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Les 18 mn de François Asselineau lors du débat BFM-tv / présidentielle 2017

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:10
Présentateur

Présentez-vous.

0:12
François Asselineau

Bonsoir, j'ai 59 ans, je suis marié, j'ai deux enfants et comme des millions de Français, je suis quelqu'un d'origine modeste. Mon parcours professionnel m'a amené dans les allées du pouvoir et j'ai pu accompagner en tant que haut fonctionnaire François Mitterrand ou Jacques Chirac dans des rencontres avec les plus grands chefs d'État de la planète. Ce que j'ai découvert à cette occasion, c'est un secret assez bien gardé, c'est en fait que les dirigeants français n'ont plus les manettes.

En réalité, toutes les grandes décisions politiques, économiques, sociales, budgétaires, diplomatiques et militaires sont désormais décidées par des institutions qui s'appellent la Commission européenne à Bruxelles, la Banque centrale européenne à Francfort et l'OTAN dont le siège est à Bruxelles mais qui est dirigé depuis Washington. Et tout ceci nous mène à la destruction de nos acquis sociaux négociés par les parents, les grands-parents, à l'affaiblissement, à la disparition du rayonnement de la France dans le monde. Tout ceci en fait nous mène au désastre.

C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de créer un parti politique pour appeler les Français à se rassembler au-dessus du clivage droite-gauche pour rendre à la France son indépendance et sa souveraineté nationale. C'est d'ailleurs le devoir du président de la République en vertu de l'article 5 de notre Constitution.

1:31
Invité

Oui mais c'est pas dans les traités, c'est interdit. Mais je suis simplement en train de vous dire que le cœur du problème aujourd'hui, il est dans un contrôle accru qui est en train de se développer mais qui est insuffisant.

1:39
Présentateur

François Asselineau n'a pas pris la parole et je vous donnerai la parole là-dessus, il n'y a aucun problème.

1:46
Invité

Est-ce qu'on peut dire qu'il faut recruter des inspecteurs du travail ?

1:49
Présentateur

Non, non, on va y revenir.

1:50
Invité

Benoît Hamon, s'il vous plaît. On a beaucoup moins aujourd'hui. Si on veut effectivement contrôler cette directive détachement des travailleurs, il faut contrôler les inspecteurs du travail.

1:57
Présentateur

François Asselineau va parler et ensuite nous allons revenir puisque la partie suivante est consacrée à l'Europe. Ça tombe bien, on avait prévu. J'ai de ça longtemps. On l'avait prévu. Allons-y, François Asselineau, à vous. Peut-être pouvez-vous déjà réagir là-dessus ?

2:09
François Asselineau

Oui, d'abord je crois qu'il ne faut pas se tromper d'élection. Nous ne sommes pas dans les élections législatives, il ne s'agit pas d'avoir un programme économique et social, il s'agit de l'élection présidentielle. Et comme le disait Charles de Gaulle, le vrai sujet de l'élection présidentielle, c'est l'indépendance de la France.

Je viens d'entendre ici un certain nombre de candidats qui ont tous des idées tout à fait intéressantes, sauf qu'elles sont totalement inapplicables dans le cadre des traités européens et notamment dans le cadre du rapport des grandes orientations de politique économique publié chaque année par la Commission européenne en vertu de l'article 121 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Alors M. Dupont-Aignan, par exemple, propose de limiter les baisses de charges aux entreprises fabriquant sur le sol national. C'est évidemment interdit par les traités européens. M.

Mélenchon, Mme Le Pen proposent, bien entendu, de lutter contre la directive des travailleurs détachés, sauf que les Polonais, les Roumains, par exemple, refusent absolument la remise en cause de cette directive. M. Donc je pourrais prendre ainsi tous les candidats. En réalité, ils ne vous disent pas la vérité, mes chers concitoyens. La réalité, c'est que tous les traités européens nous donnent un cadenas, nous cadenasent dans une politique économique et sociale qui est devenue intolérable pour les Français. Et j'ajoute que ça n'est pas une spécificité française.

Il suffit de regarder les pays d'Europe du Sud, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, qui souffrent encore davantage que nous d'un euro trop cher et d'une mise en concurrence sans aucune protection avec nos partenaires européens et avec le reste du monde.

