🔴 EN DIRECT - Yannick Jadot invité de RMC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'élection présidentielle, vous êtes le candidat Europe Écologie Les Verts à la présidentielle, écologiste, de gauche, pro-européen. Et ce paradoxe, on n'a jamais autant parlé d'écologie en France, de réchauffement climatique, de menaces énergétiques, de gaz, de pétrole. On n'a jamais autant parlé d'écologie et pour autant, dans toutes les études, vous plafonnez, vous êtes donné autour de 6% des intentions de vote en sixième position. Alors, on va prendre le temps de comprendre vos priorités, mais je voudrais qu'on commence par la guerre en Ukraine, qui accélère aussi d'ailleurs notre prise de conscience de la dépendance au gaz, au pétrole et pour certains de nos voisins, au charbon.
La guerre sur place et puis les conséquences ici. Il y a eu cette découverte du massacre de Bucha et le Premier ministre polonais considère que c'est un tournant. Il interpelle les autres Européens, il interpelle y compris Emmanuel Macron et il lance, il ne faut ni négocier ni discuter avec les criminels. Les criminels, ils doivent être combattus. C'est littéralement un appel à aller nous-mêmes combattre. Est-ce que vous entendez cet appel-là ?
Il y a des atrocités terribles et vous savez, je pense être le seul candidat dans cette élection présidentielle qui a eu cette constance vis-à-vis de Vladimir Poutine. Ça fait 20 ans que Vladimir Poutine est un criminel de guerre.
Vous avez été le premier d'ailleurs à utiliser l'expression parmi les candidats à la présidentielle.
Et ça fait 20 ans qu'il organise des massacres, des atrocités. Ça a d'abord été en Tchétchénie, puis ça a été en Syrie. C'est aujourd'hui en Ukraine. Et donc aujourd'hui, la seule mesure que les Européens doivent prendre pour que cessent ces atrocités, c'est l'embargo sur le gaz et le pétrole russe. Les Européens, tous les jours, malgré les atrocités, donnent 800 millions de dollars à Poutine. 800 millions de dollars. C'est ça qui est le carburant de la guerre en Ukraine. Donc c'est ça qui nous faut faire...
Mais on va revenir aux sanctions, à cette question du gaz. Mais là, c'est carrément un appel à combattre. Est-ce qu'à un moment, on n'est pas en train de s'habituer finalement à cette guerre, alors que ce que dit le Premier ministre polonais, c'est qu'on ne peut pas juste mettre un petit drapeau polonais ukrainien derrière nous et ne pas y aller, quoi.
Vous avez raison. Mais je ne pense pas que la Pologne appelle à mener la guerre en Ukraine contre la Russie. La Pologne, c'est bien, fait partie de l'OTAN. À partir du moment où l'OTAN engagerait la guerre contre la Russie, on a le risque évidemment d'une internationalisation du conflit, et y compris c'est l'OTAN avec des pays détenteurs de l'arme nucléaire contre la Russie détentrice de l'arme nucléaire. Donc ce qu'il faut aujourd'hui, c'est tout faire. Tout faire pour cesser ces atrocités, ces crimes de guerre qui sont perpétrés depuis le 24 février. Depuis le 24 février, il n'y a pas de surprise. On monte en indignation parce qu'on a les images, qu'elles sont abominables.
Mais ce n'est pas avec la découverte de ces crimes qu'on a appris qu'il y avait des hôpitaux pédiatriques qui avaient été bombardés, des centres culturels où les personnes se réfugiaient qui ont été bombardés. Donc aujourd'hui, pour que cessent ces atrocités et pour contraindre Vladimir Poutine à retirer ses chars d'Ukraine, il faut l'embargo.
Mais vous comprenez le paradoxe. Vous dites l'embargo et c'est vrai que vous êtes parmi les premiers à l'avoir dit. Alors on va revenir sur ce qui bloque et notamment les Allemands.
Je crois qu'aujourd'hui je suis seul.
