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InterviewBFM TV — BFM Politique (sur Podcast)· 11 octobre 2020 40 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéÉconomie & entreprisesSolidarités & familleTransports

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France - 11/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez le sentiment d'abord d'être soutenu par le ministère de l'Intérieur ?

  • 2:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est vraiment, on est dans une violence qui est totalement décomplexée ?

  • 3:16RelanceRéponse directe

    Mais en l'espèce, à Herblay, là, à Champigny, il n'y a pas d'armes.

  • 4:49RelanceRéponse directe

    Vous avez commencé votre intervention en parlant de scène de guerre. Est-ce que c'est le bon vocabulaire ?

  • 5:33OuverteRéponse directe

    En tant que présidente de la région Île-de-France, est-ce que vous avez constaté, depuis le déconfinement, une évolution de la délinquance ?

  • 7:38OuverteRéponse partielle

    Est-ce que, d'abord, vous allez décrocher le portrait de Sophie Petronin de la façade de l'hôtel de région, et surtout, est-ce que vous comprenez la polémique autour des conditions de sa libération ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:40InvitéFait
    « nous avons réalisé dans les travaux de sécurisation un sas »
  • 3:01InvitéFait
    « On a aujourd'hui des délinquants, des voyous qui sont armés face à des forces de l'ordre qui ne le sont pas toujours »
  • 3:52InvitéChiffre
    « Le ministre de l'Intérieur nous a retiré 350 policiers dans les transports d'Île-de-France »
  • 3:56InvitéChiffre
    « Moi, j'ai rajouté 1000 personnels de sécurité dans ces transports »
  • 4:24InvitéChiffre
    « On a libéré des milliers de prisonniers pendant le Covid »
  • 5:48InvitéFait
    « le confinement a tari les ressources d'une partie de l'économie souterraine, et notamment les ressources du trafic de drogue »
  • 6:48InvitéFait
    « On constate une recrudescence très forte des actes de vol, de violence dans les transports en commun »
  • 10:41InvitéChiffre
    « Nous allons ouvrir 250 places supplémentaires pour former les infirmières en Île-de-France en septembre »
  • 12:03InvitéFait
    « La région vient de décider de passer à trois jours de télétravail »
  • 15:47InvitéFait
    « Je vois monter la pauvreté »
  • 22:31InvitéChiffre
    « C'est des aides entre 3 000 et 100 000 euros pour les tout-petits, pour les très petites entreprises »
  • 23:21InvitéFait
    « Les demandeurs du RSA sont toujours plus nombreux »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur12 %
  • Présentateur 28 %
  • Invité 27 %

4,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

BFM politique avec Edwige Chevrillon pour BFM Business, David Doucan pour Le Parisien, notre invité, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. Bonjour, bienvenue. L'actualité dans votre région est extrêmement dense ces dernières heures. Un commissariat attaqué à Champigny-sur-Marne cette nuit, une quarantaine de personnes qui ont essayé d'entrer. Il y a eu des tirs de mortiers, ils étaient armés de barres de fer, de battes de baseball. Ils ont essayé de pénétrer. Heureusement, pas de blessés, des dégâts. Le maire de Champigny-sur-Marne s'appelle Laurent Jeanne, il est membre de votre mouvement libre.

J'imagine qu'on commence à en avoir assez, parce que c'est une nouvelle fois que ce commissariat est attaqué.

0:43
Invité

Alors, ces scènes de guerre, littéralement, sont intolérables. Il n'est pas admissible que des voyous se sentent libres de faire ce qu'ils veulent dans le quartier du Bois-la-Bé. Il s'agit d'une cité sensible de Champigny que je connais bien, et je connais bien ce commissariat en particulier, puisque la région, il fait partie des commissariats prioritaires que la région a financés. Parce que j'ai signé une convention avec le ministère de l'Intérieur pour que la région investisse puissamment sur la sécurité, qui est une des premières préoccupations des Franciliens. Donc, nous attendons des renforts de police, de police nationale, pour sécuriser ce quartier du Bois-la-Bé.

Je me rendrai évidemment au commissariat en sortant de votre plateau. J'ai eu Laurent Jeanne au téléphone. Il est absolument inacceptable de constater de tels actes dans la République.

1:29
Présentateur

Mais ça n'arrête pas. Ce commissariat, au-delà des condamnations, il a été, à un moment donné, attaqué tous les jours.

1:35
Invité

Oui, c'est pour ça d'ailleurs que la région l'avait identifié comme un des commissariats à sécuriser en priorité. Et d'ailleurs, nous avons réalisé dans les travaux de sécurisation un sas. Et ce sas d'entrée du commissariat a protégé les policiers. Parce qu'il y avait 40 personnes qui arrivaient avec des barres de fer pour les lyncher. Et donc, s'il n'y avait pas eu ce sas qui a été construit il y a quelques mois à peine, inauguré il y a quelques mois à peine, il y aurait eu beaucoup plus de dégâts humains. Je voudrais rendre une nouvelle fois hommage aux policiers. Vous savez, aujourd'hui, il est de bon ton parfois de critiquer la police.

Eh bien, quand on voit ce qui se passe à Champigny, on voit que nos policiers, ils nous protègent au péril de leur vie. Ça s'est passé à Herblay aussi, cette semaine. Cette semaine, vous savez, à Herblay, trois policiers qui étaient en train de travailler sur un kidnapping ont été pris à partie par les voyous, ont été tabassés à mort, puisqu'il y en a un qui est aujourd'hui en pronostic vital engagé. Donc moi, je crois qu'aujourd'hui, il serait utile que nous rendions tous hommage à ces policiers en opération qui risquent leur vie.

2:39
Présentateur

Bonjour Valérie Pécresse. Est-ce que vous avez le sentiment d'abord d'être soutenu par le ministère de l'Intérieur ? Est-ce qu'ils sont derrière vous ? Parce que vous dites que ce n'est pas la première fois que ça se passe, notamment à Champigny. Est-ce que c'est vraiment, on est dans une violence qui est totalement décomplexée ? Il n'y a plus de tabou, notamment vis-à-vis des forces de l'ordre ?

2:57
Invité

Le problème, c'est que les armes se sont répandues dans nos cités. On a aujourd'hui des délinquants, des voyous qui sont armés face à des forces de l'ordre qui ne le sont pas toujours. Je pense notamment aux polices municipales. C'est pour ça que je plaide pour l'armement des polices municipales en soutien de la police nationale.

