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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 12 mars 2026 88 min

Bonjour chez vous ! du 12 mars 2026

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce jeudi 12 mars. On va faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. 13 jours de conflit au Moyen-Orient. Donald Trump affirme que l'Iran est proche de la défaite. Et Téhéran de son côté se dit prêt pour une guerre d'usure. Emmanuel Macron lui appelle à l'apaisement au Liban. Mais pèse-t-il vraiment dans ce conflit ? Dans une demi-heure, on reçoit l'ancien Premier ministre Michel Barnier. Un conflit qui a des conséquences sur les prix de l'énergie.

Le prix du baril du pétrole remonte malgré la décision de nombreux pays de débloquer leur stock stratégique. Sébastien Lecornu demande à ses ministres des propositions pour protéger les consommateurs. Mais dans un contexte budgétaire tendu, le gouvernement a-t-il les moyens de prendre des mesures ? La sénatrice centriste de la moyenne, Elisabeth Duano, est notre invitée. Bonjour, vous êtes rapporteure générale du budget de la Sécurité sociale. On vous posera évidemment cette question. Et puis c'est J-3, avant le premier tour des municipales, la présidentielle qui s'invite dans la campagne. Le Rassemblement national et la France insoumise qui nationalisent le scrutin.

Et un prétendant est engagé dans la course à la mairie, c'est Édouard Philippe. Il était hier en meeting au Havre, en plus de son fauteuil de mer. Il joue son avenir présidentiel. On va analyser tout ça dans une heure. Avec Jefferson Desport de Sud-Ouest et Aurore Malval de Marianne. Et puis à la une de nos régions, on continue notre tour de France de la campagne. On ira à Toulon, dans le Var, que le RN rêve de reconquérir. 30 ans après, à Lens, le fief socialiste, qui pourrait bien également basculer au Rassemblement national. Et puis on serait également à Montpellier, où le maire sortant socialiste pourrait sortir vainqueur de la guerre des gauches. Voilà pour le programme.

On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. On commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Yohann Delra. Bonjour Yohann. Merci d'être avec nous, Yohann, à la une de ce jeudi 12 mars. Donald Trump qui estime donc que Téhéran est proche de la défaite. Oui, au 13e jour de conflit, la situation reste incertaine au Moyen-Orient. L'Iran se dit prête à une guerre longue. Elle continue de déstabiliser l'économie mondiale en bloquant le détroit d'Hormuz. Point de passage de 20% du pétrole et du gaz mondial. Mais Donald Trump se veut confiant. Pour lui, la victoire se rapproche. On fait le point avec Jérôme Rabier.

2:23
Invité

Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid sur l'offensive américaine en Iran. Après avoir dit que son opération n'était qu'une petite excursion qui ne se prolongerait pas, le président américain a promis hier de mettre l'Iran à genoux, même si pour lui, le régime est déjà largement affaibli. On doit finir le boulot, non ? Au cours des 11 derniers jours, notre armée a pratiquement détruit l'Iran. Donald Trump estime que l'Iran ne peut pas tenir. Mais le régime de Téhéran, en frappant les pays du Golfe et en paralysant le détroit d'Hormuz, ne baisse pas les armes. Et cela pourrait durer, selon les membres du G7, réunis en visioconférence hier par Emmanuel Macron.

L'Iran néanmoins continue d'agresser plusieurs pays de la région. Ses capacités ne sont pas réduites à zéro. Il appartiendra au président des États-Unis d'Amérique de clarifier à la fois ses objectifs et le tempo qu'il veut donner aux opérations. Alors que les États-Unis n'ont pas clairement fixé d'objectifs de guerre, les pays du Golfe, victimes collatérales du conflit, ont saisi l'ONU pour dénoncer les frappes qui les visent. Une résolution a été adoptée, soutenue par la France.

3:39
Michel Barnier

En bloquant le détroit d'Hormuz, l'Iran se rend aussi coupable d'une grave atteinte à la liberté de circulation maritime et prend en otage l'économie mondiale.

3:49
Invité

La crainte est désormais que l'Iran mine ce détroit d'Hormuz, essentiel au commerce maritime pétrolier et gazier, et que cela impacte durablement les prix de l'énergie, frappant les consommateurs comme les entreprises au portefeuille.

4:04
Présentateur

Et justement, face à la hausse de ces prix de l'énergie, plusieurs pays débloquent leurs réserves stratégiques. Mais malgré cela, le prix du baril remonte. Oui, les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie, dont la France, ont décidé hier de puiser dans leur réserve stratégique de pétrole. 400 millions de barils vont être libérés, le plus important déblocage de l'histoire de l'institution. Mais ça ne suffit pas à calmer les marchés. Le baril de pétrole connaît ce matin une importante hausse au-dessus des 100 dollars. Et dans ce contexte, Sébastien Lecornu recevait hier à Matignon les représentants des partis politiques.

Oui, ils étaient convoqués pour faire le point sur la situation au Moyen-Orient. La question centrale, évidemment, concernait le prix des carburants. Sébastien Lecornu a écouté les propositions de l'opposition pour réduire le prix. Les prix, le Premier ministre a déjà écarté celles du RN visant à baisser la TVA. Il ne veut pas non plus du blocage des prix réclamés par la France Insoumise. Écoutez, Haute-Mann Nassrou, le secrétaire général des Républicains, et Mathilde Panot de la France Insoumise.

La question aussi de l'énergie, et là-dessus, je veux vous le dire très clairement, au nom des Républicains, nous ne nous associons pas à la démagogie de ceux qui veulent faire croire qu'il suffit que l'État fasse des chèques pour faire baisser le prix de l'essence. Nous avons d'abord un sujet, effectivement, d'offre, avec le blocage du détroit d'Ormouse. Et donc, c'est normal que l'effort aille d'abord vers la libre circulation et l'acheminement, et bien sûr, du pétrole et du gaz qui viennent de cette région.

Ce qu'a décidé le G7, ce qu'on vient de nous annoncer à l'instant, c'est une libération de ce troc stratégique qui est évidemment une mesure qui n'est absolument pas pérenne, et dont ils espèrent que cela va faire baisser ensuite le coût du carburant à la pompe, ce qui veut dire qu'ils laissent le marché décider, ce qui pour nous est une aberration absolue, et nous avons réaffirmé que nous voulons un blocage des prix. Et puis un conflit qui a des conséquences au Liban. En moins 7 morts dans une frappe israélienne sur Beyrouth. Et Emmanuel Macron qui appelle à l'apaisement dans le pays. Oui, le chef de l'État s'est entretenu hier avec son homologue libanais, Joseph Aoun.

Il appelle Israël à renoncer à son offensive terrestre au Liban. L'État hébreu qui continue ses frappes sur le Hezbollah pro-irénien. Elles ont déjà fait plus de 600 morts et 1 500 blessés. Sans compter les déplacés, ils sont plus de 800 000, selon Anin Saïed, la ministre libanaise des Affaires sociales. Le nombre de personnes déplacées qui ont enregistré leur nom sur un site internet affilé au ministère des Affaires sociales avait atteint environ 816 000, dont 126 000 hébergés dans des centres collectifs. Autre sujet, François Beyrouth qui est de nouveau devant la justice, ce sera en septembre prochain.

Oui, l'ancien Premier ministre sera jugé en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Modem. Deux ans et demi après sa relaxe en première instance, le procès aura lieu du 9 septembre au 5 octobre. La Cour d'appel de Paris cherchera à savoir si des assistants parlementaires ont été payés avec des fonds européens pour effectuer des tâches pour le parti de François Bayrou. Il fait partie des 13 prévenus jugés pour détournement de fonds publics. Et puis on termine avec de bonnes nouvelles et de belles images de l'équipe de France qui brille aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina.

Effectivement, pour ses premiers Jeux, car le tabouret a décroché l'or hier sur le 10 km en style classique. C'est du ski de fond. Le stavoyard de 22 ans est atteint du syndrome de Littol, une forme de paralysie cérébrale qui provoque des raideurs dans les jambes. C'est la neuvième médaille déjà pour la France dans ces Jeux, la troisième en or, la France qui est sixième au classement des nations. Merci Johan. De bonnes nouvelles Elisabeth Donaud, parce que là on va parler d'une actualité un peu moins réjouissante. Vous êtes sénatrice union centriste de la Mayenne, rapporteure générale de la Commission des Affaires Sociales.

On va évidemment revenir sur le conflit au Moyen-Orient, ses conséquences notamment sur les prix à la pompe. Mais d'abord, on va regarder comme tous les jours, trois unes de la presse régionale. D'abord, la une de la dépêche nucléaire, le grand retour de l'atome à Paris. Une trentaine de pays ont défendu le nucléaire comme levier de souveraineté, de la décarbonation et de la compétitivité. Quinze ans après Fukushima, l'Europe admet avoir affaibli sa sécurité énergétique en réduisant trop vite la place du nucléaire. La France veut donc accélérer. Deuxième une, c'est celle de l'union. Protoxyde d'azote, démunie face au fléau.

Le week-end dernier, trois jeunes sont morts dans un accident de voiture en Seine-et-Marne pour lequel le gaz hilarant a été mis en cause. Détourné comme stupéfiant, ce produit légal fait des ravages jusque dans les campagnes. Et puis, dernière une, celle du Maine Libre, des petits villages. Mais trois listes quand même, on parle des municipales. Et c'est vrai qu'on a beaucoup parlé des 68% de communes qui n'ont qu'une seule liste. Mais il y a aussi, c'est le cas dans la Sarthe, on le voit, des communes qui comptent environ 500 habitants et qui devront départager trois listes concurrentes. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

Alors, toutes les unes que vous venez de présenter sont importantes. Néanmoins, je choisirais démunie face au fléau parce que ça fait quand même plusieurs mois, voire des années que nous parlons de lutter contre le protoxyde d'azote. Le Sénat s'est beaucoup investi. Vous avez reçu ma collègue tout dernièrement, Marion. Mais en réalité… Marion Canales, qui portait donc une proposition de loi pour interdire, pour limiter la vente aux professionnels. Mais je rappelle aussi le travail de Valérie Létard en tout premier lieu. Et donc, là, vraiment, on se sent totalement démuni. C'est le cas. C'est-à-dire qu'en fait, on s'aperçoit que la loi française ne suffit pas pour éradiquer ce fléau.

Et des jeunes s'engouffrent dans son paradis. Et en réalité, c'est vraiment, comment dirais-je, pour nos villes, vraiment un fléau parce qu'on retrouve les bouteilles partout. Et franchement, c'est surtout en termes de santé que les choses sont époustouflantes sur les résultats, quoi. Et ça ne suffit pas à décourager les jeunes. Mais c'est ça, c'est pourquoi on n'y arrive pas par la loi. Mais aussi, qu'est-ce que ça dit de notre société qu'aujourd'hui, de plus en plus de jeunes consomment ce protoxyde d'azote ? Mais oui, mais oui. Qu'est-ce que ça dit ? Ça dit beaucoup de choses sur le mal-être, certainement.

Et peut-être besoin de repères, des difficultés à s'inscrire dans un parcours tel qu'on peut les proposer. Il y a peut-être aussi une recherche autour de cela. Et non, je pense que les jeunes ont toujours cherché des paradis en quelque sorte éphémères et perdus d'avance. Et on voit bien qu'aujourd'hui, dans notre société, il y a cette espèce de syndrome de mal-être. Et franchement, c'est préoccupant pour nous, pour les familles, c'est désespérant. Et je pense que vraiment, le protoxyde d'azote, c'est notre ennemi, on l'a tous dit. Et c'est effectivement encore la une de la presse régionale ce matin. On revient sur le conflit au Moyen-Orient.

On l'a vu dans le journal Donald Trump qui soutient que l'Iran est proche de la défaite. Est-ce que du coup, avec ce genre de déclaration, vous arrivez à y voir clair sur ce que Donald Trump cherche, jusqu'où il veut aller ? Écoutez, pour ce qui est de mes réflexions, c'est vrai qu'on est tous suspendus aux lèvres de Donald Trump. Et c'est encore plus flagrant que les chaînes en continu aussi, vont nous donner des informations à la minute, à l'heure, au jour, etc. Et on sent que c'est entretenu, cette espèce de suspense et cette story. Et donc, voilà, on ne s'inscrit que dans la parole de Donald Trump. Or, la parole de Donald Trump, on sait qu'elle virevolte.

