes supérieures. Mais c'est terminé mon raisonnement. On a bien compris qu'il y avait un désagrément. Moi aussi, j'ai un véhicule et passer une heure ou une heure et demie pour faire le plein, c'est pas agréable. Maintenant, soit on l'aborde uniquement sur le côté, on divise les Français. En gros, vous savez quoi ? L'objectif des grévis, c'était de vous empêcher d'aller revoir papy et mamie. Ah, qu'est-ce qu'ils sont méchants ! Et j'ai une grande nouvelle à vous annoncer, messieurs, dames, qui, vous, être bas de plafond, la seule chose qui vous intéresse, c'est est-ce que le petit problème d'Alapont va être réglé ?

La Première Ministre pourra avoir de la grandeur et dire que sur la question des salaires, qu'est-ce qu'elle fait ? Je vais vous dire la réalité. Juste parce que vous ne répondez pas exactement à ma question.

8:56
Présentateur

Je réponds totalement à la question. Ma question, c'était... Je réponds totalement à la question. Vous appeliez à la grande conjonction lors de votre marge dimanche dernier. Il y avait un mouvement interprofessionnel mardi. Certains évoquaient au sein de la NUPES, grève générale. Et là, on constate que ça va mieux qu'il n'y avait pas grand monde dans la rue. Ah bon, ça ne va pas mieux ? Ça va mieux à la pompe.

9:12
Alexis Corbière

Ah d'accord. La grève générale, pardon, elle n'est pas là, monsieur Corbière. Déjà, moi, je vais exprimer ce qu'on a dit dimanche parce que vous le déformez. Ce qu'on a dit dimanche, c'est contre la vie chère. Et appeler à la grande conjonction. Attendez, ça, je ne sais pas. Cette phrase, ce n'est pas le slogan de la manifestation. C'est Jean-Luc Mélenchon qui l'a dit. Oui, mais d'abord, appeler contre la vie chère. Et la vie continue à être chère. Donc, Mme Borne, ça ne va pas mieux. Ça va de pi en pi. C'est-à-dire que 5,8 d'inflation et les salaires qui ne suivent pas.

Donc, Mme la Première Ministre, pour avoir un peu la décence, de dire que les salariés en grève ont légitimement posé la question d'une plus juste répartition des richesses dans un des secteurs économiques qui pourrait le supporter, l'augmentation des salaires.

9:49
Présentateur

Bruno Le Maire dit qu'il faut qu'il y ait une décence commune sur la question des salaires, notamment des grands patrons. Mais j'imagine qu'il s'adressait

9:55
Alexis Corbière

notamment au cas de M. Patrick Pouillat, qui en plus est peut-être aussi le meilleur élément pour un peu susciter la colère populaire. À tel point, il ne comprend pas. Il s'est même permis de faire état de sa grande tristesse parce qu'on osait quand même s'étonner de l'augmentation de salaire. Il est à 6 millions d'euros. Je vous entends, M. le Maire. Ce que je veux dire, c'est que ne perdons pas. Oui, mais c'est le sujet. Est-ce que vous êtes déçu ?

10:13
Présentateur

Est-ce qu'aujourd'hui, alors qu'il y a eu moins de gens dans la rue prévus, que du côté des pompes, des raffineries et des dépôts, ça va mieux, est-ce que vous êtes déçu ? Est-ce que vous espériez que ce mouvement social s'amplifie davantage ?

10:24
Alexis Corbière

Moi, ce que je veux, bien sûr que je suis pour que les mouvements sociaux s'amplifient, mais pas pour le plaisir de mouvements sociaux, pour que la question des salaires, d'une plus juste répartition, d'un mieux-vivre généralisé soit posée. Et de ce point de vue-là, le mouvement qui est en cours et qui n'est pas terminé. Parce que, attention, vieille top, je ne sais pas, vous savez ce qui peut se passer dans les semaines prochaines, dans d'autres secteurs. Ça peut repartir, ça peut s'étendre, ça peut, à l'occasion des vacances, parce qu'aussi les salariés, parfois, eux-mêmes, sont des gens qui ont des vacances, ça peut ralentir et repartir.

