Conférence de presse du Président Emmanuel Macron à l’issue du G20 de Bali.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:00OuverteRéponse directe
À propos du missile tombé sur le territoire polonais, quelles informations avez-vous sur son origine ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Ces tirs massifs de la Russie hier ont-ils été vécus comme une provocation envers les dirigeants du G20 ?
- 24:00OuverteRéponse directe
Pouvez-vous préciser l'initiative sur les engrais et évoquer la question de l'énergie pour les pays du Sud ?
- 26:00OuverteRéponse directe
La position française de négociation avec Poutine a-t-elle marqué des points au G20 ?
- 28:00OuverteRéponse directe
Assiste-t-on à un changement de politique française envers l'Iran ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:00Emmanuel MacronFait
« L'accord sur l'exportation de céréales en mer Noire doit impérativement être reconduit à la fin de cette semaine. »
- 10:00Emmanuel MacronChiffre
« Nous sommes aujourd'hui à 81,6 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux qui ont été réalloués. »
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Mesdames et Messieurs, bonsoir. Je souhaite remercier d'abord le président indonésien Joko Widodo d'avoir organisé ce sommet du G20 et de nous avoir tous réunis ici à Bali. J'en profite pour remercier également l'ensemble de la population, je sais les contraintes que posent de telles réunions.
Je salue, à cet égard, le rôle majeur que joue l'Indonésie cette année pour la paix et le multilatéralisme et pour la tenue de ce G20. Nous savions tous qu'il s'agissait d'un G20 difficile et nous savions que les discussions seraient impactées, évidemment, par le contexte politique de la guerre en Ukraine. L'actualité des dernières heures nous a à nouveau montré la sensibilité extrême de la situation.
À cet égard, j'ai pu parler ces dernières heures et encore il y a quelques minutes aux autorités polonaises. Je leur ai présenté nos condoléances pour les victimes des tirs de missiles qui ont atteint le territoire polonais hier. Je leur ai dit ma solidarité et nous avons exprimé l'engagement aux côtés de la Pologne pour nous mettre en situation de faire pleine clarté sur ces tirs.
Des analyses sont en cours. Nous coopérons avec la Pologne pour savoir exactement ce qui s'est passé, et nous le faisons avec l'ensemble des alliés avec lesquels nous nous sommes réunis ce matin. J'ai également appelé le président Zelensky qui, à deux reprises, s'est exprimé lors de ce G20, et je lui ai dit la solidarité de la France face aux tirs de missiles massifs subis en particulier durant la journée d'hier qui a été particulièrement difficile.
Entre 80 et 100 missiles russes, en effet, ont été tirés vers des civils et des structures civiles, ce qui montre la violence en ce moment-même de la guerre et, au moment où nous nous réunissions, le message très clairement envoyé à dessein par la Russie. Mais, comme je le disais, le choix que nous avions fait, forts des convictions qui sont les nôtres depuis plusieurs mois, était d'éviter toute division du monde dans ce contexte. Ce n'est pas un sommet du G20 qui décide de la paix ou qui permet d'arrêter une guerre mais au moins avions-nous, à l'occasion de ce sommet, une responsabilité, d'envoyer un message très clair pour éviter toute escalade, d'envoyer un message très clair pour défendre la paix et d'éviter une division ou une partition du monde.
Je crois qu'à cet égard, malgré les différences de sensibilités, c'est le message clair qui a été envoyé à la communauté internationale et qui a été envoyé en particulier à la Russie. C'est pourquoi la première conclusion importante de ce sommet est que le G20 n'a pas détourné le regard de la guerre en Ukraine, bien au contraire. Nos débats, sur la base de propositions que nous avions faites, montrent qu'il existe un espace de convergence, y compris avec les grands émergents comme la Chine et l'Inde, pour pousser la Russie à la désescalade, et ceci dans la droite ligne de ce que la France avait pu défendre à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations Unies il y a quelques semaines, en septembre.
En effet, même si le président Poutine n'était pas venu, le message que lui envoient les plus grandes puissances économiques du monde réunies à Bali est très clair. La grande majorité des membres du G20 condamnent explicitement la guerre en Ukraine, c'est un fait. Nous l'avons constaté à l'ONU lors du vote de la dernière résolution et le G20 en prend acte.
Mais, au-delà de la résolution de l'ONU, le communiqué acte aussi au sein du G20 incluant la Chine et l'Inde que, face à la multiplication des crises et des défis globaux, le G20 ne veut pas de la guerre, que le G20 ne veut pas du chantage nucléaire qu'il juge inadmissible et que, si le G20 est avant tout une instance de coopération économique, tous ses membres affirment qu'il repose aussi sur le respect du droit international. Comme j'ai eu l'occasion de le rappeler à plusieurs égards, c'est bien le respect et l'effectivité de ce droit international qui est en jeu dans la guerre en Ukraine. Par ailleurs, en marge du sommet, et très clairement au lendemain de la libération de Kherson, nous avons aussi pu voir que les lignes bougeaient.
