90% des universités sont touchées par le mouvement de colère selon la vice-présidente de France Universités
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Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse partielle
Alors n'est-ce pas une fausse bonne idée ?
- 0:51OuverteRéponse directe
Alors pourquoi fermer Hélène Boulanger ?
- 1:13RelanceRéponse directe
Donc c'est de la prévention, c'est de la précaution des questions de sécurité avant tout ?
- 1:32OuverteRéponse directe
A-t-on une idée du nombre de facultés, d'écoles fermées aujourd'hui ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez des consignes ? Qu'est-ce qu'on vous demande au niveau des préfectures ou du ministère de fermer, d'agir ?
- 2:31RelanceRéponse directe
Je reviens à la question de la sécurité.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:37Invité politiqueChiffre
« pour les universités, c'est pratiquement 90% des universités qui sont touchées. »
- 1:45Invité politiqueFait
« Nous sommes aussi des enseignants, des enseignantes, et ça nous crève le cœur de revenir à des conditions qui nous font penser au moment du Covid. »
- 2:21Invité politiqueFait
« les présidents sont élus par leur communauté universitaire, ils disposent d'une autonomie dans l'exercice du pouvoir de police, et ils prennent leurs décisions au regard des informations qui sont disponibles, pas sur ordre, pas sur demande. »
- 2:54Invité politiqueFait
« il y a forcément des questions de sécurité liées à des groupuscules qui peuvent envahir des bâtiments, les dégrader jusqu'à les brûler, comme ça a été le cas à Rouen. »
- 4:08Invité politiqueFait
« les présidents et les présidentes sont opposés aux formes de blocage. »
- 5:40Invité politiquePromesse
« la mesure la plus importante, c'est la revalorisation des bourses. »
- 5:42Invité politiqueFait
« Il y a une réforme des bourses qui est restée en suspens il y a quelques années et qui aboutit à ce que l'étudiant au plus haut niveau de bourse n'ait pas de quoi subvenir à ses besoins pour étudier. »
- 5:56Invité politiquePromesse
« Il faut nous permettre de recruter les enseignants dont nous avons besoin puisque nous avons toujours autant d'étudiants et d'étudiantes à former. »
- 6:04Invité politiquePromesse
« il faut enfin activer ce qui va nous permettre d'adapter le bâti universitaire, les bâtiments dont on parlait tout à l'heure, au dérèglement climatique. »
Temps de parole
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À 6h21, nous sommes en pleine vacances scolaires. Le mouvement lycéen est donc de fait en pause, mais celui des étudiants se poursuit rassemblement et actions de blocage tous les jours devant plusieurs dizaines d'établissements pour réclamer plus de moyens ou encore la rénovation des locaux. Face à cette mobilisation ces derniers jours, les fermetures administratives d'universités se multiplient place à l'enseignement à distance. Alors n'est-ce pas une fausse bonne idée ? Question ce matin à Hélène Boulanger. Bonjour. Bonjour. Présidente de l'université de Lorraine, vice-présidente de France Université. Ces fermetures, elles crispent un peu tout le monde, j'allais dire.
Les étudiants mobilisés, mais aussi ceux qui veulent étudier et beaucoup de professeurs qui ne veulent pas enseigner à distance. Alors pourquoi fermer Hélène Boulanger
? Alors
une fermeture de bâtiment de l'initiative du chef d'établissement où un blocage aboutit au même résultat. Les enseignements ne peuvent pas avoir lieu, les conditions d'études sont dégradées. Et bien évidemment, ça crispe tout le monde. Lorsqu'un chef d'établissement décide de fermer un bâtiment, c'est qu'il considère que les risques associés à son ouverture sont trop importants.
Donc c'est de la prévention, c'est de la précaution des questions de sécurité avant tout ?
Chaque
chef d'établissement analyse la situation dans laquelle il se trouve, les risques particuliers sur un bâtiment, et prend les décisions au regard de cela. C'est compliqué d'avoir un commentaire général parce que les situations sont très différentes en fait d'un établissement à l'autre partout en France.
A
-t-on une idée du nombre de facultés, d'écoles fermées aujourd'hui
? Alors
de ce qu'on peut voir au niveau de France Université, pour les universités, c'est pratiquement 90% des universités qui sont touchées. Je voudrais quand même insister sur quelque chose. Nous sommes aussi des enseignants, des enseignantes, et ça nous crève le cœur de revenir à des conditions qui nous font penser au moment du Covid. Ça n
'a
pas été une expérience vraiment enthousiasmante, ni pour les enseignants, ni pour les étudiants. Et c'est vraiment un regret qu'on est contraint de passer sur ces modalités.
