Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 avril 2025 25 minComplaisantFond programmatiqueSantéEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesNumérique

Recherches contre le cancer : "Pour certaines maladies, les progrès sont considérables"

Au micro : Simon Le Baron Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteRéponse directe

    Gagnerons-nous un jour la bataille contre le cancer ?

  • 2:09OuverteRéponse directe

    Présentez-nous les travaux qui vous valent ces prix prestigieux.

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Pourquoi travaillez-vous sur des cellules tueuses ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous vulgariser l'épigénétique pour les auditeurs ?

  • 3:45OuverteRéponse directe

    Les modifications épigénétiques peuvent-elles causer certains cancers ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    En quoi cette découverte épigénétique est-elle importante ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:14PrésentateurChiffre
    « Le cancer en France, c'est 433 000 nouveaux cas par an, selon les derniers chiffres de l'Institut National du Cancer. »
  • 16:41PrésentateurChiffre
    « 20 à 25 ans en moyenne pour passer de la découverte aux médicaments. »
  • 16:44PrésentateurChiffre
    « Un investissement moyen par médicament, par molécule, d'un milliard et demi. »
  • 1:24InvitéPromesse
    « On travaille tous pour un monde sans cancer. »
  • 1:35InvitéFait
    « Il y a certaines maladies cancéreuses qui étaient extrêmement sévères il y a encore quelques années qui maintenant sont quasi contrôlées. »
  • 2:33InvitéFait
    « On travaille sur un type particulier de globules blancs que tout le monde a dans son organisme, qui circule dans le sang en particulier, et qui sont capables de reconnaître des cellules tumorales qu'elles vont contrôler, qu'elles vont éliminer, des cellules saines qu'elles vont épargner. »
  • 2:54InvitéFait
    « Avec Kiné de Pharma, on développe plusieurs molécules maintenant qui sont en essai clinique. Dont une en particulier qui est en phase 3 dans le cancer du poumon. »
  • 3:45InvitéFait
    « On a prouvé que c'est possible d'avoir des cancers avec des dérèglements de ce type. »
  • 5:57InvitéFait
    « Ce qu'on a découvert, c'est qu'il s'élevait de manière anormale chez les personnes qui allaient développer plus tard un cancer, et ce jusqu'à quelques années avant l'apparition du cancer. »
  • 7:41InvitéFait
    « Clairement, oui. J'ai commencé la recherche aussi pour ça, parce que c'était une période très enthousiasmante intellectuellement. »
  • 8:34InvitéFait
    « On avance sur tous les fronts, vraiment. C'est les diagnostics qui sont de plus en plus précoces. »
  • 11:09InvitéFait
    « C'est sûr qu'on assiste à une augmentation de certains cancers, en particulier les cancers digestifs, les cancers du pancréas. »

Temps de parole

  • Présentateur38 %
  • Invité21 %
  • Invité 220 %
  • Invité 315 %
  • Présentateur 23 %
  • Auditeur3 %

≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

France Inter, Simon Le Baron, le 7-10. Gagnerons-nous un jour la bataille contre le cancer ? Ce qui est sûr, c'est que nos trois invités ce matin sont en première ligne et récompensés pour leurs travaux. La fondation ARC pour la recherche contre le cancer vient de leur remettre de prestigieux trophées. Le prix Léopold Griffel pour vous, Giacomo Cavalli et Éric Vivier. Bonjour, Giacomo Cavalli. Vous êtes directeur de recherche au CNRS basé à l'Institut de Génétique Humaine de Montpellier. Éric Vivier, professeur d'immunologie à l'Université d'Aix-Marseille et à l'École Polytechnique.

Président du Paris-Saclay Cancer Cluster et directeur scientifique de la société de biotechnologie Innate Pharma. Et le prix Oberling-Agno pour la qualité de votre thèse. Léa Montaigu, bonjour. Bonjour. Vous êtes post-doctorante aujourd'hui à l'hôpital prestigieux aussi Mont-Sinai à New York. Une partie du présent et de l'avenir de la recherche est donc avec nous dans ce studio ce matin. Recherche contre le cancer, appelez-nous au 01 45 24 7000. Si on a choisi de vous inviter, évidemment, c'est avant tout pour parler d'espoir. Le credo de la fondation ARC qui vous a donc récompensé hier, c'est une conviction. La recherche vaincra le cancer. En un mot, vous partagez cette conviction.