L'occasion qui nous a été offerte de pouvoir échanger avec le président chinois a très clairement manifesté une volonté de s'exprimer clairement contre toute escalade nucléaire, mais nous a permis de rentrer plus en détails sur la situation. La Chine peut jouer à nos côtés, j'en suis convaincu, un rôle de médiation plus important dans les prochains mois, pour éviter en particulier une reprise des offensives encore plus forte sur le plan terrestre à partir de début février. J'ai pu échanger avec le président Xi Jinping sur ce sujet comme sur le principe d'une visite à Pékin début 2023, avec pour objectif d'intensifier notre dialogue sur ce point précis.
J'ai pu tout à l'heure également échanger avec le Premier ministre Modi, suivant une ligne très claire : plus de coopération face à tous les défis globaux et une volonté, là aussi, de réengager une capacité de médiation avec la Russie. Enfin, je crois que nous avons intérêt à intensifier le dialogue avec les autres partenaires du G20, et c'est l'objectif de la réunion que nous avons tenue lundi soir, à la veille du début officiel de ce G20 où nous avons réuni le Sénégal, le Président Macky Sall mais également en tant que président de l'Union africaine, le Rwanda, l'Afrique du Sud, l'Argentine et le Mexique, pour véritablement créer des convergences et avoir de l'ensemble de nos pays un message clair vis-à-vis de la Russie, d'appel sans équivoque à la fin de cette guerre et au respect du droit international. Vous l'avez compris, sur ce volet, ce G20 a été utile.
Il a permis de marquer des convergences fortes et d'élargir cette coalition pour la paix et un travail diplomatique que nous poursuivrons dans les prochaines semaines et les prochains mois. Le deuxième objectif de ce G20 à mes yeux était le sujet alimentaire car, vous le savez et j'avais eu l'occasion, d'ailleurs, de le dire dès le mois de mars dernier en marge d'un sommet de l'OTAN, le principal risque de court et de moyen terme de cette guerre est évidemment la déstabilisation de nos chaînes alimentaires. Compte tenu de ce que et la Russie et l'Ukraine représentent sur le plan du marché des céréales comme des engrais, cette guerre déstabilise le monde entier.
Sur les céréales, alors que les marchés anticipaient une crise majeure en raison du blocage de la mer Noire, nous avons agi ces derniers mois, apporté des réponses, et ce G20 a permis de les pérenniser. En effet, je veux ici rappeler que l'Union européenne a d'abord permis, avec ce qu'on appelle les corridors de solidarité, d'exporter depuis le mois d'avril près de 15 millions de tonnes de céréales hors d'Ukraine. Ces corridors représentent 60 % des volumes de céréales qui ont été sortis de la région.
Il y a eu ensuite l'accord négocié cet été sous l'égide des Nations Unies et qui a permis à date de sortir près de 10 millions de tonnes depuis le mois d'août. Le résultat c'est que, depuis le mois d'avril dernier, les prix alimentaires ont pu ainsi rebaisser et nous sommes en train de retrouver les voies et moyens de garantir des flux réguliers de sortie des céréales. Alors que la Russie menaçait de mettre ce mécanisme en péril, conduisant à une nouvelle remontée des prix céréaliers, le G20 a envoyé un message très clair au président Poutine et il y a eu un travail important de discussions techniques sous l'égide des Nations Unies et du Secrétaire général, que je remercie pour cela.
L'accord sur l'exportation de céréales en mer Noire doit impérativement être reconduit à la fin de cette semaine. Plusieurs modalités techniques ont été précisées et il sera reconduit tacitement mais on a donné une perspective pour poursuivre ce travail, ce qui veut dire que nos dispositifs, tels qu'actés depuis le mois d'août dernier, vont pouvoir se poursuivre, et les différentes routes que nous avons ouvertes permettent de sortir des céréales, comme nous le faisons aujourd'hui depuis l'Ukraine. Sur la question des engrais, nous avons aussi avancé, depuis la réunion stratégique que nous avions convoquée à New York en septembre dernier, en actant, lors du Forum de Paris sur la paix la semaine dernière à Paris, avec le Partenariat alimentaire mondial, un nouveau corridor pour acheminer des engrais russes de l'Europe vers l'Afrique.
Les premières cargaisons seront livrées dès la semaine prochaine et la France contribuera financièrement, nous venons de mobiliser 7 millions et demi d'euros, et ça fait partie des facilités très concrètes et du plan d'urgence que nous avions acté en septembre dernier. Alors que la Russie a annoncé, ces derniers jours, sa volonté de mettre en place des nouvelles taxes sur les exportations d'engrais, le G20 a là aussi passé un message très clair : il serait irresponsable d'imposer des obstacles au commerce agricole. Nous avons pris une option très claire pour accroître la transparence des marchés, notamment à travers le mécanisme du G20 AMIS qui avait été lancé sous la présidence française du G20 en 2011 et qui doit permettre des échanges d'informations sur les stocks et les flux agricoles, y compris les engrais.