Moi, je ne serais pas le grand pronostiqueur qui dit l'affaire est pliée et Madame Bande peut aller dormir tranquille. Ce n'est pas si simple.

10:57
Présentateur

D'accord ? Alors, le RMC a révélé qu'il pourrait y avoir une nouvelle marche contre la vie chère en novembre. Il y aura des initiatives à ce stade,

11:05
Alexis Corbière

mais il y aura évidemment de la part des organisations syndicales qui ont organisé la journée de mardi et de la part des 30 organisations qui ont organisé notre manifestation le dimanche dernier. Qu'est-ce qui se passe pour la suite ? Si tôt qu'il y aura une date, je vous l'annoncerai, mais pas la peine. Mille novembre ? Si tôt qu'il y aura une date, j'assure, il n'y a rien de secret, mais permettez qu'avec les amis, tout le monde fasse un peu le bilan de la période et qu'on voit le meilleur moment. Ce qui est clair, c'est qu'il faut qu'il y ait une suite.

Mais c'est pourquoi, là encore, quand Madame Borne dit rassurez-vous les Français, elle ne comprend pas que les Français, ce n'est pas que des consommateurs de station service, ce sont des salariés. et qu'eux, ils aimeraient que la Première Ministre ait la même enthousiasme et bonheur à leur dire que ça va bien se passer pour la suite parce que je convoque une conférence salariale comme nous l'avons demandé, je vais augmenter le swing à 1 600 euros tel que nous l'avons demandé et que nous allons le redemander le mois prochain en occasion de notre niche.

Ça, ce serait prendre les Français au sérieux et pas leur dire « bande de consommateurs, je n'ai qu'une chose à vous dire, vous allez pouvoir à nouveau consommer ». Je pense que les gens, l'idée que je me fais du pays et des citoyens, c'est autre chose que des clients.

12:02
Présentateur

Une dernière question sur ce sujet avant de parler de la situation à l'Assemblée. On avait entendu en 2017 Jean-Luc Mélenchon appeler un million de personnes à déferler sur les Champs-Elysées. Là encore, on a entendu « Grande Conjonction, Grève Générale ». Au fond, à la France Insoumise, quand on veut mobiliser, c'est que de la com' parce que le million, on ne l'a pas vu, la Grande Conjonction, on ne la voit pas. La CGT est en fait plus à l'initiative que vous. À quoi vous servez vraiment ?

12:23
Alexis Corbière

À ce stade, la plus grosse manifestation qui a été organisée en cette rentrée, c'est nous qui avons été à l'initiative d'Amil à Paris. Ça, c'est votre chiffre. Vous n'êtes pas obligé d'en occurrence de médias indépendants. Qui est contesté par d'autres médias. Par qui ? Par nombre de médias, de journalistes, qui sur les réseaux sociaux. Non, je suis en occurence malheur assez fiable. Non, c'est votre opinion. C'est pas mon opinion, c'est l'opinion de médias qui sont responsables. Oui, qui sont les partenaires financiers compris du groupe Ocurrence qui travaille avec l'IFO. Je m'en fous, ce n'est pas le sujet. Je vous dis qu'il y avait plus de 30 000 personnes.

Mais au-delà de ça, de toute manière, c'est la plus grosse manifestation qui a été organisée. Moi, je n'ai pas, vous êtes un jeune journaliste et je vous en félicite, mais l'espèce de, parfois, d'absence de mémoire, peut-être, quand on est débutant, de croire que parce qu'on a convoqué une manifestation, le gouvernement va chuter, on va obtenir immédiatement satisfaction. Nous sommes un maillon d'une longue chaîne, d'une lutte qui est menée depuis toujours, celle pour un meilleur partage des richesses. Ça ne se fait pas un an jour. Parfois des victoires, parfois des défaites. Actuellement, on s'est contrôlé. C'est un peu plus d'humilité dans les slogans.

