SÉBASTIEN CHENU est l'invité de la matinale de LCI !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03FerméeÉludée
Est-ce que vous voulez la victoire de la Russie ?
- 0:33RelanceRéponse partielle
Marine Le Pen, elle coupera l'aide à l'Ukraine au bout de six mois si elle est élue.
- 1:28FerméeRéponse directe
Condamnez-vous Poutine et son régime ?
- 1:45RelanceRéponse partielle
Édouard Philippe dit, Marine Le Pen veut laisser les Ukrainiens se faire trucider.
- 2:04OuverteRéponse partielle
Où prenez-vous vos ordres ?
- 2:40RelanceRéponse partielle
Les chiffres. L'aide de la France à l'Ukraine, c'est près de 6 milliards d'euros par an.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:03PrésentateurFait
« Est-ce que vous voulez la victoire de la Russie ? »
- 0:33PrésentateurFait
« Marine Le Pen, elle coupera l'aide à l'Ukraine au bout de six mois si elle est élue. »
- 0:44PrésentateurFait
« Gabriel Attal, Marine Le Pen veut laisser les Ukrainiens se faire trucider. »
- 0:56PrésentateurFait
« Raphaël Glucksmann dénonce votre capitulation. »
- 1:30InvitéFait
« Oui, depuis toujours. Poutine et son régime sont les agresseurs dans cette histoire. »
- 3:45InvitéPromesse
« Marine Le Pen présentera le 17 novembre sa réforme des retraites. »
- 19:09InvitéChiffre
« C'est 700 millions d'euros sur 5 ans, donc c'est un financement assez raisonnable. »
- 21:21InvitéChiffre
« On doit être contributeur net, nous, en théorie, de 9 milliards. Vous voulez que ce ne soit pas 9, mais 5. »
- 23:29InvitéFait
« Expliquez-moi comment on réalise 20 milliards d'économies en avançant l'âge de départ à la retraite. »
Temps de parole
- Invité64 %
- Présentateur24 %
- Invité 26 %
- ?5 %
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Bonjour
à
tous. Bonjour Sébastien
Chenu. Merci beaucoup
d'avoir accepté l'invitation. Est-ce que vous voulez la victoire de la Russie ?
Non, nous ne voulons pas la victoire de la Russie, nous voulons la paix. C'est un objectif que nous mettons très haut. La paix, la paix pour l'Ukraine, pour les nombreux morts et pour le peuple ukrainien, la paix pour l'Europe, la paix pour que nous retrouvions de la sérénité, mais aussi pour que les impacts et les conséquences économiques des décisions qui ont été prises jusqu'à présent n'affectent plus les Français. Donc nous voulons des initiatives de paix.
Alors, je rappelle pourquoi je vous pose la question. Marine Le Pen, elle coupera l'aide à l'Ukraine au bout de six mois si elle est élue. Je vais quand même vous citer quelques réactions parce qu'elles sont très, très, très virulentes et très, très, très nombreuses ces dernières heures. Gabriel Attal, Marine Le Pen veut laisser les Ukrainiens se faire trucider.
Non mais tout ça, c'est excessif. Je viens de vous expliquer que
nous voulions la paix. Et pour
l'instant, les Ukrainiens se font trucider parce qu'ils sont en état de guerre.
Raphaël Glucksmann dénonce votre capitulation.
Tout
ça est excessif venant de gens qui n'ont rien fait pour prendre des initiatives de paix. Je rappelle que les initiatives de paix prises par la France ont été bien faibles, voire inexistantes. Et nous, ce que nous demandons depuis longtemps, c'est que la France, en mobilisant d'autres pays, qui peuvent être des pays qui sont intéressés par l'idée de concourir à cette œuvre de paix, puisse être mobilisés.
Donc moi, j
'attends encore une fois qu'Emmanuel Macron prenne des initiatives.
On verra dans
un instant que ce ne sera pas forcément avec l'Italie de Giorgia Meloni. Condamnez-vous Poutine et son régime ?
Oui, depuis toujours. Poutine et son régime sont les agresseurs dans cette histoire. Donc nous les condamnons, nous demandons qu'il y ait des sanctions. Il y en a eu, qu'elles soient calibrées de façon à ce que ce ne soient pas les Français qui en payent les conséquences. Mais évidemment, Poutine est l'agresseur. Il n
'y a
pas de doute là-dessus.