Je veux également saluer le travail de l'Organisation mondiale du commerce qui a rendu ses conclusions conformément aux commandes que nous avions passées il y a quelques mois et qui, là aussi, permet de suivre tous les mécanismes et de lever les mécanismes qui font obstacle à la libre circulation, soit des produits agricoles, soit en particulier des engrais. Nous avons pu tenir également hier soir une réunion technique avec le FMI, la Banque mondiale, les Européens et l'Union africaine, pour continuer d'avancer sur les mécanismes de transfert, de circulation dans la durée, mais surtout de développement de capacités africaines de production d'engrais, et en particulier d'engrais durables. C'est conforme à la stratégie et à l'esprit de la stratégie FARM que nous avions lancée dès le mois de mars dernier.
Voilà pour le deuxième volet principal de ce G20, celui qui concerne la sécurité alimentaire internationale, avec des messages clairs, des conclusions claires et la pérennisation en particulier de certains mécanismes qui pourra en découler, je le crois très concrètement. Le troisième grand message de ce G20 est un message de solidarité à l'égard du Sud. En effet ce G20 se devait d'être un G20 de solidarité et la présidence indonésienne puis la présidence indienne ont à cœur, évidemment, que le G20 tienne ses promesses.
Nous l'avons dit là aussi très clairement, les pays les plus pauvres ne doivent pas payer le prix fort pour une guerre qu'ils n'ont pas voulue. Depuis le sommet de Rome l'année dernière, nous avons fait des progrès considérables qui montrent que le G20 permet d'avoir des résultats concrets. Vous vous en souvenez sans doute, tout au moins je l'espère, au mois de mai 2021 la France avait lancé une initiative en sortie de Covid, pour aider au financement en particulier des économies africaines.
C'est après que nous ayons lancé avec le FMI, en novembre de l'année qui précédait, l'initiative de lancer une émission de droits de tirage spéciaux du FMI, c'est à ce moment-là que nous avons pris la décision de lancer une initiative visant à réallouer les droits de tirage spéciaux des pays les plus riches pour aller vers les pays qui en avaient le plus besoin, avec cet objectif d'un équivalent de 100 milliards de dollars vers les pays les plus vulnérables et ceux qui en avaient le plus besoin, en particulier le continent africain mais plus largement. Cet objectif affirmé en mai 2021 à Paris a été endossé lors du G20 de Rome, à l'automne, et, nous avons pu en faire le point, nous sommes aujourd'hui à 81,6 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux qui ont été réalloués. C'est un résultat d'ores et déjà tangible qui est le fruit de nos initiatives et de notre capacité à mobiliser la communauté internationale, qui a permis de manière très concrète à des pays comme le Rwanda, la Barbade ou d'autres, d'accéder à des programmes du FMI à des conditions très préférentielles, en termes à la fois de taux, de durée,20 ans, mais aussi de délai de tolérance de 10 ans avant le début des remboursements, mais aussi d'alimenter les programmes permettant d'assister les pays qui sont les plus fragiles sur le plan financier.
Donc nous avons rappelé simplement chacun à ses devoirs. Pour passer des 81,6 aux 100, il faut que celles et ceux qui se sont engagés à faire les 20 % de réallocation le fassent et que les quelques retardataires du club puissent les rejoindre. Nous souhaitons aussi continuer d'améliorer techniquement les choses, avec un travail qui se poursuit avec le Fonds monétaire international, mais dont je veux ici saluer la mobilisation et l'inventivité financière.
J'ai souhaité par ailleurs, face à la situation que nous vivons, qui s'est dégradée pour ces pays en développement comme ces pays à revenus intermédiaires, que nous allions plus loin. La France a pris l'engagement avec quelques autres de pouvoir réallouer 30 % de nos droits de tirage spéciaux ou de faire un effort financier équivalent. De la même manière, ce G20 a permis d'avancer sur le plan de la restructuration des dettes des pays les plus fragiles, ce qui est un élément clé de la solidarité.
Là aussi, sur la base de ce que, sur le plan de ce chantier finances du G20, nous avions mis en place avec un cadre commun et une approche commune de la dette, d'arriver à des restructurations, nous venons d'obtenir en G20 un premier accord historique entre le Club de Paris et les émergents, et en particulier la Chine, sur la restructuration de la dette tchadienne, ce qui a permis en particulier de restructurer cette dette et la dette privée de ce pays, ce qui est important, et de mettre en application le cadre que nous avions décidé. Nous allons continuer sur cette voie et nous souhaitons pouvoir aller plus loin. Toutefois, je l'ai dit à Charm el-Cheikh, la multiplication des crises, la pandémie, la guerre en Ukraine et ses conséquences, l'accélération aussi du changement climatique nous obligent à aller plus loin et à créer les conditions d'un véritable choc de financement vers le Sud, pour une raison simple, c'est que nous ne pouvons pas demander à ces pays de soutenir le multilatéralisme si celui-ci n'est pas en capacité de répondre à leurs urgences vitales.
