[DÉCOUVERTE] Gadi Eisenkot, le général qui défie Nétanyahou | 4/4 · La bataille des législatives : tout sauf Bibi
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Questions et réponses
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- 1:16OuverteRéponse directe
Comment situer Yachar, le parti politique de Gadi Eisenkot ?
- 6:56OuverteRéponse directe
Comment se positionne Gadi Eisenkot sur le statut de la Palestine, la guerre à Gaza et les colonies en Cisjordanie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:57Invité politiqueFait
« « Il faut replacer la naissance de ce parti dans son contexte historique parce qu'on dit souvent de la vie politique israélienne qu'elle est très, disons, droitière. » »
- 3:19PrésentateurFait
« « Israël mérite d'ouvrir un nouveau chapitre. » »
- 3:43PrésentateurFait
« « Pour l'avenir d'Israël, nous devons faire en sorte qu'en octobre prochain, le gouvernement du 7 octobre achève son rôle dans l'histoire. » »
- 4:45InvitéFait
« « En Israël, les ultra-orthodoxes sont exemptés de services militaires. » »
- 5:06PrésentateurChiffre
« « Aujourd'hui, on a 1,5 million environ d'ultra-orthodoxes en Israël. » »
- 6:37Invité politiqueFait
« « Ça, c'est un véritable scandale. » »
Temps de parole
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- Invité11 %
- Présentateur 28 %
- ?4 %
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Dans quelques semaines, nous nous rendrons aux urnes pour un référendum d'une importance capitale,
des
élections qui détermineront
l'identité de
la nation israélienne.
Nous
choisirons entre l'unité et la division, entre la responsabilité nationale et l'abandon des enjeux de sécurité sociaux et politiques. Nous
choisirons
entre la vérité et le mensonge. Cette fois, le choix est d'une importance cruciale.
Les
visages de l'actu Gadi Heisenkot, épisode 4, l'anti-Netanyahou.
Avec
Yachar, son propre parti, Heisenkot fait de la rectitude un programme. Il ne se contente pas de vouloir battre Netanyahou, il veut le voir quitter la scène. Face aux diviseurs en chef, il se pose en rassembleur d'une société épuisée par la guerre et ses fractures et en homme, intègre face à un pouvoir rattrapé par les affaires. Comment situer Yachar, le parti politique de Gadi Heisenkot
? Il
faut replacer la naissance de ce parti dans son contexte historique parce qu'on dit souvent de la
vie
politique israélienne qu'elle est
très,
disons, droitière. Alors certes, le baril centre s'est déplacé à droite, il n
'y a
pas de doute là-dessus, mais on oublie quand même qu'en réalité, il
y a
une forme de tripartition avec cette famille centriste qui a été politiquement incarnée par un certain nombre de formations politiques qui ont disparu, qui sont des formations un peu politiques éclaires. Mais c'est un peu dans cette lignée-là que s'inscrit au fond Heisenkot avec la création de cette nouvelle formation politique, Yachar, donc il y a à peine un an. Et ce qui est assez extraordinaire dans son parcours politique,
c
'est que c'est un novice, ce n'est pas un professionnel de la politique. Or, son parti caracole en tête face à un premier ministre israélien qui est au fond aux manettes depuis plus d'une dizaine d'années, qui est un politique madré. Et quand on regarde la plateforme électorale de Yachar, ses contraducteurs lui reprochent le caractère très, très vague de ses propositions, très abstraite, très générale. Je crois au contraire que c'est une stratégie qui est pensée
par
Heisenkot et ses conseillers politiques et qui vise au fond à essayer de siphonner une partie de l'électorat du Likoud, c'est ce qu'on appelle en sociologie politique un parti attrape tout, le parti de Gadi Heisenkot. Et notamment, ce qui est intéressant, c'est dans la composition de sa liste électorale, il a pris le soin d'abord de faire en sorte qu'elle reflète un peu la mosaïque sociale israélienne. Vous avez des laïcs, des religieux, des ashkénazes, des orientaux,
des
gens qui sont plutôt
issus
du centre-gauche, mais majoritairement plutôt de la droite israélienne. Et là, encore une fois, il y
a
une stratégie qui vise
à
essayer de reconquérir cet électorat qui était historiquement un électorat captif du Likoud, et notamment les orientaux
qui
se reconnaissent dans la trajectoire sociopolitique de Gadi Heisenkot. «
Israël mérite d'ouvrir un nouveau chapitre.