C'est-à-dire qu'un jour, elle va nous annoncer ceci, le lendemain, elle va nous annoncer le contraire. Donc, moi, ce que je crois, c'est qu'il faut être attentif, effectivement, aux rumeurs dans le monde, qu'elles viennent de Donald Trump ou qu'elles viennent d'ailleurs. Mais ce n'est pas là-dessus qu'on bâtit, finalement, une réaction par rapport, notamment, au conflit au Moyen-Orient. Mais on l'a bien vu en Ukraine, c'est exactement la même chose. Un jour, je suis l'ennemi de l'Ukraine. Le lendemain, voilà, je vais presque lui taper dans le dos. Enfin, c'est complètement irraisonnable. Enfin, il y a quelque chose d'irrationnel dans tout cela.

Et donc, moi, je pense que c'est effectivement une parole qui s'écoute. Mais de là à en tenir compte, je crois qu'on est dans le secret des dieux, en fait. Concernant la position de la France, posture défensive, dit Emmanuel Macron, est-ce que pour vous, il a trouvé la bonne ligne de crête, être présent dans la zone aux côtés de nos alliés, mais ne pas être partie prenante de cette guerre ? En tout cas, le président de la République a montré qu'il était là et qu'il avait une parole et qu'il portait une parole plutôt de paix. Et presque, on a le sentiment qu'il pourrait se poser en médiateur. Bon, la réalité, c'est que nous n'avons pas été prévenus de ce conflit, ni la France, ni l'Europe.

Ce qui met aussi en difficulté tout cet espace, je dirais, géographique. Et donc, quel est le poids de notre parole ? C'est la question qui se pose. Est-ce qu'on peut être médiateur ? Est-ce qu'on peut s'interposer comme un moralisateur, comme un arbitre presque d'un jeu féroce ? Je ne le sais pas. Mais en tout cas, je trouve bien la position du président de la République. Je trouve qu'elle donne une ligne forte, malgré cette faiblesse, qui est effectivement pour tous un handicap. et elle est forte et elle est, en tout cas, au-dessus du conflit. Je trouve qu'il y a une bonne prise de distance. On le disait, Sébastien Cornuyer a reçu les représentants des chefs de parti.

On va écouter Marine Tondeuyer, la secrétaire générale des écologistes. Alors, pour elle, la France va trop loin et elle aurait dû suivre la position espagnole qui refuse que ses bases servent à l'opération israélo-américaine.

13:26
Invité

Pour nous, la France devrait suivre la voie de l'Espagne. Je vous en avais parlé en arrivant. La voie du respect du droit international, de l'affirmation de la solidarité internationale des peuples face aux États agresseurs. Et on salue, nous, on le redit, on le redira,

13:40
Présentateur

le refus du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, de mettre ses bases militaires à disposition dans le cadre du conflit contre l'Iran. On a demandé, nous, au Premier ministre, qu'il puisse faire la même chose

13:51
Invité

et que toutes les garanties soient données, qu'aucune base française ne participe aux opérations menées par les États-Unis en Iran

13:57
Présentateur

parce que ces opérations sont illégales. Qu'est-ce que vous pensez ? Il aurait fallu suivre l'Espagne ? Écoutez, moi, je ne vais pas du tout porter un avis sur la réaction de l'Espagne. Ce que je pense, c'est qu'Emmanuel Macron suit aussi les conventions européennes et qu'il est normal qu'on puisse aider, en tout cas, un territoire qui s'inscrit dans l'Union européenne. Et donc, Marine Tondelier est sur un autre positionnement, voilà, qui est respectable tel qu'il est présenté.

Mais moi, je suis plutôt du côté d'Emmanuel Macron qui dit, voilà, nous sommes aussi une force et nous nous inscrivons face à vous parce qu'en fait, on n'a pas voulu ce conflit, mais on doit défendre aussi les frontières européennes. Et ça, c'est important. Il y a une inquiétude également au Liban. Au moins, sept morts ces dernières heures dans une attaque sur Beyrouth. Emmanuel Macron s'est entretenu hier avec son homologue, Joseph Aoun. Il appelle Emmanuel Macron, à la fois le Hezbollah, à arrêter les attaques et Israël à renoncer à une opération militaire. Est-ce qu'il peut être entendu ?

Écoutez, je ne sais pas, mais en tout cas, ce que j'observe, c'est que le Liban est victime collatérale du conflit israélo-américain contre l'Iran et que le Liban, hébergeant quelque part le Hezbollah, est forcément un ennemi aussi. Et c'est délicat parce que c'est compliqué pour la population libanaise. On a tous connaissance de tout ce qu'ils ont vécu ces dernières années, la dureté de la vie pour eux. Et beaucoup, d'ailleurs, se sont expatriés pour ces raisons-là. Et on voit bien que là, ce conflit, finalement, qui se répercute sur leur territoire, dans Beyrouth, évidemment, s'inscrit dans un déplacement de population énorme et surtout sur des morts et forcément des blessés.

Et que dire sur ce qu'annonce, effectivement, le président ? Écoutez, lui, en tout cas… C'est le temps de le faire. Mais oui, c'est normal qu'il soit dans cette position-là et qu'il dise… En tout cas, il essaie de chercher des solutions. C'est plus compliqué pour nous de voir quels sont les enjeux et surtout si ce sont les bonnes réponses. Et est-ce que la France en fait assez pour soutenir le Liban ? Non. Si on écoute le patron du Parti communiste, Fabien Roussel, il dénonce un deux poids deux mesures.

16:26
Invité

Il faut protéger le Liban, protéger sa souveraineté, protéger ses frontières. Il y a un accord de défense avec les pays de la monarchie. Il y en a aussi avec le Liban. J'ai le sentiment qu'il y a un peu deux poids deux mesures. Parce que sur le Liban, il y a une aide humanitaire, mais il n'y a pas de protection. On n'empêche pas les missiles israéliens de tomber sur des routes. Par contre, on empêche les missiles iraniens de tomber sur Doha. Et c'est normal. Mais c'est là où il faudrait agir un peu plus.

16:55
Présentateur

Vous avez un sentiment d'un deux poids deux mesures ? Alors Emmanuel Macron, il a envoyé une aide humanitaire, des médicaments ? Moi je pense que ce sont des postures politiciennes en fait. Il faut bien avoir aussi la possibilité de se rappeler à l'opinion, surtout en période d'élection. En tout cas, voilà, c'est ce qu'exprime le président du groupe communiste. Moi je pense au contraire qu'on est des amis très forts du Liban et que ce qui est fait par Emmanuel Macron, comme par l'ensemble des personnes qui agissent, peut-être sans qu'on le sache, pour protéger le Liban, mais cependant, faire en sorte que le Hezbollah soit tué dans son... Oui, soit désarmé, soit à l'Ancien.

Il y a aussi des inquiétudes évidemment sur les prix de l'énergie. Et ça, ça concerne également la France. Le détroit d'Ormouz est bloqué, c'est par là que transite 20% du pétrole mondial. Le blocage a des conséquences économiques. Hier, 32 pays de l'Agence internationale de l'énergie ont libéré des stocks stratégiques d'une manière inédite. Pour le moment, on le voit que le prix du baril du pétrole remonte quand même. Est-ce qu'à un moment, il faut craindre un choc pétrolier, un choc énergétique qui pourrait avoir des conséquences durables, y compris sur le porte-monnaie des Français ? Ce n'est pas exclu. Ce n'est pas exclu du tout. Ça va dépendre de la durée du conflit.

Si le conflit dure, évidemment que les stocks stratégiques seront au bout. Et puis, je pense aussi que les stocks stratégiques, on ne va pas les mettre totalement à la disposition des usagers. Moi, je crois qu'il faut mettre ça aussi à bonne distance. C'est-à-dire que, voilà, nous le savons, depuis quelques jours, ça va avoir un impact sur le prix de l'essence et du gasoil. Eh bien, à nous, Françaises et Français, d'être collectivement solidaires aussi les uns des autres. Parce que qu'est-ce qu'on a vu les premiers jours ? Les gens se sont rués sur les stations-service au détriment des personnes qui travaillent et qui avaient besoin de l'essence et du gasoil.

Donc, moi, ce que je demande surtout, et j'en appelle à la solidarité, parce que, imaginez, il y a des pays, des peuples qui vivent la guerre, qui souffrent de morts et de blessés. Nous, nous ne souffrons que de la hausse de l'essence et du carburant en général. Donc, vous allez me dire, pour certains, c'est terrible. Mais c'est terrible pour nous tous. En milieu rural, on a besoin de l'essence et du gasoil tout le temps. Mais voilà, il va falloir faire preuve de solidarité. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il va falloir faire attention, être économe. Est-ce que nous pouvons être sobres en usage des carburants ?

Moi, je pense que oui, on peut faire plus de covoiturage, on peut faire de l'autopartage, on peut éviter de prendre sa voiture pour aller chercher peut-être sa baguette de pain si on est en ville, quoi. Il va falloir que chacun, on pense à notre petite part de sobriété en matière de consommation de carburant, parce qu'en totalité, ça fera beaucoup. L'histoire du colibri. Alors, il y a ce qu'on peut faire chacun, puis il y a ce que peut faire l'État. Le gouvernement, et face à la hausse des prix des carburants, Johan, le gouvernement, il met la pression sur les distributeurs.

Exactement, le gouvernement qui s'attaque en particulier aux distributeurs qui profitent de la guerre au Moyen-Orient pour augmenter de façon abusive leurs prix. Écoutez, Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement hier. Les Français ont largement remarqué la rapidité avec laquelle les prix avaient monté il y a maintenant 8 ou 9 jours. Eh bien, les baisses doivent être répercutées, là encore, de façon aussi rapide. Et le gouvernement qui a contrôlé 513 stations-service entre lundi et hier, 5% ont fait logé de sanctions, 13% d'anomalies pour les stations-service en faute. Les punitions sont lourdes, comme l'explique le ministre du Commerce, Serge Papin.

20:38
Invité

Pour les personnes physiques, l'amende peut aller jusqu'à 300 000 euros. Pour les personnes morales, jusqu'à 1,5 million d'euros.

20:45
Présentateur

Alors ça, c'est pour les sanctions. Mais en plus de ça, l'exécutif réfléchit à d'autres mesures pour stopper la flambée des prix. Exactement. Hier, en Conseil des ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à son gouvernement de lui faire des propositions. L'une d'elles pourrait être de plafonner les marges des distributeurs. L'exécutif se dit prêt également à faire évoluer des mesures déjà existantes, celles visant à protéger le pouvoir d'achat. Pour le moment, on ne sait pas quelles mesures sont concernées. En revanche, Sébastien Lecornu s'oppose aux propositions de l'opposition. Des propositions, je le cite aussi, démagogues qu'inutiles.

– Et pardon, et qui vise-t-il en disant cela ? – Eh bien, c'est une attaque contre le Rassemblement national qui appelle à baisser deux taxes sur les carburants, la TVA et l'axi sur les produits énergétiques. Ça pourrait effectivement soulager les consommateurs, car en moyenne, les taxes représentent la moitié du prix du litre à la pompe. Mais cette proposition n'est pas possible pour deux raisons. Déjà parce que le droit européen l'interdit et aussi parce que le gouvernement est contre. Le manque à gagner pour l'État serait trop important. 17 milliards d'euros.

Le gouvernement ne veut pas non plus d'une autre proposition, celle de la France insoumise, qui veut bloquer les prix de manière temporaire. Position donc moins radicale au Parti socialiste. Olivier Faure propose un chèque énergie pour les ménages les plus modestes. Et chez les écologistes, Marine Tondelier réclame des aides ciblées pour les ménages populaires et ruraux. – Et ce n'est pas la première fois qu'un conflit fait flamber les prix des carburants. Comment avaient réagi les gouvernements de l'époque ? – Oui, on avait connu une situation similaire en août 1990, à l'époque de la guerre du Golfe.

Le gouvernement de Michel Rocard avait pris un décret permettant de bloquer les prix des carburants pendant cinq semaines. Et puis déjà à l'époque, la France était entendue avec ses partenaires de l'Agence internationale de l'énergie pour puiser dans les réserves stratégiques de pétrole. Une décision collective qui a de nouveau été prise par deux fois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. C'était en 2022. En complément, l'exécutif avait instauré des ristournes directement à la pompe entre avril et décembre 2022, jusqu'à 30 centimes par litre avant de retomber à 10 centimes.

Et pour compenser cette baisse, le gouvernement avait ensuite créé une indemnité carburante de 100 euros pour les 10 millions de foyers les plus modestes, des aides qui avaient coûté cher à l'État 8 milliards d'euros. Élisabeth, donnez-nous une question pour vous. Est-ce qu'on a les moyens de mettre de nouveau en place des aides similaires ? Alors, chacun sait en France que nous n'avons plus les moyens de faire des ristournes et des chèques et le quoi qu'il en coûte finalement. Et d'ailleurs, qui a été critiqué, qui a été finalement trop ouvert et qui a mis la France à place, si je puis dire.