À cet égard et forts des résultats que je viens d'évoquer et des discussions que nous avons pu avoir lors de ce G20, j'ai annoncé la tenue, en juin prochain à Paris, d'une conférence internationale sur le nouveau pacte financier avec le Sud, qui aura pour vocation de pouvoir faire un point d'étape sur les droits de tirage spéciaux, l'objectif de 30 % que j'évoquais, et toutes les voies et moyens d'accroître la solidarité financière vers le Sud, et d'avancer sur le programme de réforme des institutions financières internationales. Il y aura un rendez-vous important lors des journées de printemps et, à l'issue des journées de printemps du G7 qui se tiendra au Japon, nous pourrons ainsi, lors de cette conférence pour le nouveau pacte financier, tirer toutes les conclusions. Mais, très clairement, nous devons sortir d'un statu quo pour les pays les plus pauvres et mobiliser massivement le secteur privé, en tout cas le mobiliser bien davantage pour la révolution énergétique, agricole et industrielle, et desserrer une partie des contraintes dans l'accès aux financements qui sont aujourd'hui posés.
Nous devons, dans le cadre de ce nouveau pacte financier également, intégrer la question de la vulnérabilité climatique, ce qui est la manière dont nous voulons traiter de la question des pertes et préjudices qui, comme vous le savez, est au cœur de Charm el-Cheikh. Nous entrons dans l'ère de l'urgence climatique et nous ne pouvons pas ignorer ce qui se passe, ce qui s'est passé au Pakistan ces derniers mois et que nous avons tous vu, ce que plusieurs pays à revenus intermédiaires peuvent subir, qui sont des chocs massifs liés au dérèglement climatique. Aujourd'hui, rien dans nos règles financières internationales ne prend en compte ces critères.
Donc notre volonté est de pouvoir intégrer la vulnérabilité climatique comme un élément qui permettrait d'activer des mécanismes financiers spécifiques et de permettre à ces pays, dans des conditions qui seront définies dans les prochains mois, et nous avons mandaté à cet égard un groupe des Sages en marge de Charm el-Cheikh avec la Première ministre de la Barbade pour pouvoir avancer techniquement, de pouvoir donc définir des conditions qui nous permettront d'activer de tels mécanismes. Sur ces trois points au moins, nous travaillerons avec nos partenaires, l'Union Africaine mais aussi la Barbade qui porte le sujet des pertes et dommages, l'Inde qui aura la présidence du G20 l'année prochaine, les États-Unis qui auront sur tous ces sujets un rôle majeur à jouer pour faire bouger les lignes, et évidemment en étroite coordination avec le Japon qui aura la présidence du G7. Enfin malgré la guerre, et c'est le quatrième point que je souhaitais faire parce que c'est un axe important de ce G20, nous avons continué d'avancer en matière de climat et de biodiversité.
C'est en effet crucial. Je l'ai redit à la COP 27, nous ne pouvons sacrifier nos engagements sous la menace énergétique de la Russie et parce qu'il y a la guerre et donc ce G20 était un G20, si je puis dire, de confirmation et même de clarification en matière climatique. Confirmation parce que nous n'avons pas cédé de terrain depuis Rome et Glasgow.
Le G20 reste engagé sur les accords de Paris et en particulier sur la cible des 1,5 degré Celsius, qui suppose de mettre à jour notre trajectoire et notre stratégie nationale, mais nous avons progressé également, au moins à deux égards. D'abord, par un engagement clair sur la sortie progressive du charbon, qui doit être notre première priorité. C'est la première fois que le G20 a, de manière aussi claire, pris une position sur la sortie du charbon, ce qui correspond exactement à la stratégie que je rappelais il y a quelques jours en Égypte et qui est en effet notre priorité à l'international si nous voulons tenir nos objectifs.
Le deuxième élément de clarification, c'est qu'après le partenariat sur la transition énergétique pour l'Afrique du Sud que nous avons, là aussi, finalisé à Charm el-Cheikh, c'est l'Indonésie qui a signé un tel partenariat en marge du G20, auquel la France sera partie prenante, avec des financements que nous mettons à contribution. Là aussi, c'est un esprit de cohérence. C'est en marge de Glasgow que nous avions lancé ces partenariats pour aider les grands émergents à sortir du charbon.
Nous avons avancé très vite avec l'Afrique du Sud et nous l'avons finalisé en Égypte. Nous le lançons avec l'Indonésie et nous en avons finalisé le premier tour de table en marge de ce G20, et nous allons poursuivre ainsi le travail. Je pourrais être plus long encore.
Je pourrais mentionner que la santé a aussi été un sujet au cœur de ce G20 et je pense que c'est un esprit de cohérence. Alors que nous sortons de la pandémie, nous n'abandonnons pas l'effort, et nous avons réinsisté sur les mécanismes en particulier de prévention et de préparation aux crises, avec la consécration de ce fonds dit FIF sur lequel nous apporterons une contribution de 50 millions de dollars, la confirmation aussi des initiatives de transfert de technologies vers les pays les plus fragiles ou les pays émergents. La France a été à l'initiative, au printemps 2021, de transfert de technologies pour les vaccins ARN messagers vers l'Afrique, avec en particulier le hub sud-africain, et j'étais aux côtés du président Ramaphosa pour ce faire.
