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Discours / meetingRevue Politique et Parlementaire· 30 septembre 2026 6 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

La cité des débats - Intervention de la ministre Alice Rufo

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:42Invité politiqueFait
    « Le continent européen a de nouveau connu sur son sol le retour de la guerre conventionnelle en même temps que le déploiement de cette zone grise. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Le président de la République au pupitre de l'Assemblée générale des Nations-Unies cette semaine a encouragé chacun à avancer et bâtir un cadre de paix indispensable. »
  • 4:41Invité politiqueChiffre
    « C'est une augmentation de 36 milliards d'euros sur la période 2026-2030 pour nos armées et donc un doublement en 10 ans du budget de la défense qui est aujourd'hui une nécessité stratégique. »

Temps de parole

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Alice Rufo

Monsieur le maire, mesdames et messieurs les présidents, directeurs, officiers généraux, ambassadrices, ambassadeurs, mesdames et messieurs, en vos grades et qualités, je suis très heureuse de m'associer depuis Paris à cette 6e édition de la cité des débats organisé par la revue politique et parlementaire et accueillie par la ville de Saint-Raphaël. Débattre, éclairer notre réflexion collective dans un moment où elle est plus que plus nécessaire que jamais est très important et votre thème de cette année dit quelque chose, je crois d'essentiel sur notre débat public.

Il y a encore quelques années, la question même de savoir si la France pouvait être attaquée aurait semblé pour beaucoup inconcevable. Et le fait que nous nous posions que vous vous posiez la question aujourd'hui aussi frontalement et sans détour est en soi un signe de prise de conscience. C'est même un signe de lucidité et c'est avec lucidité que je veux partager avec vous aujourd'hui ma lecture. La France attaquée de la guerre hybride au conflit majeur n'est pas un thème à Bedin et c'est pourtant celui que vous avez choisi. Alors sommes-nous attaqués ? Nous ne sommes pas en guerre au sens classique conventionnel du terme.

Il n'y a pas d'attaque massive sur le sol national avec des moyens conventionnels ni de mobilisation. Mais il est vrai que nous ne sommes plus tout à fait dans la paix que nous avons connu pendant des décennies et dont plusieurs générations ont pu croire avant nous qu'elle était un acquis définitif, celle de ce que l'on a appelé les dividendes de la paix. Entre les deux, il existe un espace dans lequel nous sommes, une zone grise. Et c'est précisément dans cet espace que se déploie l'essentiel de la conflictualité et des menaces qui nous visent aujourd'hui.

Cette conflictualité que l'on nomme hybride, mais le mot probablement doit être retravaillé, elle doit être caractérisée, elle doit être développée. D'abord, sa première caractéristique est qu'elle reste délibérément sous le seuil de la RP-oste armée. cyberattaque contre les administrations, les hôpitaux, sabotage de câble sousmarin, campagne de désinformation, ingérence dans le débat public. Chaque action est calibré par nos adversaires pour rester en de ça du seuil de déclenchement d'une réponse militaire. Et c'est par cette stratégie pensée comme telle qu'elle est conduite. C'est une menace au fond qui ne dit pas son nom. C'est une menace insidieuse.

Deuxièmement, cette conflictualité vise à ébranler notre cohésion. Elle cherche à saturer notre débat public, à à exploiter nos fractures internes, à user la confiance que les Français peuvent avoir dans leurs institutions et même parfois dans leur débat public et au fond les uns envers les autres. C'est une guerre qui se joue autant dans les esprits que sur le champ de bataille. Et troisème trait, cette conflictualité hybride ne s'oppose pas au conflit de haute intensité. Les deux peuvent se déployer simultanément et c'est ce que l'on voit avec la la garde d'agression russe en Ukraine depuis 2022.

