Conférence de Francois-Xavier Bellamy (octobre 2016)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 48 %Attaque 39 %Défensif 13 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:19Invité politiqueChiffre
« en France 22 % des collégiens en troisième été répertoriés par le c2 comme étant en situation d'échec et la définition de la situation d'échec selon l' ocde ces incapables de prolonger ses études et de parler d'eux et de participer de manière active et efficace à la vie de la société »
- 1:57Invité politiqueChiffre
« un rapport de l'éducation nationale paris en 2013 sur la lecture et l'écriture disait que 19 % des élèves de 3e étaient incapables de donner sens à une information même simple »
- 4:30Invité politiqueChiffre
« nous avons aujourd'hui le système scolaire le plus inégalitaire de tous les pays de l' ocde »
- 7:27Invité politiqueFait
« vous êtes de jeunes enseignants vous ne devez surtout pas transmettre un savoir »
- 28:28Invité politiqueFait
« la culture est une catastrophe absolue pour les hommes la culture est une malédiction pour la nature humaine »
- 42:57Invité politiqueFait
« pourquoi voulez vous transmettre des savoirs puisqu'ils sont tous sur internet à portée de clic »
- 46:02Invité politiqueFait
« grâce aux tablettes que vous allez leur offrir vos enfants sont enfin débarrassé de vous et j'espère que vous en êtes très heureux ils sont rendus à leur liberté à leur créativité immédiate »
- 46:43Invité politiqueFait
« rousseau quand son élève à 18 ans nous fait une description des mines à la fin de son oeuvre qui est merveilleuse de cohérence est le propre d'un grand auteur sait qui est dans sa cohérence »
- 47:54Invité politiqueFait
« émile n'est pas un sauvage fait pour habiter dans la nature c'est un sauvage fait pour habiter dans les villes »
- 49:16Invité politiqueFait
« pourquoi cette idée merveilleuse se révèle être un cauchemar est bien parce qu'au fond de cette idée merveilleuse il y à une erreur il y à un oubli majeur »
- 49:51Invité politiqueFait
« pierre bourdieu est parti du postulat que la transmission était une catastrophe pour la nature humaine »
- 50:30Invité politiqueFait
« nous sommes tous bords josien tous et ceux qui sont les plus à droite comme ceux qui sont les plus à gauche d'une certaine façon vous trouverez aussi bien des sociologues de gauche que des entrepreneurs très libéraux qui vous diront en même temps qu'il faut reconcentrer l'école sur une mission qui est la préparation de la vie économique de demain »
- 51:41Invité politiqueChiffre
« la culture est un capital c'est tout et il faut enfin le dur aux enfants et il faut enfin ne dure pas »
- 52:59Invité politiqueFait
« si la culture est un bagage nous avons parfaitement raison de tenter par tous les moyens de confier ce bagage à quelqu'un qui le portera pour nous et ce quelqu'un nous l'avons trouvé ce quelqu'un c'est internet »
- 53:37Invité politiqueFait
« la question au fond qui est posée est la suivante que serions nous aujourd'hui que seriez-vous aujourd'hui sans la culture qui vous a été transmise est ce que vous seriez plus vous même aujourd'hui sur la culture qui vous a été transmise »
- 55:31Invité politiqueFait
« qui a appris au petit coucou ce qu'il devait faire pour éliminer ses concurrents dans la lutte pour la survie personne »
- 57:24Invité politiqueFait
« le petit bébé humain n'ayons pas peur de le dire il paraît assez démunis et même il a l'air assez parfaitement ridicule »
- 1:00:00Invité politiqueFait
« nos parents n'ont pas créé en nous la faculté de parler d'ailleurs s'il l'avait fait il aurait pu la créer aussi dans des plantes ou des animaux »
- 1:01:51Invité politiqueFait
« vous avez eu des notes et parfois même des mauvaises notes et vous avez eu du rouge sur vos copies »
- 1:03:04Invité politiqueFait
« conclut roland barthes qu'il ne peut y avoir de liberté qu'en dehors de la langue »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
c'est une grande joie de venir parler avec vous de cette question de la crise de l'éducation de la crise de l'école mais c'est aussi une charge lourde à porter est d'autant plus difficile à porter que malheureusement montré grand regret je n'ai pas pu assister à la totalité de la conférence du docteur pommereau je suis rentré dans la salle au moment où il disait qu'à 30 ans aujourd'hui on est un vieil adolescent et se trouve que j'ai 30 ans donc je ne suis pas venu ici chercher des pokémon rares malgré ce que disait le docteur pommereau malgré tout c'est vrai et il est parfaitement évident que mon jeune âge me donne bien peu d'autorité pour aborder ces questions d'éducation aussi je voudrais tout de suite préciser que je ne les abandonnerai pas ici en expert je ne parle pas d'expérience je suis un bébé prof j'ai encore tout à apprendre de ce merveilleux métier mais je voudrais peut-être simplement partager avec vous ce que la philosophie peut nous aider à comprendre de la crise éducative qui traverse notre pays et qui est au coeur me semble-t-il de la crise que nous traversons collectivement que nous avons le sentiment de traverser et qui se manifeste sous des formes très diverses et notamment peut être aujourd'hui puisque ça a été au coeur des réflexions de ce matin aussi bien dans la première que dans la seconde conférence à travers la question de cette désagrégation très profonde du tissu social en france qui se manifeste par le départ de certains jeunes vers des zones de combat par d'une façon beaucoup plus général d'une forme de délitement que nous avons le sentiment de vivre de fait j'ai commencé à m'intéresser à ces questions en découvrant l'ampleur de la crise éducative que nous traversons et cette crise nous avons au moins la chance de pouvoir l'a constaté de façon unanime c'est au moins une chance de la situation contemporaine comment tout le monde est d'accord sur le constat un constat qui n'est pas rose en france vous le savez la dernière enquête pisa nous là nous l'a appris en 2013 en france 22 % des collégiens en troisième été répertoriés par le c2 comme étant en situation d'échec et la définition de la situation d'échec selon l' ocde ces incapables de prolonger ses études et de parler d'eux et de participer de manière active et efficace à la vie de la société 22 % des collégiens de 3e la même année un rapport de l'éducation nationale paris en 2013 sur la lecture et l'écriture disait que 19 % des élèves de 3e étaient incapables de donner sens à une information même simple et de fait nous les retrouvons ces jeunes quelques années après et évidemment ce sont les premières proies de la radicalisation les premiers bhl du jihadisme en france nous savons aussi que c'est 20 % de jeunes français qui sont en situation d'échec nous les retrouverons quelques années plus tard au moment des journées de défense et de citoyenneté qui ont remplacé la jia qui a remplacé le service militaire c'est l'occasion pour nous de faire un test de lecture vous savez que si vos enfants vos petits-enfants ayant participé vous avez pu le voir à l'oeuvre les journée défense et citoyenneté sont l'occasion de réaliser sur toute une classe d'âge à 18 ans un test de lecture c'est vraiment un test de lecture de de détection des tristes mais il s'agit de lire un programme de cinéma et de dire à partir d'un programme de cinéma à quelle heure pastel film auquel acteurs jouent dans telle production et bien cet exercice en 2015 dans les dernières statistiques disponibles représentait un un effort un exercice très difficile ou insurmontable pour 19 % des jeunes interrogés c'est toujours le même la même proportion dira un jeune français sur 5 mai un temps considérable à répondre à la question ou bien ne sait pas y répondre tout simplement ou bien se trompe dans dans la réponse et koch la mauvaise case ce qui correspond donc à une définition de l'illettrisme totale ou partielle ensuite on peut évidemment modifier le diagnostic me voyez que nous sommes évidemment dans dans une difficulté très grave dans la transmission de ce qu'il ya de plus élémentaires c'est à dire la capacité de lire et de déchiffrer sa propre langue nationale et ceci évidemment constitue une occasion de s'inquiéter sur la qualité de notre vie politique à venir de notre vie démocratique à venir de notre vie économique à venir etc alors évidemment vous vous dites peut-être que tout ceci paraît singulièrement alarmant et vous avez sans doute le sentiment de ne jamais avoir rencontré directement cette crise éducative peut-être beaucoup d'entre vous ont ils l'impression de ne pas connaître ce jeune français sur cinq qui peinent à lire correctement à la fin de la classe de troisième et bien moi j'ai eu l'occasion de les rencontrer et c'est la raison pour laquelle je me suis intéressé à ces questions puisque j'ai commencé par enseigner en enseignant la philosophie on enseigne toujours un terminal j'ai commencé à enseigner comme tous les jeunes collègues dans des dans ce qu'il est convenu d'appeler des quartiers est difficile les quartiers sensibles était en en zone urbaine sensible en banlieue parisienne et là j'ai rencontré des classes de terminale de terminale générale bien souvent avec des des élèves de terminale s de terminale es qui pour la moitié d'entre eux ou un gros tiers d'entre eux ne savaient pas lire le français ne savaient pas lire le français correctement alors qu'ils avaient fait la totalité de leur scolarité en france de fait la répartition de ces élèves en échec et très inégalitaire et nous avons aujourd'hui et c'est la dernière statistique que je suis très premier parce que le but n'est pas de vous laisser ici inutilement dépressif et déconcerté mais la dernière statistique qu'il faut citer c'est que et là encore c'est la dernière enquête pisa qui nous l'a appris et c'est une grande claque pour nous qui nous prétendons méritocratique et républicains nous avons aujourd'hui le système scolaire le plus inégalitaire de tous les pays de l' ocde c'est à dire celui qui reproduit le plus les inégalités sociales de départ on peut dire en france que c'est le pays dans lequel le parcours scolaire d'un élève et le plus facilement prédictible de son milieu social d'origine et deuxièmement c'est le système scolaire dans lequel l'éloignement la distance entre ceux qui réussissent et ceux qui échouent est le plus grand et de fait nous avons toujours des étudiants qui réussissent magnifiquement bien et les étudiants de hec qui ont la chance de rencontrer le professeur chaigneau réussissez et portent haut les couleurs de la france dans leur métier en france et à l'étranger nous avons toujours de très brillants étudiants qui sortent dans les grandes écoles mais la distance qu'il ya entre eux et ceux qui échouent et ceux qui sortent du système scolaire à ses marges et à ses périphéries cette