Nous
l
'écrirons
ensemble.
»
Un extrait du discours de Gadi Heisenkot en meeting, mis en ligne par le média « Ici Beyrouth
»
le 1er août 2026.
«
Pour l'avenir d'Israël, nous devons faire en sorte qu'en octobre prochain, le gouvernement du 7 octobre achève son rôle dans l'histoire. Et que nous ouvrirons alors un nouveau chapitre de l'histoire d'Israël.
Un
chapitre bien meilleur,
car
Israël doit vaincre
et
il vaincra.
»
On voit là que Gadi Heisenkot se propose comme challenger direct de Benjamin Netanyahou avec des mots-clés qui ont fait partie du champ lexical de l'opposition, qui est de l'espoir, qui est d'un nouveau chapitre, une nouvelle ère. Évidemment, rappelons que Netanyahou,
ça
fait 30 ans qu'il est en politique israélienne et ça fait 17 ans, presque sans discontinuer, qu'il est au pouvoir et que forcément, le public à la fois peut lui rapprocher une lassitude générale. Évidemment, la catastrophe du 7 octobre et Gadi Heisenkot fait campagne systématiquement sur l'échec du 7 octobre. Et puis, d'autres calamités comme des difficultés économiques et le coût de la vie en Israël en particulier.
En
Israël, les ultra-orthodoxes sont exemptés de services militaires. Gadi Heisenkot veut mettre fin à ce qui est perçu par beaucoup comme une injustice.
Heisenkot se positionne sur l'enrôlement des ultra-orthodoxes également. Certainement, depuis le 7 octobre, la question de leur dispense à eux d'une communauté qui était ultra-minoritaire historiquement et qui est devenue beaucoup plus importante. Aujourd'hui, on a 1,5 million environ d'ultra-orthodoxes en Israël. Ça, ça ne passe plus après le 7 octobre.
C'est un reproche systématique qui est fait par les autres populations, les laïcs, les traditionnalistes ou les religieux, qui, eux, acceptent l'enrôlement et qui se sont sentis abandonnés au front, finalement, par ces gens qui n'ont pas participé, alors que des familles entières ployaient sous l'effort de guerre, en particulier avec les réservistes. Donc, Heisenkot va se positionner comme ça, comme à la fois le traditionnaliste, qui n'est pas trop un homme de gauche, parce que ça,
c
'est un mot qui fait peur, après le 7 octobre, certainement, et qui est capable de proposer une vaste alliance allant de la droite en passant par le centre et jusqu'éventuellement le centre-gauche.
Cette question de la conscription, c'est très concret pour une écrasante majorité d'Israéliens. Pour une raison assez simple, c'est que vous avez 10 millions d'habitants, dont un peu plus de 7 millions de Juifs, qui servent sous les drapeaux. Donc, vous avez fatalement un frère, un cousin, un oncle,
qui
a servi depuis l'attaque du 7 octobre. C'est parfois des tragédies familiales. Et donc ça, quand la majorité des Israéliens regardent
ce
qui se passe et constate que vous avez à peu près 12 à 14% de la population, pour ne pas les nommer les ultra-orthodoxes, qui ne servent pas,
mais
qui bénéficient d'un certain nombre d'exemptions, de taxes, qui bénéficient surtout des manes financières très généreuses de l'État. C'est ce qu'on appelle en Israël le fameux partage du fardeau. Ça, c'est un véritable scandale.
Et
Heisenkot a eu pour le coup le flair de politiser en fait ce ressentiment d'une majorité de la population israélienne à l'endroit des ultra-orthodoxes et a fait de la conscription universelle un élément central de son engagement politique et de sa plateforme électorale.
Comment
se positionne Gadi Heisenkot sur le statut de la Palestine, la guerre à Gaza et les colonies en Cisjordanie
?
