Nouvelles preuves de Mediapart : jusqu'où Jordan Bardella peut-il nier ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08FerméeÉludée
Jordan Bardella a-t-il, oui ou non, écrit des messages antisémites ?
- 0:29OuverteRéponse partielle
Comment Mediapart peut-il affirmer que c'est bien Jordan Bardella qui en est l'auteur ?
- 1:39OuverteRéponse partielle
Que valent les preuves produites par Mediapart pour attester que Jordan Bardella a produit des écrits antisémites ?
- 3:38RelanceRéponse partielle
Est-ce que ça devient accablant pour Jordan Bardella, sachant qu'il n'y a pas la preuve ultime ?
- 5:16OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'au vu de ces dernières révélations de Mediapart, qui fournit donc les preuves, est-ce qu'on peut dire qu'il n'y a plus de doute possible ?
- 7:30OuverteRéponse partielle
Quels sont très précisément les éléments qui permettent aux journalistes de dire que Jordan Bardella est l'auteur de ces écrits antisémites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16PrésentateurFait
« Jordan Bardella a-t-il, oui ou non, écrit des messages antisémites ? »
- 2:16PrésentateurFait
« Les messages ont été transmis directement par la maison mère de Facebook, puis authentifiés par un huissier. »
- 7:54PrésentateurFait
« Les banques sont toutes détenues par des juifs. »
- 8:13Locuteur 1Fait
« Je suis concerné par la légèreté de cette enquête. Mediapart n'a avancé absolument aucun argument. »
- 8:21Locuteur 1Fait
« Nous nous en expliquerons devant la justice et je pense que Mediapart pourrait se renommer Mediaflop. »
- 9:02PrésentateurFait
« Qu'importe pour le RN, qui y voit une campagne de dénigrement. »
- 9:13Locuteur 1Fait
« C'est de salir, de diffamer. Selon le vieil adage, salissé, salissé, diffamé, diffamé, il en restera toujours quelque chose. »
- 9:28InvitéFait
« Nous allons démonter cette manipulation et nous saurons qui est derrière cette manipulation. »
- 9:35InvitéFait
« Donc maintenant, c'est à Mediapart, je crois, qu'il va falloir dire d'enfiler son costard en Kevlar. »
- 10:16InvitéFait
« un débat vraiment de faux cul. »
- 11:19PrésentateurFait
« reprenant des propos ignobles que je n'ai évidemment jamais tenus. »
- 33:49InvitéFait
« Alain Soral se rappelle aux bons souvenirs de Jordan Bardella. Bardella, quand il avait 17 ans... »
- 40:12InvitéFait
« Jean-Marie Le Pen fait 10%, donc sa ligne est quelque part invalidée par les faits. »
- 40:36InvitéFait
« Ils avaient plein d'amis en commun. »
- 40:49InvitéFait
« Soral crée Égalité et Réconciliation en 2007. Donc c'est quand même dans l'écosystème mariniste, Alain Soral au départ. »
- 40:59InvitéFait
« Ça ne fait pas très dédiabolisation. »
- 41:10InvitéFait
« Elle se dit, il vaut mieux s'en séparer et elle met quelqu'un d'autre que lui à la... »
- 41:45InvitéFait
« Alain Soral donnait des conférences au FNJ au moment où il était au Front National. »
- 41:55InvitéFait
« C'est une acculturation de cette pensée. »
- 42:10PrésentateurFait
« Il y a aussi les e-mails entre le compte qui serait celui de Jordan Bardella et l'oranger, ancien responsable du MFNJ de Seine-Saint-Denis... »
- 42:24PrésentateurFait
« Il affirme aux journalistes que Jordan Bardella accordait de l'intérêt aux terroristes sur la possible survie d'Adolf Hitler après la Seconde Guerre mondiale... »
- 42:32PrésentateurFait
« Il dit aussi que Jordan Bardella avait comme livre de chevet les secrets de la réserve fédérale de l'écrivain négationniste Mullins... »
- 42:41PrésentateurFait
« C'est une façon de dire que Jordan Bardella baignait dans cet environnement-là. »
- 45:36PrésentateurFait
« Jordan Bardella a eu beaucoup de mal à dire que Jean-Marie Le Pen était antisémite. »
Temps de parole
- Présentateur51 %
- Invité19 %
- Invité 218 %
- Invité 33 %
- Locuteur 62 %
- Invité 42 %
- ?2 %
≈ 13,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Jordan Bardella a-t-il, oui ou non, écrit des messages antisémites ? Trois jours après ces révélations de choc, le site Mediapart dévoile ses preuves. D'abord des conversations entre ce qui serait le compte de Jordan Bardella et son entourage entre 2013 et 2014. Les messages ont été transmis directement par la maison mère de Facebook, puis authentifiés par un huissier. Et ensuite, comment Mediapart peut-il affirmer que c'est bien Jordan Bardella qui en est l'auteur, selon les journalistes ? Le compte en question donne tellement d'éléments très précis sur la vie intime, la vie privée de Jordan Bardella que ça ne peut être que lui.
Le président du RN dénonce un montage grossier et Marine Le Pen reste étrangement silencieuse. Nouvelle preuve de Mediapart, jusqu'où Jordan Bardella peut-il nier ? C'est le titre de notre émission ce soir avec Bruno Jeudy. Bonsoir. Bonsoir Aurélie. Ça faisait longtemps Bruno, vous êtes directeur délégué, éditorialiste à la Tribune dimanche. Et dans votre prochain numéro, un dossier sur la crise lycéenne. On aura l'occasion d'en parler aussi ce soir. Christophe Barbier, bonsoir. Bonsoir Aurélie. Vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction à Franc-Tireur. Anne-Rosanchard, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directrice déléguée de la rédaction de l'Express.
Elle a eu cette semaine « Poutine, les nouvelles menaces sur la France ». Et je rappelle votre livre « Un chagrin français » publié aux éditions de l'Observatoire. Et enfin, Abel Maître, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes éditorialiste au Monde. Vous avez suivi l'extrême droite de 2009 à 2015. À lire votre enquête « Jordan Bardella, une jeunesse au FN sous l'influence idéologique d'Alain Soral ». Et je rappelle votre livre avec Caroline Monod, « Le système Le Pen chez De Noël ». Que valent les preuves produites par Mediapart pour attester que Jordan Bardella a produit des écrits antisémites ? C'est d'abord une enquête très technique, Bruno Jeudy. On va la décortiquer ce soir.
Tout part d'une conversation sur la messagerie Facebook Messenger entre Jordan Bardella et deux personnes. Exactement. Ça nous ramène en 2013, à l'époque où on échangeait sur MSN. C'est vrai qu'on exhume une façon de converser qui n'existe plus aujourd'hui. Mais c'est à cette époque-là que Jordan Bardella, qui n'était pas majeur, échangent avec des proches, des amis. Mediapart fait état de deux sources différentes. Qui ne se connaissent pas.
Qui
ne
se
connaissent pas. Et à partir de leurs échanges, Mediapart a enquêté et obtenu, extirpé en quelque sorte les messages grâce à Meta. Oui, en fait, une de ces sources a demandé à Meta, comme on peut le faire, on le découvre aussi ce soir. Donc la maison mère de Facebook lui a dit « Je veux l'historique de mes conversations ». Facebook les a renvoyées. La personne qui a demandé, qui les a obtenues et que Mediapart a pu consulter. Et
ça, ça
nous montre quoi ? Ça veut dire que ces conversations ne peuvent pas avoir été modifiées depuis 2013
?
Exactement. Alors, dans sa défense, Jordan Bardella lui dit que ce sont des faux. Il laisse entendre que ce serait un faux conte, qu'on aurait parlé à sa place. C'est assez... Si c'est le cas, la personne est très machiavélique. Elle aurait inventé des messages en 2013 pour les publier 10 ou 12 ou 13 ans plus tard. Bon, c'est sa ligne de défense. Elle paraît assez fragile. En tous les cas, l'enquête est assez solide. Maintenant, il reste un angle mort qui est que nous, journalistes, on ne peut pas vérifier à 100% que c'est bien son compte. Son compte de l'époque, c'est sans doute maintenant l'autre élément.