On en viendra à bout un jour. Éric Vivier.

1:25
Invité

Oui, je pense qu'on travaille tous pour un monde sans cancer. On n'y est pas encore dans certaines pathologies, mais dans certains cancers, les progrès sont absolument considérables. Il y a certaines maladies cancéreuses qui étaient extrêmement sévères il y a encore quelques années qui maintenant sont quasi contrôlées. Maintenant, on n'est pas au bout.

1:43
Présentateur

Léa Montaigu, vous, qui êtes post-doctorante. Alors, ça fait dix ans que vous êtes dans le milieu de la recherche contre le cancer, mais vous dites que je suis encore une junior. Vous partagez vous aussi cette conviction. C'est pour ça, j'imagine que vous vous êtes engagée.

1:57
Invité

Oui, je pense que toutes les personnes qui sont ici autour de cette table, elles travaillent pour ça, dans cet objectif. Et on passe nos vies à ça.

2:05
Présentateur

Alors, si on peut se permettre d'espérer, évidemment, c'est grâce à vous, chercheurs. Présentez-nous les travaux qui vous valent ces prix prestigieux. Si j'en crois à la Fondation, vous êtes à l'avant-garde de la recherche scientifique. Donc, on va essayer de comprendre pourquoi, Éric Vivier, vous, vous travaillez sur des cellules tueuses. J'aime assez, ça fait un peu titre de film de série B, mais c'est vraiment comme ça qu'on les appelle. Je préfère une série A, mais... Elles sont capables de tuer des cellules malades, c'est ça ?

2:33
Invité

Oui, c'est ça. On travaille sur un type particulier de globules blancs que tout le monde a dans son organisme, qui circule dans le sang en particulier, et qui sont capables de reconnaître des cellules tumorales qu'elles vont contrôler, qu'elles vont éliminer, des cellules saines qu'elles vont épargner. Et nous, on essaye de mieux les comprendre pour mieux les manipuler.

2:50
Présentateur

Elles sont déjà utilisées dans des traitements aujourd'hui ?

2:53
Invité

Tout à fait. Tout à fait. Par exemple, avec Kiné de Pharma, on développe plusieurs molécules maintenant qui sont en essai clinique. Dont une en particulier qui est en phase 3 dans le cancer du poumon. Donc ça, c'est un grand espoir. C'est un grand espoir.

3:04
Présentateur

Giacomo Cavalli, vous vous êtes récompensé pour vos travaux avec votre collègue Yangshi et votre équipe sur les modifications épigénétiques. Alors là, je pense qu'il va falloir essayer de bien vulgariser pour les auditeurs et pour moi qui sommes encore en train de nous réveiller. Mais en gros, l'épigénétique, si j'essaye de résumer, vous me corrigez évidemment si je me trompe. Disons que si le code, c'est le gène, l'épigénétique, c'est la façon dont ce code va être interprété, va être traduit par les cellules, c'est ça ?

3:34
Invité

Oui, c'est un peu comme un texte d'un livre qui serait le code et après la ponctuation qui serait l'épigénétique et selon la ponctuation, le code prend aussi un sens différent.

3:45
Présentateur

Et donc vous, pour la première fois, vous montrez que certains cancers peuvent être causés par des modifications épigénétiques, donc par la transmission et pas forcément par des mutations du gène en lui-même, c'est ça ?