distance ne cesse de s'accroître et donc nous sommes devant évidemment une difficulté majeure donc j'ai commencé à m'intéresser à cette question quand j'ai rencontré ces élèves de terminale dont la moitié ou un gros tiers peinait à lire le français je confesse que j'ai mis du temps avant de me rendre compte il a fallu que évidemment que que je me rende compte par moi-même c'est au mois novembre je me rappellerai toujours que je me suis rendu compte qu'il y avait la moitié des élèves de ma classe qui visait pas le français et à la pause je cours dans la salle des profs et j'étais prêt à faire un signalement enfin je dis à mes à mes collègues il ya une élève dans ma classe qui ne sait pas lire hélas tous les collègues explose de rire et me disent mais ya que maintenant tu te rends compte mais il ya la moitié de cette place qui sait pas lire et le collègue d'anglais sympathique et bonhomme me donne une tape dans le dos et me dit mais tu sais on se laisse toujours avoir moi j'ai 15 ans de métier et pourtant je me suis encore laissé prendre il ya quinze jours j'ai voulu montrer un film en anglais à mes élèves j'ai dit on va regarder en anglais sous-titré comme ça ça va travailler votre accent au bout de dix minutes j'ai dit j'ai dû arrêter il n'avait pas le temps de lire les sous titres ça peut paraître amusant mais est-ce qu'on se rencontre comme le monde et violent quand on ne sait pas lire sa propre langue nationale est ce qu'on se rend compte comme l'école et violente quand on a du mal à déchiffrer les intitulés d'un exercice donc c'est évidemment un problème vraiment décisif et un problème vraiment trafic et j'ai commencé aussi à m'intéresser à cette question parce qu'en même temps que je découvrais l'ampleur de la catastrophe je vivais aussi une expérience qui a été pour moi à la fois passionnante et traumatique et l'expérience de ma formation d'enseignants l'expérience de l'iufm j'ai eu la joie de faire partie de la dernière promotion des iufm ce qui a été vraiment une grande expérience de révélation pour moi l'iufm pour pour ceux qui ne connaissent pas le métier d'enseignant c'est l'année de formation qui suit immédiatement les concours vous passez votre concours dans une discipline particulière le capes ou l'agrégation et ensuite votre première année d'enseignement est consacrée à mi-temps à vos classes et à votre autre mi-temps à votre formation d'enseignants et c'est parfaitement normal parce que c'est tout autre chose de connaître sa discipline c'est tout autre chose de savoir la faire partager et donc il était parfaitement normal que nous allions nous former pour devenir de bons enseignants aujourd'hui les iufm ont disparu puis sont réapparues sous le nom d'espèce démontrant par là l'extraordinaire capacité de l'éducation nationale a inventé des acronymes toujours plus compliqué pour désigner des réalités qui elles ne changent jamais dont nous allions à l'iufm pour devenir de bons enseignants et il n'y a rien d'étonnant à cela mais ce qui est très étonnant c'est le contenu de la formation qui nous y avons reçues qui pourrait se résumer à une devise à un maître mot à un dogme professée par l'inspecteur qui nous a reçus dans le métier lors de sa première intervention et qui nous a dit pendant une heure d'intervention alors qu'il accueillait 300 jeunes professeurs dans le métier vous êtes de jeunes enseignants vous ne devez surtout pas transmettre un savoir vous ne devez pas transmettre des connaissances surtout pas pourquoi parce que si vous transmettez des connaissances ça veut dire que vous savez des choses que vos élèves ne connaissent pas donc vous les mépriser voulait considérer comme des ignorants en tous les cas vous les traitez ignorants et vous les enfermer dans la posture de récepteurs passifs voulait condamner à subir le savoir qui de façon verticale descend sur eux et avec ce savoir voulait condamner à subir votre autorité cette autorité qui les empêchent d'être les auteurs de leur propre représentation du monde les auteurs de leurs propres convictions les auteurs de leur propre savoir par conséquent il ne faut pas transmettre un savoir il faut que l'enseignant soit celui qui va créer les conditions dans lesquelles l'élève va produire son propre savoir encore une fois dans un souci de liberté de l'élève dans un souci de permettre à l'élève de permettre à l'enfant d'être le maître de ses propres représentations et pour tout dire et c'est le thème de votre université d'être le maître de son propre destin dans être lui même l'auteur d'en être lui-même l'acteur si nous nous substituons à lui en faisant descendre vers lui un savoir qu'il sera condamné à répéter mécaniquement nous l'enfermant dans une discipline nous l'enfermant dans l'autorité magistrale et magistérielle du sachant que nous sommes et qui l'écrasent du tout le poids de son de son savoir et c'est la raison pour laquelle donc il s'agissait de transformer en profondeur l'espace de la classe à la façon dont vivaient les relations à l'intérieur de cet espace alors quand j'ai commencé à travailler sur cette question et à écrire les déshérités le petit livre qui me vaut votre invitation je me disais à moi même en écrivant mes jeux peut-être que j'ai vécu une expérience de formation un peu spéciale après tout on a tous eu dans notre vie des profs un peu fou et peut-être que pendant cette année j'avais eu des formateurs un peu particulier mais depuis que j'ai publié ce petit livre je reçois une quantité invraisemblable de courriers de collègues ou d'anciens collègues qui me racontent des témoignages encore plus incroyable que tout ce que j'ai vécu et de fait en plus la confirmation merveilleuse de cette vision pédagogique nous la trouvons aujourd'hui dans les réformes qui se présente à nous sur le terrain politique cette fois ci est ici je ne fais pas du tout politique parce qu'au fond il n'y a pas de lieu dans lequel l'action politique était marquée par une plus remarquable constance que l'éducation nationale la droite comme la gauche poursuivent exactement la même logique et au fond d'ailleurs c'est l'administration de l'éducation nationale et les sachant précisément de la pédagogie qui développent leur logique avec le soutien remarquablement appuyer des ministres de gauche de droite depuis 30 ans au fond la réforme du collège si vous la voyez telle qu'elle se présente à nous et qui va être appliqué dans quelques jours dans tous les collèges de france cette réforme du collège par exactement de ces principes là c'est par exemple les enseignements pratiques interdisciplinaire par lesquels nous voulons justement casser le carcan disciplinaire d'ailleurs cassé le carcan des disciplines le quart temps de l'autorité du maître dans les enseignements pratiques interdisciplinaire nous allons détruire des cours magistraux que nous supposons coercitif ennuyeux pénible pour les élèves et nous allons mettre les élèves en activité pour qu'ils construisent par eux mêmes leur propre savoir sur des situations concrètes par exemple au lieu vous avez peut-être vu dans les polémiques qui se sont fait jour à la fin de l'année dernière au moment où les manuels ont été publiés et où la réforme est ainsi enfin devenue concrète au lieu de faire un cours de physique coercitif et ennuyeux un cours de biologie coercitif et ennuie un cours de français disciplinaire est insupportable eh bien nous allons travailler ensemble sur la mort de claude françois et les élèves vont écrire le rapport d' enquête sur la mort de claude françois et pour écrire le rapport d' enquête sur la mort de claude françois ils vont devoir inventer littéralement tous les cas produire par eux mêmes ou trouvés sur internet les savoirs nécessaires pour calculer le nombre d'hommes qui ont traversé le corps de ce malheureux claude françois quand il s'est malencontreusement accroché à son en plus électrique alors qu'il était dans sa baignoire bref nous avons la certitude que nous avons enfin trouvé la clé pour rompre l'ennui le ministère de l'éducation nationale propose sur son site quelques exemples de pays par exemple au lieu d'un cours d'anglais coercitif et ennuyeux et d'un cours de physique rébarbatif et insupportable et bien nous allons mettre les élèves ensemble et écrire un magazine en anglais sur les machines à vapeur voilà et c'est à dire les élèves vont produire leurs propres savoirs dans une activité sans s'en rendre compte de façon ludique de façon pratique de façon concrète plutôt que de recevoir un savoirs enseignés par le m voilà au fond ce qui a fait le le coeur de notre formation d'enseignant c'est une équation très simple et je crois qu'il serait beaucoup trop facile de penser qu'elle n'habite que l'esprit de quelques pédago goût douteux non non au contraire je pense qu'elle nous habite collectivement tous et mon propos ici n'est pas d'accuser un camp politique plutôt qu'un autre ce serait d'une facilité affligeante mon propos n'est pas non plus du tout de mettre en accusation l'éducation nationale comme si elle était responsable de nos maux mais de dire qu'au fond nous vivons avec dans notre inconscient collectif une équation qui nous a fait détruire la relation éducative une équation toutes simples qui nous dit que l'autorité de l'adulte l'autorité de l'enseignant l'autorité des parents l'autorité des institutions est toujours quelque chose qu'on retire à la liberté de celui sur qui elle s'applique que l'autorité de l'adulte s'exerce en retirant quelque chose à la liberté de l'enfant que l'autorité de l'état s'exerce en retirant quelque chose à la liberté du citoyen que l'autorité des parents s'exerce en retirant quelque chose à la liberté à la capacité d'initiative à la capacité de nouveautés de leurs enfants au fond c'est un scrupule c'est un scrupule bien intentionnés c'est une grande générosité qui nous a fait progressivement rejeter l'idée de transmission parce que nous avons été convaincus collectivement de manière implicite de manière inconsciente qui n'est pas moins efficace mais moins violentes parfois nous avons été convaincus que transmettre à un enfant quelque chose de ce que nous avions nous-mêmes reçu c'était le privé au moins un peu de sa liberté c'était le privé au moins un peu de sa capacité d'initiative de sa capacité de nouveautés de créativité d'imagination nous avons opposé la créativité par exemple et nous ne cessons dans le monde de l'éducation nationale nous ne cessons d'opposer la créativité de l'élève à l'autorité de l'adulte et nous voudrions défaire un peu de cette autorité pour permettre de rétablir un peu de créativité au fond si vous prenez l'échiquier politique voyez il ne s'agit que de modifications de curseur dans cette équation qui nous apparaît comme étant une évidence absolue vous aurez si je veut schématiser la chose vous