Claude Bartolone - On n'est pas couché 10 octobre 2015 #ONPC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 51 %Attaque 23 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:13OuverteRéponse directe
Pourquoi le président de l'Assemblée nationale est derrière le président du Sénat ?
- 1:38OuverteRéponse partielle
Est-ce que tout le pays vous connaît si bien que ça ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vos parents faisaient en Tunisie ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Vous aviez envie d'être garagiste quand vous étiez jeune ?
- 4:36OuverteRéponse directe
L'importance de François Mitterrand dans votre parcours ?
- 5:44OuverteRéponse directe
On aurait eu besoin de vous à Air France cette semaine, peut-être ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:20Invité politiqueFait
« Parce qu'il paraît qu'au moment où ils ont pensé les institutions de la Ve République, comme il y avait moins de pouvoir accordé au Sénat, on l'a mis en deuxième. »
- 10:18Invité politiqueFait
« Si ça ne marche pas en Île-de-France, ça ne marchera pas en France. »
- 10:30Invité politiqueChiffre
« Paris, c'est la deuxième marque la plus connue au monde derrière Coca-Cola. »
- 18:18Invité politiqueFait
« La loi a interdit ces emprunts toxiques. »
- 28:47Invité politiqueChiffre
« 600 milliards de dettes supplémentaires, 300 000 emplois industriels disparus. »
- 29:21Invité politiqueFait
« Un septennat non renouvelable permettrait au président de s'occuper à la fois des affaires étrangères, de la sécurité du pays et du temps long. »
- 34:34Invité politiqueChiffre
« 1,5% pour 2016. »
- 35:25PrésentateurFait
« On fait le CICE, on fait la baisse des charges aux entreprises, on fait le pacte de responsabilité, on fait le travail le dimanche et la loi Macron. »
- 35:49Invité politiqueChiffre
« Les socialistes ont fait 50 milliards d'économies, nous allons en faire autour de 120 milliards. »
Temps de parole
- Claude Bartolone57 %
- Présentateur14 %
- Locuteur 113 %
- Locuteur 210 %
- ?6 %
≈ 28,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On en reparlera car il est temps maintenant d'accueillir notre invité politique de la semaine, l'ex-ministre de la Ville,
de
Lionel Jospin, député de Seine-Saint-Denis, président de l'Assemblée nationale depuis 2012. Il est, vous le savez maintenant, tête de liste des socialistes pour les élections régionales de décembre prochain en Ile-de-France. Mais il reste, avant tout, le quatrième personnage de l'État. Voici M. Claude Bartholone.
On
va accepter notre invitation avant qu'on aborde vraiment le cœur de l'actualité politique et votre candidature au régional en Ile-de-France. Parlons un peu de vous, parce qu'au fond, même si vous êtes président de l'Assemblée nationale, je l'ai dit, quatrième personnage de l'État, derrière le président de la République, Premier ministre, président du Sénat. Pourquoi le... Président du Sénat, deuxième. Ah oui, avant le Premier ministre. Oui. Alors pourquoi d'ailleurs, c'était ma question, pourquoi le président de l'Assemblée nationale est derrière le président du Sénat ?
Parce qu'il paraît qu'au moment où ils ont pensé les institutions de la Ve République, comme il y avait moins de pouvoir accordé au Sénat, on l'a mis en deuxième. C
'était
pour compenser, en fait. Pour faire accepter les choses. Bon,
très bien. Alors votre parcours, c'est vrai qu'au fond, les Français ne
vous
connaissent pas tant que ça. Le monde politique, les journalistes, vous connaissent très très bien, M. Bartholone. Évidemment, en Ile-de-France, et particulièrement en Seine-Saint-Denis, on vous connaît évidemment encore mieux. Mais est-ce que tout le pays vous connaît si bien que ça ? Je n'en suis pas certain. Alors rappelons que vous êtes né en Tunisie, à Tunis précisément, en 1951. Et ce qui est assez étonnant dans votre parcours, c'est que vous êtes arrivé en 1960, si ma mémoire est bonne, tout de suite, dans le département où vous avez fait votre carrière politique.
Au
Près-Saint-Gervais. En
24
heures, je suis passé de Tunis, sa lumière, ses couleurs, au Près-Saint-Gervais. Donc vous aviez 9 ans quand vous êtes arrivé.
Voilà,
oui, 9 ans et demi, oui.
Au Près-Saint-Gervais, qui n'était pas encore le 9-3, alors ?
Voilà, c'était encore la Seine. Que
faisaient
vos parents en
Tunisie ? Alors, mon père était... En été, il travaillait dans les vignes. Et en hiver, il était ferrailleur.
Et
ma mère s'occupait de nous.
Papa
d'origine sicilienne
? Oui, et ma mère maltaise.
Ce
qui me permettrait de pouvoir prétendre à 4 passeports. Je le dis souvent parce que c'est drôle. C'est ça le miracle de la République française. Puisque lorsque vous avez un ascendant de Grande-Bretagne, Malte, vous pouvez demander la nationalité. Lorsque vous avez un père italien, vous pouvez demander la nationalité.
Vous
êtes né en Tunisie, vous abandonnez toutes les autres nationalités. Vous pouvez avoir la nationalité tunisienne. Et je suis aujourd'hui un citoyen français, président de l'Assemblée nationale. C'est pas mal quand même à la République. Sauf que vous deviez... Enfin,
vous
aviez
envie d'être garagiste quand vous étiez jeune, gamin. En tout cas, vous vous destinez à ça.
Oui, en vérité, je ne savais pas ce que je voulais. C'était très compliqué. L'arrivée en France,
ça
a été très très compliqué. Et pour mes parents... Mon père, quand nous sommes arrivés en France, déchargeait les camions au HAL. D'ailleurs,
c
'est peut-être ce qui m'a sauvé, parce qu'on vivait à cinq dans un de pièces. Donc il ne fallait pas faire de bruit dans
la journée. Vous vous rappelez souvent,
vous dites, je suis fils d'ouvrier.
Oui, oui. Vous avez une petite maladresse
à ce sujet, M. Bartholone, si je puis me permettre. Vous avez dit, un mauvais destin, c'est un destin subi. J'ai failli devenir garagiste.
Oui,
parce que... C
'est un peu désobligeant.
Non, pas du tout. Non, c
'est parce qu'il voulait
un métier honnête. C'est parce que... Non, c'est pas ça. C'est que je ne savais pas quoi choisir.
Alors,
vous savez, dans le cadre de la reproduction des élites, il y a ceux qui savent, ils connaissent les parcours. Et moi, finalement, je faisais confiance à mes parents. Mon père me disait, tu vas être garagiste, pourquoi pas ? C'est pas
déjeunerant
comme métier ? Mais non, pas du tout. Et j'étais tout à fait... Déjà, tout à fait heureux de... J'avais été reçu, d'ailleurs, à l'école de la RATP, pour être clair. Et c'est une prof de français qui a changé mon destin. Vous
avez fait, en fait, fac de mathématiques et physique.
Elle avait appelé mes parents. Je ne
vous
raconte pas dans quel état ils étaient. En fin de troisième.
Et
elle leur a dit, écoutez, franchement, il faut qu'ils... J'étais au collège d'enseignement général à l'époque. Elle les a convaincus. Elle leur a dit, non, il faut lui donner une chance. Allez, on va l'envoyer au lycée. Et Mme Toulieux, puisqu'il s'agit de Mme Toulieux, chaque coup que je la vois, je me dis, voilà. C'est souvent comme ça, hein, pour les enfants. Il faut, à un moment donné, une relation amoureuse avec un adulte, un père, une mère ou un enseignant. Et c'est ce qui m'amène à être devant vous aujourd'hui.