Les Allemands disent depuis hier qu'ils sont prêts aussi eux-mêmes à en discuter. Mais pardon, aujourd'hui, ce n'est pas tellement l'embargo qui menace. C'est finalement les Russes qui vont eux-mêmes fermer le robinet. C'est quand même l'ironie du sort.
Oui, l'ironie du sort, c'est qu'en fait, potentiellement, vous avez raison...
Parce qu'il veut bien dire qu'ils peuvent se passer de nous puisqu'ils envisagent carrément de nous couper le robinet.
Non, vous savez, les recettes liées pour la Russie aux exportations de gaz et de pétrole, c'est quasiment la moitié du budget de la Russie. Donc c'est absolument considérable. Mais ils le vendront à d'autres ? Non, parce que ce n'est pas comme ça. Le gaz, vous ne l'envoyez pas comme ça, il faut des pipelines, il faut... Non, la Russie est très dépendante de l'Europe pour financer son budget. Donc il faut faire ça. Et puis, ce qu'il faut démontrer dans ce moment-là, il faut à la fois démontrer notre solidarité vis-à-vis des Ukrainiens. Donc agir, expulser quelques diplomates russes. Enfin, sérieusement, c'est de la blague. Enfin, on peut en faire.
L'ambassadeur de Russie en France qui est convoqué.
Waouh, l'ambassadeur de Russie en France est convoqué quand on découvre des charniers autour de Kiev. Tout ça n'est pas à la hauteur. Vous vous rendez compte qu'y compris la France, à la différence de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Belgique et d'autres pays européens, n'a pas encore lancé la procédure qui... Vous savez, on a une compétence internationale, notre justice. C'est-à-dire qu'en fait, on peut aussi, sur le territoire français, juger de crimes de guerre. Et la France, le gouvernement, n'a pas déclenché cette capacité à pouvoir juger de crimes de guerre si on peut arrêter des complices de crimes de guerre.
Le ministre de la Justice a quand même tweeté hier que la France allait aider l'Ukraine, notamment, à avoir toutes ses preuves, à collecter les preuves.
C'est très bien qu'on aide l'Ukraine à collecter les preuves. Mais se donner la compétence, y compris de juger des complices ou des auteurs de ces atrocités sur le territoire français, vous comprenez que c'est une démarche supérieure. Vous avez des oligarques russes, comme Timchenko, qui est le grand allié de Total en Russie. Total qui continue à rester en Russie. Qui a d'immenses propriétés. Total, donc vous avez dit qu'ils étaient complices des crimes de guerre. D'immenses propriétés sur le territoire français. Je n'ai pas entendu la justice et le ministère de l'économie saisir les biens de Timchenko. Donc ce que je veux dire, c'est qu'il y a une ambiguïté. Il y a une ambiguïté.
Il nous faut aujourd'hui, encore une fois, si on veut cesser les atrocités, cet embargo, et regarder les études qui sortent. Vous avez des études d'économistes qui disent, pour les Français, en moyenne, ce serait 54 euros le coût de cet embargo.
Et peut-être jusqu'à 100 euros.
Peut-être jusqu'à 100 euros. Ce que je veux dire, c'est que... Mais c'est supportable, on peut prendre ce risque. C'est à l'échelle du pays. Il faudra aider les secteurs impactés. Il faudra aider, évidemment, nos compatriotes qui seraient impactés sérieusement par ça. Mais Yannick Jadot, le problème, ce n'est pas nous.
Le problème, ce n'est pas nous. Le problème, c'est quand même aussi les Allemands. Yannick Jadot, est-ce qu'on n'est pas en train de payer dans cette histoire ? Parce que ceux qui ont le plus rechigné à l'idée de mettre cette idée d'embargo sur la table, ce sont les Allemands qui sont très dépendants. Est-ce qu'on n'est pas en train de payer le refus de l'Allemagne d'avoir du nucléaire, la sortie du nucléaire de l'Allemagne ?
