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Discours / meetingfranceinfo (sur YouTube)· 7 octobre 2026 15 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentationBudget & impôts

Lycéens, carburants, agriculteurs, budget : Les annonces de Sébastien Lecornu

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:55Invité politiqueChiffre
    « La plateforme ouverte lundi dernier par le ministre de l'éducation nationale a déjà recueilli plus de 40000 contributions. »
  • 3:38Invité politiqueChiffre
    « Le budget pour l'année prochaine 2027 porte les crédits de l'éducation nationale à 64 milliards d'euros avec une nouvelle hausse de 1,2 milliards d'euros par rapport à l'année dernière. »
  • 6:35Invité politiqueChiffre
    « Plus de 70 milliards d'euros ont été dépensés à l'époque en bouclier et en aide. »
  • 7:17Invité politiqueChiffre
    « Nous mettrons donc 10 millions de barils de gazol issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France. »
  • 10:55Invité politiqueChiffre
    « Le déficit est prévu cette année à 5,4 %. »
  • 11:38Invité politiqueChiffre
    « Le budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros. »
  • 12:21Invité politiquePromesse
    « Notre engagement est de ramener le déficit public à 5 % en 2027. »

Temps de parole

  • Sébastien Lecornu100 %

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Sébastien Lecornu

Mes chers compatriotes, les crises se succèdent. Je comprends la fatigue de celles et ceux qui ont le sentiment qu'à peine une difficulté surmontée, une autre se présente. Cette réalité, beaucoup de pays européens la connaissent. Elle fait naître beaucoup d'inquiétude. Nous sommes dans une situation difficile mais nous ne sommes pas pour autant sans réponse. Et c'est dans cet esprit que je veux vous parler ce soir. Ce qui se passe dans les lycées nous touche toutes et tous. élèves, parents, enseignants ou simplement citoyens, des lycéens manifestes, c'est leur droit, y compris, pour contester le gouvernement. Nous avons le devoir de les écouter.

Prendre les jeunes au sérieux, c'est autant soutenir leur engagement que partager avec eux les difficultés mais aussi les contraintes. Mais nous avons également vu ces derniers jours des violences, des élèves et des personnels agressés, des policiers et des gendarmes blessés, des établissements incendiés ou dégradés, des milliers d'heures de cours perdu sans oublier les menaces et les insultes. Les responsables politiques qui utilisent cette colère pour mener leurs batailles électorales prennent une responsabilité grave. On ne peut pas jouer avec la sécurité des jeunes de France.

Je veux donc être clair, contrairement à ce que certains racontent et répètent, les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens. Leur mission est de protéger les biens, mais surtout les personnes, de faire respecter la loi et de permettre l'accès aux établissements scolairire. Elles doivent agir pour cela de manière proportionnée dans un contexte souvent très difficile. Il faut le reconnaître et je veux leur redire notre soutien. Mais lorsqu'un jeune est gravement blessé, les enquêtes doivent en établir les circonstances en toute transparence comme pour toute atteinte aux personnes. Je l'ai rappelé hier à l'Assemblée nationale, le respect de l'état droit.

s'impose à chacun. Mais la colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu'ils expriment. Ces lycéens, on le sait, étaient enfant ou en tout cas entré dans l'adolescence pendant le Covid. Nous leur avons demandé des efforts considérables. Depuis, il voi les guerres, le changement climatique, parfois leurs parents ou leurs proches en difficulté. Malgré ces angoisses, nous leur demandons pourtant de choisir leur orientation et de regarder l'avenir avec confiance. Et la responsabilité du gouvernement et de l'ensemble des formations politiques doit être de rétablir cette confiance. Et cela commence évidemment et déjà par les écouter.

Les temps de dialogue engagés aujourd'hui se poursuivront à partir de demain dans chaque lycée et jusqu'à la semaine prochaine. La plateforme ouverte lundi dernier par le ministre de l'éducation nationale a déjà recueilli plus de 40000 contributions. Elle nous permet d'entendre directement celles et ceux qui ne s'expriment pas toujours dans les instances habituelles. Certains ont accueilli l'ouverture de cette plateforme avec moquerie ou dérision. Ils ont eu tort. Les 40000 premières contributions montre qu'il y avait une attente en particulier, on le sait, sur l'organisation du temps scolaire et sur les conditions matérielles dans les lycées.

Ces contributions constituent une matière précieuse. Elle nous permettra de répondre à ces préoccupations en lien avec les conseils régionaux. Tout sera publié en transparence. Dans les 8 mois qui nous séparent de l'élection présidentielle, le gouvernement agira donc avec pragmatisme pour répondre aux attentes des lycéen.

Nous avons lancé cinq chantiers pour assurer les cours lorsqu'un enseignant est absent, même si beaucoup pas é fait ces dernières années, pour améliorer les conditions matérielles dans les bâtiments, notamment face aux fortes chaleurs, pour mieux organiser les temps scolaires, pour rendre parcours sup plus transparent et intelligible et pour donner et c'est peut-être d'ailleurs la principale revendication, un cadre d'expression plus clair et renouvelé au lycéen dans une démocratie qui évolue, une démocratie vivante. Les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d'octobre et bien sûr il y a la question des moyens.