3:57
Invité

Tout à fait. Alors, je pourrais vous dire, on est tous fait des milliers de milliards de cellules. Toutes ces cellules viennent d'une seule cellule, mais on a des cellules différentes, les cellules du foie, les cellules des muscles, les cellules nerveuses par exemple. Pourtant, on a dans toutes ces cellules le même code génétique. Et en fait, on admet facilement que du coup, il va falloir qu'il y ait d'autres choses qui déterminent dans chaque cellule qu'est-ce qu'elle fait. Or, pour le cancer, il y a un peu un paradoxe. On s'est toujours dit, il faut qu'il y ait des mutations dans la séquence d'ADN pour avoir des cancers. Et nous, on a un peu challengé cette idée.

Et on s'est dit, peut-être qu'en fait, il y a aussi des dérèglements, tout autant que les cellules normales changent leur régulation pour devenir ce qu'elles sont, peut-être que les cellules cancéreuses le font aussi, mais de manière pathologique. Et ce qu'on a prouvé, que c'est possible d'avoir des cancers avec des dérèglements de ce type.

4:50
Présentateur

En quoi cette découverte est-elle si importante ? Peut-être que c'est pour le diagnostic, pour le traitement ?

4:56
Invité

Il y a deux aspects. Un premier aspect, c'est vraiment de connaître la maladie, connaître l'émergence de la maladie. Donc là, il y a une nouvelle piste. Et la deuxième chose qui est très attrayante, c'est que ces modifications épigénétiques ont aussi une propriété qui est très intéressante, c'est qu'elles sont réversibles. En fait, on peut transformer une cellule à une autre cellule en changeant un peu son paysage, ce qu'on appelle épigénétique. Et du coup, on peut espérer aussi que pour le cancer, on peut ramener dans une certaine mesure, en tout cas, certaines cellules cancéreuses à une destinée plus normale.

5:27
Présentateur

Et vous, Léa Montaigu, vous êtes donc récompensée pour votre thèse réalisée à l'Institut Gustave Roussy à Villejuif, premier institut contre le cancer en Europe. Thèse sur une protéine qui peut aider à détecter un cancer avant même qu'il se développe, c'est ça ?

5:45
Invité

Oui, exactement. Donc on a travaillé, nous, sur un marqueur sanguin, pareil, qu'on peut détecter chez tout le monde, et qu'on connaissait déjà pour son rôle dans la gestion des graisses. Et on a regardé ce qui se passait dans le cancer, et ce qu'on a remarqué, ce qu'on a découvert, c'est qu'il s'élevait de manière anormale chez les personnes qui allaient développer plus tard un cancer, et ce jusqu'à quelques années avant l'apparition du cancer.

6:04
Présentateur

Quelle piste ça peut ouvrir ? Quel espoir pour les malades, futurs malades malheureusement ?

6:09
Invité

Déjà, c'est un signal d'alerte qu'on pourrait utiliser pour la détection. Et après, la question qui est venue de suite, c'était, qu'est-ce qui se passe si on le diminue de force ? Et on a essayé de le diminuer dans des modèles de cancer, et on a remarqué qu'on était capable d'améliorer la réponse du système immunitaire, et d'améliorer aussi l'efficacité des thérapies que vous connaissez du cancer, la chimio, l'immunothérapie.

6:30
Présentateur

C'est intéressant de vous avoir tous les trois ce matin, parce que vous, Léa Montaigu et Giacomo Cavalli, qui êtes dans la recherche fondamentale, et vous, Éric Vivier, dans la recherche appliquée, ce qu'on appelle la médecine appliquée, c'est-à-dire que vous traduisez les découvertes de vos collègues en médicaments, en traitements pour les malades, c'est ça ?

6:50
Invité

Oui, complètement. Alors en fait, je ne pense pas qu'il faille opposer la recherche dite fondamentale et les applications de la recherche fondamentale. Je pense qu'il y a un continuum, l'un sert à l'autre, mais l'autre sert à l'un également. Par exemple, on le regarde tous les jours, les résultats de la clinique, les résultats qui viennent à partir des patients, nous servent à faire cette recherche transnationnelle qui nous permet de poser d'autres questions pour la recherche fondamentale.