3:50
Présentateur

On a déjà franchi le cap de la partie que nous voulions faire sur le... François Asselineau, c'est votre vision de l'Europe ? Quelle est la vôtre ?

3:56
François Asselineau

Alors moi, ce que je constate, c'est qu'autour de cette table, finalement, sur les 11 candidats à l'élection présidentielle, il y en a 10 qui approuvent le principe de la construction européenne et qui proposent tous une autre Europe, renégocier l'Europe, sortir de l'Europe pour y rentrer. C'est un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock dans l'affaire Tournesol, n'est-ce pas ? On s'en débarrasse jamais. Bon, qu'est-ce que ça veut dire tout ça ? Ça veut dire, ça me fait penser à un proverbe chinois qui dit « c'est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves ». Pourquoi ?

Parce que pour renégocier les traités européens, il faut l'unanimité des 27 autres, bientôt 26 lorsque le Royaume-Uni sera sorti, parce que le grand peuple britannique a compris qu'il fallait s'en aller, il faut donc l'unanimité des 27 autres gouvernements pour rouvrir des négociations. Et donc rouvrir des négociations qui se sont sédimentées depuis 60 ans et on va leur demander « écoutez, soyez gentils, vous allez accepter de s'aborder vos intérêts nationaux pour nous en donner plus à nous les Français ». Évidemment non. Évidemment, les autres gouvernements diront non, en particulier sur la directive des travailleurs détachés et sur tout le reste. Et puis ça n'est pas tout.

C'est qu'à supposer même que l'on ait obtenu les 27 accords unanimes des autres gouvernements, il faut ensuite les 27 autres peuples, c'est-à-dire les 27 autres parlements ou référendums, puisque référendum obligatoire il y a en Irlande. Ça veut donc dire qu'il faudrait obtenir, avec les Français aussi d'ailleurs, il faudrait obtenir 2 fois 28, c'est-à-dire 56 accords unanimes pour changer les traités. Ça n'arrivera jamais. Alors quelque chose qui n'arrive jamais, eh bien il y a 2 choses à faire.

Soit on continue à enfumer les Français en leur disant « ça fait quand même des décennies que ça dure, à chaque élection, on leur promet une autre route », soit ce que je propose, et je suis le seul candidat du Frexit, c'est-à-dire de faire sereinement, juridiquement, comme le font les Britanniques, la sortie de l'Union Européenne par l'article 50 du traité de l'Union Européenne, tout simplement.

5:54
Présentateur

Marine-François Asselineau, est-ce que vous êtes d'accord à ce que vous venez d'entendre ?

5:58
François Asselineau

Eh bien d'abord, le président de la République, en vertu de l'article 14 et 15 de la Constitution, est le chef de la diplomatie et le chef des armées. La première chose à faire, ce serait déjà de réhabiliter le budget du ministère de la Défense nationale, qui était de 3% du produit intérieur brut en 1981 et qui est tombé à 1,6%, de telle sorte qu'actuellement les armées sont maintenant quasiment en état de déshérence. Donc je prends personnellement l'engagement, à la fin du quinquennat, d'être remonté à 3% du produit intérieur brut pour le budget de la Défense nationale. Pour quoi faire ? Je suis d'accord également avec ce que disait M. Poutou tout à l'heure.

C'est-à-dire que les traités européens, et en particulier l'article 42 du traité de l'Union Européenne, placent la France et l'ensemble des pays de l'Union Européenne sous la tutelle de l'OTAN, donc sous la tutelle de Washington, puisque tout le monde sait que l'OTAN, en fait, est dirigée par Washington. C'est la raison d'ailleurs pour laquelle je propose non seulement de sortir de l'Union Européenne, afin de rétablir et de garantir l'indépendance nationale, puisque c'est le devoir du président de la République, mais aussi de sortir de l'OTAN et il faut mettre en œuvre l'article 13 du traité de l'OTAN.

7:06
Présentateur

Et dans la lutte contre le terrorisme, qu'est-ce que vous proposez ?