Son extrême dépendance à la Russie ? Beaucoup de pays européens sont très dépendants par rapport à la Russie. Y compris aujourd'hui, vous avez des pays qui sont très très dépendants, qui demandent l'embargo, notamment les pays baltes. Ce que paye l'Allemagne, ce que nous payons tous, c'est notre addiction aux énergies fossiles. Vous avez raison. Mais c'est le président Macron qui, il y a quelques semaines... Sauf que nous, on est plus indépendants qu'eux, quoi. Attendez. Non, parce que surtout, nous, on dépend plus de l'Algérie et de la Norvège. Tant mieux dans la circonstance.
Mais c'est le président Macron qui a soutenu l'implantation de Total et le développement des activités totales en Russie. C'est le président Macron qui, il y a quelques semaines, nous disait que le gaz était une énergie verte qui devait bénéficier de l'argent public. Et le président Macron, comme les présidents français précédents, ont soutenu tous les pipelines amenant le gaz de Russie.
Alors maintenant, voyons ce que vous, vous feriez.
Ce que je veux dire, c'est que nous, ce qu'on doit faire, au niveau européen, on a l'indépendance aux énergies fossiles et les atrocités en Ukraine. De l'autre côté, on a la communauté scientifique, qu'on appelle, qu'on désigne par le GIEC, qui nous dit qu'on a trois ans pour passer tellement à l'échelle supérieure sur la lutte contre le dérèglement climatique et éviter le chaos qu'on constate dans notre agriculture, qu'on constate dans les inondations, la sécheresse sur plein de territoires français et la canicule que prévoient les météorologues. Et donc, nous, moi, j'appelle à la mobilisation générale de l'économie européenne et de l'économie française.
Et c'est à ça que ça sert, de voter écologiste dimanche. On va isoler les logements. Les Français ont été abandonnés face à leurs factures de chauffage et d'électricité. Eh bien, nous allons isoler les logements des Français. Ils paieront moins d'électricité et on sera moins dépendants du gaz. On va déployer les énergies renouvelables, dont le GIEC, comme l'Agence internationale de l'énergie, conviennent que ce sont les seules énergies de paix et d'indépendance. Et c'est pour ça qu'il faut voter écolo. Excusez-moi, vous avez commencé l'entretien en disant qu'on n'a jamais parlé autant d'écologie. Pardonnez-moi. Vous êtes d'accord ? Non.
Les sondages, les enquêtes qui sont faites sur le débat médiatique et le débat politique, le climat, c'est 3% du débat médiatique. Donc on ne peut pas dire qu'on a parlé du climat dans cette période.
Dans les préoccupations des Français, ça arrive en sixième position.
Je suis parfaitement d'accord. Dans les préoccupations des Français. Mais sixième position, ce n'est pas très haut, franchement, Yannick Jadot. Qu'est-ce que je veux dire ? Mais attendez, on verra dimanche. On verra dimanche. Vous savez, on entend, selon les enquêtes, 30, 40, 50% des Français seraient indécis. On a un président de la République qui refuse le débat. C'est incroyable. Une élection présidentielle, un président de la République sortant qui refuse le débat.
Il a une responsabilité pour vous aujourd'hui ?
C'est grave. C'est grave dans ces moments d'inquiétude et de colère des Françaises et des Français. Ils s'interrogent sur le monde. On a eu la crise des gilets jaunes. On a eu la pandémie et on a encore la pandémie. On a la guerre en Ukraine. Les Françaises et les Français attendaient ce débat politique, attendent de ce débat politique.
Alors ce débat, cela dit, il a lieu de manière morcelée, mais il a quand même lieu chaque matin, puisque vous pouvez tous expliquer votre programme. Vous le disiez, il faut davantage d'énergie renouvelable. Je voudrais simplement savoir comment vous ferez pour faire face. On a vu hier matin un moment d'extrême tension entre la production d'électricité et la consommation des Français, avec notamment un retour du froid. Et on a tous reçu des mails pour nous dire qu'il fallait baisser le chauffage et ne pas faire tourner la machine. Vous, comment vous feriez ?
Parce que si j'ai fait un peu les comptes, vous vous proposez donc, en 2027, vous proposez 60, alors c'est des terawatts, 60 terawatts faits par l'éolien, 32 terawatts de biomethane. Mais tout ça, en fait, ça n'arrive pas. Ça arrive très, très loin de ce qui est l'électricité produite aujourd'hui, et qui déjà ne suffit pas, qui est de 537 terawatts. Ne contenez pas.