En tout cas, la dette est tellement importante aujourd'hui qu'on ne peut plus avoir cette capacité à formuler ce type de proposition. Moi, je suis très attentive à ce que va proposer le gouvernement. Mais comme je le disais tout à l'heure, il faut attendre de voir combien de temps ce conflit. Et donc, il faut garder des étapes successives. Il ne faut pas tout de suite, on dit, on baisse les taxes ou alors on fait des chèques, etc. Attendons un peu. Et moi, j'attends de la solidarité collective. Et je le dis droit dans les yeux à la population. Soyez sobre en consommation de carburant. Il ne faut pas tout attendre de l'État.

Et ma foi, si c'est notre petite contribution à chacun, elle méritera d'être faite. On ne peut pas toujours attendre que l'État nous envoie l'aide. Par contre, il y a effectivement des secteurs sur lesquels il faut être très attentif. Évidemment, les routiers, ceux qui ont besoin de transporter la marchandise, etc. Donc, il y a des secteurs sur lesquels il faut effectivement être beaucoup plus attentif à la réponse que nous allons apporter. Les plus modestes, les plus fragiles, qui ont besoin de se déplacer, en termes sanitaires, en termes de sécurité. Voilà.

Il y a des secteurs qu'il faut protéger, mais que le reste de la population soit un petit peu plus économe, fasse attention à son voisin, puisse porter des courses, puisse le transporter. Eh bien, moi, je trouve que ça ferait un petit peu preuve de solidarité. Et on en a besoin. On devient de plus en plus individualiste. Eh bien, cette forme de réponse à une guerre qui est lointaine, mais qui a des impacts chez nous, serait de bonne augure. Protéger les consommateurs, ça passe aussi par des sanctions qui seraient plus sévères ? Oui. Eh bien, écoutez, il faut absolument… Ça, c'est le devoir de l'État et des, comment dirais-je, des institutions, enfin, des différentes institutions de contrôle.

Il faut absolument regarder à ce que le consommateur ne soit pas abusé par, justement, des ventes excessives, des coûts excessifs des carburants. Ça, c'est le rôle de l'État. Et moi, je compte, voilà, sur une surveillance accrue, parce qu'on est dans une situation, voilà, difficile pour tout le monde. Un conflit au Moyen-Orient, Elisabeth Donaud, qui se tient en pleine campagne des municipales. Alors, on va regarder la ligne de Ouest-France. Ce matin, les municipales parasités par le contexte international. Est-ce que c'est ce que vous avez comme sentiment quand vous êtes sur le terrain ? Alors, quand on est sur le terrain, ça dépend. Quel territoire ?

Sur un territoire rural comme le mien, c'est-à-dire le département de la Mayenne, on parle plutôt du quotidien. Mais néanmoins, la question, effectivement, du carburant revient. La question de, voilà, encore un autre conflit dans le monde qui a des impacts chez nous, enfin, voilà, ça inquiète beaucoup. Il faut dire aussi que le fait de ne parler que de ça à la télévision, sur les réseaux, eh bien, ça a une influence vraiment importante sur l'ensemble de la population. Et on peut oublier, effectivement, les élections municipales. Mais, bon, dans les territoires ruraux, il est important aussi de connaître l'identité de nos candidats et de savoir pour qui on va voter.

Ça reste quand même, voilà, des sujets de conversation actuelles. Donc, il y a beaucoup de communes, 68% des communes, où il n'y aura qu'une seule liste. Avec, pour la première fois, dans les très petites communes, plus de possibilités de panachage. Est-ce que vous craignez que ça favorise l'abstention ? Est-ce que c'est une erreur d'avoir modifié ce mode de scrutin ? Alors, vous savez qu'en Mayenne, on est le deuxième département après le Gers où il y a le plus de communes qui n'ont qu'une seule liste. C'est pour vous montrer aussi que, finalement, la population est suffisamment satisfaite puisqu'il n'y a pas de contradiction qui se propose.

Alors, est-ce que c'est le nouveau mode de scrutin ? Je ne le crois pas. En fait, moi, j'ai eu très peu de maires. Alors, je sais que dans d'autres territoires, ça a plutôt été l'inverse, mais qui m'ont dit, voilà, la parité désormais, ce sera compliqué, on n'aura pas de candidats. Écoutez, tout le monde a trouvé, finalement, à présenter des listes. Mais est-ce que vous avez des Français sur le terrain qui vous disent, il n'y a qu'une liste à quoi bon aller voter ? Alors, il y a ceux qui étaient énervés et adoraient mettre un coup de crayon sur telle personne ou sur telle liste, etc.

Bon, ils pourront toujours le faire, mais ce sera donc, finalement, des bulletins qui seront mis à la poubelle, nuls. Mais la réalité, c'est que la plupart des gens trouvent que c'est plutôt bien qu'il n'y ait plus ce tir au pigeon, quoi. Et que surtout, quand une liste est identifiée avec un projet, un programme, une continuité, parfois, puisque, comme vous le dites, c'est des listes uniques, donc, eh bien, ils trouvent que c'est plutôt… Voilà, comment… D'une manière de montrer que, finalement, on est assez en consensus avec la proposition. Enfin, je n'ai pas eu de remontation. – Pour vous, ça ne traduit pas une difficulté de l'engagement local, le fait qu'il y ait une seule liste ?

– Non, je pense que le défaut d'engagement local, il vient plutôt du fait que, on le sait, pour certaines personnes qui se seraient présentées il y a quelques années, aujourd'hui, ils ne le font pas, parce que trop d'administratifs, trop de normes, la violence aussi, le fait que des personnes, des citoyens soient d'une violence excessive, dans nos territoires ruraux, le problème des ordures ménagères, ça revient très souvent, et on a vu beaucoup de maires qui ont été mis à mal par, justement, la violence de certains de leurs concitoyens qui venaient réclamer, etc.

Donc, non, je pense que ça, c'est plus les raisons pour lesquelles il y a un manque, peut-être, de candidature, mais très honnêtement, ça se passe plutôt bien quand même. – Question un peu plus politique qui concerne la droite et le centre, on va écouter ce que disait Gérard Larcher, hier, sur France Inter.

28:59
Invité

– Notre ambition, c'est que, j'allais dire, la vague bleue, la vague du centre et de la droite soit au rendez-vous dimanche.

29:10
Présentateur

– Vous croyez vraiment une vague bleue de la droite et du centre dimanche ? – Alors, écoutez, moi, je ne veux surtout pas contredire le président du Sénat que je salue à travers cette interview, mais que vous dire, c'est que, déjà, ce qu'on constate, c'est que beaucoup de communes sont dirigées par des maires de droite et du centre, donc je ne pense pas, vu effectivement le fait qu'il n'y ait qu'une seule liste, il n'y aura pas de changement notable.

Moi, je vois plutôt, si on veut parler de vagues, de changements, c'est plutôt du côté des verts que là, il y a des craintes à avoir pour eux, et par contre, de vagues de l'autre côté du RN, peut-être, avec une résonance au Sénat, parce que les sénateurs qui seront renouvelés par moitié cette année en septembre, verront peut-être à leur côté des candidatures en plus grand nombre du RN, et donc ça, c'est quand même une question… – Et donc un affaiblissement des groupes de droite et du centre ? – Oui, alors nous, on était épargnés, ici au Sénat, on n'avait ni LFI, ni RN. Notre assemblée était plus sage, en quelque sorte, et un peu moins… – Ça sera plus le cas ? – Dans l'excessif.

J'espère que ça le restera. Il faut faire attention, parce que les élections municipales, voilà, ça a une conséquence sur les élections sénatoriales. Donc attention. – Merci Elisabeth Donaud, merci beaucoup d'avoir été notre invité pendant cette première demeure. Johan, on se retrouve dans 20 minutes ? – Exactement. – Revue de presse régionale, on suivra également les dernières infos de la campagne des municipales avec vous, et on va parler de tout ça avec Michel Barnier, qui nous rejoint. – Bonjour Michel Barnier, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, député Les Républicains, la droite républicaine de Paris, et vous êtes également, évidemment, ancien Premier ministre.

On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lécuyer de la Voix du Nord. Bonjour Julien. – Bonjour Auriane. – Bonjour Monsieur Barnier. – Bonjour Monsieur. – Monsieur Barnier, on va parler des municipales, mais on commence par le conflit au Moyen-Orient, 12 jours après le début de cette guerre. Donald Trump qui dit qu'il n'y a plus rien à détruire en Iran, mais il continue néanmoins la guerre. Est-ce que vous y voyez clair dans les buts de guerre du président américain ?

31:39
Michel Barnier

– Non, c'est d'ailleurs le problème depuis le premier jour. Quel est le but de guerre ou quels sont les buts de guerre ? Est-ce que c'est de détruire les sites nucléaires, ce qui est d'intérêt général, notamment pour la sécurité d'Israël qui n'a jamais, à mes yeux, été négociable, qui ne doit pas être négociable ? Est-ce que c'est de détruire les bases logistiques, ce qui est, je crois, largement fait, ou est-ce que c'est de changer le régime ?

Quand on parle de cette région et de ce conflit terrible, notamment pour ses conséquences au Liban, et je pense beaucoup au peuple libanais qui se voit toujours meurtri par des guerres ou des conflits qui sont importés chez lui, il ne faut jamais, jamais oublier ce qu'est le régime iranien, le régime qui veut, depuis le début, détruire Israël. Détruire Israël. Je vous ai dit, la sécurité israélienne n'est pas négociable à mes yeux. C'est un régime qui exporte du terrorisme et qui le finance partout, chez nous aussi comme dans le reste du monde.

Et puis, c'est un régime qui massacre son peuple, qui a détruit la vie et l'avenir et l'espoir de dizaines de milliers de personnes il y a quelques semaines encore.

32:46
Invité

Les Etats-Unis ne se sont-ils pas trompés dans leur estimation de la résilience du pouvoir des Mollahs à Téhéran ? Est-ce qu'on peut s'attendre à un effondrement ?

32:59
Michel Barnier

Moi, je n'ai jamais pensé que le régime iranien, qui est un régime extrêmement structuré, avec les passes d'Aran, et puis la deuxième couche, les Basidji, qui contrôlent les quartiers et qui, d'ailleurs, font régner la terreur à bien des égards dans les quartiers et les villages communes d'Iran, allaient tomber comme cela. Mais je pense que les services d'intelligence et d'Israël et des Etats-Unis savent bien ou savaient bien que le régime iranien avait cette solidité-là. Néanmoins, au-delà de cette intervention, c'est trop tard, ce n'est pas utile de commenter est-ce qu'il fallait la faire ou pas, elle est faite.

Il faut espérer que le peuple iranien trouvera en lui-même la force pour se libérer. C'est lui qui a son propre destin dans ses mains.

33:40
Présentateur

On va parler du Liban, Julien.

33:43
Invité

Oui, puisque la France va envoyer 60 tonnes d'aide au Liban, on est à plus de 800 000 réfugiés, plus de 600 morts à l'heure actuelle et il y a eu encore 7 morts cette nuit. Est-ce que vous jugez les actions militaires israéliennes disproportionnées et faut-il armer le Liban ?

34:06
Michel Barnier

Je partage l'appel qu'a lancé le président de la République française à la retenue pour Israël, notamment s'il s'agissait d'une invasion ou d'une intervention terrestre.

34:18
Présentateur

Qui n'a pas l'air d'être entendu pour le moment.

34:20
Michel Barnier

Est-ce que sa voix porte encore ? Ça n'empêche pas que nous qui sommes alliés et amis d'Israël, nous disions à Israël ce que nous pensons des conséquences sur le peuple libanais de ce conflit. Ce qui est vrai aussi, c'est que le Hezbollah doit être démilitarisé, doit être désarmé. Et ça, c'est un engagement d'ailleurs dans lequel les nouvelles autorités du Liban, le président Raoult et le Premier ministre sont assez clairs et il faut saluer leur ténacité, leur courage. Et puis en même temps, il faut que nous soyons aux côtés du peuple libanais comme nous l'avons toujours été. Il ne suffit pas de mots, il faut des actes. Et les actes, c'est quoi ?

C'est un, l'action humanitaire pour soutenir ces 800 000 réfugiés qui sont montés du sud vers le nord du Liban et le nord de Beyrouth. Et puis aider l'armée libanaise et aider l'armée libanaise à se démilitariser, à se débarrasser du Hezbollah.

35:16
Invité

– Donc envoyer des armes, il y a un blindé qui est déjà en route.

35:21
Michel Barnier

– On a déjà prévu, je crois, d'envoyer des blindés pour aider ou équiper l'armée libanaise. Je pense qu'il faut continuer à la fois du matériel et puis de la formation.

35:30
Présentateur

– Plus largement, alors vous nous avez dit ce que vous pensez sur le Liban, mais plus largement, est-ce que vous trouvez que la position d'Emmanuel Macron, les mots d'Emmanuel Macron sont les bons depuis le début de ce conflit ?

