[🇫🇷⚔️] COMMENT REDONNER DE LA PUISSANCE À NOTRE ARMÉE ? Entretien Commission de défense de l'AN
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour et bienvenue aujourd'hui à l'Assemblée nationale et nous avons l'honneur d'être accompagné par Thomas Gassilou. Thomas, bonjour. Bienvenue à l'Assemblée. Thomas Gassilou, ancien président de la commission de défense de l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, tu écris des rapports qui font l'actualité. Peut-être. On va monter dans ton bureau. Il y a pas mal d'éléments qui étaient intéressants dans le rapport que tu avais pu rendre déjà il y a quelques mois qui était un petit peu prémonitoire. Enfin, ça fait quelques années. Alors, j'ai rappelé quand même que Thomas est un ancien membre des forces réellement. C'estàd qu' c'est chasseur alpin.
Je vous renvoie vers les vidéos qu'on a pu faire ensemble dans cet environnement. Donc il y a une réalité du terrain qui infuse et qui transpar aussi dans ce que tu peux écrire. Et on se tutoit pas parce que pour faire cool, on se tutoit dans la vraie vie. À l'époque toi tu as commencé à tirer le signal d'alarme il y a quand même quelques temps. Oui. Alors le premier alors j'étais pendant 5 ans rapporteur du budget de l'armée terre de 2017 à 2022. En 2022, j'ai rendu un rapport sur la résilience nationale. C'était après la crise Covid et avant la guerre en Ukraine qui aujourd'hui abouti notamment sur le manuel de crise qui a été sorti par le par le gouvernement.
Et effectivement avant l'été, j'ai rendu un rapport sur proposant une hybridation des des armées dans lequel s'inscrit désormais l'annonce du du nouveau service national et la montée en puissance des réserves. On en parle tout de suite puis on a le plus beau bureau. Donc alors le premier élément déjà je vous mets cette ce rapport parlementaire en commentaire de cette vidéo pour que vous puissiez aller le voir. Il date du mois de juin. Il s'est passé plein de choses depuis le mois de juin. Est-ce que tu peux nous rappeler les idées fortes que tu avais évoqué ? Alors les idées fortes, c'est surtout de dire qu'on a aujourd'hui besoin de masse au-delà de la cohérence, tu sais.
En 2017, on a voté une une LPM, on en a voté une deuxième depuis en 2022. On a privilégié jusque-là la cohérence capacitaire plutôt que la masse et la réactivité plutôt que l'endurance. Ce rapport est dit que vu le contexte d'aujourd'hui, on a besoin de retrouver de la masse et il fait des propositions pour essayer de retrouver cette masse dans un cadre budgétaire maîtrisé. OK. Ça veut dire réorienter les forces sur le cœur de leur métier. Ça veut dire abandonner des projets dispendieux qui sont plus adaptés à la réalité du terrain concrètement.
Bah, c'est-à-dire de dire que la technologie est bien entendu importante, que la France, elle a la chance d'avoir la dissuasion, elle a la chance d'avoir la maîtrise technologique, elle a la chance de pouvoir avoir une capacité expéditionnaire pour projeter quelques milliers d'hommes sur des opérations limitées et choisies, mais que le contexte international aujourd'hui nous impose de devoir retrouver une capacité à projeter beaucoup d'hommes en même temps, non seulement pour faire face à un choc, mais pour également être endurant. Ça veut dire quoi ? c'està dire abandonner l'émission où nos pauvres soldats font vigile Disneyland.
Alors, j'ai proposé notamment la suspension de de l'opération sentinelle effectivement qui me semble plus totalement adaptée à au contexte d'aujourd'hui en tout cas qui sait euh qui dure depuis à mon sens trop longtemps où on a besoin de remettre de la réactivité. Mais le point essentiel euh la proposition numéro 1, c'est surtout un faire autrement pour nos armées en disant qu'on a besoin aujourd'hui d'un mix capacitaire, non seulement des équipements de très hautees technologies qui sont des armes de décision, mais également des équipements plus low cost, disponibles plus facilement qui permettent de d'aboutir un mix capacitaire avec à la fois de la technologie et de la masse.