aurez à gauche des gens qui diront il faut plus de liberté et donc moins d'autorité et vous aurez à droite des gens qui diront maintenant il faut plus de sécurité plus d'ordre plus de discipline et donc moins de liberté et plus d'autorité mais dans tous les cas nous en sommes convaincus il y à un curseur à placer car tout ce qui est donné à l'autorité est retirée à la liberté tout ce qui est donné à la liberté est retirée à l'autorité et nous sommes au coeur de la question que vous vous posez cette semaine que vous posez pendant ces deux jours qui vous réunissent comment être le maître de son destin comment mon enfant sera-t-il maître de son destin comment mon élève sera-t-il maître de son destin vous qui êtes j'en suis sûr nombreux parmi vous parents grands parents je suis sûr que vous avez déjà été un jour hanté par ce scrupule inconscient si je dis à mon enfance que je pense être bien ou mal si je lui dis ce que je pense être vrai ou faux ne suis-je pas en train de le priver un peu de cette capacité à être le maître de son propre destin alors bien sûr je le ferai au moins un peu bien sûr je vais lui donner quelques règles morales quelques règles sociales parce qu'il faut bien vivre en société et la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres pas faire n'importe quoi mais je le fais le moins possible et je le fais toujours avec une espèce de culpabilité inconsciente en me disant quand je transmets un enfant ceux qui sont en fait mes valeurs ceux qui sont en fait mes repères ceux qui sont mes convictions je les empêche d'être vraiment lui-même ce que je crois c'est que cette équation elle a une histoire elle a une histoire et cette histoire nous conduit à remonter très loin dans l'histoire de la philosophie et c'est ce que vous propose de faire brièvement ensemble avant d'essayer de répondre et de peut-être de déconstruire la déconstruction ou de revenir sur cette équation pour en montrer l'implicite erreur ou peut-être l'oubli qui s'y trouvent peut-être commençons par revenir un peu sur l'histoire de cette équation qui nous fait penser que tout ce qui est donné à l'autorité est retirée à la liberté alors pour faire une telle histoire il faudrait non pas des milliers mais des milliers de milliers de pages et il faudrait revenir sur des centaines d'auteurs importants sur des évolutions qui sont évidemment nuancé complexe difficile délicate et je n'ai vraiment pas le temps de me livrer mais peut-être essayons et pardonnez moi d'être très schématique et d'être obligé d'aller à l'essentiel est donc de manquer sans doute de nuances peut-être permettez moi de citer quelques noms qui me semble-t-il sont vraiment décisive dans ce basculement qui nous a fait regarder soudainement la transmission comme un obstacle à la nouveauté le premier de ces noms est sans doute le plus important le plus décisif dans le point de basculement c'est le travail de rené descartes des cartes vous savez en philosophie c'est le fondateur de la modernité en tout cas c'est le point de pivot qui nous fait entrer dans ce qu'on appelle en philosophie la modernité de descartes vous connaissez sans doute au moins une petite expression qui dit je pense donc je suis un ct s'était d'ailleurs soit dit en passant et en exemple qu'on nous donnait à l'iufm en isère un fils je fis surtout surtout pas de cours magistral vous avez compris vous ne rentrez pas en classe en disant à vos élèves bonjour aujourd'hui nous allons faire court sur des cartes des cartes a dit je pense donc je suis donc je vous ai expliqué pourquoi non non vous rentrez en cours on met les tables en quart et ont fait des ateliers participatifs des débats interactifs qu'est ce que tu penses de la vie qu'est ce que tu penses du bonheur qu'est ce que tu penses du travail ont fait des fresques murales en écrit des clips de rap bref et au bout de tout ce temps le professeur se fait le porte parole de ce que ces élèves ont produit dans leur génialité créatrice donc un des dispositifs pédagogiques qu'on nous proposait à l'uem c'était précisément l'exercice delà de la citation qui aujourd'hui on parle de la classe inversé on n'en parlait pas encore à ce moment là mais où c'est l'élève qui dit enseigner le maître en fait la classe inversé c'est le fait que l'élève se retrouve en position de délivrer un savoir alors vous rentrer en classe et vous dit à vos élèves je pense donc je suis de qui est cette phrase c'est l'exemple précis qu'on nous donnait alors bon bien sûr si vous faites le test les élèves répondent absolument n'importe quoi forcément ils n'ont pas fait de philosophie donc ils répondent pas nabila zlatan ibrahimovic et c'est au bout de un quart d'heure une demi-heure peut-être dans ce flot de nom qui sort il ya un élève qui par miracle ou par accident a lieu un jour les pales heureuse du dictionnaire et qu'il dit mais c'est pas de descartes par hasard ou bien vous allez chercher sur internet ou bien il y en a un qui va chercher sur internet pendant la classe et alors là vous avez perdu un quart d'heure mais non vous n'avez pas perdu un quart d'heure parce que vous pouvez dire à cet élève bravo tu as trouvé et il se sent valorisé dans sa posture de producteurs du savoir commun voyez que tout ce qui arrive n'est pas un accident du tout donc je pense donc je suis alors pour comprendre cette phrase il faut revenir sur l'itinéraire intellectuel de descartes que des cartes raconte d'ailleurs d'une façon très belle et très est très très émouvante dans les premières pages du discours de la méthode des cartes nous dit quand j'étais un enfant j'étais un très bon élève j'étais même le meilleur élève de mon école et j'étais dans la meilleure école de l'europe et comme c'est en europe qu'on faisait les meilleures écoles du monde enfin les seules écoles du monde à l'époque dans sa forme dans la forme scolaire qu'on leur connaît des cartes nous dit en substance au début du discours de la méthode quand j'étais un enfant j'étais le meilleur élève du monde et c'est pas une question d'orgueil mais c'est plutôt que des cartes fait le constat que on ne peut pas faire de meilleures études que celle qu'il a eu l'occasion de faire qu'on ne peut pas avoir de meilleurs professeurs que ceux qu'il a rencontrés tout ce qu'il fallait apprendre dit des gardes gelé a pris tous les livres on pouvait lire je les ai lu toutes les langues qu'il fallait apprendre je les ai apprises toutes les connaissances qu'il fallait retenir je les ai retenu et pourtant nous dit il au terme de ce cours d'étude à l'issue duquel on a coutume d'être reçu au rang de doctes je me rendis compte que je n'avais pas fait un pas pour sortir de mon ignorance sinon que j'avais désormais l'esprit embrumé d'une quantité de doute et d'erreurs mais carte dit j'ai passé tous mes diplômes et au moment où je suis censé être le plus avant je me pose cette question vertigineuse de tout ce que j'ai appris et posez vous cette question à votre tour si vous voulez de tout ce que vous avez appris à l'école de tout ce que vous avez appris de votre formation personnelle de tout ce que vous avez à l'esprit aujourd'hui comme étant vrai ou faux comme étant juste ou injuste comme étant beau ou laid de quoi êtes vous vraiment certain dans toutes vos convictions personnelles et dans toutes vos convictions personnelles dans tout ce que des cartes appelle les opinions que vous avez reçue en votre créance dans tout ce qui fait aujourd'hui l'image que vous avez du monde dans tout ce que vous croyez être vrai ou faux être juste ou injuste être bon ou mauvais qu'est-ce qui vient vraiment de vous dans tout ça de quoi être vous l'auteur dans votre propre personnalité en fait la catastrophe initiale de notre existence du des cartes c'est que nous avons tous été des enfants c'est ça le drame absolu pour l'homme moderne nous avons tous été des enfants et qu'est ce que ça veut dire avoir été un enfant regardez c'est très étonnant l'enfance avoir été un enfant ça veut dire avoir commencé notre vie par une période de fragilité intellectuelle temporaire quand nous étions des enfants nous avions eu l'intelligence bien sûr mais une intelligence pas encore complètement accompli pas encore complètement achevée et pas encore capable notamment de cette faculté qui n'advient qu'à l'intelligence de l'adulte et qu'on pourrait appeler la faculté critique la capacité de dire à quoi bon la capacité de dire mais pourquoi aujourd'hui si quelqu'un vous dit tu dois croire ceci vous lui répondez mais au nom de quoi devrais je le croire si quelqu'un vous dit tu dois apprendre cela vous me répondrez mai mais pourquoi dois-je l'apprendre mais quand on était des enfants regarder comme on était bonne poire quand même nos parents nous ont dit va à l'école on n'y a été on nous a dit assieds toi là on s'est assis on nous a dit après tout ça et nous on a tout appris et à la fin de tout ce parcours nous commençons notre vie d'adulte avec dans l'esprit entré comme par la brèche que constitue l état d'enfance toutes ces projections que les adultes ont fait entrer en nous tous ce tissu de préjugés qui vient du fond des âges et que personne n'a vérifié depuis bien longtemps toutes ces idées reçues que nos parents nous ont transmises que nos enseignants ont déposé en nous pour la simple raison qu'ils avaient eux mêmes reçu sans que personne ne sache à quoi ça rime sans que personne ne sache ce qui est vraiment sur l'a2 dans la vraie catastrophe de nutrition c'est que nous avons tous été des enfants et des cartes l'écrit dans le discours de la méthode la formule est magnifique pour ce que nous avons tous été enfant avant que d'être homme pour ceux que nous avons tous été enfant avant que d'être homme écrit des cartes et qui nous a fallu rester longtemps sous la suggestion de nos parents et de nos précepteur lesquels étant souvent contraire les uns aux autres nous était pas toujours favorables il est impossible que nous ayant l'esprit cydroine ici sûr que nous l'aurions eu si nous étions nés adultes dès le point de notre naissance en fait le rêve pour le cartésien que nous sommes tous au demeurant le rêve pour l'homme moderne serait était de n'être immédiatement adultes de naître avec la totalité de sa raison déjà formés et là nous aurions pu avoir précisément une vie qui soit vraiment la nôtre là nous aurions pu être les maîtres de notre destin mais non nous avons été des enfants alors comment est-ce que ça se répare et bien ça se répare par cet exercice très étonnant que des cartes nous propose dans les méditations métaphysiques des cartes nous dit voilà j'ai un peu roulé ma bosse pendant quarante ans j'ai un peu touché à tout mais maintenant je vais je vais tenter de réformer les choses de recommencer depuis le début de de faire une espèce de nouveau point de départ dans mon existence