Le G20 a très clairement réaffirmé cette stratégie et réaffirmé des financements internationaux pour ce faire. Donc la stratégie santé de solidarité, d'une stratégie prévention et d'une stratégie One Health a été confortée, et nous avons aussi, en particulier dans les formats finances, réaffirmé notre volonté de parachever la taxation internationale et la reprise, en particulier sur le premier pilier qui est un aspect très important, comme vous le savez, là aussi, d'initiatives que la France a poursuivies depuis plusieurs années. Au total, vous l'avez compris, ce G20 à Bali nous montre que, malgré les tensions et les risques de division, le multilatéralisme et la défense de la paix continuent de prévaloir, car c'est l'intérêt de tous.
La Russie n'a pas souhaité s'isoler face à une majorité de fait, au G20, sur ce point, et au-delà des négociations pendant ces deux jours de sommet, et dans les jours qui ont précédé, au niveau de nos sherpas, la Russie doit désormais entendre le message qui lui a été très clairement envoyé par la Communauté internationale ici réunie, et revenir à la table des négociations. Ce G20 nous montre aussi que nous sommes dans un monde en recomposition. À bien des égards, cette guerre interroge les règles de la gouvernance, nos propres institutions internationales, et c'est aussi pour cela que nous avons souhaité prendre l'initiative d'une réforme de nos institutions financières pour l'année prochaine, mais nous devons aller plus loin.
C'est aussi pour ça que la France soutient l'intégration pleine et entière de l'Union africaine au G20, ce qui est un élément-clé de cette recomposition. Si nous voulons pleinement prendre en compte une solidarité à l'égard du Sud, nous devons accepter que l'Union africaine, comme l'Union européenne l'est, soit autour de la table. Voilà les quelques mots que je souhaitais avoir en conclusion de ce G20, en félicitant la présidence indonésienne et le président Joko Widodo pour tout le travail fait, son accueil et pour avoir réussi à porter, pas simplement ce message d'unité, mais des avancées très concrètes, qui vont dans le sens de l'unité et la rendent plus effective à l'issue de ce sommet qu'avant.
Je vais maintenant répondre à vos questions. Merci. Une première question de Bénédicte Tassart, pour RTL.
Monsieur le Président, bonjour. Bonjour ! À propos du missile qui est tombé sur le territoire polonais, on a bien compris qu'il fallait être prudent sur l'origine de ce missile.
On entend bien aussi les soupçons américains sur un incident ukrainien. On entend la Russie qui dément être à l'origine de ce missile. Mais d'un autre côté, on entend Monsieur Zelensky dire que celui-ci laisse un message de la Russie au G20.
Alors, a-t-il des arguments, qu'il vous a fait connaître, des informations, et est-ce que vous pouvez nous en donner un peu plus ? Merci. Merci beaucoup.
D'abord, je n'ai pas d'information qui m'ait été transmise par le président Zelensky. J'ai échangé avec lui, mais je sais à peu près ce que vous venez de dire, mais ceci signifie deux choses. Il y a eu hier une journée terrible pour l'Ukraine et le peuple ukrainien.
Il y a eu plus de 85 missiles qui sont tombés sur le sol ukrainien, sur des cibles, je le rappelle ici, civiles, c'est-à-dire des personnes, des infrastructures civiles. Et donc oui, c'est un message très clair, et comme souvent, à chaque fois qu'il y a un recul militaire sur le terrain, il y a eu une offensive aérienne redoublée de la part de la Russie. Et donc la journée d'hier fut une journée terrible pour l'Ukraine et le peuple ukrainien.
Dans ce contexte, il y a eu ces deux missiles tombés sur le sol polonais, avec deux victimes, et je redis ici notre solidarité, nos condoléances, au peuple polonais. Aujourd'hui, les circonstances ne permettent pas d'attribuer ces tirs et donc je resterai extrêmement prudent. Je sépare ce qu'a subi l'Ukraine.
Il y a eu ensuite deux tirs qui sont tombés sur le sol polonais. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas les attribuer. Il y a en effet des premiers travaux qui ont été partagés par les États-Unis d'Amérique, mais il nous faut rester très prudents.
Et donc nos services travaillent, en lien en particulier avec les services américains et britanniques, et en coopération très étroite avec les Polonais, pour expliciter toutes ces circonstances, et lorsqu'elles seront clarifiées, il nous appartiendra collectivement de communiquer en bon ordre et dans le bon cadre. Mais voilà, il y a en tout cas eu, ça c'est un fait, plus de 85 tirs de la Russie, sans aucun doute sur l'Ukraine, le sol ukrainien, contre les populations ukrainiennes. Il y a eu deux missiles qui sont tombés sur le sol polonais.