7:14
Présentateur

Le cancer en France, c'est 433 000 nouveaux cas par an, selon les derniers chiffres de l'Institut National du Cancer. Ça ne cesse d'augmenter, notamment chez les jeunes, les moins de 50 ans, on va en parler. Mais en face, il y a aussi des avancées, vous en êtes la preuve vivante, des avancées de la recherche qui se multiplient. Est-ce qu'on vit potentiellement, on l'entend parfois, une époque de révolution aujourd'hui dans la recherche et la lutte contre le cancer ? Léa Montaigu, qu'est-ce que vous en pensez ?

7:41
Invité

Clairement, oui. J'ai commencé la recherche aussi pour ça, parce que c'était une période très enthousiasmante intellectuellement. C'est-à-dire que les deux sont valables. Quand je suis arrivée dans la recherche, l'immunothérapie venait d'être découverte. Et maintenant, c'est déjà chez les patients. Et donc, c'est hyper enthousiasmant de se dire qu'on participe à cette révolution et on cherche qu'elle sera la prochaine, surtout.

8:04
Présentateur

Lors d'un récent congrès européen qui réunissait les plus grands chercheurs dans votre domaine, le président de la Fédération des Centres Français de lutte contre le cancer a dit « Sur l'ensemble des travaux qui ont été présentés dans ce congrès, il n'y a pas un groupe de tumeurs qui n'ait pas fait l'objet d'avancées significatives ». Giacomo Cavalli, c'est ça aujourd'hui la réalité, c'est qu'on progresse partout. Quelles sont les avancées, vous, qui vous donnent le plus d'espoir ? Par exemple, si vous avez un exemple ce matin.

8:31
Invité

Je pense qu'on avance sur tous les fronts, vraiment. C'est les diagnostics qui sont de plus en plus précoces. On a des nouvelles pistes thérapeutiques qui s'ouvrent, qui sont vraiment impressionnantes. Alors, moi, je parle d'épigénétique, on commence à envisager des thérapies épigénétiques de plus en plus fines et ciblées. Et puis, il y a aussi l'amélioration un petit peu de la prise en charge du patient. Donc, on améliore la qualité de la vie aussi.

8:57
Présentateur

Donc, c'est le diagnostic de plus en plus précoce, des traitements de plus en plus adaptés aux patients individuellement, de moins en moins lourds, c'est ça, Éric Vivier ?

9:06
Invité

Oui, on assiste à un développement des thérapies personnalisées. Parce qu'on ne voit pas parler du cancer, mais des cancers. Tous les cancers sont différents. Et même dans un même groupe de cancers, les patients qui présentent ces cancers sont aussi très différents les uns les autres. Donc, on essaye d'adapter les traitements aux patients et aux cancers.

9:26
Présentateur

Là où l'on peut, où l'on doit sans doute progresser encore, où il y a un retard, c'est sur la prévention. Est-ce que c'est ça aujourd'hui le domaine où il faut agir particulièrement ? Léa Montaigu ?

9:40
Invité

Oui, moi, c'est ce qui m'intéresse aussi en ce moment. Donc, ce par quoi je poursuis mes recherches. C'est de savoir un petit peu qu'est-ce qui fait que le système immunitaire en particulier, qui devrait nous protéger et faire en sorte qu'il n'y ait pas du tout de cancer, s'affaiblit à certains moments de la vie ou pendant la vieillesse. Et donc, laisse la place au cancer de se développer.

9:59
Présentateur

Question de Chantal, justement, au Standard de France Inter. Bonjour Chantal.

10:03
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour. Bonjour Simon.

10:05
Présentateur

Bonjour, on vous écoute.

10:06
Auditeur

Oui, ma question s'est posée parce que je suis déjà d'un âge un peu avancé. Dans ma jeunesse, maturité, on n'entendait jamais parler des cancers des enfants. Or, aujourd'hui, on en parle de plus en plus. Alors, ma question est la suivante. Est-ce que c'est dû à une évolution « normale » de l'espèce humaine, qui ferait que ça passe par ça ? Ou bien est-ce qu'il s'agit d'autres conditions qui favorisent le cancer des enfants, à savoir l'alimentation moins bonne, moins naturelle, le changement climatique, le stress de l'époque ? Voilà ma question.