Un peu plus d'humilité sur ceux qui nous critiquent aussi, qui ne font pas grand-chose. Un peu plus d'humilité vis-à-vis de ceux qui s'étonnent que du jour au lendemain, nous n'ayons pas réglé tous les problèmes et qui vous posent la question à travers vous, à quoi vous servez. Monsieur, je sers à m'opposer à ce gouvernement et j'essaie d'éviter que ce pays soit continue dans la brutalité sociale et même un peu démocratique comme on parlait maintenant d'Emmanuel Macron. Soit demain, on montre les mains de Mme Le Pen qui elle aussi trompe les Français parce qu'elle n'est pas pour l'augmentation du SMIG. Elle s'est opposée au retour de l'ISF et je vois bien comment elle peut utiliser...

13:47
Présentateur

Et elle apparaît aux yeux des Français, sondage via Voice pour Libération comme une meilleure opposante que Jean-Luc Mélenchon. Je ne sais rien, oui. Mais vous savez, les mêmes sondages disent la même chose. Est-ce que ce n'est pas elle qui finit toujours par tirer les marrons du feu si vous me permettez l'expression ?

13:57
Alexis Corbière

Vous aimeriez peut-être ? Non, mais non, c'est ce que ça veut dire Alexis Corbière. Non, mais parce que

14:02
Présentateur

en permanence... Les gilets jaunes, c'est ce qui s'était passé. Vous étiez très en amont et au final, c'est plutôt Marine Le Pen qui en avait bénéficié.

14:08
Alexis Corbière

Pourquoi je me suis permis de vous piquer, c'est que bien souvent on disait Mélenchon, c'est fini, vous êtes outrancié pendant la campagne. Il finit à 22%. Ces cinq dernières années il finit à 22%. Donc j'ai acquis un peu le calme des vieilles troupes ou en permanence... L'expression de Marine Le Pen le calme des vieilles troupes. Oui, c'est pas elle Non, mais y compris le fait par exemple. Je vous taquine. Le fait que quand on dit une phrase ou dire comme Madame Le Pen est en permanence une volonté de vous dire. Je vais taquiner Alexis Corbière.

14:36
Présentateur

Je l'ai relevé. On passe au gouvernement qui a eu une nouvelle fois dégainé le 49-3 hier soir dès les premiers jours de la discussion autour du budget de la sécurité sociale. Vous étiez tous plain d'avoir discuté pendant huit jours pour rien autour du budget de l'État. Là au moins, ça évite à tout le monde de perdre du temps, non ?

14:50
Alexis Corbière

Non, mais c'est grave que l'homme parlement soit ainsi piétiné. C'est une arme autoritaire Michel Rocard

15:00
Présentateur

l'a dit 28 fois. Il a eu tort d'ailleurs.

15:03
Alexis Corbière

Jean-Luc Mélenchon était sénateur socialiste à l'époque. Il a eu tort et il était contre d'ailleurs.

15:06
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon sénateur PS ? Je ne sais pas

15:08
Alexis Corbière

qu'il le disait. Parce que vous ne savez pas ça. Le courant qui était le seul dans le parti socialiste était précisément opposé au 49-3 et à la Ve République. Il ne faut pas raconter des choses fausses. Précisément, ce qu'était la singularité de Jean-Luc Mélenchon était d'être un opposant au gouvernement de Michel Rocard qui était un gouvernement qui ne... Non, mais vous dites la vérité. Non, mais Jean-Luc Mélenchon qui réagit hier. Je termine là-dessus. Parce que Jean-Luc Mélenchon, pourquoi... Comment on est le mélenchonisme si je puis dire ? C'est précisément dans un refus de Michel Rocard qui s'appuie sur les centristes et pas sur les communistes. François Mitterrand

15:35
Présentateur

était son mentor et il était à l'Élysée. Mais juste, Jean-Luc Mélenchon, il réagit hier soir. Je cite la Macronie est un régime de violence autoritaire. Le monde héberlué voit la France couler hors de la démocratie. La France n'est plus une démocratie.