intellectuelle je prends quelques mois de vacances je pose tous mes rtt et d'un coup je me retire dans ma maison de vacances en touraine avec ma robe de chambre coin du feu et un bloc de papier et je vais faire le tri de toutes mes opinions et toutes mes idées de toutes mes idées de toutes celles qui ne sont pas absolument certaine de toutes celles dont je ne peux pas être par moi-même absolument certain je considère désormais qu'elles sont complètement fausses je les écarte de ma pensée c'est le doute qui devient une méthode c'est l'esprit critique qui devient un but et là encore dans l'éducation nationale d'aujourd'hui comme le cartésianisme est ancrée on voit bien à quel point l'esprit critique est devenu d'une certaine façon le synonyme de la liberté toute la liberté se trouve dans la capacité critique et c'est exactement ce qui se passe chez descartes notre liberté consiste à tenter de nous défaire le plus possible de ce qui nous a été imposée dans ce moment de déterminisme qui s'appelle l'esprit d'enfance par notre milieu social par nos parents par la religion dans laquelle nous avons grandi par notre famille de pensée par notre pays par notre culture nationale tout cela nous devons apprendre à prendre de la distance à le critiquer pour affirmer notre liberté et la capacité que nous avons d'être les maîtres de notre destin alors vous voyez que si vous voulez utiliser le doute comme une méthode vous douter de beaucoup de choses et même vous ai douté dans fait d'absolument tout de quasiment tous vous pouvez douter de tout ce que vous avez reçu simplement reçu parce que de tout cela vous n'êtes pas directement l'auteur et vous ne pouvez donc pas en être par vont même absolument certain vous pouvez douter aussi de ce que vous disent vos sens didier carte parce que vos sens vous ont tous déjà une fois trompé vous avez tous déjà vécu une illusion d'optique une illusion perceptive or il n'est pas de bonne politique des cartes de faire confiance à quelqu'un qui vous à une fois trompé donc si vous sentez vous en déjà trempé une fois peut-être qu'il vous trompe maintenant donc vous ne devez plus croire vos sens enfin quand même 10 d'écart je ne peux pas même si mes sens sont à la marge un peu faussée je ne peux pas douter de la situation que je suis en train de vivre même si je suis parfois capable de voir quelque chose de rond alors qu'il était au val quelque chose de carré alors qu'ils étaient rectangulaire bon ça ne m'empêche pas de doute et que je sois ici en train de vous parler que vous soyez l'un en train de m'écouter eh bien si parce que vous avez là encore tous déjà fait cette expérience au moins une fois dans votre vie de vivre une situation que vous croyez réelle alors qu'en fait elle ne l'est pas ça s'appelle un rêve et quand bien même vous pourriez recomposée vos rêves à partir de ce que vous avez réellement vécue si ça se trouve conclut des cartes vous êtes peut-être le jouet d'un malin génie qui a pris le contrôle de votre esprit et qui produit en vous toutes vos représentations à cet instant données auxquelles nous parlons versions anciennes de la matrice de matrix si vous voulez bref vous voyez qu'on peut douter de tout en fait peut-être que vous n'avez pas d'identité pas de corps qu'il n'y a ni l'espace ni tant que vous n'avez pas d'histoire pas d'avenir que vous venez à peine de commencer à exister et que tout ça est la suggestion de ce malin génie voyez qu'on peut douter de tout de tout mais non pas de tous de presque tous bien une chose vous ne pouvez pas douter c'est que vous doutez et donc vous pensez c'est très sérieux et donc vous existez vous pensez en tant que vous doutez et vous exister en tant que vous pensez et donc à chaque fois que vous pourrez dire je pense vous pourrez dire en même temps je suis quant à savoir ce que vous êtes vous n'en savez rien mais vous savez que vous êtes une chose qu'ils pensent hresko git ans c'est le début du rationalisme cartésien dont nous sommes là encore tous évidemment les héritiers vous êtes une chose qu'ils pensent à chaque fois que vous pourrez dire je pense vous pourrez dire en même temps j'existe et sur cette certitude originelle des cartes construit ensuite tout le reste tous les sciences la théologie a connaissance même de dieu des cartes reconstruit tout sur cette certitude fondamentale et le basculement est opérée en fait jusque là dans les sociétés traditionnelles dans l'antiquité ou au moyen âge ont considéré que ce qui était vraiment certain c'est ce qu'ils venaient de loin dans l'histoire plus une coutume plus une croyance plus une règle venaient de loin dans l'histoire plus elle avait traversé les siècles et les millénaires et plus elles étaient dignes de foi et plus nous devions la recevoir et l'individu devait se remettre en question pour s'adapter à ses coutumes centenaire au millénaire qui avaient été transmises par nos pairs et par leurs pairs avant eu la certitude venait de ce qu'il y avait de plus anciens et l'individu était ce qu'il y avait de plus fragile des cartes renverse l'équation désormais l'un certes il un certitude touche tout ce qui est ancien le doute touche tout ce qui est transmis est ce qu'il ya de vraiment certains c'est la certitude que l'individu seul peut se rendre à lui-même dans l'immédiateté absolue du cog ito qui nous fait en quelque sorte renaître comme adultes et qui nous rend pour le coup maîtres de notre destin maintenant c'est moi qui décide de ce que j'admets comme étant certains comme étant vrai comme étant faux c'est moi qui construit par moi même mon propre savoir d'où le renversement de l'école évidemment renversement qui est déjà en germe chez descartes désormais il ne s'agit plus de transmettre des connaissances nous dit on à l'école parce que transmettre des connaissances et par principe illégitime une connaissance qui n'est que transmises elle est forcément douteuses désormais il s'agit d'apprendre à nos élèves à produire par eux mêmes des propres connaissances non plus de leur apprendre mais d'apprendre à apprendre ça c'est vraiment le dogme absolu en ce moment non plus à prendre mais apprendre à apprendre c'est exactement ce que fait des cartes lui-même d'ailleurs des cartes n'a pas écrit de livre à proprement parler il écrit les méditations métaphysiques comme une méthode et les médiations état physique ne vous transmettre rien c'est un exercice que vous devez refaire chacun à votre tour que nous venons de refaire ensemble très brièvement il ne s'agit plus d'apprendre des connaissances qui passeraient d'un mètre à un élève ça n'a aucune validité par soi mais d'apprendre à apprendre c'est à dire d'apprendre à produire par soi même son propre savoir premier moment donc le moment cartésien tout va bien merveilleux le deuxième moment et alors là pour le coup le plus décisif pour comprendre l'école d'aujourd'hui c'est le travail de rousseau rousseau et là nous franchissions quelques siècles j'avais promis à la même cafetière que nous allions parler des milles et donc il faut parler des milles c'est un texte très important c'est la grande oeuvre de jean jacques rousseau sur l'éducation et si vous voulez comprendre l'éducation nationale d'aujourd'hui ne lisait pas le bulletin officiel de l'éducation nationale qui est d'ailleurs d'une lecture assez rébarbatives lisez les 1000 de jean jacques rousseau tout est dedans au détail près c'est vraiment très impressionnant jean jacques rousseau a fait le programme de l'école d'aujourd'hui mais les ministres ne le savent pas c'est là qu'on reconnaît d'ailleurs les grands auteurs s'ils se laissent oublié dans leurs oeuvres enfin en tous les cas tout est là à la perfection alors rousseau lui a eu dans toute sa vie de philosophes une idée c'est souvent le propre des grands auteurs il a eu qu'une seule idée et il l'a déclinée dans toute son oeuvre hindi est très importante qui en fait d'ailleurs un auteur tout à fait singulier et même tout à fait paradoxale au milieu du siècle des lumières vous savez que le siècle des lumières c'est le siècle qui est convaincu que précisément la culture la connaissance la science le savoir vont délivrer les hommes des ténèbres de l'obscurantisme des fanatismes et des superstitions de toutes sortes c'est là ce qu'on appelle la croyance dans les lumières et si les philosophes des lumières écrive une encyclopédie avec diderot et d'alembert ça n'est pas pour rien c'est parce que le savoir amassées par les hommes et la plus formidable machine de guerre contre tout ce qui peut asservir l'esprit mme rousseau lui est un auteur paradoxal dans le siècle devenir la grande idée de rousseau elle lui vient un petit matin 2749 roue solid ans le mercure de france une question qui est posée par une académie de province et un sujets de concours et dans cette ébullition intellectuelle on lance partout dans toute la france des concours d'idées et chacun est invité à répondre à des questions qui sont soumises par des érudits et la question posée par l'académie de dijon est la suivante en quoi les sciences et les arts en thelle améliorer l'humanité et fait progresser le genre humain alors évidemment pour l'académie de dijon en 1749 évidemment c'est une question rhétorique la culture c'est la clef de l'accomplissement des hommes c'est la clé de leur progrès et donc il s'agit de se lancer et c'est parfaitement transparent dans la question il s'agit de se lancer pour tous ceux qui voudront répondre aux concours dans une sorte d'éloge de la culture mais rousseau et frapper quand il y cette question par une espèce dans inspiration subite qu'il décrira plus tard dans les confessions comme une illumination il est frappé par une idées qu'il développera pendant toute sa vie cette idée est la suivante la culture est une catastrophe absolue pour les hommes la culture est une malédiction pour la nature humaine parce que la culture nous empêche de rester naturel la culture nous empêche de rester nous mêmes elle nous empêche de rester spontanée nous sommes des êtres de culture parce que nous sommes des êtres de société et parce que nous vivons dans la société nous sommes contraints de nous plier en permanence à l'infinité des règles que la société fait peser sur nous qu'est ce que ça veut dire la culture qu'est ce que ça veut dire avoir reçu une culture avoir reçu un langage avoir reçu en héritage cette civilisation qui est venu nous transformer et bien ça veut dire être devenu terriblement ressemblant les uns aux autres désespérément prévisible nous sommes condamnés à parler avec les mêmes mots à nous habiller de la même façon à nous prêter aux mêmes usages notre liberté est prise à chaque instant dans une infinité de contraintes et c'est ça qu'on appelle la culture qui d'entre nous est encore spontanée qui d'entre nous peut se prétendre