Le continent européen a de nouveau connu sur son sol le retour de la guerre conventionnelle en même temps que le déploiement de cette zone grise. Je peux vous assurer que ces préoccupations et ces constats ne sont pas seulement français. Ils sont partagés par nombre de nos partenaires européens. J'étais en Ukraine il y a 10 jours au Danemark hier. Mes rencontres sur place révèlent une convergence stratégique car tous sont conscients de l'urgence qu'il y a à renforcer notre perpure de défense, nos infrastructures critiques dans un contexte géopolitique de plus en plus dégradé. L'unité et la préparation sont nos meilleures remparts face aux menaces qui pèsent sur nous français et européens.

La meilleure manière de nous souvenir et de faire en sorte que nous soyons forts. C'est pour cela d'ailleurs que le président de la République au pupitre de l'Assemblée générale des Nations- Unies cette semaine a encouragé chacun à avancer et bâtir un cadre de paix indispensable. Pour cela, il faut être puissant. Face à cette situation, notre boussole est clair, nous réarmer surtout le spectre des forces armées, c'est un exercice exigeant pour nos finances publiques, mais c'est la seule réponse sérieuse à apporter. La situation dans laquelle nous sommes ne va pas s'arrêter, elle va même probablement s'intensifier.

C'est pourquoi notre soutien à l'Ukraine doit être sans faille et notre volonté de construire durablement notre autonomie stratégique européenne résolument affirmé. L'Europe est forte mais elle doit apprendre à davantage assurer sa sécurité par elle-même dans un monde où les alliances ne garantissent plus aujourd'hui les certitudes de demain. C'est l'objectif de la loi de programmation militaire et de son accélération que le gouvernement apporté cette année. Ce n'est pas un ajustement budgétaire à la marge.

C'est une augmentation de 36 milliards d'euros sur la période 2026-2030 pour nos armées et donc un doublement en 10 ans du budget de la défense qui est aujourd'hui une nécessité stratégique. Et je le dis aussi, aucune hausse budgétaire, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut à elle seule suffire si la nation dans son ensemble n'est pas pleinement engagée et si le lien entre nos armées et la nation n'est pas pleinement renforcé. C'est ce que nous faisons avec le secrétariat général pour la défense et la sécurité nationale pour améliorer la résilience sur nos territoires et que nous devons travailler comme nous le faisons avec les élus locaux.

C'est ce que nous faisons avec le service national dont la première promotion porte le nom d'Henry Fert, compagnon de la libération qui nous avait montré la voire en disant qu'il voulait une France libre. Et aujourd'hui, au fond, ces jeunes volontaires nous rappellent que cette France libre, unie et éduquée reste notre horizon commun et la meilleure force contre ce qui nous menace. C'est pourquoi aussi j'ai lancé cette année les assises du monde combattant pour nous appuyer sur toute la force que le monde combattant a su nous apporter et nous apporte encore aujourd'hui. La dernière session s'est tournue le 14 septembre dernier.

Elle portait sur la transmission d'une mémoire combattante en en faisant un principe d'action parce que ce lien qui nous unit ne se décrète pas. se construit au compte au quotidien et nous avons eu l'honneur d'accueillir Simon Apcarian qui aujourd'hui incarne dans un film dont le succès dit quelque chose le général de Gaul et qui a conscience de ce point de vue de sa responsabilité. Le réarmement de nos forces et de notre pays ne vaut que s'il s'accompagne d'un réarmement intellectuel moral de la nation elle-même. C'est une tâche de longue haleine. C'est notre tâche à chacun.

Elle doit être portée par les élus, la société civile, l'État et toutes les parties prenantes, ceux qui réfléchissent aussi à la conflictualité d'aujourd'hui et de demain. C'est pourquoi ces trois journées constituent une occasion précieuse pour penser cette conflictualité, celle qui nous attend dans un cadre calme, respectueux, propice au débat et à la réflexion. Je vous remercie pour votre attention et je vous souhaite une excellente cité des débats à Saint-Raphaël. Oh. [musique] Oh.