Et être devenu président de l'Assemblée nationale, candidat pour les régionales en Ile-de-France. Un mot sur, quand
même,
votre parcours politique encore. L'importance de François Mitterrand dans votre parcours. Je crois que ça a été l
'élément
déclencheur.
Oui, parce que, vous voyez, aujourd'hui, je suis devant vous. Bon, je suis un notable. Mais jamais j'aurais cru faire de la politique. Et comment ça s'est passé ? Un jour, Mitterrand était très ami avec le maire du Pré-Saint-Gervais, Marcel Debarge. Et un jour, bon, je ne raconte pas tout, parce que ce serait trop long. Il avait écouté Magouaï. Et il m'avait dit, vous, si un jour vous êtes candidat à une élection, quelle qu'elle soit, j'aimerais vous faire un
meeting. Parce que vous
aviez réussi à amadouer des manifestants en
dehors d'un
restaurant
où
il déjeunait. Il
y avait
mangé, le pouillet reuillit. Et il y avait une entreprise du Pré, Guittel Etienne, si je me souviens bien. Les salariés étaient en manifestation. Ils avaient su que Mitterrand était dans le restaurant. Ils étaient venus. Et il m'avait dit, on veut qu'il vienne parler à la fin de son repas. Donc j'étais revenu très vite. J'entends encore la voix de Mitterrand me disant, dites-moi, jeune homme, qu'est-ce que vous avez pu leur raconter pour les calmer aussi vite ? J'ai dit, écoutez, ils veulent que vous puissiez leur dire quelques mots à la fin de votre repas. J'ai dit oui.
On aurait eu besoin de vous à Air France cette semaine, peut-être
?
Franchement, si on avait pu à la fois éviter les images auxquelles nous avons eu le droit, il y a la souffrance de ces salariés qui sont traités d'une telle manière qu'ils ne s'imaginent pas ce que peut être leur vie. Vous imaginez ce que ça peut représenter pour des gens qui ont donné toute leur existence ?
Qu'est-ce qui est plus
violent
entre
les deux ?
Écoutez, on ne peut pas faire de parallèle. Rien ne peut être accepté dans la violence syndicale.
D
'ailleurs,
ce
n
'est
pas dans la culture française. Souvenez-vous, même en 68, il n
'y a
pas eu ce genre de moment.
On a eu des pulsions. Dans les années 70,
je me souviens, les boulons, enfin moi, je ne
me
souviens pas,
je ne suis pas né, mais les boulons. C'était plus des pulsions.
C'était plus des pulsions. Mais en 68, les ouvriers ont fait attention à leur
machine-outil.
Alors qu'on était dans une situation que de Gaulle considérait comme pré-révolutionnaire.
En tout cas, pardonnez-moi, le dialogue dans l'entreprise n'est pas dans la culture française.
Oui, parce que malheureusement, nous avons le taux de syndicat le plus faible d'Europe. Mais quand j'imagine ce que peut être la désespérance de ces femmes et ces hommes...
Donc
vous comprenez ce qui s'est passé ?
Vous
comprenez qu'on arrache la chemise
au DRH
parce qu
'il y a un plan social ? C'est
insupportable. Mais je regrette que très vite, la direction n
'ait
pas eu les mots en direction de tous ces salariés qui avaient l'impression d'être victimes d'un chantage entre
la
direction et le SNPL.
Vous avez vu la vidéo
de la jeune femme qui n'arrive pas à communiquer avec ses patrons
?
Je ne
l
'ai pas vue. On m'en a parlé. On m'a dit qu'il y
avait un... Vous devriez la regarder parce qu'elle a été regardée
par 500 000 personnes. C
'est
dommage que nous ne fassions pas partie parce qu'on voit une femme qui est
dans
l'incapacité totale de pouvoir obtenir un mot de ses responsables. Non, c'est ça qui est terrible. Donc la chemise,
c
'est une chose, mais cette femme, c'en
est
une autre.
Non,
la chemise,
c
'est une chose. C'est pour ça que je ne veux pas comparer. Il y a la violence physique qui est insupportable. Il y a la violence sociale qu'on ne
peut pas mettre. Mais
d'accord. Vous voyez ? Parce que si on met les images en comparaison, bien entendu, on sait qui a gagné. Et moi, je veux à la fois dénoncer ce qu'a pu subir ce DRH, ce vigile, ce vigile qui a été traité comme à moins que rien. Mais il y a cette violence sociale qu
'on
ne peut pas accepter. Quand d'un seul coup, des femmes, des hommes se disent, voilà, du jour au lendemain, je peux être jeté comme un vieux chiffon.
Pardonnez-moi, Claude Bartholone, le gouvernement que vous soutenez, le gouvernement de Manuel Valls, soutient totalement la direction d'Air France
de cette affaire-là. Je
pense que c'est pour ça
que je veux
éviter la comparaison.
Qu
'il puisse soutenir la direction compte tenu des actes de violence physique, c'est une chose. Mais bien entendu...
Non, sur le plan
social, mais on en reparlera. Si
vous voulez.
Mais le gouvernement soutient la direction d'Air France sur le plan, sur les négociations. Mais M.
Bartholone,
ça ne fera pas échappé, ne fait pas partie du gouvernement. Je n'ai pas fini de mon histoire
tout à l'heure. Quand j'ai été candidat, c'est pour ça, aujourd'hui, quatrième personnage de l'État, j'ai été candidat à une élection où il n'y avait aucune chance de gagner. Mais je voulais faire mon meeting avec Mitterrand, et il est venu.
Alors, je reviens à votre parcours, justement. Vous êtes depuis 2012 président de l'Assemblée nationale. Grâce, d'ailleurs, vous devez l'adorer, Mme Trerweiler, parce que sans le tweet de Mme Trerweiler contre Ségolène Royal, elle serait, elle, Ségolène, c'était son souhait, présidente de l'Assemblée nationale. Vous devez, tous les jours, envoyer un bouquet de fleurs à Mme Trerweiler. C'est peut-être même vous qui lui avez demandé de tweet. Vous dites que vous êtes très malin.
Pas du tout, parce que j'avais eu l'occasion de dire à mes amis, y compris ceux qui me disaient « Il faut que tu sois candidat », je leur disais « Je ne serai jamais candidat contre Ségolène Royal ». Mais le soir du premier tour, je dois vous dire que quand j'ai vu les échanges qu'elle avait avec le candidat... M. Falorni. Voilà, Falorni, j'ai réuni dans la nuit toutes mes équipes et j'aurais dit « Elle a perdu ». On ne dira rien, parce que je ne voulais pas participer à sa défaite, de près ou de loin, mais j'aurais dit « On va s'organiser » parce qu'elle a perdu.
Alors voilà, on dit que vous êtes l'homme des guerres, éclair, et il paraît que ça va justement en être une encore pour cette élection des régionales en Ile-de-France, parce que là non plus, vous n'étiez pas prévu. C'était M. Huchon qui éventuellement pouvait se représenter à la tête de cette région. Rappelons d'ailleurs quelques chiffres sur la région Ile-de-France, si c'est possible. Combien de départements... Ce n
'est
pas un test que je suis en train de vous faire, je ne
suis
pas en train
de faire dans Jacques Bourdin.
Alors, ce n'est pas tant le nombre de départements qui compte. C'est 12 millions d'habitants.
12 millions d'habitants. C'est
30% du produit national.
8 départements, je ne vous piégeais pas.