Mais c'est parce qu'en fait, on fait une transition. Ça, vous parlez des énergies renouvelables que j'installe. Et c'est pour ça que si j'arrive, si les Français...
Mais dans le même temps, on est bien d'accord que vous allez fermer des centrales.
Non, non, non, attendez. Un, aujourd'hui, le problème de la France, c'est qu'on a 26, 27 réacteurs éteints.
Ah bah maintenant, vous regrettez qu'on n'ait pas assez de... Mais attendez, vous voyez bien qu'on subit le risque. Vous regrettez que nos centrales nucléaires ne tournent pas.
Oui, mais parce que ça nous pose un problème. On a la moitié de la production électronucléaire qui est à l'arrêt.
Donc on a quand même un écolo qui nous dit aujourd'hui... Oui, ce qui est dommage, c'est que les éos...
Ça, c'est génial. On est toujours responsables de tout. Quand on alerte sur le dérèglement climatique, on dit « Oh, les écolos, vous êtes catastrophistes ». Quand on propose d'isoler les logements pour anticiper, de déployer les énergies renouvelables, on dit « Ah, vous êtes des dogmatiques ». Et quand la catastrophe arrive, que le parc nucléaire ne fonctionne plus...
Dogmatique, je ne veux pas vous le reprocher, franchement.
Non, mais quand le parc nucléaire ne fonctionne plus, parce que la France est le seul pays européen, le seul pays européen à ne pas respecter ses objectifs en matière d'énergie renouvelable, qu'on ait cette obsession, et que d'un seul coup ça ne marche plus, on dit « C'est la faute des écolos ». Non, on ne peut pas avoir tous les défauts. Il nous faut, on a un parc nucléaire qui est vieillissant aujourd'hui. Donc, mettons le paquet 1 sur la réduction de nos consommations, c'est bon pour le pouvoir d'achat, c'est la santé des ménages, vous avez 12 millions de Français qui aujourd'hui ne se chauffent pas convenablement.
Donc c'est aider ces Français, c'est aider tous les Français, et on déploie les énergies renouvelables. Le rapport du GIEC d'hier dit que les énergies renouvelables sont quatre fois plus efficaces pour lutter contre le dérèglement climatique que l'énergie nucléaire. Parce que l'énergie nucléaire, si on veut reconstruire des centrales...
Il ne dit pas grand-chose sur le nucléaire, en vrai.
Mais quand on regarde leur rapport...
En tout cas, il ne pointe pas du doigt le nucléaire.
Le projet d'Emmanuel Macron, c'est de nouveaux réacteurs nucléaires en 2040-2045. Ça n'aide pas les Français sur leur facture de chauffage, ça n'aide pas... Vous savez qu'on a un quinquennat d'Emmanuel Macron condamné deux fois par la justice de ce pays pour inaction climatique. Donc si les Françaises et les Français veulent qu'on agisse enfin pour le climat, eh bien il faut voter Jadot dimanche. Parce qu'on a le seul projet qui prend à bras le corps et qu'en fait de l'innovation pour notre économie, qui mobilise les jeunes sacrifiés pendant ce quinquennat, qui crée de la justice sociale et allège les contraintes de pouvoir d'achat des Français.
Et je voudrais qu'on puisse aussi revenir sur vos propositions, y compris sur les institutions. Mais un dernier mot là-dessus, parce que dans votre programme, vous promettez une incitation financière à la mobilité douce. C'est quoi la mobilité douce ?
Quand vous prenez par exemple, moi je veux que les frais de covoiturage soient pris en charge par les entreprises. Vous savez, aujourd'hui, quand vous prenez les transports en commun, une partie de ce que vous payez est remboursée par l'entreprise. Dans la loi...
Ça, je sais, vous me l'avez déjà expliqué la dernière fois. Mais la mobilité douce, c'est quoi ?