7:08
François Asselineau

Et justement, parce que comme le disait M. Poutou, et je suis d'accord avec lui, lorsque l'on a des gouvernements qui trouvent par exemple que Al-Nosra fait du bon boulot, alors qu'il s'agit quand même d'actions terroristes qui sont de temps en temps classées avec Al-Qaïda ou non, il faut mettre un terme à ça. Il faut mettre également un terme à toute complaisance avec l'émirat du Qatar ou avec l'Arabie Saoudite, qui sont, on le sait, parmi les principaux profilleurs financiers et d'armes du terrorisme islamiste. J'aimerais d'ailleurs que M. Macron nous dise ce qu'il en pense. Je suis d'accord avec vous sur ce dernier point. Ah, vous êtes toujours d'accord avec tout le monde.

7:40
Invité

Non, ce n'est pas vrai. Ça, M. Poutou, vous pouvez reprendre les éléments de langage de certains autres, mais vous aurez noté ce soir qu'il y a des vrais désaccords avec certains, mais sur le Qatar et l'Arabie Saoudite, je n'aurai aucune complaisance.

7:54
François Asselineau

J'aimerais intervenir un instant, puisque M. Fillon a parlé des investissements du Qatar en France, simplement pour parler... En un mot, en un mot. En un mot, ce sera l'article 63 du traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne, qui interdit toute restriction aux échanges de mouvements de capitaux, mais l'inverse n'est pas vrai. C'est-à-dire qu'il faut savoir et que les Français sachent que lorsque, par exemple, l'émir du Qatar peut acheter des hôtels ou bien le Paris Saint-Germain en France, l'inverse n'est pas vrai. De la même façon que les Chinois peuvent acheter 1700 hectares de terre dans le Béry, l'inverse n'est pas vrai.

Nous avons eu une ouverture asymétrique des mouvements de capitaux à cause des traités européennes.

8:34
Présentateur

On va parler de l'exemplarité en politique. Que mettrais-vous en place pour protéger les élus de l'influence des lobbies ?

8:40
François Asselineau

Alors d'abord, comme à plusieurs personnes autour de cette table, j'ai signé le manifeste de Philippe Pascault pour réclamer, ce qui est bien normal effectivement, le casier judiciaire vierge pour toute personne se présentant à un mandat électif. On le demande à de très nombreuses professions. C'est normal de le faire. Je pense en fait que, comme le disent les Chinois, le poisson pourrit par la tête. Et pour moraliser la politique française, il faut déjà que le président de la République soit respectable. Il faut par exemple qu'il ne parte pas, n'est-ce pas, comment dirais-je, qu'il ne bénéficie pas de façon exagérée des avantages de sa fonction.

Je pense par exemple qu'il n'a pas à se présenter, faire la une des magazines avec sa femme. D'ailleurs, si je suis élu président, ma femme sera la femme du président de la République. Elle restera discrète. Il n'y aura pas de first lady. Il n'y aura pas de first lady à l'américaine ou monarchique. Je pense aussi d'ailleurs...

9:33
Présentateur

Elle restera à la maison ?

9:34
François Asselineau

Non, elle restera. Elle fera sa profession. Elle aura sa profession. Nous n'aurons pas de traces monarchiques, ni nous ne verserons pas dans le showbiz. Et puis, je voudrais aussi insister sur un élément. Moi, je propose que les partis politiques ne puissent plus être financés par des banques. Parce qu'à partir du moment où les partis politiques sont financés par des banques, eh bien, ce sont les banques aussi qui leur donnent des instructions. Et vous me permettrez de donner ici devant les Français le fait que les Républicains ont 67 millions d'euros de dettes auprès des banques avec une situation nette négative de 29 millions d'euros. Je me demande comment M.

Fillon, qui prétend redresser la France et ses finances, fait, alors qu'il n'est même pas capable de gérer correctement le parti politique dont il est émané. Vous n'êtes pas responsable des Républicains, M. Asselineau. Vous n'avez jamais été. J'ai essayé, mais je n'ai pas réussi à être élu. Oui, très bien. Je voudrais signaler que le Front National a 9 millions d'euros de dettes auprès des banques avec des fonds propres de moins 8 millions d'euros. Je voudrais signaler que M. Dupont-Aignan a 1,1 million d'euros de dettes auprès des banques avec des fonds propres négatifs de 900 000 euros.