naturel qui est encore naturel ici nous sommes des êtres sociaux et parce que nous sommes des êtres sociaux nous ne cessons de nous comparer les uns aux autres et de toujours tenter de ressembler à ces normes que la société fait peser sur nous à cette norme que la culture nous un prime vous sodi la nature est une bénédiction la nature est bonne l'homme est naturellement bon il est naturellement libre et la société en fait un être artificiel un être artificiel un être de culture précisément un être dénaturé la culture est une pollution de la nature humaine et cette idée là il la développe dans toute son oeuvre dans le premier discours qui sera la réponse à cette question premier discours sur les sciences et les arts alors rousseau gagne le prix et il fait un succès de scandale évidemment immédiatement il se sépare de tous ses amis encyclopédistes et il est voué aux gémonies parce que c'est impressionnant le seul à affirmer que la culture est une catastrophe voltaire vous en soyez sera très dur avec rousseau précisément et rousseau imagine dans un deuxième ouvrage le second discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes imagine à quoi devait ressembler l'homme de l'état de nature quelle bénédiction d'être encore un homme de l'état de nature un homme d'avant la société un homme sans langage un homme sans contrainte un homme sans relation avec les autres l'homme de l'état de nature il ressemble si vous voulez à ce personnage du film avatar qui s'appelle le na'vi qui vit sur la planète pandora vous avez peut-être vu avatar mais avatar le film de james cameron le plus grand succès de l'histoire du cinéma au box office un des films dont qui à la fois transforme et révèle la culture contemporaine l'opinion commune ce film en fait son scénario a été littéralement écrit par jean-jacques rousseau et là aussi james cameron n'est pas au courant mais c'est pourtant le cas avatar c'est le second discours de rousseau porté à l'écran en trois dimensions par hollywood alors comme si hollywood c'est très simple il ya les gentils et les méchants d'un côté les gentils si les na'vi donc ce que rousseau appellerait les hommes de l'état de nature alors les na'vi sont totalement ignorants ils n'ont pas de livres pas de bibliothèque pas de musée pas d'université pas de technique pas de science et surtout bénédiction absolue ils n'ont pas d'école ils sont parfaitement ignorant mais ils n'ont besoin d'aucun savoir parce qu'ils vivent en communion avec la nature et la nature leur donne tout ce dont ils ont besoin rousseau dans le second discours nous décrit l'homme de l'état de la turquie qui vit dans la forêt il cueille son repas dans un arbre il se désaltère au ruisseau qui coule au pied de cet arbre il s'endort à l'abri de son feuillage et voilà tous ses besoins satisfaits j'étais pas le pied ça nous aurait évité de nous prendre la tête avec les 35 heures est là le travail quand même un ouvrier n'y avait pas besoin d'aller très loin la nature abandonnée à sa fertilité naturelle à combler encore les hommes de tout ce qu'ils avaient dans leurs données etc regardez c'est exactement comme dans l'évangile les oiseaux deschamps dont il pas de quoi se nourrir pourquoi est ce que vous vous fatiguez l'état naturel est tellement beau et tellement bon et l'état social est catastrophique l'homme de l'état de nature comme le na'vi de james cameron il n'a besoin d'aucune technique d'aucun savoir parce que la nature lui donne tout ce dont il a besoin il est donc à la fois parfaitement ignorant parfaitement heureux et il est parfaitement bon aussi puisqu'il a tout ce dont il a besoin il n'a pas besoin de plus il se satisfait de voir ses besoins satisfaits de l'autre côté il ya les méchants dans le film de cameron et méchant ce sont ceux que reçoit appelle les hommes de l'état social dans le film de cameron ce sont les hommes alors là celle inverse l'homme dans le film de cameron il est très savants ils se déplacent partout avec des écrans digitaux des machines des robots et tout ce savoir ne lui sert qu'à détruire plus parce qu'il veut toujours consommer plus parce qu'ils ne cessent de se comparer aux autres dans ce jeu de la culture et de la société il n'en a jamais assez il est donc à la fois très savants très méchant est très malheureux voilà l'équation fondamentale qui structurent l'oeuvre de rousseau et qui structurent d'une certaine façon aussi nos représentations comme une bonne mère dit rousseau en parlant à une mère de famille dans les 1000 si ton fils sait beaucoup de choses méfie toi de tout ce qu'il sait nous serions tellement plus heureux en sachant le moins possible en restant le plus possible dans les traita naturel alors si vous partez de ce postulat il faut évidemment lui donner un jour une déclinaison pédagogique et c'est ce que rousseau fait dans l'emile les mille et un traité de pédagogie ça n'est pas un manuel théorique c'est ça se présente comme un roman comme un récit on raconte l'éducation d'un enfant qui s'appelle emile et l'éducation de ses enfants nous montre comment rousseau rêverait l'éducation alors la première chose que fait le précepteur des milles dans ce livre de fiction dans lequel le narrateur et le précepteur rousseau se met à la place de l'éducateur la première chose que fait le précepteur c'est de retirer l'enfant à sa famille de l'éloigner loin de sa famille qui serait précisément en danger de lui transmettre quelque chose et nous allons les emmener une loin de la société des hommes dans la nature dans un lieu bucolique et et charmant loin de la ville loin de delà de la technique et de la culture dans la nature et nous allons faire son éducation ou plus exactement nous allons accompagner son éducation et l'enseignant d'aujourd'hui on lui demande de plus en plus de ressembler à l'enseignant rêver de jean jacques rousseau surtout surtout surtout ne pas transmettre des savoirs surtout ne rien imposer à l'enfant hier lors de notre dîner l'une de ma voisine de table me parlait d'une école qui je pense qu'elle est non dans la salle me parler d'une école nouveau modèle qui ne fait que partir de la curiosité des élèves et dans lequel les dans laquelle les enfants décident de tout ce qu'ils vont apprendre par eux mêmes et bien c'est du ruisseau à l'état pur laissez toujours venir l'enfant dit rousseau ne lui commander jamais rien jamais quoi que ce soit pour qu'il soit précisément le maître de son destin si vous lui apprenez des choses avec un ordre préétabli voulent habitué à recevoir donc il faut que tous viennent de lui il faut que tous viennent d'en savoir qu'il soit immédiatement utiles qui réponde à sa curiosité immédiate alors c'est pas prenons un exemple parmi mille autres dans les 1000 emile a peut-être l'âge d'arthur doit voir huit ou neuf ans arthur qui est aussi parmi nous et qui est précisément le le représentant de cette étape et nick et l'enfance parce que si l'homme est naturellement bon et que la société le pervertit si l'homme est naturellement libre et que la société le comprime alors qui est le meilleur d'entre nous pour reprendre une expression chère au bord de la n'est ce pas qui est le meilleur d'entre nous qui est le plus libre d'entre nous mais c'est évidemment l'enfant et nous les adultes nous sommes déjà prisonniers de la société donc l'enfant devient d'une façon le le modèle inversée de l'éducation alors emile nous nous promenons avec lui au bord d'une rivière et comme des enfants de son âge il joue avec un bâton en bâton qui est tout droit et quand il met ce bâton tout droit dans le ruisseau qui coule à côté ils voient que le bâton qui est tout droit dans l'eau à l'air d'être courbet illusion d'optique tout à fait classique duo loi de la réfraction alors l'enfant dit je ne comprends pas évidemment vous l'aurez compris la catastrophe absolue ce serait que l'adulte répondent m'attend je vais t'expliquer c'est très simple c'est une illusion d'optique due aux lois de la réfraction petit schéma détaillé et tu apprendras tout ça demain parker et petite interro à la clé scandale absolu non l'enfant dit je ne comprends pas l'adulte doit répondre je ne comprends pas non plus cherchons ensemble et nous allons nous mettre tout deurne apprentissage voyez à l'ufm on nous disait il ne faut pas qu'il y ait dans l'espace classe 1 sachant et des apprenants on s'était beaucoup moins bien dit mais c'était exactement la même idée l'enfant dit je ne comprends pas l'adulte de répondre je ne comprends pas non plus cherchons ensemble et nous nous mettons tous les deux en apprentissage et rousseau continue emile ne sera jamais l'optique où je veux qu'ils l'apprennent de lui-même autour de ce bâton alors là je vous vois venir évidemment avec votre regard sceptique vous vous dites que ça va lui prendre beaucoup de temps sans doute aux pauvres emile d'inventer tous seuls l'optique et les lois de la réfraction et vous vous dites même sans doute qu'il ne va jamais y arriver et ben alors où est le problème où est le problème rousseau vous dit de toute façon ça sert à quoi de savoir l'optique sérieusement à quoi ça sert de savoir le petit vous mettez vos enfants dans les bons lycées de bordeaux et vous êtes tous fiers de pouvoir dire pendant les vacances qu'ils ont eue bac mention très bien en terminale s et qu'ils connaissent par coeur les lois de la réfraction mais la vérité c'est que vous leur faites jouer dès leur plus jeune âge précisément ce jeu social ce jeu de la culture de la compétition permanente la culture n'est pour eux qu'une occasion de se distinguer les uns des autres et depuis qu'ils sont tout petits vous leur avez appris à jouer ce jeu vous en faites des marionnettes ou plus exactement du ruisseau vous en faites des perroquets vous leur apprenez à répéter parker des choses qui n'ont aucun sens pour eux depuis qu'ils sont tout petits vous leur apprenez ce rôle absurde et vous les accueillir en rentrant de l'école en disant alors mon enfant est ce que ça s'est bien passé à l'école est-ce que tu as eu de bonnes notes at-on interrogations sur l'optique de fait la culture ne sert di russo qu'à jouer ce jeu de la société qui constitue la clé de notre malheur et de notre insatisfaction permanente ça ne sert à rien d'apprendre l'optique la seule question qui compte c'est les paquets mille connaissent le petit qui ne lui servira jamais à rien il ne s'y intéressent pas et il a bien raison de ne pas s'y intéresser dit rousseau la seule question qui compte c'est que rousseau s'assure qu'emile puisse trouver tout seul les lois de la réfraction le jour il en aura besoin et ainsi il sera encore une fois le maître de son destin il ne dépendra plus du savoir d'un autre mais il sera capable de produire par lui-même un savoir qu'ils lui soient utiles dans une situation donnée là vous avez tous