C'est les vélos, c'est le covoiturage, c'est tous les systèmes alternatifs à la voiture individuelle. C'est tout ce qui permet à la fois de réduire les pollutions, de réduire les coûts de transport.
Est-ce qu'au fond, si on vous prend au mot, vous ne seriez pas assez d'accord avec ce qui avait été reproché à la ministre du Logement, Emmanuel Wargon, qui avait dit qu'au fond, on arrivait au bout de la logique du pavillon, de la maison individuelle. Est-ce qu'au fond, il faut mettre fin à ce développement, à ce modèle de la maison individuelle ?
Il ne faut pas forcément mettre un frein ou stopper la maison individuelle. Ce qu'il faut faire, c'est...
Quand on a une maison individuelle et que vous nous parlez des cas de mobilité douce, c'est pas...
Non, non. On a piégé les Français dans des mobilités contraintes. Pourquoi ? Parce qu'on leur a dit... Parce qu'on n'a pas agi sur la construction de logements et sur l'encadrement des loyers dans les zones tendues. Donc beaucoup de Françaises et donc Français sont obligés de faire 10, 20, 30 kilomètres pour aller travailler parce qu'ils ne peuvent pas accéder à un logement accessible du point de vue du prix. On a fermé les magasins de centre-ville. Nous, on s'est battus contre le développement des zones commerciales éloignées des centres-villes. On se bat pour aujourd'hui, pour...
Vous savez que j'ai une proposition, y compris d'obligation d'installation dans les déserts médicaux pour les médecins. Vous avez 8 millions de Français qui n'ont pas accès à un médecin. Et donc, à partir du moment où vous rapprochez les services publics, vous rapprochez les emplois, vous rapprochez l'activité économique, vous avez moins de mobilité contrainte. Quand on remet de l'activité en centre-ville, dans les bourgs, dans les villages...
Moi, je veux dire, dans ces cas-là, aller jusqu'au bout de votre logique et dites, en effet, que le modèle de la maison individuelle est un modèle que vous ne soutenez plus.
L'extension partout, sur tous les territoires, ce qu'on appelle l'artificialisation des sols, ce qui fait qu'on tue nos dernières terres agricoles ou la dernière nature, ce n'est pas un modèle soutenable. Ça, c'est une évidence.
Je voudrais qu'on puisse également parler de santé. Vous avez parlé, vous venez d'évoquer la question des déserts médicaux. Sur RMC, ce matin, l'avocate des plaignants d'Orpea annonçait que 80 plaintes allaient être déposées. Est-ce qu'avec vous, vous ferez en sorte que... Est-ce qu'il faut sortir la question de la dépendance ? Est-ce qu'il faut sortir la question des EHPAD de ces entreprises privées à but lucratif ?
Dans mon projet, j'interdirais toute nouvelle autorisation d'EHPAD à but lucratif.
Vous interdisez les futurs ? Est-ce que vous interdisez aussi ce qui existe ?
On transformera progressivement ce qui existe en système public ou mutualiste ou coopératif. Bref, à but non lucratif. On a un système qui a spéculé sur la perte d'autonomie. Au fond, vous vous rendez compte, gagné en construisant la perte de dignité de nos aînés est profondément indécent. Et pourtant, ce système a été sacrément soutenu par les gouvernements précédents. Il faut se souvenir d'Emmanuel Macron promouvant le développement d'Orpea en Russie, en Chine. C'est pour vous dire à quel point, dans ce quinquennat qui s'achève...
Ils ont une complicité, vous estimez, aujourd'hui, au gouvernement ?
Tout le monde savait. Tout le monde savait. Le côté « oh tiens, on découvre que nos aînés sont maltraités », ils savaient. Moi, ce que je veux, c'est faire qu'il y ait un accompagnant pour un pensionnaire dans les maisons d'EHPAD. Qu'on aide les personnes à rester à la maison. Et qu'on ait des lieux...
C'est aussi ce que dit Emmanuel Macron, quand il dit « ma prime adapte », c'est-à-dire pour adapter les logements.