Ce sont les comptes de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements des partis politiques. Vous les avez inventés. Non, eh bien, allez les vérifier. Quant au Parti Socialiste, il a 13 millions d'euros de dettes auprès des banques. Et puis M. Mélenchon a fait un prêt, je crois, de 8 millions d'euros pour financer sa campagne électorale. Eh bien, moi, j'ai un financement zéro euro auprès des banques. Le parti politique que je préside, qui, soit dit en passant, a dépassé les 22 700 adhérents et qui connaît une croissance phénoménale en ce moment... Onclué, s'il vous plaît. Eh bien, je suis très concret. Nous avons zéro euro d'emprunt auprès des banques.

Et si je suis élu, je demanderais qu'aucun parti politique ne puisse bénéficier de soutien bancaire de telle sorte que seuls les Français financeront leur propre parti politique.

11:27
Présentateur

C'est terminé. François Asselineau, qu'est-ce que vous proposez pour moraliser notre vie politique ?

11:31
François Asselineau

Pour démocratiser la politique. Premièrement, je prends l'engagement formel de créer le référendum d'initiative populaire sur des questions validées par le Conseil constitutionnel préalablement avec 500 000 signatures de citoyens constatées en mairie. Deuxièmement, j'instaurerai la reconnaissance du vote blanc de plein exercice. De telle sorte, c'est un système qui existe en Suède ou en Uruguay, que si lors d'un scrutin, le vote blanc arrive en tête, le scrutin est annulé, reporté de deux ou trois mois, un délai affixé par une loi organique. Il est ensuite refait. Et les candidats qui participaient au scrutin annulé ont interdiction de se représenter à ce scrutin.

Ça donne ainsi une valeur révocatoire au vote blanc. S'agissant de la Constitution, moi, je voudrais que la Constitution de la Ve République fût respectée dans son origine. Or, elle a été très largement défigurée, la Constitution. Figurez-vous qu'il y a un article 68 dans la Constitution qui précise que le président de la République, qui précisait du moins deux incriminations. Il y avait le crime de complot contre la sûreté de l'État, qui avait été donc rédigé par Charles de Gaulle, approuvé par 82% des Français. Et il y avait le crime de haute trahison du président de la République.

Ces deux incriminations, les Français ne le savent pas, ont été retirées de notre Constitution par des lois constitutionnelles en catimini entre la majorité et l'opposition. Par la procédure du Congrès, le crime de complot contre la sûreté de l'État a été retiré de l'article 68 par une loi constitutionnelle de juillet 1993, neuf mois après la ratification du traité de Maastricht. Et le crime de complot... Non, non, non, non, non. Excusez-moi, non, non, non. J'ai beaucoup de retard, donc je n'ai pas de raison d'avoir trois minutes de moins que Mme Le Pen.

Par ailleurs, le crime de haute trahison du président de la République a été annulé, a été enlevé de la Constitution par une réforme constitutionnelle de 2007. Ce n'est pas tout. L'article 4 de notre Constitution précise que les partis politiques français doivent respecter le principe de souveraineté nationale. Et la souveraineté nationale, c'est un des droits fondamentaux de l'homme qui découle de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Vous me permettrez de rendre hommage ici au fantastique discours de Philippe Séguin en 1992 à l'Assemblée nationale où il disait justement... Il faut en finir, M. Asselineau. Non, non, non, non, j'ai encore du retard.

14:13
Présentateur

Non, mais vous donnez vos propositions. Vous laissez parler tous les candidats.

14:17
François Asselineau

Je voudrais faire respecter le principe de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui fait partie de notre bloc de Constitution. C'est-à-dire que ce rapport des grandes orientations de politique économique que je montrais tout à l'heure est sur la... Et il semble que mes collègues, finalement, n'en tiennent pas compte. Ça passe sur eux comme l'ont sur les plumes du canard. Je suis désolé. Et ça, c'est inconstitutionnel. La France doit sortir de l'Union européenne.

14:43
Présentateur

La parole à François Asselineau. Ça suffit. Sur les services publics, M. Asselineau, qu'est-ce que vous proposez exactement ?

14:49
François Asselineau

Bien, moi, les services publics, je dirais... On va dire que j'y reviens. Mais oui, j'y reviens. Si les services publics sont actuellement démantelés, c'est sous la pression de l'Union européenne. Et en particulier... Je suis désolé. Moi, je connais les traités européens. Et c'est bien normal. En particulier sous l'article 106 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Et oui, parce que vous allez... Je m'adresse ici aux Français. Vous allez élire un chef de l'État. Le chef de l'État, c'est quelqu'un qui doit connaître les dossiers et qui doit connaître les engagements pris au nom du peuple français.