15:47
Alexis Corbière

Il y a aujourd'hui l'utilisation d'aspects autoritaires de cette constitution. La France couler hors de la démocratie. C'est une expression, vous normalement, qui êtes un démocrate, vous devriez non pas vous arrêter sur le titre de Jean-Luc Mélenchon qui volontairement a un côté provocateur pour dire attention à ce qui est en train de se passer. Mais vous trouvez normal... La France, c'est la Hongrie,

16:05
Présentateur

c'est un régime autoritaire.

16:06
Alexis Corbière

Trouvez-vous normal que les parlementaires ne se voient pas respectés ? Trouvez-vous normal qu'un gouvernement minoritaire impose un budget... C'est des gouvernements minoritaires. C'est une majorité relative. Minoritaire. Donc ça, ça veut dire qu'il est minoritaire. Je ne sais pas d'où vient cette expression. Maintenant, il est utilisé. Vous n'avez pas de majorité non plus. D'accord, mais d'ailleurs, je ne suis pas ministre de ce gouvernement. Ça ne m'a pas échappé, ça. D'accord ? Donc c'est un gouvernement qui, aujourd'hui, c'est l'arme des faibles. C'est un gouvernement faible. Et vous savez, ce qu'il prévoit, ce gouvernement faible, c'est de faire travailler les Français plus longtemps.

D'accord ? Donc il y a un mépris systématique. Oui, mais c'est le sujet. C'est-à-dire qu'il ne voit pas. Il refuse de voir qu'ils sont minoritaires à l'Assemblée nationale. Il ne laisse même pas. Parce que vous utilisez Michel Rocard, je vais vous prendre au mot. Michel Rocard, jamais, dans l'utilisation du 49-3, il n'a stoppé un débat budgétaire. Même lui, à tout moment, il laissait la discussion avoir lieu. Madame la Première Ministre a utilisé l'argument de dire que le débat n'avançait pas. Il y a eu moins de jours de débat que l'année dernière. Il y a eu 9 jours de débat sur le budget. Il y en avait eu 11 la dernière fois. La dernière fois, il y a eu 41 jours de débat budget PLFSS.

Cette fois-ci, le PLFSS, pour ceux qui nous suivent, c'est le budget. Dès la première journée, elle a arrêté. Pour être très concret, pour avancer. C'est des traits de plus en plus autoritaires. Et si je faisais un jeu de mots, bornapartiste, c'est-à-dire de plus en plus Madame Borne. Ah carrément, donc, dans la vie politique, vous comprenez ce que je suis en train de dire. C'est-à-dire que Madame, la Première Ministre, Madame Borne, est venue au mois de juillet nous disant que elle, sa méthode allait être la main tendue, la co-construction.

Et si je me permets de faire ce jeu de mots, ce clin d'œil historique, ce n'est pas très marrant d'ailleurs, c'est de dire qu'elle utilise d'un seul coup, la réalité, ce qu'il y a de plus dur, ce qui a été utilisé par le général de Gaulle en réalité, qui était prévu en cas de crise à travers la crise algérienne. Vous allez déposer deux motions de censure, mais le RN, ni le RN,

17:44
Présentateur

ni les LR ne le voteront, ça ne sert à rien.

17:47
Alexis Corbière

Le gouvernement ne tombera pas. Mais monsieur, ce n'est pas parce que pour l'instant, immédiatement, nous ne remportons pas une victoire que je vais cesser d'être un opposant. Ça fait deux fois qu'on me dit que ça ne sert à rien. Ça sert à faire entendre. En fait, vous êtes presque... En refusant de voter,

18:01
Présentateur

par exemple, la motion de censure du RN, vous êtes presque une sorte d'allié objectif du gouvernement. Il ne tombera pas.