Mais pourquoi je... Ce n
'est
pas une comptabilité de départements. C'est que si ça ne marche pas en Ile-de-France, ça ne marchera pas en France. Et pourquoi je le dis ? C'est que souvent, j'entends une certaine jalousie entre la région Ile-de-France et les autres régions. Ce temps-là est terminé. Nous sommes dans un monde où ce sont les métropoles qui sont en concurrence les unes contre les autres. Et si ça ne marche pas pour la région Ile-de-France, d'ailleurs, je voudrais l'appeler Paris-Ile-de-France. Je sais que vous voulez rajouter Paris, parce qu'à l'étranger, l'Ile-de-France, ça ne dit rien. Bien sûr. Quelquefois, quand vous dites à l'étranger, l'Ile-de-France, on vous demande si vous allez travailler en bateau.
Et c'est dommage. Paris, c'est la deuxième marque la plus connue au monde derrière Coca-Cola. Et moi,
je
n'ai aucun problème avec Anne Hidalgo, avec Paris intra-muros. Donc si on peut accoler les deux,
ce sera gagnant
-gagnant. Sauf que chez vos adversaires, les Républicains, rappelons que c'est même Valérie Pécresse qui est tête de liste pour ce parti, on dit que ça,
c
'est plutôt une mesure gadget que vous avez trouvée, de dire « Ah, on
va rajouter Paris à l'Ile-de-France ». Je ne suis
pas sûr que ce soit gadget, parce que voyez, nos entreprises, nos salariés qui sont aujourd'hui dans la mondialisation, ils ont besoin, quand une entreprise est à l'étranger, ils ont besoin, quand ils sont chercheurs, ils ont besoin, quand ils veulent faire connaître notre savoir-faire culinaire, culturel, que tout de suite, on puisse dire « On sait où ils sont
».
Et puis, franchement, quand vous voyez la population des autres départements que Paris qui font vivre aussi Paris, ces salariés qui vivent quelquefois en grande couronne, tous ceux qui donnent quelquefois au cours de leur journée la richesse à Paris, qu'ils puissent bénéficier aussi de cette marque Paris Capital, c'est pas mal, non ? Vous êtes tranquille,
président de l'Assemblée nationale, plutôt apprécié, ce qui est souvent le cas de tous les présidents de l'Assemblée nationale, c'est très rare qu'on entend dire du mal, même des adversaires, souvent on dit « On a dit la même chose de vos prédécesseurs », souvent on
dit
« Ah oui, c
'est
un bon président de l'Assemblée nationale, j'ai l'impression que les partis sont plutôt d'accord souvent avec, même s'ils n'appartiennent pas forcément à la couleur politique, non ? »
Il faut
voir un peu de savoir-faire. Il faut du savoir-faire, ça, sûrement. Mais en tout cas, plutôt apprécié à gauche, comme à droite, même M. Jacob, à un moment donné, disait « Ah oui, c'est un bon président ». Jusqu'à, évidemment,
paf
! Jusqu'au moment où vous dites « Je vais être candidat pour la régionale de France. »
Alors
là, dans ce cas, on ne
peut
plus vous piffrer, évidemment. Et on se dit « Mais pourquoi il veut faire ça, d'abord ? Pourquoi il ne
veut
pas rester tranquille président de
l
'Assemblée nationale ? » En même temps, ne prenez pas de risque, puisque vous avez dit « Je ne quitterai pas, évidemment, mon perchoir. » On appelle ça le perchoir. Et si je perds, j'y resterai si les députés socialistes sont d'accord. Vous
voyez,
je connais le truc, le par cœur. « Oh, je connais votre stratégie. » Vous avez bien travaillé
votre dossier.
– Oui, oui, c'est une émission qui reçoit bien les politiques, vous le savez. Juste, je voudrais vous demander de ne
pas
déraper. – C'est bien pour ça que je suis mouf. –
Si vous pouviez ne pas
déraper ce soir, ça m'arrange
pas. – Mais non,
écoutez,
c'est mon
côté, vous savez, porteur de justice. Je vous ai senti attaqué. Je me suis dit «
Je vais y aller.
Zemmour, sort de ses corps.
» – Alors, quand même, pourquoi vous avez accepté ? Ce pari, ce défi, on dit que vous avez accepté. On dit que c'est toi qui dois y aller. Bon, ça, ça reste à prouver. Mais en tout cas, vous avez eu envie de vous lancer dans cette région à l'Ile-de-France. Alors qu'au fond, c'est formidable, d'être président de l'Assemblée nationale. – Oui,
je vais vous dire une chose. Ça, c'est mon petit moteur secret. Moi, je sais ce que je dois à la Seine-Saint-Denis, au Pré-Saint-Javet, à la Seine-Saint-Denis, même si elle ne s'appelait pas encore comme ça. Je sais ce que je dois à la région Ile-de-France, ses services publics. Je sais ce que je dois à ce territoire qui m'a permis de grandir et être ce que je suis. Et franchement, je ne me suis pas forcé. –
Sauf que vos adversaires vous reprochent de ne pas avoir délaissé le perchoir pendant cette campagne des
régionales.
–
Oui, mais
je trouve qu'ils ont un peu de culot. Parce qu'ils
sont derrière… – Vous allez me rappeler que Chabandelle-Masse était au perchoir. – Non,
non,
ce n
'est pas du tout cela que j'allais vous proposer.
– Alors allez-y. –
Alors que nous
avons
voté une loi qui s'oppose au cumul des mandats, M. Sarkozy, l'ancien président de la République, dit partout, si je suis élu, je rétablirai la possibilité du cumul des mandats. Et donc, je ne comprends pas qu'ils me demandent ce genre de choses, parce que s'il y avait le cumul des mandats, ce serait quasiment naturel de devoir être dans une situation de cumuler deux fonctions différentes.
–
Mais
ce n
'est
même pas ce que dit la droite, pardonnez-moi, ce n
'est
même pas une question d'illégalité, parce que vous avez le droit de cumuler, vous avez le droit de rester président de l'Assemblée nationale et d'aller faire votre campagne.
– Chabandelle-Masse, c'est bien l'on fait quand ils étaient candidats au municipal. – Oui, mais justement,
vous parlez de Chabandelle-Masse, mais moi, je vous parle de 2015. 2015, la politique a changé. Ce n'est pas une histoire d'illégalité, c'est une histoire d'exemplarité. Est-ce qu'il ne faudrait pas mieux que vous mettiez en réserve pendant deux mois pour faire campagne pour les régionales, pendant deux mois, que vous cessiez de présider l'Assemblée nationale pour montrer l'exemple, Claude Bartholone, pour dire, voilà, aujourd'hui, en 2015, en politique, je trouve qu'il y aurait une forme de panache à dire, je me mets
en
réserve et je fais.
–
Alors,
regardez ce que j'ai essayé de faire pour installer ce panache. D'abord, je ne préside plus les questions de gouvernement qui est la période de la vie parlementaire qui est le plus regardée à la télévision, retransmise sur le service public. Mais après, vous avez une responsabilité. Je ne peux pas me permettre de dire aux députés qui m'ont désigné, écoutez, voilà, je mets ma vie entre parenthèses. J'essaye d'établir une étanchéité entre les deux fonctions. Et ma foi, je trouve que
j'ai réussi. – Si vous perdez,
vous faites quoi ?
– Alors, je l'ai dit, si je perds, j'irai immédiatement devant le groupe socialiste pour qu'il juge ma campagne, mon attitude, mon comportement, c'est eux. Vous savez, nous sommes facialement désignés par l'ensemble des groupes politiques. Sauf que même la dernière fois, il y a que les socialistes et quelques députés radicaux qui ont voté pour moi. Donc, je me retournerai vers mes pères et je leur dis…
– Là aussi, ça ne manque pas un peu de panache. –
Ça crée per mes amis. – Non, je ne crois pas. –
Je suis au perchoir, je vais tenter les régionales. Si je ne
l
'ai pas, je retourne au perchoir.
