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InterviewNicolas Dupont-Aignan (sur YouTube)· 31 mai 2020 19 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalTravail & emploiInstitutions & élections

Nicolas Dupont-Aignan invité sur France Inter (30 mai 2020)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Comment sont vécues ces restrictions dans votre département ?

  • 1:03OuverteRéponse directe

    Par quel levier doit passer selon vous cette relance économique du pays ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Comment ça se passe dans votre département avec un tissu d'entreprises diversifié ?

  • 4:12RelanceRéponse directe

    Par quel levier doit passer selon vous cette relance économique du pays ?

  • 4:25OuverteRéponse directe

    Êtes-vous favorable à une augmentation des impôts pour les plus riches ?

  • 6:23OuverteRéponse directe

    L'État actionnaire a-t-il choisi la bonne stratégie avec Renault ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « écoutez, je pense qu'aujourd'hui les gens sont contents et on est tous contents déjà que beaucoup, beaucoup de restrictions soient levées. »
  • 1:16Invité politiqueFait
    « La deuxième vague, elle risque d'être économique et sociale avec un chômage absolument énorme. »
  • 1:41Invité politiquePromesse
    « Et je demande, j'ai proposé avec Debout la France au gouvernement de l'élargir et de prendre pour modèle l'Allemagne qui fait des prêts garantis à 100%. »
  • 1:59Invité politiqueChiffre
    « Et en France, le gouvernement avait promis 300 milliards d'euros pour nos entreprises. En fait, on est aujourd'hui à 83 milliards de prêts parce qu'on ne prête qu'à 90%, les banques prennent un risque sur 10%. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « Oui, mais ça se passe que les banques elles-mêmes le disent et les chefs d'entreprises aussi, ils préfèrent fermer parfois que demander un prêt qui ne seront pas remboursés. »
  • 5:51Invité politiqueFait
    « L'enjeu majeur, c'est qu'on a fait des cadeaux fiscaux, le gouvernement a fait des cadeaux fiscaux ahurissant aux plus riches de France, sans aucune condition. »
  • 7:03Invité politiqueChiffre
    « 5 milliards d'euros, c'est la première fois que dans un pays, on va donner autant d'argent pour délocaliser, pour acheter des voitures à l'étranger. »
  • 10:15Invité politiqueFait
    « Oui, bien sûr. Mais c'est ce qu'on a fait, souvenez-vous, sur Peugeot et ça a été une très bonne affaire pour l'État puisqu'ensuite, l'État a revendu. »
  • 10:33Invité politiqueChiffre
    « Lufthansa va être aidé pour 9 milliards d'euros comme on vient nous d'aider Air France, sauf que l'État allemand va prendre une participation, va redevenir actionnaire de Lufthansa. »
  • 14:05Invité politiqueFait
    « Simplement, ce que j'ai dit et ce que je maintiens, c'est que les Français ne veulent pas une sortie sèche, ne veulent pas un Brexit, un Frexit. Les Français veulent une renégociation complète des traités. »

Temps de parole

  • Nicolas Dupont-Aignan73 %
  • Présentateur19 %
  • ?5 %
  • Présentateur 22 %

≈ 16,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter,

0:03
Locuteur

le

0:04
Présentateur

6-9 du week-end, Eric Delvaux. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Monsieur. Président de Debout la France, député de l'Essonne. L'Essonne en région parisienne, zone orange donc. Avec encore quelques restrictions, par exemple dans les cafés-restaurants, seules les terrasses peuvent rouvrir dans l'Essonne. Comment sont vécues d'ailleurs ces restrictions dans votre département

0:29
Locuteur

? Oh

0:31
Nicolas Dupont-Aignan

écoutez, je pense qu'aujourd'hui les gens sont contents et on est tous contents déjà que beaucoup, beaucoup de restrictions soient levées.