Alors, l'enquête n'est peut-être pas terminée, Mediapart a sans doute d'autres éléments. Mais ça devient accablant pour Jordan Bardella. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, Christophe Barbier ? Est-ce que ça devient accablant, sachant que, je le précise, il n'y a pas la preuve ultime ? Est-ce que c'est vraiment ce conte, Jordan Bardella, qui a eu des écrits antisémites ? Est-ce qu'on peut vraiment le dire comme ça ? L'argumentaire de Mediapart,
c
'est de dire que les informations, les éléments autobiographiques sont tellement précis que ça ne pouvait être que Jordan Bardella. Quand il dit être passé dans le Parisien à cause de sa pétition contre la suppression de la bourse au mérite, quand il se demande d'avoir aidé des migrants à apprendre le français, tous ces éléments, on va les retrouver 11 ans plus tard dans les mémoires de Jordan Bardella. Donc, comment une personne a pu avoir ces infos aussi précises 11 ans plus tôt ? Oui,
ce
qui est attesté par cette deuxième publication de Mediapart, c'est la solidité de leur processus de vérification. Pour aller plus loin et aller jusqu'à la vérité judiciaire, scientifique, il faudra sans doute attendre les éventuelles enquêtes que la justice déclenchera, puisque Jordan Bardella a porté plainte, ou bien des compléments techniques sur l'authentification du compte émetteur. Les dégâts politiques sont déjà réels pour Jordan Bardella, c'est-à-dire que tout son discours sur la dédiabolisation du RN, sur son parcours irréprochable, pur, de ce côté-là, est mis à mal. D'autant qu'à côté de cela, on voit surgir, mais ce
n
'est pas la première fois, il y en a déjà eu dans des articles de presse, il y en avait déjà eu dans la biographie de Pierre Stéphane Faure, le grand remplaçant, on a des éléments d'ambiance qui montrent qu'à l'époque, à cette époque-là, Jordan Bardella fréquentait des cercles qui, eux, officiellement, sans s'en cacher, baignaient dans l'antisémitisme ou dans des idéologies proches. Donc les deux convergences, ça fait un véritable problème politique pour lui et pour Marine Le Pen. Est-ce qu'au vu de ces dernières révélations de Mediapart, qui fournit donc les preuves, c'était hier soir à 18h, est-ce qu'on peut dire qu'il n'y a plus de doute possible à de Rosanchère ?
Écoutez, il y a en tout cas un faisceau de preuves convergent qui montre une méthode extrêmement rigoureuse et qui fait que, globalement, l'homme de bonne foi ou la femme de bonne foi qui va s'informer va se dire que, quand même, visiblement, ce serait compliqué que ce soit des faux absolus. Après, pour le vérifier, pour en attester vraiment, c'est la justice qui aurait des moyens encore plus grands de le prouver. Est-ce que... Donc, Jordan Bardella a annoncé vouloir porter plainte. Je ne sais pas si Mediapart a reçu déjà cette plainte parce que ce qu'on sait, c'est que, par exemple, il avait déjà dit qu'il voulait porter plainte contre, je ne sais plus,
c'était un complément d'enquête, etc. Bernard Henri
Lévy et il a retenu, finalement, c'est désisté.
C'est désisté.
Voilà, au moment où, complément d'enquête, je crois, avait dit qu'ils avaient vu un compte Twitter, un compte Twitter anonyme qui aura appartenu à Jordan Bardella où il avait été dit des choses extrêmement radicales, voire racistes, etc. Et il avait annoncé vouloir porter plainte et s'était arrêté avant, là où la justice aurait pu éventuellement faire la lumière intégrale sur la question. Donc, est-ce que là, il va aller jusqu'au bout ? Et dans ces cas-là, combien de temps mettrait la justice à établir les faits, etc. ?
Tout ça, pour l'instant, ce sont des scénarii, on va dire, dont on ne peut pas, nous, prédire ni dans quel sens ils vont partir, ni le « timing », entre guillemets, le « calendrier » auquel il se déroulerait.
Les révélations sont tombées hier soir. Toujours pas de réaction de Marine Le Pen. Il y a celle de Jordan Bardella.
Je
ne crois pas que Jean-Marie Le Pen était antisémite. Maintenant, je n'aurais évidemment pas tenu les propos qu'il a tenus sur le point
de... Alors,
vous comprenez bien qu'il s'agit d'une archive, on la décryptera plus tard. On va écouter la toute dernière réaction de Jordan Bardella aux preuves avancées par Mediapart. On va l'entendre tout de suite. Quels sont très précisément les éléments qui permettent aux journalistes de dire que Jordan Bardella est l'auteur de ses écrits antisémites ? Nicolas Fleury, Aurélie Sanner. Mediapart avait promis des preuves. Hier soir, le journal a publié les documents originaux. Ces messages antisémites que le site d'information attribue à Jordan Bardella.
Les
banques sont toutes détenues par des juifs. Les journalistes dévoilent les coulisses de leur enquête.
Nous publions ces documents et vous faisons la démonstration qu'ils sont authentiques et qu'ils sont ceux de Jordan Bardella.
Le président du Rassemblement national continue de nier être l'auteur de ses écrits.
Je
suis concerné par la légèreté de cette enquête. Mediapart n'a avancé absolument aucun argument. Donc nous nous en expliquerons devant la justice et je pense que Mediapart pourrait se renommer Mediaflop. C'est le scandale qui a secoué le RN toute la semaine. Je ne sais même pas de quoi vous parlez, mais ça me paraît tellement dingue. Hier, Mediapart prend donc le soin de détailler ses méthodes. Le journal dit avoir récupéré ses échanges sur l'application Facebook Messenger auprès de deux sources différentes, s'appuyant sur l'une d'elles pour établir leur véracité.
Pour s'assurer qu'ils sont authentiques, nous lui avons demandé de solliciter Meta, la maison mère de Facebook. L'extraction de ces données par Meta a été certifiée par un huissier. Elle nous permet d'affirmer également que cette conversation n'a subi aucune modification depuis 2013.
Qu'importe pour le RN, qui y voit une campagne de dénigrement.
Et le but n'est pas de dire une vérité qui n'existe pas sur Gérardin de Bardella de la part de Mediapart. C'est de salir, de diffamer. Selon le vieil adage, salissé, salissé, diffamé, diffamé, il en restera toujours quelque chose.
Depuis hier, pas de commentaire de Marine Le Pen. Elle, qui avait été si virulente ces derniers jours.
Nous allons démonter cette manipulation et nous saurons qui est derrière cette manipulation. Donc maintenant, c'est à Mediapart, je crois, qu'il va falloir dire d'enfiler son costard en Kevlar.
Le Kevlar, la matière des gilets pare-balles.
L
'analogie sonne comme une menace.
Un peu militaire,
parce qu'ils ont manifestement envie de jouer aux petits soldats dans une sorte de guerre de tranchée, demandant des éléments de notre enquête. Nous les publions avec un degré de vérification que je peux qualifier de scientifique. Ce n
'est
pas 99,99%, c'est 100%. Alors, faut-il croire les dénégations de Jordan Bardella ? Le ministre de la Justice a sa réponse. Moi, je trouve que c'est
un débat vraiment de faux cul.
Quand on a 16, 17 ans, 18 ans, qu'on est militant du RN de Jean-Marie Le Pen et qu'on écoute Alain Soral, oui, on a sans doute eu des propos antisémites. Vous n'êtes pas sur le sans doute, là. Si c'est établi, ça se
fait changer
de
nature. Le
Rassemblement National n
'est
pas le lieu de protection des Juifs, ça se saurait. Ou alors, je n
'ai
pas bien compris mon histoire de France.
Non, mais ce n'est
pas ma question. À gauche, les appels à la démission du président du RN se multiplient. Je trouve sa réaction absolument stupévière. C'est du trumpisme,
quoi.
C'est-à
-dire,
il n'y a plus de réalité, on ne peut plus rien démontrer. Je crois que l'enquête de Mediapart sur ce sujet est sérieux et que M. Bardella devrait en assumer les conséquences.
Est-ce qu'il peut rester député européen ? À mon avis, c'est complètement incompatible.
Jordan Bardella ne l'entend pas ainsi. Dès la publication des documents de Mediapart, il dit avoir porté plainte contre le journal pour faux et usage de faux.
Et
comment vous analysez justement cette réaction de Jordan Bardella qui dit avoir porté plainte, c'est avéré fier, qui qualifie Mediapart de mediaflop, qui dit « Les pseudo-preuves sont enfin sorties, des montages grossiers, d'obscures captures d'écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n'ai évidemment jamais tenus.
»
On s'interroge sur les raisons de cette ligne de défense parce que tout le monde voit que ça ne tient pas, Bono Jeudy le disait, ça ne tient pas très longtemps l'épreuve des faits. Il aurait pu faire comme son proche François Paradol, dont Mediapart avait révélé la proximité avec Alain Soral il y
a
quelques mois, dire « Voilà, c'était une erreur de genèse, j
'ai
changé. » Il ne le fait pas. On a l'impression qu'ils veulent gagner du temps quand même au Rassemblement National parce qu'ils ont une échéance qui est importante, c'est celle du Congrès, qui a lieu dans à peine un mois, le 25 octobre je crois, de mémoire. C'est le seul candidat en lice, les candidatures sont closes. Enfin, ça va être très compliqué pour eux de devoir démettre Jordan Bardella avant cette échéance. En plus, dans l'ambiance de la campagne électorale où il était censé apporter un apport à Marine Le Pen envers la jeunesse, envers une partie de la droite, envers une partie du patronat. Donc ils essayent
de
gagner du temps. C'est ce qui explique aussi leur choix judiciaire, de stratégie judiciaire. Alors
ça,
il faut nous l'expliquer. En quoi le fait de porter plainte avec constitution de partis civils, ça permet de gagner du temps ?
Parce que ça prend du temps d'audiancer l'enquête, que le procès ait lieu. C'est en gros un an, un an et demi, donc après la présidentielle.
Ils pouvaient faire quoi d'autre ?
Par exemple,
la
citation directe, qui est une procédure plus rapide. Il y a d'autres procédures aux civils aussi qui sont plus rapides. La citation directe avait l'avantage d'obliger Mediapart à faire une offre de preuve et lui à dire, ben voilà, moi j'ai une contre-offre de preuve et je montre pourquoi ces éléments sont faux.