Si tu veux, on peut préciser ce que ça veut dire dans les différents espaces, sur mer, sur terre ou ou dans les airs. Ben très concrètement, on va parler du désert. On va commencer par là le rafale, on est content. Il faut approfondir, il faut notre drone de combat. Il faut le rafale au standard F5. Ça c'est le genre de chose sur lesquel on bouge pas. Bien sûr, l'Eurodrone qui est critiqué depuis assez longtemps, on se rend compte que c'est un drone qui coûte plus de 100 millions d'euros par unité, qui est tellement gros qu'il est inadapté à un conflit de haute intensité. Peut-être qu'il pourra faire de la patrouille maritime éventuellement, mais qu'est-ce qu'on en fait ?
C'est un peu l'exemple du vieux programme qui a mis longtemps à se mettre en œuvre et qui sera peut-être déjà dépassé au moment de de sa livraison. Donc moi ce que je propose dans le rapport, c'est d'étudier les conditions de sortie de de l'Eurodrone pour voir ce qui est réalisable. Euh d'autant plus que on n pas encore l'ensemble des coûts associés, on a les coûts du programme. On sait que la France participe à hauteur de 2 milliards d'euros, mais accueillir les eurodrones dans nos forces, ça va vouloir dire des nouveaux hangars, des nouvelles formations, énormément de de logistique effectivement pour un effet opérationnel qui est encore à démontrer.
Donc ce qui est extrêmement important dans nos programmes d'armement, c'est maintenant de retrouver le réflexe de raisonner en terme de héroï opérationnelle. quel est le retour sur l'investissement des euros que je mets pour tel programme. Alors qu'effectivement depuis une trentaine d'années, c'était aussi parfois les maintiens de compétences dans la BTD qui drivait un peu les choix des programmes. Autrement dit, on faisait des programmes pour pouvoir garder les cerveaux dans les bureaux d'études pour pouvoir éventuellement accélérer. Bah, ça tombe bien, c'est le moment.
Dividende de la paix, baisse des budgets et donc les programmes ont été faits pour maintenir les compétences et on a plutôt bien fait puisqueaujourd'hui on a les compétences. C'est plus facile de retrouver de la masse quand on a déjà des compétences que retrouver des compétences quand on a que la masse. Alors, on a les compétences, on a les technologies, on a les cerveaux, mais le problème c'est pour faire de la masse, il faut avoir des coûts d'exploitation de production qui sont acceptables. Je prends toujours le même exemple. Un drone Kamikas FPV, c'est 500 €. Pour le même prix, on a enfin un missile antichar va coûter entre 200 et 250000 € l'unité.
Et ce type d'équipement est considéré comme suicidaire par les opérateurs français qui sont volontaires engagés en Ukraine. Pourquoi est-ce qu'on continue à faire des missiles antichar à 250000 plutôt que 500 drones kamicas plus efficaces ? Parce qu'on a besoin des des deux. Les missiles antichar restent extrêmement utiles. Donc tu parles notamment du du MMP, un missile meen porté qui a un missile qui permet des tirs indirects qui est extrêmement précis et parfois on a besoin d'utiliser ce genre de missile pour atteindre des cibles de haute de leur rajouter. Mais c ces équipements technologies doivent être complétés.
par des effectivement des armes d'attrition plus lowcost qui permettent de saturer l'espace de bataille. Et donc ce qu'il faut qu'on arrive aujourd'hui à trouver, c'est le bon équilibre entre ces ces armes d'attrition et ces armes de masse. Sur les drones par exemple, tu remparles effectivement 500 € le l'unité. Une proposition qu'on fait dans notre rapport, c'est de demander à chaque élève officier sous-officier, soit 5000 élèves par an, de fabriquer euh son propre drone.
Effectivement, quand on fait le calcul, on se dit bon 5000 élèves par an, 500 € le drone finalement pour 255 par an soit le coût d'un missile évolué, on pourrait changer d'échelle dans l'appropriation de de ces technologies par nos armées. Bon, les évolutions qu'on a vu récemment, les grandes décisions qui ont été prises, par exemple, le Service national volontaire, ça c'est le genre de chose qui était euh prémonitoirement invoqué dans ton rapport. Hm hm. Est-ce qu'aujourd'hui c'est fait d'une manière qui te semble cohérente ? Alors effectivement, on a beaucoup parlé de de HOix capacitaire, mais il y a aussi, si j'ose dire, du HOix humain.