Le budget pour l'année prochaine 2027 porte les crédits de l'éducation nationale à 64 milliards d'euros avec une nouvelle hausse de 1,2 milliards d'euros par rapport à l'année dernière. C'est un des rares ministères d'ailleurs qui voit ces crédits augmenter et cette augmentation devra permettre de financer les priorités des lycéens. pas que. Et le budget de l'éducation nationale sera d'ailleurs discuté à l'Assemblée nationale le 12 novembre prochain. Cela nous laisse donc un mois pour traduire les contributions et les propositions des lycéens en amendements sur lesquels les députés et les sénateurs devront s'entendre.

Les débats auront lieu, chacun prendra ses responsabilités, le gouvernement en tête. Je le dis aussi, dans le passé, il y a eu trop de promesses qui n'ont pas été tenues, tout simplement parce qu'elles n'étaient pas tenable. Ce que je souhaite, ce sont des réponses concrètes, rapides et donc financé. Un gouvernement qui n'a aucune échéance électorale peut s'y engager avec sincérité. Mes chers compatriotes, ces inquiétudes sur l'avenir, nous les retrouvons aussi dans les familles qui subissent la hausse du prix de l'énergie. La guerre au Moyen-Orient comme d'ailleurs celle en Ukraine sont entrées dans notre quotidien.

Quand on habite loin de son travail, sans transport collectif à proximité, faire le plein pour partir le lendemain pèse lourd dans le budget mensuel. Pour un artisan ou un transporteur, cela peut même mettre en cause l'équilibre de l'activité. Nous avons, vous le savez, renforcé l'aide aux grands rouleurs et les soutiens aux professions les plus exposées, les agriculteurs, le secteur du bâtiment, les pêcheurs, les aides à domicile, les infirmiers libéraux. Le chèque énergie sera versé dès janvier, non plus au printemps pour les ménages les plus modestes. Alors, je comprends dans le débat public la demande d'aide générale ou d'une baisse massive des taxes.

Mais il faut le rappeler, lors de la précédente crise énergétique, à partir de la fin de l'année 2021, plus de 70 milliards d'euros ont été dépensés à l'époque en bouclier et en aide. Tout cela a fortement pesé sur les comptes publics de la nation et nous remboursons encore la dette contractée pour le financer et à des taux d'intérêt bien supérieur malheureusement qu'à l'époque nous ne pouvons pas rouvrir les mêmes dépenses à chaque crise surtout désormais avec des taux d'intérêt plus élevés il faut le dire clairement ce serait soulagé une facture aujourd'hui en en préparant une autre encore plus lourde pour demain il Il faut donc utiliser tous les moyens dont nous disposons.

Le président de la République agit sur le terrain diplomatique depuis plusieurs semaines avec nos partenaires, notamment les pays producteurs, je cite l'Irak, l'Arabie Saoudite ou le Nigéria entre autres pour sécuriser les approvisionnements et par de même au-delà rechercher l'apaisement dans les régions concernées. Vendredi dernier, il a réuni en urgence le G7 et celui-ci a décidé de mobiliser des stocks stratégiques de manière coordonné. Dans ce cadre, nous mettrons donc 10 millions de barils de gazol issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France. Je signerai prochainement le décret permettant cette opération prévue pour durer 3 mois.

Cela a été notifié ce matin à l'Agence Internationale de l'énergie. Les générations précédentes ont ont constitué ces réserves pour faire face aux pénuries. Nous allons les utiliser de manière nouvelle pour agir sur les prix. Le gazol concerné a été acheté avant la flambée des cours. Il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks, ce qui permet mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazol. Je réunirai à Matignon l'ensemble des distributeurs pour y travailler dans les tout prochains jours. Cette baisse bénéficiera à toutes celles et ceux qui achètent du gazol et s'ajoutera évidemment aux aides existantes.

Les cours mondiaux continueront d'évoluer, vous le savez, vous le voyez, mais nous pouvons ainsi amortir une partie du choc. Les volumes seront évidemment encadrés pour préserver notre sécurité d'approvisionnement. Cela va s'en dire et les opérateurs auront jusqu'à 1 an pour reconstituer ces stocks. Cette mesure nous donne un répi dépendance qui nous expose crise après crise à des décisions prises ailleurs. C'est d'ailleurs pour ne pas subir les crises décidées à l'autre bout du monde qui sont durables, on le sait que nous avons lancé le plan d'électrification. Je ne rentre pas dans le détail ce soir, mais les premiers résultats sont bons, encourageants. Les ministres y reviendront.

Mais dans ce cadre et par cohérence, je veux vous dire que le gouvernement se fixe un objectif concret et ferme. Le prix de de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver. Nous prendrons donc les décisions nécessaires pour le tenir. J'y reviendrai prochainement et je demande par ailleurs à EDF de mobiliser au maximum ses capacités de production dans le respect des exigences de sûreté. Les investissements que nos prédécesseurs ont réalisé doivent protéger les Français aujourd'hui. Ceux que nous avons décidé nous-mêmes devront rendre le même service à nos enfants.