0:38
Locuteur

Il

0:38
Nicolas Dupont-Aignan

en reste très peu et c'est normal. Donc je pense que franchement c'est un week-end positif. Voilà. Maintenant il faut bien garder les mesures de précaution pour que tout se passe bien et la réouverture des parcs et jardins que je demandais depuis un mois me paraît une bonne chose.

0:56
Présentateur

Cette phase 2 du déconfinement, c'est pour enrayer le choc économique, a expliqué Edouard Philippe. Par quel levier doit d'ailleurs passer selon vous cette relance économique du pays au moment où on ouvre un peu les robinets et les subventions à tout va

1:12
Locuteur

?

1:14
Nicolas Dupont-Aignan

Écoutez, c'est là le problème. La deuxième vague, elle risque d'être économique et sociale avec un chômage absolument énorme. Et pour moi, il faut absolument redimensionner le plan du gouvernement car si le chômage partiel était une bonne mesure, qui a bien marché, en revanche le système de prêts garantis, vous savez pour les entreprises, les entreprises qui sont en grande difficulté, ne fonctionnent pas bien. Et je demande, j'ai proposé avec Debout la France au gouvernement de l'élargir et de prendre pour modèle l'Allemagne qui fait des prêts garantis à 100%. Et aujourd'hui, il faut savoir, et c'est ce qui m'inquiète beaucoup pour demain, que l'Allemagne a prêté à ses entreprises, je ne

1:58
Locuteur

sais

1:58
Nicolas Dupont-Aignan

pas si vous êtes assis, cinq fois plus qu'en France. Et en France, le gouvernement avait promis 300 milliards d'euros pour nos entreprises. En fait, on est aujourd'hui à 83 milliards de prêts parce qu'on ne prête qu'à 90%, les banques prennent un risque sur 10% et donc en fait, on aide les entreprises en bonne santé. Oui,

2:17
Présentateur

mais c'est un

2:17
Locuteur

prêt et il faudra bien

2:18
Présentateur

un jour le rembourser. Donc moins on prête, moins il

2:20
Locuteur

y aura à rembourser aussi. C

2:22
Nicolas Dupont-Aignan

'est justement ce que fait l'Allemagne qui fait un prêt à 100% de 800 000 euros qui sera quasiment un don. Et nous avons un énorme risque. On le voit aujourd'hui, beaucoup d'entreprises se voient refuser le prêt ou alors ne le demandent même pas parce qu'elles savent, comme vous le dites très justement, qu'il faudra rembourser. Alors que d'autres pays ont un système d'effacement, d'annulation de charges et non pas de report. Et vraiment, le grand danger aujourd'hui, c'est ces petites et moyennes entreprises qui sont en train de fermer tout simplement, mettant au chômage et si vous voulez, alimentant un risque récessif.

2:56
Locuteur

C

2:56
Nicolas Dupont-Aignan

'est-à-dire que les gens ont peur, épargnent et ils risquent d'y avoir des effets en cascade tout simplement parce qu'on a un plan beaucoup trop bureaucratique, beaucoup trop compliqué par rapport à ce qu'il faudrait faire vraiment pour éviter la chute d'entreprises.

3:13
Présentateur

Mais comment

3:13
Locuteur

est-ce que ça se passe, Nicolas

3:15
Présentateur

Dupont-Aignan, comment est-ce que ça se passe dans votre département avec un tissu plutôt diversifié d'entreprises et un taux de chômage qui, je crois, est le plus faible d'Île-de-France ?

3:25
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, mais ça se passe que les banques elles-mêmes le disent et les chefs d'entreprises aussi, ils préfèrent fermer parfois que demander un prêt qui ne seront pas remboursés. Et quand ils le demandent à la banque, la banque leur demande leurs critères de trésorerie. Et donc l'Essonne est favorisé, bien sûr, par rapport à d'autres départements, mais il y a énormément de départements où vous avez des entreprises qui sont en train de fermer, qui rentrent en liquidation.