C'est-à-dire qu'on a besoin de personnel d'active qui sont extrêmement euh professionnels, très techniques dans leur manière d'approcher le métier des armes, mais on a aussi besoin d'une hybridation avec des capacités humaines, soit de réservistes, soit de volontaire. Donc c'est avec on peut y arriver avec la montée en puissance de la réserve. On a prévu de doubler les effectifs de réserves opérationnelles pour arriver à 100000 réservistes pour 200000 militaires d'actives.
Et le président de la République a annoncé jeudi dernier la mise en place du service national qui va permettre aussi d'avoir des volontaires dans nos dans nos armées qui viendront servir pendant une dizaine de mois avant d'être reversé dans la réserve ou dans l'armée de d'active. Et là les retours en terme militaire ça correspond réellement à un besoin ? Ça correspond à à un besoin effectivement puisque on a non seulement besoin de davantage de de bras et on a besoin également des compétences qui sont issues des des civil du civil. Quand on avait le service militaire à l'ancienne, on avait des évingénieurs par exemple qui venaient apporter leur savoir-faire.
C'est d'autant plus utile aujourd'hui compte tenu de la progression technologique extrêmement importante et de la nécessité d'intégrer dans les armées ces technologies du et est-ce qu'on peut imaginer une sorte de volontariat des ingénieurs ? J'ai par exemple des ingénieurs sur la chaîne qui me disent voilà moi je viens de partir à la retraite, ça fait 40 ans que je développe des antennes, je suis PhD numéro plus+ plus++ plus+ plus en antenne. Je sais pas où donner mon temps. Donc je le donne à l'Ukraine et c'est très bien parce qu'il y a des volontaires bénévoles qui soutiennent la BITD ukrainienne. Est-ce qu'on pourrait pas imaginer ce type de système en France ?
C'est très une très bonne idée. Alors il y a la réserve industrielle de la DGA. Donc il faut dire aux ingénieurs, engagez-vous dans la réserve industrielle dans la DGA. et les forces armées au sein des unités alémentaires sont de plus en plus friantes d'intégrer également des capacités technologiques pour elle-même aussi être en mesure euh de développer certains produits du quotidien. Euh elle dispose d'ailleurs concernant les l'armée de terre de d'enveloppes de subsidiarité euh qui sont de l'ordre de 150000 € par an par unité pour être en mesure de développer euh d'avoir des développements capacitaires locals.
Voilà, ça veut dire que une unité elle-même, sans passer par la direction générale de l'armement peut décider d'acheter quelques drones pour faire son propre drone des drones. Certaines unités ont acheté par exemple des moto électriques pour faire de l'infiltration. Voilà, certaines ont acheté des capacités de protection.
Ça reste aujourd'hui assez assez limité mais c'est assez nouveau et moi ce que je propose dans le dans le rapport c'est d'accélérer dans la subsidarité dans la déconcentration des crédits en disant bien entendu on a besoin de l'innovation de la DGA sur des programmes du temps long des programmes structurants notamment autour de la dissuasion mais on doit également déconcentrer une partie des des crédits pour donner aux acteurs de terrain la capacité de développer également certains produits, de d'exploiter également des opportunités qu'ils ont avec des entreprises de de qui sont dans leur dans leur secteur par exemple Exemple, si je prends la la 27e brigade d'infanterie de montagne qui est à Grenoble, il y a tout un écosystème à Grenoble autour du grand froid du sport de montagne.
Et ben ces mêmes équipements peuvent être intégrés par nos chasseurs alpins pour être en mesure de durer davantage, d'avoir davantage de mobilité en zone de de grand froid. Et donc l'innovation, elle se fait au niveau central avec la DGA mais elle doit se faire aujourd'hui davantage sur le sur le terrain également. Et c'est ce qu'on voit en Ukraine où chaque brigade est autonome et indépendante dans ses choix d'achat avec l'acquisition qui est suivie, tracé, qui permet aussi d'identifier parmi la myiade de petits acteurs quelses vont être les meilleurs. Exactement. Mais ça a un autre élément aussi, ça veut dire que on n pas besoin de faire x 2 en budget pour faire x 2 en puissance.
Et non, je pense que justement on on peut avec ce mix retrouver des capacités, retrouver du muscle sans pour autant exploser les budgets d'une d'une certaine manière. Ce qu'il faut bien comprendre sur ces 30 dernières années, c'est que non seulement les dividendes de la paix ont abouti à une baisse budgétaire, mais les coûts unitaires des armements ont explosé. Tu parlais par exemple tout à l'heure du missile antichar qui aujourd'hui effectivement vaut plus de 200000 €. euh un missile antichar il y a encore 10 15 ans. Euh le Milan notamment, c'était de la classe 7000 €. On pourrait regarder le coût des chars, le coût des avions, le coût des bateaux, tous les prix unitaires on ont exposé.