Édouard Philippe dit, Madame Le Pen, on vous savait aligner depuis longtemps sur les intérêts du Kremlin, mais votre dernière déclaration est une trahison. Il ne s'arrête pas là. La France ne se désengage pas. Elle se bat pour la défense de ses principes, de ses intérêts. La France, libre et souveraine, dit-il, ne prend pas ses ordres, ni à Moscou, ni ailleurs. Où prenez-vous vos ordres ?
Nous travaillons dans l'intérêt des Français. C'est la seule préoccupation qui est la nôtre. Et en fait, les choses sont assez simples. Marine Le Pen a expliqué que nous allions continuer, évidemment, à aider l'Ukraine à travers la formation, à travers du matériel militaire, à travers un certain nombre d'aides humanitaires. Mais qu'au bout d'un certain nombre de mois, parce que c'est la réalité du système dans lequel nous évoluons, c'est la réalité de l'héritage de M. Philippe, c'est la réalité de l'héritage de M. Attal, les finances publiques sont exsangues. Nous n'avons pas les moyens,
nous n'avons pas l'argent nécessaire. De quel financement parle
-t-on ? Les chiffres. L'aide de la France à l'Ukraine,
c
'est près de 6 milliards d'euros par an, soit 1,34% des dépenses moyennes de l'État entre 2022 et 2026. En pourcentage du PIB, notre aide se classe entre le 13e et le 20e rang, selon le calcul du très sérieux Kill Institute. Dès lors, couper le robinet à l'Ukiev pour promettre d'assainir les finances publiques, est-ce que c'est 1,34% de dépenses moyennes sur 2022 et 2026 ? C'est ça qui va assainir les finances publiques de la France
?
Oui, madame, 6 milliards par an, c'est colossal. 6 milliards par an, c'est exactement ce dont nous avons besoin, alors que nous sommes en train d'étudier le budget pour essayer de redresser les déséquilibres laissés par M. Philippe Attal, qui aujourd'hui donne des leçons. Ils sont quand même fortiches. Ils laissent la France dans un sale État, dans le plus sale État que les finances publiques n
'aient
jamais connues, et ensuite ils disent mais il faut continuer d'aller aider l'Ukraine, il faut continuer à dépenser M. Lecornu qui continue à faire de la dépense publique dans le cadre de ce budget. Ces gens sont des irresponsables
en réalité. Les plus
sarcastiques écrivent que ce n'est rien comparé aux milliards de la réforme des retraites du Rassemblement National.
Non mais écoutez, tout ça, d'ailleurs Marine Le Pen présentera le 17 novembre sa réforme des retraites. Ils pourront se prononcer à ce moment-là. Mais moi je note que des gens qui ne prennent pas d'initiative de paix, des gens qui laissent la France dans l'État économique que nous connaissons, dans l'État financier que
nous connaissons. Encore la France n'a
pas pris d'initiative de paix ces
dernières années ? Depuis combien
de temps avez-vous vu le Président de la République essayer de prendre une grande initiative d'une grande conférence, de mobiliser des pays qui pourraient faire en sorte que l'Ukraine et la Russie réussissent
à se mettre autour
? Est-ce que
c'est de
Donald Trump,
d
'essayer de parler avec Poutine, de dealer même avec Poutine, de demander le départ de Volodymyr Zelensky, de dealer des barils de pétrole ? Ça c'est une stratégie que vous validez ?
Non mais toutes les actions qui doivent être mises à la contribution, là celle-ci elle est uniquement dans l'intérêt de Donald Trump. On voit bien que Donald Trump, ce qu'il défend, c
'est
l'intérêt des Américains. Toutes les actions diplomatiques qui peuvent être mises en place pour concourir à la paix doivent l'être. Or je note, et je le dis c'est un fait objectif, que le Président Macron n'a pas pris d'initiative depuis très très
longtemps. En réalité il regarde
passer les trains sur ce sujet comme sur d'autres.
Marine
Le Pen hier a dit, si elle arrive au pouvoir, elle ira voir Volodymyr Zelensky pour lui expliquer. Faisons l'exercice, vous accompagnez Marine Le Pen, vous allez à Kiev, vous avez gagné. Vous dites quoi à Volodymyr Zelensky ? Et comment vous lui garantissez-vous
que
vous réussirez ce que personne n'a réussi depuis le début de la guerre ?