Qu'on comprenne bien Hélène Boulanger, ce sont donc les présidents d'universités, les chefs d'établissement qui décident des fermetures. Est-ce que vous avez des consignes ? Qu
'est
-ce qu'on vous demande au niveau des préfectures ou du ministère de fermer, d'agir
? Alors
les présidents sont élus par leur communauté universitaire, ils disposent d'une autonomie dans l'exercice du pouvoir de police, et ils prennent leurs décisions au regard des informations qui sont disponibles, pas sur ordre, pas sur demande.
Je reviens à la question de la sécurité. On a vu notamment à Nantes, un campus, être envahi par un certain nombre de personnes. À Rouen, il y a un bâtiment qui a été détruit. La sécurité face à ces actions de blocage ou ces manifestations vous inquiète ? Et c'est aussi ça qui peut motiver les fermetures administratives
?
Alors oui,
il
y a forcément des questions de sécurité liées à des groupuscules qui peuvent envahir des bâtiments, les dégrader jusqu'à les brûler, comme ça a été le cas à Rouen. Mais il faut vraiment distinguer d'une part le mouvement social qui est porté par les étudiants, et d'autre part des actions à caractère violent qui peuvent être portées par d'autres types de groupes.
C
'est vraiment deux choses à considérer de manière séparée. Vous voyez ce qui se passe partout en France. Il n
'y a
pas de raison que les universités échappent à des courants avec des formes de violence auxquelles on n'a jamais été confrontés précédemment. Mais ce sont vraiment deux choses différentes. Si vous prenez mon établissement, il n'y a pas un tag, il n'y a pas une dégradation, il n'y a rien, les bâtiments sont bloqués pour une part, mais absolument aucune dégradation réalisée par les étudiants et les étudiantes mobilisées.
Je le disais, les professeurs, certains professeurs sont aussi bien contre ces fermetures. Je cite par exemple le syndicat SNESUP-FSU, qui qualifie les fermetures, je cite, d'intolérables, et qui rappellent que l'université a toujours été et est toujours un lieu de débat. Est-ce que ce n'est pas du coup contre nature, contre productif, que de fermer un lieu de débat alors qu'il y en a sans doute besoin aujourd'hui
? C
'est pour ça que les présidents et les présidentes sont opposés aux formes de blocage. Pour ma part,
j
'ai des bâtiments fermés de l'initiative de l'établissement, des bâtiments qui sont bloqués par les étudiants et étudiantes mobilisées. On ne peut pas à la fois reprocher au président de fermer les bâtiments et soutenir les étudiants et les étudiantes qui les bloquent.
Et les blocages et les manifestations, ce ne sont pas des formes de débat, d'interaction, de mise en place de ce débat justement
? Un
mouvement social, quel qu'il soit, il produit de la gêne. C'est dans l'essence même, si des personnes manifestent et que rien ne se passe, l'état du dialogue social en France aboutit à ce qu'il n'y
a
aucun résultat,
il
n
'y a
aucune forme de discussion qui s'engage. Donc on a forcément des formes d'expression qui produisent de la gêne et une grève par exemple a ce résultat-là et c'est tout à fait normal et on peut l'entendre. Mais jusqu'à quel point ? Et combien de temps ?
Une dernière question Hélène Boulanger. Au fond, vous semblez comprendre cette colère en tant que président d'université puisqu'avec France Université, vous venez de publier un manifeste intitulé « Faisons de la jeunesse une grande cause nationale ». C'est une réponse politique qu'il faut à cette crise ? C'est ce que vous demandez au gouvernement ?
Il
faut des réponses immédiates, des annonces qui permettent de ramener de l'apaisement dans nos établissements. Il faut aussi que s'engage un grand débat politique dans la perspective des présidentielles 2027.
Quelle mesure en particulier pourrait être prise tout de suite
?
Alors immédiatement, pour nous, la mesure la plus importante, c'est la revalorisation des bourses. Il y a une réforme des bourses qui est restée en suspens il y a quelques années et qui aboutit à ce que l'étudiant au plus haut niveau de bourse n'ait pas de quoi subvenir à ses besoins pour étudier. On ne
peut
pas laisser cette situation durer. Il faut nous permettre de recruter les enseignants dont nous avons besoin puisque nous avons toujours autant d'étudiants et d'étudiantes à former. Et il faut enfin activer ce qui va nous permettre d'adapter le bâti universitaire, les bâtiments dont on parlait tout à l'heure, au dérèglement climatique. Ce sont les mesures immédiates que nous attendons et nous espérons que nous nous mettions tous ensemble pour nous occuper de la jeunesse. Il faut construire pour eux un futur désirable. Et on ne peut pas leur dire, on vous donne les clés du camion et débrouillez-vous avec. Il faut travailler avec eux pour le construire, ce futur désirable. Et il est possible.
Et ça, c'est un propos extrêmement optimiste qui nous permet de nous sortir de la chape de plomb sous laquelle nous évoluons depuis des semaines maintenant.
Merci Hélène Boulanger, présidente de l'Université de Lorraine et vice-présidente de France Université.