Maintenant, il faut qu'on fasse la clarté, et aujourd'hui, c'est surtout un moment de solidarité, d'amitié et de condoléances à l'égard de la Pologne et de son peuple, et ça montre les très grands risques de déstabilisation que comporte aussi cette guerre. Oui, une question de Valérie Leroux pour l'AFP. On va venir, ne vous inquiétez pas.
Oui, Monsieur le Président, vous avez évoqué ces tirs massifs de la Russie, hier, sur le territoire ukrainien. Est-ce que tout ça s'est passé au premier jour du sommet du G20 ? Est-ce que vous l'avez vécu comme une provocation, de la part de la Russie, envers les dirigeants des principaux dirigeants du monde réunis ici ?
Et dans ces conditions, est-ce que vous comptez toujours appeler le président Poutine, dans ces circonstances, et pour aborder quel sujet ? Vous savez, je ne vais pas...
Je regarde les faits. Je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'une provocation à l'égard des membres du G20. Quand bien même ce serait cela, ça n'en change pas la nature.
Ce sont les victimes et les dommages qui sont terribles, en soi. Et comme je l'évoquais, ça fait maintenant plusieurs semaines qu'il y a une intensification des tirs qui sont faits par la Russie sur l'Ukraine, en particulier depuis que la contre-offensive ukrainienne dans le Donbass porte ses fruits. Et donc évidemment, d'abord nous le condamnons avec la plus grande fermeté.
Nous condamnons ce changement de nature, je l'évoquais il y a plusieurs semaines, puisque là, très clairement, les cibles sont des cibles civiles et des infrastructures civiles, et elles vont bien au-delà des territoires contestés. Mais le fait que cela se passe pendant le G20 ne change en rien la gravité de ce qui est fait par la Russie, mais ne doit en rien non plus changer dans notre volonté, comme je le disais, de bâtir la paix et de ramener tout le monde autour de la table. Donc, je vous le confirme, la France, à chaque fois que cela sera utile, continuera de discuter, évidemment avec l'Ukraine, comme je l'ai fait tout à l'heure avec le président ukrainien, nous le faisons sans cesse, mais également avec la Russie, parce que je le redis, et je constate d'ailleurs que de plus en plus de monde vient à cette position, nous devons tout faire pour aider l'Ukraine à résister.
C'est aussi pour cela que nous tiendrons le 13 décembre prochain à Paris, deux conférences, une conférence pour la résilience civile ukrainienne et aider à la reconstruction des infrastructures civiles, et à passer l'hiver, et une conférence économique pour mobiliser les entreprises. Mais aussi vrai que nous devons tout faire pour aider l'Ukraine à résister, à se défendre militairement, à supporter cette guerre d'un point de vue humanitaire, nous avons toujours défendu le fait que cette guerre trouverait une issue négociée, et donc cela suppose que la France continue de parler aussi avec la Russie, ce que nous continuerons de faire. Je pense qu'il y a deux éléments-clés pour la Chine, qui marquent, en soi, une limite.
Le premier, il est connu depuis les déclarations que nous avons faites en format dit P5, en janvier dernier, c'est-à-dire les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, dont la Chine. C'est une condamnation très ferme de l'utilisation du nucléaire, sous quelque forme que ce soit. Et donc la Chine a toujours mis cette limite, et donc cette limite a toujours prévalu, dès avant le début de la guerre.
La deuxième, c'est que la Chine a constamment rappelé, nous l'avons largement évoqué hier, et le président Xi Jinping a toujours été très clair sur ce point, elle appelle à la paix et à cesser les conflits. Enfin, je constate que dans toutes les déclarations qui sont faites par le président chinois, et dans les discussions que nous avons, il y a un attachement profond, et que je sais sincère, de la Chine et de son président, à la Charte des Nations Unies. Et il se trouve que dans les principes de cette charte, il y a le respect de l'intégrité territoriale et la souveraineté des États.
Et donc, pour ces raisons, je n'ai aucun doute que ce sont des limites au partenariat, parce qu'aujourd'hui c'est la Russie qui, parfois, agite avec une certaine ambiguïté le sujet nucléaire, c'est la Russie qui a lancé la guerre et c'est la Russie qui a violé l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Ce sont des limites assez robustes à ce partenariat. Je n'ai pas le micro.
Mounia Daoudi, pour RFI. Vous êtes où ? Oui, vous aurez le micro aussi.
Pardon. Mounia Daoudi, pour RFI. Monsieur le Président, vous avez évoqué la solidarité avec les pays du Sud, la sécurité alimentaire, et notamment la reconduction de cet accord céréalier.
Est-ce que vous pouvez préciser cette nouvelle initiative, concernant les engrais, et est-ce qu'il a été question d'énergie, puisque c'est un fardeau important pour les pays du Sud ? Et puis, petite question, vous avez rencontré également Paul Kagame à plusieurs reprises, au cours de ces deux jours. La situation s'est considérablement dégradée dans l'est du Congo.
Que peut faire la France pour une désescalade ? Alors, sur le premier point, nous avons, sur les engrais, à peu près la même approche que sur les céréales. La première réponse d'urgence, c'est de sortir les gaz disponibles ou les composantes pour les engrais, pour que le marché puisse refonctionner normalement.