10:44
Présentateur

Merci beaucoup Chantal. Effectivement, beaucoup d'inquiétudes aujourd'hui sur le cancer des jeunes en général, des enfants en particulier. Éric Vivier, est-ce qu'on explique cette augmentation-là ? Est-ce que c'est dû, effectivement, comme le disait Chantal, à des causes environnementales et à nos modes de vie ?

11:02
Invité

Alors, pour les cancers pédiatriques, je ne saurais me prononcer, mais par contre, pour les cancers des jeunes adultes, comme il a été dit précédemment, c'est sûr qu'on assiste à une augmentation de certains cancers, en particulier les cancers digestifs, les cancers du pancréas. Et il y a plusieurs pistes. Les pistes, de manière générale, s'articulent autour de ce qu'on appelle l'exposome, c'est-à-dire l'ensemble de ce à quoi on est exposé. On parle des microplastiques, en particulier. On peut parler aussi des pesticides. Et c'est sûr que ce sont des événements ou des éléments qui sont très importants pour prendre en considération.

11:39
Présentateur

Giacomo Cavalli, sur les cancers pédiatriques en particulier, est-ce qu'on a... d'abord, est-ce qu'ils augmentent, eux aussi, sur les jeunes enfants ?

11:48
Invité

Oui, alors, il y a en partie aussi une détection qui a amélioré, mais effectivement, il y a une augmentation.

11:54
Présentateur

On les détecte plus, donc forcément, les statistiques augmentent.

11:57
Invité

Mais il y a aussi une augmentation, et je reviens un peu à cette exposition qu'on a à différents insultes environnementaux. On sait que des expositions précoces... Déjà, chez l'individu adulte, on a des pathologies qui dépendent des expositions qu'on a eues des décennies avant. Et en fait, on sait aussi, malheureusement, que certaines expositions durant la vie fétale peuvent provoquer des pathologies comme le cancer. Ce sont des pathologies assez dures pour les sujets, mais aussi pour les familles. Nous essayons d'y travailler, et en fait, on sait que dans ces cancers pédiatriques, très souvent, ce sont des composantes épigénétiques qui sont altérées.

Donc, nous aurons beaucoup d'espoir d'améliorer un jour la thérapie de ces cancers. Mais il faut dire qu'aussi, là, il y a vraiment un travail sociétal. C'est très important de contrôler, de réduire aussi, si possible, cette exposition.

12:58
Présentateur

La prévention et les cancers précoces, qui ne cessent encore une fois d'augmenter depuis 20 ans, ça, c'est le grand défi de la recherche. L'un des grands défis, évidemment, vous battez sur plusieurs fronts. Mais voilà, c'est quelque chose sur lequel vous avez beaucoup travaillé. J'imagine les amonts aigus.

13:13
Invité

Oui, et puis je pense qu'une des choses les plus difficiles dans ces thématiques de prévention, c'est de déterminer ce qu'on appelle la causalité, c'est-à-dire de savoir parmi 10 ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans d'exposition, quels sont les facteurs qui vont avoir une importance ou pas. Et ça, c'est des défis scientifiques qui font appel à la biologie, mais qui font aussi appel aux épidémiologistes, aux mathématiciens. Il faut vraiment avoir tout le monde qui travaille de concert pour comprendre qu'est-ce qui est important et qu'est-ce qui n'est pas. Éric Vivier ? Oui, je pense que c'est un point extrêmement important. Il ne faut pas travailler en silo.

Là, à travers ce qu'on vient de dire, on se rend bien compte qu'on a besoin, effectivement, comme ça vient d'être dit, d'épidémiologistes, de mathématiciens, de chercheurs, de médecins, d'immunologistes, tous ensemble. Et c'est ce qu'on essaie de faire. Et peut-être l'une des bonnes nouvelles qu'on pourrait transmettre à celles et ceux qui nous écoutent, c'est qu'en France, on est en train de construire une ville nouvelle, totalement dédiée au cancer, autour de Gustave Roussy, qui s'appelle le Paris Sacré Cancer Cancer. La ville juive, donc près de Paris. Exactement. 19 minutes maintenant par le nouveau métro, par l'extension de la 14. Et en fait, on met tout le monde ensemble.

