Intervention sur BFMTV au sujet du passe sanitaire
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que le passe sanitaire n'est pas une mesure nécessaire pour éviter un confinement généralisé ?
- 7:00RelanceÉludée
Vous dites que c'est une obligation déguisée, mais est-ce que ça ne marche pas pour vacciner les Français ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas rendre le vaccin obligatoire pour les plus vulnérables plutôt que d'utiliser le passe sanitaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10François-Xavier BellamyFait
« C'est une remise en cause de notre modèle de société, parce que pour la première fois, les espaces publics dans notre pays, les actes du quotidien, les établissements recevant du public, des événements qui rassemblent les gens seront accessibles de manière différenciée aux citoyens français selon leur état de santé. »
- 2:30François-Xavier BellamyChiffre
« Plus de 3 millions de français ont pris rendez-vous depuis lundi soir sur toutes les plateformes, et pas seulement sur Doctolib, donc finalement ça marche. »
- 3:30François-Xavier BellamyFait
« Ce qui se dessine devant nous, c'est une société dans laquelle les citoyens vont être conduits à devenir en permanence les surveillants les uns des autres. »
- 5:00François-Xavier BellamyFait
« Rappelons quand même qu'il y a quelques mois, on nous disait que jamais le vaccin ne servirait à discriminer les Français. »
- 6:30François-Xavier BellamyFait
« Le vaccin est de nature à protéger, c'est ce qu'on nous dit, les plus vulnérables. »
- 7:30François-Xavier BellamyFait
« aujourd'hui en réanimation 100% des gens ne sont pas vaccinés »
- 8:30François-Xavier BellamyPromesse
« il faut vacciner les plus vulnérables, c'est une urgence absolue »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est une remise en cause de notre modèle de société, parce que pour la première fois, les espaces publics dans notre pays, les actes du quotidien, les établissements recevant du public, des événements qui rassemblent les gens seront accessibles de manière différenciée aux citoyens français selon leur état de santé. C'est la première fois dans notre histoire que nous mettons en œuvre une telle différenciation, et je crois qu'il y a là quelque chose comme un basculement, c'est vrai, un basculement très important, un très grave recul de nos libertés publiques, du sens de l'égalité de tous les citoyens devant la loi. Et il me semble que ça n'est pas la bonne manière pour une démocratie de répondre à la réalité de ce défi qui est devant nous, qui est le défi de l'épidémie.
Je ne suis pas du tout hostile aux vaccins. Je pense que les vaccins sont un prodigieux progrès scientifique. Nous l'avons rappelé avec le sénateur Loïc Hervé avec lequel nous avons signé ensemble cette tribune : nous n'avons aucune hostilité à l'égard de la science.
Ce que nous disons seulement, c'est que, lorsque nous sommes face à une crise, nous n'avons pas le droit de négocier sur nos principes fondamentaux. Parce que les principes fondamentaux, comme justement cette égalité de tous les citoyens en droit, comme la liberté, et le fait de protéger nos libertés publiques, ces principes fondamentaux, et bien ils valent justement pour garantir notre état de droit, y compris dans les moments de crise. Ce ne sont pas des privilèges pour les temps calmes, ce sont des garde-fous que nous devons tenir et qui doivent nous tenir dans des moments difficiles.
D'accord, c'est le principe, mais en pratique l'annonce d'Emmanuel Macron de ce passe sanitaire élargi a provoqué une ruée des Français vers la vaccination. Plus de 3 millions de français ont pris rendez-vous depuis lundi soir sur toutes les plateformes, et pas seulement sur Doctolib, donc finalement ça marche. On comprend bien sûr que les Français se disent qu'ils ne veulent pas avoir une vie impossible, et donc ils vont se faire vacciner.
C'est une forme d'obligation déguisée, et il me semble d'ailleurs que d'un pur point de vue politique, d'un point de vue démocratique, il y a quelque chose de très hypocrite dans une telle décision. J'aurais préféré que, si le Gouvernement était vraiment si certain que la vaccination de tous les publics est nécessaire pour faire face à l'épidémie, j'aurais préféré que l'état prenne ses responsabilités, et décide que, par exemple, le vaccin est obligatoire. Mais en réalité, ce qu'il se passe est d'une certaine façon bien plus grave, parce que ce qui se dessine devant nous, c'est une société dans laquelle les citoyens vont être conduits à devenir en permanence les surveillants les uns des autres.
C'est-à-dire pour aller prendre un café en terrasse, le patron du bistrot va devoir vous demander votre document de santé et votre carte d'identité. Et c'est cette société-là qui me semble extrêmement inquiétante. Je suis - prenons un exemple tout simple , j'organise depuis des années à Paris un cycle de conférences de philosophie dans un théâtre.
Et je ne veux pas être celui qui demande à ceux qui viennent dans ce théâtre, avec toute mon équipe, de produire tous les soirs leurs documents de vaccination et leurs pièces d'identité ; ça n'est pas mon rôle ! Je ne suis pas policier, je ne suis pas gendarme. Et je pense qu'on va dans une situation assez préoccupante renoncer à ce qui fait la protection de la vie privée, la protection des données privées, la protection des données les plus importantes de la vie privée, c'est à dire les données de santé, et puis la construction d'un espace à deux vitesses ou encore une fois chaque Français va devoir déterminer ce à quoi a droit à son voisin, et ce à quoi il n'a pas droit.