Heisenkot est probablement plus à gauche sur la question des territoires disputés, sur la question de la Cisjordanie. Par exemple, Pierre Golan, qui est le chef des Démocrates, l'a souvent plombé de déclarations en disant « Gadi, il est comme moi, il comprend très bien le danger que ça représente pour Israël. » Mais que Gadi Heisenkot a fait le choix, contrairement à Ergolan, à la tête des Démocrates, de laisser tomber totalement la solution à deux États de son programme et il prend le soin de répéter, lui ou ses candidats sur sa liste, de répéter qu'un État palestinien n
'est
pas d'actualité pour le mandat actuel, c'est-à-dire pas maintenant, et de rester assez vague sur qu'est-ce qu'il préconise comme solution au long cours. Il imagine probablement, parce qu'on arrive quand même à lire entre les lignes, une forme d'autonomie d'indépendance palestinienne, mais néanmoins, il insiste sur le fait que Tzahal restera la seule armée régulière entre la mer et le Jourdain. Donc il est en réalité une position plus à gauche aujourd'hui qu'une majorité d'Israéliens et c'est aussi pourquoi Benjamin Netanyahou, très clairement, a décidé de le positionner en tant que rival officiel, le Challenger.
Benjamin Netanyahou, dans une vidéo diffusée sur son compte X le 16 septembre 2026.
Le président du conseil de Touba Zangari a révélé que lors d'une réunion avec les présidents des conseils bédouins du Nord, Gadi Ezenkot leur avait déclaré
«
Je ferai entrer le Rahm dans la coalition que je vais former ». Gadi Ezenkot ne peut former de gouvernement sans les partis arabes, tout comme Lieberman, qui tient un discours de droite mais agit comme un gauchiste, ainsi que Bennett et Lapide.
Tout
le monde est bien sûr Yair Golan, tout le monde compte sur un gouvernement qui s'appuie sur les partis arabes.
«
Donc si vous voulez empêcher cela, votez pour le Likoud car nous, et nous seuls, accomplirons la tâche.
»
Netanyahou commence directement à attaquer Ezenkot sur ses points faibles, son absence de charisme, il ne
se
parle pas très bien anglais, ce qui est une compétence que Netanyahou possède, un certain nombre de choses comme ça, et donc le positionne réellement en Challenger. Et ce qui se dit, c'est que Netanyahou préfère un homme comme lui parce qu'il est justement plus de l'aile gauche, on va dire, de la sensibilité de centre, qu'un autre homme comme Naftali Bennett, qui lui est un vrai droitier, même s'il a fait un certain chemin depuis, ou avec Dor Lieberman. «
Gadi
Ezenkot, contrairement à ce qui est dit ici et là, son positionnement politique, notamment sur la question palestinienne, sur la poursuite de la guerre, il est beaucoup moins droitier qu'on ne le pense. Pourquoi ? Parce qu'en 2020, alors certes, il ne parle pas d'État palestinien en Côte d'Israël, mais il parle de
la
nécessité
d
'enclencher un processus de séparation avec les Palestiniens, et il évoque notamment comme argument massue
la
préservation du caractère juif et démocratique d'Israël. Or, c'est un argument central
et
historique de la gauche travailliste, qui explique, à qui veut bien l'entendre, que la poursuite de l'occupation, son enquistement, met en danger le caractère juif démocratique de l'État pour une raison assez simple, c'est qu'elle produit une forme d'annexion de facto de la Cisjordanie qui obligerait Israël à choisir entre eux son caractère juif et démocratique.
C
'est-à
-dire,
si on annexe la Cisjordanie, on remet en cause, évidemment, le caractère juif de l'État, puisqu'il y aurait une forme d'égalité démographique entre juifs et arabes en Israël. Et si on décide, malgré tout, d'annexer, on met en danger, par ailleurs, la dimension démocratique de l'État, si on ne donne pas à ses futurs citoyens palestiniens d'Israël le droit de vote.
Ça, c
'est très intéressant, parce qu'il le fait de façon subtile, sans utiliser le vocable État palestinien, dont il sait pertinemment qu'il constituerait aujourd'hui une forme d'handicap politique en Israël, parce qu'il y
a
une forme de traumatisme historique cumulatif depuis
l
'effondrement du processus de paix dans les années 2000. Et c'est ça qui explique l'effondrement de la gauche en Israël. Il faut le dire et le répéter. La gauche en Israël a été associée, assimilée au processus de paix, au processus d'Oslo. Et les attentats suicides ont détruit psychologiquement, dans la psyché collective israélienne, cette idée qu'au fond, le compromis territorial pouvait produire une forme de pacification avec les Palestiniens. Et on peut multiplier les exemples. Ensuite, évidemment, les cinq guerres avec le Hamas depuis le retrait de 2005.