Il y a évidemment les patients, il y a les médecins, il y a les chercheurs et les chercheurs dans toutes les disciplines, avec des chimistes, des immunologistes, des personnes qui travaillent sur l'épigénétique également, et aussi du monde industriel, de telle manière à transformer le plus rapidement possible les résultats de la recherche fondamentale en produits qui vont aider la prise en charge du cancer.

14:37
Présentateur

Trois scientifiques, trois chercheurs, en pointe dans la lutte contre le cancer avec nous ce matin dans le studio de France Inter. Et Camille nous appelle au standard. Bonjour Camille. Oui, bonjour. Vous m'entendez ? Oui, on vous entend très bien et on écoute votre question. Oui. Alors, déjà, je voulais vous remercier pour tout ce que vous faites. Je voulais remercier vraiment les chercheurs et les médecins parce que c'est grâce à eux qu'on est toujours debout. Donc, merci. Juste une petite suggestion, si je peux me permettre. Il faudrait travailler sur les effets secondaires des médicaments et des produits. C'est très bien.

Vraiment, moi, je suis contente de pouvoir bénéficier de tous ces médicaments. mais juste penser aux effets secondaires parce que c'est ce qu'il y a de plus difficile à supporter, en fait. Grand merci pour votre question, Camille. Merci beaucoup. Nos trois chercheurs ont deux concerts. Hochez la tête quand vous avez posé cette question sur les effets secondaires. Éric Vivier.

15:37
Invité

Oui, on y travaille beaucoup. Évidemment, c'est quelque chose de très important. Par exemple, dans l'immunothérapie, on s'aperçoit que les effets secondaires existent mais qui sont par nature très, très différents des effets secondaires de la chimiothérapie et qui permettent quand même une meilleure qualité de vie de manière générale. Mais c'est effectivement quelque chose d'important. Et que notre auditrice soit rassurée, on y travaille tous les jours.

15:58
Présentateur

Est-ce que vous travaillez dans de bonnes conditions ? Quel est l'état de la recherche aujourd'hui en France ? Est-ce que vous avez suffisamment de moyens ? Giacomo Cavalli ?

16:07
Invité

La recherche française est à la pointe mondiale. Néanmoins, on a toujours la recherche des moyens et je pense qu'on pourrait encore faire des efforts. J'espère que notre huile nous écoute et qu'elle continuerait sur ces efforts.

16:26
Présentateur

Des moyens, c'est le nerf de la guerre évidemment parce que d'abord, la recherche contre le cancer, c'est du temps long, parfois très long et c'est énormément d'argent. 20 à 25 ans en moyenne pour passer de la découverte aux médicaments. Éric Vivier, c'est ça. Avec un investissement moyen par médicament, par molécule, d'un milliard et demi, ce sont les chiffres.

16:47
Invité

Oui, exactement. On est effectivement dans le temps long et dans un temps long qui coûte cher. Mais pour revenir sur la question, est-ce qu'on a assez de moyens en France ? Parce qu'il faut se réjouir d'avoir une infrastructure, un écosystème de recherche en France qui est absolument remarquable. Pour autant, il faut créer encore plus de liens, de ponts entre la recherche publique et la recherche privée. Et je voudrais en profiter parce qu'on est tous récipiendaires de récompenses de l'ARC. Je voudrais aussi en profiter pour remercier toutes celles et tous ceux qui donnent de l'argent. Oui, parce que l'ARC, c'est 100% de dons. C'est ça. L'ARC, c'est 100% de dons, de dons et des lègues.

Mais s'il n'y avait pas ces organismes caritatifs, l'Association de recherche contre le cancer, l'ARC, mais aussi la Ligue nationale contre le cancer, la FRM et d'autres, je pense qu'en tout cas, nous, dans notre laboratoire, ça ferait longtemps qu'on aurait mis la clé sous la porte. Et donc, merci à toutes celles et tous ceux qui continuent à nous encourager et à nous supporter financièrement.