D'accord, mais c'est bien. Il a gouverné 5 ans. Là, vous êtes d'accord. Il a gouverné 5 ans, Emmanuel Macron. Il a soutenu ce système d'EHPAD à but lucratif. Il n'a rien fait pour renforcer l'accompagnement dans les EHPAD. La question, Yannick Jadot... Et il n'a pas soutenu, y compris le minimum vieillesse, comme le seuil de... Moi, je veux porter le minimum vieillesse à 1100 euros. Et je veux que, quand vous avez fait une carrière complète, vous n'ayez pas moins que le SMIC. C'est le moindre... Le SMIC que vous voulez porter à 1500 euros. La moindre des choses, mais vous avez la santé, pour nous. J'étais, il y a quelques jours, à Ivry-sur-Seine. C'est une commune à la frontière de Paris.
À côté d'un incinérateur, à côté du périphérique. Les enfants, ils souffrent massivement d'asthme. On a eu des études qui ont dit dernièrement que la pollution de l'air, qui tue jusqu'à 100 000 personnes dans notre pays, empêchait le développement des cerveaux des enfants. Eh bien, moi, je ferai, en matière de santé, une priorité. Sur la malbouffe, trop de surpoids, d'obésité, de diabète. On mettra du sport. On mettra de l'alimentation bio dans les cantines. La pollution de l'air, je l'ai dit, c'est aussi la sortie des pesticides. On voit combien j'étais dimanche dernier avec toute l'équipe du film Goliath.
Si vous n'avez pas vu ce film, il est formidable sur les lobbies des pesticides et les maladies qui se développent.
Donc allez voir Goliath et votez Jadot.
Et votez Jadot parce que si vous voulez un quinquennat d'intérêt général, de la santé, dimanche, il faut voter effectivement écologiste.
Yannick Jadot, on a appris hier que Jacqueline Janquel, qui était une militante du droit à mourir dans la dignité, comme elle dit, s'est donné la mort. Est-ce que vous, vous légaliseriez le suicide assisté ?
L'euthanasie, oui. Le suicide assisté, il faut qu'on a... Enfin, ce qu'est l'euthanasie, le suicide assisté. Bon, il faut aujourd'hui que ce dernier moment de vie, ce n'est pas à n'importe quel moment. Et moi, à partir du moment où des femmes et des hommes ont fait ce choix, ont déclaré ce choix, il faut effectivement les aider à mourir dans la dignité et incontestablement nous offrirons ce droit.
Vous avez entendu évidemment parler de Jérémy Cohen. Tout le monde en parle depuis hier matin. C'est ce jeune homme mort percuté par un tramway à Bobigny alors qu'il tentait de fuir en réalité ses agresseurs. C'est la famille qui a dû elle-même réunir les différentes preuves. avec deux questions qui se posent. Un, est-ce que la famille a été abandonnée dans six heures ? Parce qu'en effet, c'est elle qui a dû mener en quelque sorte l'enquête. Et deux, est-ce que vous diriez à ce stade qu'il pourrait s'agir d'une forme de crime antisémite ?
Écoutez, l'enquête doit le dire. J'ai entendu la famille. J'ai entendu le désespoir de cette famille, au fond, qui a elle-même essayé de savoir la vérité et qui n'a pas été beaucoup aidée pour savoir la vérité. Et donc, au fond, c'est leur appel qui a permis de trouver ces vidéos qui montrent incontestablement une agression avant que ce jeune homme soit percuté par un tramway. La famille, aujourd'hui, rejette le crime antisémite. Je pense que c'est l'enquête qui doit le faire. Ça serait absolument abominable parce qu'on sait qu'a priori, ce jeune homme portait régulièrement la kippa.
La kippa a été retrouvée à quelques mètres de lui et il faudra savoir si c'est l'assiette.