Et cette société-là, encore une fois, je ne veux pas vivre dans ce monde-là. Et c'est ce que nous avons dit tout simplement avec avec Loïc Hervé. Je ne suis pas, je vais vous dire quelque chose de très simple, je ne suis pas contre le fait que certains vaccins soient par exemple obligatoires pour les enfants - lorsqu'il s'agit de protéger leur santé d'une maladie qui peut être très grave pour eux ou pour leur prochain.
Ce que je dis simplement, c'est que il faut que l'État assume les obligations qu'il délivre, et il faut d'ailleurs, soit dit en passant, c'est aussi une partie du débat dans lequel nous sommes aujourd'hui, que l'État assume une parole claire et qu'il tienne ses engagements. Rappelons quand même qu'il y a quelques mois, on nous disait que jamais le vaccin ne servirait à discriminer les Français. Il y a quelques semaines encore quand le passe sanitaire a été déployé en France, on nous a garanti que jamais il ne servirait à conditionner des actes du quotidien - seulement des événements d'une grande importance.
Et aujourd'hui, on a l'impression que le Gouvernement, que le chef de l'État revient sur la parole donnée avec une telle rapidité, avec une telle légèreté, qu'il y a de quoi s'inquiéter pour l'avenir de nos libertés. Oui mais François-Xavier Bellamy, il y a une urgence sanitaire, il y a ce variant Delta qui change la donne, qui est plus contagieux. On veut éviter la 4e vague, et surtout ses effets, c'est à dire un confinement généralisé, et ça tout le monde peut le comprendre.
Donc finalement, est-ce qu'il ne faut pas en passer par ces mesures, certes restrictives, comme le passe sanitaire, pour éviter le confinement, un énième confinement généralisé ? Mais je crois que quelque chose a changé la donne entre les deux, c'est-à-dire le vaccin. Le vaccin est de nature à protéger, c'est ce qu'on nous dit, les plus vulnérables.
Moi si vous voulez, depuis le début de l'épidémie, je me suis toujours tenu à un principe très simple : il faut que les médecins fassent de la bonne médecine et que les politiques fassent de la bonne politique. Donc je ne me suis jamais aventuré sur le terrain de la médecine. Mais j'écoute le ministre de la Santé qui nous dit qu'aujourd'hui en réanimation 100% des gens ne sont pas vaccinés - c'est dire que si on est vaccinés, on ne va pas en réanimation.
Si je prends au sérieux ce que dit le ministre de la Santé, alors il faut vacciner les plus vulnérables, c'est une urgence absolue, bien sûr, c'est ce qui est le plus indispensable, parce qu'on sait très bien, avec un an et demi de recul, on sait qui le Covid frappe prioritairement, ont sait chez qui il est de nature à susciter des formes graves. Donc ces personnes-là, il faut bien sûr qu'elles soient vaccinées. Une fois que ce sera fait, on n'aura pas besoin de retourner en confinement.
Je suis d'accord avec vous monsieur Bellamy, je suis d'accord, ce sont les plus de 65 ans qui ont été les victimes du virus, notamment aussi ceux qui avaient des comorbidités. Mais une fois qu'on a dit ça : vous voulez là une vaccination obligatoire pour ces personnes là uniquement ? Il s'agit surtout de déployer une stratégie vaccinale, en particulier en termes de communication, de pédagogie, en mobilisant tous les acteurs de la chaîne de la santé, en particulier auprès des plus vulnérables, il me semble que ça n'est pas infaisable.
D'autres pays européens le font. Et le point clé, je le redis, c'est que lorsque les plus vulnérables sont protégés par le vaccin, alors il n'y a aucune raison de retourner dans un confinement ; ça fait maintenant quelques jours qu'on nous explique, avec une espèce de chantage un peu improbable, que c'est soit le passe vaccinal, soit le confinement. Moi je dis très simplement que, grâce justement aux progrès de la médecine, nous avons la chance de pouvoir ne pas avoir à choisir entre ces deux manières de renoncer à nos libertés essentielles.
Le confinement était certainement une mesure compréhensible lorsqu'on était face à une épidémie qu'on ne connaissait pas, et que la priorité était bien sûr de faire tout ce qui était possible pour protéger les Français ; maintenant qu'on a un an et demi de recul, il me semble que nous avons les moyens d'appliquer des réponses plus différenciés. Et je pense, je vais vous dire une chose, je pense en particulier aux plus jeunes, parce que les plus jeunes dans notre pays ont connu cette situation terrible de devoir être privés, privés de leurs relations sociales, privés de leur accès à certaines expériences éducatives, à l'école parfois, privés de leurs amphis - je pense à tous les étudiants, à tous les étudiants de notre pays. Et aujourd'hui, on leur explique que, alors que la vaccination leur est accessible depuis seulement quelques jours, ou quelques semaines, on leur explique que c'est de leur faute si on va être demain en train de reconfiner.
Je crois que ce discours-là, il est très dangereux. La vaccination c'est un grand progrès qui mérite qu'on prenne ce débat avec un peu plus de rationalité, pour être à la hauteur de ce grand pays de science, et de ce grand pays démocratique qu'est la France. Merci François-Xavier Bellamy.
Vous êtes venu vous expliquer après cette tribune qui fait beaucoup réagir sur le passe sanitaire, qui est donc, on voit bien, toujours en débat.
François-Xavier Bellamy