Il ne
s
'agit pas de lui garantir,
il s'agit de
lui garantir les efforts que nous allons faire. Lui garantir que nous allons parler à l'Allemagne, que nous allons parler à la Turquie, que nous allons parler à un certain nombre de pays qui peuvent concourir effectivement à mettre un moment. Parce que ça se termine toujours comme ça une guerre. Vous mettez les co-béligérants, les belligérants autour d'une table pour négocier une paix dans l'intérêt de l'Ukraine. Je le répète, cette paix elle doit être dans l'intérêt de l'Ukraine. Donc si de toute façon ça ne se termine pas comme ça, et Marine Le Pen l'avait très bien dit, c'est la guerre de 100 ans, ça fait déjà 4 ans que ça dure. C
'est
-à
-dire
qu'on n'en sortira jamais, c'est-à-dire que les économies européennes vont finir par s'écrouler, que l'agriculture européenne va finir par s'écrouler. Ça veut dire qu'effectivement la seule solution quand on ne veut pas de la guerre, c'est préparer la paix.
Alors, vous dites, j'entends vos arguments depuis tout à l'heure, mais la plupart de ceux qui critiquent votre position depuis plusieurs jours, depuis plusieurs heures maintenant surtout, disent,
mais
abandonner l'Ukraine, même lâcher un peu de cette aide, c'est nous abandonner de nous-mêmes. Et ces voix, elles ne viennent pas que de la France,
c
'est de candidats à
l
'élection présidentielle. Le puissant discours de Giorgia Meloni, vous l'avez forcément aperçu ces dernières heures, mais pour les téléspectateurs, on va le regarder, c'était il y
a,
regardez.
Si l'Ukraine cessait de se défendre comme beaucoup le souhaitent et le proposent, nous n'aurions pas la paix. Nous discuterions de l'occupation d'une nation européenne et du retour d'un impérialisme de style soviétique que l'Europe a connu pendant un demi-siècle.
Le soutien à l'Ukraine n'était pas une alternative à la paix, mais ce qui la rend possible. Je ne regrette pas les chats russes en Europe. Elle a tort, Giorgia Meloni, elle exagère, elle dramatise.
Nous
avons évidemment un désaccord sur ça avec Giorgia Meloni, mais est-ce qu'on a le droit d'avoir des désaccords ? Oui, nous avons le droit des désaccords.
Elle dramatise
la situation, Sébastien Chenu ?
Je ne dis pas qu'elle dramatise la situation, je dis que nous avons un désaccord sur l'issue. Mais la situation de l'Italie n'est pas exactement la même que celle de la France. L'Italie a été très aidée par l'Union européenne, par exemple. L'Italie n'est pas dans la même situation. Donc, je veux dire, ce que nous, nous avons à l'œil, si j'ose dire, c'est les intérêts de notre pays. Nous voyons qu'effectivement, nous ne nions pas que la Russie
est une menace multidimensionnelle.
Mais vos opposants
vous disent que c'est l'intérêt de la France de défendre
l'Ukraine.
Madame, c'est ce que disent nos opposants. Ce n'est pas ce que nous pensons. Nous avons encore le droit d'avoir une vision différente. Nous avons encore le droit de dire que les économies et l'économie française va s'écrouler parce que nous sommes pris de tous côtés, par la dette, par un soutien à l'Ukraine qui nous coûte cher, par d'autres dépenses publiques inconsidérées. Oui, notre économie va finir par s'écrouler. Et quand on sera écroulé, on ne pourra plus aider personne. Ça, il faut le savoir. Si on a une crise obligataire dans quelques mois ou dans quelques semaines, ça c'est sûr que la question de l'aide à l'Ukraine ne se posera plus.
Donc, ce qu'il est temps de faire, c'est redresser les finances publiques de notre pays. C'est que nous arrivions au pouvoir et que nous changions le cap économique, politique, qui est celui aujourd'hui qui amène la France à s'appauvrir chaque jour davantage.
On parlera notamment du rapport de force par rapport à l'Union Européenne, la contribution avec Nicolas Adouz dans quelques instants, mais pour clore ce dossier qui va certainement rester ouvert pendant des mois encore. Mais dans notre discussion, je voudrais qu'on écoute la réponse qui vous a été apportée par Volodymyr Zelensky lui-même.
Je
pense qu
'il s'agit de sécurité et d'expérience. D'ailleurs, le prix à payer n'est pas aussi élevé que celui des vies humaines.
C'est pourquoi je pense que Mme Le Pen ne maîtrise pas bien certains détails. On rendra l'appareil et c'est très important.
On va recommencer notre exercice de tout à l'heure. Vous dites que vous irez à Kiev, Marine Le Pen le dit, si vous gagnez pour aller voir Volodymyr Zelensky et lui expliquer. Comment vous lui répondriez
à
ce Volodymyr Zelensky qui explique que vous ne comprenez pas très bien les détails de l'histoire ?