Donc j'insiste parce que je vois ce qui se passe ailleurs, je vois ce qui se passe en Allemagne et on ne peut pas se permettre d'avoir une chute comme ça à la rentrée sans parler des grandes entreprises où là je suis en désaccord complet avec la manière dont le gouvernement agit, que ce soit Renault ou Air France, parce que là aussi j'estime que quand on donne des milliards d'euros,

4:07
Locuteur

5 milliards pour Renault,

4:09
Nicolas Dupont-Aignan

on va en parler.

4:10
Locuteur

On va parler de Renault dans un instant.

4:12
Présentateur

Juste un mot encore sur la crise économique. Il y a la tentation à gauche et chez certains économistes en ce moment d'augmenter les impôts des plus aisés. Alors certes le gouvernement en a écarté l'idée pour l'instant. Et vous, Nicolas Dupont-Aignan, êtes-vous favorable à une augmentation des impôts pour les plus riches et pourquoi pas un retour de l'USF par exemple

4:32
Locuteur

?

4:33
Nicolas Dupont-Aignan

J'ai été favorable, bien sûr, j'ai même été favorable.

4:35
Locuteur

J

4:35
Nicolas Dupont-Aignan

'ai proposé à l'Assemblée nationale, sans succès, je le regrette, que les hauts fonctionnaires, les ministres, les parlementaires réduisent à 84% leur salaire comme les chômeurs partiels. Ce n'était pas la mort de se priver de 16% d'indemnités et ce n'était pas la mort de demander aux plus riches de France de baisser leurs revenus de 16%. J'ai eu un silence poli sur les bancs de droite et de gauche.

4:58
Présentateur

Le macroniste Richard Ferrand, lui, n'écarte pas l'idée d'une contribution exceptionnelle, dit-il,

5:03
Locuteur

des foyers les plus aisés.

5:04
Nicolas Dupont-Aignan

En attendant les contributions, on les fait quand c'est la difficulté. Nos compatriotes attendent une égalité minimum. J'ai proposé aussi, vous le savez depuis longtemps, un ISF, j'allais dire à géométrie variable, c'est-à-dire qu'à l'élection présidentielle,

5:19
Locuteur

j

5:19
Nicolas Dupont-Aignan

'avais proposé qu'il y ait zéro ISF quand la personne qui a du bien investit en France, mais qu'en revanche, on laisse l'ISF quand les gens n'investissent pas en France. Tout le problème du pays, et on le sait aujourd'hui, c'est d'orienter l'épargne, d'orienter la richesse vers la relocalisation, vers le fabriqué en France. C'est ça l'enjeu. On

5:40
Locuteur

l'a vu avec

5:41
Nicolas Dupont-Aignan

l'affaire des masques,

5:42
Locuteur

on

5:42
Nicolas Dupont-Aignan

l'a vu avec l'affaire des tests. Notre pays a payé

5:44
Locuteur

l

5:45
Nicolas Dupont-Aignan

'effondrement de sa base industrielle.

5:47
Présentateur

La relocalisation.

5:48
Locuteur

Oui,

5:48
Nicolas Dupont-Aignan

pardon,

5:49
Présentateur

terminez.

5:49
Nicolas Dupont-Aignan

Donc il faut orienter, si vous voulez. L'enjeu majeur, c'est qu'on a fait des cadeaux fiscaux, le gouvernement a fait des cadeaux fiscaux ahurissant aux plus riches de France, sans aucune condition. Moi, je veux bien qu

6:00
Locuteur

'on

6:00
Nicolas Dupont-Aignan

fasse un cadeau à quelqu'un de riche s'il investit sur le sol français.

6:02
Locuteur

Mais je n'accepte pas.

6:04
Nicolas Dupont-Aignan

Donnant, donnant.

6:05
Locuteur

C'est la seule solution.