les enseignements pratiques interdisciplinaire dans cette anecdote de rousseau ne plus apprendre aux élèves mais leur apprendre à apprendre à partir de situations concrètes au fond ça sert à rien de transmettre des connaissances par coeur ce qui compte c'est de rendre les élèves opérationnel pour les préparer déjà la vie professionnelle de demain et là aussi nous sommes tous rousseauiste sur ce point tous nous portons tous ce regard très utilitaires sur la culture nous affirmons tout ce que ce qui compte dans l'éducation et dans l'apprentissage à l'école c'est la préparation du futur salarié de demain moi j'ai été il ya quelques mois à la semaine nationale pour parler de cette question avec des parlementaires qui m'avait sollicité sur le sujet et un parlementaire me dit vous savez la réforme de l'école c'est très simple on va prendre toutes les connaissances qui sont enseignées à l'école et tout ce qui n'est pas directement utiles dans la vie professionnelle on le supprime alors y prenez comme exemple le fait d'avoir dû apprendre à jouer du pipeau quand il était en cinquième vous savez quand on était en 5e on nous a mis une fuite en plastique dans les doigts pour nous apprendre les rudiments du solfège et de la notation musicale bon j'ai trouvé ça étrange qui prennent cet exemple là parce que c'est vrai que quand on est parlementaire français aujourd'hui on pourrait penser que jouer du pipeau aucune compétence professionnelle assez décisive mais surtout si on se fie à ce que nous a dit notre expert en diplomatie tout à l'heure mais j'ai pas osé lui répondre au salon vous devriez surtout pas applaudir c'était très mal polis non mais d'accord pour le pipeau on voit bien que le pipeau sert à peu de choses dans la vie professionnelle de demain et qu'on pourrait facilement le retirer il ya d'autres matières qu'on pourra facilement supprimer comme la philosophie par exemple dans la contribution au pib national et systématiquement nul évidemment mais si on va plus loin encore et si on accepte ce filtre et ce prisme si on accepte ce ce critère de discrimination eh bien on peut faire l'exercice tout simple posez vous ensemble posons-nous ensemble cette simple question de tout ce que vous avez appris à l'école au collège au lycée qu'est ce qui vous a été un jour directement utiles dans votre vie professionnelle en vérité quand on se pose cette question il suffit de trois ou quatre secondes pour éprouver une sorte de gigantesque vertige dépressif on se dit qu'on a probablement passé quinze ans de notre vie pour rien ou quasiment rien parce que la quasi-totalité des choses que nous avons apprises dans notre scolarité ne nous ont jamais été utile et de fait c'est d'autant plus vrai aujourd'hui parce que nous rentrons dans un monde qui étonnamment vient accomplir la promesse rousseauiste et ce monde se le monde du numérique maintenant qu'il y à internet eyes et autant pour emile il y avait une infime chance que l'optique lui servent un jour mais maintenant c'est évident que ça ne lui servira jamais à rien et de fait si ça lui sert un jour à quelque chose mais il ira chercher sur google tout est sur internet pourquoi voulez vous transmettre des savoirs puisqu'ils sont tous sur internet à portée de clic à portée de votre main un jour on me faisait l'objection que je parlais de cette question mais arrêtez de parler de transmission du savoir maintenant vous élève ans a dans la poche ils ont dans leur poche infiniment plus de savoir que tout ce que vous pourrez jamais possédé y compris en philosophie à quoi ça sert de continuer à transmettre ça n'a plus aucun sens et ça pour le coup c'est vraiment la grande utopie de l'éducation nationale aujourd'hui la grande utopie d'ailleurs non pas seulement de ligue nationale b de la société contemporaine la transmission de savoirs est définitivement annulé l'idée même de transmission est rendue totalement périmés par l'entrée dans l'univers numérique maintenant que nous vivons dans l'univers numérique dont d'ailleurs nous enfants et nos élèves savent infiniment mieux se servir que nous maintenant que nous rentrons dans l'univers numérique il est définitivement inutile de transmettre quelques connaissances que ce soit ceux qui comptent encore une fois ce n'est plus d'apprendre des connaissances elles sont sur internet ce qui compte c'est comme le disait le docteur pommereau tout à l'heure de leur apprendre à les trouver de leur apprendre à aller chercher de faire donc et c'est le deuxième volet de la réforme du collège celui qu'on appelle accompagnement personnalisé qui n'est d'ailleurs ni de l'accompagnement ni personnalisé mais c'est un détail qui consiste à remplacer des heures de cours là encore par discipline et par contenus par des heures de méthodes de méthodologie essentiellement consacrée à la question du numérique nous allons apprendre à nos élèves à faire le tri des informations identifier des sources à faire une recherche efficace non plus leur apprendre des savoirs mais leur apprendre à aller vers le savoir à quoi bon continuer à transmettre de toute façon vous êtes déjà non plus concurrencé vous n'êtes même pas concurrencé par internet vous les enseignants vous est écrasé par internet d'office et finit enfin vous vous ne pouvez plus avoir la prétention de transmettre des connaissances quand vous élèves savent les trouver par eux-mêmes beaucoup plus vite que vous sur internet et ceux ci précisément c'est l'accomplissement du rêve rousseauiste rousseau 10 son plus grand commentateur jean starobinski a passé toute son oeuvre à tenter de restaurer le règne de l'immédiateté vous souhaitez convaincu précisément que l'homme est naturellement bon c'est à dire immédiatement bon et que toute l'éducation consiste à laisser le plus possible les enfants dans cet état immédiat qui s'appelle l'état naturel de l'homme vous souhaitez convaincu que cet état d'immédiateté c'était l'état d'accomplissement de l'existence humaine et notre fascination actuelle pour le numérique est évidemment tout entière une fascination pour cette immédiateté dont nous retrouvons la trace sur rousseau le grand plan numérique a été dévoilée hier par le président de la république dans le grand plan numérique nous allons offrir des tablettes enfin vous allez pardon indirectement offrir des tablettes à tous nos élèves de 5e pourquoi est-ce que nous allons leur offrir des tablettes à la vérité pour tout vous dire nous ne savons pas trop comment nous allons nous en servir mais nous allons quand même donné des tablettes à tous nos élèves de 5e parce que les tablettes c'est bien les tablettes c'est le bien grâce aux tablettes que vous allez indirectement leur offrir vos enfants pourront accéder au savoir sans passer par la médiation d'un enseignant sans dépendre de l'intermédiaire d'un adulte sans dépendre d'ailleurs de vous grâce aux tablettes que vous allez leur offrir vos enfants sont enfin débarrassé de vous et j'espère que vous en êtes très heureux ils sont rendus à leur liberté à leur créativité immédiate par cet outil numérique qui d'ailleurs a pour propriété l'immédiate et puis que comme le disait de docteur promo pour moi le numérique ne s'apprend pas un enfant de deux ans est déverrouillé un iphone avec une facilité déconcertante bien plus parfois que vos grands parents qui peinent à savoir comment on dans quel sens on tient le même objet le numérique ne s'apprend pas et la génération qui le manipule depuis son enfance s'y plonge avec une immédiateté déconcertante et cette immédiateté et la clé de sa liberté donc il convient de cesser absolument de transmettre de cesser absolument de transmettre rousseau quand son élève à 18 ans nous fait une description des mines à la fin de son oeuvre qui est merveilleuse de cohérence est le propre d'un grand auteur sait qui est dans sa cohérence il nous donne précisément à penser qu'il augmente notre liberté on y reviendra brièvement bousso nous fait la description de cette élève vous pourriez y voir une critique mais pas du tout c'était le rêve de rousseau c'est ce à quoi il voulait accomplir et ces quelques lignes mérite d'être décrite je vous disais tout à l'heure que les mille et une description absolument parfaite de l'éducation nationale d'aujourd'hui évidemment pas partout encore une fois parce qu'il ya encore des lieux où nous avons continué de transmettre dans tous ces lieux où les familles inquiètes et angoissé et veulent que leurs enfants continuent de faire de brillantes études pour pouvoir reprendre leur part à la vie capitalistique de notre économie n'est ce pas comme aurait dit pierre bourdieu cette fois ci mais dans tous les lieux où nous avons été jusqu'au bout dans le programme rousseauiste et notamment dans tous les lieux où précisément des familles elles mêmes des racines et n'avait rien à transmettre non plus ou n'ont pas su ou pu transmettre dans tous ces lieux où nous n'avons plus transmis au ruisseau a produit son effet avec une précision déconcertante et ce texte qui pourrait vous paraître une critique était en fait un rêve et ce rêve nous y sommes à qu'on arrivait et il ressemble à un cauchemar emile et donc emile à 18 ans à l'époque émile a peu de connaissances et toutes celles qu'il a et toutes celles qui l'a sont véritablement sienne il s'est peu généralisés d'idées peut faire d'abstraction emile ne sait ce que c'est que métaphysique ou morale il ne connaît pas même le nom de l'histoire il n'a aucune idée moral des relations de l'homme à l'homme mais il sait tout des relations utiles de l'homme aux choses il me suffit je trouvais là quoi bon surtout ce qu'ils croient et le pourquoi surtout ceux qui s'est ému il croit ne rien devoir à personne il est seul dans la société des hommes ils ne comptent que sur lui seul et enfin cette conclusion vertigineuse émile n'est pas un sauvage fait pour habiter dans la nature c'est un sauvage fait pour habiter dans les villes il me semble que nous sommes doublement injuste à l'égard de nos élèves là où nous avons été jusqu'au bout dans ce projet de déconstruire la transmission parce qu'à la fois nous leur avons retiré la possibilité de recevoir cette culture que nous avions reçues et qu'en même temps nous les accusons d'être ces sauvages ou de contribuer en tous les cas à sept ans sauvagement du monde que les médias ne cesse de décrire de contribuer par des formes multiples à 7 ans sauvagement du monde que rousseau avait pourtant prévu comme étant l'accomplissement de son projet le projet de rétablir dans l'homme le bon sauvage est bien le bon sauvage s'est révélé moins accommodant que prévu et plus difficile à vivre bien sûr alors pourquoi cette idée merveilleuse se révèle être un cauchemar est bien parce qu'au fond de cette idée merveilleuse il y à une erreur il y à un oubli majeur et pour