Oui, moi je n'aime pas la condescendance et je pense que M. Zelensky devrait ne pas faire preuve de cette condescendance, d'autant plus que Marine Le Pen ne le prend pas en traître. Elle lui explique qu'on va maintenir un certain nombre de temps, effectivement un certain nombre d'aides. Je vous ai parlé de la formation, des aides humanitaires, des aides matérielles, que nous allons continuer pour un certain nombre de temps et puis qu'au bout de ce temps, nous n'allons plus pouvoir faire face donc elle ne le prend pas en traître. Elle lui explique aussi son plan de paix,
elle
lui explique aussi sa vision. Et je crois que là, elle rejoint M. Zelensky. M. Zelensky, j'imagine qu'il veut la paix également, la paix au bénéfice de l'Ukraine. Donc voilà, elle est prête à aller lui dire les yeux dans les yeux parce que nous défendons les intérêts de la France. Alors c'est vrai qu'on est peu habitués à ce qu'un président de la République française défendre les intérêts de la France. Ça fait dix ans, peut-être même davantage, qu'on n
'a
pas vu un président de la République défendre les intérêts de la France. Emmanuel Macron défend les intérêts de
l
'Union Européenne,
les intérêts d'autres pays.
Nous, on défend les intérêts des
Français. Est-ce qu'il n'y a pas un
risque à s'isoler ? C'est-à-dire qu'on entend par exemple Georgia Meloni, qui est en opposition totale avec votre vision géopolitique, en tout cas vis-à-vis de la Russie et de l'Ukraine. On reparlera de la contribution à l'UE. Est-ce que vous ne prenez pas le risque de vous isoler sur la scène européenne ?
Non, je ne
crois
pas.
Et d'isoler la
France,
surtout. Je pense
que le vrai risque qui est devant nous, c'est celui du basculement économique de notre pays. Et je le disais tout à l'heure, quand on sera totalement ruiné, quand on sera incapable d'emprunter
sur les marchés... On n'aura bien besoin
de l'Europe pour
nous aider.
C'est encore un autre débat, ça. À partir du moment où on donne beaucoup d'argent à l'Europe, ce serait bien le minimum. Mais quand on sera effectivement incapable d'emprunter à des taux d'intérêt qui ne nous ruinent pas, eh
bien
on ne pourra plus aider personne. Donc il est temps de redresser la barre. Il
est temps d
'avoir les yeux en face des trous, si vous me permettez cette expression, et de comprendre que nous n'avons pas les moyens d'aider le monde entier.
Alors, on en reparlera également avec Nicolas, je le répète encore une fois. Juste sur la géopolitique, il
y
a un autre message qui a été très très commenté. Marine Le Pen sur Twitter, sur le réseau social X, qui se montre avec Victor Orban. Le hongrois, c'était en marge d'un déplacement cette semaine. Victor Orban, c'est votre allié, c'est votre ami. Ce Victor Orban, encore une fois, qui est interdite par les d'homosexualité ou d'identité de genre dans les écoles ou à la télévision,
après
22 heures, une loi
vient d
'abroger ces mesures. C'est le Orban qui est accusé de corruption,
d'avoir
plongé la Hongrie dans les méandres de la corruption.
Pardonnez-moi, vous confondez. Être allié ne veut pas dire être ami.
D
'où ma question. Est-ce que vous êtes allié, est-ce que vous êtes ami
? Non, mais être allié pour s'opposer à un certain nombre de décisions de l'Union Européenne à l'organisation de cette Union Européenne, nous sommes alliés avec Orban, nous sommes alliés avec d'autres à travers l'Europe qui contestons l'organisation de cette Union Européenne et les décisions de la Commission. Après, que chacun ait les politiques intérieures, les politiques domestiques qu'il veuille, ça n'en fait pas un modèle. Moi, je suis en désaccord avec un certain nombre de politiques intérieures que fait Victor Orban, mais c'est au peuple hongrois de décider. Et d'ailleurs, ils ont décidé en Hongrie de la suite des choses. Ils ont voté, c'est une démocratie.