Ce qui fait que non seulement on a eu moins de budget pour des équipements plus coûteux et on est passé par exemple de 1200 chars à 200 chars, de 450 avions à 200 avions, on double le budget de la défense d'ici 2030. En 2030, on aura encore moins de chars, moins de bateaux, moins d'avion. Et donc c'est aussi la fin de ce cycle qui est bien écrit par la loi d'Augustine qu'il faut aujourd'hui amorcer en disant bien entendu, on a besoin des équipements coûteux parce que la technologie, elle fait la différence mais on a besoin de compléter ces équipements par des équipements plus rustiques de smart tech de masse d'une certaine manière.
Donc ça veut dire qu'il faut aussi s'autoriser par exemple à acheter du toutvenant, un capteur civil qu'on peut acheter au Canada, des équipements qui sont pas forcément totalement à 100 % souverain. Il faut effectivement s'il s'agit de consommable, il faut réfléchir plus globalement à une meilleure intégration de nos capacités euh civiles de production. Euh je continue sur le drone. Aujourd'hui effectivement on n' pas on n' pas de fabrication de masse de drone.
Si ce produit est stratégique et je pense qu'il l'a s'interroger à l'échelle européenne sur des barrières l'entrée qu'on pourrait mettre sur notre marché civil pour protéger l'industrie de de fabrication de drone en Europe et assumer vis-à-vis de nos concitoyens en disant bah écoutez pour faire des photos pour vos vacances vous allez payer un drone un peu plus cher mais ce sera un drone européen et c'est stratégique parce que nos forces armées en ont également besoin. Donc, il y a une question de souveraineté industrielle qui s'ajoute à ce besoin de remonter en puissance.
Ça veut dire qu'on compte sur la masse des consommateurs européens pour continuer à acheter et faire baisser du coup le coût des productions qui pourraient être à usage dual. Oui. Est-ce que c'est quelque chose qui est aujourd'hui euh suivi par certains de tes collègues députés ou est-ce que c'est vraiment une utopie personnelle ? Non, c'est quelque chose qu'on essaie de pousser. C'est c'est tout simplement dire on a nos entreprises de l'habilité D qui sont très importantes mais aujourd'hui c'est un effort industriel plus global de la nation qui est qui est nécessaire. Gardons aussi en tête les grandes masses.
À l'échelle de l'Union européenne, on a quelques milliards d'euros de RED en matière de défense. Les Américains ont 10 fois plus quelques dizaines de milliards d'euros dans le ministère de la défense américaine. Les GAFA ont 100 fois plus, c'est-à-dire que ce sont des centaines de milliards d'euros par an de RED et ciblé sur le cyber. Donc, on voit bien que nos efforts de RD défense doivent être complétés par l'ensemble de la RD qui peut être fait au niveau français et européenne et qu'on doit compléter et et qu'on doit vraiment associer les moyens civils de production.
Si je prends par exemple l'industrie de l'automobile, avec un calculateur de voiture, on peut faire beaucoup de choses pour un missile. Avec un moteur de Clio, on peut faire beaucoup de choses. Et donc, on a besoin non seulement du missile euh peut-être à parfois plusieurs millions d'euros pour atteindre très précisément une cible fonctionné dans des environnements très dégradés, mais on a besoin également de fabriquer des missiles avec peut-être parfois des composants civils et des capacités industrielles civiles pour parfois saturer l'espace et combiner intelligemment les deux.
en gros envoyer plein de missiles lowcost pour faire user les défenses aériennes, voilà, saturer l'ennemi et ensuite avoir un missile de de précision qui va intervenir en complément. En théorie, c'est génial. En pratique, on nous dit ça va arriver dans 2 ans, dans 3 ans. Je prends l'exemple du Serval de lutte antidrone. Il va être livré en 2028 pour être testé par la DGA pour être peut-être certifié en 2031, donc une production industrielle de masse après la période dans lesquelles tous les services de renseignement européen disent que les Russes risquent de nous attaquer 2028-29.