17:38
Présentateur

C'est du temps long, c'est de l'argent et c'est aussi accepter d'échouer, de se tromper sur 100 médicaments. Il y en a testés, on va dire, il y en a un ou deux qui deviendront de vrais médicaments. Est-ce qu'on accepte encore bien aujourd'hui, alors on parle sans cesse d'économie, où la conjoncture mondiale est très complexe, elle est à Montaiguë, est-ce qu'on accepte encore que la recherche puisse tâtonner et se tromper ?

18:01
Invité

Je pense que c'est ça qui est essentiel en termes de moyens, c'est de nous donner les moyens et aussi la confiance, la liberté d'exercer notre métier de scientifique pour avoir la place de chercher sur des thématiques qui sont ambitieuses, qui sont audacieuses, parfois de se tromper, mais de trouver où pivoter et où aller trouver la nouvelle révolution de demain et les nouvelles idées qui vont fonctionner. Giacomo Cavalli ? En fait, on dit se tromper, mais en réalité, il n'y a pas d'erreur. Ces erreurs sont bien analysées et on apprend énormément de ces erreurs. C'est grâce à ces erreurs qu'on trouve la bonne piste.

Et c'est là aussi que la recherche publique peut jouer un rôle très important, un rôle moteur, parce qu'elle a cette capacité de pouvoir prendre des risques, éventuellement ne pas trouver la piste immédiatement, mais prendre le temps de trouver enfin la bonne piste, peut-être une année ou deux plus tard.

18:56
Présentateur

On a beaucoup de questions, à la fois au Standard Inter et sur l'application de Radio France. C'est évidemment sujet majeur du moment pour le monde scientifique en général, partout sur la planète, sur les attaques de l'administration Trump aux Etats-Unis contre le monde de la recherche. La recherche est décimée. C'est ce que disent 1900 de vos collègues américains. Est-ce que vous ressentez directement les conséquences de ces coupes budgétaires ? Vous êtes à New York, vous, Léa Montaigu ?

19:28
Invité

Oui, je suis arrivée en janvier à New York pour commencer en tant que chercheuse postdoctorale. Et je dirais qu'immédiatement, la sidération a frappé la communauté scientifique. Quelques semaines après être arrivée, on a participé au mouvement Stand Up for Science qui a eu un écho en France. Donc, je pense que les gens savent de quoi je parle. Qui a mobilisé des prix Nobel, des chercheurs. Parce que l'écosystème américain, il est aussi leader mondial. Et il est important parce que la recherche, elle est collaborative. Donc, si on fragilise cette liberté dont on parlait, ces moyens et cette confiance en le système académique en Amérique, il y aura des conséquences au niveau mondial.

Puis, c'est aussi une opportunité et une responsabilité, je pense, pour le système français et européen de rester à la pointe et de donner les moyens pour ne pas qu'on perde en opportunité de recherche au niveau mondial.

20:19
Présentateur

Quelle est l'atmosphère ? Vous avez parlé de sidération, mais simplement juste pour qu'on comprenne bien ce qui se passe aujourd'hui aux Etats-Unis. Pour vous, pour vos collègues, c'est quoi l'état d'esprit aujourd'hui ?

20:30
Invité

Il y a des annonces ciblées ou plus générales aussi au niveau fédéral de retrait de financement qui créent beaucoup d'incertitudes sur ce qu'on va être capable de mener à bien parce qu'on l'a dit, on a besoin du temps long, on a besoin d'avoir de l'assurance sur les moyens de mener la recherche et ça crée une incertitude qui compromet un petit peu cette possibilité de s'engager sur des projets long terme.

20:52
Présentateur

Et ce sont des décisions qui auront potentiellement des conséquences néfastes dans 5, 10, 15 ans ? Éric Vivier.