3:16
Présentateur

Mais pardon de vous interrompre, mais en l'espèce, à Herblay, là, à Champigny, il n'y a pas d'armes. À Champigny, ce sont des barres de fer.

3:24
Invité

À Herblay, ils ont tiré sur les policiers.

3:25
Présentateur

Oui, mais avec leurs armes de service, avec les armes qu'ils ont volées aux policiers. Donc c'est une autre forme de violence. Ce ne sont pas des hommes qui sont armés.

3:32
Invité

À Champigny, vous ne pouvez pas dire qu'ils ne sont pas armés. Ils sont arrivés avec des barres de fer et des mortiers. Donc c'est des armes par destination. Ce ne sont pas des pistolets, mais c'est des armes par destination. Et j'ajoute que le sujet aujourd'hui en Ile-de-France, il est clair. Nous avons besoin de plus d'effectifs, de police. Et je l'ai dit au ministre de l'Intérieur, de la police nationale. Le ministre de l'Intérieur nous a retiré 350 policiers dans les transports d'Ile-de-France. Moi, j'ai rajouté 1000 personnels de sécurité dans ces transports.

Mais les personnels de sécurité ou les polices municipales n'ont pas les mêmes prérogatives ni les mêmes outils que la police nationale. Donc il faut que les polices municipales montent en puissance. Il faut que les services de sécurité et de transport montent en puissance. Mais il faut aussi, et c'est impératif, que le ministère de l'Intérieur renforce ses effectifs dans les quartiers les plus gangrénés par la grande criminalité. Et puis derrière tout ça, il y a la question de la sanction. La sanction. On a libéré des milliers de prisonniers pendant le Covid. Ces milliers de prisonniers... Ils étaient en fin de peine, hein ?

Ils étaient en fin de peine, mais enfin, ils étaient quand même en prison. Vous savez ce qu'il faut avoir fait pour être en prison ferme, aujourd'hui, en France, avec tous les aménagements de peine qui permettent de ne pas y aller. Donc aujourd'hui, quand vous libérez des prisonniers, vous libérez des multirécidivistes, très souvent. Et ces multirécidivistes, on est en train de les retrouver aujourd'hui dans la rue. David. Bonjour Valérie Pécresse. Je vous ai bien écouté. Vous avez commencé votre intervention en parlant de scène de guerre. Est-ce que c'est le bon vocabulaire ? Quand on voit attaquer un commissariat par une bande, je pense qu'il faut appeler les choses par leur nom. Voilà.

Dans la République, dans ma République, on n'attaque pas un commissariat. On n'ose pas attaquer un commissariat. La guerre... Si on se permet tout, à ce moment-là, il n'y a plus de limites. Mais la guerre, c'est pas ça, Valérie Pécresse ? Vous avez vu les images ? Vous avez vu les tirs de mortier ? Vous avez vu l'agression ? Ça ne vous parle pas ? Quand on est en guerre, l'adversaire, l'ennemi, on veut le détruire. Est-ce que c'est la volonté que doit avoir l'État face à ces comportements qui sont effectivement inacceptables ? Ah oui, on doit avoir la volonté de détruire ces comportements inacceptables. Oui, tout à fait. J'élargi le sujet sur la délinquance.

En tant que présidente de la région Île-de-France, est-ce que vous avez constaté, depuis le déconfinement, précisément, une évolution de la délinquance, à la fois dans sa forme et dans son ampleur ? Ce qui se passe, me semble-t-il, c'est que pendant le confinement, le confinement a tari les ressources d'une partie de l'économie souterraine, et notamment les ressources du trafic de drogue. Et donc, il y a aujourd'hui, évidemment, et ça se voit, des guerres de territoire. Et derrière, l'idée, c'est qui va récupérer le profit qui a été perdu. Donc, on voit bien qu'aujourd'hui, effectivement, le Covid a eu une influence sur ces réseaux, les a rendus plus durs, et a accentué la guerre des gangs.

On l'a vu à Saint-Ouen, où vous avez vu que des bandes se sont affrontées, et où il y a eu des personnes sur lesquelles on a tiré dessus, parce qu'on était dans un contexte de guerre de bandes. Et les victimes, est-ce qu'elles ont évolué ? Il n'y a plus beaucoup de touristes en Île-de-France. Est-ce que cela aussi a un impact sur la forme qu'est en train de prendre la délinquance dans votre région ? Absolument. On constate une recrudescence très forte des actes de vol, de violence dans les transports en commun. Je vous ai dit que j'avais renforcé de 1 000 personnes les effectifs de la sécurité, de la SNCF, de la RATP. On a fait appel à des vigiles privés.

Mais aujourd'hui, et c'est ce que vous dites, les réseaux de pickpockets organisés, les réseaux de délinquance, ils s'attaquaient beaucoup aux touristes. Et notamment aux touristes asiatiques, qui étaient réputés avoir beaucoup de liquide sur eux. Et aujourd'hui, ces touristes ne sont pas là. Et donc, il y a certainement un effet report sur la population, avec des bandes et des réseaux mafieux qui n'ont plus de ressources, et qui vont les chercher ailleurs. C'est pour ça qu'il va falloir mettre le paquet sur la sécurité dans les mois qui viennent. C'est un impératif si on veut que la République soit partout chez elle.

7:28
Présentateur

Edwige. Valérie Pécresse, vous avez encore, je crois, accroché le visage de Sophie Petronin de la façade de l'hôtel de région, l'ancien hôtel de région. Est-ce que, d'abord, vous allez le décrocher, et surtout, est-ce que vous comprenez la polémique autour des conditions de sa libération ? Et j'ai envie de dire, en fait, il faudrait plutôt parler de Marianne Petronin. Est-ce que vous avez compris un peu ce qui s'est passé ? Est-ce que vous demandiez plus de transparence sur les conditions de cette libération ?

7:56
Invité

La région avait été extrêmement émue par la détresse de Sébastien Petronin, le fils de Madame Petronin. Et nous avons été émues, nous avions appelé à sa libération, et nous avions effectivement affiché son portrait, parce qu'elle était la dernière otage française détenue. J'ajoute que le Mali est dans une situation absolument catastrophique, que les ravisseurs de Sophie Petronin sont des djihadistes islamistes. Il faut quand même prononcer le nom et pas se cacher derrière son petit doigt. Et donc, nous avions accroché son portrait sur l'hôtel de région. Il sera évidemment décroché, nous attendions qu'elle soit revenue sur le sol français.