6:06
Présentateur

C'est ce que propose l'État en ce moment, notamment à Renault. Je précise qu'il y aura une manifestation ce matin des ouvriers de l'usine Renault de Maubeuge, des ouvriers qui sont inquiets des 4000 suppressions d'emplois en France et autres plans d'économie de Renault. L'État a conditionné ses aides aux relocalisations et aussi des aides. S'il n'y a pas de licenciement sec, est-ce que l'État actionnaire a choisi là la bonne stratégie ?

6:34
Locuteur

Ça, c

6:35
Présentateur

'est en parole.

6:36
Nicolas Dupont-Aignan

Mais si vous lisez entre les lignes, et si vous lisez, vous savez, c'est comme dans les contrats d'assurance en bas, il a dit pour les modèles à haute valeur ajoutée.

6:46
Locuteur

Et

6:46
Nicolas Dupont-Aignan

si vous regardez, ça veut dire en gros pour les grosses voitures, et si vous regardez l'accord entre Renault et Nissan, c'est que la France va se spécialiser sur les petites voitures et les voitures électriques. Et il y a un marché à prendre. Il y

6:58
Locuteur

a

6:58
Nicolas Dupont-Aignan

un marché à prendre, mais si vous voulez, on va subventionner là, avec un crédit, mais c'est un crédit à très long terme, etc., 5 milliards d'euros, c'est la première fois que dans un pays, on va donner autant d'argent pour délocaliser, pour acheter des voitures à l'étranger. C'est complètement délirant ce qui se passe. Et ce que je propose, c'est que les primes à la casse soient conditionnées à la fabrication en France. Ce que je propose, et c'est très simple, c'est qu'on arrête de subventionner ce qu'on a fait déjà en 2008, avec des primes à la casse qui subventionnent la production à l'étranger. C'est complètement délirant. Et j'en ai assez.

7:33
Locuteur

Et

7:33
Nicolas Dupont-Aignan

c'est écrit dans le plan, vous pouvez regarder la ligne, on considère, chez les constructeurs français et au gouvernement, qu'on n'est pas compétitif sur les petites voitures. Or, je remarque

7:44
Locuteur

que

7:45
Nicolas Dupont-Aignan

le premier producteur en France de petites voitures, vous savez qui c'est ? Dites-nous. C'est Toyota, à Valenciennes. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, je ne comprendrai jamais pourquoi un constructeur japonais a été capable de produire en France avec les mêmes impôts. On nous parle des impôts, l'industrie a profité du crédit impôt compétitivité de François Hollande. Donc, on nous parle toujours qu'on n'est pas capable de relocaliser, qu'on ne peut pas, qu'il faut que ce soit concentré sur certains modèles. Et en fait, on s'aperçoit qu'il

8:13
Locuteur

y a

8:13
Nicolas Dupont-Aignan

un constructeur japonais qui produit à Valenciennes avec une bonne compétitivité. Et l'usine dont vous parliez tout à l'heure,

8:19
Locuteur

à

8:19
Nicolas Dupont-Aignan

MCA, a une très bonne compétitivité. Oui. Donc, il y en a assez.

8:24
Locuteur

En

8:25
Nicolas Dupont-Aignan

fait, il y

8:25
Locuteur

a

8:25
Nicolas Dupont-Aignan

eu un problème de stratégie chez Renault.

8:27
Présentateur

La

8:27
Locuteur

stratégie Ghosn qui a voulu faire toujours

8:29
Présentateur

plus et toujours plus produire, c'est la stratégie de Carlos Ghosn qui est en cause aujourd'hui.

8:34
Locuteur

Oui.

8:35
Présentateur

Et souvenez

8:36
Nicolas Dupont-Aignan

-vous quand je critiquais le salaire exorbitant de Carlos Ghosn, quand je critiquais la mauvaise stratégie, on nous disait qu

8:43
Locuteur

'on

8:43
Nicolas Dupont-Aignan

ne comprenait rien au libéralisme, qu'on ne comprenait rien à l'industrie automobile. Moi, ce que je remarque, c'est qu'aujourd'hui, les ouvriers français payent cher les mauvais choix stratégiques.