revenir brièvement sur cet oubli parce que le temps file à toute vitesse je voudrais m'arrêter sur un seul mot du dernier auteur que j'avais prévu d'évoquer avec vous un seul mot de cet auteur et cet auteur c'est pierre bourdieu le plus proche de nous le plus proche de nos aussi dans le vocabulaire et là aussi nous sommes tous bourdieusien pierre bourdieu est parti du postulat que la transmission était une catastrophe pour la nature humaine et si elle est une catastrophe alors on peut se poser la question de savoir à qui profite le crime et bien le crime profite au grand capital la culture nous dit bourdieu est un capital comme un autre bourdieu est un sociologue français du xxème siècle donc marxiste mais comme il est français il est plus marcy ce que marx évidemment et bourdieu comprend et des sels que le capital n'est pas uniquement une affaire d'économie que le capital n'est pas uniquement une affaire matériel une question de moyens de production le capital est fait de plusieurs formes et dans l'est plusieurs formes du capital il y en a une qui est particulièrement décisif pour la reproduction des inégalités c'est le capital culturel la culture est un capital et si nous voulions que l'école soit honnête il faudrait que l'école reconnaît sans fin et qu'elle admette enfin et qu'elle publie enfin qu'elle n'est que le lieu pour la préparation de la vie économique de demain de ce point de vue là d'ailleurs curieusement nous sommes tous bords josien tous et ceux qui sont les plus à droite comme ceux qui sont les plus à gauche d'une certaine façon vous trouverez aussi bien des sociologues de gauche que des entrepreneurs très libéraux qui vous diront en même temps qu'il faut reconcentrer l'école sur une mission qui est la préparation de la vie économique de demain la préparation et la formation à la vie de l'entreprise à la vie économique c'est d'ailleurs le projet de la ministre à travers la réforme du collège c'est un des éléments décisifs qui sont annoncés par les deux pays dans l'accompagnement personnalisé nous voulons faire une école qui soit mieux connecté à l'économie et le président de la république a déclaré d'ailleurs vous le savez peut-être en juin dernier à l'occasion des journées de la refondation de l'école qu'il faut mettre le système éducatif au service de l'économie nous avons la conviction que l'école doha et il faut l'assumer enfin et c'était le grand propos du marxisme de bourdieu reconduire à l'école vers sa mission explicite c'est à dire la préparation de la vie professionnelle de demain la culture est un capital c'est tout et il faut enfin le dur aux enfants et il faut enfin ne dure pas et cette expression de fait elle est passée dans le langage commun vous vous reconnaîtrez avec moi que l'expression de capitale culturelle est une expression qui est devenu très familière qui est parfaitement banal tout le monde parle de la culture pour le dire autrement dans le vocabulaire de l'avoir dit il faut avoir de la culture et dans l'éducation nationale on nous demande sans arrêt de cocher les acquis de nos élèves il faut avoir de la culture et il faut se doter d'un capital culturel nécessaire pour s'en sortir dans sa vie professionnelle de demain il faut qu'à l'école on reçoive le bagage culturel indispensable pour la vie professionnelle j'aime beaucoup cette impression de bagage culturel parce qu'il me semble que toute l'ambiguïté est là et tout l'erreur manifeste et là l'expression de bagage culturel arrêtons-nous un bref instant sur cette expression parler de la culture dans le vocabulaire de la voir parler de la culture comme un bagage nécessaire c'est en fait de la détruire par avance pourquoi parce que si vous partez en voyage c'est tout à fait nécessaire que vous preniez avec vous un bagage mais vous reconnaîtrez avec moi que quand on part en voyage il est parfaitement rationnel d'emporter avec soi le bagage le plus léger possible parce qu'un bagage c'est encombrant c'est pénible un bagage c'est pesant sagen votre liberté de mouvement donc le principe si la culture est un bagage c'est effectivement de transmettre à nos enfants le bagage culturel réduit à la portion congrue celui qui les encombrent eural eux celui qui libérera leur mémoire pour d'autres apprentissages pour d'autres facultés pour d'autres activités ne pas encombrer l'esprit de nos enfants de ce bagage culturel encombrants et puis et puis évidemment là aussi vous en conviendrez avec moi le rêve dans la vie c'est peut-être de devenir un jour assez riche ou assez puissant pour que quelqu'un porte vos valises à votre place n'est ce pas donc si la culture est un bagage nous avons parfaitement raison de tenter par tous les moyens de confier ce bagage à quelqu'un qui le portera pour nous et ce quelqu'un nous l'avons trouvé ce quelqu'un c'est internet maintenant qu'il y à internet nous n'avons plus besoin d'obliger nos enfants à porter dans leur propre esprit ce fardeau qu'est la culture que nous avons reçues depuis des millénaires et qui ne cesse de s'alourdir nous pouvons enfin les décharger de la tâche pénible d'apprendre alors je crois que cette représentation est totalement fausse je crois que la culture ne se laisse pas décrire dans le vocabulaire de la voir que la culture n'est pas un bagage si on peut confier son bagage à quelqu'un sans cesser d'être soi même c'est parce que le bagage est détachable de celui qui le porte et ce n'est pas le cas du tout dans le cas de la culture la question au fond qui est posée est la suivante que serions nous aujourd'hui que seriez-vous aujourd'hui sans la culture qui vous a été transmise est ce que vous seriez plus vous même aujourd'hui sur la culture qui vous a été transmise la réponse est évidemment non je le crois au fond pour comprendre ce point il faut s'attacher à ce que j'appellerais humblement si vous voulez le mystère de la médiation c'est quelque chose d'à la fois très mystérieux et très évident qui fait partie de notre expérience à tous c'est à dire le fait que l'homme est par nature un être de médiation pour le compréhensive et on peut dire que c'est là ce qui nous distingue et là encore par des nomades être très schématique là où il faudrait être très nuancée mais on pourrait dire à grands traits que c'est ce qui nous distingue de façon décisive de l'animal l'animal est un être d'immédiateté quand nous sommes des êtres de médiation et c'est ce qui fait que l'animal est si fascinant le propre de l'animal c'est qu'il s'est immédiatement ce qu'il a à faire un prenons un exemple parmi mille autres je sais pas un exemple que j'affectionne particulièrement l'exemple du coucou le coucou le coucou gris ge pas si vous connaissez le coucou c'est un animal familier sous nos latitudes le coucou gris est un animal parasite le coucou ne fait pas ses yeux par exemple à la femelle du coup coupons ses oeufs dans le nil notre oiseau là la petite merlette a fait son nid elle a pondu c'est eux et puis le coucou passe la femelle du goût passe dans le nid de la petite merlette et ponts sont neuf au milieu des oeufs de la petite merlette il est 15 heures il faut raconter des histoires j'espère que vous suivez la petite mer lettre vient elle ne voit pas la différence à s'en laissait pas conter l à comprends rien à l'histoire donc elle couvre tous et tous les oeufs et y compris celui du petit coucou or il se trouve que le petit coucou arrive à maturité plus vite que les autres et c'est là que les choses deviennent intéressantes il casse sa coquille il sort la tête de sa coquille et quelle est la première chose que fait le petit coucou quand il sort la tête de sa coquille ils cassent les autres ceux autour de lui et il les jette par dessus bord la question qui est posée est la suivante qui a appris au petit coucou ce qu'il devait faire pour éliminer ses concurrents dans la lutte pour la survie personne et c'est vraiment incroyable parce que le geste vous l'admettrez et d'une technicité assez remarquable quand même eh bien le petit coucou il s'est immédiatement ce qu'il a à faire il s'est immédiatement ce qu'il doit faire dans le monde voulait vient tout juste de se trouvait projeté à peine né le petit coucou possède la totalité des compétences qui sont le propre de son espèce la totalité des facultés qui appartiennent à son espèce à l'espèce parasites du coucou gris le petit coucou les possèdent immédiatement il a pas eu besoin de faire une école des coucous il n'a pas eu besoin de faire de la coucou logis appliqué il a pas eu besoin de s'exercer et même il n'a pas eu besoin de se planter ollier se dire que immédiatement le petit coucou qui vient de naître est un petit coucou parfait c'est un petit goût accompli vous ferez pas de meilleurs coûts que le petit coucou à sa naissance mais c'est absolument fabuleux de fête pour nous qui ne sommes pas des êtres d'immédiateté sur les abeilles n'ont pas besoin de faire des écoles d'ingénieurs les abeilles n'ont pas besoin de faire des écoles architecture pour apprendre à construire des ruches les araignées n'ont pas besoin de faire des écoles d'ingénieurs pour apprendre à tisser des toiles pourtant malgré la méfiance séculaire qui sépare notre espèce de celle des araignées il faut s'émerveiller d'une toile d'araignée c'est un truc incroyable une toile d'araignée et bien la petite araignée s'est immédiatement faire cela alors évidemment le propre de cette immédiateté c'est une absence de distance c'est à dire qu' il n'y a pas de distance entre l'animal et son être propre jamais vous ne verrez une abeille arriver en disant j'ai fait des études d'architecturé si on faisait une ruche en gras ciel pour une fois pour changer ce serait rigolo non et jamais vous verrez non plus une abeille marque 6 qui viendra en disant on va faire la révolution couper la tête à la reine et se répartir le capital commun entre ouvrière ça suffit maintenant non ça n'arrive jamais pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs mais à côté de ça le petit bébé humain il est à côté de la petite abeille du petit coucou de la petite araignée le petit bébé humain n'ayons pas peur de le dire il paraît assez démunis et même il a l'air assez parfaitement ridicule si vous voulez enfin je ne sais pas l'autre jour je après j'arrête avec les animaux premier mais je suis dans une chambre d'hôtel j'aime la télévision comme ça au hasard absurde à une heure du matin je tente sur un documentaire animalier qui raconte la vie des petits bouquetins dans la montagne donc voilà petit bouquin qui naît et le documentaire dit que 24 heures après leur naissance les petits bouquetins marche et gambadent dans la montagne comme ils le feront toute leur vie 24 heures après leur naissance et la montagne quand même milieu escarpé est compliquée et voyez accidenté alors quelques jours après ce