8:36
Présentateur

Mais après, c'est les propos qu'elle a tenus, les propos, les conditions de cette libération ? Vous avez toutes les explications nécessaires ?

8:44
Invité

Écoutez, je ne connais rien des conditions de sa libération. Elles relèvent du gouvernement de la France. Ce que je sais, c'est plusieurs choses. C'est que, un, la France aujourd'hui est un élément puissamment stabilisateur au Sahel, et nos soldats, aujourd'hui, luttent pied à pied contre les djihadistes. Et donc, tout ce qui pourrait laisser à penser que nous approuvons les actes de ces djihadistes, pour moi, serait tout à fait condamnable. Ils vont avoir des ennemis supplémentaires face à eux, nos soldats ? Oui, il y a des contreparties, là. Écoutez, je ne sais pas quelles ont été les conditions de cette libération. Je ne sais pas qui en est le responsable, aussi.

C'est le gouvernement malien, en partie. Je n'ai pas les informations pour vous répondre.

9:25
Présentateur

Je voudrais que nous parlions du Covid, s'il vous plaît, maintenant, Valérie Pécresse. On apprend ce matin que des soignants travaillent alors qu'ils sont positifs au Covid. Ça se passe à Nantes, notamment, et ça, avec la bénédiction du Haut Conseil de Santé, la direction de l'établissement à Nantes, qui invoque la continuité des soins. Est-ce que vous avez connaissance de cas similaires en Ile-de-France ? Et est-ce que c'est une pratique que vous cautionnez ?

9:47
Invité

D'une manière générale, quand il s'agit de santé, je respecte les prescriptions des autorités sanitaires. Je ne me juge pas suffisamment autorisée, suffisamment compétente pour pouvoir juger, de savoir si le fonctionnement de l'hôpital doit être comme ci ou comme ça.

10:04
Présentateur

Mais en tant que responsable politique, vous pouvez les interroger.

10:06
Invité

En revanche, ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, la situation, notamment dans ma région, dans notre région, est alarmante. Qu'il y a énormément de tensions sur le système hospitalier. Et qu'il y a aussi du découragement de la part des personnels. Je crois que le Parisien s'en faisait l'écho ce matin. Effectivement, c'est des échos que nous avions eus sur le fait qu'un certain nombre d'infirmières, d'aides-soignants, de personnels paramédicaux ne voulaient pas revivre une deuxième vague. Et donc, la région est en train de se mobiliser puissamment pour former le plus rapidement possible des personnels supplémentaires.

Nous allons ouvrir 250 places supplémentaires pour former les infirmières en Ile-de-France en septembre.

10:47
Présentateur

Si des gens travaillent en étant positifs, c'est parce qu'il n'a pas suffisamment de personnes pour prendre le relais. Si demain, je vous repose la question, vous apprenez que dans des hôpitaux de votre région, des médecins, des infirmières, des aides-soignants vont travailler en étant positifs au Covid, ça ne vous posera pas de problème ?

11:04
Invité

Si les autorités sanitaires considèrent que ces personnes ne sont pas en situation de transmettre le virus et que leur présence est indispensable à la continuité du service hospitalier, je me rangerai à leur avis. Mais ce que vous dites est très juste. Le sujet aujourd'hui, c'est que nous devons impérativement limiter la propagation du virus. Et on doit vraiment faire preuve d'autodiscipline. Parce que quand je vois ces tensions sur l'hôpital, je m'inquiète. Vous savez que l'Ile-de-France, elle est écarlate au centre, Paris, Petite-Couronne. Et pour l'instant, la Grande-Couronne échappe à l'écarlate. Mais les frontières sont totalement poreuses.

Avec les déplacements qui se font, moi je crains que l'Ile-de-France tout entière passe à l'écarlate. Je crains que nous devions faire face, dans les jours, dans les semaines qui viennent, à des nouvelles mesures privatives de liberté. Donc j'appelle à la fois à l'autodiscipline, mais j'appelle aussi massivement les entreprises et les administrations au télétravail. La région vient de décider de passer à trois jours de télétravail. Il faut absolument y aller pour essayer de bloquer ce virus. Nous devons trouver un chemin très étroit en le maintien de l'activité et la lutte contre la pandémie.

Valérie Pécresse, de par votre position institutionnelle, j'ai le sentiment que vous avez des informations. Vous dites que vous craignez des mesures de restriction de liberté supplémentaires dans les jours qui viennent en Ile-de-France. Vous avez des informations ? J'ai entendu Aurélien Rousseau, le directeur de l'Agence régionale de santé, nous dire que la marée allait être forte en Ile-de-France. Et cette information, elle ne doit pas passer inaperçue et elle ne doit pas nous conduire à vivre comme avant. Cette information, elle est précieuse, elle nous informe, elle nous dit faisons attention, prenons les mesures.

N'attendons pas que le gouvernement soit obligé d'interdire pour faire nous-mêmes ce que nous pouvons. C'est un appel à la responsabilité des entreprises, des administrations, des acteurs économiques, mais aussi des particuliers, des citoyens. Vous trouvez, Valérie Pécresse, que nos concitoyens, que nous, au fond, français, ne sommes pas suffisamment responsables ? Ce que je crois, c'est que nous avons été soumis à des injonctions très contradictoires. Très contradictoires. De la part du gouvernement ? Et de la part de tous ceux qui nous transmettent des informations. Donc les médecins ? Il y a le gouvernement, mais il y a aussi toutes les personnes qui s'expriment.

On entend dire une chose, on entend dire son contraire. Et la vérité, c'est qu'il y avait une forme d'insouciance à la rentrée. Une forme d'insouciance, parce que nous n'avions pas d'informations qui nous permettaient de douter qu'il n'y aurait pas de deuxième vague. Aujourd'hui, on le sait, il va y en avoir une. On sait qu'il va y en avoir une, et l'Agence régionale de santé nous met en garde, nous dit, elle va être forte en Ile-de-France.

Donc ce que je dis, c'est vraiment prenons toutes les mesures, prévenons les choses pour éviter des mesures qui seraient plus attentatoires à nos libertés, et qui pourraient porter, et ça aussi c'est une source de préoccupation très forte, atteinte à notre activité économique. Et je voudrais dire un mot spécifique pour l'Ile-de-France. L'Ile-de-France a une structure d'activité qui est un peu singulière. Nous avons 400 000 personnes qui vivent en Ile-de-France, du tourisme, de l'aérien, de l'aéroportuaire, de l'événementiel, des salons. Et ces personnes-là, elles sont totalement frappées par le Covid.