L'article 106 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, en fait, nous impose progressivement, avec une tactique du salami, de privatiser les uns après les autres tous les grands services publics à la française. Or, les Français ne sont pas des Anglo-Saxons. C'est la raison pour laquelle j'ai prévu dans mon programme, d'abord d'être cohérent. Je propose de mettre en œuvre la sortie de l'Union européenne dès mon accession à l'Élysée par la mise en œuvre de l'article 50.

Ensuite, je proposerai aux Français d'institutionnaliser, d'inscrire dans la Constitution le principe des grands services publics à la française et de les renationaliser si nécessaire d'EDF, GDF, La Poste, la SNCF, Orange, toutes les sociétés d'autoroutes dont la gestion a été vendue, notamment à Vinci, également les sociétés d'adduction d'eau, TF1, Télédiffusion de France, et toutes banques, et toutes banques bénéficiant de fonds publics à un moment ou à un autre parce que ça suffit que les banques, moi je suis tout à fait favorable à l'entreprise privée, mais des banques qui dégagent du profit pour les actionnaires et quand elles dégagent des pertes, c'est pour les contribuables, ça, ça n'est pas tolérable.

Donc voilà, non, non, non, attendez, je persiste et signe. Je maintiendrai également, j'inscrirai dans la Constitution le principe de la sécurité sociale pour tous. De ce point de vue-là, je trouve scandaleux la proposition de M. Fillon qui consistait à commencer à privatiser la sécurité sociale. Je rappelle que c'est sous le milieu du XIIIe siècle, en 1260, que Saint-Louis a créé le premier établissement public hospitalier français. Les Français sont très extrêmement attachés à ce qu'ils aient un État qui assure la justice et l'égalité sociale entre les Français. Et enfin, j'en terminerai en disant que j'inscrirai dans la Constitution le principe des retraites par répartition.

François Asseline, votre conclusion. Mes chers compatriotes, vous avez écouté un débat avec 11 candidats à l'élection présidentielle. À mission, je suis le seul qui vous propose, dès mon élection à l'Élysée, de prendre la mesure du problème et d'entamer la sortie de la France, de l'Union Européenne, de l'euro et de l'OTAN. N'ayez pas peur. N'ayez pas peur, parce que je sais ce que l'on va vous dire. On va vous dire que sortir de l'euro serait l'apocalypse. C'est le contraire qui est vrai. N'ayez pas peur, on va vous dire que sortir la France de l'Union Européenne, ça serait la coupée du reste du monde. Ce n'est pas vrai.

Est-ce que la Suisse, qui n'est ni dans l'Union Européenne, ni dans l'euro, ni dans l'OTAN, est coupée du reste du monde ? Ce n'est pas vrai. Elle continue à rester une grande puissance industrielle. Elle continue à exporter, à importer. C'est le pays du monde qui reçoit le plus de conférences internationales. Savez-vous, mes chers compatriotes, que la France donne chaque année 23 milliards d'euros à l'Union Européenne et n'en reçoit que 14 ? Je m'adresse ici aux agriculteurs. Vous croyez peut-être que l'Union Européenne vous donne des subventions ? Non.

Ce sont des subventions françaises qui transitent par Bruxelles et il en est de même pour les fonds du FEDER versés aux collectivités locales. Mes chers compatriotes, si vous votez pour l'un des dix candidats qui proposent une autre Europe, renégocier les traités à la Saint-Glinglin, etc., concrètement, il se passera quoi ? Il se passera qu'il sera obligé à partir du mois de mai d'appliquer les grandes orientations de politique économique dont j'ai parlé à plusieurs reprises et qui, décidément, n'intéressent, semble-t-il, pas les autres candidats.

Vous serez obligé de constater que le président que vous aurez élu sera contraint de baisser l'impôt sur les sociétés, d'augmenter la TVA, de démanteler toutes les professions réglementées, d'ubériser la société, de démanteler les acquis sociaux, parce que tout ceci est écrit dans ce document dont je recommande la lecture à tous les citoyens français. Merci. Et chers compatriotes, n'ayez pas peur, ayez confiance, confiance en la France qui va renouer avec sa grande histoire comme le peuple britannique vient de le faire. Merci. Vive la République et vive la France. Sous-titrage Société Radio-Canada