Je l'évoquais, c'est ce que nous avons réalisé ces derniers jours avec le Programme alimentaire mondial et ce que nous allons poursuivre : des corridors, exactement comme nous le faisons pour les céréales. Pourquoi ? Parce que la plupart des engrais qui ne sont pas dits durables, et dont l'Afrique a besoin pour son modèle agricole, et je le dis ici sans jugement de valeur, parce qu'elle en consomme moins à l'hectare que nous n'en consommons, nous, en Europe, nous avons une stratégie de sortie, mais on ne peut pas demander aux Africains, par exemple, de sortir plus rapidement que nous et de renoncer à leur productivité.
Il y a un besoin de développement, donc il y a un besoin de gaz pour pouvoir les produire, et donc de sorties soit de composantes, soit de ces engrais arrangés, soit potasse, ammoniaque, etc. Et donc, réponse première, ce que nous faisons avec le Programme alimentaire mondial, on l'a fait depuis plusieurs pays, depuis les Pays-Bas et depuis l'Estonie, on va poursuivre le travail depuis d'autres pays baltes, sortir des engrais pour qu'ils puissent retrouver le continent africain. Les volumes qu'on a sortis il y a quelques jours vont vers le Malawi par exemple, pour n'en citer qu'un.
La deuxième chose, c'est de pouvoir accroître les capacités de production substitutive. Il y a des acteurs qui existent, l'Office chérifien des phosphates, des acteurs européens ou d'autres, c'est de permettre, avec une mobilisation des financements et une capacité à produire plus, de produire davantage sur le court terme, pour faire face à cette crise, et réduire la dépendance à la Russie. Et le troisième levier, c'est, dans la durée, de produire davantage d'engrais sur le continent africain, et évidemment de produire au maximum des engrais durables, c'est-à-dire qui ne dépendent pas uniquement de gaz naturel.
Il y a plusieurs modèles. Et donc, à cet égard, c'est très cohérent avec, là aussi, ce qu'on a fait sur les vaccins, ça va être de développer des centres de production, des hubs comme on dira en bon français, pour aider à consolider une production africaine. Il y a des capacités de production au Maroc, il y en a au Sénégal, il y en a au Nigéria.
Et donc ce qui a été décidé hier, c'est un travail en lien avec l'Union africaine, le FMI et la Banque mondiale, de cartographier les besoins de court terme, pour les premier et deuxième volet, et de cartographier nos capacités de moyen terme, pour développer, dans les prochains mois, ces capacités de production, et donc nous, le financer, nous européens, avec le FMI et la Banque mondiale. Sur la question de l'énergie, elle est liée, même si la question des engrais, comme vous l'avez vu, est au fond plus large. La plupart des pays africains, aujourd'hui, sont frappés de plein fouet par le coût de l'énergie.
Et ils le sont sur leur modèle productif, pour une partie dans les conséquences agricoles, et pour une autre partie, productives, mais cela frappe de plein fouet leur budget, puisqu'ils sont obligés d'accompagner leurs populations pour les protéger de ces effets-là. Et c'est aussi pour ça qu'on a besoin de ce choc de financement vers le Sud, parce qu'aujourd'hui on a beaucoup de ces pays qui sont dans une pression budgétaire, parce qu'ils utilisent le budget de l'État pour faire face à ce choc, je dirais un peu, sur le modèle de ce que nous faisons, avec une fragilité financière bien plus grande. Et donc nous avons besoin, nous, de continuer à les aider.
Ça contribue, si je puis dire, de l'initiative, enfin, c'est aux prémices de l'initiative que je présentais tout à l'heure. Ensuite, sur la situation à l'est de la République démocratique du Congo et des tensions avec le Rwanda, comme vous le savez, en septembre dernier, j'avais réuni les présidents Kagame et Tshisekedi, en marge de l'assemblée générale, sur ce sujet. J'ai reparlé à l'un et à l'autre ces derniers jours, et j'ai également parlé au président Ruto, et je remercie ce dernier pour sa mobilisation et son engagement.
Il y a, je crois, un chemin possible, engageant la région, sur la base du processus de Nairobi, que nous soutenons, et donc ce que nous sommes en train de faire, c'est, en lien étroit avec les Nations Unies, et sous l'égide de ces derniers, de permettre le déploiement de forces régionales à grande composante, à court terme, kényane, mais plusieurs puissances de la région ont aussi marqué leur disponibilité, pour pouvoir stabiliser plusieurs villes, en particulier Bunagana et quelques autres, et permettre ainsi un retrait des forces en présence, et M23, et surtout pouvoir réengager un processus politique, qui doit être la priorité dans le traitement de ces tensions. Je sais pouvoir compter sur l'engagement, et du président Kagame et du président Tshisekedi dans cette période, et je veux ici très solennellement remercier le président Ruto pour sa mobilisation politique, mais l'engagement aussi de ses forces, et la France continuera à être aux côtés de ces initiatives. Une dernière question !