Les autres régions sont plus résilientes dans leur mode, dans leur structure économique que nous. Et donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on doit absolument se battre pied à pied contre le virus.

14:35
Présentateur

Justement, il faut dire quand même que l'Ile-de-France, c'est un tiers de la richesse nationale, donc ça pèse très lourd. Alors, mais est-ce que cette politique un peu de stop and go du gouvernement et du haut conseil scientifique, etc., des autorités, on va dire, est-ce que ça pénalise pas du reste la confiance qui était un peu revenue, alors peut-être qu'il y avait une forme d'inconscience, mais au retour de l'été ? Parce qu'une fois, on vous dit que tout s'arrête, après il faut dire maintenant qu'il faut continuer. Donc, il y a un message qui est quand même assez contradictoire. Est-ce que vous ne dites pas un peu comme en Allemagne ?

À la limite, bon, reconfinement pendant 15 jours, et après, ou au contraire, responsabilité, appel à la responsabilité des Français. Vous voyez, je trouve que ce stop and go a une influence très néfaste sur l'économie notamment, sur la confiance.

15:16
Invité

Sur l'économie ou sur les comportements, en fait, plutôt ? Parce qu'en réalité, on se demande s'il faut le faire, pas faire, enfin, je suis totalement d'accord avec vous, je suis totalement d'accord avec vous. Je pense, moi, qu'il faut avoir une ligne directrice très nette. La ligne directrice, c'est poursuivre au maximum l'activité, travailler au maximum de ce qu'on peut faire, parce que derrière, il y a l'emploi, derrière, il y a la situation sociale des familles, derrière, il y a des personnes qui ne pourront plus payer leur loyer, qui ne pourront plus même acheter à manger.

Vous savez qu'on a fait un plan alimentaire pendant tout l'été, la région, qu'on va ranimer là, pour cet hiver, de distribution alimentaire dans les villes. Donc, je vois monter la pauvreté. Donc, il faut maintenir au maximum l'activité, mais il faut aussi se discipliner et éviter au maximum les interlocuteurs.

16:06
Présentateur

L'Éric Pémez, en fait, pardon, mais le résumé un peu de ce qu'on vient de dire, les Français sont perdus. Et la sensation que nous avons, c'est que les responsables politiques ont également été perdus, ou le sont encore. Est-ce qu'on a le droit, quand on est responsable politique, de dire, je ne sais pas ? Personne n'a dit aux Français, je ne sais pas.

16:24
Invité

En ce qui me concerne, j'ai souvent dit je ne sais pas, parce que les autorités sanitaires ont des informations que nous, les élus locaux, nous n'avons pas forcément. Mais quand je sais, c'est-à-dire aujourd'hui, quand je sais qu'il y a une tension sur l'hôpital, quand je sais que des personnels soignants sont fatigués, et quand je sais qu'on ne peut pas déprogrammer désormais les opérations des personnes qui ont un cancer, des personnes qui ont des maladies cardiovasculaires, parce qu'on les a déprogrammées il y a six mois, mais on ne les déprogrammera plus, parce qu'on ne peut pas les laisser en souffrance.

Donc quand on a ces informations, c'est les informations que j'ai, les seules que j'ai, eh bien on doit dire les choses clairement. Et je dis autodiscipline, je dis télétravail, je dis aussi au gouvernement que j'aimerais qu'on généralise le plus rapidement possible les tests minutes, les tests faciles à faire, parce que la politique de test ne s'accommode pas de délai de deux ou trois jours pour avoir les résultats. Donc voilà, je pousse un cri de femme qui a un certain nombre d'informations et qui veut les partager.

17:22
Présentateur

Valérie Pécresse, restez avec nous, on marque une très courte pause, et nous revenons tout de suite dans BFM Politique. La suite de BFM Politique avec Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, et nous continuons à parler de la pandémie Covid-19, David.

17:41
Invité

Vous avez, Valérie Pécresse, ce midi sur BFM TV, lancé un appel à la responsabilité, mais vous êtes aussi en position d'agir. Vous êtes présidente de la région Île-de-France, par exemple dans les transports. Est-ce que vous prenez des initiatives pour limiter les risques de contamination dans les transports franciliens ? Absolument. Alors d'abord, on a mis en place un protocole avec la RATP, la SNCF et les bus, un protocole qui est au standard les plus protecteurs du monde. On nettoie trois fois les transports par jour. On a mis des dizaines de millions d'euros pour pouvoir désinfecter, nébuliser des produits virucides.

On a mille points de distribution de gel hydroalcoolique aujourd'hui dans les transports, et on va encore augmenter. Mais il faut aussi, évidemment, qu'on n'ait pas une trop grande densité et des mouvements de foule. C'est pour ça que j'ai appelé au télétravail, j'ai appelé aussi au lissage des heures de pointe. Nous avons signé avec toutes les entreprises franciliennes une charte, les appelant à faire arriver leurs salariés sur des plages horaires beaucoup plus larges, de 7h du matin jusqu'à 10h. C'est effectif ou pas ? Ou ils ont signé et puis ensuite ils ne l'ont pas fait ? Ils l'ont fait plutôt bien au printemps, mais moi j'appelle à ce qu'on reparte là-dessus à l'automne aussi.

C'est très important. Et sur la ligne 13, qui est la ligne la plus chargée d'Île-de-France, dans sa partie nord, la bonne nouvelle, c'est que la ligne 14 va ouvrir le 17 décembre. Et demain, je serai sur la ligne 13 pour faire les premiers voyages inauguraux des premiers métros de la ligne 14.

19:14
Présentateur

Les lycées sont les prérogatives de la région, leur gestion. Vous avez également été en charge des universités dans un gouvernement. Les lycées qui, avec les collèges, représentent la moitié des clusters dans l'enseignement supérieur, sans parler des universités. Est-ce que les mesures prises sont suffisamment fortes ? Est-ce qu'il ne faut pas fermer simplement les lycées et les universités ?

19:30
Invité

Alors sur les lycées, nous, ce que nous avons fait, c'est que nous nous sommes mis en situation de faire face à toutes les situations. J'ai distribué un ordinateur pour chaque lycéen qui rentre et aussi des ordinateurs à leurs professeurs. Ça veut dire que si aujourd'hui, on nous dit, en Ile-de-France, il faut fermer les classes, ou si on nous dit, il faut faire des demi-classes, eh bien on peut le faire, puisque nous avons les ordinateurs qui permettent de faire des classes virtuelles, qui permettent d'assurer la continuité pédagogique.