18:07
Alexis Corbière

Est-ce que vous avez déjà dit la même expression à un dirigeant du RN ? Oui, bien sûr. Non, ce n'est pas vrai. Jamais. Jamais. Mais qu'importe. Vous savez quoi ? Le RN a mis dans sa motion de censure toute une série de phrases comme quoi il y a la crise migratoire, etc. Politique migratoire, oui. Non, mais même il a parlé de crise migratoire et crise budgétaire. Mais donc, pour bien délimiter le fait que c'était l'heure précarée d'une motion qui était identitaire RN, dont la plus grosse motion de censure, celle qui est déposée par le plus de cinéataires, c'est la nôtre et qui va être débattue en premier. Et le gouvernement ne tombera pas ? D'accord.

Mais de toute manière, ce n'est pas parce qu'à l'heure actuelle...

18:38
Présentateur

Vous déposerez une motion de censure à chaque fois qu'il y aura 49-3 ?

18:40
Alexis Corbière

Il peut y en avoir une dizaine ? Oui, mais ce qu'il y a de grave, ce n'est pas le fait que nous, on pose beaucoup de motions de censure, c'est que ce gouvernement va utiliser 49-3 sur 49-3. Est-ce que vous pensez qu'à terme, le gouvernement tombera ? Je n'en sais rien. Ça dépendra de ce que deviennent les députés LR qui est plutôt aujourd'hui en train de devenir le flotteur droit d'où vous le placez vous voulez, de ce gouvernement qui est en train d'être polarisé par la Macronie. Moi, mon analyse de la situation, c'est qu'il n'y a plus que trois pôles dans la vie politique. Madame Le Pen, l'extrême droite, le gouvernement qui va polariser la droite et nous, la NUPES.

Donc, ça pose, y compris, toute une série de conséquences pour la suite. Moi, je pense que de plus en plus, ces 65 députés LR vont être, eux, pour le coup, je ne veux pas dire les idiots utiles, mais ceux qui ne viendront pas voter permettront au gouvernement de rester ou pas où la crise va s'accélérer parce que, de la même façon que dans la suite de nos échanges, s'ils veulent attaquer sur les retraites qui, là, va être la mère des batailles. On verra s'il y aura toute une série de députés, y compris au sein de la Macronie, qui n'auront pas des abeilles parce que je rappelle que parmi... Je suis long, mais... Non, non, mais juste parce que je tiens une dernière question.

Il y avait aussi le suppléant, le remplaçant, Madame Le Pen, qui a voté en faveur de la crise qui est dans le rang.

19:41
Présentateur

Une toute dernière question à Alexis Corbière. Avez-vous des nouvelles d'Adrien Quatennens ? Il n'est toujours pas revenu à l'émissage. Comment il va ? Est-ce que vous lui parlez ?

19:47
Alexis Corbière

Je ne sais pas. Je lui ai envoyé des messages et il ne me répond pas. Je pense qu'il ne va pas bien.

19:51
Présentateur

Clémentine Autain, interrogé sur la possibilité qu'il revienne au sein du groupe, a dit, je cite, ce n'est pas simple. Est-ce que vous, comme Jean-Luc Mélenchon, vous souhaitez qu'il revienne au sein du groupe La France ?

19:59
Alexis Corbière

Moi, je ne suis pas pour la perpétuité dans la vie. Il faut quand même... C'est grave ce qui a eu lieu. La justice travaille dessus. L'idée que je me fais de la justice, c'est qu'une fois que les décisions ont été prises, on verra quelles décisions de la part de la justice... Il est encore en arrêt maladie ? Oui, non, mais je vous pense, objectivement, mettez-vous quand même... Ce n'est pas simple ce qui a eu lieu. Déjà, évidemment, il va falloir une pensée pour son épouse. Moi, je connais tous les protagonistes de l'histoire, je les connais bien, donc je n'ai pas envie de rentrer, de choisir.

Mais par contre, évidemment, c'est quelque chose qui est une douleur partagée par les membres de ce couple avec des choses qui ont été dites, etc. Mais pourquoi il ne reviendrait pas ? Je veux dire, on peut aussi, si la peine a eu lieu, à ce que par la suite, il puisse continuer. Merci Alexis Cobert, 8h53, RMC BFM TV.