A
priori, ce n
'est
pas le choix qu'il a fait. Donc c
'est
étrange ?
C
'est
étrange,
mais en tout cas, ce n
'est
pas étrange si on se met à leur place et dans leur perspective de gagner du temps, encore une fois, et d'essayer
de
permettre à Marine Le Pen et aux partis de dire, tant que la vérité judiciaire n'a pas été établie, voilà, on le croit. On
peut le dire de deux
façons.
On
peut le voir comme une stratégie, en effet, parce qu'il y
a le
Congrès et qu'il y a la présidentielle, etc., donc gagner du temps, mais aussi, certains peuvent se dire, s'il est innocent, pourquoi ne veut-il pas le prouver au plus vite ? Pour se décharger de cela.
Puis Christophe Barbier l'a dit,
c
'est que non seulement il y a cet élément, mais il y a aussi le poids que ça va prendre dans la campagne électorale, dans la campagne présidentielle.
C
'est-à
-dire
qu'à chaque fois que Marine Le Pen sera en débat, quelqu'un lui ressortira les citations de Jean-Dan Bardella et lui posera la question de savoir pourquoi il est toujours en place. À chaque déplacement, on l'a connu, quand on a suivi le Front National, donc l'ancêtre du RN, il y a quelques années, il y avait des contre-manifestations, des associations antiracistes, des associations de défense des droits de l'homme, qui avaient peu à peu disparu. Je pense qu'ils en viendront. Donc voilà, ça va créer une ambiance quand même pas très dédiabolisation.
La question de Philippe dans les Bouges du Rhône, Marine Le Pen a-t-elle réagi aux nouveaux éléments de preuve apportés par Mediapart ? Non, à cette nouvelle salle, il n'y a pas de réaction. À la première, il y avait la réaction qu'on a un peu entendue, c'est dingue, c'est une dinguerie, donc elle ne venait pas sur le fond. Et puis elle a participé d'abord du parti qui fait bloc autour de son président Bardella, mais aussi de la mise en cause des opposants politiques et de cette idée de machination. C'est très compliqué pour elle, parce qu'elle a érigé Jordan Bardella en numéro 2 sur le tandem, sur le ticket, pour la présidentielle et pour Matignon.
Elle en a en effet besoin pour toute une série de raisons qui ont été dites. Donc elle ne peut pas le lâcher maintenant, mais elle devra estimer à partir de quel moment il devient un boulet. Avoir choisi la stratégie judiciaire longue, c'est en effet étrange. Si vous êtes sali par quelque chose que vous savez faux, vous avez envie que la justice se prononce très très rapidement, si là il donne du temps, c'est uniquement parce qu'il compte sur une alliée. Et cette alliée, c'est l'opinion. Il espère, elle espère aussi que dans quelques jours, des sondages vont expliquer que pour l'opinion, ça n'a pas tellement d'importance. Ce n
'est
pas bien, mais il avait 17 ans. Et puis les problèmes de la France font qu
'on
se concentre sur
l'élection. Et si ça montre autre chose
? Si ça montre autre chose, là le problème sera pour Marine Le Pen. Comment garder à l'arrière du tandem quelqu'un qui vous tire vers le bas ? Si Marine Le Pen perd 2, 3, 4, 5, 10 points dans les sondages, sur des franges électorales conquises récemment, par exemple des gens qui venaient plutôt du vote ELR, de l'ancien vote UMP, là elle devra se poser la question, il était un ticket, est-ce qu'il ne doit pas devenir un fusible ? On va essayer de répondre à cette question. Jusqu'où Bardella peut-il nier ? C'est le titre de notre émission et vous êtes avec nous, Barbara, Gabriela, pardon, Bélaïde.
Vous êtes experte en cybersécurité, fondatrice et directrice numérique et cybersécurité de SternTech. Comment savoir si c'est bien Jordan Bardella qui est derrière ce compte ? Quelle serait pour vous la preuve ultime ?
C'est difficile en termes de cybersécurité de parler de preuve ultime. On peut parler du fichier technique et l'export qui a été réalisé. C'est un export technique. Derrière, on a un fichier qui contient des données. Derrière ces données, c'est un identifiant. Un identifiant, c'est une série de chiffres uniques qui est attribuée à un compte. Et ce chiffre est éternel, on va dire. Et donc dans ce contexte-là, nous avons un expéditaire et un destinataire. Donc on a bien deux IDs différents. Et cette ID dépend de l'adresse mail ou du téléphone qui a créé le compte sur Messenger ou sur Facebook. Donc derrière sont rattachées évidemment
des
informations. Nous,
on
peut faire les liens techniques. Mais qui a créé le compte avec cette telle adresse mail et tel téléphone il y a 15 ans ? Ça, je ne
peux
pas dire que c'est Jordan Bardella. Ça, c'est une recherche supplémentaire qui devra se faire. qui est d'identifier que cette adresse mail était bien à Jordan Bardella en 2013. Et c'est ma question, comment on fait alors
? Alors
là, c'est de l'investigation. Nous, on va parler technique, on va parler des traçabilités. On peut parler aussi des adresses IP. C'est-à-dire à partir de quelle adresse IP ces messages ont été envoyés. Une adresse IP est une série de chiffres qui est attribuée à des objets connectés qui permettent de communiquer sur Internet. Donc c'est à l'instant T, à chaque moment, on sait à partir de quelle adresse IP a été envoyée ce message. On peut connaître le lieu, on peut connaître la date et l'heure. Et potentiellement, on peut connaître aussi l'abonné. L'abonné quand on est avec un fournisseur d'accès Internet.
Mais ça, pour avoir l'abonné de l'adresse IP, là, c'est la justice uniquement qui peut réclamer. Mais nous,
on
ne peut pas demander, enfin, nous, journalistes ou experts en cybersécurité, on ne pouvons pas récupérer les abonnés qui soient derrière les adresses. Merci beaucoup pour cet
éclairage.
Enfin, j'ai enfin la réponse. C'est-à-dire que même si ça date il y a 13 ans, Bruno Jeudy, la justice pourrait très bien remonter jusqu'à Jordan Bardella ou pas ? C'est-à-dire qu'il est possible d'avoir la réponse à cette question ? Absolument. La justice régulièrement remonte des comptes et identifie les propriétaires. Donc, pour la justice,
c
'est tout à fait possible.
C
'est vrai que la question qui se pose, c'est le choix de la stratégie judiciaire de Jordan Bardella qui signe, j'allais dire, au minimum l'embarras du parti, au pire, forme d'aveu implicite. Jordan Bardella ne veut pas que la justice s'empare rapidement de cette affaire. Alors, il
y
a le calendrier pour des affaires partisanes, la présidence du parti. Il y a aussi de gagner du temps parce que c'est vrai que cette campagne,
elle
est à la fois pas très loin et puis ça peut peut-être tenir.
Vous
savez, les candidats en campagne, ils disent ça va tenir. On a déjà connu des candidats qui avaient des ennuis judiciaires en début de campagne et puis ça ne
s
'arrange pas au cours de la campagne. Donc, peut-être que Jordan Bardella fait ce calcul et Marine Le Pen avec. Je suis un peu surpris quand même que Marine Le Pen n
'ait
pas réagi hier après la deuxième salle de Mediapart. Je ne sais pas, c'est difficile à interpréter. En tout cas, ça peut être de l'embarras. Ça peut être aussi que Jordan Bardella, parce qu'elle a de l'expérience des campagnes, elle
a
déjà vu des campagnes sous pression avec des affaires, avec des incidents. C'est un fait de campagne majeur en ce début de campagne. Est-ce que Jordan Bardella ne va pas devenir le boulet de Marine Le Pen ? La question est posée. On verra bien, on verra bien. Mais surtout, est-ce qu'elle est en train de le lâcher ? Si on remonte le fil, et c'est intéressant, Mediapart avertit Jordan Bardella de cette enquête et lui envoie des questions. ce week-end, après la messe du pape. Jordan Bardella n'était plus en présence de Marine Le Pen.
Et
visiblement, il ne l'a pas informée. Elle a appris très tard. Et quand elle dit que
c
'est une dinguerie, on a l'impression qu'elle l'apprend en même temps que nous. Peut-être qu'Edune, elle lui en veut. Et que de deux, elle se pose la question de le lâcher bientôt ?
En
tout cas, elle doit être très embêtée, même politiquement, parce que cette lumière éclaire quelque chose qu'on savait du Rassemblement National. Mais là, ça le met en lumière de façon très crue. C'est que c'est un parti, un mouvement, qui est composite entre l'ADN hérité du Front National, Canal Historique, Jean-Marie Le Pen, où il continue d'y avoir, dont sont issus toujours des cadres du parti, des élus du parti, des directeurs de cabinet, des responsables de presse, etc.
On le sait, donc il existe encore un lien organique entre ce vieux Front National et le Rassemblement National d'aujourd'hui, dont Marine Le Pen, depuis 15 ans, est en train d'essayer d'imposer un autre discours avec de nouvelles incarnations qui sont beaucoup plus tournées vers, on va dire, l'idée de la fracture sociale, géographique, culturelle, de la France qui se sent lésée par la mondialisation, par la métropolisation.