19:57
Présentateur

Au même titre que vous dites aux entreprises, faites le télétravail, est-ce que vous ne dites pas au ministère de l'Éducation nationale, fermez les lycées ?

20:03
Invité

En tout cas, en Ile-de-France, moi je suis pour la régionalisation des mesures sanitaires et pour la régionalisation du plan de relance. Je pense que ce serait absurde d'imposer les mêmes mesures dans ma chère Corrèze, à laquelle je suis très attachée, ou en Ile-de-France. Tout ça dépend évidemment de la circulation du virus. Non mais je vous le dis parce que, quand on a confiné toute la France l'année dernière, peut-être qu'on aurait pu simplement confiner les régions les plus touchées et laisser les autres continuer à vivre normalement. Je le dis, c'est important parce que sur les lycées, les lycées d'Ile-de-France sont prêts aujourd'hui.

Les ordinateurs sont distribués aux professeurs, aux enseignants et aux élèves.

20:38
Présentateur

Mais vous ne répondez pas à ma question. Est-ce que vous, vous estimez qu'il faut fermer les lycées d'Ile-de-France ? Il faut aller plus loin, quoi.

20:42
Invité

Aujourd'hui, je n'ai pas les données en main pour proposer des mesures plus coercitives. Ce que je sais, c'est que si ces mesures devaient être prononcées, nous sommes prêts. Et j'ai même fait un travail, qu'on aurait sans doute dû faire à l'Éducation nationale, celui de fournir aux enseignants des ordinateurs pour la continuité pédagogique. On a fourni aussi des masques pour que les élèves puissent revenir. Et par ailleurs, j'ai signé avec des agences d'intérim des contrats qui permettent de remplacer tous les personnels malades. Vous savez, la région fait le ménage, la région fait la cantine, fait l'accueil.

Donc si nous avons des personnels malades, nous avons un accord avec des agences d'intérim qui permet de les remplacer. On a remplacé déjà 100 agents depuis la rentrée et on en a recruté 120 supplémentaires. Sur les lycées, nous étions prêts à une deuxième vague. Nous l'avions anticipée. Je ne suis pas sûre que ce soit le cas du ministère.

21:28
Présentateur

Valérie Pécresse, vous tenez des propos quand même assez alarmants par rapport à cette deuxième vague, cette marée de cette pandémie. Est-ce que vous ne pensez pas que ça va complètement contrecarrer le plan de relance qui est en train de discuter à l'Assemblée nationale mais qui va être mis en place par le gouvernement et qui a déjà été mis en place ? Est-ce que là, ça va arrêter, stopper peut-être, cette reprise économique qui était un peu là ? Vous avez évoqué le gouvernement.

21:50
Invité

Il y a un risque et c'est pour ça que nous nous battons. Nous nous battons pour que le plan de relance se concrétise très vite. Et là-dessus, j'ai vraiment quelque chose d'important à dire. C'est que relancer, ce n'est pas seulement mettre de l'argent dans une ligne budgétaire. Relancer, c'est concrétiser des projets. Et il y a un enfer bureaucratique qui s'est révélé avec la crise Covid. Et on le voit à la fois, on l'a vu sur les masques, on l'a vu sur les tests. La complexité pour obtenir les autorisations est inacceptable. Je vais vous donner un exemple. Nous, nous avons, les régions, créé ce qu'on appelle le fonds résilience. Nous sommes un certain nombre de régions à l'avoir fait.

C'est quoi ? C'est des aides entre 3 000 et 100 000 euros pour les tout-petits, pour les très petites entreprises, pour les indépendants, pour les TPE, les PME. C'est d'ailleurs une aide que, la semaine prochaine, je vais élargir pour que tous les restaurateurs, toutes les entreprises de l'événementiel qui emploient parfois 30, 40, 50 salariés puissent en bénéficier. Donc, on va étendre résilience des entreprises de moins de 20 salariés à 40 salariés. Ce fonds résilience, il est distribué par des entreprises de l'ESS qui instruisent les dossiers. Eh bien, aujourd'hui, ça ne correspond pas aux règles. Ça ne correspond pas, ça ne rentre pas dans les cases.

Et donc, il faut que je me batte, qu'il faut que je remonte jusqu'au ministre, jusqu'au Premier ministre pour obtenir de pouvoir verser cette aide. Ça n'est pas acceptable. Simplifié, mais je voudrais qu'on parle aussi des inégalités qui sont en train d'exploser. Les demandeurs du RSA sont toujours plus nombreux. En fait, la crise est sur nous. La réalité, c'est que nous y sommes. Le plan de relance vise à préserver l'activité. Mais on peine à voir les initiatives pour le pouvoir d'achat, pour aussi préserver le pouvoir d'achat des plus précaires de nos concitoyens.

Est-ce que vous considérez, Valérie Pécresse, qu'il faut, par exemple, augmenter le RSA ou en simplifier les conditions d'accès ? À ce stade, ce que je voudrais surtout, c'est qu'on lutte pour préserver de l'entrée dans le RSA nos concitoyens. Alors, qu'est-ce que nous proposons ? Dès que les personnes ont leur emploi menacé ou quand elles s'inscrivent à Pôle emploi, nous avons ouvert en septembre 40 000 nouvelles formations dans les métiers qu'ils vont recruter. Parce que le paradoxe de cette crise Covid, c'est qu'il y a effectivement des secteurs qui sont vraiment à plat, qui sont vraiment en danger, mais vous avez des secteurs qui explosent, qui recrutent énormément.

Je pense évidemment à tout le secteur de la santé, du sanitaire et du social, mais je pense au numérique. On a besoin aujourd'hui de reconvertir nos ingénieurs, nos techniciens dans le numérique. Je pense à la sécurité, je pense à tout ce qui est métier du bâtiment, de la construction, les métiers de l'environnement. Le plan de relance va relancer la construction puissamment en Ile-de-France et en France. Donc, il faut qu'on arrive à faire cette reconversion des salariés. Et donc, nous, nous avons mis en place une prime de 1 000 euros pour inciter toutes les personnes à s'engager dans ces formations.