Donc nous, on ne s'occupe pas de ce que font les dirigeants dans leur pays. Moi, je ne m'occupe pas de ce que fait Mme Mélanie ou de ce que font d'autres dans leur pays. Nous nous occupons de savoir si, lorsque nous sommes au Parlement européen, par exemple, nous sommes alignés pour contester les décisions de la Commission. Oui, c'est un allié au niveau de la contestation que nous avons de la Commission
et de l'idée que
nous voulons d
'une Europe
des nations. et il restera un partenaire sur la contestation que nous avons de cette Union européenne qui ne fonctionne pas, qui essaye de s'attribuer un certain nombre de prérogatives que personne n'a validées. Donc oui, nous nous opposons à cette espèce de rouleau compresseur
de l'Union européenne. Mais Marine Le Pen a bien fait
part de son amitié par le passé en direction de Victor Orban.
Elle
peut avoir des sentiments amicaux vis-à-vis d'un homme qui l'a soutenu et qui a aidé notre
groupe
à se constituer, etc. Mais en revanche, sur la politique intérieure, vous savez, c'est comme la politique intérieure de mille et un dirigeants sur la planète. Nous avons des désaccords et la France, quand je dis nous, la France a des désaccords avec mille et un dirigeants sur la politique intérieure de leur pays. Mais ça concerne les habitants de leur pays. Si on se met à devoir s'aligner sur les pays avec lesquels on devrait être 100% d'accord sur la politique intérieure de leur pays, on ne parlera pas à grand monde.
Sébastien Chenu, demain, est-ce que vous serez dans la rue pour cette grande journée de mobilisation contre la vie chère en France,
ce
mouvement qui réunit à la fois des lycéens et des étudiants aux côtés de syndicats, de gilets jaunes, d'agriculteurs, de citoyens. Vous serez dans la rue ?
Alors moi, je serai dans ma circonscription. Il n
'est
pas exclu, évidemment, que si je me retrouve sur un point de manifestation, j'aille, comme je l'ai fait par le passé, j'ai jamais eu de problème à le faire, à y soutenir des hommes et des femmes. Je l'avais fait au monde des gilets jaunes,
je
l
'avais fait
au monde des retraites, etc.
Et la France insomnie
a été pointée du doigt pour s'être montrée aux côtés des mobilisations
ces dernières
semaines,
pour
autant...
Non mais nous, on n'est pas dans une tentative de récupération de quoi que ce soit. On ne
l
'a jamais fait.
Et pourquoi, vous, sur un point de mobilisation, ce ne serait
pas de la récupération
quand ce serait de la récupération ? Je peux aller saluer
des Français qui se mobilisent. Voilà. Nous, on n'appelle jamais à manifester parce qu
'on
n
'est
pas une centrale syndicale, parce que ce n
'est
pas notre boulot. En revanche, ne pas entendre, ne pas écouter, ne pas regarder les Français qui souffrent, ce serait totalement insupportable. C'est ce gouvernement, ce sont ces politiques qui amènent les Français à manifester demain et qu'ils soient, évidemment, agriculteurs, qu'ils soient travailleurs avec des difficultés
d'approvisionnement. Vous espérez cette convergence
des luttes et qu'elles prennent de l'ampleur encore dans les prochaines semaines ?
Non, moi, ce que j'espère, c'est que dans six mois, on puisse changer le cours des choses par l'élection. Et d'ailleurs, je le dis aux Français, tenez bon six mois avant de pouvoir changer la direction politique de ce pays, avant de pouvoir enfin avoir des politiques qui bénéficient au pouvoir d'achat des Français, à la sécurité des Français, à l'intérêt des Français.
Vous inquiétez encore une partie des Français, c'est ce que démontre une étude d'IFOP dans Marianne. 21% des Français pourraient quitter le pays en cas de victoire de Marine Le Pen. Est-ce que vous vous dites d'une part, le travail n'est pas terminé pour rassurer, et vous dites quoi, ces 21% de Français qui disent, moi, le RN au pouvoir, je m'en vais ?
Je leur dis, écoutez-nous, ne restez pas sur des caricatures qui sont souvent véhiculées de nous. Écoutez le programme que propose Marine Le Pen, écoutez la méthode de gouvernement, à travers notamment les référendums que propose Marine Le Pen. Ne restez pas sur des caricatures, écoutez les propositions budgétaires ou de contre-budget que nous faisons. Vous savez, nous, on parle à l'intelligence des Français. On essaye de les convaincre, on n'essaye pas de les séduire. Quand je vois M. Philippe, M. Attal, M. Glucksmann, ils essayent de séduire les Français. Nous, on ne cherche pas à les séduire, on cherche à les convaincre qu'il y a d'autres politiques possibles.
Moi, la continuité du macronisme à travers Glucksmann, Philippe ou Attal, c'est le basculement de l'économie française.
46% des Français musulmans, selon cette même étude, pourraient quitter la France en cas de victoire de Marine Le Pen. À quel point vous le regrettez ? Allez-vous chercher à les rassurer ? Et si oui, comment ?
Oui, parce que moi, je ne confonds pas, encore une fois, l'islam, les pratiquants de l'islam, les Français de confession musulmane et les islamistes auxquels nous nous
opposons. Mais visiblement, il y a 46% des Français qui continuent d'être inquiets par votre... Eh bien, nous allons continuer.
Oui, et puis certains essayent d'alimenter cette inquiétude. Par exemple, quand la France insoumise fait des politiques communautaristes, défile avec les pires islamistes, vous n'êtes pas en train de leur dire qu'ils les excitent. Eh bien, moi, je vous dis qu'ils cherchent à exciter un certain nombre de Français... Vous
allez chercher à les rassurer.
Nous, nous cherchons à unir les Français. Notre but, c'est de réunir les Français. Le pays,
il
est suffisamment divisé. Depuis Emmanuel Macron, les jeunes contre les vieux, les riches contre les pauvres, les Français des villes contre les Français des champs, les retraités dits nantis par la Macronie, qui étaient pourtant bien contents de les trouver à un certain moment de son histoire politique contre la jeunesse de ce pays qui galère. Nous, on n'est pas là pour diviser les Français. On embarque tout le monde dans cette aventure qui est celle du redressement du pays.
Mais
ça ne s'arrête pas là, puisqu'il
y a
41% des Français, toujours la même étude, qui se disent prêts à désobéir si vous arrivez au pouvoir. Si vous arrivez au pouvoir, en mai 2027, et que vous avez 41% de Français qui désobéissent, donc c'est beaucoup dans la fonction publique également, donc des grèves, des gens dans la rue, des gens qui s'en vont, vous faites quoi ? Vous réagirez comment à ces Français qui désobéissent ? Vous rappellerez la loi ?
Madame, il y a une chose qui s'appelle dans ce pays la démocratie. Et elle est valable, même quand vos adversaires les plus résolus sont élus, c'est son respect. Eh bien, nous, nous appelons au respect de la démocratie. Vous savez, il
y
a beaucoup de gens qui font des déclarations et qui, à la fin, considèrent qu'effectivement, ou parce que ça ne correspond pas à la caricature qui a été faite, ou parce que finalement, travailler est nécessaire, ou parce que finalement, le redressement, il est possible, ils s'aperçoivent que les politiques qui sont menées peuvent avoir beaucoup d'intérêt. Il y a beaucoup de gens qui, au-delà de ce chiffre,
finalement,
feront probablement l'inverse et diront, ben non, on continue, parce que l'intérêt supérieur de la France, c'est de respecter d'abord la démocratie, d'abord ceux qui sont élus, et puis nous, on est élus pour appliquer un programme, des idées. Ça aussi, c'est probablement très différent de ce qui s'est passé durant des années. Donc, durant des années, on a eu des hommes et des femmes politiques qui se sont fait élire et qui ont fait l'inverse du programme pour lequel ils s'étaient fait élire. Eh bien, nous, on va appliquer le programme pour lequel on s'est fait élire, et on aura besoin de toute la fonction publique pour l'appliquer.
On prend les questions des Français. C'est
l
'heure des questions de Français.
C
'est Tiffany, Tiffany, oui, à Cornus, qui nous écrit. Bonjour à vous. Pour la paix, êtes-vous favorable à l'intégration de l'Ukraine dans l'UE
?
Ah non, pas du tout, parce que nous pensons d'abord que, déjà, l'Union européenne à 27, ça ne fonctionne pas, et qu'ensuite, l'Ukraine, à travers, j'allais dire, son profil économique, et en matière, par exemple, agricole, ce serait une déstabilisation profonde de nous, notre agriculture, qui n'a quand même pas besoin de ça. Donc non, nous n'y sommes pas favorables.
Autre question. Alors, nous saluons ce matin également, je le découvre avec vous, Yves. Bonjour Yves, Moëlland-sur-Mer. Marine Le Pen l'avait promis en 2012, allez-vous mettre fin au permis à points
?
Ah, c'est une bonne question. Ce sera à la candidate de le dire lorsqu'elle présentera son programme, puisque la
candidate
présentera un programme.
Moi,
je ne
suis
pas fan du permis à points, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais ce que nous proposons pour rester sur ces affaires de permis, c'est le permis de conduire gratuit pour tous les Français d'une même classe d'âge de 18 ans, sans casier judiciaire. C'est effectivement de les accompagner, parce que souvent, qu'on soit dans les grandes villes ou dans la ruralité,
beaucoup de Français... Et on le finance comment ?
Eh bien, c'est 700 millions d'euros sur 5 ans, donc c'est un financement assez raisonnable, par la baisse d'un certain nombre de dépenses que l'État doit évidemment aujourd'hui mettre en place.
Autre question. Alors, nous saluons également ce matin
Lucas
à Guiveld. Bonjour à vous, Lucas. Comment comptez-vous obtenir une majorité au Parlement en cas de victoire de Marine Le Pen ?
Je
salue ce nordiste. En tous les cas, ce n
'est
pas comment on compte obtenir une majorité, c'est que la logique, en tous les cas, serait la suivante. Si les Français font confiance à Marine Le Pen à l'occasion de
l
'élection présidentielle, elle demandera une majorité présidentielle pour mettre en place la politique, le programme qu'elle aura porté.
Et donc, nous
allons tendre la main à tous ceux qui voudront participer au redressement du pays. Donc, il
y
a des hommes de droite, des hommes de gauche, des hommes du centre, des hommes qui ne sont pas aujourd'hui...
Et des femmes, le M.H. Vous imaginez des
hommes et des femmes de gauche vous rejoindre dans une
majorité ? Je pense qu'il
y a des
patriotes... Vous parliez avec
des hommes et des femmes de gauche aujourd'hui
? Moi, je parle à
tout le monde, madame. Je parle à tout le
monde. Et aujourd'hui, il y a des
hommes et des femmes de gauche qui vous disent, moi, je pourrais
rejoindre une majorité RL ? En
tout cas, je peux dire que sur le terrain, oui, il y a, et je pense à des élus locaux que je côtoie, qui ont pu voter à gauche à un certain moment de leur vie et qui, aujourd'hui, vont voter pour Marine Le Pen parce qu'ils considèrent qu'elles portent un projet de redressement qui est nécessaire.
Éric Zemmour, Sarah Knafo seront les bienvenus dans cette majorité
?
S'ils arrêtent de dire... Enfin, la question, elle est pour eux. S'ils arrêtent de dire que notre programme est nul, qu'on est des marxistes, etc., peut-être qu'à un moment, ils pourront vouloir travailler avec nous. Mais vous savez, moi, j'ai toujours du mal à dire à quelqu'un les pires horreurs pour ensuite vouloir faire quelque chose avec lui. Donc, je ne
sais
pas, la question, elle est plutôt pour eux.
Et tout va bien avec Marion Maréchal ? Vous savez, la petite histoire du meeting d'Orléans, elle sera invitée et puis pas invitée ?
Oui, non, mais le meeting d'Orléans, il est ouvert à tous les Français. Marion Maréchal soutient Marine Le Pen.
Elle est invitée. Donc,
elle est évidemment la bienvenue.
Nicolas Doze a fait son entrée sur le plateau. Nicolas Doze,
bonjour. Bonjour, monsieur. Vous êtes
face à Sébastien Chenu.
Bonjour. Quatre petites minutes,
deux
questions. La contribution de la France au budget de l'Union. Peut-être, pour qu
'on
soit bien clair, dans la partie 2028-2034 qui s'annonce, on doit être contributeur net, nous, en théorie, de 9 milliards. Vous voulez que ce ne soit pas 9, mais 5. C'est bien ça ?
Oui, c
'est ça. D'accord. Comment comptez-vous vous y prendre dans la mesure où l'article a été voté à l'Assemblée nationale, l'article 55, qui fixe donc les conditions de cette participation pour 7 ans ? Comment voulez-vous vous y prendre pour ne pas vous retrouver dans une situation ingérable qui s'apparentera peu ou proué à une sorte de Frexit ? Non,
ce
ne sera pas un Frexit parce que nous continuons à contribuer, mais il y a plusieurs choses. D'abord, nous souhaitons négocier des rabais. Il ne vous a pas échappé qu'un certain nombre de pays, dont l'Allemagne, ont obtenu des rabais.