On a bien vu son discours de rentrée, qui était essentiellement sur le logement, et donc qui vise des électeurs, on va dire, déçus de la gauche populaire, de la droite populaire, des Français des classes moyennes ou populaires, et qui, comment dire, vote aujourd'hui, entre guillemets, Marine, parce que c'est ainsi qu'il l'appelle, mais ne voterait pas pour son père.
Et donc, jusqu'à maintenant, la tectonique du Rassemblement National, ce qui lui permet d'atteindre l'étiage auquel il est au premier tour aujourd'hui, c'est-à-dire quand même entre 12 et 17% au-dessus de n'importe quel autre concurrent au premier tour, c'est d'avoir conservé les premiers, je dirais, tout en en attirant de nouveaux qui ne seraient pas effrayés par les premiers, en, voilà, dans cette espèce de stratégie... En agrégeant... De dédiabolisation, etc. La question qui se pose, c'est à quel point est-ce que ça tient face à ce genre de révélation, et surtout face aux mensonges qu'il peut y avoir derrière, c'est-à
-dire
que quelque part, là, les Jordans de Bardella s'en faire là-dedans, est-ce que Marine Le Pen va se dire, mais en fait, là, c'est trop évident, les gens vont de toute façon penser qu'il a écrit ça et que nous le planquons ? Et dans ces cas-là, elle pourrait être, en effet,
peut
-être amenée dans sa stratégie de dire, moi, je vise un étiage de Français qui ne se résume pas au FN canal historique, de, peut-être, j'en sais rien, je ne
suis
pas du tout dans sa tête, mais en tout cas, de prendre de grandes distances.
Est-ce qu'on sait s'il
y a
des réunions de crise où on envisage chacun des scénarios ? Et il y a celui-là qui semble évident aujourd'hui. Si Mediapart continue à faire d'autres révélations, ou s'il est définitivement confirmé que c'est bien Jordan Bardella qui a eu ses écrits antisémites, il se passera quoi
?
Marine Le Pen, déjà, ça doit lui rappeler aussi des passages de sa présidence avec son père qui multipliait les sorties antisémites alors qu'elle était sur une stratégie de conquête du pouvoir. Et ils ont bien vu au Rassemblement national, enfin d'abord au FN, puis au Rassemblement national, qu'ils arrivaient à passer un cap à partir du moment où ils coupaient le cordon avec Jean-Marie Le Pen et en disant, voilà, maintenant on est irréprochable, on a même viré le cofondateur, on ne peut plus nous faire ce procès. Là, elle recule de trois cases, Marine Le Pen, quand même, puisque c'est le président qu'elle a elle-même,
alors
il a été élu, mais bon, elle l
'a
désigné quand même, c'était son poulain.
C
'est
son fils spirituel ?
Peut-être pas, mais en tout cas,
elle
voulait que ce soit lui qui prenne le parti à sa suite. Voilà. Donc, c'est sa création,
en
tout cas, si ce n
'est
pas son fils spirituel. Et on voit que ça revient avec les vieux démons du Rassemblement national et du Front national. Donc, j'imagine qu'il doit y avoir des réunions de crise, à cette
exception
près, que, à cette précision près plutôt, c'est qu'au Rassemblement national,
on
n'a pas une culture du dialogue et de l'échange extrêmement développée. C'est quand même quelque chose de très vertical. Tout se passe en face-à-face entre Marine Le Pen et ses conseillers. Il n
'y a
pas d'instance démocratique où on peut discuter.
C
'est-à
-dire
que Jordan Bardella peut très bien apprendre demain qu'il est débranché. Ça peut se faire de façon aussi verticale.
Jean-Marie Le Pen l'avait appris un peu comme ça. Donc, j'imagine que si son père et son cofondateur du parti... Il a appris qu'il ne serait pas candidat entre
deux portes.
Le fameux mardi du jugement en cours d'appel, il a appris quasiment en deux portes qu'elle serait candidate et que lui ne le serait pas, et puis circuler. Et c
'est
la question d'Alice dans les Hautes-Alpes. S'agit-il d'un règlement de compte interne au Rassemblement national ? Puisque vous parlez de ça, de ce moment où en effet Jordan Bardella, qui a cru qu'il serait le candidat du RN, apprend presque en même temps que nous qu'il ne le sera pas, il y a ce contexte de recherche de taupe en ce moment au RN. Eric Tegner du Médial Infiltré promettait mardi soir de donner le nom de la taupe qui alimenterait plusieurs médias, dont Libération, sur l'avis interne du Rassemblement national et justement qui donnait des informations sur le rififi entre Jordan Bardella et Marine Le Pen.
Finalement, zéro révélation mardi soir à la suite de pressions, visiblement, selon Libération, c'est Marine Le Pen qui a contacté Arnaud Lagardère, actionnaire de l'infiltré, et elle lui a dit « s'il te plaît, arrête cette traque
». C
'est dire si on a peur que tout ça soit révélé à l'intérieur du RN. Ce qui laisse plutôt accréditer que ce n
'est
pas Marine Le Pen qui est derrière ça parce que la machine lui échapperait. Lui, Bardella, sait peut-être qu'il sait, parce que cette messagerie, elle était partagée entre quelques militants, quelques dizaines de militants, peut-être a-t-il identifié à ses yeux des suspects. Parfait. S'il était aujourd'hui le candidat, Jordan Bardella, si Marine Le Pen avait été écartée par la justice, vous imaginez ? Marine Le Pen empêchait, Bardella décrédibilisait, il n
'y
aurait plus de candidat et règne de substitution. Ce n
'est
pas Sébastien Chenu ou Jean-Philippe Tanguy qui en aurait la dimension. Donc vous auriez comme ça une trentaine de pourcents d'électorats, pouf, sans candidat, lâché dans la nature. Si évidemment les propos prêtais à Bardella étaient authentifiés. Il a manqué une occasion évidente, Bardella, mais pas là, il y a quelques semaines, en 2015. Il est nommé porte-parole.
Il aurait dit à ce moment-là, comprenant que Marine Le Pen veut notabiliser le parti, le dédiaboliser, il aurait dit, j'ai dit des choses atroces dans ma jeunesse, j'ai écrit des choses atroces, mais elle m'a ouvert les yeux, je me rends compte de mon erreur, et pour éviter que mes cadets fassent la même erreur, j'avoue tout, je vous demande pardon, et je vais m'efforcer que ça n'arrive plus du tout dans notre parti. Mais là, comme il ne l'a pas fait, au-delà du mensonge, ça jette
une
ombre sur toute la stratégie de Marine Le Pen. Cette dédiabolisation, est-ce qu'elle était seulement cosmétique ? Alors oui, quand on attrapait un candidat incantonale ou un militant qui dérapait verbalement ou qui avait eu un passé nauséabond, on l'écartait tout de suite. On l'a encore vu récemment avec le policier de Carcassonne. Mais jusqu'à la présidence du parti, on n'avait pas fait le travail de recherche en profondeur. Et donc toute cette idée d'un parti normalisé, meilleur défenseur de la communauté juive, c'était donc un maquillage. C'est à cela qu'elle devra répondre, si évidemment les propos prêtés à Bardella sont authentifiés.
Est-ce qu'il peut y avoir un lien entre ces sources qui parlent à Mediapart, qui font ces révélations sur Jordan Bardella, et le climat interne en ce moment au RN, où bardellistes et marinistes se regardent comme dans un western ? Jusqu'à présent, on avait fait un sondage à la rentrée de septembre sur le poids des tensions présumées ou confirmées entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, un sondage dans la tribune dimanche. Et au fond, les Français y prêtaient peu intention. D'ailleurs, on voit bien que dans les sondages, ça n'a absolument pas affecté, altéré la cote de Marine Le Pen, qui a d'ailleurs continué à progresser tout au long du mois de septembre.
Il y avait un élément quand même qui peut s'aggraver pour Marine Le Pen, c'est que parmi les freins des Français à voter pour le RN et Marine Le Pen à l'élection présidentielle, il y avait traditionnellement le programme économique et social, il y avait le risque pour la démocratie, mais il y avait un autre élément qui peut avoir son importance, c'est l'entourage de la candidate Marine Le Pen. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'avec ce qui arrive à Jordan Bardella, cette affaire, cette volonté d'avoir un entourage qu'elle aurait nettoyé, ce qu'expliquait Abel à l'instant, eh bien ça, ça peut justement devenir un vrai frein, peut-être pas pour le premier tour, mais pour le second tour, et l'élégis, sûrement. On va en parler dans un instant, mais j
'ai
besoin que vous nous racontiez cette atmosphère. Depuis que Jordan Bardella n'est plus le candidat du RN, que s'est-il passé ?