35:38
Michel Barnier

– La réponse est oui.

35:39
Invité

– Et vous plaidez pour un Conseil européen de sécurité et de défense pour porter aussi une voie européenne ?

35:46
Michel Barnier

– Ça fait partie des conséquences qu'il ne faut pas trop tarder à tirer de ce conflit, comme d'ailleurs on a tiré et on continue de tirer des conséquences de cette tragédie de l'agression russe en Ukraine. Et il y a plusieurs conséquences. – D'abord, ce que nous pouvons faire dans l'immédiat, et notamment avec d'autres forces peut-être américaines ou d'autres forces européennes pour sécuriser le détroit d'Hormuz, c'est très compliqué, il ne faut pas raconter d'histoire, mais c'est quand même 20% du pétrole et du gaz du monde entier qui passent par ces détroits, y compris vers l'Asie. Donc ça a beaucoup de conséquences, notamment pour les consommateurs. Deuxièmement, les stocks.

On voit bien que certains des partenaires sont déjà à court de munitions, donc on voit bien que dans ces conflits, on a besoin d'assurer la production, produire, produire, produire et soutenir les industries qui sont les nôtres, qui sont puissantes, d'industries d'armement. Et puis, il y a plein d'autres conséquences sur l'organisation de l'Europe qui est absente et qui est largement spectatrice de ce conflit. Je ne vais pas pour une Europe qui soit spectatrice, mais qui soit au contraire actrice ou acteur de son propre destin.

Et voilà pourquoi j'ai proposé, en tirant les leçons de ce qui s'est passé en Ukraine et de ce qui se passe aujourd'hui au Proche-Orient et au Moyen-Orient, l'idée d'un Conseil européen de sécurité qui souhaite un conseil, un nouveau cadre entre les nations, entre les États, en dehors des institutions actuelles de l'Europe, un cadre intergouvernemental où l'on pourrait retrouver les grands pays européens qui sont engagés dans un effort militaire et de défense, la France, l'Allemagne, la Pologne, l'Italie, peut-être des pays qui ne sont plus ou qui ne sont pas dans l'Union européenne.

Je pense au Royaume-Uni qui est un très grand acteur, je pense un jour à l'Ukraine, je pense à la Norvège et qui pourrait s'occuper de questions de politique étrangère, de défense, d'intelligence, mais aussi de certains engagements et investissements stratégiques. Je pense à l'intelligence artificielle ou à toutes les industries ou à toutes les technologies quantiques. Là, on a besoin d'investir massivement pour l'avenir, massivement. Est-ce qu'on investit sans les Anglais ou avec eux ? Moi, je pense qu'il vaut mieux faire les choses avec eux.

37:55
Présentateur

Sur le détroit d'Hormuz, tension dans le détroit d'Hormuz, est-ce qu'il faut craindre une escalade militaire qui pourrait entraîner les grandes puissances ?

38:02
Michel Barnier

On est déjà dans une escalade. On le voit encore cette nuit. On voit bien ces drones ou ces missiles qui tombent un peu partout, envoyés par l'Iran. Donc, ça retouche à la capacité de résistance ou de résilience des forces actuellement d'Iran. Techniquement, je ne sais pas exactement ce qu'il faut faire sur le terrain, mais on a déjà dans le passé ou à la corne de l'Afrique, quand il s'agissait de lutter contre la piraterie au moment de la guerre du conflit en Irak, on a déjà sécurisé le trafic.

Je pense qu'on peut imaginer que des forces coalisées assurent la fluidité du trafic dans les Trois d'Hormuz et évitent, comme on l'a fait d'ailleurs en détruisant les bateaux qui posent des mines, les bateaux iraniens, plusieurs dizaines de bateaux ont été détruits ces jours derniers. On peut tenter de sécuriser ce détroit d'Hormuz.

38:49
Invité

En tout cas, l'enjeu, il est clair. Il y a une telle volatilité des prix des énergies à l'heure actuelle qu'il y a des répercussions énormes dans les stations-services en France. Vous avez demandé à l'État qu'il protège les plus modestes des conséquences de cette guerre, mais sans politique de chèque en blanc, dites-vous. À quoi pensez-vous ?

39:09
Michel Barnier

Non, mais assurer une certaine stabilité des marchés, éviter l'embrasement de ces marchés pétroliers ou de gaz, n'oubliez pas le gaz où les réserves sont plus limitées. Ça conduit, par exemple, à faire ce qui a été décidé par l'OPEP hier, de libérer des stocks stratégiques à hauteur de plusieurs centaines de millions de barils. Ça, ça permet sans doute de stabiliser les marchés, d'éviter la spéculation. Le moment n'est pas venu, me semble-t-il. Il faut être très calme, garder son sang-froid, ne pas être fébrile et éviter les erreurs qu'on a vues faire dans le passé. Nous n'avons plus d'argent. C'est un des messages que j'ai tenté de faire passer lorsque j'étais Premier ministre.

Ce n'est pas populaire, forcément, de dire qu'on ne peut pas tout faire. Mais il faut être responsable. On ne peut pas continuer, je l'ai dit, à tirer des chèques en blanc ou en bois

40:02
Invité

Ça veut dire concrètement, M. Bernier, que quand le Rassemblement national gère sur la fiscalité, quand LFI parle de bloquer les prix, ils sont irresponsables, selon vous ?

40:15
Michel Barnier

Moi, je trouve qu'ils ne sont pas à la hauteur. Je peux le dire autrement. Ils ne sont pas à la hauteur des défis d'aujourd'hui, mais ce n'est pas la première fois que LFI, l'extrême gauche et l'extrême droite font de la démagogie et du populisme en oubliant ou en voulant sacrifier les générations futures. Donc, je fais confiance au gouvernement pour chercher le bon chemin et y réfléchir. Mais c'est lequel ?

40:35
Présentateur

Xavier Bertrand, ce matin, il plaide pour un plafonnement des prix.

40:38
Michel Barnier

Est-ce que ça, ça pourrait être une bonne mesure ? Ça peut être une limitation, une maîtrise des prix. Ça peut être aussi une action sur les taxes que reçoit l'État. Encore une fois, c'est au gouvernement de décider qu'il est le bon choix.

40:51
Invité

On parle de fiscalité et de blocage des prix quand vous dites ça. Si on joue sur la taxe flottante ou bien sur un plafonnement des prix, est-ce qu'on n'est pas exactement dans les mesures que prônent le RN ou LFI ?

41:03
Michel Barnier

Oui, moi, je recommande de ne pas faire de la démagogie. Les Français savent que nous sommes dans des situations difficiles. Ils savent aussi que l'argent est rare et qu'au bout de la route, c'est eux qui vont payer. Donc, la question, c'est de trouver le bon moment et le bon chemin.

41:16
Présentateur

Il ne faut même pas à minima des mesures ciblées pour les plus modestes ?

41:19
Michel Barnier

Je vous ai dit, moi-même, j'ai eu l'occasion de m'exprimer en disant que s'il y avait quelque chose à faire, ce serait d'aider temporairement et le moment venu, le moment n'est pas encore venu, les ménages les plus modestes et ceux qui ont le besoin le plus de cette essence ou de ce gaz pour travailler.

41:34
Présentateur

Il y a les particuliers, il y a aussi les professionnels. Ce matin, le gouvernement reçoit les agriculteurs, demain, il recevra les pêcheurs de secteurs que vous connaissez bien. Est-ce que là, il faut des mesures spécifiques pour eux ?

41:42
Michel Barnier

Ça fait partie. Je viens de vous dire à l'instant que les gens qui ont besoin de fuel ou de gaz pour travailler ou d'essence doivent pouvoir compter sur la solidarité nationale. Mais c'est au gouvernement de décider ce qu'il faut faire.

41:55
Présentateur

Mais vous, vous n'avez pas de mesures ? Qu'est-ce que vous auriez fait si vous étiez encore un matignon ?

41:59
Michel Barnier

Qu'est-ce que vous auriez fait ? Je garde les souvenirs du moment où j'ai eu l'honneur de diriger le gouvernement dans des circonstances très graves et je sais que toutes dépenses, quoi qu'il en coûte, toutes ces dépenses qui semblaient faciles. L'argent n'est pas facile. Il n'y a même plus d'argent. Donc, il faut faire très attention.

42:15
Présentateur

Julien, on va parler des municipales. On commence par les municipales à Paris ?

42:17
Invité

Oui. Alors, la dernière enquête Elab datée de dimanche se place Rachida Dati à 26,5%. C'est 5,5 points derrière le candidat socialiste Emmanuel Grégoire.

42:27
Michel Barnier

Est-ce que vous restez confiant ? Oui, je suis confiant. Je suis confiant dans la volonté des Parisiens de changer. Je suis aujourd'hui député de Paris de la deuxième circonscription, celle où nous nous trouvons, d'ailleurs, celle du Sénat, de 5e, 6e et 7e arrondissements. Et je vois partout le même espoir que Paris change. Et d'ailleurs, cet espoir, je le vois dans beaucoup de villes où je me rends. Chaque semaine, je visite une région de France pour soutenir des candidats de ce socle commun et de ma propre formation politique. Les Républicains, j'étais à Lille il y a quelques jours.

Partout, je vois d'ailleurs dans la gestion très longue, trop longue, les mêmes, les socialistes, les verts, les mêmes problèmes de propreté, de sécurité, de fluidité, de logement, de perte économique, de commerce qui ferme. Partout, on voit les dégâts d'une gestion trop longue et de gens qui sont fatigués. Donc, il faut changer à Paris. Et c'est qui l'alternance ? C'est Rachida Dati. C'est personne d'autre. Donc, il faudra qu'à un moment donné, tout le monde prenne ses responsabilités et ce moment n'est pas...

43:27
Invité

Prendre ses responsabilités ? Vous voulez parler de qui ?

43:31
Michel Barnier

Je parle notamment de Pierre-Yves Bournazel. Si au soir, premier tour, il est clair que c'est Rachida Dati qui, la seule, comme je le pense, peut exprimer ou persuadiser cette alternance, il faudra que chacun prenne ses responsabilités.

43:44
Présentateur

La responsabilité, c'est quoi ? C'est se retirer ?

43:46
Michel Barnier

C'est une fusion de listes ? Être prêt à l'alliance. Être prêt à l'alliance. Et d'ailleurs, j'aimerais que tous ceux qui soutiennent Pierre-Yves Bournazel aient le langage aussi clair que celui qu'a eu Édouard Philippe récemment en disant qu'en toute hypothèse, il y aurait une alliance ou une unité au deuxième tour et il faut absolument que tous ceux qui veulent alternance prennent leurs responsabilités.

44:06
Présentateur

Mais est-ce qu'elle n'est pas un peu ubuesque cette campagne pour la droite à Paris ? Vous, par exemple, pour la mairie de Paris, vous soutenez Rachida Dati et dans votre circonscription, dans un arrondissement, vous soutenez une candidate qui est soutenue par Pierre-Yves Bournazel ?

44:16
Michel Barnier

Oui, mais il y a deux votes. Je n'ai pas ubuesque. C'est deux votes. C'est la nouvelle loi. Donc on peut très bien avoir... Ça montre un peu les contradictions. Non, ce n'est pas une contradiction. On peut avoir une préférence pour un arrondissement pour quelqu'un qui a bien fait son travail. C'est le cas de Florence Berthoud dans le cinquième arrondissement avec laquelle j'étais encore hier qui était parfaitement loyal avec moi, qui est ma suppléante comme députée de Paris. Elle est ma suppléante. C'est aussi simple que ça.

Et s'agissant de Paris, grâce à cette nouvelle loi qui permet de choisir le maire de Paris pour la première fois, chaque voie compte de la même manière, chaque voie a le même poids qu'on soit dans le 18e ou dans le 7e arrondissement. Mais vous pensez

44:53
Présentateur

que les électeurs de droite, s'il faut y voir clair ?

44:56
Michel Barnier

Oui, je pense que c'est assez clair. En tout cas, moi, ce que j'entends, c'est que c'est assez clair. Il y a deux votes. Donc on choisit le maire de Paris, on choisit le maire d'arrondissement. On peut faire des choix qui n'aient pas tout à fait la même sensibilité.

45:05
Invité

La clarté, elle est également demandée sur la stratégie à adopter dans le cadre d'un second tour. Si Rachida Dati y est, a priori, selon les sondages, elle y sera. Il y a une question qui se pose autour de la candidate Sarah Knafo qui, elle, est estimée à 13,5%, donc en capacité de se maintenir ou bien de faire alliance comme elle le propose avec Rachida Dati. Vous pensez que Rachida Dati devrait accepter cette main tendue ?