Et nous allons faire un travail avec Pôle emploi pour amener tous ceux qui sont fragilisés aujourd'hui vers ces nouvelles formations pour leur permettre de rebondir. Parce que le mot « rebondir » est très important. Et je vois des secteurs qui vont croître en 2021. Et donc, ce serait paradoxal d'avoir beaucoup de chômeurs

25:08
Présentateur

et des secteurs qui cherchent des salariés. Je recevais, il y a quelques jours, Augustin Dromanet, qui est le président d'Aéroports de Paris. Donc, c'est Roissy. Donc, évidemment, c'est Orly. Il poussait un cri d'alarme en disant « Mais on est en train de mourir à petit feu. Et si on ne fait rien dans les semaines, c'est vraiment une question de survie. » Il expliquait le pourquoi de cette situation dramatique. C'est qu'en fait, on ne pouvait pas avoir accès à des tests, des tests qui donnent confiance pour aller voyager, pour prendre son avion. Il disait « On nous bloque. » « On nous interdit. » « Je pourrais mettre tout en place. » « Mais on nous interdit.

» Pour vous, c'est un enjeu majeur, évidemment. Parce que Roissy, c'est tous les touristes qui arrivent en France. C'est évidemment les commerçants qui sont des lits du petit free shop. Donc, qu'est-ce que vous pouvez faire ? Peut-être pour débloquer la situation. C'est ce que je vous disais sur le fait

25:52
Invité

qu'il faut dénormer, déburocratiser pour pouvoir relancer. Et dénormer, ça veut dire effectivement expérimenter des nouveaux tests. On a des expérimentations qui sont en train d'être faites sur les tests antigéniques. On a des tests minutes. On a des expérimentations qui sont faites dans d'autres pays sur des chiens qui reniflent le virus. Donc, il faut qu'on avance plus vite. Il faut qu'on aille plus vite dans la validation de ces tests et dans leur généralisation. Et là où je vous rejoins complètement, c'est que nous avons besoin que le transport aérien puisse reprendre, que les déplacements puissent reprendre. Mais pour cela, il faut ramener la confiance.

David, une question sur la bataille politique qui commence à s'engager. On le voit bien pour la région Île-de-France. On comprend qu'Audrey Pulvar, actuellement conseillère de Paris, dans la majorité de Mme Hidalgo, pourrait être candidate. Et ce matin, elle lance une proposition qui est de dire que tous les transports en Île-de-France devraient être gratuits. Que pensez-vous de cette idée, Valérie Pécresse ? Vous me permettrez peut-être de paraphraser Michel Audiard. Michel Audiard disait « Les démagogues, ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnaît ». Voilà. Alors, ce n'est pas le mot « démagogue ». Il n'avait pas employé le mot « démagogue », mais moi, je le paraphrase.

C'est violent, la citation. Mais oui, mais parce que les transports gratuits, ça n'existe pas. Les transports, ça coûte 10,8 milliards d'euros par an en Île-de-France. Il y a 4 milliards qui sont apportés par les voyageurs quand ils prennent leurs tickets. Si on fait la gratuité, il va falloir trouver ces 4 milliards. Alors, si ce n'est pas les voyageurs qui payent, ce sera les contribuables. Donc, on va aller dire aux cyclistes, on va aller dire aux piétons, on va aller dire aux retraités qui ne prennent pas les transports en commun, aux automobilistes, on va leur dire « Vous allez payer 500 euros de taxes chaque année pour financer les transports ? » C'est ça, à peu près, selon vous ?

On a fait l'étude parce que Mme Hidalgo avait essayé de pousser ce sujet il y a quelques années, mais elle y avait renoncé, voyant justement que c'était absolument impossible. Juste Valérie Péguet. Non, mais on va me dire « Ah non, non, mais ce n'est pas grave, les entreprises peuvent payer ». Alors là aussi, c'est une idée intéressante. Les entreprises payent déjà. Elles payent 4 milliards tous les ans de ce qu'on appelle le versement mobilité. Et le versement mobilité, c'est intéressant. C'est une taxe sur les salaires. C'est une taxe sur les salaires.

Ça veut dire que si vous doublez le versement mobilité qui passe de 4 à 8 milliards, si vous demandez aux entreprises de payer, eh bien les salariés auront une retenue sur salaire qui sera de 50 euros par mois. Alors voilà, il faut arrêter de prendre les transports, de prendre les franciliens pour des canards sauvages. En un mot, est-ce que Mme Pulvard doit selon vous clarifier sa position ? Est-ce qu'elle doit dire qu'elle est candidate ? Écoutez, aujourd'hui, le temps des campagnes pour moi n'est pas venu. Aujourd'hui, le temps des campagnes viendra. Mais il y a une crise. Il y a une crise sanitaire extrêmement grave.

Moi, je dois, et les franciliens m'ont fait confiance pour cela, je dois aider les franciliens à se relever. Je dois aider les très petites entreprises. Je dois aider les demandeurs d'emploi. Je dois aider les étudiants dans la continuité pédagogique, en leur donnant des chèques numériques et en amenant des apprentis à l'université pour permettre aux étudiants de s'en sortir. Je dois travailler avec mes lycéens pour que, justement, apprennent quelque chose et que ce n'est pas une génération sacrifiée. À ce sujet, Audrey Pulvard, pour terminer là-dessus,

29:22
Présentateur

elle vous critique très vertement sur votre gestion des lycées. Alors, je la cite. Elle estime qu'il est incroyable que dans une région aussi riche, et je le rappelais tout à l'heure, c'est vrai, mais il soit, ces lycées, dit-elle, dans un tel état de dérédiction, sauf dans les villes qui sont chères à la présidente de la région. Elle parle de vous, évidemment.

29:42
Invité

Quand je suis arrivée à la tête de la région, qui a été dirigée pendant 17 ans par la gauche, 17 ans, il y avait 200 lycées vétustes, 200 lycées vétustes, et il y avait 20 000 élèves qui étaient dans des prêts fabriqués parce qu'on n'avait pas construit de lycée neuf. La gauche devrait faire un méa culpa sur la façon dont elle a géré les lycées de ville de France. Donc quand je suis arrivée, qu'est-ce que j'ai fait ? Il y avait 2 milliards d'euros d'investissement prévus dans les lycées. J'ai passé ce chiffre à 5 milliards d'euros, 5 milliards depuis 2016. Et nous avons des dizaines de chantiers en cours aujourd'hui, deux fois plus que sous la précédente mandature.

Alors, je vais vous dire une chose. S'il y a encore des toilettes à la Turque dans les lycées d'Île-de-France, c'est pas moi qui les ai construites. Et c'est pas moi qui, pendant 17 ans, n'ai rien fait pour les remplacer.