– Je ne
crois pas. – C'est ça la politique
? – Je pense que c'est justement une bonne attitude que de vous remettre à la décision de ceux qui vous ont fait par certains cas.
–
Valérie Pécresse a dit, si je perds, j'arrête la région. Si on perd en 2017, j'arrête la politique. Je
trouve qu'il y a un plus de panache. –
Eh bien, écoutez, je ne crois pas du tout que ça relève du panache parce que vous avez une responsabilité
–
Peut-être
qu'elle nous fait confier par les
électeurs. –
C'est pas
une histoire d'humeur. C'est pas une histoire de… Voilà, c'est un fait personnel. Vous avez une responsabilité…
– C'est une
histoire de comment on réconcilie les Français avec
la politique. – Eh bien,
vous avez une responsabilité en direction de ceux qui vous ont donné leur suffrage.
–
Et quand on perd, on se retourne ? –
Eh bien, je me retourne vers ceux qui m'ont désigné. Et ça, ça me paraît une attitude normale. C'est pas une espèce de « Ah ben voilà, je décide tout seul ». Non, la politique, c'est pas une décision d'hommes ou de femmes seuls. C'est de la coproduction, là. – Je reviens vers
Léa, mais un peu Diane Moax.
–
Non, je voulais vous poser une question. Vous avez dit, parce que vous avez des critiques sur la gestion du département de cette Saint-Denis.
–
Oui. – Et il
y a
une phrase de vous qui m'étonne. Alors moi, vous êtes plutôt sympathique. Vous êtes un mélange de Michel Boujna et de Isna Goud, un peu. Michel Boujna pour la chaleur de l'accent, Isna Goud, parce que vous avez eu
la peau de…
– Isna
Goud, Isna Goud. – Vous avez trahi Fabius
et vous voulez la place de Val. S'il
y
a un petit côté,
je vais être calife à la place du calife.
Qui vous rend très sympathique par ailleurs. C'est ça aussi la politique.
C
'est la volonté de parvenir à. On ne peut pas vous reprocher ça. Non, vous avez écrit ou dit
«
Je persiste, je signe et j'assume », donc par rapport aux critiques de votre gestion. Quelquefois, j'ai secoué la loi, mais ça m'a permis d'obtenir de l'argent pour les territoires les plus pauvres. Et dans une autre interview, ça c'est dans Le Monde, du 4 juillet 2015. Et vous avez dit à l'Express un peu avant, « Pour donner force à la loi, il faut donner crédibilité aux législateurs. Alors, quand on est président de l'Assemblée nationale, est-ce qu'on peut se permettre de secouer la loi ? » Moi, c'est quelque chose qui m'a choqué. – Eh bien, écoutez,
qu'est-ce qu'était la loi, en l'occurrence ? C'était la loi qui avait installé les produits structurés. Les produits structurés, c'était ce que j'appelle aujourd'hui des emprunts toxiques, qui avaient proposé à des particuliers, mais aussi à des collectivités locales, des hôpitaux, des services départementaux d'incendie, des emprunts que l'on a présentés,
c
'était l'entreprise d'Exia surtout en particulier, comme des emprunts de grand-papa,
qui
étaient calculés sur le taux d'intérêt entre l'euro et le franc suisse. Et quand d'un seul coup, j'ai découvert le danger que représentaient ces emprunts, qui auraient dû être interdits, parce que normalement, une collectivité locale ne peut pas jouer au loto, eh bien, il a fallu que je m'oppose de toutes mes forces, et c'est vrai que j'ai été précurseur par rapport à la loi, puisque la loi a interdit ces emprunts toxiques. D'accord,
mais
vous comprenez comme le sens de ma question, qui était plus
large.
Je comprends le sens de votre question,
mais en l
'occurrence, c'est la loi qui n'était pas respectée. D'accord, mais ça j'entends
bien.
Avec les emprunts toxiques, la loi n'était pas respectée, et il était de mon devoir de démontrer que la loi n'était pas respectée. Léa Salamé, à nouveau.
C'est pour ça qu'il est malin. Il n
'a
pas répondu à ta question, il t'a pas les emprunts
toxiques. Ça ne m'aura pas été tapé.
C'est un exemple. Léa Salamé.
Claude Barthelonne, on va parler des sujets qui fâchent, du sujet qui fâchent, le parquet de Bobigny, qui a donc ouvert fin septembre, on l'a appris cette semaine, une enquête préliminaire qui vise des éventuels détournements de fonds du Conseil Général de Saint-Saint-Denis que vous présidez, et un éventuel, je mets toutes les guillemets, un éventuel emploi fictif d'un certain monsieur S.
On
ne
va
pas donner son nom parce que ça ne
sert
à rien de le...
Didier
Segal-Sorel, il sera très heureux que je prenne
ça. C'est très bien d'être que son nom.
Il aurait voulu donner un emploi fictif en échange d'une place qu'il vous aurait laissée sur une liste pour les départementales. Ça tombe mal quand même.
À deux mois des
régionales,
c
'est
embêtant cette enquête.
La justice est saisie et je veux qu'elle fasse son travail. La seule chose que je reproche,
c
'est que Didier Segal-Sorel, puisqu'il s'agit de lui, travaille au Conseil Général depuis 2008 et d'un seul coup, à quelques semaines d'une élection, hop, d'un seul coup, il y
a
une plainte déposée sur l'emploi de M. Didier Segal-Sorel. Et puis, vous voyez, c'est terrible à dire.
C
'est quelquefois... Ça
veut dire quoi ? Ça veut dire quoi ?
Ça me fait grosse ficelle. C'est quand on essaye de mélanger le temps de la justice et le temps électoral, c'est qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Mais je veux répondre à votre
question. Oui, parce
que...
C'est ce
qu'on appelle les boules puantes de la campagne électorale. Un peu. Le
problème, c'est que
ce qui sort de l'affaire, c'est deux journalistes
du
Monde qui
ont
taxé d'être plutôt
de gauche.
Non,
mais les journalistes du Monde
ont fait leur travail. Ils ont repris la plainte d'un conseiller général de droite. Mais pour vous dire, j'étais candidat alors que M. Didier Segal-Sorel n'était plus le candidat des écologistes. C'est Mme la sénatrice Aline Archimbeau qui était candidate. Et j'étais un candidat, pour vous montrer que j'avais absolument besoin de soutien, sur un canton où, aux élections législatives d'avant, un an avant, j'ai fait 43% au premier tour. Donc, je n'avais pas
besoin de... M. Bartholone,
s'il n
'y
a aucun problème, pourquoi est-ce que le parquet ouvre une enquête ?
Mais parce que lorsqu'il y a une plainte de déposé...
Ils peuvent ne pas l'ouvrir ? Ils peuvent la
claquer ? Non,
ce n'est pas vrai. Vous voyez ? S'ils ne l'avaient pas ouvert, celui qui a déposé la plainte aurait pu renouveler sa plainte. Et là, il y aurait eu un juste d'instruction qui aurait été nommé obligatoirement. M. Bartholone... Donc, je dois vous dire une chose. Autant, moi, je regarde de très près le mélange des calendriers, mais que la justice fasse son travail.
Absolument, que la justice fasse son travail
et elle le fera.
La seule chose, d'une certaine manière, vous avez évoqué tout à l'heure ce que je devrais faire si je perds les élections. Là, c'est quelque chose qui m'amènerait à arrêter immédiatement la vie politique. Si je devais
être condamné... Si vous êtes condamné
pour emploi fictif.
Bien sûr. Immédiatement. Là,
on
va laisser l'emploi fictif, mais le problème, c'est qu'il y a autre chose dont on parle moins parce qu'on a parlé de cette enquête. Il y a autre chose.