C
'est Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen, qui dit « je suis en mode torture homaine, je ne me mêle pas de leurs affaires », ça dit quelque chose quand même. C'est à ce point-là qu
'il
y a un climat presque de paranoïa, et il le disait avant les révélations de Mediapart. En
fait, ce que ça dit, c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est que comme c
'est
un parti qui ne règle pas ses différents politiques dans une enceinte collégiale, c'est un parti où il n'y a pas de courant, où même le mot « courant » est proscrit,
c
'est-à-dire que « courant », c'est quasiment un synonyme de trahison, c'est-à-dire que si on fait un courant minoritaire, on trahit la ligne de la
presse. Qui
parle à la presse ? Qui nourrit la presse aujourd'hui au RN
? Comme dans tous les partis. Mais comme les différents ne se règlent pas politiquement, ils ne se règlent personnellement. Donc peut-être que Jordan Bardella et son entourage
ont
fait preuve d'un peu trop d'assurance avant le 7 juillet, le jugement de la Cour d'appel de Paris, qu'il se voyait déjà un peu trop le candidat, que ça n'a pas plu à Marine Le Pen ni à son entourage,
et
que, alors, c'est déconnecté de ce que Mediapart révèle, mais que du coup, une fois que c'est elle qui est candidate, les comptes se règlent et ils se règlent comme toujours au Front National, c'est-à-dire de façon rapide et expéditive.
L'élément manquant, en effet, c'est ce que l'opinion va en dire. Est-ce qu'elle peut avoir de la compassion pour les erreurs de jeunesse ou pas ? Si jamais on en arrive à ce moment-là de la défense de Jordan Bardella, qui pour l'instant dit qu'il est innocent. Il y
a
ce que dit un parlementaire RN dans le monde qui se souvient de ce qu'il disait à ses copains à 17 ans, à l'âge où l'on peut dire un bon mot pour amuser la galerie, qui n'a jamais tracé une croix gammée avec son compas sur une table au lycée ou à la faculté. Je ne sais pas si vous l'avez...
Non, absolument pas.
Voilà,
on a déjà une réponse.
Non, non, non. Et je pense, comme Christophe l'a dit tout à l'heure, que s'il y avait cette stratégie de mea culpa, elle aurait dû avoir lieu très en amont. Et là, en plus, maintenant, elle est impossible, cette stratégie. Mais maintenant, si
c
'est faux, alors... Enfin, si Mediapart dit vrai, alors ça veut dire que Jordan Bardella ment depuis une semaine. Les effets sur l'opinion, en vérité, soyons humbles, on ne peut pas les savoir à l'avance. En vérité, il y a deux logiques. Il y
a
une logique très politique qui travaille le pays et dont on sait où elle nous mène aujourd'hui, c'est-à-dire pour des raisons structurelles qui traversent d'ailleurs toutes les sociétés occidentales. Le diagnostic d'une France qui se sent reléguée a fini par monter, monter. Et le parti qui a réussi à capter ce diagnostic-là, c'est le Rassemblement National, qui a travaillé sur les abandons des autres partis.
C
'est en cela que moi, je considère que nous avons eu des irresponsables alors ce n'était pas évident pour eux et notamment ceux qui ont exercé le pouvoir, mais globalement, il y
a
eu énormément de choses et notamment la vocation majoritaire de la politique qui ont été abandonnées au fur et à mesure. Donc il y a cette force tellurique, je dirais, qui travaille politiquement la société. Néanmoins, il y a aussi une question d'offre en politique. Et là, l'offre politique, à chaque fois, le Rassemblement National montre qu'ils ont quand même un problème de sérieux, de sincérité dans leur transformation, de sérieux, de tout ce que vous voulez, qui fait qu'à chaque fois, d'abord, elle est souvent plus haut dans les sondages qu'en vérité dans les urnes.
Donc il y a cet aspect un petit peu, je veux dire que je suis en colère, mais devant les urnes, je me dis que quand même, il faut faire attention à qui on donne les clés du camion. Et puis,
il
y a cette histoire du second tour que Bruno évoquait tout à l'heure, à savoir, s'il y a toujours une majorité de gens qui veulent faire barrage pour des raisons, par exemple, de front républicain, eh bien, cette fois-là encore, et malgré tous les invariants politiques que j'ai dit avant, elles pourraient encore une fois échouer. Et ce genre de révélations peuvent jouer dans un front républicain.
Abdel, en Belgique, sur les réseaux, cette affaire ne gêne pas les supporters du RN, mais quid des électeurs qui pouvaient voter pour Marine Le Pen ? Ça ne gêne pas le noyau dur des supporters, ceux qui sont passés tranquillement du FN au RN. Ça gêne peut-être les nouveaux électeurs conquis depuis 2022. On voit sur la France âgée, sur la France rurale, sur des Frances sociologiques qui résistaient au lepénisme, des nouveaux arrivants. Ceux-là, ils sont peut-être un petit peu moins tolérants. Quant à ceux qui auraient pu rejoindre le RN, faute de mieux, si j'ose dire, à cause de la crise de la droite, ou parce qu'il y
aurait
un second tour avec Mélenchon, oui, là, ça peut être un blocage. Néanmoins, outre le fait qu'il avait 17 ans et que cet éloignement peut valoir une indulgence de l'opinion, il y a un autre courant. C'est qu'une partie de l'opinion se dise, non mais l'antisémitisme d'extrême droite, avec même les derniers nostalgiques du Troisième Reich, c'est très grave, mais c'est devenu résiduel, pour reprendre un mot de Mélenchon. Ce qui ne l'est pas résiduel, c'est l'antisémitisme d'extrême gauche, importé du Proche-Orient, pro Hamas, et donc, j'ai plus peur de l'antisémitisme porté par cette extrême gauche, avec les accusations contre Mélenchon et LFI, que de ce qui peut rester comme reliquat à
l
'extrême droite. Et c'est peut-être ce à quoi s'accroche Bardella, pour que l'opinion lui donne un acquitus sur ce sujet. C'est l'autre axe de cette enquête, démontrer l'influence que l'antisémite complotiste Alain Soral a eue sur Jordan Bardella, Alain Soral adoubé par Jean-Marie Le Pen, qui a ensuite quitté le parti, après des désaccords majeurs avec Marine Le Pen, multicondamnée en France et en Suisse, pour incitation à la haine raciale, apologie du terrorisme, propos antisémite et homophobe, il serait aujourd'hui en Russie. Anne Mackignon, Ariane Morrison.
Loin, très loin, depuis la Russie où il est exilé, Alain Soral se rappelle aux bons souvenirs de Jordan Bardella. Bardella, quand il avait 17 ans... Hier soir, première apparition en visioconférence aux côtés de Dieudonné, depuis les révélations de Mediapart.
C'est vrai qu'il a baigné dans le bain, on va dire idéologique, de ce qu'était l'idéologie montante au Front National, à l'époque où j'étais au Front National. Si je veux chercher dans mes souvenirs, voilà, j'en ai des souvenirs. Mais je me rends
compte
qu'en fait, je l'avais très bien formé au départ. C'est pour ça que là, ça me rassure.
Je
me dis finalement, je vais peut-être voter pour lui.
Il
est ravi.
Il
est ravi, Alain Soral.
On
lui explique que le président,
l'un
des principaux partis de France, celui qu'on annonce comme le possible premier ministre de la France,
a
été éveillé à la politique par
lui.
Il est extrêmement ravi. Mathieu Mollard est un journaliste spécialiste de l'extrême droite.
Il
a longtemps enquêté sur Alain Soral, dont les idées ont gagné au début des années 2010, une partie de la jeunesse frontiste. Alain Soral, c'est quelqu'un qui explique le monde. C'est une sorte de gourou d'Internet, un peu tempétueux. Il s'est fait connaître parce qu'il faisait des très longues vidéos sur YouTube, assis sur un canapé rouge. Il décrypte l'actualité
en
expliquant ce qu'on nous cacherait, les ressorts secrets derrière les événements du quotidien. Et
très
souvent,
ce
qui se cache dans l'ombre, c'est ce qu'il appelle le lobby juif, ou le lobby sioniste, où il met des guillemets. Un discours masculiniste, anti-système et anti-sémite.
Les juifs sont capables de mentir.
Ils
te disent, oui, nous, on est des bons républicains. Mais parce que ce sont des menteurs. Plus on creuse sur le 11 septembre, plus on voit que tout amène à Israël.
Pour ses propos, Alain Soral a été condamné à de multiples reprises. Contestation de crimes contre l'humanité, provocation à la haine,
un
jeu racial. Le polémiste rejoint en 2005 le Front National.
Il
est condamné une première fois en 2006.
Que
fait le Front National
? Le
Front National ne le vire pas du tout.
Ils
sont très heureux d'avoir Alain Soral, qui est considéré comme une personnalité publique,
une
prise de guerre dans un parti qui compte assez peu de figures médiatiques. On le voit ici en campagne en 2007, aux côtés de Marine Le Pen. Alain Soral, il est membre du bureau politique du Front National. Donc il a des liens avec toutes les figures du parti. Il fait une campagne avec Marine Le Pen. Soral est invité aux anniversaires de Jean-Marie Le Pen à Montretout sur la fin de vie de Jean-Marie Le Pen.
En
2009, il quitte le parti. Mais continue ses diatribes en ligne, avec son mouvement Égalité et Réconciliation. Des millions de vues chaque mois. Et des meetings organisés secrètement.
Il
dit des choses interdites. Donc voilà, c'est un mouvement transgressif, très conspirationniste et très antisémite.
Il faut à un moment donné remettre tous ces escrocs et ces abrutis à leur place.
C'est terrifiant. Soral dans une salle, c'est terrifiant. Ce jour-là, il est sur scène, habillé tout en noir, à tenir un discours d'une radicalité que n'aurait pas renié Benito Mussolini.