8:53
Locuteur

Ce

8:53
Nicolas Dupont-Aignan

n

8:53
Locuteur

'est

8:53
Nicolas Dupont-Aignan

plus une question d'impôt, contrairement à ce que dit le MEDEF ou le gouvernement. Pourquoi Toyota y arrive et pourquoi Renault n'y arrive pas ? Donc moi, je veux bien aider Renault. Il faut sauver Renault. Mais il faut rapatrier la production en France.

9:05
Locuteur

Il n'y a aucune raison

9:05
Nicolas Dupont-Aignan

que le contribuable paye

9:07
Locuteur

à

9:08
Nicolas Dupont-Aignan

fonds perdus.

9:09
Locuteur

C'est inacceptable.

9:09
Présentateur

On lira ce matin dans Le Parisien Aujourd'hui en France l'interview du patron de Renault, Dominique Sénard, qui explique que les relocalisations ne sont pas vraiment à l'ordre du jour, sauf, dit-il, à vendre des voitures plus chères en France. En revanche, les capacités de production seront réduites au Maroc, en

9:26
Locuteur

Roumanie, en

9:27
Présentateur

Turquie.

9:28
Nicolas Dupont-Aignan

Vous voyez, c'est insensé comme discours. C'est-à-dire que les dirigeants de l'automobile française et de l'industrie française et le gouvernement, les gouvernements, parce que ça ne dépend pas de ce gouvernement seulement, il faut être honnête, ont dans l'esprit qu'on ne

9:41
Locuteur

peut

9:41
Nicolas Dupont-Aignan

pas produire en France. Or, les impôts ont été baissés, on a fait des cadeaux fiscaux considérables, maintenant, il faut passer à l'as. Et j'ai proposé, notamment, à l'image du Japon qui vient de créer à l'instant, un fonds de relocalisation de 2 milliards d'euros pour inciter les entreprises mais sur des projets concrets. Vous allez relocaliser telle voiture, on va vous aider à produire.

10:04
Présentateur

Vous disiez, il faut sauver le soldat Renault. Est-ce que l'État actionnaire doit augmenter sa participation aux capitales de Renault jusqu'à, pourquoi pas, une éventuelle nationalisation ?

10:15
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, bien sûr. Mais c'est ce qu'on a fait, souvenez-vous, sur Peugeot et ça a été une très bonne affaire pour l'État puisqu'ensuite, l'État a revendu. Je remarque aussi, on nous dit toujours qu'en Allemagne, ils font mieux, etc. sur certaines choses, mais en Allemagne, par exemple, sur Lufthansa, Lufthansa va être aidé pour 9 milliards d'euros comme on vient nous d'aider Air France, sauf que l'État allemand va prendre une participation, va redevenir actionnaire de Lufthansa. En France, on a donné 7 milliards sous forme de prêts, deux prêts, trois et quatre à Air France et on n

10:48
Locuteur

'a

10:48
Nicolas Dupont-Aignan

pas augmenté la participation de l'État. Donc, c'est toujours la même mentalité. quand le privé fait des pertes, l'État doit subventionner, quand il fait des gains, on doit disparaître. J'estime là aussi que quand on aide une très grande entreprise et c'est normal de l'aider, il faut la sauver, on doit, la collectivité nationale,

11:08
Locuteur

c

11:08
Nicolas Dupont-Aignan

'est-à

11:08
Locuteur

-dire

11:08
Nicolas Dupont-Aignan

vous, moi, on doit être actionnaire. Et puis après,

11:11
Locuteur

on

11:11
Nicolas Dupont-Aignan

revend, il ne s'agit pas de rester tout le temps

11:13
Locuteur

actionnaire. Mais le dialogue social

11:14
Présentateur

n'est peut-être pas le même en Allemagne et en France.