Des bons élèves
ont obtenu des rabais,
c'est vrai. Oui,
d'accord. Ça
va être beaucoup plus difficile pour un pays comme le nôtre. Pas
uniquement des bons élèves, puisque je crois qu
'il
n'y
a
que trois pays de l'Union européenne qui n'ont pas obtenu de rabais. Donc, on ne
peut
pas dire qu
'il
n
'y a
que trois pays, que les 24 autres, ou en tout cas si on accepte la France, les 23 autres ont été tous des bons élèves. Non, je pense qu'il
y a
ça, évidemment. De l'autre côté, nous, ce qu'on conteste, si vous voulez, c'est le fait que la Commission s'arroge à un certain nombre de prérogatives qui n'ont jamais été négociées et qui sont coûteuses. Je suis d'accord, mais comment comptez-vous faire concrètement pour aboutir à ce résultat de limiter à 5 milliards la contribution nette ? Ça ne se fait pas sur un choix personnel de la
future
présidente de la
République, si c'est votre
camp ? Non,
pas du tout.
Ça a été voté. Il se trouve que je présidais l'Assemblée nationale lorsque le vote a eu lieu. Et donc, ça veut dire que ce que fait un vote, un autre vote peut le défaire. Et que ce budget, selon la façon dont le gouvernement va vouloir faire aboutir ce budget, est-ce que ce seront des ordonnances, ce sera un 49-3, ce sera une loi spéciale, etc. Ce budget, il sera évidemment provisoire ou en tous les cas réversible. C'est même d'ailleurs comme ça que l'a présenté le Premier ministre. C'est un budget en réalité pour six mois.
C
'est lui-même qui
l'a dit. Mais entre lesquels vous
ne censurez pas.
Donc, ça signifie que
la première étape de la révision à la baisse de la contribution de la France au budget de l'Union Européenne serait une loi de finances rectificative après une victoire de votre camp. C'est possible. Ok, très bien. Deuxième question. Éclairez-moi sur un point sur les retraites. Jean-Philippe Tanguy était là il
y
a quelques jours. J'étais avec Améliou. C'était un peu écharpé tous les deux. Je lui disais qu'il avait le syndrome du 0-3 à peu près sur l'ensemble de la colonne recette. Mais les retraites, on a bien compris qu'il y avait quand même l'intention d'avancer l'âge de départ à la retraite. Et en même temps, j'entends qu'il y a 15 à 20 milliards d'économies. Expliquez-moi comment on réalise 20 milliards d'économies en avançant l'âge de départ à la retraite, qui est une opération qui a un coût au contraire. Marine Le Pen va l'expliquer lors de son schéma de présentation. Donc, vous allez devoir attendre un petit peu. Quel dommage. Oui, mais tout ça a été réfléchi.
Et vous verrez qu'effectivement, si elle l'annonce, elle ne l'annonce pas au hasard. Mais nous, on est habité par quelque chose qui s'appelle un projet de société. On considère que les retraites, ce n
'est
pas uniquement un curseur qu'on déplace. Parce que si l'idée, c
'est
de déplacer sans arrêt le curseur du recul de l'âge de départ en retraite, alors on n'en sortira jamais.
Mais votre proposition,
elle peut encore évoluer sur
la durée de cotisation, par exemple ? Non, mais
qu'on soit d'accord. Que ce soit sur l'âge ou la durée de cotisation, c'est-à-dire un départ à 60 ans, à partir de 60 ans, quand vous avez commencé à travailler très jeune, avant 20 ans, avec 40 années de cotisation, ou ensuite, à partir de 62 ans, avec 42 années de cotisation, ça, c'est la base. Mais Marine Le Pen va introduire,
effectivement, un
pilier de capitalisation volontaire. Marine Le Pen vous expliquera très concrètement comment elle arrive à ce résultat. Mais évidemment, nous
l'avons
anticipé. C'est déjà le cas, les gens qui peuvent partir, même à 60 ans, vous totalisez les annuités, donc vous n'aventez rien, en fait. Non, mais nous allons faire des efforts là-dessus. Nous allons, je crois, donner une impulsion nouvelle là-dessus.
La date
des annonces ? Écoutez, je ne l'ai pas en tête, mais c'est au mois de novembre, de mémoire. Mais c'est tout proche, en tous les cas. Il n
'y a
rien de flou, il n'y
a
rien de caché. Nous, on assume notre projet. D'ailleurs, on l'assume si bien qu'on le porte depuis très longtemps, ce projet, et qu'il est assez populaire chez les Français.
On sera là pour le débriefer.
Parce que les économistes, mais c'est les Français. Vous pourrez compter sur Nicolas Doze. C'est plus
intéressant.
Vous regardez ça de très près. Merci beaucoup Nicolas Doze. Merci Sébastien Chenil.