Mais parmi celles et ceux qui subissent le plus durement l'accumulation de ces crises, je voudrais avoir un mot particulier pour nos agriculteurs. Pour beaucoup d'entre nous, la canicule appartient déjà à l'été passé. Pour eux, malheureusement, ces conséquences sont encore devant. Des récoltes perdues, du fourrage à trouver. des troupeaux en danger, des trésoreries qui ne permettent plus du tout de faire face. Des milliers d'exploitations sont en péril, c'est inédit. Un plan d'urgence a donc été engagé.

demain au sommet de l'élevage qui a lieu à cournom, la ministre de l'agriculture le complétera avec de nouvelles mesures que nous avons discuté récemment ici à Matignon avec l'ensemble des organisations syndicales et nous travaillons en plus et en parallèle à un plan de relance qui sera proposé au Parlement et je souhaite d'ailleurs y associer l'ensemble des forces politiques de la nation. Les décrets d'application de la loi d'urgence agricole seront pris aussi rapidement. Je tiens à être rassurant sur ce point. Mais je le dis avec gravité ce soir, l'agriculture française ne pourra pas attendre l'élection présidentielle.

Il faut permettre aux exploitations française de tenir et de préparer la suite. Notre agriculture est un atout essentiel pour nous nourrir, faire vie de nos territoires, mais plus que tout aussi pour notre souveraineté. Mes chers compatriotes, cette volonté de protéger le pays nous oblige aussi à regarder en face notre situation financière. Je manquerai à mon devoir en ne vous en parlant pas ce soir. Depuis un an, depuis un an, la stabilité politique a permis d'engager une stabilisation budgétaire. Je remercie d'ailleurs les formations politiques qui ont contribué sans renoncer à leur conviction.

Elles ont fait passer clairement l'intérêt général avant le bénéfice cynique et immédiat d'une crise politique. Cela a compté pour le pays. Mais les bouleversements internationaux ont depuis ralenti notre croissance. Moins de croissance, c'est moins de recettes pour financer les services publics. Et malgré les mesures de redressement déjà prises, le déficit est prévu cette année à 5,4 %. Les taux d'intérêt, vous le savez, se tendent. Cela alourdit la charge de la dette et rend encore plus difficile les projets des entreprises et des ménages potentiellement. À cela s'ajoute aussi une réalité démographique.

Notre pays vieillit et donc les besoins en matière de santé, de retraite, d'accompagnement augmentent. mécaniquement, l'avenir de notre protection sociale pour l'année prochaine doit être assuré maintenant en dépit des débats pour l'avenir. Le budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros. Pour l'activité, l'emploi et le pouvoir d'achat, nous avons fait le choix de la stabilité fiscale. Cela suppose donc que l'État montre l'exemple. Il s'impose par-d l'objectif le plus strict et le plus exigeant depuis de nombreuses années. En général, une ambition en début de quinquena avec une majorité.

Si nous le faisons, c'est parce que prendre ces décisions aujourd'hui en répartissant l'effort équitablement permettra d'éviter des décision beaucoup plus brutal demain. Adopter un budget après la présidentielle prolongerait l'incertitude jusqu'à l'automne prochain, bloquerait des investissements et fragiliserait considérablement le pays. Cela le rendrait vulnérable. Je suis donc convaincu que le Parlement permettra à la France d'avoir un budget. L'opposition a le droit de contester. Le texte peut-être évidemment discuté, amendé, modifié ligne à ligne s'il le faut, mais c'est la responsabilité du parlement, sa première des responsabilités que de donner un budget au pays.

J'en appelle donc au patriotisme de chacun pour que les échanges engagés aboutissent au compromis nécessaires. Notre engagement est de ramener le déficit public à 5 % en 2027. Je le dis avec gravité, pas d'avantage. La cible initiale est de 4,8 et nous l'avons porté à 5 pour les besoins de notre défense nationale. Les moyens d'atteindre cet objectif seront discutés et c'est naturel, mais nous devons redresser le déficit. Les Français, nos partenaires, mais aussi celles et ceux qui nous prêtent sur les marchés doivent savoir que cet engagement sera tenu. Mes chers compatriotes, dans quelques mois, l'élection présidentielle vous permettra de choisir une direction pour le pays.

Le gouvernement en préparera le bon déroulement dans la sécurité, la neutralité de l'État, mais aussi évidemment le respect de chacun. Le gouvernement saura et devra être entièrement et uniquement consacré à sa mission avec le plus grand des sérieux. La France tient grâce au travail de millions de femmes et d'hommes qui font leur part souvent sans bruit. Ne doutons pas de nous-même. Nous avons des ressources dont nous n'avons pas suffisamment conscience. Notre jeunesse, nos entreprises petites comme grandes, nos capacités de production d'électricité, je le disais, notre agriculture, notre diplomatie, notre armée, nos forces vives, appuyons-nous sur elle pour sortir de nos difficultés.

Et j'appelle clairement à l'unité. Le gouvernement s'y emploiera avec le seul souci de servir le pays pour le seul intérêt général. Je vous remercie.