45:34
Michel Barnier

Ce n'est pas comme ça que les choses se présentent. Madame Knafo, tous les jours, matin, midi et soir, je l'entends, elle a des qualités, je l'entends dire je veux l'alternance à Paris, je favoriserai l'alternance, je ne ferai rien qui compromettrait l'alternance à Paris. Donc dimanche prochain, il faudra qu'elle prenne ses responsabilités et qu'elle favorise l'alternance et l'alternance, c'est Rachida Dati. Voilà ce que je peux dire. Il n'y aura pas d'alliance d'appareils, d'État-major, de Combine, il faudra que chacun prenne ses responsabilités, Madame Knafo comme M. Bournazel.

46:03
Présentateur

Mais ce ne sera pas un problème pour vous que Sarah Knafo soutienne Rachida Dati ?

46:06
Michel Barnier

Elle peut appeler l'électeur, personne n'est propriétaire de ces voix, vous savez, même je ne donne pas de consignes parce que les électeurs sont assez grands pour choisir eux-mêmes. Donc je pense que, je l'entends dire, je veux l'alternance, tous les Parisiens, la grande majorité de Parisiens veulent l'alternance, c'est l'intérêt général. L'alternance à Paris, c'est Rachida Dati.

46:25
Invité

Est-ce que ce n'est pas malaisant ? En fait, on sent bien quand même une forme de gêne actuellement à droite. Rachida Dati, elle a besoin des voix de Sarah Knafo pour l'emporter. Le problème, c'est que Sarah Knafo, elle est quand même la représentante d'un parti d'extrême droite,

46:40
Michel Barnier

reconquête. C'est pour ça que je vous dis qu'il n'y aura pas d'alliance de parti à parti, de Combine ou d'État-major. Rachida Dati a besoin des Parisiens. Ce n'est pas les voix d'un tel ou d'un tel. Personne n'est propriétaire de ces voix, ni Mme Knafo, ni M. Brunazel, ni personne d'autre. Les Parisiens sont libres de décider. Je pense qu'il faudra qu'au deuxième tour, tout le monde se retrouve derrière la personne, la seule personne, Rachida Dati, qui peut créer et exprimer une nouvelle politique. C'est tout. Tout ce qui s'agit, au-delà des personnes et des étiquettes, il s'agit de changer Paris.

47:13
Présentateur

Plus largement, au-delà de Paris, Gabriel Attal demande aux Républicains de clarifier leur position pour la présidentielle et leur positionnement vis-à-vis du Rassemblement national. Est-ce qu'il faut une clarification ? Est-ce qu'elle est nécessaire ?

47:25
Michel Barnier

Je ne vais sûrement pas vous faire perdre du temps en faisant des polémiques et je n'en ai pas envie d'ailleurs avec Gabriel Attal qui anime une mauvaise polémique. Notre ligne est extrêmement claire. Il n'y aura pas d'alliance ni de compromission avec les partis d'extrême.

47:41
Présentateur

Il n'y a pas quand même quelques ambiguïtés. Par exemple, les Républicains, ils suspendent de leur parti leurs membres qui rentrent au gouvernement. Ça a été le cas pour les six ministres qui sont rentrés au gouvernement. Par contre, ils ne suspendent pas les membres de leur parti qui soutiennent des candidats UDR. On pense notamment à Éric Ciotti à Nice, allié du Rassemblement national. Est-ce que ça n'entretient pas l'ambiguïté ?

47:57
Michel Barnier

Moi, je n'aime pas beaucoup les exclusions. Je l'avais d'ailleurs dit quand il s'agit des ministres actuels qui restent nos amis dans la famille politique. Je n'aime pas beaucoup les exclusions. Mais encore une fois, ma ligne est extrêmement claire comme celle du président du Sénat qui s'est exprimé il y a quelques heures ou quelques jours. Il n'y a pas, il ne peut pas y avoir une alliance d'appareil. Alors, excusez-moi,

48:17
Invité

M. Barnier, mais en l'occurrence, concernant la clarté, Gérard Larcher a été, il a été complètement, il a appelé hier à l'exclusion des LR qui souhaitent rejoindre des listes RN et reconquêtes. Et il y a quand même beaucoup d'exemples de LR, d'adhérents et d'LR qui ont intégré

48:36
Michel Barnier

des listes RN. Non, il n'y a pas beaucoup d'exemples, il y a quelques exemples que je regrette et je pense en effet qu'il faudra clarifier les choses. Mais clarifier, ça veut dire concrètement, est-ce que ça veut dire comme Gérard Larcher d'exclure ces gens ? C'est-à-dire des gens qui s'allient avec les partis d'extrême droite n'ont rien à faire dans notre famille politique.

48:53
Invité

Est-ce que vous n'avez pas été gêné aussi à la vision de cette image, évidemment largement diffusée par Éric Ciotti, d'un dîner avec François Fillon, ancien candidat à la présidentielle qui vient soutenir le candidat d'extrême droite UDR ?

49:10
Michel Barnier

À Nice, nous soutenons M. Estrosi sans aucune ambiguïté. Cette rencontre était une rencontre privée qui a été médiatisée. Je crois qu'elle est liée à l'amitié ancienne entre François Fillon et Éric Ciotti et je ne vais pas mettre en cause cette amitié. Mais en tout cas, nous ne soutenons pas M. Ciotti.

49:28
Invité

Elle est opportune, vous ne le cacherez pas. Donc ça veut dire que François Fillon

49:31
Michel Barnier

soutient son ami Éric Ciotti. On ne va pas passer trop de temps là-dessus. Ce n'est pas mon cas.

49:37
Présentateur

Non mais il y a quand même quelques... Par exemple, dans votre région à Bourg-en-Bresse, là, excusez-moi, mais on n'est pas dans la grande clarté entre l'extrême droite et les LR.

49:46
Michel Barnier

Oui, je veux bien qu'on passe beaucoup de temps à parler de tous ces cas particuliers alors qu'il y a tant de crises et d'inquiétudes dans le monde et en France pour d'autres sujets beaucoup plus graves. Je vous ai dit, personnellement, je ne suis pas favorable à aucune forme d'alliance ou de compromission avec les partis d'extrême droite. Est-ce que vous voudrez

50:01
Présentateur

réciter que Bruno Retailleau

50:03
Michel Barnier

ne le dise pas clairement et ne prenne pas des actes en conséquence ? Je pense qu'il faudra clarifier les choses et dire à ces personnes sérieusement rejoindre ou soutenir les candidats d'extrême droite qui n'ont rien à faire chez les Républicains.

50:16
Présentateur

Comment vous concevez pour terminer sur ces deux...

50:18
Michel Barnier

Moi, ce qui m'intéresse, je vais aller plus loin. Ce n'est pas seulement pour sanctionner tel ou tel, c'est pour penser à ce qui va se passer l'année prochaine. Et c'est ça l'élection. Mais justement, M. Bernier, c'est pour ça que je voulais

50:28
Présentateur

vous poser cette question parce que selon une étude d'Ipsos, Cevipof et Fondation Jean Jaurès, seuls 21% des sympathisants LR, votre parti, sont hostiles à une alliance

50:38
Invité

avec l'extrême droite. Est-ce que vous ne vous sentez pas en décalage avec votre propre famille politique ?

50:43
Michel Barnier

Non, je ne me sens pas en décalage. S'il y a une offre politique, une solution alternative, crédible d'un candidat de la droite républicaine et du centre ou des centres, c'est ce que je souhaite et c'est ce à quoi je travaille et que je vais continuer à travailler, c'est ça. Et donc, les électeurs seront convaincus. Il y a actuellement une sorte de désespérance ou d'un certain nombre de gens qui ne savent plus où nous sommes. Il y a eu beaucoup de déceptions dans le passé. Notre parti est en convalescence. Il revient de loin. Il a recommencé à regagner la confiance au moment où je suis devenu Premier ministre et je pense que ça doit continuer.

51:14
Présentateur

Est-ce qu'il n'a pas reperdu au moment où Bruno Retailleur quittait le gouvernement ?

51:17
Michel Barnier

Je ne vais pas faire trop de commentaires là-dessus. Ça ne m'intéresse pas. Je ne crois pas que ça intéresse beaucoup les gens. Le parti est en renaissance, est en reconstruction, en convalescence et il faut que ça continue parce qu'on a besoin d'une droite républicaine forte pour le centre de gravité de la société française et précisément sur les idées que nous représentons en matière d'autorité de l'État, de maîtrise de l'immigration, de liberté d'entreprendre, de réduction des normes, d'influence de la France. Et donc je pense qu'il y a une vraie raison pour l'ensemble des forces politiques de comprendre l'importance d'avoir une droite républicaine forte. – Et pour l'incarner,

51:53
Présentateur

est-ce qu'au Havre, par exemple, vous souhaitez la victoire d'Édouard Philippe ?

51:57
Michel Barnier

– Évidemment, je souhaite la victoire d'Édouard Philippe. Il n'y a aucune ambiguïté là-dessus et je pense qu'il le mérite parce qu'il a bien géré cette ville dans la continuité de l'action d'Antoine Rufflac d'ailleurs. Bien sûr, et c'est évident qu'on a besoin d'une personnalité comme Édouard Philippe pour rebâtir le redressement et le rassemblement – Et pour la présidentielle ? – Non, ça c'est autre chose. Je pense qu'il faudra un candidat de la droite républicaine et du centre.

52:17
Présentateur

– Mais que vous dessinez comment ? Que vous trouvez comment ?

52:19
Michel Barnier

– Mais nous trouverons le moment venu. J'espère que la raison, la lucidité l'emporteront. Et en tout cas, prenons les choses dans l'ordre si vous voulez bien. Et sans fébrilité, je comprends, vous voyez de la fébrilité comme journaliste, mais moi je n'en ai pas. Je pense qu'il faut respecter les Français. Un, les élections municipales qui sont d'abord un grand moment de démocratie au quotidien et à la démocratie du quotidien et ça va être un appel à l'unité. Parce que vous allez voir dans cette élection municipale que là on est unis, on peut gagner, ça va être le cas à Lyon et dans d'autres villes, Bordeaux, je n'en cite que deux.

Là où on est divisé, où on risque d'être divisé, on va perdre. Donc un appel à l'unité va venir de la base, va remonter vers Paris. Il faudra faire très attention pour tous les responsables politiques, ceux que vous avez cités ou qu'on a cités au cours de cette conversation, prennent bien leurs responsabilités. Et ceux qui compromettront, qui fragiliseront cette unité prendront un très grand risque et devront assumer leurs responsabilités. Deux, un projet, moi je vais travailler avec d'autres, un projet pour l'alternance et pour une action de redressement et de rassemblement du pays.

C'est du travail, mais je suis sûr qu'entre tous ces candidats potentiels ou toutes ces formations, comme je l'ai montré quand j'ai gouverné et quand j'ai dirigé le gouvernement, il y avait quatre formations politiques qui n'avaient pas franchement l'habitude de travailler ensemble avant et qui ont pris cette habitude, ce qu'on appelait le socle commun. Il faut un esprit commun entre la droite républicaine et le centre. Et le moment venu, à l'automne, on verra d'abord dans chaque famille comment ça se passe, qui est candidat ou pas. Et je pense qu'il faudra trouver un système, peut-être ce seront des primaires, peut-être un autre système, on verra. Six primaires, six systèmes

53:56
Invité

de sélection il y a, vous parlez du projet politique à construire, vous souhaitez y participer, est-ce que vous souhaitez aussi participer à cette primaire ?

54:03
Michel Barnier

Moi, je souhaite être utile, je n'ai pas de fébrilité personnelle pour être candidat à la présence de la République, je veux être utile et c'est ça qui m'importe. Vous savez, il y a trois questions que devront se poser tous les candidats. Un, est-ce que je suis capable d'être président de la République ? Ça, c'est une question importante vis-à-vis des citoyens. Le peuple doit savoir si les gens qui se présentent font un petit tour de piste ou sont vraiment capables d'être chef de l'État et c'est une grande responsabilité.

Deux, est-ce que j'ai le bon projet pour redresser le pays, pour ne pas raconter l'histoire, pour dire la vérité, pour avoir le courage, y inclut le courage, d'être impopulaire ? Trois, est-ce que je rassemble au-delà de mon camp aucun de ces partis politiques qui font partir du socle à la droite et du centre ? Et vous pensez avoir ces trois qualités ? Je ne peux pas répondre à cette question aujourd'hui.

54:47
Présentateur

Un dernier mot sur un tout autre sujet, un petit mot sur les Jeux olympiques parce qu'il y a actuellement les Jeux paralympiques qui se déroulent à Milan-Cortina. Les prochains, ce sera dans les Alpes 2030 avec quelques tensions, quelques difficultés au sein du comité d'organisation. Vous êtes inquiet du coup pour l'organisation de ces Jeux ?