30:29
Présentateur

Valérie Pécresse, évidemment, vous avez retenu comme nous cette phrase d'Emmanuel Macron qui dit « Il faut sauver ce qui existe, quoi qu'il en coûte. » « Quoi qu'il en coûte. » Et ce « quoi qu'il en coûte », évidemment, n'est pas passé inaperçu, parce qu'il coûtera un jour quelque chose. Cette gestion coûtera quelque chose aux futures générations. Ça coûtera beaucoup, selon vous, et à qui ?

30:50
Invité

Il faut éviter que notre tissu économique ne s'effondre. Et ça, c'est très important. Et vous avez parlé de la montée de la grande pauvreté, et moi, je la ressens. On a aujourd'hui une montée du RSA, on a une montée... Et si la société française se clive en deux, alors on peut aller vers une catastrophe sociale. Donc oui, il faut relancer, quoi qu'il en coûte. Et oui, il faut faire redémarrer l'économie, quoi qu'il en coûte. Mais ça n'empêche pas de bien dépenser l'argent. Mais quoi qu'il en coûte, pardon,

31:23
Présentateur

nous parions des lycéens il y a quelques instants, Valérie Pécresse. Ce sont eux, dans 10 ans, dans 15 ans, qui paieront, puisque un jour, inéluctablement, vous le savez mieux que personne, il faudra payer. Vous avez été en charge du budget, il n'y a pas d'agent magique.

31:35
Invité

C'est vrai, mais en même temps, on a, en France, on a dans le monde, une puissance de création de richesse, de création de valeur, qui fait qu'à un moment donné, on pourra faire face à ces dettes. Aujourd'hui, le sujet, il est vraiment de bien dépenser l'argent. Il ne faut pas qu'on...

31:55
Présentateur

On fait un pari sur l'avenir, quoi.

31:57
Invité

Non, mais il ne faut pas dépenser pour dépenser. Relancer, ce n'est pas systématiquement dépenser. C'est bien dépenser. Donc la question, c'est où est-ce qu'on va mettre cet argent et où est-ce qu'il va être le plus utile. Il est utile dans les investissements publics. Il est utile dans l'éducation. Il est utile dans la santé. Donc il est utile dans la transition écologique. Donc profitons de cet argent pour se relever plus fort. Moi, je crois qu'on peut se relever plus fort. Aujourd'hui, l'île de France va faire un grand... Enfin, on en est à la troisième phase du plan de relance. On a fait un premier plan de relance pour sauver l'économie.

Ensuite, on a fait un plan de relance pour investir dans l'écologie. Et là, aujourd'hui, on arrive dans les investissements transports, les investissements recherche, les investissements culturels. Donc je pense qu'on peut, par l'investissement,

32:45
Présentateur

vraiment aider à se relever le pays. Néanmoins, vous en parliez tout à l'heure avec David Doucault. On voit bien qu'il y a une montée des inégalités qui a augmenté avec cette crise de la Covid. Est-ce que vous pensez qu'il faudrait un volet quand même demain dans ce plan de relance qui, pour l'instant, n'existe pas ? C'est un chèque vert, par exemple, un chèque consommation pour les plus démunis. Est-ce qu'il faut quelque chose ?

33:04
Invité

Nous, on le fait du côté de la région. Quand on donne un ordinateur gratuit à chaque élève, c'est en réalité une mesure de pouvoir d'achat aussi. Quand on fait un pass Navigo à petit tarif pour les retraités ou pour les enfants de moins de 11 ans, c'est des mesures de pouvoir d'achat. Le chèque numérique de 100 euros dont je vous ai parlé pour les étudiants, c'est une mesure de pouvoir d'achat. Donc oui, il faut mixer des mesures d'investissement public avec des mesures de pouvoir d'achat. C'est essentiel d'ailleurs. Au printemps, nous avions, nous, fait un chèque de 100 euros pour les familles les plus démunies des lycéens pour compenser le fait qu'il n'y avait plus de cantines.

Vous savez, parce que... Donc oui, bien sûr, il faudra maintenir à flot les familles les plus menacées, les plus fragiles. David Ducon. Alors, les politiques mises en place par la maire de Paris vous concernent directement, puisqu'elles concernent, au fond, tous les franciliens. Quand Mme Hidalgo, dans Le Parisien, il y a une semaine, annonce la couleur concernant les quais hauts et en disant la traversée de Paris d'Est en Ouest, il faut oublier, en voiture, bien sûr, en voiture thermique individuelle. Quelle réaction cela vous inspire-t-il ? Mais je crois que la maire de Paris ne dit pas que cela. Elle dit la traversée de Paris, il faut oublier.

Elle dit on va supprimer une voie sur le périphérique. Et elle dit aussi, on va diviser par deux le nombre de places de stationnement. Le sujet, aujourd'hui, il est simple. Nous sommes en crise économique extrêmement grave. En crise économique extrêmement grave. On ne peut pas transformer l'île de France en embouteillage géant. Donc, il faut concerter. Toutes ces mesures-là, elles doivent être concertées à l'échelle de la région. Elles doivent faire l'objet, d'abord, de mesures compensatoires. Et on ne peut pas... Mais absolument pas. Là, vous n'avez pas été concertée sur les K.O., sur le périphérique.

Je vous le dis, aujourd'hui, l'île de France n'est pas prête à supprimer une voie sur le périphérique. Ce n'est pas possible. Il faut attendre que le Grand Paris Express, ce grand métro qui va tourner autour de Paris, soit construit. Donc, c'est à l'horizon 2030. Donc, oui, on peut imaginer réduire la place de la voiture dans Paris. Mais aujourd'hui, la priorité, c'est maintenir l'activité économique et l'emploi pour tous ceux qui sont affectés par la crise Covid. et pas marquer un mépris absolu pour la banlieue, ceux qui y habitent et ceux qui y travaillent. Parce que les Parisiens qui travaillent en banlieue, ils ont aussi beaucoup, beaucoup de mal à s'y rendre parfois.