Et enfin, évidemment, ça a culminé avec l'attaque du secte octobre qui a un peu plus encore affaibli ce discours historique de la gauche qui, encore une fois, reposait sur la paix contre les territoires. Donc, lui dit, il ne s'agit pas d'arriver tout de suite à la paix avec les Palestiniens, de créer un État palestinien dans l'immédiat.
C
'est irréaliste. Mais en revanche, il faut préserver les conditions qu'on parvienne à une telle solution à l'avenir, notamment en gelant E1. Donc, E1, c'est ce projet qui consiste, au fond, à vraiment détruire la solution en deux États en créant une continuité territoriale entre Maléa, Doumime et Jérusalem, en mettant un terme aussi aux violences des colons les plus radicaux en Cisjordanie et par ailleurs, en enclenchant un processus de séparation, c'est-à-dire en essayant d'éviter les frictions entre Palestiniens et Israéliens en Cisjordanie.
Parmi les différents scénarios qu'on a pour cette élection, aucun bloc actuel, ni le bloc Netanyahou, ni le bloc Azenkot, ne parvient à dégager une majorité claire qui est une majorité de 61,
en
sachant qu'il vaut toujours mieux avoir 62, 63, 64 mandats pour s'assurer d'une stabilité, surtout dans le contexte de la politique israélienne, toujours extrêmement instable. Soit les Israéliens se réveillent le 28 octobre et disent « Personne n'a de majorité, on va continuer à faire ce qu'on a fait en 2019 et en 2020,
c
'est-à-dire retourner aux urnes ad vitam aeternam jusqu'à ce qu'une majorité se dessine. » En 2022, ça avait pris quand même cinq tours d'élection. Les Israéliens sont fatigués au bout de trois ans de guerre, donc reste à voir si c'est un scénario envisageable. Soit le scénario de l'Union, c'est-à-dire que Netanyahou et Azenkot se tendent la main en sachant que beaucoup de gens sont très sceptiques et frileux à l'idée de cette option qui là aussi serait assez bancale mais qui permettrait de passer le cap et d'amorcer peut-être une ère post-Netanyahou.
Et enfin, une dernière option qui est celle privilégiée par Azenkot mais qui n'est pas très populaire auprès des électeurs, ce serait un gouvernement minoritaire, c'est-à-dire s'engager dans une coalition sans réelle majorité et s'appuyer sur l'abstention des partis arabes israéliens qui traditionnellement ne siègent pas au sein des coalitions mais permettraient de l'extérieur de faire passer certaines décisions de gouvernement. Tout cela serait également bancal, ça prédirait une nouvelle élection mais ça permettrait peut-être de passer l'hiver on va dire ou de passer l'année.
Il
a d'ailleurs été reproché à Gadi Azenkot de faire le jeu du parti d'extrême droite Odzama Yehoudite d'Itamar Bengvir et de légitimer sa politique raciste et antidémocratique. Il a soutenu sa demande d'empêcher Samia Bouchéade président du parti Balade de participer aux législatives pour des propos douteux tenus au
sujet du 7 octobre. Sur cette question du soutien des partis arabes depuis l'extérieur de la coalition c'est un scénario qui est plausible qu'il est d'autant plus que le parti RAM qui avait rejoint la coalition de Yair Lapide et de Bennett donc un gouvernement centriste et qui était un parti plutôt islamique conservateur a intégré son numéro 2 est un juif israélien sioniste ancien ministre Segalovitz pour ne pas le nommer.
Pourquoi
je fais cette précision ? Parce que je crois que la clé aussi pour l'opposition sa capacité à reconquérir le pouvoir c'est l'alliance avec les arabes d'Israël ou les citoyens palestiniens d'Israël.
Mais
le consensus
à son prix le silence ou les contournements sur les colonies Gaza ou l'état palestinien Eisenkot ne rompt pas véritablement avec la politique de ses prédécesseurs et c'est peut-être là aussi ce qui fait sa popularité. Les visages de l'actu ont été préparés par Tom Hundenstock réalisés par Félix Levaché avec à la technique d'Aliya mixage Ludovic Auger coordination Camille Renard.
Merci d
'avoir
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