55:02
Michel Barnier

Non, il n'y a pas de raison d'inquiétude, il faut être vigilant. C'est jamais... D'abord, permettez-moi de donner un coup de chapeau à tous les athlètes, y compris dans les paroles olympiques. Hier, Arthur Bochet et d'autres qui font rêver, qui rassemblent. Et ce n'est pas seulement vrai dans le ski ou les Jeux olympiques divers, c'est vrai aussi dans le cyclisme, avec Texas, avec Dupont dans le rugby.

Moi, je le trouve formidable dans l'esprit des Jeux olympiques d'été et de Paris qui ont tenu une belle réussite qu'il y ait tant de jeunes, hommes et jeunes femmes, valides ou dans les Jeux paroles olympiques, qui lui donnent envie à la fierté, une raison à la fierté au rassemblement, à l'émotion. D'abord, c'est à eux qu'il faut penser quand on parle de sport. Deux, je sais d'expérience que ce n'est jamais facile d'organiser des Jeux olympiques. J'ai eu l'honneur avec Jean-Claude Killy de consacrer 10 ans de ma vie aux Jeux olympiques d'Alberville il y a assez longtemps. Donc, je sais que c'est compliqué. Et donc, moi, je fais confiance à Edgar Gropiron.

Il va être soutenu par un très grand préfet qui est le préfet Michel Cadeau qui a une vraie expérience pour, dans cette période de transition, remettre les choses dans la bonne direction et je lui fais confiance. Mais les Jeux de 2030 seront une réussite. Ils sont compliqués à organiser parce qu'ils sont entre Nice, les Aravis, la Tarentaise, le Briançonnet. C'est un concept assez compliqué. nouveau, un peu comme ceux des Jeux de Cortina et de Milan qui ont été une belle réussite. Donc, c'est possible et la France sera à la hauteur, j'en suis sûr. Il faut faire confiance aux équipes.

56:27
Présentateur

Merci beaucoup, Michel Barnier. Merci d'avoir été notre invité pour cet entretien. La Une de la Voix du Nord, les municipales, la grande tournée des plis électoraux.

56:34
Invité

Oui, avant l'échéance.

56:36
Présentateur

Effectivement. Et on va parler des municipales, les dernières infos de la campagne dans quelques instants. Mais d'abord, on regarde ce qui fait la Une de nos journaux régionaux. Avant de parler de la campagne des municipales, les dernières informations, les derniers meetings et on va évidemment aller dans plusieurs villes, à Lila, à Montpellier et à Toulon. On va regarder ce qui fait la Une de la presse régionale. Et ce qui fait la Une de la presse régionale, c'est la hausse des prix du carburant. Oui, effectivement. C'est à la Une de Dordogne Libre qui donne la parole au Périgourdin face au prix à la pompe.

La flambée des prix pèse sur le pouvoir d'achat des particuliers et des particuliers et sur les charges des professionnels. Les professionnels, justement, à la Une de l'indépendant pour qui l'addition flambe à la pompe à essence. Le journal s'intéresse à l'impact sur les infirmiers libéraux, les taxis ou encore les sociétés de transport. Il demande de l'aide au gouvernement. De son côté, Nord Eclair explique que la hausse des carburants est moins marquée en Belgique qu'en France. Résultat pour faire des économies, les nordistes sont de retour aux pompes belges. Et puis, chez les distributeurs, certains refusent de spéculer sur le prix des carburants.

Centre Presse donne l'exemple d'une station service indépendante à Salkurand maintenir des prix bas et de se dégager une marge faible. Et on parle aussi de nucléaire ce matin. Oui, c'est à la une de la dépêche du midi qui parle du grand retour de l'atome. Mardi avait lieu à Paris un sommet mondial sur le nucléaire. Une trentaine de pays dont la France ont défendu le nucléaire comme levier de souveraineté, de décarbonation et de compétitivité. 15 ans après Fukushima, l'Europe admet avoir affaibli sa sécurité énergétique en réduisant trop vite la place du nucléaire. Un changement de cap que la France entend transformer en stratégie aussi bien industrielle que financière.

On termine avec une drôle de mésaventure pour les supporters du 15 de France. On parle rugby. Oui, une histoire que nous raconte le journal Sud-Ouest. Des centaines de supporters avaient acheté des tickets sur la plateforme de revente via Gogo pour assister au match Écosse-France samedi, un match du tournoi des 6 nations. Mais les acheteurs n'ont jamais reçu les billets et n'ont donc pas pu accéder au stade. Ça suscite évidemment la colère des supporters à arnaquer qui tentent de s'organiser pour se faire rembourser. Et Johan, vous restez évidemment avec nous puisque c'est l'heure d'ouvrir notre page spéciale consacrée aux municipales.

Trois avant le premier tour des municipales, dernier jour de campagne, dernier meeting. Et on va commencer par le meeting d'Edouard Philippe, le maire sortant du Havre qui donnait donc hier soir son dernier meeting de campagne. Tout à fait. Son dernier meeting de campagne, l'ancien Premier ministre a mobilisé des centaines des partisans au Havre. Là-bas, sa réélection est loin d'être acquise. Les sondages le donnent perdant au second tour. Mais Edouard Philippe se veut combattif. Il sait que cette élection est cruciale pour sa candidature à l'élection présidentielle. Écoutez. Je prends l'élection au sérieux. C'est la seule façon qu'on peut... C'est la seule façon à adapter à une démocratie.

Donc moi, j'ai essayé pendant toute cette campagne d'expliquer très exactement ce que je voulais faire sujet par sujet, quartier par quartier, en documentant toutes nos propositions, en les chiffrant et en veillant à ce que chacun comprenne ce que la liste que j'ai l'honneur de diriger voulait faire dans les six ans à venir au Havre. Et je prends cette élection au sérieux donc je la fais sérieusement. Alors voilà pour le Havre. On va revenir sur Edouard Philippe tout à l'heure dans le club avec nos éditorialistes.

On va aller à Marseille-Martiel où la candidate de la droite du centre et des macronistes Martine Vassal est menacée par la poussée du Rassemblement national au coude à coude avec le maire sortant de gauche, Benoît Payan. On va écouter ce qu'en dit Martine Vassal.

1:00:27
Invité

On nous fait un petit chiffon rouge avec le Rassemblement national. Le Rassemblement national de toute façon, il ne gagnera jamais cette ville. Et vous savez pourquoi ? Parce que c'est 2600 ans d'histoire. C'est une ville multiculturelle. Parce qu'il est à un plafond de verre. Et que ce plafond de verre, il ne le percera pas. Et que surtout, la personne qui représente le Rassemblement national aujourd'hui, ce n'est pas un Marseillais.

1:00:47
Présentateur

Et une campagne des municipales qui se déroule en pleine guerre au Moyen-Orient. Est-ce que ça pourrait avoir un impact indirect sur ces municipales ? Oui, c'est ce que pense la Marseillaise qui explique que l'envolée des prix du carburant a remis au centre de la campagne la question du pouvoir d'achat. Résultat, de nombreux électeurs voteront avec le porte-monnaie dimanche. Une tendance sur laquelle les candidats attendent de surfer. Beaucoup des électeurs attendent des mairies. Qu'elles jouent un rôle social. Les candidats qui adaptent leur programme en incluant des mesures permettant de faire des économies au quotidien.

Parmi les mesures citées, la gratuité des cantines scolaires, la gratuité aussi des transports en commun ou encore l'encadrement des loyers. Et puis, un dernier sujet, c'est le risque d'abstention massive qui plane sur ces municipales. Oui, et ça, ça inquiète beaucoup Libération Champagne. Près de 80% des communes du département ne comptent qu'une seule liste pour les élections municipales. Le résultat là-bas ne fait donc guère de doute. La conséquence, d'électeurs ne voit aucun intérêt à aller voter dimanche, surtout avec la fin du panachage des listes.

Mais pour d'autres électeurs, ça reste quand même un devoir citoyen qu'il faut honorer pour respecter les générations qui se sont battues pour le droit de vote. Merci beaucoup, Johan. Et vous l'avez vu tout au long de cette campagne, on vous a emmené au cœur des municipales sur le terrain. Et aujourd'hui, on va à Montpellier, la préfecture de Lérault actuellement dirigée par le Parti Socialiste. Une campagne au cœur de ce qu'on pourrait qualifier de guerre des gauches. Clément Guillaumeau, nous y emmène. Élu à la mairie de Montpellier en 2020, Mickaël Delafosse, maire d'Hivergauche encarté au Parti Socialiste est candidat à sa réélection.

1:02:24
Michel Barnier

Merci beaucoup d'être présent pour cette réunion de proximité dans le cadre de la campagne des élections municipales de Montpellier.

1:02:35
Présentateur

Largement en tête des sondages, sa principale rivale se trouve du côté de la France Insoumise. Alors à quelques jours du scrutin, lors d'une réunion publique dans un quartier de la ville, le sujet a rapidement été mis sur la table.

1:02:46
Invité

En cas de victoire au premier tour, mais de demain, avance au premier tour, quelle alliance se fait ? Je pense notamment à la fille comme ça.

1:02:55
Michel Barnier

La France Insoumise, elle met toute son énergie depuis le premier jour où j'ai été élu à combattre les politiques de gauche que nous avons faites. Nous, on a fait des politiques de rupture. La gratuité des transports, ils votent contre. La résorption d'un bidonville pour permettre à des hommes et des femmes de vivre dignement, ils votent contre. Ils ont voté contre tous les budgets qui ont sanctuarisé la culture. Ici, la France Insoumise, ils s'étaient alliés aux milliardaires dans la dernière ligne droite

1:03:28
Présentateur

de la course à la mairie. La candidate de la France Insoumise, Nathalie Oziol, multiplie elle aussi les actions de campagne. Si les gens vont voter, si les classes populaires se mobilisent et vont voter, si les actionnistes se mobilisent et vont voter, forcément, ça nous prend plus. C'est pour ça, 15 et 22 mars, vous votez à Montpellier. 15 et 22 mars, après, il faut en parler autour de vous. Vous voulez quelques tracts pour en distribuer autour de vous ? Ah oui ! Tenez ! Malgré la large avance prise par le candidat socialiste et maire sortant, qu'elle juge être le représentant de la Macronie locale, celle qui est déjà députée de l'Hérault espère pouvoir surfer sur une vague insoumise.

La France Insoumise est en tête de toutes les élections depuis 2022. À la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon obtient 40,73% des voix. C'est le plus haut score dans une ville de plus de 200 000 habitants. Aux Européens, nous triplons nos voix. Notre liste de l'Union populaire trippe ses voix. Nous n'avons pas notre mot à dire dans les politiques locales alors que nous sommes en tête de toutes les élections. Eh bien, voilà, les gens qui ont voté pour nous, qui ont propulsé nos programmes à la présidentielle, aux Européennes.

Celui du nouveau Front populaire en législative ont le droit d'avoir un bulletin de vote qui propose de prolonger cette action politique, de prolonger cette action programmatique à Montpellier. D'autres listes de gauche sont aussi en lice, notamment les écologistes, mais ne devraient pas accéder au deuxième tour selon les différents sondages. En revanche, quelques outsiders extérieurs à la gauche pourraient se placer en arbitre du scrutin, à l'instar de Moed Altrad qui est étalée jusqu'au second tour en 2020. Le milliardaire et président du club de rugby montpellierain présente une liste citoyenne. Entre 15 et 18 000 votants au premier tour, pour moi c'est direct.

18 000, ça nous fait 22-23%. 22-23%, c'est très bien. Pour tenter de convaincre, il se classe comme un candidat à part et estime être l'opposé d'un homme politique. Il mise sur son expérience de chef d'entreprise pour faire prospérer Montpellier.

1:05:14
Invité

J'ai la notoriété locale, nationale et internationale. J'ai les moyens matériels pour ne pas compter sur les donneries des contribuables et j'ai le pouvoir également dans mon entreprise qui compte 70 000 personnes dans une centaine de pays.

1:05:40
Présentateur

Si le maire sortant, Michael Delafosse, reste confiant quant à sa réélection, face à la poussée insoumise et aux différentes candidatures alternatives, l'issue du scrutin dépendra en partie de la mobilisation des électeurs. On va regarder la liste de l'ensemble des candidats à Montpellier. Ils sont nombreux. 13 candidats pour ce premier tour à Montpellier, la préfecture de Lérault. Et on vous le rappelle, le scrutin du premier tour, c'est dimanche, le 15 mars et le second tour, la semaine d'après, le 22 mars. Et on va parler de cette élection avec vous. Bonjour, Jefferson Desport, merci beaucoup d'être là. Bonjour, le reporter à Sud-Ouest, journaliste politique, Aurore Malval.