Des
proches de Jordan Bardella ont participé de près ou de loin à ce mouvement.
François
Paradolle, directeur de cabinet du président du RN, était adhérent d'Égalité et Réconciliation. Ou encore Frédéric Chatillon, mentor du député européen.
Les
sociétés de Frédéric Chatillon travaillent
pour
le Rassemblement national, mais travaillent aussi pour Alain Soral. C'est l'une de ces sociétés qui fait la maquette d'une espèce de lettre confidentielle qui s'appelle fait et document, qui est très antisémite elle aussi, et qui appartient à l'écosystème d'Alain Soral et qui est maquettée par les mêmes graphistes que ceux qui font les tracts de Jordan Bardella au Parlement européen. Cet après-midi, nouvelle provocation. Dans un tweet, Alain Soral se dit prêt à accueillir Jordan Bardella au sein de son mouvement, si le RN lui tournait le dos.
On
va regarder ce message publié sur X par Alain Soral, qui écrit, entre autres, « Assume petit au lieu de nier, tu pourras enfin arrêter de mentir, de te trahir et de te prosterner devant la pire engeance que la Terre ait jamais portée et qui fait aujourd'hui tant de mal à la France. »
Des
propos encore une fois antisémites. C'est un baiser de la mort ? Oui, d'ailleurs c'est ce qui fait que du côté du RN, certains soupçonnent Alain Soral et ses troupes d'être à l'origine de ces révélations. Pour tirer vers le bas, pour tirer vers la défaite, non seulement la carrière de Bardella, une sorte de traître à leur cause, mais aussi Le Pen et le RN. Ils n'ont surtout pas envie que ça réussisse, puisqu'ils se considèrent comme étant la seule véritable droite nationaliste. On voit aussi qu'il jubile, Alain Soral. Alors, il a quelle puissance aujourd'hui ?
Aujourd'hui, son étoile a franchement pali, parce qu'il était important au début des années 2000, quand même. Aujourd'hui, son antisémitisme est tellement délirant que personne ou très peu de gens ne peuvent lui accorder du crédit. En revanche, au début des années 2000, il arrive au Front National, dans un parti qui vient de subir quelques années auparavant la scission, donc de Bruno Maigret, qui est parti avec la majeure partie des cadres et des intellectuels, et donc un parti qui vivote et qui n'a plus d'idées. Et lui, ils ont l'impression au Front National que c'est l'idéologue qui va leur livrer une vision du monde, comme disait Mathieu Mollard dans le sujet. Il dit venir de la gauche.
Oui,
il dit qu'il était militant communiste.
Voilà, il dit qu'il était militant communiste. Il parle de Marx, il parle d'auteur de la gauche révolutionnaire. Donc tout ça, ça intéresse les gens du Front. Et puis,
il
apporte une ligne.
Il
apporte une ligne qu'on a pu voir dans le discours de Valmy en 2006 de Jean-Marie Le Pen, sur l'assimilationnisme. Il est derrière aussi la campagne de 2007, où Jean-Marie Le Pen était allé sur la dalle d'Argenteuil, où il parlait aux Français d'origine immigrée. Donc voilà, il impulse une nouvelle stratégie, avec Philippe Pénin, qui est un ancien chef du GUD, et proche de Marine Le Pen. Mais bon, la présidentielle de 2007, c'est la présidentielle où Nicolas Sarkozy gagne. Jean-Marie Le Pen fait 10%, donc sa ligne est quelque part invalidée par les
faits.
Il reste quand même au Front National,
jusqu
'en 2009, où aux Européennes, Marine Le Pen, voyant la personnalité, on va dire, pas facile facile d'Alain Soral, décide de ne
pas
l'investir pour les Européennes.
Alors qu'elle était... Elle avait quelle relation avant avec lui ? Parce qu'il y
avait
cette photo qu
'on voit beaucoup, on les voit ensemble.
Ils avaient plein d'amis en commun. Je parlais de Philippe Pénin, qui était un ancien président du GUD. Frédéric Chatillon, ancien président du GUD aussi, dans les années...
Ah,
c'est la photo dont je parlais.
Voilà, qui est proche d'Alain Soral. Philippe Pénin, les amis de Chatillon, et Soral crée Égalité et Réconciliation en 2007. Donc c'est quand même dans l'écosystème mariniste, Alain Soral au départ. Mais toujours, ça ne fait pas très dédiabolisation. Donc comme c'est une stratégie de communication pour dire que le Front National a changé, mais en réalité, on voit tous les jours que ce n'est pas le cas, elle se dit, il vaut mieux s'en séparer et elle met quelqu'un d'autre que lui à la...
Ça, c'est la relation entre Marine Le Pen et Alain Soral. Celle entre Jordan Bardella et Alain Soral, est-ce qu'elle est claire
?
Alors, Jordan Bardella,
à
l'époque, c'est un jeune militant. C'est un jeune militant, mais ce milieu-là, FNJ, donc le mouvement de jeunesse du Front National, baigne dans les écrits de Soral. Parce qu'encore une fois, le Front National de la Jeunesse a été, pendant plusieurs années, dirigé par David Rachin, aujourd'hui maire de Fréjus, qui ne s'est jamais caché de sa proximité avec Alain Soral. Plusieurs jeunes militants étaient abreuvés des vidéos d'Alain Soral sur le fameux canapé rouge. Alain Soral donnait des conférences au FNJ au moment où il était
au
Front National. Donc, c'est une acculturation de cette pensée. Et qu'un jeune militant frontiste de l'époque soit abreuvé de ses écrits, franchement, c'est totalement logique.
Parce
que c'est l'autre élément de cette enquête de Mediapart. Il y a à la fois le compte Facebook dont on a beaucoup parlé en début d'émission, les écrits antisémites. Et puis, il
y
a aussi les e-mails entre le compte qui serait celui de Jordan Bardella et l'oranger, ancien responsable du MFNJ de Seine-Saint-Denis, qui n'a jamais caché son intérêt pour Alain Soral, encore lui. Et Mediapart a interviewé ce l'oranger, Bruno Jeudy. Il affirme aux journalistes que Jordan Bardella accordait de l'intérêt aux terroristes sur la possible survie d'Adolf Hitler après la Seconde Guerre mondiale qui circulait à l'époque. Il dit aussi que Jordan Bardella avait comme livre de chevet les secrets de la réserve fédérale de l'écrivain négationniste Mullins, ouvrage là encore adoubé par Alain Soral. C'est une façon de dire que Jordan Bardella baignait dans cet environnement-là.
Oui, alors bon, tout ça évidemment demande à être authentifié, mais c'est vrai que ce sont des années à Beli faisait référence,
ce
sont des années lorsque Jordan Bardella entre le Rassemblement national, même si c'est peu après l'éviction de Soral du Front national qui va devenir le Rassemblement national. C'est là où ça pose plus de problèmes parce qu'en fait, avant, oui, le FNJ, j'allais dire version Front national, c'était un FNJ qui était vraiment abreuvé par tous ses écrits, toute cette culture d'extrême droite, j'allais dire, à l'ancienne. Là où c'est plus surprenant, c'est que là, on est dans une période post-Soral, à
l
'heure officielle au IRN, et que Jordan Bardella aurait fréquenté justement des cercles différents, des cercles qui sont extérieurs au parti, et qu'il aurait été alimenté, formé en quelque sorte comme un jeune militant d'extrême droite. c'est pour ça que l'authentification est évidemment centrale, mais jusqu'à présent, on avait plutôt eu le parcours d'un jeune militant classique, qui ne
s
'était pas... Proche aussi de Frédéric Chétillon,
ancien du
GUD. Oui,
proche de
Chétillon, proche de... Vous faisiez référence à David Raschlin, qui a depuis été mis un peu à l'écart du parti, qui était proche de ces gens-là, il ne
s
'en est jamais caché, mais c'était plutôt le parcours d'un militant classique, mais qui n'avait pas mordu la ligne, mordu le trait sur ces questions-là, jamais pris en flagrant délit, même s'il y avait eu quand même cette affaire de compte X qu'il a contestée, révélée par complément d'enquête, révélée par complément d'enquête,
qu
'il a contesté, il n
'a
jamais finalement porté plainte, cette plainte, et c'était quand même déjà une première tâche sur ce parcours fulgurant du jeune Jordan Bardemar, une
mini-explication en tout cas sur le décalage que Bruno Jeudy vient de signaler entre le départ de Soral et l'arrivée de Jordan Bardemar au Front National, c'est que les partisans de Soral ne l'ont pas suivi quand il part en 2009, il part tout seul parce qu'il n'organise aucune scission, il est complètement autocentré, il part, il claque la porte,
il
rejoint Dieudonné et il crée la liste en scissionniste, exactement, mais les gens qu'il avait fait venir au Front National ou qui étaient venus au Front National par lui sont restés au Front, et donc ils continuent à diffuser leur message et c'est ça qui explique aussi la permanence de ce...
Oui, et on regarde, on réécoute des propos différemment par exemple la photo de Jean-Marie Le Pen avec Jordan Bardella avec le jeune Jordan Bardella forcément prend une autre résonance aujourd'hui surtout quand on se souvient que Jordan Bardella a eu beaucoup de mal à dire que Jean-Marie Le Pen était antisémite.