Est-ce que en attendant que nos industriels soient prêts, est-ce qu'on pourrait pas commencer tout de suite à acheter ce qui est opérationnel, ce qui marche et ce qui a été validé en Ukraine ? Le délai, c'est le point clé. Euh, l'amiral Vandier, il explique très bien, il faut arrêter euh avec ces programmes d'armement qui durent plusieurs années. Or, sur des programmes très spécifiés, notamment pour notre dissuasion, si je prends des programmes extrêmement simples, ici en 2018, le chef d'étatmajur de l'armée de terre nous dit "On a besoin de renouveler nos camions de base de l'armée de terre.
On est tout juste en train d'attribuer le marché pour des camions qui seront livrés dans plusieurs années, plus tard. Et donc, il se passera 10 ans entre l'expression du besoin pour des équipements simples et la livraison du matériel. Les Ukrainiens quand ils viennent nous commander des camions, ils viennent avec un bon de commande d'une page et en 6 mois ils ont leur leur camion. Donc effectivement, faut qu'on retrouve de la simplicité dans nos manières de faire.
Donc éviter la surspécification avec des produits qui seront immédiatement opérationnels, qui correspondront peut-être pas à 100 % du besoin, mais au moins qui seront prêts rapidement et qu'on pourra faire évoluer si besoin comme un minimum viable project qui évolue dans le temps. Ensuite, ce que font les Ukrainiens. Exactement. J'ai vu par contre que tu avais pas été forcément totalement satisfait du choix qui avait été réalisé pour cet équipement logistique massif avec des milliers de camions qui vont équiper l'arm terre. Tu peux expliquer ? Alors aujourd'hui ce choix, il est pas encore fait.
Euh simplement, il y a eu un appel d'offre euh avec beaucoup de critères, un appel d'offre de plusieurs centaines de pages avec des centaines d'exigences également. Et euh malheureusement, ce cet appel d'offre pourrait conduire à choisir un industriel étranger de fabricants de de camions. Or, ce que je pense moi, c'est qu'on a deux fabricants en France, hein, Renault Trox et et Scania Anger. Renault TRX plutôt sur Lyon et Scania, voilà à Anger. Et qu'il est extrêmement important que nos marchés publics puissent prioriser la commande nationale.
C'est un enjeu non seulement bien entendu de souveraineté industrielle puisque quand on commande nationale c'est de la fiscalité des emplois c'est des ingénieurs confinance mais c'est également quelque chose qui correspond au besoins militaires puisqu'on a besoin d'une interaction très fine entre les forces et les industriels et on a également besoin de capacité de remonter en puissance. En gros, on achète non seulement des camions à l'instanté, mais on achète également une capacité pour si besoin en avoir beaucoup plus si on a besoin de de faire un effort face à un engagement majeur. Et est-ce qu'il y a pas des domaines dans lequels on a des spécificités qu'il faudrait aussi abandonner ?
Parce que d'un autre côté, on regarde par exemple les requêtes, on est le seul pays qui a des roquettes de 68 mm. Du coup, quand tous nos voisins par exemple Talè en Belgique fait des requêtes de 70 mm, vu qu'ils en vendent à la terre entière, à l'Inde, ils peuvent se permettre de faire de la RD autofinancé et des équipements plus efficaces et moins cher que ce que nous on achète en 68 mm. Est-ce qu'il faut pas à un moment aussi se dire on a fait des choix à un certain moment, il faut maintenant revenir sur le standard européen. Standard standardisation et d'ailleurs l'OTAN est un magnifique outil pour ça, pour standardiser les calibres, les manières de faire.
Si tout le monde a du 556 pour le calibre, c'est c'est l'effet de de l'autant. et éviter la surspécification. Je trouve qu'un bel exemple pour ces deux critères, c'est le canon César. On a à la fois un ob de 155 puisque c'est le standard autant et on a fait un produit qui est qui n'est pas sursécifié. Quand le César a été lancé, personne n'en voulait. Tout le monde voulait quelque chose de beaucoup plus complexe, de blindé, de surcheny avec beaucoup plus d'électronique. L'industriel a fait un produit simple et aujourd'hui ce produit simple montre qu'il est très efficace, beaucoup plus efficace que si on avait sursécifié ce ce canon là.