Bonjour, merci également d'être avec nous, grand reporter au service politique de Marianne. Un mot sur Montpellier. Pour commencer, on vient de voir le reportage, Montpellier qui est dirigé par le Parti Socialiste, Michael Delafosse. Mais il y a une guerre des gauches avec notamment une volonté de la France insoumise de faire tomber l'EPS. Effectivement, Montpellier, c'est une ville qui est à gauche. Il n'y a pas le suspense qu'il y a eu d'ailleurs en 2020 parce que le scrutin était un peu plus inédit avec encore plus de listes. En 2020, il y en avait 14. Cette fois, il y en a 13.

Mais c'est vrai que ce qui est intéressant à Montpellier, je pense que ça se joue effectivement sur l'aile gauche et sur la question de l'écologie et aussi un petit peu chez les écologistes. C'est-à-dire qu'on a Michael Delafosse, effectivement, maire sortant qui lui est plutôt représentant de l'aile droite du Parti Socialiste. On a aussi un candidat écologiste et on a aussi des écologistes qui ont fait ces sessions pour s'allier avec la France insoumise, c'est-à-dire sur l'aile gauche d'Europe Écologie qui, eux, ont décidé justement de faire cette union et ont reproché aux candidats écologistes de ne pas avoir su la faire.

Et effectivement, le débat aussi à Montpellier se pose directement sur des questions d'écologie concrète appliquées à la ville. Donc, c'est vraiment un débat, je dirais vraiment de gauche dans une ville de gauche avec effectivement quand même assez peu, peut-être je serai démentie, je n'aime pas faire l'astrologue, mais assez peu quand même de suspense en tout cas sur l'élection, la question effectivement ensuite de la composition, je dirais, du conseil municipal. On verra, effectivement, les scores peuvent être plus serrés que ça ne l'avait été. Oui, et un peu symbole de ces villes où il y a une concurrence entre le Parti socialiste et la France insoumise.

Oui, je ne reviens pas sur ce que vient de dire Aurore parce qu'effectivement, Montpellier apparaît comme un laboratoire des divisions de la gauche, là on les a vraiment à l'échelle réelle, à l'échelle locale en tout cas. Mais ce qui est intéressant c'est que Mickaël Delafosse a été élu pour la première fois maire en 2020. Et comme tous ceux qui ont été élus pour la première fois en 2020, il a dû affronter ce qu'on a appelé la théorie de l'accident. Oui, mais c'était l'après-Covid, oui, mais il n'y avait pas assez de participation, oui, mais il y avait toujours un oui mais pour tous ces élus.

Et c'est valable également à Bordeaux avec l'écologiste Pierre Urmi qui a été élu aussi pour la première fois maire de Bordeaux en 2020 et qui se représente. Et donc là, pour ces élus-là, dans ses propos. Et là, c'est intéressant parce que ça dépasse le cas de Montpellier, ça concerne tous ces élus de 2020. Voilà, donc là, il y a un vrai rendez-vous de confirmation parce que sur l'élection de 2020, on a pu trouver toutes les circonstances mais en politique, les absents ont toujours tort dans les rendez-vous électoraux. Allez, on va aller dans d'autres villes de gauche historiquement socialistes. On va dans le nord, à Lille. Bonjour Laurent Decotte, merci beaucoup d'être avec nous.

Vous êtes journaliste à la Voix du Nord, vous allez nous parler de deux villes historiquement socialistes, Lille et Lens. On va commencer par Lille parce que Lille, qui est dirigée depuis des dizaines d'années par l'EPS, se joue cette année la succession de Martine Aubry qui a quitté la mairie il y a un an.

1:09:14
Invité

Tout à fait, après presque 24 ans,

1:09:16
Présentateur

Martine Aubry a passé la main il y a un an à son directeur de cabinet, Arnaud Deslandes, qui a 43 ans, qui se présentera donc pour la première fois devant les électeurs avec un enjeu majeur qui est de conserver dans le giron socialiste la ville de Pierre-Moroy et de Roger Saint-Langro. En 2020, il a manqué 227 voix à l'écologiste Stéphane Bally pour l'emporter et celui-ci est bien décidé à prendre sa revanche. Cependant, les trois sondages réalisés

1:09:38
Invité

sont tous favorables aux successeurs socialistes de Martine Aubry.

1:09:41
Présentateur

Il est toujours donné en tête au premier tour avec 23 à 28% des voix et 3 à 7 points d'avance sur la liste écologiste. La liste des insoumis menée par Lawaria à douche est donnée troisième et elle semble dans une bonne dynamique puisque la toute dernière enquête la place à égalité avec la liste de Stéphane Bally. Alors tout l'enjeu va être celui de l'alliance au second tour. Il devrait y en avoir une. La question est de savoir entre qui et qui. Écologiste et socialiste ou écologiste et insoumis ? Dans la première hypothèse, une alliance socialiste et écologiste l'emporterait sans doute au la main.

En revanche, si les écologistes partent au second tour avec les insoumis, le socialiste Arnaud Deslandes est donné vainqueur dans les sondages mais beaucoup moins facilement. Enfin, s'il n'y a pas d'alliance, il y a peut-être un trou de souris pour la candidate de la majorité présidentielle, la députée Violette Sputbout. Alors ça, c'est pour le panorama à Lille. On va aller à Lens. Là aussi, c'est un fief socialiste mais on est dans un tout autre cas de figure parce qu'à Lens, les socialistes sont menacés par le Rassemblement national et ça pourrait se jouer dès dimanche. Tout à fait.

Alors c'est un tout autre paysage politique, Aurélien, vous l'avez dit, puisque toute la question de savoir si la capitale du bassin vigné va rester socialiste ou si le RN qui a fait une de ses priorités va réussir à l'emporter. Alors le maire sortant s'appelle Sylvain Robert, il a 53 ans, il n'est pris qu'un troisième mandat.

1:10:51
Invité

Il a un actif, quelques belles réalisations, pardon, mais une patite

1:10:55
Présentateur

à un commerce de centre-ville qui souffre et son concurrent RN l'attaque aussi sur la sécurité. Alors il s'agit de Bruno Clavé, il a 36 ans, il est arrivé de la région marseillaise en 2019 et il s'est enraciné. Après avoir été battu au municipal en 2020 assez nettement et aux législatives en 2022, il est devenu député en 2024 en obtenant à Lens 48,48% des voix. Alors l'absence de sondage, personne ne se hasard à faire de pronostics. Et alors chacun se demande par exemple si la polémique autour du fameux Racing Club de Lens, le club de foot, est-ce que cette polémique va jouer ?

C'est-à-dire que Bruno Clavé s'est attiré les foudres des supporters en portant un recours devant le tribunal suite à la vente du stade Bollard par la ville. Alors surtout, Gervais Martel, que vous connaissez peut-être, l'emblématique ancien président du club, a pris la tête du comité de soutien au maire socialiste. Alors cette élection est assez particulière puisque, comme vous le disiez, on devra en connaître le résultat dès dimanche. C'est presque un duel puisque la troisième liste est une liste loute ouvrière qui devrait peser très peu de prendre Lens après Hénin-Beaumont en 2014 et brûler la buissière en 2020. Ce sera un séisme au retentissement national. Alors, Lens,

1:12:01
Invité

c'est entre guillemets qu'une ville d'un peu plus de 30 000 habitants mais c'est un symbole, c'est la capitale du Bébassin-Migné, c'est la ville du Louvre-Lens et plus encore, on l'a dit, du RC Lens.

1:12:09
Présentateur

Merci beaucoup, évidemment, le RC Lens. Merci beaucoup, Laurent Décotte, d'avoir été avec nous, journaliste à la Voix du Nord. Vous étiez avec nous depuis Lille. Alors, il y a deux cas de figure, on est dans deux situations, on va peut-être commencer par Lille. Lille, on est un peu dans un retour, là aussi, de division à gauche et que va faire, que peut faire le Parti Socialiste pour garder la ville entre les écologistes et les insoumis ? C'est ce qui a été effectivement exposé, c'est-à-dire que, alors, on est dans le cas guerre des gauches à Lille et aussi succession. Donc, c'est vrai que c'est un petit peu les deux ingrédients pour ce cocktail explosif, en tout cas incertain.

on a quand même la succession d'un maire emblématique et toujours avec ses difficultés. Je rappelle d'ailleurs que la candidate du Bloc central avec d'ailleurs une tentative d'alliance en tout cas un petit peu, je dirais, étonnante puisque Violette Spilboux a déclaré qu'elle gouvernerait, en tout cas qu'elle dirigerait la ville avec des gens du RN et de la France insoumise mais c'est aussi une ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry.

Donc, c'est vrai qu'on est dans une situation particulière pour le Parti socialiste, il s'agit de pouvoir nouer l'alliance avec les écologistes effectivement et de ne pas se couper, de ne pas les renvoyer à l'alliance comme il était dit avec la France insoumise. On rappelle qu'en 2020, ça s'était joué à 200 voix entre Marcine Aubry et les écologistes.