Donc, il faut absolument que nous travaillions en commun et qu'on ne fasse pas de la démagogie. Sur la pollution, parce que le vrai sujet, ce n'est pas la lutte contre la voiture, c'est la lutte contre la pollution. Sur la pollution de l'air, la priorité, et là où on devrait mettre toute notre énergie et tout notre argent, c'est la décarbonation des véhicules. Et c'est pour ça que nous, la région, on n'a pas du tout la même politique que la ville de Paris. Nous, qu'est-ce qu'on fait ? On propose des aides au remplacement des véhicules polluants. Des aides pour les artisans, pour les commerçants, pour les PME, les TPE. 3 000 à 9 000 euros pour qu'ils changent leur véhicule.

Et maintenant, on va voter cette semaine pour les particuliers. Les particuliers les moins aisés, ceux qui ne peuvent pas se permettre d'acheter une voiture propre. On va proposer une aide de 2 500 euros pour ce qu'on appelle le rétrofit des véhicules thermiques. Alors, c'est quoi le rétrofit des véhicules thermiques ? C'est quand on change un moteur thermique, on le change en moteur électrique. Alors, ça démarre, c'est une nouvelle technologie, et je voudrais en faire une filière industrielle francilienne pour que, pour un peu moins de 5 000 euros, 5 000, 10 000 euros, on puisse avoir une voiture électrique qui soit totalement électrique.

36:29
Présentateur

Valérie Précresse, une ou deux questions...

36:31
Invité

Donc, nous donnerons 2 500 euros d'aide à chaque francilien qui procédera au rétrofit de son véhicule.

36:36
Présentateur

Une petite question politique avant qu'on passe aux questions plus personnelles. Il y a les régionales en mars. Est-ce que vous serez candidate à votre réélection ? Est-ce que vous considérez, comme votre camarade de Haute-France, Xavier Bertrand, que ces régionales seront la primaire de la droite ?

36:48
Invité

Je vous l'ai dit, pour moi, le temps de la campagne n'est pas venu. Et les franciliens n'accepteraient pas, compte tenu de ce qui se passe aujourd'hui, que je puisse avoir, j'allais dire, un discours ou des actions qui seraient clivantes aujourd'hui. Aujourd'hui, il faut rassembler. Le fonds Résilience que j'ai mis en place pour les entreprises, je l'ai signé avec Mme Hidalgo, avec tous les présidents d'intercommunalité de droite comme de gauche.

37:10
Présentateur

Ce serait une forme de primaire pour les candidats de droite, si vous, comme Xavier Bertrand, êtes candidat, ce serait une forme de primaire pour déterminer qui serait le meilleur ?

37:17
Invité

Le jour où je serai candidate, je le serai à fond. Et pour moi, cette région, c'est ma passion et c'est un engagement en soi.

37:26
Présentateur

On va passer aux questions plus personnelles. Voici les cinq dernières minutes. Il y a, cet après-midi, question soufflée par mon camarade David Ducan, la finale de Roland-Garros entre Nadal et Djokovic. Vous êtes Nadal ou Djokovic, vous ?

37:47
Invité

Moi, je suis Nadal.

37:48
Présentateur

Est-ce que vous y serez cet après-midi, d'ailleurs ?

37:50
Invité

Oui, j'y serai. Je suis Nadal, mais quand même, j'aimerais qu'il y ait une belle finale. J'aimerais qu'il y ait du suspense.

37:54
Présentateur

Vous voulez 5-7, quoi ?

37:55
Invité

Je veux 5-7 au moins, comme d'habitude.

37:58
Présentateur

Si Nadal l'emporte, ce sera la 13e fois, Roland-Garros. Il est chez lui, Djokovic l'a emporté qu'une fois. Quel est le dernier film que vous avez vu ?

38:04
Invité

Alors, j'ai vu un film qui met de très bonne humeur et puis qui sort un petit peu de Paris, Antoinette dans les Cévennes.

38:11
Présentateur

D'accord.

38:11
Invité

Avec Laure Calamy, qui est une actrice extrêmement touchante. Voilà, une comédie française.

38:17
Présentateur

Quel est le dernier album que vous avez téléchargé ou que vous avez acheté ?

38:21
Invité

C'est Indochine. Ah oui ? Oui. C'est votre groupe préféré ? Nos célébrations. Écoutez, j'aime beaucoup Indochine. Et puis, j'ai un vrai projet avec eux parce qu'ils ont fêté leur 40e anniversaire, le 40e anniversaire du groupe.

38:36
Présentateur

Ce sera en jeu en Stade de France, je crois.

38:38
Invité

Exactement, en Ile-de-France. Et je pense qu'il faut qu'on en fasse un très bel événement parce que c'est quand même une très belle success story.

38:43
Présentateur

Est-ce que vous avez un livre à nous conseiller ? On a eu pas mal d'ouvrages politiques conseillés d'essai par les précédents invités. Est-ce que vous avez un roman, par exemple, à nous conseiller ?

38:51
Invité

Alors, j'ai des romans, mais j'ai quand même envie de vous conseiller un livre parce qu'il est bien adapté à la situation. C'est les mémoires de guerre de Churchill qui m'a été offerte, ça ne s'invente pas, par le professeur Didier Raoult. Il y a 10 ans, quand j'étais ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche et que je devais affronter des mouvements étudiants dans la rue au moment de la loi autonomie, le professeur Raoult, dont vous connaissez le panache et la fougue, m'avait dit, c'est extraordinaire votre courage face à la rue, etc. Je vais vous donner un maître à penser. Et il m'avait envoyé les mémoires de guerre de Churchill, donc ça vous rappelle le personnage.

Mais c'est un livre intéressant à lire aujourd'hui parce que ça montre effectivement comment on peut tenir dans la tempête.

39:36
Présentateur

Qu'est-ce que vous possédez de plus précieux, Valérie Pécresse ?

39:39
Invité

Ma famille.

39:39
Présentateur

Vous n'êtes pas la première à nous dire ça.

39:41
Invité

Oui, mais c'est peut-être vrai.

39:43
Présentateur

C'est peut-être vrai, je vous le souhaite. Et qu'est-ce que vous ferez dans deux ans ? Où est-ce que vous serez ?

39:49
Invité

En Ile-de-France.

39:51
Présentateur

C'est large. On peut préciser que l'Elysée est en Ile-de-France. L'Elysée est en Ile-de-France, évidemment. Par coïncidence, peut-être que ça n'empêche pas. Géographiquement, c'est une réponse qui marche aussi. Merci beaucoup, merci Valérie Pécresse d'avoir été avec nous aujourd'hui dans BFM Politique. Cher Edwige, cher David, nous nous verrons la semaine prochaine. A dimanche. Et je vous donne rendez-vous tout à l'heure à 18h pour BFM TBS.