J'ai une dernière question peut-être un peu politiquement incorrecte. On a beaucoup d'industriels français qui ont d'excellentes idées et quand ils décident d'aller essayer leur idée en Ukraine, il leur faut 3 ans de procédure par les autorisations, la direction de l'armement et cetera. Il y a un moment, on voit nos homologues concurrents allemands, italiens, australien, quand on va en Ukraine, quand on est sur le terrain, on voit que tout plein de sociétés étrangères font des tests et quand on en parle aux français, ils disent "Bah moi, j'attends toujours l'administration qui m'a toujours pas autorisé." On peut pas faire sauter ça.
Mais pire que aller en Ukraine pour tester le drone patrolor, on n'a pas pu le faire en France. On a dû aller en Finlande pour tester ce drone avec tous les coûts et les délais. Ce qu'il faut comprendre, c'est que les dividendes de la paix ont non seulement entraîné une baisse des budgets, ont entraîné un excès de normalisation parce qu'on avait plus de grands risques à nos frontières. Donc on a cherché à réduire tous les petits risques et aujourd'hui cette excès de normalisation a y compris pollué nos armées en partie qui s'interdisent de faire beaucoup de choses qui doivent respecter tout un carcan normatif.
Donc ce qu'on est en train de faire, c'est réaugmenter les budgets, mais il faut également qu'on fasse autrement, qu'on arrive à se libérer de certaines normes puisque'en matière de d'affairmitaire, il y a qu'une seule chose qui compte infini, c'est l'effet opérationnel qu'on est en mesure de de produire pour défendre son pays. Donc, on modifie la DGA, on autorise euh des petits contraints de passer plus rapidement, on accélère sur l'agence d'innovation de défense, on accepte de prendre des risques. Euh on accepte d'avoir des produits qui sont moins spécifiés mais médiatement disponibles qu'on peut produire en en grande quantité.
On sécurise les acheteurs en leur disant voilà là-dessus on va vous demander de de prendre des risques. Vous aurez pas une responsabilité pénale qui sera engagée si toutefois parfois vous pouvez vous vous tromper parce qu'on vous demande des prendre des risques et c'est tout un changement de culture qui est nécessaire aussi bien là déjà comme l'a engagé Sébastien Lecnu avec le discours de Verle petit et au sein des forces pour être dans un processus permanent d'évolution. Voilà, il y a pas de ligne à atteindre, il y a un nouvel état d'esprit à avoir pour maximiser notre potentiel opérationnel.
Alors, un petit élément encore sur la capacité à s'adapter en prenant des équipements qui sont tout de suite disponibles. Je reviens sur l'exemple au dîner du J4 il y a quelques semaines, j'ai donné la la réalité du terrain, c'est que les Ukrainiens quand ils sont confrontés à la guerre des tranchées, ils vont aller dans les supermarchés pour acheter les petits camions pour enfants, ils mettent 40 kg d'explosif et ils envoient ça dans la tranchée en face. Résultat, drone Kamikaz 100 150 €. Est-ce que aujourd'hui on accepterait comme ça de faire de l'acheter sur étagère des équipements en les détournant de leur usage ? principal pour pouvoir les utiliser directement.
Oui, c'est ce qu'on appelle l'innovation d'usage. Donc oui, je pense qu'il on commence à le faire un petit peu, il faut le faire euh davantage et tout ça passe par des des processus d'achat qui sont différents avec des unités de terrain qui ont une qui retrouvent cette capacité par des enveloppes de subsidarité. C'est pour ça encore une fois que que je propose voilà que chaque unité on puisse lui doubler son enveloppe de subidarité. C'est pas beaucoup hein, c'est 300000 € par an par unité, même quand on multiplie par le nombre d'humidité, ça reste un budget relativement léger.
Et je pense que les chefs d'étatmajor également des trois armées doivent retrouver de la capacité d'achat sans forcément parer par des circuits très longs. Dernière question là aussi polémique, la France a 200000 militaires, un peu moins de 100000 dans l'armée de terre. Il y en a que 10000 qui sont déployables. Est-ce que ce ratio est acceptable ? Alors, on en a beaucoup qui sont en posture euh opérationnelle permanente, que ce soit sur terre, sur mer ou ou dans les airs. Mais oui, clairement, on doit retrouver de de la capacité à projeter davantage de personnes. D'un coup, on s'est habitué à faire face à des moyens d'engagement.
Il faut qu'on retrouve à la capacité à faire face à un choc, à pouvoir envoyer beaucoup de personnes d'un coup. Et donc il faut équiper l'ensemble de nos soldats alors qu'on a parfois géré des parcs d'entraînement, des parcs opérationnels. Il faut retrouver que chaque unité doit être doit être équipée. On doit équiper correctement nos nos réservistes et on doit également s'appuyer sur euh l'ensemble des capacités qui existent. Je pense à la gendarmerie nationale par exemple, c'est une force armée sous statut militaire. Bah la gendarmie gendarmerie nationale en cas d'engagement majeur aura un rôle important dans ce qu'on appelle la défense opérationnelle du territoire.
Et donc on doit être également soucieux des capacités dont dispose la gendarmerie notamment en armes longues, notamment en moyen de mobilité tactique, ce qui s'est pas mal perdu ces 20 dernières années. OK. Bon après, il y a toute la question du rare moment cognitif, ça dépend peut-être pas de toi. La volonté, la capacité de se battre, faire nation, tout ce que ces mots qu'on entend beaucoup. Ah bah ça dépend complètement. C'était ça le thème de mon rapport sur la résilience nationale. Moi je pense que la vol je pense que la volonté c'est au moins aussi important que nos capacités.
Et ça, on a des leçons à apprendre de la part des finlandais, des Suédois euh à ce sujetl nos capacités, ça permet d'atteindre une volonté à à moindre coût matériel ou humain, mais celui qui gagne la guerre à la fin, c'est celui qui veut la gagner. Et tu parles de pays qui ont très tôt commencé à traver sur la désinformation. Je pourrais ajouter Taiïwan d'ailleurs dans la liste de ces pays qui éduquent leurs jeunes sur ces questions et qui officiellement se permettent de contredire le narratif ennemi parce que là faut dire les choses telles qui sont de la Russie sur la France. Là, il y a un petit début de réponse qui commence quand même à se voir. Oui.
Et je pense que dans les solutions qu'on doit apporter, on doit continuer à avoir la stratégie française avec la dissuasion, nos 200000 militaires d'actives et on doit devenir aussi un peu finlandais dans la capacité de mobiliser l'ensemble des forces vives de de la nation pour atteindre un objectif de défense commun. Et c'est en combinant ces deux stratégies, je pense qu'on atteindra le mieux nos objectifs de défense. Allez, rejoignez la réserve opérationnelle. Vous verrez, on fait plein de choses sympas. Encore une fois, je répète, je suis à l'état-major des armées, de l'armée de terre. Tout le monde peut trouver une place.
Que vous soyez chauffeur pour construire des conduire des gros camions, un jeune un peu sportif, un ingénieur un geek à lunettes, il y a du boulot pour tout le monde. Et sans être dans la réserve, chaque français a un rôle à jouer. Ce que j'aime bien moi comme citation de Saintxupéri, c'est chaque sentinelle est responsable de tout l'empire où on pourrait dire autrement, chaque français est personnellement responsable de la défense. La défense, c'est l'affaire de tous. que vous soyez chef d'entreprise, banquier, maire, engagé dans la vie associative, vous avez tous un rôle à jouer parce que vous êtes citoyen français.
C'est vous qui décidez de des moyens dont dispose armées, c'est vous qui décidez de qui sera demain le chef des armées et c'est vous qui avez chacun des capacités qui peuvent être utiles euh pour la défense de notre pays. La seule chose qu'on décide pas, c'est de rester en paix. Nous, on essaie de déclarer la paix, ça marche pas bien. Napoléon avait tenté de déclarer la paix au monde en 1999. Les coalitions av décidé autre chose. Voilà. Là aujourd'hui, je le répète parce que ça c'est quelque chose qui est la désinformation russe a réussi à quand même faire passer cette idée. Personne ne souhaite la guerre.
Si on a la guerre, c'est parce qu'on doit se défendre et que d'autres se préparent à attaquer nos alliés avec lesquels on a des accords. C'est pour ça qu'on doit aujourd'hui se réarmer. Pour être en paix, il faut être au moins deux. Pour faire la guerre, un seul suffit. Donc vouloir la paix, c'est jamais une capacité, c'est jamais une garantie de sécurité suffisante. Et c'est pour ça qu'on a l'impérieuse nécessité de se préparer à faire face à tout type d'option. Et une de nos responsabilités au niveau politique, c'est d'être en mesure d'expliquer à nos concitoyens en quoi cet effort de défense, il est nécessaire et en quoi il est cohérent avec une stratégie qu'on veut tous pour la paix.
Thomas, merci beaucoup. Merci. On espère que ça vous a plu et on vous dit à très bientôt.
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