Oui, il a d'abord dit qu'il ne l'était pas puis après il est revenu dessus etc.
En
vérité, c'est ce que tout le monde dit ici, c'est-à-dire que il n
'y
a pas quelque part c'est pas une énorme surprise parce que d'abord Alain Soral en effet au moment des années 2000 a énormément eu il avait une audience il avait une audience qui était très large pas forcément que des gens qui étaient ultra fidèles mais il y avait beaucoup de jeunes hommes surtout des jeunes hommes parce que comme il était quand même très misogyne pas trop sur les femmes mais de jeunes hommes qui y allaient alors certains qui étaient complètement endoctrinés qui adoraient c'était le hors héros d'autres que ça faisait marrer d'autres qui allaient même presque pour être choqués mais il y
a
eu un moment où il a eu il
était
dans des émissions de télé enfin on l'a
oublié mais il a même fait c'est mon choix
il était avant les influenceurs qu'on connaît parfois désormais et il avait à ce moment l'influence d'ailleurs avec Dieu donné c'est une étoile morte maintenant c'est à dire que quelque part il y a aujourd'hui des gens qui ont été entre guillemets biberonnés ou qui ont aimé Alain Soral qui ont désormais 30 ans à peu près etc et donc est-ce qu'ils ont changé est-ce qu'on peut changer sur ces questions là tout ça c'est des questions qui sont bien plus ouvertes en France ça ne représente plus grand chose à l'extrême droite néanmoins là où il ne faut jamais totalement fermer la porte c'est que par exemple aux Etats-Unis on voit revivre à l'extrême droite des influenceurs très très similaires à Alain Soral Denis Fuentes par exemple qui ont énormément d'audience dans ce qui est quasiment la droite de Maga maintenant et qui sont sur des discours de type Vivi Hitler etc donc j'étais tout à fait d'accord avec ce que disait Christophe Barbier tout à l'heure sur le fait qu'il y a eu cette espèce de discussion de controverses sur où est l'antisémitisme aujourd'hui et de quoi aujourd'hui les français juifs font peur en priorité dans les nouvelles formes de l'antisémitisme cette forme d'antisémitisme là en tout cas est en train de reprendre aux Etats-Unis Quel
est l'avantage de la Russie à accueillir Alain Soral ? Avant qu'il soit extradé pour venir rendre compte à la justice il est quand même protégé ça dit tout d'ailleurs du personnage que de finir par être obligé de se réfugier en Russie où sans doute il espère qu'il pourrait avoir quelques faveurs du régime c'est en effet une étoile morte en France il ne reste de cette équipe là que Dieu donnait lui aussi condamné par la justice inéligible qui essaye de faire tiquer avec Francis Lalanne pour la présidentielle mais enfin c'est quand même très nuisible dans le débat
dans
le débat public ça pollue et puis évidemment il y a toujours des esprits faibles qui peuvent à force de vidéos se laisser entraîner et répandre ces idées là par ailleurs ça pose un problème par radiation si j'ose dire à Marine Le Pen c'est que tout cet univers copinage affectif où on les a vus passer des soirées ensemble et bien ça la rattrape dans la mesure où il y a aussi Frédéric Châtillon il y a aussi le GUD alors on nous dit au RN depuis des années rupture idéologique économique et affective on voit au parlement que la rupture économique les sociétés qu
'on
fait travailler c'est pas évident rupture affective Mediapart montre qu'un cliché de vacances de Frédéric Châtillon à Venise a été liké par Jordan Bardella en 2020 il est vice-président du parti il est député européen c'est une figure montante de la politique française et il like c'est à
dire
qu'il envoie un clin d'oeil affectif amical en tout cas à Frédéric Châtillon tout en disant publiquement terminé Oresco Reference il y a une contradiction éthique sur laquelle on aimerait entendre les explications de Jordan Bardella autre actualité de ce vendredi le mouvement de colère des lycéens qui se durcit avec de nouvelles violences une enquête est ouverte après l'agression filmée d'une policière à Paris après le lynchage au sol d'un policier à Belfort des proviseurs aussi ont été agressés une centaine de lycéens blessés le gouvernement accuse la France Insoumise d'avoir orchestré ce mouvement Juliette Vallon Nicolas Bidard Arnaud Fora
Rennes
ce matin des policiers chargent même situation en région parisienne ou à Lyon avec des affrontements entre forces de l'ordre et lycéens
une
nouvelle journée de violences urbaines
avec
cette image d'une rare violence à Belfort aujourd'hui aussi celle d'un policier en civil jeté à terre par des émeutiers et frappé plusieurs fois au visage
hier
déjà une vidéo montrait une policière à Paris poursuivie par plusieurs individus la faisant chuter au sol avant de lui donner des coups
de
pied
maintenant on a une situation qui s'est dégradée parce qu'en fait le mouvement a changé de nature parce qu'il a été pris en otage très clairement par des groupuscules violents et c'est à ça qu'il faut mettre fin
pour
contenir les violences l'état a décidé de fermer 400 lycées aujourd'hui partout en France
pas
de quoi décourager ces lycéens lillois rassemblés ce matin toujours déterminés
s
'ils avaient proposé des solutions dès le début au lieu de nous envoyer
les CRS la BAC etc le pays ne serait pas comme ça actuellement les gens ne seraient pas aussi énervés il n
'y
aurait pas autant de casse actuellement
des lycéens rejoints par des étudiants qui continuent de réclamer plus de moyens
les
plafonds qui s'effondrent
les
températures allongent jusqu'à 8 dans certains lycées en
hiver et 35 en été
c'est vraiment des conditions qui ne sont pas propices au travail et une bonne éducation nous on est en BTS audiovisuel donc on a quand même des matériaux bien spécifiques à savoir utiliser pour nos connaissances pour le diplôme on a une régie on n'a pas de light on voit rien et les profs ils mettent de leur salaire juste pour que nous on puisse étudier et donc ça nous fait même chier pour les profs en fait
en début d'après-midi aujourd'hui des représentants de syndicats lycéens ont été reçus au ministère de l'éducation
ça fait des années qu'on bosse en fait sur ces sujets là sur l'état scolaire sur l'état du bâti scolaire sur un grand nombre de sujets qui préoccupent les lycéens j'attends aussi de monsieur le ministre qu'il ne fasse pas l'amalgame vis-à-vis de la mobilisation lycéenne et des émeutes qui sont en cours
une
colère sociale et une crise politique cellule interministérielle hier à Matignon l'exécutif met en cause la France insoumise
les services de renseignement français estiment que le mouvement est une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche
depuis le début des blocus défilé d'élus de LFI aux côtés des lycéens
mais
le mouvement de Jean-Luc Mélenchon se défend de souffler sur les braises de la contestation
il
doit y avoir un proxy puisque manifestement il faut parler comme ça et il est à Matignon il s'appelle monsieur Lecornu parce que c'est lui qui est responsable de cette situation c'est les gouvernements successifs qui ont budget après budget supprimé des postes d'enseignants des postes de surveillants des équipes éducatives
à
quelques mois de la présidentielle pour la droite et l'extrême droite une occasion en or de décrédibiliser l'adversaire
la
violence et le chaos c'est le mode opératoire d'LFIC sûrement la raison pour laquelle j'espère bien que les français ne leur feront pas confiance on a un parti absolument sédicieux qui
a une fascination pour la violence je pense aujourd'hui qu'il
y a
une question qui se pose
laquelle
?
c'est la question de l'interdiction
de
LFI
jusqu'où ira la mobilisation lycéenne débutée le 17 septembre dernier plusieurs syndicats dont la CGT appellent à une grande manifestation de soutien et à la grève mardi prochain
qu
'est-ce qui vous marque dans ces images Bruno Jeudy ? comment vous analysez ce mouvement
?