Donc, ce serait... Mais c'est à l'enquête de le faire. Mais il y a deux choses dans cette affaire-là. Il y a à la fois les moyens qu'a aujourd'hui la police pour enquêter. On ne peut pas laisser... Quand j'en discute avec les policières et les policiers, avec leurs syndicats, ils sont, si vous voulez, ils sont désespérés. Ils sont désespérés de ne pas avoir les moyens d'enquête. En permanence, on leur impose de la paperasse. On leur impose en ce moment de faire les procurations de vote. Est-ce qu'on doit mobiliser des policières et des policiers pour des procurations de vote ? Est-ce que ça ne peut pas se faire dans des services administratifs ?
Par ailleurs, ils n'ont pas les moyens d'enquête. Ils n'ont pas les moyens d'être sur la voie publique. Et donc, vous voyez bien, quand les écologistes portent un projet de sécurité différent que cette politique du chiffre, cette politique qui malmène nos policières et nos policiers et les empêche de faire le travail d'enquête. Il faudra qu'il y ait une enquête aussi, dans ce cadre-là, pour savoir quels ont été le temps possible et les moyens qu'a pu déployer la police pour enquêter. Parce qu'on ne peut pas laisser les familles dans cette situation-là.
Le vote aura lieu dimanche, évidemment. Donc on ne peut rien présager. Mais dans les études, en tout cas, il semble que pour l'instant, vous seriez au tour de 6e. Si, donc, vous n'êtes pas au second tour. Est-ce que vous vous dites « J'aurais dû faire alliance, peut-être, avec un Jean-Luc Mélenchon ? » « J'aurais dû faire alliance. » Est-ce qu'avec le recul, cette folle campagne, notamment à gauche, où on a eu tout d'un coup Christiane Taubira, qui est sortie du chapeau, où on a eu Anne Hidalgo ? Vous ne vous dites pas ? On aurait quand même peut-être dû se mettre d'accord.
Écoutez, moi, il y a un an, je renissais tout le monde autour de la table pour construire un projet commun. Ni Jean-Luc Mélenchon, ni Anne Hidalgo n'ont souhaité faire ce travail en commun. Après, il ne vous a pas échappé que, sur les questions internationales, on n'a pas la même vision que Jean-Luc Mélenchon, qui, curaime, nous fait des discours, tout ça, pour masquer ses arrangements, y compris avec les crimes de guerre perpétrés par Vladimir Poutine depuis des années. Est-ce que de Jean-Luc Mélenchon, vous diriez aussi qu'il est une forme de complice de ses crimes de guerre ? Non, non, non. Sur l'Europe, vous avez quand même deux projets très différents.
Au fond, le projet de Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il n'y ait quasiment plus d'Union européenne. Est-ce que dans le monde d'aujourd'hui, on peut, vis-à-vis des dictatures, des grandes puissances économiques comme les États-Unis, des GAFAM, et pour gagner sur le climat, pour gagner sur le climat, qui est le grand sujet de l'humanité... Mais quand je vous écoute,
il me dit que presque entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, vous seriez plutôt du côté d'Emmanuel Macron. Mais vous n'avez pas... Mais non, je suis écologiste.
Mais non, regardez, Emmanuel Macron condamné deux fois pour une action climatique. Je veux dire, Emmanuel Macron nous emmène vers le chaos climatique. Donc il faut voter écologiste dimanche. Et puis, vous parliez du deuxième tour. Mais on a déjà eu, vous l'avez dit, on a eu du mal sur cette campagne électorale. Je dis aux Françaises et aux Français, ne vous laissez pas voler votre premier tour. Votez pour vos convictions. Votez pour construire le vote écolo. C'est un vote efficace. C'est un vote de conviction. Et vous savez, c'est ça la Ve République. Au premier tour, on choisit. Au deuxième tour, on élimine. Ne vous laissez pas voler le premier tour de cette élection présidentielle.
Éric Jadot, ne vous laissez pas voler cette élection. Vous êtes donc le candidat Europe Écologie-Les Verts à la présidence. Écologiste. C'est un grand ressemblement des écologistes. Merci d'avoir répondu à mes questions de confiance.
Merci Apolline de Malherbe. Dans quelques instants, le live sur BFM TV. L'ambassadeur de Russie en France convoqué au Quai d'Orsay. Merci d'avoir regardé cette élection.
Yannick Jadot