20:57
Invité

Oui, ça va être difficile d'évaluer à ce stade mais je pense qu'il faut se serrer les coudes. La recherche, la science n'a pas de frontières et je vois qu'en fait il y a plein d'opportunités aussi pour l'Europe et pour la France d'accueillir nos collègues qui sont dans des difficultés parce qu'ils ne peuvent pas continuer à faire la recherche qu'ils voulaient et donc je pense qu'effectivement il faut qu'on accueille ces chercheurs en difficulté.

21:23
Présentateur

Il y a beaucoup d'initiatives effectivement pour les accueillir de la fondation ARC encore une fois qui met 3,5 millions d'euros sur la table pour ça Centrale Supélec l'Université d'Aix-Marseille aussi qui lance des initiatives qu'est-ce que vous en pensez de Giacomo Cavalli ?

21:39
Invité

Je pense que c'est très important c'est important de le faire avec un vrai esprit aussi de générosité il ne faut pas oublier que les Etats-Unis qui sont parfois décriés ont accueilli généreusement énormément de chercheurs dans le monde entier et plutôt qu'essayer de tirer la couverture de dire peut-être je vais réussir à débaucher un chercheur américain vraiment de les accueillir pour qu'ils puissent continuer à faire leurs travaux On a les moyens de les accueillir ?

On a quelques moyens et le système français a aussi des atouts extraordinaires dont on ne se rend pas forcément compte mais on se rend mieux compte quand on le connaît mieux donc on a la possibilité de leur offrir des possibilités de poste par exemple un peu plus de stabilité donc ça peut leur donner envie d'avenir mais aussi ça peut donner envie de rester quelques années puis peut-être revenir aux Etats-Unis quand il sera le moment

22:30
Présentateur

Une question on comprend bien effectivement l'importance de ce qui se passe aux Etats-Unis pour tout le monde de la recherche qui est évidemment interconnecté c'est un milieu aujourd'hui avec énormément de coopération internationale une question beaucoup plus précise particulière sur un cas que nous soumet Cécile sur l'application de Radio France pour vous Léa Montaigu Cécile nous dit qu'on a découvert chez son conjoint un cancer du poumon il a 41 ans non fumeur sportif est-ce que vos travaux sur cette molécule cette protéine qui permet de détecter le cancer chez des patients sont potentiellement applicables à un cas comme celui-là ?

23:09
Invité

Oui on a des signaux aussi assez forts dans le cancer du poumon On nous dit

23:13
Présentateur

dit Cécile qu'il n'y avait pas de marqueur sanguin chez son conjoint

23:15
Invité

Alors c'est un candidat parmi beaucoup il y a énormément d'équipes qui cherchent ce genre de marqueur précoce de cancer et donc oui bien sûr ce qu'on fait ce serait pour bénéficier aux personnes comme son époux

23:26
Présentateur

Un dernier mot Eric Vivier sur l'intelligence artificielle parce que ça c'est évidemment un élément majeur aujourd'hui pour vous est-ce qu'on peut dire qu'un duo médecin intelligence artificielle est meilleur aujourd'hui qu'un médecin tout seul ?

23:40
Invité

Oui je pense que oui bien sûr l'intelligence artificielle nous donne la possibilité d'explorer avec une efficacité inégalée maintenant il faut bien l'utiliser cette intelligence artificielle en particulier nous toujours au Paris-Saclay Cancer Cluster cette ville nouvelle qu'on développe contre le cancer on essaye de développer un programme pour organiser au mieux les données de santé dans des entrepôts de données de santé et on a besoin de l'intelligence artificielle pour les organiser pour pouvoir les utiliser de manière la plus efficace possible c'est une des applications mais il y en a plein d'autres

24:11
Présentateur

merci beaucoup à tous les trois Eric Vivier Giacomo Cavalli Léa Montaigu trois chercheurs je cite Yang Shi aussi avec qui vous travaillez Giacomo Cavalli et qui a été récompensé aussi comme vous donc par la fondation ARC trois chercheurs récompensés pour la qualité de leurs travaux dans la lutte contre le cancer et merci d'être venu nous parler de recherche et d'espoir ce matin sur France Inter qui a été récompensé