C
'est que cette enquête se base sur quoi ? Elle se base sur quoi, cette enquête ? Elle se base sur un rapport de la Chambre régionale des comptes qui a fait un rapport sur votre gestion de la Seine-Saint-Denis. C'est là où il y a un petit problème. Il est dur, ce rapport, pour votre gestion de la Seine-Saint-Denis, M.
Bartholone. Vous connaissez mal
votre dossier.
Les comptes de la Seine-Saint-Denis manquent de fiabilité, de régularité, de transparence. La dette de la Seine-Saint-Denis explose. La capacité de désendettement du 9-3, du 93 et de 27 ans, c'est le record dans toute la France métropolitaine. Vous êtes le seul département de France métropolitaine qui dépasse la capacité de désendettement de 15 ans qui est déjà un seuil d'alerte.
Nous, vous
êtes à 27 ans. La Cour pointe des agents qui travaillent beaucoup moins qu'ailleurs. Un temps de travail très inférieur à la base légale.
Au
lieu de 35 heures par semaine,
ils
travaillent entre 31 et 33 heures. Alors, je vous pose la question.
Elle
est très simple. Vous êtes en campagne pour l'Île-de-France. Moi, si je suis électrice de l'Île-de-France, je peux me demander en lisant ce rapport de la Chambre régionale des comptes, est-ce que vous allez gérer la région comme vous avez géré le département de Seine-Saint-Denis ? Et puis, je vous entendais tout à l'heure dire si ça ne marche pas en Île-de-France, ça ne marche pas en France. C'est
ce
que vous avez dit à Laurent Roquet à deux minutes. Si ça ne marche pas en Seine-Saint-Denis, est
-ce
que ça va marcher
en Île
-de-France ? Après ce réquisitoire, chère madame, je voudrais vous apporter quelques éléments parce que vous connaissez...
Si vous pouvez me le refaire, mais
avec
l'accent
d
'Eva Jolie, je serai
très...
D'abord, vous voyez,
tout à l'heure, vous n
'avez
pas voulu que j'aille au bout sur les empreintes toxiques.
Les
27 ans sont liés à la gestion de mes prédécesseurs qui avaient pris 93% d'empreintes toxiques. Et quand, d'un seul coup, il y a eu une envolée
du
franc suisse, nous avons eu une explosion des taux d'intérêt. Et mon travail, puisque je n'ai été élu que depuis 2008, a été d'en finir avec ces empreintes toxiques pour faire baisser le niveau de risque sur l'endettement des habitants de la Seine. Mais je vous
dis... Toujours la faute à ceux d'avant, mais...
Il n
'y
a aucun empreinte
toxique
dont je suis le signataire. Et j'ai, par certains côtés, sauvé le département en réussissant à régler ce problème d'empreintes structurées qui étaient calculées sur la parité de l'euro et du franc suisse. Après, vous avez très mal travaillé votre dossier,
et
j'en suis vraiment désolé. C'est que si vous aviez lu...
Pardonnez-moi,
je l'ai lu en entier, le monsieur.
Non, mais
je demande aux téléspectateurs d'aller sur le site du Conseil général où il y a tout ça.
Il
y a eu un reproche qui m'a été fait en dehors de Didier Segal-Sorel sur un moment où, pour protester sur la situation financière que connaissent les départements, et aujourd'hui, alors qu'il
y a
une majorité de droite à l'Association des départements de France, il dénonce la même difficulté. C'est que nous avons des dépenses sociales, notamment liées au RSA, qui flambent en période de difficulté économique et sociale, et des recettes qui baissent puisque notre seule recette, la recette dynamique, c'est les droits de mutation à titre onéreux, donc il
y a
un effet ciseau. Et il y avait un tel effet ciseau, il y avait un tel danger sur les finances et les prestations sociales du Conseil général que j'ai fait le budget de révolte, c'est-à-dire que j'ai voté un budget volontairement en déséquilibre pour dire à l'État regardez, si vous ne nous donnez pas ce qui doit nous revenir en termes de prestations sociales décidées par l'État, on va
d'enlure. Vous allez le
faire aussi en Ile-de-France si vous êtes élu, vous allez faire des budgets de révolte,
vous allez faire des budgets en
déficit. Heureusement, nous avons un gouvernement qui est beaucoup plus attentif aux collectivités locales, donc je n'aurai pas à le faire.
Léa Salamé, Yann Moix, je vous redonne la parole à Yann, mais quand même, j'aimerais, parce qu'il y
a
quand même l'ensemble des téléspectateurs français qui nous regardent ce soir, qu'on ne reste pas uniquement sur l'Île-de-France parce qu'on dit aussi, et Yann, je vais vous donner la parole, que évidemment, votre principal handicap, M. Barthelonne, ce n
'est
pas tant finalement votre gestion de la Seine-Saint-Denis, ce n
'est
pas tant le bilan de M. Luchon, mais c'est évidemment le bilan de la politique gouvernementale de François Hollande puisque vous êtes avant tout socialiste et qu'au
fond... Et j'en
revendique,
vous avez
vu, je ne cache pas
ma... J'ai bien compris et
qu'au fond, c'est ça évidemment qui peut faire peur pour vous et vos électeurs, vos militants, c'est de se dire est-ce qu'il
y a
encore des gens pour voter socialiste, même à des régionales, aux prochaines élections dès décembre
? Eh
bien, je le crois. Je vais essayer de vous donner un exemple qui va nous ramener en Seine-Saint-Denis. Excusez-moi, c'est parce que nous venons de connaître une élection partielle que nous avons perdue à Noisy-de-Grand. Nous avons perdue à cause de la division de la gauche. C'est-à-dire que sur une ville où la gauche fait 54%, il y a eu deux listes de gauche au deuxième tour et nous avons perdu. Mais ce que j'ai remarqué, c'est qu'entre les deux tours, nous avons été de nouveau au contact avec les électeurs et nous avons gagné 2000 voix entre les deux tours.
J
'insiste sur ce point. J'entends quelquefois mais l'électorat populaire vote maintenant Front National. Non, pour une grande partie d'entre eux, qu'il y en ait quelques-uns, je veux bien l'admettre. Certains oui, les autres s'abstiennent. Mais le très gros, la très grosse part de cet électorat qui a voté aux primaires, qui a voté pour François Hollande, qui a voté pour les élections législatives,
c
'est réfugié dans l'abstention. C'est-à-dire que à toutes les élections, alors qu'ils avaient le choix de l'extrême droite à l'extrême gauche, ils ont préféré rester chez eux. Et je pense que aujourd'hui, notamment compte tenu de tous les discours, tenu sur les valeurs, sur les réfugiés, compte tenu de cette course que mène une partie de la droite républicaine avec le Front National, je pense qu'on peut éveiller
leur conscience
et leur donner envie d'aller voter.
Yann Moix. Alors, vous avez été président d'une commission extrêmement intéressante sur la rénovation des institutions. J'ai eu un rapport de 140 pages. Et honnêtement, c'est d'un niveau intellectuel très élevé et très passionnant. J'ai décortiqué deux, trois points, dont le premier qui est le suivant. Dans une introduction, Michel Vinocq, qui est historien, qui vous a aidé à faire ce rapport, explique que le président de la République en France a trop de pouvoir. Ce n
'est
pas tellement étonnant. La Ve République a été inventée par le général de Gaulle et il avait inventé un cocktail totalement inédit. C'est démocratie et personnalisation.
Ce
qui marchait pour de Gaulle, évidemment, ne marche pas pour les suivants parce qu'on a l'impression que le costume est un petit peu trop grand. Et j'ai vu là un paradoxe. Car si, pour vous, et c'est une question intellectuelle intéressante, le président de la République a, dans notre institution, beaucoup trop d'importance. Il me semble que les Français ne vivent pas la chose de cette manière. On a l'impression, au contraire, de ne pas assister à une surpuissance du président mais à une impuissance pour plusieurs raisons. La marge avec laquelle il a été élu, qui est faible, François Hollande, c'était 28,63% au premier tour. Ensuite, sa politique n'est suivie au mieux que par 20% des gens.
On voit que dans le débat européen, malgré l'épisode grec qui a permis à François
Hollande
de s'élever, que souvent, il y a du suivisme par rapport à Angela Merkel
et
il y a également cette démocratie du tweet qui fait qu'on est dans une tweetocratie où on
a
l'impression que c'est au jour le jour que le président de la République gouverne. Et enfin, une peur de la rue. Une peur de la rue. Et finalement, tout ce que je vous dis là va dans le sens d'un président de la République qui semble totalement impuissant et non pas du tout dans un président de la République que vous nous vendez dans l'introduction comme un président surpuissant. Est-ce qu
'il
n
'y a
pas là un paradoxe
? Je
ne crois pas.
Vous
abordez beaucoup de questions très différentes.
D
'abord, pour être clair, moi, je nous fais un reproche un seul.
C
'est celui de ne pas avoir dit aux Français au lendemain de la publication du rapport de Didier Migaud, président de la Cour des comptes, voilà exactement quel est l'état du pays. 600 milliards de dettes supplémentaires, 300 000 emplois industriels disparus. Et voilà pourquoi, par rapport aux propositions qui ont été faites pendant la campagne, nous sommes obligés de changer de braquet.
Mais
ma question était
sur les institutions parce
que là, je ne comprends pas vraiment votre réponse. Après, sur les institutions,
moi, je pense que ce qui affaiblit aujourd'hui nos institutions...
Je
précise pour les téléspectateurs que dans votre rapport, vous estimez qu'un septennat non renouvelable serait une bonne idée. Alors peut-être que vous pouvez nous en dire plus.
Alors voilà.
Est-ce que vous voulez renforcer le pouvoir du président de la République ou au contraire... Non, je veux éclaircir. L'éclaircir. Je
veux éclaircir. Un septennat non renouvelable permettrait au président de s'occuper à la fois des affaires étrangères, de la sécurité du pays et du temps long.
Et
on redonnerait du sens à la fonction de Premier ministre. Et
dans
l'hypothèse où le président de la République ferait un excellent septennat, vous ne trouvez pas dommage qu'on ne puisse pas le réélire ?
Je
crois
pas.
Et à contrario, c'est
assez rare quand même au fait. Regardez, même en termes de temporalité, regardez, je vois ce qui se passe aux États-Unis
avec
deux quinquennats possibles. Le premier quinquennat, au bout de trois ans, vous êtes en campagne électorale. Deux ans même. Deux
ans et demi. Même deux
ans. Cinq plus deux, ça fait sept.
Et
regardez même la fin
du
mandat d'Obama. Jamais il n'a eu autant de force
pour
se dégager des contingences. Regardez comment il a imposé cette idée de sécurité sociale à l'américaine. Regardez les positions qu'il prend sur l'environnement alors que c'est un élément majeur où les Américains qui sont encore dans les énergies fossiles étaient réticents. Et il a le courage de dire
l
'Amérique va participer à la COP21 et va prendre toutes ses responsabilités. Eh bien, franchement, un septennat non renouvelable, ça ferait la classe pour
pouvoir
maîtriser à la fois ces grands enjeux et être déconnecté de la politique du quotidien.
L'assurance maladie pour Obama, c'était le premier mandat, c'est pas le deuxième.
Oui, mais quand est-ce qu'il a eu la force de l'imposer
? Au
premier mandat.
Vous trouvez qu'il a eu la force de l'imposer par
rapport
au congrès devenu maintenant
conservateur, par rapport au congrès devenu conservateur,
il a eu l'occasion de l'imposer. Mais j'ai juste une petite question.
Juste puisque vous parlez de l'assurance maladie, pour rester sur le même sujet, et c'est un sujet qui vous apporte aussi, qui apporte tous les Français. On a aussi l'impression, et puisque vous êtes président de l'Assemblée nationale, que parfois, ça met du temps, mais ça met du temps pour qu'une loi ou quelque chose qu'on a décidé soit appliquée. Là, elle parlait, Léa, et vous parliez... C
'est contenu dans le
rapport que j'ai remis avec Michel
Villard. C'est
pour ça aussi que je vous en parle. Vous parliez de l'assurance maladie. Le tiers payant, par exemple, qui a été voté par l'Assemblée nationale, qui est a priori une loi sociale qui permet aux plus démunis de ne pas avoir à payer, à sortir d'argent chez le médecin. En tout cas, c'était dans le projet socialiste de François Hollande. Sauf que, voilà, les sénateurs, pour l'instant, ont voté contre. Donc, c'est quelque chose... Moi, j'étais même persuadé que c'était déjà
appliqué. Vous allez
m'amener encore à connaître des difficultés avec Gérard Laché, président
du Sénat. Mais oui, mais c'est la vérité. C
'est-à-dire que, depuis le temps qu'on nous en parle, il
y
a eu les manifestations. Ça a été... Moi, je pensais même que c'était déjà appliqué, le tiers
payant. Et même pas.
Vous avez raison. Ce fonctionnement, finalement, des institutions de la 5e était prévu et pensé au temps de l'écrit. le temps où il fallait pour faire passer une information de Paris à Pau plusieurs jours. Tandis que là, on est dans le temps de l'immédiateté. Et aujourd'hui, se dire qu
'il
faut 18 mois entre le moment où une loi est annoncée par le porte-parole du gouvernement et le moment où elle rentre dans la vie des Français, ce n'est plus possible. C
'est
beaucoup trop long. Ce n'est plus possible. Et il y a une grande partie du rapport que j'ai commis avec Michel Vinoc et les membres du groupe de travail sur les institutions qui portent aussi sur... Léa Sadamé.
Oui, le débat institutionnel est intéressant. Moi, ce que je ne comprends pas, et c'est une parenthèse, mais on va parler d'autre chose parce que j
'ai
d'autres questions plus d'actualité à vous poser. C'est le septennat non-renouvelable. C'est-à
-dire
que ce qu'on reproche aujourd'hui au président de la République, c'est justement le côté monarque. Or, en lui donnant un septennat non-renouvelable, vous accentuez cela. Je ne
crois pas. C
'est
-à-dire qu'il
sera... Bien sûr que si, parce qu'il n
'y aura pas la... J'ai essayé de
vous répondre.
Pardonnez-moi, il n
'y
a pas la sanction des urnes. Donc, d'une certaine manière, c'est comme
si
vous donniez les clés de la France
au
président de
la
République pendant sept
ans et il en fait
ce qu
'il veut. Parce
que si vous aviez lu mon rapport comme votre voisin l'a fait... Mais je l
'ai
fait.
Vous l'avez lu à la lutte. Je l'ai fait, je vous remercie. Vous l'avez lu en sain de faim. Vous l'avez lu à la lutte. Vous l'avez lu à la lutte. Vous l'avez lu à la lutte. Vous l'avez lu à la lutte. J'ai lu le
rapport de la Chambre régionale des comptes.
J
'ai
lu votre rapport sur les institutions. J'ai lu les deux. Oui, oui, bien sûr. Pour comprendre
tout de travers,
arrêtez de lire. Allez au cinéma. Alors, je vais arrêter de lire. Je
vais
pas
tuer parce que j'ai parfaitement lu les deux rapports. Mais si
vous voulez,
j'arrêterai de lire, je regarderai les images. Comment on fait pour faire campagne, M. Bartholone, quand on doit dire aux gens à qui on demande de voter pour nous, on doit expliquer que le président de
la
République qu'on soutient depuis trois ans, le gouvernement qu'on soutient également, enregistre 700 000 chômeurs de plus depuis trois ans,
c
'est-à-dire 1 000 chômeurs de plus chaque jour.
Mais vous savez que... Comment on fait
campagne et on leur dit voter pour nous ?
Vous savez que les Français sont très intelligents. D'abord, ils vous écoutent, ils nous écoutent et ils se rendent compte quand ils allument la télé, lorsqu'ils allument leur radio, lorsqu'ils lisent leurs journaux, ils se rendent compte de la situation qui existe au niveau mondial et au niveau européen. Ils se rendent compte des différentes difficultés, c'est ce que je disais tout à l'heure. On aurait dû dire aux Français plus rapidement, après la sortie du rapport de la Cour des comptes, voilà dans quel état nous avons trouvé réellement le pays.
Et aujourd'hui, je pense que parce que nous avons relancé la machine d'égalité au niveau de l'impôt, en baissant les impôts, parce qu'ils se rendent compte que pour la première fois, nous allons avoir un taux de croissance de 1,5%. C'est la
base sur laquelle nous allons...
Non,
ce
n
'est
pas 1,5%. Les prévisions sont de 1% cette
année. C'est 1,5%
pour 2016.
1,4%
pour 2016. Le président de la Cour des comptes qui a été reçu par la Commission des finances la semaine dernière a trouvé crédible la base sur laquelle le budget de l'État était prévu. Vous voyez, sur ce sujet aussi,
vous devriez mieux
lire les différents rapports.
Je crois que je les lis. Il n'empêche que les chiffres sont les mêmes. C'est 700 000 chômeurs depuis 3 ans, que
la compte du chômage ne baisse pas,
que même si on a 1,4% ou 1,5%
de croissance
l'année prochaine, ce n'est pas suffisant pour créer des emplois.
Et ce que je voudrais savoir,
c'est que le président de la République, François Hollande, a défendu en disant on va changer les choses. Enfin, d'abord, il a dit ça après avoir renié ses promesses de campagne où il avait dit mon ennemi, c'est la finance, où il avait promis de faire une politique de gauche. On a compris, en tout cas depuis deux ans, depuis l'arrivée de M. Manuel Valls, que ce n'est pas une politique de gauche ce qui est faite, c'est une politique de l'offre, on fait le CICE, on fait la baisse des charges aux entreprises, on fait le pacte de responsabilité, on fait le travail le dimanche et la loi Macron. Pourquoi ça ne donne pas de fruits
? Vous
voyez, depuis quelques temps et notamment depuis la rentrée, les Français écoutent ce qui est proposé par les uns et par les autres. Ils ont écouté la position des uns et des autres sur la question des réfugiés. Ils entendent les propositions économiques qui sont celles de la droite pour dire, voilà, là où les socialistes ont fait 50 milliards d'économies, nous allons en faire autour de 120 milliards. Ils ont entendu les propos qui relevaient de l'ancien président de la République qui disait nous allons supprimer des fonctionnaires et ils savent
très bien. Pourquoi vous
me parlez Nicolas Sarkozy quand je vous interroge
sur le bilan de
François Hollande ? Parce qu'aujourd'hui, il est le représentant de la voix de l'opposition et nos
compatriotes,
nos compatriotes, vous savez, comme dans la publicité comparative, ils regardent ce qui est fait, les résultats même modestes qui sont obtenus et ils écoutent ce qui leur est proposé par le camp d'en face. Quand d
'un
seul coup ils entendent on va en finir avec la sécurité sociale, on va retarder l'âge de la retraite, on va couper dans les services publics et les fonctionnaires, eh bien je pense que notamment sur ces électeurs qui se sont abstenus, que je signalais déjà tout à l'heure, il y en a un certain nombre qui vont regarder des deux côtés.
Ils écoutent
aussi un ministre de gauche qui dit que le statut des fonctionnaires est un statut qui est dépassé, que les 35 heures il faut penser à les changer. C'est M. Macron, M. Bartholone, ils l'écoutent aussi. Alors j'ai une question un peu simple, est-ce que chaque fois que M. Macron
ouvre
la bouche, est-ce que vous perdez des électeurs
?
Non, parce qu'il y a heureusement une autre parole qu'ils entendent aussi. Heureusement. Moi, quand j'ai entendu Emmanuel Macron s'exprimer comme ça, je l'ai appelé, je lui ai dit tu as tort.
Tu
as tort parce qu'aujourd'hui lorsqu'on est ministre qu'on a la capacité de décider,
il
faut dire ce que l'on veut changer. Et vous savez, c'est tout le temps pareil là-dessus aussi. Si on devait faire un sondage auprès des Français, on leur dit est-ce qu'il y a trop de fonctionnaires ? Ils répondraient oui. Mais quand on leur dit est-ce qu'il y a trop d'enseignants
?
Est-ce qu'il y a trop d'infirmières ? Est-ce qu'il y a trop de magistrats ? Est-ce qu'il y a trop de gendarmes ? Là, la réponse est négative. Et je le répète et ça fait le lien avec le début de notre émission. Moi, je suis très attentif aux fonctionnaires ou aux services publics parce que le service public,
c
'est le patrimoine de ceux qui n
'en
ont pas. Et pour ceux qui n'ont rien, ceux qui n'ont pas la possibilité d'avoir des parents qui avaient les moyens sans le service public, ils ne peuvent pas connaître l
'égalité. Vous l'avez expliqué,
M. Macron
?
Comment ?
Vous
l'avez expliqué,
M. Macron
? Et si vous aviez été attentive à tout ce
que j'ai pu dire. Oui, parce que j'ai fait plusieurs
émissions ces derniers temps et je n'ai jamais épargné Macron parce qu'il y a des choses qui ne peuvent pas être entendues. C'est trop grave de tenir des propos qui peuvent être blessants à la fois pour les fonctionnaires mais aussi qui peuvent venir menacer cet outil fantastique républicain qu'est le service public.
Une
question chacun encore, Yann, Léa.
Courte,
efficace. La question que je... Enfin, j'en ai deux. Mais je serai courte toutes les deux.
Alors allez
-y.
La première
question, c'est une citation de Jean-Claude Casanova dans votre rapport parce que vous n'avez pas répondu tout à l'heure à ma question sur l'immobilisme et l'impuissance du président de la République. Il dit quelque chose... Mais c'est pour ça que je veux redéfinir son... Eh
bien,
je vais redéfinir ma question. Il
dit... Les
manifestants sont en France des acteurs constitutionnels presque aussi importants que les députés. Ils font incontestablement reculer les gouvernements. C'est vrai qu'on a l'impression que les gouvernements, le président de
la
République a peur de la rue, pour être clair. Alors...
Une peur physique ?
Peur de la rue. Je ne crois pas. La volonté d'en tenir compte. Mais vous avez pu constater...
Quand les
paysans sont dehors, on a peur. Effectivement, quand en Air France, les gens manifestent, on a moins peur.
Non, vous ne pouvez pas dire ça. Regardez sur une loi extrêmement importante qui m'a permis de battre un record et d'être inscrit dans le Guinness Book.
Le mariage pour tous. Le
mariage pour tous où j'ai présidé 100 heures. Il y avait du monde dans la rue.
Et
on a tenu. Donc, je ne crois pas que ce soit cette question d'avoir peur des manifestants.
Elle va vous faire plaisir de ma question parce qu'elle concerne votre rapport. Vous allez injecter... Il a lu, lui. Oui, il
l'a lu. Alors franchement, c'est un bon élève. Bon. C
'est vrai que autour de la page 119, il
y
a
un petit ventre mot. C'est-à-dire que Rian c'est un peu plus
obsessionnel, il faut
dire.
Vous
allez vous proposer d'injecter une dose de proportionnelle dans les élections législatives. Ce qui est très intéressant. Les téléspectateurs doivent savoir que la proportionnelle est quelque chose de plus équitable pour que tous les partis politiques soient représentés. Or, la proportionnelle, on peut en faire à peu près ce qu'on veut. Vous savez qu'en 1885, on avait peur des boulangistes. Donc, on a arrêté la proportionnelle. Et quand Mitterrand a voulu diviser la droite 100 ans plus tard, il a réinjecté de la proportionnelle. Ma question est la suivante. Quand on choisit un mode de scrutin, c'est souvent en vue d'une fin. On a une idée derrière la tête.
Alors, est-ce que la réinjection d'une part de proportionnelle, certains disent radicalement proportionnelle, d'autres disent une dose ?
Est
-ce que pour vous, cette injection de la proportionnelle, ça a à voir ou pas avec le Front National ? Et si oui, dans quelle mesure ? Non.
D
'abord, deux
choses. Il n
'y
a plus que deux pays européens qui n'ont pas la proportionnelle. Les Anglais, qui élisent celui qui arrive en tête, et les Français. Et moi, aujourd'hui, je préférerais avoir des députés Front National à assembler plutôt que de voir la droite républicaine faire
la...
Vous
savez qu
'il y
en
aurait 95 ou 96 aujourd
'hui si on était à la proportionnelle. D'abord,
avec le score qu'ils ont aujourd'hui dans les sondages, ils auraient des députés. Et je préférerais qu'ils les aient en ayant une droite républicaine qui n'aurait pas à courir après le Front National. Aujourd'hui, compte tenu du score qui est fait par les populistes, je pense que la meilleure manière de les combattre, c'est de les avoir aussi en face de nous dans l'hémicycle pour pouvoir apporter la contradiction et éviter la contamination.
Léa Salamé, dernière question. Deux petites questions très courtes. Deux petites aussi, c'est la parité.
Très courtes,
c
'est la parité. Pourquoi le Front National est à 20% en Ile-de-France ?
Alors...
La faute à qui ?
Là, c'est...
C
'est une question que je me suis beaucoup posée au moment où j'ai écrit un bouquin.
Je
pense que, voyez,
aujourd'hui,
il y a deux choses... On peut
quand même en profiter pour signaler que le candidat Front National en Ile-de-France,
c
'est aussi...
Valéron de Saint-Just. Ce
sera M. Valéron de Saint-Just.
Alors,
il
y a... Trésorier du Front National. Là, vous voyez, j'essaye d'avoir une réflexion. Je n
'ai
pas de recette miracle.
Mais
je pense qu'il y a deux choses qui minent beaucoup la société française.
Parce qu'il faut dire que c'est rare. 20% au Front National en Ile
-de
-France. C'est-à-dire qu'on n'est pas dans les campagnes, on n'est pas dans les zones rurales. C'est en Ile-de-France.
Le Front National
est donné
dans les derniers
sondages à 20%. Vous
êtes à 24% dans les sondages.
Vous pouvez constater que ce populisme, il est en train de grignoter l'Europe. Après, il y a deux éléments sur lesquels moi, je m'interroge beaucoup. D'abord,
je
pense que les citoyens, et ça renvoie à la discussion que l'on vient d'avoir avant, ont compris que ce n
'est
pas une crise. Ce n
'est
pas une période où on est en bonne santé, on a de la fièvre et on va revenir à l'état d'avant.
On
est dans un monde qui est en train de muter totalement. Regardez les questions écologiques, du numérique. Regardez ce que peut représenter un certain nombre d'enjeux, le déséquilibre du monde, etc. Et du coup, attendez, laissez-moi finir. Et du coup, je pense que dans le cadre de ce monde qui change, il y a toute une partie de la population qui se dit de toute façon dans ce nouveau monde, je n'aurai jamais ma place. Et donc,
c
'est beaucoup plus facile de dire, encore une minute, M. Le Bourreau. Et c'est aggravé en France, à mon avis, notamment chez tous ces jeunes de toutes les couleurs issues de l'immigration avec notre système de reproduction des élites.
Pour
une partie de la jeunesse, comme des adultes de ce pays,
ils
se disent, de toute façon, monde qui change ou pas, je n'aurai jamais ma place. Et je crois que c'est ça aussi qui renforce à la fois l'abstention et le populisme.
Est-ce que ce n'est pas aussi le fait que la gauche n'a pas tenu ses promesses, le fait que la gauche ait promis de faire une politique de gauche et qu'elle ne fait pas une politique de gauche, est-ce que ce n
'est
pas aussi les déclarations de M. Macron qui contribuent au désordre intellectuel et qui font que les gens sont
perdus
? Est-ce que vous ne
pouvez
pas aussi balayer un peu devant
votre porte sur la montée du Front National ?
Je
ne crois pas.
Je balaye devant ma porte en disant en particulier qu'une grande partie des électeurs, enfin une partie de nos électeurs qui ont voté pour nous à la primaire, à la présidentielle et aux législatives se sont réfugiés dans l'abstention. Mais je ne crois pas du tout à ce basculement de l'électorat de gauche sur le Front National.
Ma
dernière question c'est une affiche en 2017 Sarkozy, Hollande, Marine Le Pen elle vous fait rêver vous à titre de comme citoyen
?
Ça sera au français de choisir mais moi j'essaye d'avoir un comportement sur un autre sujet parce que vous avez raison le Front National sera au deuxième tour de l'élection présidentielle et du coup nous avons une responsabilité de la droite républicaine et la gauche républicaine sur les mots que nous employons les uns vis-à-vis des autres parce qu'il n'y aura qu'un des deux
qui
pourra être au deuxième tour.
Soit Sarkozy,
soit
Hollande ou
Juppé si
c
'est Juppé. Un candidat.
Ou M. Fillon Il y a un candidat de gauche et un
candidat de droite républicaine.
Le
candidat de gauche c'est pas forcément François Hollande
?
Ah mais moi je fais tout pour que
ce soit François Hollande.
J'ai même dit que s'il était candidat il ne pourrait pas y avoir de primaire. Mais parce que je sais ce que représenterait un score trop important de l'extrême droite pour l'image de la France il faut que la droite républicaine et la gauche fassent attention aux expressions et aux discours qui sont les leurs pour permettre un bon report sur celui
gauche
ou droite républicaine qui sera au deuxième tour.
J
'ai cité évidemment Valérie Pécresse qui est votre adversaire pour la région Île-de-France. J'ai cité le nom de Valran de Saint-Just qui sera tête de liste pour le Front National. Un mot sur Mme Emmanuelle Cos qui va diriger la liste Europe Écologie Les Verts. Vous n'avez pas réussi à être ensemble dès le premier tour pour cette élection régionale
?
Je n
'ai
pas trop forcé parce que je comprends très bien que les organisations que ce soit le Parti communiste que ce soit les écologiques
On peut
citer Pierre Laurent par exemple.
Voilà. Veuille voir le score qu'il représente sur la région et nous ne sommes pas du tout dans la même situation qu'au moment des départementales où il fallait faire 12,5% pour pouvoir être au deuxième tour. Là
vous dites qu'il sera
toujours temps de s'associer pour le deuxième tour. Oui, il faut 5% pour pouvoir s'associer et 10% pour pouvoir se maintenir. Donc on a une responsabilité socialistes, communistes, radicaux, écologistes de faire une belle campagne pour le premier tour et de réussir à s'assembler pour le second.
Claude Bartolone