documentaire je vais dîner c'est des très bons amis qui ont un petit bébé qui dort pas un an et demi bon alors c'est le moment où le bébé commence à apprendre y ait un marché alors comme souvent quand vous avez des amis qui ont leur premier enfant d'être la moitié du dîner est consacrée aux exploits du bébé et donc l'événement du jour c'est que il paraît que c'est une étape très importante dans la marche que le petit bébé fait trois pas il s'arrête et il repart et il paraît que c'est un truc décisif et puisque vous être propulsé d'un bras un autre mais là c'est pas le cas il fait trois pas il s'arrête et il repart de trois quarts d'heure y est tu te rends compte qu'il fait trois pas il se stabilise comme ça bon il titube encore entamé trois pas quand même il s'arrête et puis on voit qu'ils repartent alors trois quarts d'heure donc je m'émerveille avec mes amis bien sûr le le contraire eût été malvenu mais en moi même je pensais au petit bouquetins j'ai vécu un an et demi quoi un an et demi sur du plat de la moquette franchement sérieusement c c'est absurde enfin le petit bouquetins 24 heures après sa naissance il gambade dans la montagne quel petit bébé un an et demi après naissance on s'émerveille qui fait trois pas et qui tombe pas par terre dont tout ça pour dire que le petit bébé humain à première vue il a l'air parfaitement ridicule et il est très peu doté en termes l'instant bien sûr il ya une part d'immédiateté en nous parce que nous faisons partie de l'expérience animal aussi donc le petit bébé humain il sait pleurer pour dire qu'il a faim et il savait prendre la nourriture qu'on lui tend et ça c'est instinctif enfin ça fait quand même assez peu de choses et même quand il pleut on comprend pas toujours exactement ce qui veut dire et pourtant quand vous regardez un petit bébé humain n'importe lequel le plus petit celui que nous avons tous été un jour il est capable de faire des choses incroyables ce petit bébé entend qu'il est un être humain il est capable de penser il est capable de parler il est capable d'entrer en relation avec les autres il est capable d'inventer d'imaginer il est capable d'être libre et il est capable il est capable d'aimer mais pour accomplir toutes ses facultés qui lui appartiennent naturellement en tant qu il est un membre de l'espèce humaine en tant qu il est un être humain pour accomplir toutes ses facultés il aura besoin d'abord de rencontrer un autre il aura besoin de rencontrer une altérité et même il aura besoin de rencontrer une autorité quelqu'un qui fera venir jusqu'à lui la culture c'est à dire la condition de l'accomplissement de ses facultés quand nous étions bébé par exemple nous étions tous capables de parler nos parents n'ont pas créé en nous la faculté de parler d'ailleurs s'il l'avait fait il aurait pu la créer aussi dans des plantes ou des animaux nos parents n'ont pas créé en nous la faculté de parler nous étions donc naturellement capable de parler mais nous n'aurions jamais commencé à parler si nos parents ne nous avaient pas transmis leurs mots c'est à dire cette construction culturelle qu'est la langue cet héritage qui est toute langue qui vient du fond des âges pour nous donner l'occasion d'apprivoiser notre propre condition naturelle à nous n'aurions jamais accompli cette faculté si naturel aux hommes qu'est la parole sans la culture que nous avons reçu à chaque fois que nous parlons aujourd'hui nous disons d'une certaine façon notre dette à ceux qui nous ont précédés et même pas seulement à chaque fois que nous parlons à chaque fois que nous pensons bien sûr alors on peut le regarder avec fureur on peut le regarder avec beaucoup de colère on peut regarder la langue qui est introduit culturelles et même le premier des produits culturels on peut regarder la langue avec la même détestation que la culture telle que l'ont vu des cartes ou rousseau ou bourdieu comme nous l'avons brièvement exposé tout à l'heure et de fête le vingtième siècle a passé son effort intellectuel le plus décisif a tenté de critiquer la langue longtemps qu'elle est une obstruction de notre liberté c'est roland barthes qui était professeur de littérature anglaise de france qui écrivait dans son ouverture la langue et fasciste pourquoi la langue et l fasciste parce que d'abord vous n'avez pas choisi votre langue quand vous étiez petit vos parents vous ont imposé une langue vous n'avez pas choisi du tout elle s'est imposée à vous et c'est devenu votre langue maternelle comme par hasard et ensuite vous avez commencé à parler et quand vous avez commencé à parler vous vous êtes tout de suite rendu compte que dans une langue ya des règles il ya des choses qui se disent des choses qui ne se disent pas et qu'on peut pas tout dire avec une langue sans quoi en est sévèrement repris et après comble du traumatisme vous avez été à l'école et comme on ne vivait pas encore dans cette époque bénie de l'évaluation bienveillante nous allons maintenant mettre des comètes et des smileys à nos élèves eh bien vous avez eu des notes et parfois même des mauvaises notes et vous avez eu du rouge sur vos copies et vous avez dû vous rendre à l'évidence à chaque fois que vous parler une langue à chaque fois que vous l'écrivez vous pliez votre pensée à une infinité de règles de règles d'orthographe de grammaire de syntaxe de règles complètement arbitraire d'ailleurs il ya plusieurs langues et ces langues sont fait d'accident n'y a aucune raison de fonds pour lesquels on écrit pour genou hibou avec un x plutôt qu'avec un ace mais c'est comme ça si vous écrivez avec un s vous avez un point en moins et par conséquent vous êtes obligé de vous plier à ces règles à chaque fois que vous parlez pas seulement quand vous parlez à chaque fois que vous penser parce que nous pensons avec les mots rendez vous compte à chaque fois que vous pensez vous pliez votre pensée à cette infinité de règles que la langue fait peser sur vous dès que vous pensez vous êtes en train de bouillir la moindre de vos idées la plus personnelle de vos intuitions la plus nouvelle de vos émotions la plus intérieure de vaud de vos idées tout cela la langue l'a déjà saisi elle saisit tout ce que vous êtes tout ce que vous pensez tout ce que vous vivez elle est donc totalitaire elle est fasciste cqfd de telle sorte conclut roland barthes qu'il ne peut y avoir de liberté qu'en dehors de la langue et bien justement voilà toute la question est là où se trouve cette liberté en dehors de la langue comment retrouverons-nous la maîtrise de notre destin est-ce que nous serions plus libre aujourd'hui de notre propre pensée sans la langue qui nous a été transmise et de fête évidemment non parce que si nous n'avions pas reçu de langue nous n'aurions même jamais commencé à penser parce que l'homme est tellement un être de médiation est tellement un être de culture que la capacité même de penser ne s'accomplit en lui que par la médiation de la langue et par la médiation de la culture à chaque fois que vous pensez vous êtes en dette à l'égard de ceux qui vous ont précédés et ceci encore une fois ne veut pas dire que votre liberté soit déterminé par avance non au contraire vous en avez tous déjà fait l'expérience d'ailleurs comme parent vous qui êtes parents quand vous apprenez à un enfant les mots de sa langue maternelle quand vous lui transmettez vos propres mots voulu donner les moyens de parler et même pas seulement le moyen de parler voulu donner les moyens de penser et de penser par lui-même et sans doute un jour de penser contre vous le propre de l'expérience humaine et le grand mystère de la médiation c'est que l'adolescent rebelle qui se révolte contre ses parents en disant j'en ai rien à faire de tout ce que vous m'avez transmis il le fait encore avec les mots que ses parents lui ont transmis nous avons besoin des mots non pas seulement pour penser même et je terminerai par là mais nous avons même besoin des mots et de la culture pour voir le monde autour de nous nous ne verrions rien sans les mots même nos yeux même nos sens notre capacités sensorielles qui est pourtant naturel et organique est déterminée par le vocabulaire que nous possédons toutes spécialités possède son vocabulaire le nologie puisque nous sommes ici au milieu des vignes possède son vocabulaire non pas pour constituer un capital culturel qui furent est la différence entre les experts et les profanes mais parce que précisément connaître quelque chose de façon spécialisés se pencher sur une singularité du réel dans l'infinité de ses nuances suppose de pouvoir nommer le réel un médecin dans un corps humain voit beaucoup plus de choses que ce que je vois et pourtant nous avons les mêmes vieux mais pourquoi envoie-t-il plus de choses parce qu'il a fait des études de médecine et par conséquent il a reçu d'un savoir qui fait autorité la capacité de nommer les parties du corps que je ne soupçonne même pas et pourtant nous avons les mêmes yeux et hier madame k tiers qui nous recevait nous apprenait à goûter un vin le noc qui s'égoutte lé vin il sent dans n'importe quelle gorgée de vin l'entente il écoute il apprend bien plus de choses que ce que moi profane jeu c'est comprendre d'une gorgée de vin et pourtant nous avons le même palais mais il faut une culture pour que ce qu'il ya de plus naturel en ou sa complice notre grande erreur commune a été de croire à l'immédiateté notre grande erreur a été de penser que nous étions capables d'être immédiatement libre immédiatement créatif immédiatement intelligent immédiatement mettre de nos facultés immédiatement maîtres de notre destin alors que la vérité c'est que la maîtrise de nos propres facultés suppose d'abord de recevoir de la culture qui vient des autres l'accomplissement de ce qu'il y a de plus naturel en nous c'est à dire à la fois de plus humain est aussi de plus singulier de plus personnel de plus nouveau tout grand artiste a commencé par faire des gammes pendant des années par jouer les morceaux d'un autre et ce n'est qu'à la fin qu'un artiste peut accomplir sa propre créativité pour que chopin deviennent chopin il a fallu que je parte pendant des années et des professeurs de piano et ça ne s'invente pas tout seul et il ya une distance et c'est là le mystère de la médiation il ya une distance infinie entre appuyé au hasard sur les touches d'un piano est composé en nocturne de chopin la vérité c'est que notre créativité dans ce cas là depuis singulier ne s'accomplit qu'au terme de ce chemin qui s'appelle l'état d'enfant c'est peut-être d'ailleurs ce chemin et il laventure de toute une vie peut-être faut-il être dans l'état d'enfance une vie entière pour petit à petit devenir vraiment le maître de son destin par le chemin qui nécessairement passe toujours par l'intermédiaire des autres [Applaudissements]
François-Xavier Bellamy