Alors je ne vais pas pouvoir tout faire ! Alors, prenez une question, là, et l'Iran, j'ai promis. Monsieur le Président, Catherine Jentile de Canecaude, TF1-LCI.
Vous l'avez rappelé, en fait, la France depuis le début était pour une solution négociée, concernant le conflit en Ukraine, ce qui avait valu d'ailleurs des critiques à la France, parce que certains pays considéraient qu'il ne fallait pas parler à Vladimir Poutine. Aujourd'hui, notamment après toutes ces rencontres, dans le sein du G20, est-ce que vous avez l'impression que c'est une position qui a marqué des points et que maintenant on en arrive, d'une manière plus globale, à cette idée d'une solution négociée ? J'ai la conviction que la seule position qui peut rassembler la communauté internationale est celle-ci.
C'est la seule. Et je me félicite qu'en effet plusieurs pays aient envoyé des messages très clairs en ce sens, et quoiqu'aidant en particulier l'Ukraine, d'envoyer un message clair sur le fait qu'à un moment donné, il faudra rouvrir des canaux de discussion. Je pense que c'est à la fois l'esprit de responsabilité et le réalisme.
Mais le chemin de la négociation n'est pas incompatible avec celui de la résistance. Et donc il faut, ce sont ces temps-là qu'il faut pouvoir réarticuler. Il y a à court terme, une indispensable résistance ukrainienne, sinon l'Ukraine, sans la bravoure de ce peuple, la résistance de son armée et l'aide internationale, en particulier des Européens et des Américains, aurait sans doute été défaite.
Et donc il faut saluer la bravoure de ce peuple, qui défend aussi le droit international et son propre droit. La priorité, à court terme, est de poursuivre sur cette résistance et de les y aider, mais c'est aussi de construire le chemin, à un moment, d'une négociation. Je pense que l'articulation de ces temps a progressé et qu'il y a aujourd'hui, sans doute un consensus plus large qui s'est forgé autour de cette position que nous avons toujours défendue, et de ce qui n'est pas une équidistance, entendons-nous bien, mais qui est la volonté de parler à tout le monde, d'avoir un choix clair, mais de savoir qu'au moment-même où la guerre se fait, sans être partie prenante au conflit, nous avons une responsabilité, qui est de préparer la paix.
C'est exactement, aujourd'hui, la position qui me paraît être tenue par les États-Unis d'Amérique ou le Royaume-Uni, ou l'Allemagne, mais c'est également le cœur des discussions que j'ai pu avoir avec le président Erdogan, avec le président Xi Jinping ou avec le premier ministre Modi. Les trois auront un rôle important, et je veux souligner ici aussi. La longue discussion que nous avons eu avec le président Erdogan, qui joue un rôle très utile aussi à cet égard.
Allez, une toute dernière, sur l'Iran ! Je reviendrai sur le [INAUDIBLE] ? Monsieur le Président, merci de m'accorder votre temps.
Je suis [INAUDIBLE] de la chaîne Iran International. Vous avez récemment rencontré une délégation de femmes iraniennes remarquables et d'activistes pour les Droits de l'homme. Vous avez fait l'éloge de la révolution des femmes en Iran, et votre message a été chaudement accueilli par le peuple iranien.
Pouvons-nous affirmer que nous assistons à un changement dans la politique menée par le Gouvernement français concernant la situation actuelle en République islamique d'Iran ? Je vous remercie. Je vois un changement certain dans la situation sur le terrain, et je vois d'abord une agressivité croissante de l'Iran, une agressivité à notre égard, par des prises d'otages inadmissibles, une agressivité régionale, par les actes très agressifs qui ont été faits et les bombardements, ces derniers jours, sur le sol irakien.
Ça, c'est un état de fait. Et j'appelle véritablement l'Iran à revenir au calme et à l'esprit de coopération. La France a toujours respecté les dirigeants, le peuple iranien.
Nous avons toujours été dans une approche de discussion, de respect. Je pense que les choix qui ont été faits ces derniers mois ne vont pas dans ce sens, du côté de l'Iran. Et donc j'appelle au retour au calme, au respect de la stabilité régionale, au respect aussi des ressortissants français.
Ensuite, l'autre chose qui a changé, c'est cette révolution des femmes et de la jeunesse iranienne, qui défend nos valeurs, nos principes universels, je dis "nos", je ne parle pas de la France ; ils sont universels. Ce sont aussi ceux de notre Charte des Nations Unies : l'égalité entre les femmes et les hommes, la dignité de chaque être humain. Je pense qu'il était tout à fait légitime, là aussi, respectant pleinement la souveraineté de l'Iran, de saluer le courage et la légitimité de ce combat.
Voilà ce que je pouvais vous dire aujourd'hui. Maintenant, je crois que nous allons devoir y aller, puisque nous devons rejoindre Bangkok pour le Sommet de l'APEC, et je reviendrai sur le reste. Merci beaucoup.
Emmanuel Macron