d'abord c'est un mouvement que le gouvernement n'a pas du tout vu venir ils s'attendaient aux jacris paysannes ils ont cru ils ont craint les gilets jaunes ils surveillaient les universités et finalement ce sont les lycéens qui sont dans la rue avec un mouvement qui ressemble plus c'est vrai à des mouvements
et
là je vais dire ça comme ça mais un peu qui ressemble à des violences urbaines qui a des mouvements classiques de lycéens où on voyait il fallait faire du nombre ça montait ça montait et là on voit bien que c'est vraiment c
'est plus
proche des gilets jaunes il y
a
un côté gilets jaunes gilets jaunes mais c'est vrai que c'est un mouvement que franchement le gouvernement alors à mon avis ils sont passés complètement en dessous ils n'ont rien vu pourquoi ? c'est assez révélateur d'un pouvoir finissant qui arrive c'est quand même un président qui est très jeune quand il est élu et on est en fin d'une décennie où au fond les jeunes alors après la violence n'est absolument pas excusable mais il y a des revendications les revendications c'est quoi ? elles sont un peu gazeuses mais c'est en gros des lycées dégradés c'est des profs qui ne sont pas remplacés et c'est assez documenté après ce qui est compliqué c'est qu'il n'y
a
pas que l'État il
y
a aussi les régions donc tout ça fait qu'un État qui n'a plus d'argent et des régions qui sont aussi assez longs de construire des lycées en tous les cas il y a tous les ingrédients pour une crise qui peut durer et peut-être entraîner d'autres corporations ou d'autres colères on a l'impression que le gouvernement est dépassé ne serait-ce que quand on regardait le budget hier on voyait ces annonces qui allaient forcément embraser encore plus la colère les frais d'inscription pour les étudiants en BTS et pour les classes préparatoires finalement hier au 20h de France 2 le ministre de l'éducation dit on règle ces mesures c'est étrange quand même
ils
sont pris de court ils sont pris de court par le fond et par la forme parce que je ne répète pas ce qu'a dit Bruno Jeudy sur en effet le catalogue de revendications dont certaines peuvent être tout à fait légitimes et ce n
'est
pas faute de l'avoir dit aussi quand on commente notamment la politique en ce qui concerne l'école en France depuis 20 ans ou 40 ans mais en revanche le message est quand même brouillé disons-le parce que les images elles sont très choquantes et d'ailleurs moi il y a des images qui m'ont choquée sur lesquelles j'aimerais revenir c'est celle sur les professeurs parce qu'en fait donc il y a eu ce professeur qui a été coursé au lycée je crois César Baggio de Lille on voit la trouille dans ses yeux honnêtement par des jeunes gens qui sont masqués qui sont d'ailleurs peut-être pas des lycéens mais ça on est saisi par la peur de ce professeur il y a eu ce personnel enseignant qui se saisit sans d'un extincteur pour essayer d'éteindre le feu qui prend fini au sol très molesté on sait qu'il y
a
eu des jets d'essence sur un proviseur et les personnels enseignants
Non c'est pas
tout à fait clair parce que
le rectorat ne dit pas la même chose
que le rectorat
sur
l'estrosi
en disant qu'il
mettait de l'essence dans les conteneurs et ça a éclaboussé le corps en sédant Bon bah dans ces cas là je retire cet exemple là néanmoins je crois que le ministère de l'éducation parle de 65 personnels blessés ou molestés au passage je sais que c'est pas du tout l'intégralité des lycéens et que c'est même peut-être pas toujours des lycéens ce que moi ce que je voudrais dire en fait c'est presque indépendant du blocage c'est qu'est-ce que c'est que ce pays qui martyrisent autant ses professeurs mais sérieusement ils sont mal payés très mal payés par rapport à la moyenne des pays occidentaux ils sont de plus en plus insultés par les parents de plus en plus parfois désormais menacés par des élèves on sait que c'est une profession qui a été extrêmement endeuillée je ne m'y fais pas vraiment et je pense que nous sommes très nombreux à ne pas nous y faire et en marge ok d'accord de cette mobilisation c'est quelque part quelque chose qui m'est ressorti comme une vérité du moment c'est-à-dire mais après on s'étonne de ne pas avoir recruté des professeurs mais vous voyez les images c'est des images qui sont plus violentes chaque jour Christophe
Barbier c'est ce qui doit inquiéter l'exécutif qui a réuni d'ailleurs tous les ministrières et qui leur demande de ne faire aucun déplacement avant la semaine prochaine aucun déplacement fermer les lycées aujourd'hui oui on a un pouvoir qui semble désemparé d'abord parce qu'il n
'a
pas vu venir cet empilement des manifestations lycéennes sur des sujets concrets les casseurs qui viennent se mêler à cette foule sachant que la police ne pourra pas les déloger et puis l'action politique de LFI pour transformer ça en force de contestation
c'est ce que
dit le gouvernement le gouvernement
dit
la France Insoumise a orchestré cela là peut-être pas orchestré au sens organisé depuis le début mais a vu l'opportunité d'en faire un mouvement social et politique et ça on s'en est rendu compte le mardi alors que ça avait commencé le vendredi mais entre temps le gouvernement a été occupé par le pape il n'y
avait
dieu que pour lui et d'organisation
vous ne dites
pas que c'est de la faute du pape non ?
non
c'est pas de la faute du pape mais c'est un gouvernement qui n'a pas été attentif à cause de ça et à cause de la préparation du budget Sébastien Lecornu est resté muet dans cette période il a laissé Jeffrey à l'éducation et Nunez un peu seul au front et je pense que là il y
a
eu une erreur de management politique de cette crise par ailleurs on a quand même un effrayant échec technique de la police deux jours de suite une policière plus un policier seul coupé de leur escouade qui deviennent des proies voilà un mouvement et ce ne sont pas des lycéens ce sont des émeutiers
ou
ce sont les émeutiers qui chassent les policiers et pas l'inverse donc on a un véritable problème technique sur les manifestations classiques la police avait trouvé des solutions contestables mais qui avaient leur efficacité la bravème etc là
quel
échec technique ils ne savent pas comment faire on passe à vos questions SMS
les
violences de la crise lycéenne peuvent-elles rapporter beaucoup de voix au rassemblement national à Belmestre
? bon déjà oui le RN ne peut que se réjouir de cette diversion de l'actualité parce que déjà on s'occupe plus et à juste titre de la crise plus que lycéenne dans le mal-être de la jeunesse les images de violences les images de violences et ça je voudrais le préciser quand même qui sont aussi des violences policières parfois il y
a
eu un tir pendu quand même de grenade lacrymogène il
y a 4 ou 4 ouvertes à l'IGPN
une jeune femme qui a été immobilisée par une clé donc ça nourrit aussi l'escalade de la violence une
centaine de lycéens pour
un appel au calme généralisé et aussi concernant aussi les forces de l'ordre ensuite ils ont évidemment tout lieu de dire c'est les organisations d'extrême gauche qui orchestrent ça etc sauf que quand on voit comme Christophe Derby vient de le rappeler quand on voit le déroulé du mouvement on voit que c'est quelque chose de spontané et c'est d'ailleurs pour ça que
les à
Créteil c'est spontané
oui à Créteil à Saint-Exupéry pardon c'est spontané mais même ailleurs c'est à dire que les mots d'ordre sont tellement diffus sont tellement différents je veux dire quand il y a un mouvement étudiant un mouvement lycéen qui est encadré par des organisations
il
y a des mots d'ordre il y a retrait de la réforme Parcoursup par exemple il y a retrait machin et des trucs étalés sur tout le territoire pour avoir des prises de guerre potentielles en disant on a gagné on a eu ça là on voit que c'est pas du tout ça et les filles effectivement a essayé d'orchestrer de surfer sur le truc
bon
le RN maintenant ils vont jouer à fond la carte de l'ordre
du
parti de l'ordre des jeunes et d'ailleurs on le voit sur certaines chaînes déjà le discours c'est la nouvelle France qui casse etc etc
voilà
on
verra si le RN est audible sur cette question en pleine affaire Bardella c'est
pour ça que
la semaine qui s'annonce sera très intéressante question d'Annelise dans les Hautes-Alpes connaît-on l'identité de la taupe
qui
a renseigné Mediapart
n
'a pas été révélé il y
a
plein de noms qui sont avancés mais pour l'instant elle restera elle reste inconnue question oui et puis c'est au nom de la protection des sources Mediapart voulait à tout prix les protéger c'est pour ça d'ailleurs que les preuves ont tardé à venir question de Jean-Paul dans la Loire pourquoi beaucoup de numéro 2 du FN ou du RN ont été évincés maigrés golnich etc le RN est un parti familial place à Maréon maintenant qui veut répondre ah
bah là oui Abel Mestres qui est un grand spécialiste va nous le dire
il
y a un adage au front national et au rassemblement national qui dit il n
'y a
qu'un numéro au rassemblement national c'est le numéro 1
c
'est à dire que le 2 il finit jamais bien il est toujours écarté etc et
quand c
'est en famille
est
-ce que la question
familiale elle pouvait être compliquée au front national avec le
père si jamais
Jordan Bardella est entre guillemets débranché est-ce que c'est Marion Maréchal
qui
prendra
son cas elle n'est
pas encore revenue officiellement dans le parti moi je verrais plutôt un Louis Alliot Louis
Alliot pour après une crise c'est à dire celui qui a été candidat contre Bardella pour la présidence l'ancien compagnon de Marine Le Pen qui est plutôt une figure apaisante un peu comme Pierre Moroy avait réglé la crise du PS ça serait le bon choix sérieusement un ticket la tante à l'Elysée la nièce à Matignon
ça serait pas sérieux
merci beaucoup à tous les quatre d'avoir été nos invités ce soir tout de suite c'est à vous Mohamed Bouafsi bonsoir
bonsoir Aurélie c'est l'homme au coeur du mouvement lycéen c'est lui qui était présent devant plusieurs établissements bloqués de sa ville alors que la tension montait Bali Bagayoko et le maire insoumis de Saint-Denis ses propos sur la violence légitime ont choqué il a choisi c'est à vous pour s'expliquer il est notre invité dans quelques instants et les révélations de Mediapart continuent de bouleverser le rassemblement national le média d'investigation a révélé des propos antisémites attribués à Jordan Bardella le président du RN dément quelle va être la stratégie de Jordan Bardella comment réagit Marine Le Pen vous saurez tout dans un instant c'est à vous ça démarre dans quelques secondes Aurélie
très
bonne soirée sur France 5 et moi je vous dis à demain 17h25 Sous-titrage
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