11:17
Locuteur

Ce

11:18
Nicolas Dupont-Aignan

n

11:18
Locuteur

'est

11:18
Nicolas Dupont-Aignan

pas une question de dialogue social, c'est une question de volonté stratégique de l'État. Est-ce qu'on a une pensée industrielle ? Est-ce qu'on veut relocaliser ? Mais

11:26
Locuteur

vous ne croyez pas

11:26
Présentateur

au souverainisme industriel qu'Emmanuel Macron a vanté dans son discours mardi dernier

11:32
Locuteur

?

11:33
Nicolas Dupont-Aignan

Je vois les clauses. Malheureusement, non, je n'y crois pas parce qu'il y a un décalage sincèrement entre l'idée qui est bonne, je vais m'en réjouir, je la défends depuis 10 ans, l'idée est bonne mais la pratique ne va pas dans le détail. Or, vous le savez, malheureusement, le diable se niche dans les détails et là, en l'occurrence, les ouvriers de Renault, vous savez, n'y croient plus parce qu'on leur a tenu ce discours 15 fois et à chaque fois, on ferme une usine.

12:00
Présentateur

Allez, autre sujet d'actualité à venir, c'est le second tour des municipales le 28 juin. Y êtes-vous favorable d'ailleurs ou fallait-il encore

12:08
Locuteur

attendre ?

12:09
Nicolas Dupont-Aignan

Écoutez, moi, j'étais plutôt pour la rentrée mais vu que le déconfinement se passe bien et que le virus semble vraiment s'évanouir, à partir du moment où on a des informations et à partir du moment où on donne des masques FFP2, c'est-à-dire très protecteurs aux assesseurs qui seront dans les bureaux de vote pendant 12 heures et c'est là où il y avait eu beaucoup de contamination au premier tour. Si on prend les mesures de précaution,

12:32
Locuteur

il

12:32
Nicolas Dupont-Aignan

faut... Maintenant, la décision est prise, moi, je ne

12:34
Locuteur

vais

12:34
Nicolas Dupont-Aignan

pas polémiquer.

12:34
Présentateur

Un vote par correspondance comme le réclament quelques élus, sachant que ce vote par correspondance a disparu depuis 1975. Est-ce que vous y êtes favorable

12:42
Locuteur

?

12:43
Présentateur

Totalement hostile, je l'ai dit à

12:45
Nicolas Dupont-Aignan

Place Beauvau,

12:47
Locuteur

mon représentant,

12:47
Nicolas Dupont-Aignan

l'a dit au ministre. Parce qu'il y avait eu beaucoup de fraude et s'il a été supprimé en 1975, c'est parce qu'il y avait une fraude considérable et il faut que, de grâce, dans cette période où la confiance entre le monde politique et les Français est atteinte durablement, il faut vraiment qu'on soit exemplaire et il ne faut surtout pas mettre en place des dispositifs qui pourraient aboutir à des suspicions.

13:09
Présentateur

Notre invité ce matin, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député de l'Essonne. On va aller faire un tour au standard de France Inter, 01, 45, 24, 7000, avec Claude qui est en ligne. Bonjour Claude.

13:21
Auditeur

Bonjour Mesdames, Messieurs, bonjour Monsieur Dupont-Aignan. Nous avons beaucoup regretté que votre mouvement se soit éloigné de ses origines souverainistes et ne préconise plus la sortie de l'Union Européenne. Que diriez-vous à Philippe Séguin s'il vous en faisait le reproche

13:36
Locuteur

?

13:37
Nicolas Dupont-Aignan

Mais, je suis très surpris, j'ai fait toute une campagne européenne en demandant la renégociation totale des traités, d'ailleurs sur le modèle que j'avais élaboré avec Philippe Séguin quand je travaillais auprès de lui et je me souviens toujours de sa mémoire tellement je l'aimais. Et si nos partenaires refusaient, nous organisions un référendum où les Français choisissaient. Donc je n'ai jamais changé d'avis là-dessus, vous le savez très bien. Simplement, ce que j'ai dit et ce que je maintiens, c'est que les Français ne veulent pas une sortie sèche, ne veulent pas un Brexit, un Frexit. Les Français veulent une renégociation complète des traités.

Soit nos partenaires acceptent cette renégociation qui est vitale, et la crise du coronavirus l'a montré, pour retrouver davantage de liberté et pour limiter l'Europe à des projets industriels, scientifiques, mais ne pas intervenir en tout. Soit nos partenaires n'acceptent pas et alors la France en tirera les leçons. Moi, je reste toujours, vous savez exactement la position, je retrouvais récemment un livre que Philippe Séguin avait écrit, qui a toujours été la même chose, vous

14:40
Locuteur

le

14:40
Nicolas Dupont-Aignan

souvenez-vous de son magnifique discours pour la France, qui a tout écrit il

14:44
Locuteur

y a

14:44
Nicolas Dupont-Aignan

30 ans, c'est-à-dire qu'à force de perdre notre souveraineté, nous disparaissons, mais on peut rétablir notre souveraineté, sans tout casser au niveau européen, il y

14:55
Locuteur

a

14:55
Nicolas Dupont-Aignan

un vrai projet, nous avons même écrit à Debout la France un projet de traité pour justement concilier l'idée européenne et la souveraineté nationale.

15:02
Présentateur

Cela dit, lors des dernières européennes, Nicolas Dupont-Aignan, vous serez d'accord pour reconnaître que vous avez manqué votre pari ? Oui, mais oui,

15:10
Locuteur

c'est la vie, on a manqué le pari. Vous avez compris

15:11
Présentateur

pourquoi aujourd'hui

15:12
Locuteur

? J

15:13
Nicolas Dupont-Aignan

'ai compris qu'il y avait beaucoup d'abstention, j'ai compris aussi que beaucoup de gens n'étaient pas intéressés par cette élection, j'ai compris peut-être que notre projet n'était pas assez clair, j'ai compris surtout qu'il y avait eu une polarisation autour d'une fausse compétition, toujours la même chose, Macron-Le Pen, et je crois que cette espèce de duel permanent lasse beaucoup les Français. Moi, je maintiens que nous avons un beau projet et je continue à croire en un patriotisme républicain, humaniste, et je le défendrai toujours.

15:48
Locuteur

Et où en sont vos rapports ? Dans la vie,

15:49
Nicolas Dupont-Aignan

on a une déception,

15:50
Locuteur

c'est pas parce

15:51
Nicolas Dupont-Aignan

qu'on a une déception qu'on arrête.

15:54
Présentateur

Vos rapports parfois conflictuels avec le parti de Marine Le Pen, vous en êtes où aujourd'hui avec Marine Le Pen et son parti

16:00
Locuteur

? Mais

16:01
Nicolas Dupont-Aignan

moi, j'en suis exactement comme d'habitude, c'est-à-dire, j'ai fait barrage et j'ai eu le courage de faire barrage à Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle.

16:09
Locuteur

Vous avez été un éphémère

16:10
Présentateur

allié de Marine Le Pen dans l'entre-deux-tours de

16:12
Locuteur

la

16:12
Présentateur

dernière présidentielle.

16:14
Locuteur

Mais je l'assume... Mais vous avez aussi dit que

16:15
Présentateur

vous aviez été victime d'un procès en sorcellerie à l'époque.

16:18
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, et vous savez, j'ai beaucoup de Français dans la rue qui viennent me voir et qui me disent « Monsieur Dupont-Aignan, on vous a énormément critiqué, on a même manifesté contre vous dans votre ville, etc. Maintenant qu'on a vu la gestion Macron,

16:29
Locuteur

on

16:29
Nicolas Dupont-Aignan

a compris. » je ne regrette en rien mon choix qui était clair.

16:33
Locuteur

Mais pourriez-vous réitérer l'expérience ou

16:35
Nicolas Dupont-Aignan

êtes

16:35
Locuteur

-vous

16:36
Présentateur

échaudé

16:36
Nicolas Dupont-Aignan

avec Marine Le Pen ? Et deuxièmement, je l'ai toujours dit, ce n'était qu'un choix de second tour, le choix de premier tour et mon choix de premier tour, c'est que je suis convaincu que ce duel Le Pen-Macron favorise Emmanuel Macron et je suis convaincu que les Français attendent une autre voie qui est une voie à la fois patriotique, c'est-à-dire on reprend en main notre souveraineté. Vous savez, ce mot « souveraineté » avec cette crise du Covid, il n'est plus un gros mot. Mais pour autant, sans tomber dans le corner d'un vote Marine Le Pen, voilà. Maintenant, je suis convaincu qu'il faut proposer cette autre voie et avec tous mes amis de « Deux-la-France », on s'y attelle.

Et puis après, les Français choisissent. Il y

17:15
Locuteur

a

17:15
Nicolas Dupont-Aignan

un premier tour, on exprime sa préférence. Il y a un second tour, on élimine ce qu'on estime être le pire.

17:21
Présentateur

Bon, je vous repose la question. Est-ce que vous pourriez réitérer cette expérience de l'entre-deux-tours en vous rapprochant

17:27
Locuteur

de Marine Le Pen ? Ce que je voudrais,

17:28
Nicolas Dupont-Aignan

ce que j'aimerais réitérer, c'est une expérience de premier tour pour offrir un choix qui nous évite ce duel Macron-Le Pen qui fait, j'en suis convaincu, qui lasse les Français et dans lequel veut nous enfermer le président de la République.

17:42
Présentateur

Alors,

17:42
Locuteur

je

17:42
Présentateur

vais vous parler de vos rapprochements peut-être avec un autre souverainiste, Florian Philippot. Vous vous êtes rapproché de lui. Quelles ambitions avez-vous d'ailleurs, vous, les souverainistes, sur la route de la présidentielle pour commencer en 2022

17:53
Locuteur

? Mais

17:55
Nicolas Dupont-Aignan

moi, l'ambition, on voit bien que le pays est malade. On voit bien que ce qu'on dit depuis un certain nombre d'années sur le fait que pour être un pays fort, il faut être libre. ça, je crois que les Français commencent à le comprendre. Vraiment. Et simplement, on ne leur a pas présenté, c'est peut-être la faute des souverainistes. Un projet suffisamment clair, simple, concret. Et donc, moi, j'y travaille, Florian Philippot y travaille, des gens aussi chez les Républicains y

18:21
Locuteur

travaillent, des gens à gauche y travaillent. Vous y travaillerez ensemble,

18:23
Présentateur

probablement

18:23
Locuteur

? Main dans la main, peut-être ? Vous

18:26
Nicolas Dupont-Aignan

savez, moi, j'ai proposé même des primaires souverainistes. J'ai proposé,

18:29
Locuteur

vous

18:30
Nicolas Dupont-Aignan

savez, de Michel Onfray, de Michel Onfray à Marine Le Pen en passant par des Républicains comme Julien Aubert en passant par Florian Philippot, je suis convaincu que notre pays, le monde d'après, a besoin à la fois d'une nation forte et de coopération européenne intelligente.

18:48
Locuteur

C'est la seule

18:49
Nicolas Dupont-Aignan

solution pour s'en sortir. Je maintiens qu'il faut travailler là-dessus et l'ordre de vérité viendra en 2022.

18:54
Présentateur

Je ne vous appelais pas par votre prénom, Nicolas Dupont-Aignan.

18:57
Locuteur

Merci

18:57
Présentateur

beaucoup. Je ne me permettrai pas. Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et député de l'Essonne. Merci d'être... Bon week-end à vous. Merci d'avoir répondu à l'invitation de France Inter. Il est 8h39.