Et d'ailleurs, c'est bien pour cela que cette alliance elle est difficile parce qu'en fait le candidat écologiste n'entend pas du tout se désister et je dirais que c'est un petit peu on est un petit peu dans le même contexte de ce qui s'était passé à Paris au tout début de la campagne c'est-à-dire au moment où David Béliard le candidat écologiste se disait pourquoi ce n'est pas derrière mon nom qu'on se rassemble pourquoi ce serait encore une fois le Parti socialiste qui aurait le primat et qui ferait l'union derrière lui donc c'est un petit peu la même situation et effectivement je dirais que le premier tour va donner aussi une idée des rapports de force et sera déterminant pour savoir comment l'alliance se passera à savoir qu'il y aura très peu de temps quand même pour ces négociations avant le dépôt des listes du second tour donc ça va être très serré des personnes Oui oui ce qui est assez savoureux encore une fois avec cette garde des gauches c'est que le Parti socialiste et les écologistes ce sont ces deux partis qui nous vendent depuis quelques semaines l'idée d'une primaire ouverte pour la présidentielle donc voilà on nous explique toujours qu'au plan local ils arrivent à s'entendre mais au plan national c'est plus compliqué non c'est pas aussi simple que ça que ce soit à Lille que ce soit à Montpellier et dans d'autres villes c'est compliqué de faire des alliances à gauche et donc ces municipales préparent aussi le terrain pour la présidentielle et donc on voit que ces divisions-là elles vont laisser des traces s'ils n'arrivent pas à s'entendre ce sera un problème parce qu'au fond ça va cristalliser de la rancœur on sera toujours dans cette même configuration on essaie de nous faire croire les partis politiques veulent nous vendre l'idée de l'union de la primaire etc ça ne marche pas Martine Aubry juste sur Lille a quand même essayé d'organiser sa succession c'est suffisamment rare pour être souligné après son successeur désigné est peut-être le mieux placé mais je vais vous reciter un proverbe enfin en tout cas une phrase célèbre d'André Labarrère l'ancien maire de Pau le sort des dauphins de s'échouer sur la plage peut-être qu'il le fera démentir voilà on verra on verra ça on va parler de Lens Jefferson alors là aussi on le disait c'est un fief socialiste mais là Lens c'est un peu l'illustration de la poussée du rassemblement national dans ces terres historiquement de gauche vous dites que c'est un fief du parti socialiste est devenu un fief du rassemblement national je pense qu'il faut élargir un tout petit peu plus la focale pour comprendre un peu ce qui se passe c'est qu'on est dans une poussée du RN sur le Pas-de-Calais et vous prenez les circonscriptions vous avez 9 députés du rassemblement national sur 12 on pourrait même dire 10 depuis que Marie-Christine Angrand a été exclue définitivement du RN ils étaient à 10 donc maintenant il y en a 9 sur 12 qui sont au rassemblement national c'est la terre d'élection aussi de Marine Le Pen on a cité Hénin Beaumont qui est aussi aux mains du RN voilà donc en fait je pense qu'il faut regarder ça avec un peu plus de largeur en tout cas élargir la focale et rappelez-vous en 2020 au lendemain de la présidentielle Emmanuel Macron son premier déplacement il va dans le Nord et dans le Pas-de-Calais précisément là où le RN et la France Insoumise ont fait leur meilleur score et précisément là où le candidat président Emmanuel Macron était arrivé derrière ces deux formations politiques c'est pas nouveau mais en tout cas on est là dans la confirmation de cette poussée du rassemblement national ici je trouve que ce qui est intéressant ça s'observe à Lens mais ça s'observe aussi dans d'autres villes c'est que le RN a abordé cette campagne avec des mots d'ordre légèrement différents de ce qui avait pu être le cas avant c'est-à-dire qu'auparavant le vote RN au niveau local il était vraiment sur des thématiques nationales c'était aussi ce désir un peu de dégagisme qui existe d'ailleurs dans cette élection il ne faut pas non plus le sous-estimer mais le rassemblement national était vraiment sur des thématiques nationales la question de l'immigration alors que là il a tenté d'adapter son programme alors aussi avec des mots d'ordre on retrouve souvent sur les listes rassemblement national le slogan retrouver retrouver Lens retrouver Saint-Etienne enfin voilà c'est cette idée d'une ville d'antan un petit peu fantasmée mais en tout cas de revenir à une ville plus apaisée comme on l'a concevée autrefois et aussi avec des problématiques très locales de sécurité de petits commerces en tout cas quelque chose de beaucoup plus local que ce qui a pu se faire avant Allez le nord le nord le Pas-de-Calais terre d'élection du rassemblement national le rassemblement national qui est ainsi en dynamique dans le sud dans le sud-est on va aller à Toulon retrouver Guilhem Rikavi bonjour Guilhem directeur éditorial de Varmatin Toulon qui va être évidemment regardé avec une grande attention dimanche le scrutin s'annoncerait Oui le scrutin s'annoncerait bien malin d'ailleurs Oriane qui pourra dire ou qui pourrait dire qui remportera au soir du 22 mars l'élection au bord de la Rade le premier port militaire d'Europe tout simplement parce que si on voit bien une dynamique du côté de la députée rassemblement national Laure Lavalette qui se présente sans étiquette pour cette élection municipale elle est donnée favorite dans les trois enquêtes d'opinion qui ont été menées ces dernières semaines on voit derrière elle José Massy la mère actuelle qui avait assuré l'intérim au moment du départ d'Hubert Falco et bien on voit une José Massy qui elle aussi est dans une belle phase de dynamique qui est annoncée seconde par ses enquêtes d'opinion et dont on voit qu'elle réunit autour d'elle et bien les voix de tous ceux qui veulent tout sauf le Rassemblement national c'est le discours qui est tenu ici à Toulon et quand on regarde les hypothèses du second tour et bien dans le cas d'un duel entre Laure Lavalette et José Massy puisque les autres candidats ont d'ores et déjà annoncé qu'ils laisseraient la place à celle qui a le plus de chances de faire barrage au Rassemblement national et bien on voit là aussi des scores très serrés alors on est un petit peu au-delà de la marge d'erreur logiquement José Massy devrait l'emporter mais rien n'est joué tant on voit au quotidien à Toulon l'indécision encore de beaucoup d'électeurs quant à leur choix de bulletin dans les enveloppes dès le 15 mars Justement alors là c'est pour le 15 mars comment s'annonce le second tour Guilhem ça s'annonce très serré ça s'annonce très incertain là aussi Oui alors plusieurs hypothèses avaient été échafaudées dans les sondages le duel a priori vers lequel on s'oriente c'est Laure Lavalette qui arriverait en tête au soir du premier tour et donc José Massy qui porterait avec elle les voix au sens large des républicains mais également de la candidature sans étiquette qu'elle pense incarner et donc là aussi on voit bien un écart assez serré dans ces enquêtes d'opinion on voit bien effectivement qu'il y a une dynamique très forte du Rassemblement National dans une ville où le Front National avait déjà été élu en 1995 et de l'autre côté José Massy qui essaye de fédérer toutes les forces même la gauche a laissé entendre que s'il fallait choisir et bien le choix de José Massy s'imposerait pour barrer la route à Laure Lavalette Merci beaucoup Guilhem et on espère vous retrouver avec grand plaisir la semaine prochaine pour suivre cette campagne d'entre deux tours à Toulon qui s'annonce donc très serrée Merci Guilhem d'avoir été avec nous la flambée des prix sous surveillance c'est la une de VAR ce matin on parlait effectivement de ces terres du Nord Pas-de-Calais historiquement de gauche qui sont de plus en plus conquises par le Rassemblement National dans le Sud-Est également l'élection s'annonce en tout cas de manière dynamique pour le Rassemblement National Oui effectivement Toulon c'est une des cibles du Rassemblement National même si Laure Lavalette affiche une liste sans étiquette enfin elle est quand même suffisamment connue et reconnue notamment comme porte-parole d'ailleurs du Rassemblement National donc il y a peu d'outes là-dessus ce qui est intéressant de voir c'est que Toulon ça a été une des premières villes de conquête effectivement dans les années 90 le maire Le Chevalier à l'époque qui d'ailleurs a laissé un plutôt mauvais souvenir en tout cas dans l'esprit de certains Toulonais c'est le Front National des Affaires à l'époque il y a même d'ailleurs un de ses adjoints qui avait été retrouvé mort dans des circonstances tragiques l'affaire Poulet d'Achari justement à Toulon donc c'est aussi des souvenirs desquels Laure Lavalette a tenté de se distancier pendant toute cette campagne et en même temps c'est de toute façon une ville qui a toujours été assez sensible je dirais en général aux thématiques portées par le Rassemblement National et bien au niveau national précisément la question vraiment du RN c'est est-ce qu'elle réussit à être crédible est-ce qu'il réussit à être crédible au niveau local est-ce qu'il répond véritablement aussi aux préoccupations des gens et c'est vrai que là on voit que le match est encore ouvert et s'il y a une alliance de la droite soutenue par un front républicain qui peut encore fonctionner et bien ce sera beaucoup plus difficile pour l'année et justement c'est ce que disait Guilhem Rikavie que la maire sortante José Massy pourrait être la candidate des républicains en second tour est-ce que Toulon ça va être aussi un test au niveau national pour voir si le front républicain aujourd'hui marche encore oui clairement parce que ce qui change vraiment dans cette élection municipale de 2026 c'est que le Rassemblement National et la France Insoumise mais les deux en parallèle ont vraiment fait l'option de s'implanter au plan national enfin en tout cas de vraiment trancher avec leurs attitudes passées en général c'était pas vraiment leur rendez-vous c'était toujours là où ça ne fonctionnait pas là ils ont vraiment posé cette option des municipales comme un rendez-vous pour préparer justement la présidentielle donc Toulon c'est une cible du RN ils ont mis une candidate très connue maintenant il y a quand même la succession d'Hubert Falco qui s'est quand même mal gérée et qui au fond ça profite quand même à créer des dynamiques pour les adversaires ça c'est toujours quand même un cas classique mais ça a vraiment été très mal géré sur la pré-Falco bon maintenant ça semble pas ça semble pas jouer mais c'est un rendez-vous effectivement pour tous ceux qui veulent encore croire au front républicain et c'est un vrai test pour ça parce que le RN a des ambitions il veut des élus au plan local pour gagner les intercommunalités pour après envisager un groupe au Sénat tout ça c'est quand même un chemin extrêmement bien tracé il y a des enjeux qui dépassent l'élection elle-même il faut le voir aussi dans la continuité donc Toulon oui à surveiller de très près comme Marseille et comme d'autres villes du sud-est et quels enjeux pour la droite pour le centre pour le socle commun on va regarder particulièrement la ville de Paris où ce socle commun est éclaté entre la candidature de Rachida Dati LR et celle de Pierre-Yves Bournazel soutenue par Horizon et Renaissance et justement on va écouter les deux candidats ainsi que l'ancien Premier ministre Michel Barnier

1:23:36
Invité

la gauche s'est tellement affaiblie qu'elle a tous aidé

1:23:40
Présentateur

à la gauche radicale regardez la liste d'Emmanuel Grégoire donc la question c'est de faire barrage à cette gauche radicale je le dis s'ils repassent c'est la même équipe en pire en pire ils ont pris des éléments les plus radicaux sur leur liste c'est pour ça qu'ils ont beau jeu de dire on ne s'alliera pas à Elifi mais ils n'ont pas besoin de Elifi ils ont cette extrême gauche antisémite et raciste sur leur liste

1:24:06
Invité

Face à Emmanuel Grégoire je gagne dans tous les cas de figure parce que je suis un homme de rassemblement et ce dernier sondage dit que Rachida Dati perd en duel face à Emmanuel Grégoire il faut voter pour le candidat qui au second tour a le plus de chances de réussir le changement et je suis le candidat du rassemblement capable de réussir ce changement et plus on me hissera haut au premier tour plus j'aurai de la force et de la légitimité pour poursuivre ce rassemblement au second tour

1:24:29
Michel Barnier

Madame Knafo tous les jours matin, midi et soir je l'entends elle a des qualités je l'entends dire je veux l'alternance à Paris je favoriserai l'alternance je ne ferai rien qui compromettrait l'alternance à Paris donc dimanche prochain il faudra qu'elle prenne ses responsabilités qu'elle favorise l'alternance et l'alternance c'est Rachida Dati voilà ce que je peux dire il n'y aura pas d'alliance d'appareil d'état-major de combine il faudra que chacun prenne ses responsabilités Madame Knafo comme M. Bournazel

1:24:56
Présentateur

Alors évidemment on est à trois jours du premier tour donc chacun joue sa carte mais quand on entend ce matin Rachida Dati Pierre-Yves Bournazel c'est pas gagné l'union d'entre deux tours Non c'est pas gagné et effectivement alors à Paris on a vécu plusieurs phases dans la campagne là finalement on a quand même la candidature de Pierre-Yves Bournazel on a longtemps dit voilà il veut se maintenir effectivement moi j'ai du mal à quand même à imaginer un candidat qui tente le premier tour en disant qu'il partira au second s'il veut effectivement faire un score il doit tenir cette posture effectivement on a vu qu'il y avait des inimitiés assez solides entre lui et Rachida Dati mais finalement lui il a vu quand même sa cote de popularité baisser il a quand même perdu entre un de ses meilleurs sondages qu'il donnait à 16% et aujourd'hui les derniers sondages qu'il le donne à 12% il a quand même perdu 4 points c'est pas rien il est plutôt sur une tendance baissière quand justement Sarah Knafo elle monte alors que Rachida Dati reste stable on peut se dire que tout va se jouer dans cette dernière ligne droite est-ce que finalement Pierre-Yves Bournazel d'ailleurs va passer sous la barre des 10% qui sont nécessaires pour se maintenir au second jour je le rappelle donc ça ça reste possible et finalement la question de l'union se posera peut-être pas par contre elle va peut-être se poser avec Sarah Knafo et justement et la question avec le RN reconquête elle se pose aujourd'hui pour les républicains on va voir ce qu'en dit ce matin Xavier Bertrand il était sur RTL aujourd'hui on doit dire très clairement que ceux qui sont avec le Rassemblement National ou avec Mme Knafo ou avec M.

Ciotti n'ont plus rien à faire chez LR et il faut aussi que Bruno Retailleau retrouve le chemin des municipales c'est trop mou c'est surtout aujourd'hui sur le dossier des municipales nos candidats ne sont pas aidés on ne prend pas les décisions qui s'imposent à Bourg-en-Bresse pour prendre ce seul exemple et on ne prend pas les décisions qui s'imposent à Nice un exemple Christophe Gomart député européen est allé faire un tour à Nice et il a dit que son candidat c'était Ciotti et bien dehors

1:26:58
Locuteur

il n'a rien à faire sauf que comme il a dit qu'il soutiendrait Bruno Retailleau à la présidentielle je ne sais pas s'il pense que ça va lui conférer un totem d'immunité Est-ce qu'il pointe

1:27:06
Présentateur

un peu les ambiguïtés des républicains est-ce qu'il faut une clarification vis-à-vis de leur ligne par rapport au RN et à Reconquête ?

Bien sûr mais ce n'est pas seulement chez les républicains qu'il faut une clarification on parlait de Paris à l'instant là si on veut un exemple et je vais être très gentil dans les mots mais c'est quand même le grand n'importe quoi pour le bloc central vous avez Rachida Dati qui était ministre du gouvernement soutien d'Emmanuel Macron et Renaissance décide de soutenir Pierre-Yves Bournazel avec un camp qui est en train d'exploser vous savez que chez Renaissance c'est très compliqué ça va laisser beaucoup de traces et donc vous avez Pierre-Yves Bournazel Horizon, Renaissance mais vous aviez ministre du gouvernement qui était dans le bloc central ils sont adversaires et au fond ils cannibalisent presque le même électorat et après vous parlez de clarification donc les LR oui doivent faire un travail mais je pense qu'au bloc central aussi et Paris c'est quand même peut-être une machine à perdre aussi pour eux Merci Jefferson Jefferson on se retrouve tous les deux je viens chez vous à Bordeaux Vous êtes là Mercredi prochain on fera évidemment le débat d'entre deux tours à Bordeaux ce sera à suivre à 17h Merci beaucoup Oran Malval d'avoir été avec nous et demain vous retrouvez Alexandre Poussard Très bonne journée Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous Trouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada