Bruel : les maires doivent-ils décider de la tenue des concerts dans leurs villes ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse partielle
Les maires doivent-ils décider de la tenue des concerts dans leur ville ?
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Vous iriez à un de ces concerts, vous Pierre-Yves Martin ?
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Vous iriez Raphaël-Rémi Leleux ?
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Pascal Giral ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Les maires sont-ils obligés de se prononcer sur la venue de Bruel ?
- 3:37RelanceRéponse directe
Il faudrait adapter la loi pour que le maire puisse décider ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:05PrésentateurFait
« Patrick Bruel souhaite chanter sur scène et maintient sa tournée dans toute la France. »
- 1:11InvitéFait
« Je crois que les conditions ne sont pas réunies pour que ces concerts puissent se tenir. »
- 5:12InvitéFait
« On a beaucoup de témoignages de femmes qui ont été agressées sur les lieux des spectacles, dans les loges, dans les couloirs. »
- 7:20InvitéFait
« Seules les villes qui gèrent directement l'espace de concert peuvent interdire aujourd'hui la venue de Patrick Bruel. »
Temps de parole
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Patrick Bruel souhaite chanter sur scène et maintient sa tournée dans toute la France. Pourtant l'idole des années 90 s'est mise en examen pour 4 dossiers de violence sexuelle et fait l'objet de 32 plaintes pour viol et agression sexuelle. Chaque maire de ville hôte des concerts y va de son commentaire. Votre question du soir vous répondez, hashtag Bruel, les maires doivent-ils décider de la tenue des concerts dans leur ville ? Alors pour bien rappeler l'état des lieux, le contexte, notre Louis de Kergorla est là, bonsoir.
Bonsoir Frédéric, bonsoir à tous.
Vous allez nous éditorialiser tout cela avec votre talent habituel. Pas simple, en tout cas les maires sont obligés de se prononcer.
Exactement, alors quelques rappels sur cette tournée de Patrick Bruel. C'est sa tournée, alors regarde, qui doit se dérouler du 2 octobre au 21 novembre. Au total 35 dates dans presque autant de villes. Et donc ça ne vous aura pas échappé des maires et des politiques qui prennent de plus en plus la parole sur le sujet. La prise de parole, la plus notable de ces derniers jours, c'est Aurore Berger, ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes. Elle répondait hier au micro de France Info sur cette question épineuse. Patrick Bruel peut-il continuer sa tournée ? Réponse. Je crois que les conditions ne sont pas réunies pour que ces concerts puissent se tenir.
Et ce n'est pas venir enfreindre le principe de la présomption d'innocence. il est mis en cause, il y a aujourd'hui des mises en examen qui sont en cours. Et donc il y aura une enquête et des instructions judiciaires. Mais est-ce que les conditions sont réunies ? La réponse est non.
Bon, alors évidemment, le pouvoir politique, les vrais voix. Juste une question comme ça, clin d'œil. On commence par la question clin d'œil. Vous iriez à un de ces concerts, vous Pierre-Yves Martin ?
Non.
Vous iriez Raphaël-Rémi Leleux ? Non, et je crois que la sécurité ne me laisserait pas rentrer. J'imaginais. Pascal Giral ?
Pas particulièrement, parce que je ne suis pas particulièrement fan de Patrick Bruel, mais pourquoi pas ?
Bon, c'est bien de le dire. Moi, le problème, c'est qu'il n'y a qu'une chanson que j'aime bien de lui, mais le titre, c'était « Marre de cette nana-là », donc je pense que vraiment, ce n'est pas possible. Oh là là, la provocation ! Mais elle était sympa, cette chanson. Je ne sais rien. C'était un jeune adolescent qui disait « Jean, on est marre de cette nana-là, marre de cette... » « Je retournerai chez maman », tout ça, c'était un de ses premiers titres. Il était quand même assez vocateur, quelques années après. Alors Louis, nos mères.
Voilà, exactement. Les mères, du coup, qui lui ont emboîté le pas, notamment Ladislas Verne, donc c'est le maire d'hiver droite de Chartres. Écoutez, lui, ce qu'il avait à dire sur cette venue, ou pas, de Patrick Bruel dans sa ville.
Il y a une prise de conscience nationale de ce sujet. Patrick Bruel est un artiste qui, entre le moment où il a été programmé à Chartres et aujourd'hui, il y a 32 plaintes, effectivement. Il y a plusieurs mises en examen. Donc il y a une volonté de notre part de laisser la justice, le temps de travailler sereinement et de mettre en valeur la parole de la victime. C'est ce que je comprends également de l'intervention d'Aurore Berger.
Voilà, et puis alors il y a ceux qui souhaitent pouvoir l'interdire, mais ne le peuvent pas. C'est le cas de Frédéric Fauvet. C'est le maire PS d'Amiens. En l'État, je ne peux pas le faire. C'est pour ça qu'on demande aux législateurs, aux députés, peut-être de faire évoluer la loi pour qu'on ait des outils qui, lorsque il y a des violences sexuelles, sexistes, des atteintes graves aux discriminations, on puisse faire figurer des clauses qui nous permettraient d'annuler ou de reporter les manifestations prévues.
Alors là, Louis, on entendait quelqu'un dans le son, mais ça c'est juste le montage. C'est personne qui nous a demandé. Mais Louis, justement, je profite là de ce que disait le maire pour solliciter nos vraies voix. Il faudrait adapter la loi de telle sorte que le maire puisse décider. Alors attention, ça peut marcher dans les deux sens, Pierre-Yves Martin.
Mais en fait, pour moi, je ne suis pas forcément au fait de tout, mais pour moi, il y a deux éléments autour de cette notion de liberté. Le premier élément, c'est que dans le cas d'une salle de concert appartenant à un propriétaire privé, je ne vois pas forcément en quoi le maire peut intervenir. Ça, d'accord. Et le deuxième élément, c'est qu'il me semblait qu'à la limite, sur ces sujets-là, c'était plus un sujet d'ordre. Et donc, du coup, est-ce que ce n'est pas plutôt le préfet qui devrait intervenir et non pas le maire ? Mais le maire est en même temps en gage de proximité. Il y a en tout cas un vrai sujet de liberté qui est posé et qui est loin d'être simple à élucider, je trouve.
Oui, parce que tout le monde peut en prendre pour son grade, politiquement, sur un éventuel concert, Raphaël Rémi-Leleu, si le maire décide.
Si le maire décide, en fait, il y a plusieurs choses. Oui, je suis d'accord, il y a une question de programmation des salles municipales. Et donc, en effet, là, ça ne peut pas être uniquement selon la décision du maire, avec un refus, par exemple, de la diversité politique ou artistique dans certaines salles municipales. Ce serait extrêmement gênant. Et d'ailleurs, ce sont des dérives qu'on connaît dans certaines communes, notamment celles gérées par l'extrême droite. Et je vous voyais venir là-dessus, c'est pour tout. Non, mais par contre, vous avez raison. Sur la question des salles privées, il y a la question du trouble à l'ordre public.
Donc là, c'est en effet plutôt une action qui doit être concertée entre les maires des communes et les préfets. Et puis, il y a aussi une question quand même de droit du travail. Parce que ce qu'on a vu dans tous les témoignages qui sont ressortis des agissements de Patrick Bruel et quelque part de son mode opératoire, c'est qu'on a beaucoup de témoignages de femmes qui ont été agressées sur les lieux des spectacles, dans les loges, dans les couloirs, dans les coulisses.
Donc là, mettre en perspective les accusations par rapport au risque du concert.
Et là, en fait, on a une obligation de la part des employeurs de protéger leurs salariés face au risque d'agissements sexistes ou de violences sexistes et sexuelles. Ce qui vaut pour les tourneurs privés comme pour les municipalités. Et d'ailleurs, il y a eu une demande que le ministère, et non pas cette fois-ci le législateur, que le ministère intervienne pour retirer sa licence de producteur à Patrick Bruel. Puisqu'en fait, il auto-produit sa tournée.
C'est pour ça que finalement, il a pris la décision. Parce qu'on n'imagine pas un producteur se dire, allez, je vais parce que... Je continuerai. Même des assurances, d'ailleurs. Oui, en plus, des assurances. Pascal Girald, sur la possibilité d'un élu, finalement, de décider ou non de la programmation. Bon, c'est toujours un peu aussi le cas, quand même.
Oui, mais je pense que les maires de France ont suffisamment à faire pour ne pas endosser cette responsabilité supplémentaire qui consiste à autoriser ou ne pas autoriser un spectacle, une exposition, quoi qu'il en soit. Bon, ça risque de lui retomber dessus, au maire. Il autorise, bon, troubles à l'ordre public. Il n'autorise pas problèmes commerciaux avec les hôtels du coin, avec les restaurants, etc. C'est très difficile. Mais en tout cas, la logique voudrait qu'un maire de France n'a pas à se mêler de ce genre de choses. Si quelqu'un doit faire le ménage et doit faire la police, c'est au niveau du préfet.
Bon, on est déjà dans cette première partie de notre débat. Je rappelle la question, hashtag Patrick Bruel, les maires doivent-ils décider de la tenue des concerts dans leur ville ? On est dans un aspect un petit peu plus institutionnel sur le droit, sur le rôle des maires. Bien sûr, comptez sur nous. Dans la deuxième partie, nous allons traiter de la question des concerts de Patrick Bruel et de la décision de l'artiste accusé de se livrer sur scène. Alors, Louis de Kergorlet.
Oui, pour conclure, pour une quinzaine de maires qui se sont positionnées officiellement contre la venue de Patrick Bruel, pour l'instant, il y en a trois qui ne se sont pas opposées à sa venue. Vous avez Serge Droua à Orléans, Éric Ciotti à Nice et Jean-Luc Moudinck à Toulouse. Et dernière petite précision, un peu en lien avec ce que vous évoquiez. Alors, en fait, seules les villes qui gèrent directement l'espace de concert peuvent interdire aujourd'hui la venue de Patrick Bruel. Et c'est le cas notamment du maire de Chartres qui gère directement. Donc, lui aura la mainmise sur la venue ou non de Patrick Bruel.
Sinon, c'est comme vous l'évoquiez, c'est au préfet de prendre cette décision en cas de potentiel trouble à l'ordre public causé par sa venue.
Un maire comme le maire de Toulouse, M. Moudinck, dit... Enfin, il dit dans un premier temps, c'est la liberté d'expression. Il a utilisé aussi ces termes.
Oui, c'est ça. Vraiment, il a laissé la justice faire son travail. D'ailleurs, pour rien vous cacher, on a essayé de le faire intervenir. Et voilà, il a souhaité ne pas non plus apporter à la polémique. Juste dire, il ne faut pas s'opposer à sa venue. Point. On n'en fait pas plus.
Oui, c'est un petit peu comme Pascal Girald tout à l'heure. C'est-à-dire, non, je n'irai pas à son concert, mais bon, pourquoi ?
Il y a peut-être, si vous permettez, dans le sujet qu'on aborde ensemble, il y a aussi un double biais. Il y a le premier biais qui est de dire, je me positionne pour des questions de justice, de moralité, et je refuse que soit organisé tel et tel concert, parce que je suis choqué par ce qui est prétendument possible, et les faits qui sont reprochés à Patrick Montréal. Donc, il y a une dimension morale de justice. Et il y a après une question de troubles publics.
Et tout le sujet, c'est aussi, et pour un maire comme pour un préfet, c'est aussi de savoir si laisser organiser un concert dans une sphère complètement privée, quelle assurance on a, qu'à la sortie du concert, il n'y ait pas des manifestations, il n'y ait pas des dérapages, etc.
Parce que vous, par exemple, Raphaël Rémi-Leleu, qui êtes militante féministe, vous êtes peut-être au fait, c'est-à-dire que, est-ce que, par exemple, il y a des manifestations qui sont prévues, déjà des actions en amont de ce concert, et donc que, clairement, on peut dire, oui, c'est dangereux de l'organiser ?
Alors, en fait, je ne suis pas d'accord avec ce lien logique-là, très spécifiquement, puisque ce n'est pas parce qu'il va y avoir des manifestations féministes que c'est dangereux de l'organiser. Moi, j'ai juste parlé de manifestations, je n'ai pas dit féministes. Non, non, je sais, mais en l'occurrence, sur la tournée de Patrick Bruel, je pense que ce seront plutôt des manifestations féministes, et je vous prends un autre exemple, les faits ne sont pas comparables. Par contre, la modalité d'action militante-lée, c'est lorsque Quentin avait refait une tournée, il y avait eu des mobilisations féministes avant chacun de ces concerts.
Et en fait, à aucun moment, le concert en lui-même, les spectateurs, les spectatrices, ou même Bertrand Quentin, n'ont été mis en danger d'aucune manière. Ah oui, Bertrand Quentin, parce que j'avais mal compris. Oui, Bertrand Quentin. Donc, c'était bien sûr des manifestations éminemment pacifiques, et je n'ai aucun doute que les manifestations qui auront lieu à la proximité des concerts de Patrick Bruel seront également pacifistes, puisque ça fait partie du cœur des valeurs féministes. On milite pour l'abolition des violences, pas pour en perpétrer de nouvelles.
Là, ce qui est intéressant, je trouve aussi, c'est cette demande de prise de position des maires, quand la salle est communale notamment, parce que finalement, on leur demande d'avoir un avis. Et je reste convaincue que la ligne est en train de bouger, et heureusement, mais je reste convaincue qu'il s'agirait d'un autre type de crime. Il ne viendrait à l'esprit de personne de se dire « Cet homme est accusé d'un braquage à main armée, et tiens, si j'allais le voir en concert.
» Par contre, les violences sexistes et sexuelles, comme on a encore en esprit que ça relève quelque part de l'intime et de la sphère privée, il y a toujours ce truc qui nous laisse entendre que peut-être le crime ne serait pas si grave ou pas si évident, et qu'en tout cas, que le positionnement ne serait pas si évident.
Pour moi, c'est plus grave d'être l'auteur d'un viol que d'un tabunal. Je suis d'accord avec vous.
Mais malheureusement, si l'impunité a été aussi massive pendant si longtemps, c'est parce qu'on n'a pas eu le même traitement des violences sexistes et sexuelles pendant longtemps par rapport aux autres...
Parce que ça fait paroles contre paroles, c'est ça ? Par rapport aux autres types de crimes violents.
Je n'ai pas tout à fait la même lecture. Et le sujet, ce n'est pas de savoir qui a raison, ce n'est pas ça. Mais c'est que je pense que ce qu'il y a d'un peu troublant dans cette affaire, c'est que ce chanteur a bénéficié d'une côte de popularité gigantesque. Et donc je pense que pour chacun, il y a une part de... Je dois quelque part me renier, parce que je lui ai apporté... C'est le syndrome Michael Jackson. Ah oui, c'est un genre d'éthique personnelle de l'ombre, bien sûr.
C'est le syndrome Michael Jackson. C'est-à-dire que c'est la star historique de l'histoire de la pop, Michael Jackson. Mais quand on apprend les pratiques qu'il avait... Pascal Girald, le fait que les maires se prononcent, c'est intéressant parce que ça montre aussi pour les victimes qu'on prend en compte. C'est-à-dire que le chanteur va aller chanter,
mais quand même... Certes, mais on peut se prononcer que quand il y a un avis, une justice, quand la justice a été rendue. Ensuite, on fait...
Et c'est en sorte que la comparaison avec l'attaque à Marmé, c'est...
Oui, mais donc jusqu'à maintenant, tout ce jugement définitif est encore dans le flou. Donc c'est ça qui ajoute... Donc quelque part, est-ce qu'on pourrait pas... Et c'est pas du tout provoque. Est-ce qu'on pourrait pas acter le fait que de cette discussion-là, si on considère, si on reprend vos propos sur l'absence de risque de troubles publics liés au caractère pacifiste des mouvements féministes, du coup, il y a cet élément de trouble qui est plus possible. Donc on se place uniquement sur la dimension, entre guillemets, morale. Et droit du travail. Alors droit du travail, vous avez raison.
Mais comme la justice n'est pas encore passée, ça pose vraiment un vrai sujet de profonde liberté individuelle...
La question, c'est s'il fait ça le comble. C'est-à-dire que si des gens vont voir quelqu'un qui est quand même suspecté de ça, moi, j'irais pas à quoi le voir. Mais c'est là où, en effet,
c'est une question aussi d'éthique personnelle et d'acceptation sociale. Ce qui est important de se dire, c'est qu'en fait, il n'y a pas et il n'y a jamais eu et jamais aucun collectif féministe de ma connaissance, et j'en connais un paquet, n'a jamais demandé l'interdiction administrative de la tournée de Vruel ou de Quanta. Parce que oui, il y a une question de liberté fondamentale et en fait, ce qui est interrogé, ce n'est pas la liberté pour ces hommes de monter sur scène, de prendre une guitare et de chanter, c'est l'interrogation sociale de est-ce qu'on est à l'aise avec ça ?
Vous savez, c'est tellement passionnant et merci à notre réalisateur, Maxime Sénat, qui m'envoie la petite musique. C'est vrai, c'est le moment de la respiration. Mais c'est passionnant, ce débat, Maxime. Oui, mais il faut bien manger. Il faut manger, on revient tout de suite. On continue, restez avec nous. 17h20, les vraies voix Sud Radio. Sud Radio. Frédéric Brindel. 15 maires de communes se prononcent pour l'annulation des concerts de Patrick Bruel. Le chanteur doit se produire dans une trentaine de villes à partir du 2 octobre prochain, malgré les 32 plaintes et 4 mises en examen dont il fait l'objet.
Notre débat, hashtag Bruel, les maires doivent-ils décider de la tenue des concerts dans leur ville ? Nos trois vraies voix ce soir, Pierre-Yves Martin, Raphaël Rémi-Leleu, Pascal Girald. Nous avons bien avancé dans la réflexion, dans l'idée. On voulait avoir votre réaction au 0826 300 300. C'est le principe. Je crois que Brigitte de Sénémarne est avec nous. Bonsoir, Brigitte.
Bonsoir, Frédéric. Bonsoir à vos invités, aux auditeurs.
Bonsoir. De Nandy, c'est ça ? Oui, c'est ça. C'est à côté d'où déjà, Nandy ?
C'est pas très loin de Meul, on va dire.
Oui, voilà, c'est dans le sud. C'est dans le sud de la Sénémarne. C'est le natif de Meaux que je suis, qui cherche un peu au sud, parce que c'est un des plus grands départements, quand même.
Oui, il y a plus de 80 kilomètres qui nous séparent.
Oui, ça fait beaucoup. Alors, en revanche, peut-être que ce qui nous rassemble, c'est cette réflexion sur ces maires. Vous êtes avocate, c'est ça, Brigitte ? Vous en pensez quoi ?
C'est ça. Alors, bon, moi déjà, il y a une chose qui m'aurifie un petit peu, c'est tout ce qui est la justice en dehors d'un tribunal, si vous voulez, parce que je suis avocat et parce que je trouve ça extrêmement dangereux. Et le problème, si ça se passe comme ça aujourd'hui, c'est précisément parce qu'il y a des défaillances dans la justice, parce que ça ne va pas assez vite. Et ça, on a un état faible, donc ce n'est pas faire régner l'ordre comme il le faudrait non plus. Et donc, du coup, on rend la justice un peu sur un tribunal médiatique ou par le biais d'un maire ou par le biais de diverses manifestations.
Nous, d'ailleurs, ce qu'on est en train de faire, moi, journaliste, avec mes trois éditorialistes, c'est ce qu'on fait.
Alors, moi, personnellement, ça, ça me fait très, très peur parce que la présomption d'innocence, c'est quand même un principe fondamental de la justice. Alors, je sais bien qu'aujourd'hui, la justice, c'est la loterie. Je sais bien que je suis bien placée pour le savoir. Énormément de gens sont déçus et n'ont plus confiance. Le problème, c'est que, par exemple, je vais prendre l'exemple d'Ari Habitant. Il a été innocenté. Il y a d'autres gens qui sont tous les jours qui ont des non-lieux parce qu'en réalité, la plainte qui a été portée n'est pas caractérisée d'un point de vue pénal.
Moi, je ne connais pas le dossier Patrick Noël, donc je n'irai pas me prononcer là-dessus d'un point de vue strictement du dossier. Ce que je sais, par contre, c'est que les avocats ou les gens qui font fuiter des éléments font toujours fuiter des éléments qui les arrangent.
Vous voyez ce que je veux dire ? Mais justement, je disais dans mon lancement, Brigitte, qu'il y avait les plaintes, mais il y a aussi les mises en examen. Quand il y a quatre mises en examen, c'est qu'il y a quand même déjà une étape supplémentaire, non, Brigitte ?
Écoutez, oui. En fait, la mise en examen, si vous voulez, c'est surtout pour permettre à Patrick Noël de pouvoir aussi se défendre. Ça lui permet aussi d'avoir accès au dossier, de se défendre, d'apporter ses propres arguments, de pouvoir auditionner des gens. C'est quelque part, quand il y a, on va dire, des présomptions, c'est normal qu'à un moment donné, on mette quelqu'un en examen. Je veux dire, ce n'est pas quelque chose de complètement déconnant dans la procédure. Et ce n'est pas parce que vous êtes mis en examen que vous êtes coupable.
Bon, c'était très important votre... Oui, juste, allez-y pour conclure.
Je voudrais finir sur Gérard Buller. Gérard Milleur, lui, il a été... Bah oui, je veux dire, il a été mis en examen pour des faits de viol, y compris sur des... Comment dire ? Des jeunes filles.
Oui, des mineurs.
On l'a autorisé sous contrôle judiciaire à partir en vacances en Icti. Là, je n'ai pas vu les féministes et les LFistes aller manifester ou crier à Rho sur le bonnet. Donc, si vous voulez... Et je pense aussi que les maires n'ont pas à se mêler de ça non plus. Le juge aurait très bien pu dire à Patrick Bruel, vous avez un bracelet ou vous restez chez vous à résidence et vous n'avez plus le droit de travailler. Le juge avait tout simplement la possibilité de lui dire, de mettre un contrôle judiciaire en place et de dire, vous ne vous approchez plus de femmes parce que je considère que c'est trop grave ce que vous avez fait ou ce que potentiellement vous pourriez être condamné. Donc, voilà.
Merci, Brigitte. Vous nous placez le débat exactement où je souhaitais qu'il aille. Alors, c'est vous qui nous l'avez lancé. Merci beaucoup, Brigitte. Et Pascal Girard, réaction, évidemment, sur la présomption d'innocence. Mais, alors oui, mais là, on a des personnages publics. Ils ont des avantages considérables. Bruel, il arrive quelque part. Allez, M. Bruel, c'est pour moi l'addition, machin, tout ça. Moi, je suis allé l'interviewer à Bercy pendant le tennis. Il était là. Il m'a renvoyé comme si j'étais un gueux. Allez, 20 ans, je n'ai rien dit. Ah, ben, désolé, M. Bruel. Aujourd'hui, je suis content de parler de ça, vous voyez, parce qu'il m'avait mis la haine, quoi.
Bon, bref, mais c'est des avantages, des inconvénients. Ça fait partie du jeu, Pascal Girard.
Oui, comme notre auditrice vient de le dire, tout ça parle du constat que notre justice ne va pas assez vite et n'est pas assez claire sur certains sujets, notamment celui-là, qui est un vrai sujet de société, urgent et manifestement dilué dans un espèce de brouillard où tout le monde a sa propre opinion. n'est pas assez tranché.
Est-ce qu'elle pourrait aller plus vite, Pascal, quand même, parce qu'il faut... Mais pour moi, c'est pas...
On peut faire une partie de ping-pong ou pas ensemble ? Oui, oui, oui, vas-y, vas-y. Allez-y, service, Martin. Pour moi, c'est pas forcément le sujet de la rapidité sur cette affaire-là. C'est plus que ce que vient de dire l'avocate qui était en ligne avec nous. c'est que le juge pouvait tout à fait décider de mettre en place des dispositifs de contrôle judiciaire qui empêchaient Patrick Bruel de chanter, d'organiser des concerts.
Et que du coup, si ça n'a pas été fait, il y a une question, et là, vous allez pouvoir me répondre, retour de service, il y a une question, c'est est-ce que le juge ne l'a pas fait parce que dans le dossier, il n'y a pas suffisamment d'éléments ou est-ce que les avocats de Patrick Bruel ont été très convaincants ? J'ose espérer qu'il n'a pas fait en son âme et conscience parce qu'il avait des billes pour ne pas le faire. En tout cas, ce n'est pas dans ce cas-là, au maire, puisque c'est le sujet d'origine, de prendre la décision à sa place.
Raphaël Rémi-Leleu, sur ce que disait l'avocate, alors c'est vrai, les gens de justice sont très attachés à cela, mais est-ce que c'est une justice traditionnelle quand il s'agit d'une icône ?
En fait, je suis moi-même attachée à la présomption d'innocence qui est un principe du droit et aussi une modalité d'organisation de la procédure. La chose étant que Patrick Bruel est en effet un personnage public et donc il s'expose au débat public et ce que nous sommes en train de faire sur ce plateau et ce que sont en train de faire en fait des centaines de millions de Français et de Françaises, de milliers, pardon. Non, non, de millions.
Faisons-nous plaisir, s'il vous plaît.
Merci. Mais en fait, à chaque fois qu'on débat de ce sujet, on en débat. Nous ne sommes pas en train de prendre une décision judiciaire. Nous ne sommes pas en train de le condamner. Par contre, avoir ce débat, c'est extrêmement important pour interroger la rapidité de la justice, pour interroger même l'évaluation de la dangerosité qui est l'une des raisons pour lesquelles un contrôle judiciaire est décidé ou pas et puis pour interroger également les mécanismes de l'impunité parce que ce qui est terrifiant dans l'affaire Patrick Bruel, c'est qu'il s'agit en réalité d'une succession d'affaires durant des décennies.
Bon, on a fait une petite consultation auprès de vous, les auditeurs de Sud Radio. Certains d'entre vous prenez la parole comme Brigitte il y a un instant, puis d'autres laissez des petits commentaires. On en parle tout de suite pour conclure ce débat passionnant. 17h20, les vraies voix Sud Radio.